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  • il y a 2 mois

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00:00Avec moi autour de la table Jean-Michel Salvatore, bonsoir Jean-Michel, bonsoir Hélène Rouet,
00:06journaliste au OJDD, nous accueillons Franz Olivier Gisbert, mon cher Franz.
00:10Bonsoir, dit-il avec la voix du général de Gaulle.
00:14On dit Mousy peut-être.
00:15C'était bonjour.
00:17Bonjour.
00:18C'était bonjour.
00:19C'est ça, éditorialiste Franz Olivier qui vient de publier Voyage dans la France d'avant chez Gallimard.
00:26Peut-être, en attendant, le reste de l'équipe qui arrive, écoutons Emmanuel Macron sur le Mercosur.
00:33Depuis Bruxelles, en pleine manifestation agricole, le président a assuré ne pas vouloir ratifier ce traité de libre-échange.
00:39Sur le Mercosur, nous considérons que le compte n'y est pas et que cet accord ne peut pas être signé.
00:44Nous sommes pour échanger.
00:46La France est d'ailleurs une grande puissance agricole et agroalimentaire qui échange à travers le monde, qui exporte.
00:51Mais nous ne pouvons pas accepter de sacrifier la cohérence de notre agriculture, de notre alimentation,
00:59la sécurité alimentaire de nos compatriotes sur des accords qui ne sont pas encore finalisés.
01:05Vous voyez bien qu'au moment où nous nous parlons, nous ne sommes pas prêts, le compte n'y est pas, pour signer cet accord.
01:10Parce que je veux qu'on traite comme il se doit notre agriculture, on doit être respecté.
01:16Voilà, on doit être respecté.
01:18Et à l'instant, j'apprends que le président brésilien Lula a indiqué qu'il se ferait le messager lors du sommet du Mercosur,
01:24d'une demande de la première ministre Georgia Meloné de repousser la signature de cet accord de libre-échange.
01:30En attendant, les agriculteurs, on l'a vu, manifestent devant le Parlement européen.
01:34Écoutez, Karine Duc, présidente de la Chambre des agriculteurs.
01:36Le Mercosur comme la DNC, ce sont des sujets qui sont impératifs, qui sont essentiels,
01:43mais ça ne doit pas cacher tous les autres sujets des agriculteurs qui les préoccupent quotidiennement et qui ne s'en sortent pas.
01:49Donc non, on ne croit pas en la parole de M. Macron,
01:53puisque au niveau des agriculteurs, mais bien au-delà, il a toujours menti,
01:59et il est toujours revenu sur ses positions, et on en a plus qu'assez des girouettes dans ce genre.
02:06Voilà, assez des girouettes disent les agriculteurs qui se sont retrouvés devant des forces de l'ordre.
02:13Certains observateurs disent,
02:15mais alors on n'utilise pas les forces de l'ordre contre le narcotrafic,
02:18contre les narcotrafiquants à Marseille.
02:20Par contre, ils sont bien là pour bloquer les manifestants d'agriculteurs.
02:24François-Olivier Gisbert, quand on lit Voyage dans la France d'avant,
02:26mais aussi tous les livres sur la Vème République que vous avez publiés depuis quelques années maintenant,
02:32moi j'ai une image, c'est sur les photos de Raymond Depardon,
02:34qui photographient notamment les agriculteurs, la France de l'agriculture,
02:38cette France terrienne qui nous nourrit tous les jours,
02:41et qui essaye de faire face, on sait qu'il y a un agriculteur qui se suicide tous les deux jours,
02:44qu'est-ce que ça vous inspire ces nouvelles manifestations ?
02:48Moi je suis comme beaucoup de Français, mais pas comme tous les Français, hélas d'ailleurs,
02:52c'est que moi j'ai été élevé là, j'ai été élevé à la ferme,
02:55mes parents qui étaient beaucoup bio avant l'heure,
02:57ils ont acheté une ferme en 1960,
02:59et ils ont élevé les enfants, enfin moi j'étais déjà, j'avais déjà un peu plus de 10 ans,
03:04mais c'est là que j'ai passé ma jeunesse, disons,
03:07parce que j'avais déjà passé le stade de l'enfance,
03:10et j'ai appris à connaître, à aimer ce milieu.
03:1692% des Français aiment les agriculteurs.
03:19Parce que c'est un métier terrifiant, terrible.
03:22Vous savez, quand on entend toute la journée des gens qui ont des métiers finalement pas épuisants
03:26et qui vous parlent de souffrance au travail, des ronds de cuir, des bureaucrates,
03:31enfin je sais pas, vous en avez dans tous les milieux,
03:33et vous s'endressez à toute la journée, parce qu'eux, ils ont les syndicats,
03:36ils ont un certain pouvoir, ou ils sont favorisés par la gauche,
03:41et on les entend à longueur de journée,
03:43les agriculteurs, on les entend jamais se plaindre.
03:46Et ça c'est terrifiant, le travail des agriculteurs,
03:49le matin ça commence très tôt, ça finit très tard,
03:52il y a des nuits blanches quand les vaches vellent, etc.
03:53Et donc, les Français, il ne faut pas oublier, la France est un peuple agricole,
03:59bon, on a réussi quand même à casser le pilier de l'industrie,
04:02puisque nous sommes, aujourd'hui, il faut toujours le répéter,
04:04mais c'est fondamental, parce que ça explique plein de choses.
04:07Nous sommes le pays le plus désindustrialisé d'Europe, avec la Grèce,
04:11on est à 9% pratiquement du PIB, enfin c'est une honte totale,
04:16et depuis quelques années, et je dirais singulièrement d'ailleurs ces dernières années,
04:20on a le sentiment que le pilier agroalimentaire, qui était l'autre pilier,
04:25est sérieusement attaqué par, bon, depuis déjà des années,
04:29les bêtises, la réglementation bruxelloise,
04:32mais la réglementation française également.
04:34– La bruxellisation, vous avez failli dire ça ?
04:36– Oui, j'ai failli dire, mais bon, c'est pas bien.
04:38– Pourquoi c'est pas bien ?
04:39– C'est pas bien parce que tout n'est pas la faute à Bruxelles,
04:42c'est-à-dire qu'il y a cette tentation toujours de dire
04:44c'est la faute à Bruxelles, par exemple, la désindustrialisation, vous savez très bien,
04:47c'est la faute à la fiscalité française.
04:49– C'est 35 heures.
04:50– Pourquoi ? Les 35 heures, enfin, on a un système qui est fait pour détruire les entreprises,
04:55et ça n'a rien à voir.
04:55– Là, avec le Mercosur, on a quand même un bel exemple.
04:57– Vous allez voir en Allemagne, non, non, mais attendez.
04:59– Juste sur le Mercosur, on a quand même un bel exemple,
05:01où Vandering essaie de passer en force quand même, Mélanie.
05:03– Oui, elle essaie de passer en force, ça peut se comprendre,
05:05c'est-à-dire que les intérêts de l'Europe, là-dessus, c'est une bataille amenée,
05:08mais les intérêts de l'Europe sont divergents.
05:10Excusez-moi, les Allemands, eux, ils ont intérêt au Mercosur.
05:12Pourquoi ? Parce que eux, les Allemands, ils exportent.
05:14Nous ne sommes plus capables d'exporter, nous sommes un pays agricole.
05:19C'est presque le dernier, c'est le dernier refuge.
05:21Mais il y a quelqu'un de très sérieux qui s'appelle Jacques Delarosière
05:24qui a écrit un très bon livre sur le déclin.
05:25– En fait, le gouvernement de la Banque de France.
05:26– Voilà, et puis le patron du FMI aussi, enfin, un grand monsieur.
05:29– Oui, oui, grand monsieur, qui est venu, il n'a pas très longtemps.
05:31– Oui, ben, invitez-le souvent, il est absolument passionnant.
05:34Il a écrit donc « Le déclin français est-il réversible ? »
05:41Et le sujet, c'est ça.
05:42– Et la réponse du livre, c'est oui ou non ?
05:44– Non, et dans le livre, il y a quelque chose que je cite
05:46et que je trouve effarant et qui explique tout,
05:49et qui explique la désindustrialisation.
05:51Ça n'est pas la faute de Bruxelles ni de la mondialisation,
05:54c'est la faute de la fiscalité française et de la réglementation par-dessus.
05:58C'est-à-dire, vous avez 20% des emplois industriels,
06:02des groupes industriels allemands qui sont délocalisés à l'étranger,
06:07je répète bien les choses pour que ce soit très clair,
06:1020% des emplois industriels allemands se sont délocalisés à l'étranger.
06:1660%, plus de 60% des emplois industriels français.
06:21Parce que les industriels français n'avaient pas le choix.
06:24On les a forcés à partir avec une fiscalité qui leur met des boulets au pied
06:27et ils ne sont pas compétitifs.
06:28Et là maintenant, on s'attaque au dernier pilier
06:32avec les escrologistes à l'Assemblée Nationale.
06:35Merci de les être surnommés comme ça.
06:37Les escrologistes.
06:40L'agriculture, elle est malade de plein d'autres choses que la fiscalité.
06:45Bien sûr qu'elle est malade des taxes.
06:46Non, mais là je parlais surtout de l'industrie.
06:48Non, parce que c'est vrai que l'agriculture c'est très différent.
06:50Restons sur l'agriculture, un sujet après l'autre.
06:52Ce qui est fascinant, honnêtement, cette semaine,
06:58c'est qu'on vit une espèce de dystopie en live.
07:02C'est-à-dire le carambolage des images.
07:03Alors, il y a ce que vous avez rappelé, effectivement,
07:04avec ces blindés qu'on envoie dans les campagnes
07:07et on se demande où est-ce qu'ils sont
07:08quand il y a des antifas dans les rues de Paris
07:09ou quand il y a des points de deal à démanteler.
07:12Ça, c'est une première chose.
07:13Mais même sur le fond, je vous dirais
07:15qu'on est en train de vacciner à marche forcée des bêtes
07:20ou de détruire des troupeaux
07:22alors qu'on venait de donner un blanc-seing à un accord,
07:27le Mercosur pour ne pas le nommer,
07:28où en gros, on acceptait une concurrence déloyale
07:32au niveau de la production agricole
07:33avec des pays qui, eux, n'ont pas du tout
07:35les mêmes normes sanitaires, les mêmes normes d'hygiène.
07:39Si vous voulez, c'est cette espèce de foutage de tronche
07:43si je peux dire les choses poliment
07:48qu'on impose sans cesse aux gens
07:49et on pense que les gens n'ont pas de bon sens
07:51que les agriculteurs-là...
07:52C'est-à-dire que le Mercosur, pour faire schématique,
07:55il y a soit on le signe
07:57et on se dit qu'on privilégie certaines filières
07:59notamment la filière viticole
08:01parce qu'elle est en pointe
08:02et effectivement elle serait gagnante
08:03en signant le Mercosur
08:04soit on se dit qu'on a, et je parlais de Raymond Depardon
08:06une agriculture, entre guillemets, comme avant
08:08mais surtout homogène
08:09et on privilégie toutes les filières
08:11et dans ce cas-là, on ne signe pas.
08:12Oui mais attendez, Jean-Michel Salvatore
08:14dans le Mercosur, il n'y a pas uniquement l'agriculture
08:16c'est un accord qui est beaucoup plus large
08:19il faut quand même bien voir que sur les 27 pays européens
08:21vous avez 15 pays qui sont pour le Mercosur
08:24Et pour à fond la caisse
08:25parce que les Allemands avec leurs voitures
08:27l'automobile et le reste
08:28et pour les vaccins, pour plein de choses
08:30et c'est vrai qu'il y a une certaine logique
08:33d'une certaine façon à s'intéresser à cette région du monde
08:36alors que les Américains sont beaucoup plus difficiles maintenant
08:38à travailler puisqu'il y a des droits de douane
08:40et c'est vrai que l'Europe a raison de considérer
08:43que cette région du monde
08:45Mais Jean-Michel, comment est-ce que vous l'expliquez aux agriculteurs ça ?
08:48Alors évidemment, le problème
08:49c'est qu'on ne peut plus rien expliquer aux agriculteurs
08:52parce que...
08:53Parce que vous avez votre doudoune sans mange
08:55donc ça veut dire que vous avez manifesté avec les agriculteurs
08:57juste avant de venir
08:58Non, c'est que le sujet ne peut plus être rationnel
09:01parce qu'on a tapé tant et plus sur les agriculteurs
09:04donc la confiance elle est totalement rompue
09:06et que ce soit sur la maladie des bovins
09:12que ce soit sur le mercosur
09:14le sujet est exactement les mêmes
09:16les agriculteurs en ont par-dessus la tête
09:18ils ont l'impression qu'on leur fait toujours les choses à l'envers
09:21on leur inflige des taxes
09:23on leur inflige des normes
09:24on leur inflige tout un tas de choses
09:26ils n'ont plus confiance
09:27et donc à partir du moment
09:28où quelque chose vient soit de Bruxelles
09:31soit de Paris
09:32ils disent non
09:34et c'est vrai qu'en plus
09:35je trouve que le gouvernement français
09:36ne sait pas parler aux agriculteurs
09:37il y a quelques années
09:38France s'en souvient
09:39Chirac savait parler aux agriculteurs
09:41Mais pourquoi ? Parce qu'il aimait
09:42Il les aimait
09:43C'est important ça aussi
09:44Mais qui les aime ?
09:45Qui les aime ?
09:46Il y a 12% des français
09:47Mais quelle politique ?
09:49Elles ne sont pas représentées au gouvernement
09:51Je vous rejoins complètement
09:54sur le fait que la communication du gouvernement
09:56depuis le début de cette seconde crise
09:57effectivement est complètement déplorable
10:00Bon déjà rappelons quand même
10:02que ça fait deux ans
10:02c'est-à-dire la première crise
10:04la première vraie crise agricole
10:05a quand même deux ans
10:06qui ne s'est rien passé depuis
10:08alors qu'on se rappelle de Gabriel Attal
10:10qui est monté sur les bottes de paille
10:11pour leur promettre monstres et merveilles
10:12nous sommes deux ans après
10:13aujourd'hui vous l'avez dit
10:14la dermatose, le mercosur
10:16les normes insupportables
10:18effectivement là ils sont à bout
10:19comment le gouvernement a réagi ?
10:21La première chose effectivement
10:22ça a été de leur envoyer 200 CRS
10:24avec des blindés centaures
10:25et je lisais une interview
10:27donc de Vincent Louau
10:28il est agriculteur
10:29et il est également sénateur
10:30et il disait
10:31donc c'est une interview
10:32pour le JDD.fr
10:33lui il disait
10:34si on ne se réveille pas
10:35ce qui arrive à la profession
10:36arrivera à l'ensemble du pays
10:37il est très inquiet
10:38et surtout précisément
10:39sur ce point de la confiance
10:40il disait
10:41l'empathie réelle
10:42quand on la loupe
10:43c'est très dur à rattraper
10:44et je pense que Emmanuel Macron
10:46a complètement raté
10:47le coche de cette empathie
10:49avec les agriculteurs
10:49parce que je ne sais même pas
10:51s'il la ressent véritablement
10:52et Annie Gennevar
10:53effectivement les déplacements
10:54ils ont été trop tardifs
10:55et en réalité
10:56le gouvernement a loupé le coche
10:58ça va être très compliqué
10:59de remonter la pente
11:00Moi ce que je me souviens
11:01en tout cas des derniers mois
11:02et puisqu'il y a eu
11:03une crise agricole
11:04souvenez-vous
11:04il n'y a pas plus tard
11:05qu'un an
11:05où ils sont montés
11:06juste avant le salon de l'agriculture
11:08avec des moissonneuses batteuses
11:10et ils ont pratiquement paralysé
11:11les axes de France
11:12à l'époque
11:13souvenez-vous
11:14le gouvernement disait
11:14mais vous comprenez
11:15il y a des élections
11:16chez les agriculteurs
11:17entre les différents syndicats
11:18donc fatalement
11:19il y en a qui essayent
11:20de tirer
11:21comment dirais-je
11:22l'avantage
11:24de tel ou tel sujet
11:25alors qu'en réalité
11:26ils essayent juste de bosser
11:27On a dit quelque chose
11:29de très juste
11:29tous
11:30parce que je pense
11:30tous on est tous d'accord là-dessus
11:32c'est qu'il n'y a pas d'amour
11:34c'est-à-dire c'est ça
11:34qui est tout à fait nouveau
11:35c'est-à-dire qu'il se retrouve
11:37depuis déjà plusieurs années
11:39je dirais peut-être
11:40une dizaine d'années
11:41avec un pouvoir
11:42sans amour
11:43même au temps
11:45de François Hollande
11:46il y avait
11:46un ministre de l'agriculture
11:48qui adorait l'agriculture
11:49Stéphane Le Foll
11:50c'était un agriculteur
11:52même pratiquement
11:53c'était le dernier
11:54vrai ministre de l'agriculture
11:55il aimait l'agriculture
11:56et aujourd'hui
11:58on a des gens
12:00qui n'aiment pas l'agriculture
12:01je ne parle pas
12:02de l'actuel ministre
12:03ou qui ne la connaissent pas
12:04et qui transforment
12:06l'agriculture
12:06en quelque chose
12:06de quand même
12:07quand on est des amis paysans
12:09post-ministériel
12:10parce qu'au nom des équilibres politiques
12:12il faut mettre un modèle
12:13il faut mettre un horizon
12:14il faut mettre un truc
12:15on connaît à propos de la musique
12:16mais le vrai
12:17qu'est-ce qu'on a transformé
12:19l'agriculture
12:19en quelque chose de très étrange
12:20où ces gens sont obligés
12:21de remplir des papiers
12:22toute la journée
12:23devant l'ordinateur
12:24comme les médecins
12:25il n'est pas prasse
12:27il n'y a pas prasse
12:27à non plus finir
12:28alors vous me direz
12:29c'est sur ordinateur
12:30mais c'est de la folie aussi
12:31une idéologie hostile
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