- il y a 2 jours
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00:00Nous sommes au cœur de cette crise agricole, évidemment avec nos invités,
00:05Benjamin Malost, co-président de la coordination orale, merci d'être là,
00:09Catherine Ney nous a rejoint, Catherine Ney, bonsoir, Louis de Ragnel,
00:12Eugénie Bastier du Figaro, Éric Nolo, bonsoir à tous,
00:16Gauthier Levrette nous rejoint aussi, qui va consacrer son émission ce soir,
00:20100% politique, à cette crise agricole, édition spéciale, ce soir sur CNews,
00:25mon cher Gauthier, on a, et je le dis pour nos auditeurs,
00:27ces images de l'Arc de Triomphe, où les forces de l'ordre sont positionnées
00:31face aux tracteurs qui sont toujours stationnés dans la capitale,
00:35à la fois devant l'Assemblée Nationale, l'Arc de Triomphe et la Tour Eiffel,
00:38nos équipes sont sur le terrain un peu partout, on va tenter de rejoindre l'une de nos équipes
00:43et surtout on va essayer d'entendre dans un instant le point presse de Laurent Nunez,
00:48ministre de l'Intérieur, qui va faire le point sur ce qui s'est passé aujourd'hui.
00:50D'abord, donc Viri, Châtillon, l'une de nos équipes est sur place
00:53et nous rejoignons nos envoyés spéciales, Mathilde Ivanaise et Malo Steiner.
00:58Bonsoir à tous les deux, qu'est-ce qui se passe autour de vous ?
00:59Expliquez-nous la situation.
01:04Bonsoir Laurence, une chose est sûre ici, c'est que les tracteurs sont bloqués
01:07depuis déjà 5h ce matin, ils ont fait plusieurs kilomètres,
01:11centaines de kilomètres pour venir ici et nous on se trouve avec Ayande.
01:15Bonsoir, vous avez 18 ans, vous êtes apprenti agricole,
01:20finalement à 18 ans, être déjà ici dans les rues, exprimer son mécontentement,
01:25qu'est-ce que ça fait ?
01:26Eh bien, ça fait un peu de colère parce que bon, voilà, on s'est déplacé,
01:30on a fait 1000 kilomètres depuis le Pays Vasque jusqu'à Paris
01:34et on voit qu'on n'a toujours pas de réponse,
01:36depuis 5h ce matin on est bloqués là et voilà, ça fait un peu de colère.
01:3918 ans, ça fait déjà plusieurs années finalement que cette colère gronde,
01:45vous vous êtes apprenti, finalement qu'est-ce qui vous a donné envie
01:48de vous lancer dans cette voie, dans cette vocation ?
01:52Depuis tout petit, moi, ma passion c'est un peu les machines agricoles
01:56et donc j'ai décidé de me lancer en tant qu'apprenti cette année dans une ETA,
02:01donc une entreprise de travail agricole située à Barcus, dans les Pyrénées Atlantiques.
02:04Donc c'est un métier de passion, ce n'est pas vos premières mobilisations,
02:10vous, votre avenir, vous le voyez comment ?
02:13Pour l'instant, l'avenir, on ne le voit pas trop parce qu'on n'a toujours pas de réponse,
02:17c'est très très flou, malgré toutes les mobilisations,
02:19j'étais sur l'autoroute à Pau il y a quelques semaines du blocage de l'A64
02:24et l'avenir, on verra, je ne peux pas en dire plus, voilà, c'est très flou.
02:31En tout cas, merci beaucoup, on vous souhaite beaucoup de courage,
02:33nous, on se trouve également avec un monsieur, c'est un riverain.
02:36Bonjour monsieur, vous êtes venu ici, pour quelle raison ?
02:39Vous habitez juste à côté, vous êtes venu voir les agriculteurs finalement ?
02:43Tout à fait, je suis venu pour les soutenir, oui, effectivement.
02:45C'était important ?
02:46C'est important parce qu'en tant que Français, normalement,
02:48tous les Français doivent venir les soutenir, pourquoi ?
02:50Parce que la nourriture et ceux qui nous nourrissent
02:52et qui sont justement le fruit des générations et de générations de Français
02:57et les agriculteurs sont quand même les paysagistes
03:00et puis les jardiniers de notre pays.
03:03Et il y a des choses qui sont inadmissibles en France.
03:06On écrase le monde agricole de normes,
03:08on écrase le monde agricole avec le Mercosur,
03:11on veut nous importer de la nourriture qui est gonflée aux antibiotiques
03:15et avec tout un tas de produits inadmissibles.
03:19Et on demande à nos agriculteurs de faire toujours plus,
03:21toujours plus en étant payés, toujours moins.
03:23Ça, c'est impossible, ça ne peut pas continuer comme ça.
03:25Merci beaucoup.
03:26On entend en tout cas la colère aussi bien des habitants,
03:29des Français et des agriculteurs.
03:32Une chose est sûre, c'est que les habitants ici se relaient depuis 5h ce matin.
03:36Ils viennent pour apporter du café ou bien dans ces sacs.
03:40Qu'est-ce que nous avons, Bastien ?
03:41Nous avons des réchauffes-mêmes et des réchauffes-pieds.
03:44Pour éviter d'avoir froid, ici en tout cas,
03:47il y a vraiment une mobilisation des habitants qui sont ici
03:51et qui soutiennent ces agriculteurs qui sont quand même dans les rues
03:55déjà depuis plus de 2 ans.
03:56Merci Mathilde Ibanez-Malo Steiner.
03:58Benjamin Loz, vous êtes co-président de la coordination orale.
04:00On voit le soutien des Français, il se manifeste tous les jours
04:03et ça, vous le vivez depuis.
04:04J'imagine que ça vous fait chaud au cœur,
04:05même si ça ne change pas grand-chose à la donne politique.
04:08On l'a vécu, on est resté 15 jours sur l'autoroute sur la 64.
04:11C'était impressionnant de voir le nombre de personnes
04:14qui venaient à notre rencontre,
04:16qui essayaient de nous trouver, de nous chercher,
04:17qui nous appelaient.
04:18Le nombre de messages que l'on a reçus encore aujourd'hui,
04:21on est ici à Paris,
04:22on reçoit des SMS de personnes de chez nous
04:24qui veulent nous aider,
04:25même des questions.
04:27On m'a proposé trois fois si j'avais besoin d'un avocat.
04:30Aujourd'hui.
04:31C'est pour vous dire à quel point les Français sont avec nous.
04:34Mais c'est ce qui vous permet de tenir bon ?
04:36Parce qu'on sent que vous êtes touché,
04:37que vous êtes crevé,
04:38que ça fait des heures, des jours
04:40que vous tentez de dire
04:42attention, on est en train de mourir ?
04:43C'est surtout tenir bon.
04:45En fait, c'est l'envie de continuer notre métier.
04:49Quand on voit qu'on travaille tous les jours
04:50et qu'on se demande si demain
04:52on va pouvoir continuer notre boulot
04:53parce qu'en fait, on a tout qui est mis en œuvre
04:56pour que l'on ne gagne pas d'argent
04:57et surtout pour qu'on en perde.
04:59Parce qu'en fait, c'est ce qui se passe.
05:01Vous prenez un Cerali, aujourd'hui, ils perdent l'argent.
05:03Vous prenez un éleveur, ils perdent l'argent.
05:05Nos charges augmentent continuellement
05:06et nos prix de revente baissent continuellement.
05:09Parce qu'on est mis en concurrence
05:10avec des pays, toujours de nouveaux pays,
05:13qui sont toujours avec des prix
05:15beaucoup moins élevés que les nôtres.
05:18Mais il n'y en a pas un moment
05:20où vous allez vous dire stop ?
05:21Il y a un moment où vous avez envie de dire
05:22j'arrête, j'en peux plus ?
05:24Notre métier, c'est un métier que l'on fait par amour.
05:27Et la différence qu'il y a avec beaucoup d'autres métiers,
05:29on travaille avec du patrimoine.
05:30Ce patrimoine, on est fier de pouvoir se l'acheter,
05:32de pouvoir le garder de notre grand-père,
05:34comme pour moi, on n'a pas du tout envie
05:36de se tomber, de laisser à l'abandon.
05:39Et là où je ne comprends pas,
05:40et je l'ai dit tout à l'heure,
05:42nos politiques ne nous écoutent pas.
05:44Mais notre pays, la France,
05:46le paysage de la France est très reconnu.
05:48Notre alimentation est très reconnue.
05:50Quand ils ne vont plus avoir d'agriculture
05:51dans notre pays,
05:53la fierté culinaire que l'on a,
05:55les jolis paysages que l'on a,
05:57c'est fini.
05:59Comment devenir la France ?
06:00Plus d'industrie, plus de paysages,
06:02donc plus de tourisme,
06:02plus la bonne bouffe,
06:04comme on est réputé,
06:07qu'est-ce qu'ils vont faire de notre pays ?
06:08Qu'est-ce qu'on va faire de notre pays ?
06:09Juste à titre d'exemple,
06:10combien est-ce que vous gagnez par mois,
06:12Benjamin Lost ?
06:13Alors moi, sur mon exploitation,
06:15zéro.
06:15Zéro.
06:16L'avantage que j'ai,
06:16j'ai créé une entreprise de travaux agricoles
06:18qui, elle, a toujours été rémunératrice,
06:21parce qu'en fait,
06:21je suis comme un entrepreneur quelconque.
06:24On a un coût de production,
06:25on prend notre marge,
06:27et on facture.
06:28Par contre, le gros inconvénient aujourd'hui,
06:29c'est que là, vous voyez,
06:30j'ai fait trois mois de récolte,
06:33je suis en train d'essayer de me faire payer,
06:34j'ai à peine un tiers de mes clients
06:36qui ont pu me payer.
06:37Ce sont des agriculteurs ?
06:38Ce sont des agriculteurs.
06:39Parce que 9 000 ans sur 10,
06:40dans mon département,
06:41se sortent négatifs.
06:43C'est terrible.
06:44Donc, mon entreprise de travaux agricoles,
06:46aujourd'hui,
06:47est en péril aussi.
06:50Gauthier Lebrecht,
06:51on entend ces témoignages,
06:52vous allez évidemment beaucoup en parler ce soir,
06:54la situation est inadmissible,
06:55et les Français, ça les révolte,
06:56en fait,
06:56ceux qui nous écoutent et nous regardent.
06:57Parce que le Mercosur, au fond,
06:58est une goutte d'eau qui fait déborder
06:59un vase déjà bien trop rempli.
07:01On n'a pas attendu le Mercosur
07:03pour entendre les agriculteurs
07:04et leur désarroi sur leur salaire,
07:08alors qu'ils travaillent des dizaines
07:09et des dizaines d'heures par semaine,
07:12et ils n'arrivent même pas
07:13à se payer correctement.
07:15Quand on entend des agriculteurs
07:16qui nous disent,
07:17en gros,
07:17on gagne entre 0 et 600 euros par mois
07:20pour travailler 70 heures par semaine,
07:22c'est totalement insupportable.
07:24Et donc, il faut en arriver là,
07:25il faut en arriver à des blocages.
07:27Alors, je note quand même
07:28qu'on va entendre Laurent Nunez
07:29dans un instant,
07:30chère Laurence,
07:30qu'il y a eu quelques changements
07:32dans la doctrine du maintien de l'ordre.
07:34C'est-à-dire qu'hier,
07:34on a déployé les centaures,
07:35vous savez,
07:36les blindés de la gendarmerie
07:37qu'on avait déjà vus avant Noël
07:38pour faire face aux agriculteurs.
07:39C'est marrant,
07:40on ne les voit jamais
07:40face aux narcotrafiquants.
07:42Eh bien, ces centaures
07:43déployés à Rungis,
07:44on ne les a pas vus finalement
07:45face aux agriculteurs.
07:46Il n'y a pas eu de scène
07:47de confrontation.
07:48Parce qu'hier,
07:48on était déjà en direct,
07:49hier soir sur CNews
07:50au contact des agriculteurs
07:51qui nous disaient
07:51on regrette Bruno Retailleau
07:53et on regrette Gérald Darmanin
07:54parce que la doctrine
07:55du maintien de l'ordre a changé
07:56et jamais ces deux anciens
07:57ministres de l'Intérieur
07:58n'auraient déployé
07:59les blindés de la gendarmerie
08:00face à nous.
08:01Et pour déployer les blindés,
08:02il faut même l'accord
08:03du Premier ministre
08:03et donc de Matignon.
08:05Et vous n'avez pas
08:06une vingtaine de tracteurs
08:07qui se retrouvent
08:07à l'Arc de Triomphe
08:08si on ne les laisse pas entrer.
08:10Donc, évidemment que,
08:11j'ai hâte d'entendre
08:12Laurent Nunez
08:12parce que je pense qu'on a
08:13quand même un peu baissé
08:15dans la volonté
08:16de réprimer ce mouvement
08:17ce qui pouvait évidemment
08:19choquer les Français
08:20de voir de Paris-Scenes
08:21où on met les policiers
08:22face aux agriculteurs
08:24puisque c'est un mouvement
08:25pour leur survie.
08:26On l'entend,
08:26ce n'est pas que la question
08:27du Mercosur,
08:28ce n'est pas que la question
08:29de la dermatose
08:29sur les vaches
08:30qui touchaient
08:31certains troupeaux de France.
08:32C'est une question
08:33pour la survie de l'agriculture
08:34et donc pour une certaine survie
08:36comme le disait
08:37l'agriculteur juste à côté de nous,
08:39une certaine survie de la France,
08:40ses paysages,
08:41ses traditions,
08:42son terroir,
08:42évidemment ce qui fait
08:45le sel de la France,
08:46c'est-à-dire sa nourriture
08:47avec ses agriculteurs
08:48et on voit bien
08:48la difficulté de l'élevage
08:50parce que c'est ça
08:51qui se joue avec le Mercosur,
08:52c'est l'élevage
08:53et on n'a pas attendu
08:54le Mercosur
08:54pour poser la question
08:55parce qu'on est déjà
08:56à un poulet sur deux
08:57vendu en France
08:58qui est un poulet ukrainien
08:59produit dans des normes
09:00qui n'ont rien à voir
09:01avec la France,
09:02vendu à un prix
09:03qui n'a rien à voir
09:04avec les poulets français.
09:05Catherine Ney,
09:06on attendra connaître
09:09le nombre d'interpellations aussi
09:10parce que vous dites
09:10ça s'est bien passé.
09:11Beaucoup d'agriculteurs
09:12ont été passés en garde à vue.
09:13Je dis qu'on n'a pas mis
09:14les blindés face aux gendarmes,
09:15face aux agriculteurs.
09:16Si, il y en a eu.
09:17Si, si.
09:18Il y en a eu.
09:18Non mais on ne les a pas mis
09:19en confrontation directe
09:21comme ce qui s'est passé
09:22dans l'Ariège.
09:23Voilà, il y a quelques semaines.
09:24Bien sûr, c'est pas comparable.
09:24Catherine ?
09:25Oui, en plus les gendarmes
09:27ce sont des alliés
09:28des agriculteurs sur le terrain
09:31qui sont sans arrêt
09:32vandalisés, pillés,
09:34que ce soit le matériel,
09:36les récoltes.
09:37C'est quelque chose
09:39qui est très dur à vivre en plus
09:40sur le terrain.
09:42Mais là, vous savez,
09:43on ne se rend pas compte
09:44de ce qu'est l'état
09:45de notre agriculture.
09:47Pour la première fois
09:48depuis 50 ans,
09:49l'excédent commercial
09:50de l'agriculture
09:52était en août
09:54de 47 millions
09:55alors que l'année précédente
09:57il était encore
09:58de 4,7 milliards.
09:59C'est-à-dire que tout
10:00se casse la figure.
10:01Alors, on voit bien
10:02qu'on arrive au bout
10:04de tout ce tracassin,
10:09ces normes
10:10qui ont été imposées
10:12aux agriculteurs
10:13qui sont allées de...
10:15Je veux dire,
10:15qui ont été entravées
10:16par des camisoles de force
10:18de toutes les...
10:19Et voilà.
10:20Aujourd'hui, on importe.
10:21Et là, on importe
10:22la moitié des légumes,
10:23des fruits.
10:25Bientôt, je ne sais pas
10:26si on pourra,
10:27si la France pourra nourrir
10:28et nourrir sa population.
10:31Et en plus du Mercosur,
10:33parce que le Mercosur,
10:34moi, je crois que
10:35ça fait 25 ans
10:37que l'on négocie.
10:41Et il y a certains secteurs
10:42économiques,
10:43y compris en agriculture,
10:44qui tromperont leur compte
10:46avec le Mercosur.
10:47Mais pas tous.
10:47Pas tous.
10:48Mais justement,
10:49ceux qui n'y tromperont
10:50pas leur compte,
10:51c'est qu'on n'a pas vu
10:52depuis 10 ans,
10:53en raison de la politique
10:54qui est idéologique,
10:55de l'écologie punitive,
10:57sur la façon,
10:57sur les bovins qu'il a.
10:59Il y a quand même
10:59un million de bovins en moins
11:01et de vaches en moins
11:02depuis 10 ans.
11:03Ce qui veut dire
11:04qu'aujourd'hui,
11:04tout le beurre industriel
11:06est importé.
11:07C'est-à-dire qu'on ne pas...
11:07Parce que c'est des normes,
11:09c'est l'un,
11:11c'est la tyrannie écologique
11:12sur notre pays.
11:14Donc, vous voyez,
11:16je ne sais pas
11:17si on peut
11:17se redresser vraiment
11:19au point où on en est
11:20aujourd'hui.
11:21On repart sur le terrain.
11:22Jean-Luc Thomas,
11:22nous attend avec Clément Lopez
11:23en Haute-Garonne
11:24sur l'autoroute à 64
11:26où cela fait,
11:27mon cher Jean-Luc,
11:2827 jours,
11:2927 jours que les agriculteurs
11:31sont mobilisés.
11:32C'est bien cela, Jean-Luc ?
11:35Oui, exactement,
11:3627 jours.
11:37Ça a débuté
11:37le 12 décembre dernier,
11:40tout simplement
11:40au lendemain
11:41de l'abattage
11:42des vaches
11:43dans la fameuse
11:45ferme à bord
11:47de Surariz
11:47dans la Riège
11:48où il y avait eu
11:49donc ce cas
11:50de DNC.
11:50DNC
11:51et comme
11:52en 2024,
11:54les agriculteurs
11:56de la région
11:57ici de Carbone
11:59sous la bannière
12:01des ultras
12:01de l'A64
12:02ont décidé
12:03d'occuper
12:04l'autoroute
12:05A64.
12:07Alors,
12:07évidemment,
12:08ça fait 27 jours
12:09que ces agriculteurs,
12:11ces éleveurs,
12:12ces céréaliers
12:13sont là
12:14matin,
12:14midi et soir.
12:16Et puis,
12:16ce qui est assez étonnant,
12:18c'est de voir
12:18qu'il y a énormément
12:20de solidarité.
12:21On est au-dessous
12:22d'un pont
12:23de l'autoroute
12:25et ça veut dire
12:25qu'à chaque fois
12:26qu'au-dessus,
12:28les camions,
12:29les voitures passent,
12:29il y a des klaxons,
12:30il y a des gens
12:31également
12:32qui amènent
12:32de la nourriture.
12:33Mais il faut bien voir
12:34que s'il y a
12:36cette solidarité,
12:37ça veut dire
12:38que les agriculteurs
12:40sont au bout
12:41du rouleau
12:41et ne comprennent
12:43absolument pas
12:44pourquoi
12:45le gouvernement
12:46actuel
12:47ne répond pas
12:48à leurs demandes,
12:49à leurs besoins
12:50et c'est quelque chose
12:51de très fort.
12:53Ils demandent,
12:53ils veulent,
12:54ils aimeraient
12:55que la ministre
12:56de l'Agriculture
12:57puisse venir ici
12:59ou voir même
13:00le Premier ministre.
13:01Je vous rappelle
13:02qu'en 2024,
13:03le Premier ministre
13:04d'alors
13:04était venu ici
13:06sur la 64
13:07et c'était
13:08le Premier ministre
13:09Attal.
13:10Ici Jean-Luc Thomas,
13:12Clément Lopez
13:12en Haute-Garonne,
13:14Éric Nolot,
13:15on est frappé au cœur
13:16ce soir
13:17parce qu'on démarre
13:18cette année
13:182026
13:19avec une menace
13:21internationale
13:22extrêmement forte
13:22et on a nos paysans
13:24qui montent à Paris
13:24parce que personne
13:25ne les écoute
13:26et tout le monde
13:26les laisse mourir
13:27sans rien faire.
13:28J'espère que
13:29M. Nunez a compris
13:30que l'heure
13:30n'était pas
13:31à la répression
13:32mais au dialogue
13:33et aux annonces
13:34concrètes.
13:35Ça m'a beaucoup touché
13:35ce que vous avez dit
13:37de votre métier
13:37et de la France.
13:39Je vois que vous êtes laqué,
13:41je vois dans vos yeux
13:42la détermination
13:43et la souffrance.
13:43ça doit cesser.
13:46Ça c'est sûr.
13:48Fatigué, on est.
13:49On est parti,
13:49moi je n'ai pas dormi
13:50depuis trois jours.
13:54On était déterminés,
13:55on avait dit
13:55on arrivera
13:56jeudi matin
13:57à Paris.
13:59On a eu des forces
14:00de partout.
14:02On a fait
14:02il n'y a pas
14:04un kilomètre sur dix
14:05ce qu'on a pu faire
14:05sur la route.
14:06Il faut voir,
14:08sans le vivre
14:09c'est impossible
14:10de s'imaginer
14:11ce qu'on a vécu.
14:11On a des barrages
14:13de CRS,
14:14des murs de CRS,
14:15le centaure de vin
14:16on l'a eu.
14:17Nous on l'a eu
14:18à partir de Bordeaux.
14:19Il y avait
14:20un arrêté préfectoral
14:21qui disait
14:22qu'on n'avait pas le droit
14:23de sortir de la région.
14:24La CR64,
14:24on savait que mon département
14:26n'avait pas le droit
14:27de sortir.
14:27Vous avez fait comment ?
14:29On s'est dispersé,
14:30j'étais au téléphone
14:31avec mes gars,
14:32du téléphone
14:33on était deux dans mon fourgon
14:34à récupérer
14:35les tracteurs
14:36qui se perdaient
14:36dans la campagne,
14:37des points GPS,
14:38passer à travers champs,
14:39couper les routes
14:40dans tous les sens.
14:40On a mis 26 heures
14:42pour arriver dans le gare.
14:4426 heures,
14:45avec un hélicoptère
14:45sur la tête,
14:46des drones,
14:47des gendarmes de partout.
14:48J'ai des vidéos,
14:49je vais vous le montrer
14:50à la fin du plateau.
14:52En fait,
14:53c'est ces vidéos
14:53qui pourront vous faire comprendre
14:55ce qu'on a vécu.
14:56J'ai l'impression
14:56d'être traqués.
14:58Mais c'était plus
14:58qu'être traqués.
14:59On est arrivé
15:00dans une ferme,
15:00j'ai trouvé une ferme
15:02pour pouvoir dormir,
15:04se doucher,
15:05manger.
15:06Ça ne faisait pas une heure
15:07qu'on était là,
15:07on s'est fait encercler
15:08la ferme
15:08par les gendarmes.
15:10Qu'est-ce qu'on a fait ?
15:11Ça faisait 26 heures
15:12qu'on allait rouler,
15:13ça faisait une heure
15:13qu'on était là.
15:15On est remonté
15:15dans les tracteurs,
15:16on est parti à travers champs,
15:17on a bousillé
15:18les clôtures de l'agriculteur
15:19avec son accord
15:20parce que c'était
15:20notre seul échelopatoire.
15:22On a roulé dans la camp,
15:23on avait les voitures
15:24au milieu des champs
15:25on a bourré et tout.
15:26On ne savait pas
15:26où on allait.
15:27On était au milieu des champs.
15:28On a réussi
15:28à ressortir.
15:29Mais c'est ce qui s'est passé.
15:31Parce qu'on était déterminés
15:32à arriver ici.
15:33On n'avait pas du tout
15:34dans l'idée
15:34de se faire rattraper avant.
15:35On voulait être ici.
15:36Il faut chauffer la...
15:37Louis Dregnel.
15:39Je pense que le politique
15:40ne mesure toujours pas
15:41à quel point
15:42vous êtes baigné
15:43dans cet océan de souffrance
15:45qui crée cette détermination
15:47qui est l'instinct de survie.
15:49En réalité,
15:50c'est ça ou la mort.
15:51On se dit
15:51qu'on a...
15:52Pour pouvoir essayer de vivre,
15:54je dis bien essayer de vivre
15:55notre métier,
15:57on est obligé aujourd'hui
15:57de s'endetter
15:58avec des sommes monstrueuses.
16:00C'est-à-dire que
16:0090% des agriculteurs
16:01hypothèquent même
16:02leur maison,
16:03tout.
16:04Quand on sait
16:05qu'en fait,
16:05aujourd'hui,
16:06nos politiques
16:06augmentent le pourcentage
16:08de chances
16:08que nos exploitations
16:10en fait finissent
16:11en liquidation,
16:13donc vous avez
16:1390% des agriculteurs
16:15qui se demandent
16:15quand est-ce
16:16qu'on va venir
16:16me saisir ma maison ?
16:17Quand c'est que
16:18je vais finir SDF ?
16:19Alors qu'à l'origine,
16:20c'est du patrimoine
16:21familial qu'on avait,
16:22donc la base de travail
16:23était déjà payée,
16:26amortie,
16:27c'est une honte.
16:28Une honte, absolument.
16:29Quand je vois
16:29les tracteurs comme ça
16:30sur votre fond d'écran,
16:319 Français sur 10
16:33disent qu'ils ont
16:33des tracteurs
16:34à 200 000 euros,
16:36mais ils ne savent pas.
16:37Les tracteurs,
16:38ils ne sont pas à nous,
16:38on ne peut plus
16:39les acheter.
16:40Ce n'est que des leasing,
16:40ce n'est que des locations,
16:42des leasing à l'hiver
16:43de 45%.
16:44Aujourd'hui,
16:46l'agriculteur
16:46a décapitalisé.
16:47Son parc matériel
16:48appartient aux financiers.
16:50Certes,
16:50on a un joli capot
16:51sous l'hangar,
16:52mais même
16:52ce joli capot
16:53avec seulement
16:54un euro sur deux
16:55emprunté,
16:56on ne peut pas
16:56se le payer.
16:5618h18,
16:59on est en direct
16:59sur CNews
17:00et sur Europe 1.
17:01Nous avons fait
17:01un sondage CSA
17:02pour CNews Europe 1,
17:03le JDD.
17:04Soutenez-vous
17:05la mobilisation
17:05des agriculteurs ?
17:06La réponse des Français
17:07est très claire.
17:0879% de oui
17:09de Français
17:11qui disent
17:12qu'on comprend
17:13nos agriculteurs,
17:14on les soutient.
17:14Après,
17:15comment ça se traduit
17:15concrètement ?
17:16C'est ça la question
17:17que j'ai débaté.
17:17Je pense que c'est pour ça
17:18qu'ils ne veulent pas
17:19que les agriculteurs
17:20atteignent Paris,
17:21parce qu'ils sont
17:22dans la manifestation
17:22de leur impuissance aussi.
17:23et je pense
17:24qu'ils n'ont pas
17:25de réponse,
17:25parce que ça impliquerait
17:27de sortir de schémas
17:29et de rails
17:30dans lesquels
17:30ceux qui nous gouvernent
17:32sont depuis
17:33des dizaines d'années
17:34et qu'ils ne peuvent pas
17:35prendre ces décisions.
17:36Et ils ne peuvent pas
17:36aussi assumer
17:37les conséquences
17:37de leurs propres décisions.
17:39C'est-à-dire que
17:39parmi un des facteurs
17:40de la crise agricole,
17:42c'est un parmi d'autres,
17:42mais il y a quand même
17:43par exemple l'ouverture
17:44du marché à l'Ukraine.
17:45C'est un peu tabou,
17:46on n'en parle pas beaucoup,
17:47mais ça a été
17:48un facteur de crise énorme.
17:50Et on a décidé
17:51par solidarité avec l'Ukraine
17:53et on peut justifier
17:53cette solidarité avec l'Ukraine,
17:54on a décidé,
17:55mais sans demander
17:55leur avis aux Français
17:56et encore moins aux agriculteurs,
17:58d'ouvrir le marché européen
17:59à l'Ukraine
18:00qui est une puissance agricole
18:01énorme
18:01et qui a des rendements
18:03colossaux
18:04avec des normes
18:06effectivement
18:06qui n'ont rien à voir
18:06avec les nôtres
18:07et ça a eu un impact
18:08sur la volaille,
18:08sur les céréales,
18:09sur le sucre
18:10et on ne peut pas...
18:11Voilà, Emmanuel Macron
18:12paye aujourd'hui...
18:14Vous payez
18:15des choix politiques.
18:16La facture arrive,
18:17c'est tout.
18:17Sur l'Ukraine,
18:18on a joué exemple.
18:19C'est-à-dire que
18:20mon département,
18:21on produit beaucoup de maïs
18:23pour l'élevage
18:24mais pour l'Espagne aussi.
18:26Quand l'Ukraine
18:27a commencé à commercialiser
18:28en Europe,
18:29notre coût de revient en nous
18:30qui est à 220 euros la tonne,
18:32ils vendaient en Espagne
18:33donc sur nos marchés
18:34le maïs livré au port
18:36à 110 euros,
18:37moitié prix de nous.
18:38Mais par contre,
18:39nous,
18:39on est sur du maïs
18:40plus blanc que blanc,
18:42eux c'est du 100% OGM
18:43sans traçabilité
18:45de la Grèce.
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