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Antoine Dupont, 15 ans, adolescent turbulent qui n'aime pas l'école et vit avec sa mère. A l'hiver 2015, plus aucune trace de lui. Il a quitté sa chambre sans prévenir. Le jeune garçon a un caractère bien trempé mais il n'a rien d'un fugueur. Mais alors qui aurait pu lui en vouloir au point de lui faire du mal ? Si ce n'est quelqu'un qui le connaissait très bien.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
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00:0114h15, c'est l'heure du crime sur RTL, avec Jean-Alphonse Richard.
00:06Il faut qu'Antoine revienne à sa maison avec sa famille.
00:09On a mis une nouvelle photo déjà, il suffit qu'il y ait quelqu'un qui l'a vue.
00:13J'espère qu'il est quelque part en bonne santé.
00:15Moi j'ai déjà tout imaginé, parfois je craque.
00:18Je l'appelle tous les jours sur son portable, j'ai toujours le répondeur, c'est très dur.
00:23Bonjour, Antoine Dupont, 15 ans, adolescent turbulent,
00:27qui n'aime pas l'école et qui vit avec sa mère.
00:30A l'hiver 2015, plus aucune trace de lui.
00:33Il a quitté sa chambre, sans prévenir.
00:35Le jeune garçon a certes un caractère bien trempé, mais rien d'un fugueur.
00:40Qui aurait pu lui en vouloir si ce n'est quelqu'un qui le connaissait très très bien ?
00:45Antoine Dupont, l'adolescent de trop.
00:48L'heure du crime, votre rendez-vous 100% au fait d'hiver et c'est tout de suite sur
00:52RTL.
01:00Mercredi 28 janvier 2015, peu après 15 heures,
01:04Sabine Dupont rentre chez elle à Gonne-M, une commune du Pas-de-Calais, proche de Béthune.
01:09La mère de famille termine sa journée.
01:12Elle a quitté le domicile à 6 heures du matin pour rejoindre les cuisines de l'hôpital où elle travaille.
01:17Sabine est surprise de ne pas trouver son fils Antoine.
01:21Il est parti sans ses écouteurs ni son chargeur de batterie, ce qui ne lui ressemble absolument pas.
01:28Son beau-père, Marc Demeulemester, qui se trouvait dans la maison, ignore où il a pu aller.
01:34Ses grandes sœurs n'ont pas de nouvelles, le portable d'Antoine ne décroche pas.
01:39C'est étonnant, Antoine finit toujours par répondre aux appels à sur le bon père, le beau-père qui est
01:44inquiet.
01:46Le message qu'on veut lui transmettre, c'est qu'un, on l'aime, donc même s'il pense éventuellement
01:52avoir fait une grosse bêtise, quoi que ce soit, c'est pas grave.
01:54L'important, c'est qu'il nous rassure, voilà.
01:56Pour sa famille, ses amis, son entourage, il faut un retour, quoi.
02:03La maman ne croit pas une seconde à une fugue.
02:06Ça lui arrive de rentrer tard, mais il n'a jamais découché sans nous avertir, précise-t-elle.
02:11Les premières recherches dans le quartier ne donnent rien, Antoine ne rentre pas de la nuit.
02:15Le lendemain matin, mère et beau-père signalent sa disparition à la gendarmerie de Lillard et donnent la description de
02:23l'adolescent.
02:23Antoine Dupont, 15 ans, 1m75-60 kg, cheveux bruns et courts, vêtus d'une veste en dénime, d'un jean,
02:31d'un sac à dos gris de marque Eastpac.
02:34Des avis de recherche avec photos sont placardés en ville et dans les communes voisines.
02:42Les gendarmes ratissent Gonohem et ses environs.
02:45Hélicoptères battus avec des chiens, courts d'eau sondés par des plongeurs équipés d'un sonar sans succès.
02:51Les enquêteurs se demandent avec qui Antoine Dupont avait rendez-vous quand il a quitté la maison ce 28 janvier
02:58autour de midi.
02:59Ce jour, il avait une nouvelle fois séché les cours au lycée Saint-Dominique de Béthune, où il est en
03:06classe de seconde.
03:08Il avait préféré flémarder à la maison.
03:10La scolarité d'Antoine, c'est vrai, mais chaotique.
03:13Exclus d'un établissement, de Saint-Vas, puis de deux autres, de Lillard.
03:19Antoine Dupont déteste l'école.
03:21Il traîne le plus souvent avec quatre de ses potes désœuvrés.
03:25On les croise devant la supérette où ils achètent des chips et du Red Bull.
03:29Ils ne l'ont pas vu.
03:31Interrogé, le beau-père qui ne travaille pas, dit avoir entendu Antoine se lever vers 10 heures.
03:37Il l'a vu se faire chauffer des fricadelles dans la cuisine.
03:40Antoine a mangé devant l'ordinateur.
03:42Marc de Lemeuester a ensuite effectué quelques menus travaux dans la maison.
03:49Vers 13 heures, il s'est aperçu qu'Antoine était sorti.
03:52Il n'y a pas prêté attention, même si l'adolescent lui dit en général où il va.
03:57La clé de la cave qu'il donne sur le jardin et l'extérieur n'étaient plus là.
04:02Il a pensé qu'Antoine l'avait emporté.
04:08Samedi 11 avril 2015, deux mois et demi après la disparition d'Antoine Dupont,
04:12la famille organise une nouvelle battue à Gonneuem.
04:15Le beau-père et la mère d'Antoine se démènent pour que les recherches se poursuivent.
04:20Les relations avec cet adolescent n'ont pas toujours été très faciles,
04:25surtout pour Marc de Lemeuester, 44 ans.
04:28Le beau-père est entré dans la vie de Sabine Dupont il y a un peu plus de deux ans.
04:34Elle venait de divorcer.
04:35Le couple est présenté comme très uni, très amoureux.
04:39En 2013, ils sont partis en Californie et à Las Vegas pendant 17 jours.
04:44Marc de Lemeuester est décrit comme un homme effacé, en retrait, réservé, non violent et pas du tout vindicatif.
04:53Avant Sabine, il n'a connu aucune autre femme.
04:56Il s'occupait alors de sa mère et de sa grand-mère, toutes deux décédées, de maladies et de vieillesses.
05:02Il les appelle d'ailleurs toujours ses deux mères.
05:05Elles étaient toute sa vie, Sabine l'a sauvée de la solitude et de la dépression.
05:13Marc de Lemeuester, Sabine Dupont, un couple à la recherche d'Antoine, 15 ans, toute une famille.
05:20Et des proches qui sont dans l'incompréhension, on ne sait pas ce qu'il est advenu de l'adolescent
05:24quelqu'un.
05:25C'est sans doute ce qui s'est passé, mais cette personne est pour le moment hors d'atteinte.
05:29Il va falloir attendre un peu plus d'un an pour que le masque tombe.
05:33Et on va voir que ça va être une grande surprise avec une confession tout à fait extraordinaire, inhabituelle, surprenante.
05:42Mais ça, je vous parle de tout ça dans la suite de l'heure du crime.
05:46Bonjour Stéphane Ducouv.
05:48Oui, bonjour.
05:49Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans cette heure du crime.
05:53Vous êtes journaliste police-justice pour La Voix du Nord.
05:56Cette histoire, l'affaire d'Antoine Dupont, vous la connaissez et vous l'avez suivie.
06:02Pourquoi, Stéphane Ducouv, pourquoi la disparition du jeune Antoine Dupont est-elle tout de suite jugée inquiétante ?
06:12Initialement, on a commencé à voir des affiches avec la photo d'Antoine fleurir un peu dans le secteur, dans
06:20les commerces.
06:22Au départ, ça peut arriver, un ado qui disparaît, une fugue, etc.
06:28Mais très vite, au bout de quelques jours, finalement, en se renseignant un peu, il y a quelque chose qui
06:35est inhabituel.
06:38Et la disparition devient assez vite inquiétante.
06:42Moi, je me rapproche un peu des gendarmes et puis des bétunes qui, de leur côté, c'est pareil.
06:50Pour eux, il y a quelque chose qui leur fait penser qu'on n'est pas seulement sur une fugue
06:56d'un ado.
06:58Ce que vous exprimez, Stéphane Ducouv, et je le comprends très bien, c'est qu'il y a une espèce
07:02d'embarras, de gêne.
07:05C'est très difficile.
07:06On a déjà le sentiment que c'est peut-être quelque chose d'intrafamilial, j'ai envie de dire.
07:11Pas forcément au début, non, non.
07:13Au début, il y a vraiment...
07:16On pense, enfin les enquêteurs, pensent assez rapidement qu'on n'est pas sur une simple fugue.
07:23Mais on n'est pas initialement, en fait, sur un contexte familial.
07:27Honnêtement, pour en avoir longuement parlé avec les enquêteurs, au départ, il n'y a aucune piste.
07:33Il n'y a aucune piste.
07:34D'où les recherches qui ont été très très nombreuses avec d'importants moyens, hélicoptères, plongeurs, débattus.
07:42Voilà.
07:43Encore une petite question pour vous, Stéphane Degouv.
07:47Antoine, il sèche les cours, il est turbulent, il a des amis, il préfère la liberté plutôt que d'aller
07:55s'enfermer dans une salle de classe.
07:57Ce n'est pas un profil très tranquille, j'ai envie de dire.
08:01Ça, on apprend, oui.
08:02On apprend très vite qu'Antoine et l'école, ce n'est pas forcément bon ménage.
08:10Il a déjà été... il a fait plusieurs établissements scolaires.
08:14On sait qu'il est régulièrement absent, qu'il sèche souvent les cours.
08:21Ses sœurs nous avaient dit que, de toute façon, Antoine, c'était à la maison le petit prince et que
08:26sa maman lui laissait un peu tout passer.
08:29Et donc, oui, le milieu scolaire, ce n'était pas forcément l'endroit où il était le plus épanoui.
08:35Oui, mais à côté de ça, c'est un gamin qui avait des amis, qui n'avait pas d'histoire,
08:40il ne faisait pas parler de lui.
08:42Il n'était pas connu pour des petits délits d'enfidage.
08:47Ce n'est pas un petit délinquant, on pourrait dire, évidemment.
08:49Pas du tout, pas du tout.
08:51Antoine Dupont.
08:52Bonjour, maître Fanny Malbranc.
08:54Oui, bonjour.
08:55Merci beaucoup d'être avec nous également en direct, avocate à Béthune, avocate de Marc Demeulemester.
09:00Marc Demeulemester, c'est évidemment le beau-père d'Antoine.
09:04Vous êtes en direct avec nous grâce à Franck Hanson du bureau RTL de Lille, qu'on salue évidemment.
09:10Maître Malbranc, une question.
09:13Le beau-père Marc Demeulemester, c'est un vieux garçon solitaire.
09:17Il s'est retrouvé il y a quelques années, il y a deux ans, un peu plus de deux ans,
09:20avec évidemment cette nouvelle compagne, Sabine Dupont.
09:27J'ai du mal d'ailleurs à dire que c'est une nouvelle compagne, puisque c'est sa première compagne,
09:31c'est bien ça ?
09:31Oui, c'est ça.
09:32C'est effectivement un monsieur qui a vécu toujours avec sa grand-mère et sa mère, et qui connaissait en
09:40réalité Sabine avant, quand elle était mariée,
09:43puisqu'il partage la même passion des vieilles voitures américaines.
09:48Donc ils se sont déjà vus dans des expositions, donc il les connaît, et ensuite il apprend finalement que Sabine
09:57Dupont s'est séparée du père d'Antoine.
10:01Et voilà, ils entament une relation tous les deux.
10:06Alors il y a une question qui se pose, c'est que Marc Demeulemester, il a un profil, c'est
10:13la dernière personne à avoir vu déjà le garçon, donc là évidemment on s'intéresse à lui, mais il a
10:18un profil des plus tranquilles cet homme.
10:21Ah oui, c'est vraiment... alors il a fait des... il n'a pas beaucoup travaillé dans sa vie, mais
10:27il a surtout été en fait l'aide de sa grand-mère et de sa mère, dont il s'est
10:31occupé, parce qu'il y avait des soucis de santé.
10:35Et là, quand il est avec Sabine Dupont, il est à la maison, il ne travaille pas, mais sinon c
10:42'est quelqu'un qui n'a jamais fait parler de lui, qui est très calme, qui ne fait pas de
10:48vagues, plutôt quelqu'un de discret.
10:50Quelqu'un de discret, 14 mois après la disparition, une interpellation surprise.
10:56Antoine Dupont, l'adolescent de trop, j'ai serré le cou avec un fil de fer, ça n'a pas
11:01été long, 3 minutes, il ne s'est pas débattu.
11:03L'enquête de l'heure du crime, on se retrouve dans un instant sur RTL.
11:07Merci d'écouter RTL.
11:16RTL.
11:18Votre radio.
11:21L'heure du crime, présentée par Jean-Alphonse Richard, sur RTL.
11:26L'heure du crime, consacrée aujourd'hui à la disparition inquiétante d'Antoine Dupont.
11:29Ce lycéen, 15 ans, habitant près de Béthune, n'a plus donné signe de vie depuis le 28 janvier 2015.
11:36Sa famille le recherche désespérément.
11:38Un peu plus d'un an plus tard, les enquêteurs interpellent un suspect inattendu.
11:46Mardi 1er mars 2016, 14 mois après la disparition d'Antoine Dupont, les gendarmes interpellent le beau-père.
11:53Marc Demeulemester est en garde à vue.
11:55Il ne bronche pas, placide, obéissant.
11:59Sa compagne Sabine croit à une méprise.
12:01Elle ne comprend pas cette arrestation.
12:03Il a toujours été patient avec mon fils.
12:05Il ne lui aurait jamais fait quoi que ce soit, proteste-t-elle.
12:09Les gendarmes ont fini par se focaliser sur Marc Demeulemester.
12:13Dernière personne à avoir vu l'adolescent.
12:16Après avoir repris tout le dossier,
12:19après avoir réétudié les emplois du temps,
12:22entendu des témoins, il est apparu aux enquêteurs que le beau-père n'était pas en si bon terme que
12:27cela avec son beau-fils.
12:30En garde à vue, Marc Demeulemester assure qu'il n'a jamais levé la main sur Antoine.
12:36Mais après 8 heures d'interrogatoire, Demeulemester craque.
12:40Il a tué Antoine.
12:42Il raconte que depuis 6 mois, il imaginait des scénarios pour éliminer ce garçon arrogant et prétentieux, comme il dit.
12:51Un ado qui gênait la vie de son couple.
12:55Il voulait avoir pour lui tout seul Sabine.
12:57Il a choisi l'étranglement, le moyen le moins douloureux, dit-il.
13:02Il a étranglé Antoine dans son sommeil avec un fil de fer.
13:05Ça n'a pas été très long.
13:073 minutes.
13:07Antoine ne s'est pas débattu, affirme-t-il.
13:10Plus tard, il précisera.
13:11Ça va être affreux, ce que je vais vous dire.
13:14Mais je voulais faire le plus propre possible, le plus rapidement.
13:19Mon but ultime était de faire disparaître Antoine.
13:22Le beau-père avait tout prévu.
13:24Il a rhabillé le cadavre, il l'a enveloppé dans une bâche, puis a jeté le corps dans un canal.
13:32Mercredi 2 mars, le corps d'Antoine Dupont est retrouvé dans le canal d'Air, à Beuverie, à un quart
13:38d'heure de Gonoëm.
13:39Le cadavre est lesté d'altère, enserré dans une bâche avec des parpaings.
13:45Marc de Mollemester explique qu'Antoine était très dur, pénible.
13:50Il cherchait sans cesse des désaccords, dit-il.
13:53Lui, qui n'avait vécu jusque-là qu'en vase clos avec sa mère et sa grand-mère, était désarçonné
13:58par cette cohabitation.
14:00Il a tenté de jouer son rôle de beau-père, mais c'était peine perdue.
14:04C'était une douleur pour moi.
14:06À un moment, je me suis dit, c'est lui, ou moi.
14:10Je ne me voyais pas vivre avec quelqu'un d'autre que Sabine.
14:13Si j'ai fait ça, c'est pour espérer de continuer à vivre avec elle.
14:18Marc de Lemester confie.
14:20« Je regrette, je ne souhaitais pas faire de mal à quiconque, et j'en ai fait à tout le
14:26monde. »
14:29Marc de Lemester est mis en examen pour assassinat.
14:32Il était croué, presque soulagé.
14:34Il raconte que ces derniers temps, il n'en pouvait plus de cette situation.
14:37Il se rongeait de l'intérieur, depuis sa prison.
14:41Placé dans une unité hospitalière à Seclin après une tentative de suicide,
14:45Il va écrire à Sabine « Je pense à toi, à chaque instant, dès que je lève les yeux au
14:52ciel. »
14:53« Si j'ai fait cela, ce n'était pas pour faire du mal ou être cruel avec Antoine. »
14:57« J'espère qu'on se reverra avant mon jugement. »
15:01« L'être resté sans réponse. »
15:05Et voilà donc pour ces aveux terrifiants, de ce beau-père totalement insoupçonnable.
15:09C'est même quelqu'un qui était plutôt peureux, Marc de Lemester.
15:12En tout cas, il ne voyait pas grand monde.
15:14Il était retiré dans sa maison.
15:16Il ne travaillait pas, enfermé dans cette espèce de huis clos, dans cette maison du Pas-de-Calais.
15:21On va voir que Marc de Lemester n'en a pas fini avec ses aveux.
15:25Et qu'il va aller encore plus loin avec les experts psychiatres.
15:29« Rien ne pouvait arrêter son geste. »
15:31Ça, c'est un constat qui est presque effrayant.
15:34Stéphane Degouve, on vous retrouve, journaliste police-justice pour la Voix du Nord.
15:41Premier constat, cette interpellation du beau-père, c'est un coup de théâtre quand même.
15:47On ne s'y attendait pas.
15:48On est là un peu plus d'un an après les faits.
15:50Non, c'était une réelle surprise.
15:55Pendant un an, il y avait quelques éléments d'enquête.
15:58Mais rien avancé pour en parler.
16:01J'étais au contact régulièrement avec les enquêteurs pour faire le point.
16:06Aucune piste.
16:08Et puis, ce jour de mars 2016, on apprend qu'ils ont passé le beau-père en garde à vue.
16:18En fait, il m'explique qu'ils ont repris toute la procédure, toutes les auditions.
16:22Les uns ont relu les auditions des autres.
16:25Ils ont recoupé.
16:26Certains m'ont confié que j'avais quelques doutes sur le beau-père, mais dans leur jargon, rien pour l
16:34'accrocher en fait.
16:35C'est ça.
16:35Et finalement, en accord avec la juge d'instruction, ils décident de mettre un coup de pied dans la formule
16:43hier.
16:44Pour faire avancer le dossier, il faut placer quelqu'un en garde à vue.
16:47Et dans ces cas-là, la première personne qui est placée, qui est visée, c'est la dernière personne ici
16:54qui a pu voir Antoine.
16:55Donc, Marc de Meulemester.
16:56Oui, exactement. Et ça, c'est presque un coup de poker, mais en tout cas, c'est quelque chose de
17:01logique.
17:02Et Marc de Meulemester ne va pas résister en fait très longtemps aux questions des enquêteurs.
17:09Évidemment, il n'est pas préparé à ça. Il est totalement inconnu de la justice, cet homme.
17:13Maître Fanny Malbranc, avocate à Béthune, avocate de Marc de Meulemester, vous êtes avec nous depuis le bureau RTL de
17:20Lille.
17:21Il y a quelque chose de très frappant, c'est que lorsqu'il avoue, votre client, notamment l'étranglement d
17:27'Antoine, Antoine qui avait 15 ans, je le précise,
17:31il fait ça sans affect presque. Il y a une espèce de mécanique implacable et il donne absolument tous les
17:38détails.
17:38Ça, c'est effarant.
17:40Oui, effectivement, c'est un récit qui est quand même glaçant parce que, déjà, ses aveux arrivaient un peu comme
17:47ça au milieu d'une espèce de conversation qu'il y a avec les policiers
17:53qui n'ont pas forcément mis une énorme pression sur lui. On n'est pas en fin de garde à
17:58vue, on n'est pas très tard dans la nuit.
18:02On commence, on va dire, on sent un peu les gendarmes et leur façon de travailler un peu en entonnoir
18:08où on commence de généralité sur sa vie à lui, son enfance.
18:13Et puis, finalement, on arrive quand même dans le vif du sujet.
18:17Et là, un peu comme un cheveu sur la soupe, il avoue, tout simplement.
18:23Et après, effectivement, les gendarmes lui demandent de raconter et il livre tous les détails.
18:29Alors, je l'ai dit, il n'est pas connu de la justice. Évidemment, il n'a jamais tué personne
18:33avant, il n'a jamais fait de mal à personne, il n'a jamais agressé quelqu'un.
18:36Et pourtant, dans sa tête, il avait un plan, cet homme. Il avait absolument tout prévu.
18:41Et ce plan, on a l'impression qu'il a fini par le dévorer. C'était irrésistible, il fallait qu
18:45'il passe à l'acte.
18:47Ah oui, je crois que c'était vraiment quelque chose. Il le dit, il dit qu'à un moment donné,
18:52il savait qu'il ne pouvait plus faire machine arrière.
18:54Tout était prêt, dans les moindres détails. Il dit qu'il avait prévu plusieurs plans, on va dire.
19:02Et au moment où, ce matin-là, il sait que ça va être ce matin-là, il le dit. Il
19:07dit qu'à ce moment-là, il sait qu'il ne peut plus faire marche arrière.
19:12Un petit mot encore, Maître Fanny Malbranc, c'est important.
19:14Quand le mobile, il paraît presque irréel, dérisoire, vraiment, on ne comprend pas très bien.
19:21Il dit, ma vie était impossible avec Antoine. Je ne pouvais plus le supporter. Donc, je l'ai tué. C
19:27'est quand même étonnant.
19:29Oui, c'est fou, parce qu'effectivement, Antoine, c'était un ado difficile, ça c'est vrai.
19:33Mais bon, pas un petit peu comme tous les ados, il y a toujours une période qui est un petit
19:37peu compliquée.
19:39Mais je pense qu'il ne pouvait plus le supporter.
19:43Et surtout, lui, ce qu'il voulait, c'était juste une vie avec Sabine Dupont.
19:48Une vie à deux.
19:51Stéphane de Gouvenbeau, là-dessus.
19:52Parce qu'effectivement, sur ce mobile incroyable, Antoine Dupont, c'était devenu le gêneur, en quelque sorte.
19:58C'était un obstacle.
20:00Lui, vous voyez ça, il ne pouvait pas aller au-delà de cet obstacle.
20:04Ça l'empêchait de vivre.
20:05Oui, c'est ça, en fait.
20:06Il sortait d'une relation exclusive avec sa mère et sa grand-mère.
20:10Je pense qu'il voulait retrouver une relation exclusive avec Sabine.
20:14Et puis, Antoine, c'était un petit peu ce qui bloquait sa relation,
20:23qui ne lui permettait pas d'avoir la relation que lui espérait avoir.
20:29Et donc, il avait en fait regardé tous les épisodes de Columbo au préalable
20:36pour chercher la meilleure façon de se débarrasser de lui.
20:43Et au final, il a choisi l'étranglement avec ce fil de fer.
20:47Et puis après, tout le scénario où il se débarrasse du corps dans le canal.
20:51L'étranglement, parce qu'il l'a dit déjà, évidemment, c'était selon lui le moyen qui allait faire le
20:57moins souffrir possible le petit Antoine.
21:00La façon de voir les choses.
21:02Une confession sans empathie délivrée au psychiatre.
21:06Antoine Dupont, l'adolescent de trop, il m'empêchait de vivre pleinement.
21:10Il me limitait pour m'épanouir.
21:12C'était le verre dans le fruit.
21:14L'enquête de l'heure du crime face à deux psys, des détails que le beau-père n'avait jamais
21:19donnés aux enquêteurs.
21:20A suivre dans un court instant sur RTL.
21:23Bonne journée sur RTL.
21:29RTL, votre radio.
21:33L'heure du crime, présentée par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
21:37C'est juste après les événements qu'il s'est rapproché de tous les voisins alentours.
21:45On a donné un coup de main pour faire des travaux.
21:48Demandé un coup de main pour faire des travaux aussi.
21:50Il dit, jamais on n'aurait pu penser qu'il aurait pu faire cet acte.
21:55Retour dans l'heure du crime sur la disparition et la mort d'Antoine Dupont.
21:59Ce lycéen, 15 ans, habitant près de Béthune, introuvable depuis janvier 2015, a été finalement retrouvé un an plus tard.
22:05Étranglé, jeté dans un canal, son beau-père a avoué l'assassinat.
22:10Les psys le rencontrent.
22:14Les experts psychiatres, Denis Binsoussan et Daniel Zaguri, se penchent sur le cas Marc de Meulemester.
22:21Ils l'entendent longuement à la prison de Charlesville-Mézières.
22:24Il ne cache rien, répond avec précision à toutes les questions.
22:28Le beau-père confirme que son beau-fils Antoine Dupont était devenu invivable.
22:32Il se comportait comme un petit coq.
22:35Il n'aimait que sa propre personne, témoigne-t-il Marc de Meulemester.
22:40Confie qu'il ait vite tombé amoureux de la mère d'Antoine, 8 ans de plus que lui, belle, généreuse,
22:45gentille.
22:46Ils se sont paxés, mais il avait ensuite des rapports impossibles avec Antoine.
22:51Un garçon à qui sa mère passait tout et qui, selon lui, pouvait être insultant et violent.
22:57Il aurait même un jour frappé Sabine.
22:59« J'étais choqué, dit de Meulemester. Il y a six mois, une idée a donc germé dans sa tête.
23:05J'ai pris ça comme un jeu. Je me demandais ce qu'il fallait pour qu'Antoine parte.
23:10Il m'empêchait de vivre pleinement, confesse de Meulemester. »
23:14Il conclut « Je me suis dit que la vie serait plus simple s'il disparaissait. »
23:21Marc de Meulemester ne fait pas de sport, n'a pas d'amis.
23:24Ses seules passions, la macro-photographie et les vieilles voitures américaines.
23:29Il reconnaît avoir éprouvé de la haine pour Antoine.
23:32Le soir, il attendait que l'adolescent éteigne la lumière de sa chambre au bout du couloir.
23:39Lorsque c'était fait, enfin, il pouvait souffler.
23:42« Ouf ! Encore une journée de passé ! » disait-il.
23:45Il compare Antoine à un grain de sable, à un verre dans le fruit.
23:51Pour les experts psychiatres, Marc de Meulemester affiche de la froideur, mais pas de perversité.
23:56Il n'y a pas chez lui de jouissance à faire le mal.
24:00Sa pensée est simplement mécanique, sans affecte.
24:05Pensée mécanique et sans affecte.
24:07Et pourtant, Dieu sait si cet homme, Marc de Meulemester, a pleuré devant les caméras,
24:13a demandé que justice soit faite, qu'on accélère les investigations,
24:18que les recherches se poursuivent.
24:21Il faisait vraiment le pied de grue devant les gendarmes
24:26pour que ceux-ci aident à retrouver Antoine Dupondon qui l'a menti.
24:29Tout ça, c'était une comédie.
24:31Stéphane Degouv, journaliste police-justice pour la Voix du Nord.
24:34C'est étonnant, avec le recul, quand on parle de cet homme
24:37et qu'on revoit ces images où il pleure, etc.
24:41Il a manipulé tout le monde.
24:45Clairement, nous y compris, les journalistes y compris.
24:51Marc de Meulemester, c'était le lien entre la famille,
24:56les gendarmes et les journalistes.
25:01En fait, il avait pris un peu ce rôle, disait-il,
25:05pour préserver Sabine et ses filles.
25:10Donc nous, on l'avait au téléphone.
25:14Il nous prévenait, il nous avait prévenu de l'abattu qu'il a organisé,
25:18qu'il a un peu imposé aux gendarmes, notamment.
25:21Donc, on le voyait, on l'avait au téléphone.
25:25Donc, quand on a appris, enfin, personnellement,
25:28quand j'ai appris que c'était lui,
25:31effectivement, l'impression d'avoir été manipulé,
25:33c'est clairement le sentiment que j'ai pu avoir.
25:37Maître Fanny Malbranc, vous êtes avec nous, également,
25:39dans l'heure du crime, avocate au barreau de Béthune,
25:41avocate de Marc de Meulemester.
25:45Alors, évidemment, il y a sans doute des regrets chez cet homme.
25:47On a du mal, un peu, à les percevoir.
25:49Même avec les psys, il n'est pas trop sur ce terrain-là.
25:54Mais le fait est, c'est qu'il n'arrête pas de noircir la personne d'Antoine.
25:58C'est quand même... Il a tué, ce garçon.
26:00Et pour lui, c'était toujours quelqu'un de méchant, de violent, etc.
26:05C'est quand même surprenant, ce genre de propos.
26:09Alors, oui, je pense qu'il avait vraiment fait une fixation sur Antoine.
26:15Et notamment, comme Antoine n'était pas forcément, un peu comme tout ado,
26:19qu'il ne pouvait pas répondre forcément gentiment à sa maman,
26:22où il était arrivé, je crois qu'il lui avait jeté un objet.
26:26Ça, c'était inadmissible pour Marc.
26:29Parce qu'aussi, lui, il avait une relation totalement différente
26:33avec sa mère, sa grand-mère, qu'il respectait.
26:35Donc, il ne pouvait pas imaginer qu'un enfant puisse se comporter de cette manière.
26:40Lui, il n'avait pas d'enfant.
26:42Il n'avait jamais vécu avec personne.
26:44Donc, c'était sa première expérience.
26:47Donc, je pense que, pour lui, c'était quelque chose...
26:50C'était un enfant, un adolescent épouvantable.
26:53Alors que, bon, finalement, on se rend compte que c'était un adolescent un peu difficile,
26:57mais pas non plus...
26:58Oui, ce n'était pas le diable.
27:00Non, voilà.
27:00Tout à fait, ce n'était pas le diable.
27:01Alors, il y a quelque chose qui m'a beaucoup frappé dans ce qu'il a pu raconter,
27:05notamment au psychiatre.
27:07Il va dire qu'à un moment donné, il pensait qu'au bout de quelques mois,
27:10Sabine, l'amour de sa vie, allait tout simplement oublier la disparition de son fils
27:15et puis que tout rentrerait dans l'ordre.
27:17C'est quand même incroyable.
27:18Il a une vision d'une naïveté étonnante sur ce que peuvent ressentir les gens.
27:26Oui, alors, je crois qu'en fait, il avait le sentiment que peut-être elle serait, en fait, de son
27:31avis.
27:31C'est-à-dire que, finalement, Antoine était l'élément...
27:35Le seul élément qui gênait une relation qui était magnifique dans leur couple,
27:43il s'est dit, finalement, comme il n'est pas facile,
27:45parce que sa maman, elle reconnaissait aussi qu'il y avait des difficultés,
27:49et il a pensé que, finalement, elle aussi, elle serait sûrement satisfaite
27:55qu'il ne soit plus là, d'être uniquement à deux.
27:59Et ça, c'est quelque chose...
28:01Il a toujours imaginé qu'elle lui pardonnerait.
28:04Une reconstitution et un autre drame.
28:08Antoine Dupont, l'adolescent de trop,
28:10je veux savoir comment il a pu faire ça,
28:12comment il a pu garder ce secret pendant un an.
28:15L'enquête de l'ordre du crime, on se retrouve dans un instant sur RTL.
28:19Merci d'écouter RTL.
28:30RTL. Votre radio.
28:32Carfouille.
28:33L'heure du crime, présenté par Jean-Alphonse Richard, sur RTL.
28:38Au programme de l'heure du crime, la disparition et la mort d'Antoine Dupont.
28:42Ce lycéen, 15 ans, a été étranglé, jeté dans un canal près de Béthune.
28:46Son beau-père, homme placide et en retrait, a avoué un assassinat froid,
28:52calculé, millimétré.
28:53Il attend d'être renvoyé aux assises.
28:58Mardi 28 juin 2016, la juge d'instruction de Béthune, Virginie Vasseur,
29:03organise la reconstitution de la mort d'Antoine Dupont.
29:06Marc de Meulemester est tout d'abord amené jusqu'à la maison du drame,
29:11rue des Martyrs, à Gonnehem.
29:13Peu avant 18h, il descend d'un bus dans lequel se trouve juge,
29:18médecin légiste, enquêteur, avocat.
29:20Tout le monde pénètre dans la maison de Gonnehem, rue des Martyrs.
29:24La reconstitution se déplace ensuite au canal d'air, à Beuverie,
29:29là où le beau-père a jeté le corps de son beau-fils.
29:33Marc de Meulemester apparaît pointilleux sur les détails, presque maniaque.
29:37Il fait ainsi déplacer de quelques centimètres la voiture dans laquelle il avait transporté le corps.
29:47Vendredi 12 août 2016, Marc de Meulemester est retrouvé sans vie dans la cellule de sa prison à Charlesville-Mézières.
29:55Il y avait été transféré une quinzaine de jours auparavant.
29:59Il aurait profité de l'absence momentanée de ses deux co-détenus pour se pendre avec le câble du téléviseur.
30:06C'est un prisonnier qui a découvert le corps lors de son retour en cellule.
30:10Maître Bruno Dubout, avocat de la mer, d'Antoine Dupont, est très amer.
30:15J'avais beaucoup de questions à lui poser.
30:17En premier lieu, des précisions sur le mobile de son acte.
30:21Il décrit un homme organisé, méthodique, presque robotisé.
30:28La reconstitution, c'est donc l'une des dernières apparitions publiques de Marc de Meulemester.
30:34Maître Fanny Malbranque, vous êtes avec nous, avocate à Béthune, avocate de Marc de Meulemester.
30:40Quel est l'homme qui est là, qui rentre dans cette maison, qui ensuite va se déplacer lors de cette
30:46reconstitution ?
30:48Comment est-ce qu'il apparaît ? Il est fatigué ? Il est consciencieux ?
30:56Comment vous est-il apparu ?
30:59Oui, il était consciencieux. Après, je pense que c'était quelqu'un qui avait peur.
31:04Et effectivement, il y avait eu un gros, gros service de sécurité.
31:08Parce que, notamment, il y avait des craintes de la part du juge d'instruction que peut-être le père
31:13d'Antoine,
31:14le père biologique d'Antoine, veuille peut-être en découdre avec lui.
31:19Donc, il avait un gilet pare-balles, il avait un casque.
31:23C'était assez particulier. L'ambiance, elle était très tendue par rapport à ça.
31:28Je sais que, voilà, la juge d'instruction avait dit, je vous préviens, on va tous vous fouiller, il faudra
31:33jouer le jeu de vous laisser fouiller, etc.
31:38Et donc, il était... Et puis voilà, ça reste... Il y a énormément de monde lors d'une reconstitution.
31:44Il y a les gendarmes, il y a... Éventuellement, s'il y a des stagiaires, c'est peut-être le
31:50genre de choses où on les amène.
31:52Donc, oui, il y avait beaucoup de monde.
31:54Il écoute, il répond aux questions, il est toujours très méticuleux, comme il avait été en garde à vue ?
32:00Ah oui, il explique, effectivement, il montre, dans les détails, ça correspond à ce qu'il a dit.
32:07C'est-à-dire que le fait de refaire... Enfin, on lui demande de refaire ce qu'il a fait,
32:12ça correspond, c'est faisable.
32:17Même si, à un moment donné, forcément, ce n'est pas quelqu'un qui fait le corps de l'enfant,
32:22c'est un mannequin.
32:22Donc, ce n'est pas exactement pareil.
32:25Mais oui, ça correspond. En tout cas, on voit que ce qu'il a dit, c'est réalisable.
32:29Oui, et que ça correspond, effectivement, aux constatations des légistes.
32:32Tout à fait.
32:33Voilà. Maître... Pardon, Stéphane Degouv, journaliste, police-justice, pour La Voix du Nord.
32:38Vous y êtes, vous aussi, à cette reconstitution.
32:41Côté rue, j'ai envie de dire, vous êtes spectateur avec le public.
32:44Il y a beaucoup de monde et tout le monde est dans l'incrédulité, encore, en apercevant cet homme.
32:50Alors, oui, j'y étais.
32:52Alors, j'étais beaucoup plus loin que Maître Malbranque,
32:54puisqu'effectivement, il y avait un gros, gros dispositif de force de l'ordre,
33:00vraiment pour maintenir à l'écart au maximum.
33:02Donc, on était vraiment maintenu à l'entrée de la rue.
33:07Donc, au loin, oui, je le vois descendre avec son casque, son gilet, etc.
33:12Mais, moi, je l'ai vécu vraiment de l'extérieur, ce qui est logique pour une reconstitution judiciaire.
33:18Et je l'ai vécu avec les habitants du village et certains amis d'Antoine.
33:23Voilà. Et j'ai lu vos interviews dans La Voix du Nord,
33:27avec des gens, des habitants, des proches d'Antoine,
33:31qui sont totalement incrédules, encore.
33:34Personne ne comprend pourquoi cet homme a fait ce geste.
33:38Le geste n'est pas compris et le sentiment de beaucoup,
33:42c'est ce qu'on disait tout à l'heure, c'est aussi le sentiment d'avoir été manipulé.
33:47Je me souviens avoir été avec certains copains d'Antoine.
33:53Il me racontait, mais il dit, on était avec lui, on a fait les affiches ensemble,
33:57il nous envoyait mettre les affiches.
33:59Donc, eux aussi ont eu le sentiment d'avoir été trompé et manipulé pendant plus d'un an.
34:06Oui, c'est ça. Et donc, effectivement, ça reste encore dans les mémoires.
34:10Maître Fanny Malbranc, il n'y aura pas de procès.
34:13Il s'est suicidé, Marc de Malmester.
34:16Là aussi, c'est une surprise. Vous l'aviez vu un petit peu avant, peut-être, non, maître ?
34:22Moi, la dernière fois que je le vois, c'est effectivement au moment de la reconstitution.
34:27Après, il est vrai qu'on arrive dans les vacances.
34:31Et quand il est transféré à Charleville-Mézières, je ne l'ai pas vu une fois qu'il était arrivé
34:36à Charleville-Mézières.
34:37C'était en plein mois d'août.
34:39Donc, au moment où j'apprends, en tout cas, qu'il s'est suicidé, moi, je suis en congé.
34:44Et c'est la greffière qui me prévient.
34:47Juste un mot, vous êtes surprise par cette attitude ?
34:50Vous ne pensiez pas qu'il pouvait se suicider ?
34:52Il avait fait une tentative, quand même, déjà, auparavant.
34:54Oui, il avait fait une tentative tout de suite, dès la première nuit de son incarcération.
35:00Alors, je ne pensais pas parce qu'il avait vraiment, quand même, à cœur de vouloir s'expliquer.
35:06De vouloir répondre aux questions, notamment pour Sabine.
35:11Il avait dit, voilà, je comparaîtrai à la cour d'assises.
35:16Après, voilà, il était tout à fait conscient.
35:18Je m'expliquerai, c'est ça.
35:19Voilà, il voulait, il estimait qu'il devait des explications.
35:24Un dernier coup de fil du détenu, réel ou imaginaire ?
35:28Antoine Dupont, l'adolescent de trop, je sentais une boule en moi.
35:32Cela m'a conduit à faire ce que je ne devais pas faire.
35:35L'enquête de l'heure du crime, je vous retrouve tout de suite sur RTL.
35:40Retrouvez toutes vos émissions en podcast sur RTL.fr ou sur l'application RTL.
35:45Carrefour.
35:46Présenté par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
35:50Dans l'heure du crime, la disparition et la mort d'un lycéen de 15 ans, Antoine Dupont.
35:54En janvier 2015, près de Béthune.
35:56Un an après le drame, son beau-père avait avoué avoir étranglé et caché le corps de son beau-fils.
36:01Le beau-père s'est suicidé en prison.
36:07Marc Demeulemester aura cherché jusqu'au bout à renouer le contact avec Sabine.
36:11La mère d'Antoine est l'unique femme de sa vie.
36:14Elle n'avait pas répondu à ses lettres.
36:17Au psychiatre, Demeulemester avait révélé qu'il avait joint une fois Sabine,
36:21depuis le téléphone de la prison.
36:23Selon lui, elle se serait montrée émue, surprise.
36:26Elle lui aurait demandé pourquoi il avait fait ça,
36:29alors qu'Antoine, selon elle, ne les gênait pas.
36:34Dans le rapport des psychiatres, Marc Demeulemester évoque plusieurs fois
36:38cette boule qui montait en lui quand il était face à Antoine.
36:43Il n'en pouvait plus.
36:44« Cela m'a conduit à faire ce que je ne devais pas faire », avait-il déclaré.
36:50Pendant un an, plus d'un an, il m'a menti.
36:53Il vivait avec moi.
36:55Je ne sais pas comment il a pu me regarder dans les yeux
36:58en ayant fait cet acte cruel.
37:05La voix de Sabine, la maman d'Antoine,
37:08c'était dans l'enquête criminelle en avril 2016.
37:11Une femme qui n'a sans doute jamais compris le geste de Marc Demeulemester.
37:18Partageait tous les deux une vie tranquille.
37:20Et puis, ce drame est survenu.
37:23Maître Fanny Malbranque, un mot là-dessus.
37:25Vous êtes avocate de Marc Demeulemester, avocate à Béthune.
37:30Jusqu'au bout, je pense qu'il avait dû vous en informer,
37:34il cherchait à joindre cette femme, Sabine,
37:38qui était l'amour de sa vie
37:39et qui, évidemment, avait du mal
37:42et ne lui pardonnait pas son geste.
37:45Oui, c'était effectivement son obsession.
37:48Dès le départ, il m'avait notamment demandé
37:51si elle sollicitait un permis de visite,
37:54est-ce que la juge d'instruction lui accorderait ?
37:57Moi, j'avais quand même dit que je...
37:59D'abord, la juge d'instruction, je pense qu'elle ne voudrait pas,
38:02mais surtout que je pense qu'elle n'en demanderait pas, Sabine.
38:06Et ça, il avait du mal à...
38:09Non, il ne le comprenait pas.
38:10Mais ça, c'est étonnant.
38:12On revient toujours à ce même stade.
38:14On a l'impression que c'est d'une naïveté incroyable.
38:17Il est presque comme un adolescent, Marc Demeulemester.
38:20Pardon de dire ça, mais...
38:21Voilà, j'ai fait une bêtise, mais après tout, maintenant, c'est effacé.
38:25On passe à autre chose et puis je vais pouvoir reprendre ma vie.
38:27C'est un peu son sentiment.
38:29Oui, c'était vraiment ce sentiment.
38:31Et je pense que lui avait une relation tellement exclusive et fusionnelle avec elle
38:35qu'il pensait que c'était réciproque
38:37et qu'elle arriverait, dans son imaginaire,
38:40à peut-être reprendre une vie commune avec lui,
38:44à pardonner.
38:45Enfin, je...
38:46Il ne disait pas ça clairement,
38:49mais on sentait qu'il espérait, en tout cas...
38:54C'est ça.
38:56Pouvoir renouer et retrouver son bonheur, c'est ça ?
38:59Voilà, exactement.
39:01Pouvoir retrouver son bonheur perdu.
39:03Encore une question pour vous, Maître Malbranque,
39:06parce que c'est important.
39:07Vous, vous l'avez suivi, cet homme.
39:09Vous l'avez vu évoluer.
39:10Vous l'avez vu physiquement, etc.
39:12Vous connaissez sa voix.
39:14Comment...
39:15Je sais que vous n'êtes pas psy,
39:16mais comment on peut expliquer ce grand écart
39:18entre un homme poli, qui est effacé,
39:21qui est non-violent,
39:22et puis ce geste épouvantable qu'il a commis ?
39:26C'est vrai que...
39:27Bon, il n'y a pas de double personnalité.
39:29Les psychiatres n'ont rien retrouvé,
39:31mais c'est vrai qu'on est à la fois sur quelqu'un
39:33qui est très gentil, très calme,
39:38qui est même...
39:39Il n'est pas très grand,
39:40donc qui ne fait pas peur.
39:42Enfin, voilà, par rapport à ce qu'il a fait,
39:44on n'a pas de sentiment de peur.
39:46Et il y a quand même des moments
39:47où il fait preuve, effectivement,
39:48d'une froideur qui peut glacer un peu.
39:52Moi, j'avais ce...
39:54Voilà, je n'avais pas peur de lui,
39:55mais il y avait des moments
39:56où il avait un côté quand même très froid
39:58qui pouvait mettre mal à l'aise.
40:01Mais ça, je pense qu'en tout cas,
40:03c'était un aspect de sa personnalité
40:05que personne n'avait remarqué.
40:06Il y avait une dureté en lui, c'est ça ?
40:08Quelque chose vraiment d'implacable aussi ?
40:11Quelque chose de très...
40:13Oui, quelque chose de très maniaque.
40:15On sentait que c'était quelqu'un
40:16qui était vraiment...
40:18Voilà, très maniaque, très précis,
40:23qui pouvait être...
40:24Ça pouvait ressembler peut-être un peu
40:25à une obsession, parfois,
40:26à certaines choses,
40:27dans ce qu'il expliquait.
40:28Oui, il avait envie d'avoir la maîtrise,
40:31presque tout,
40:32de maîtriser sa vie,
40:33celle des autres.
40:34Et puis, il y a beaucoup d'égoïsme aussi là-dedans,
40:37parce qu'il voulait maîtriser sa vie
40:38et son amour,
40:39quitte à tuer un adolescent
40:41qui le gênait.
40:43Stéphane Degout,
40:44vous êtes avec nous également
40:45dans l'heure du crime,
40:45et je vous remercie,
40:46vous nous aidez à éclairer cette histoire
40:47depuis une heure.
40:48Journaliste police-justice
40:49pour la Voix du Nord.
40:51Qu'est-ce qui vous a frappé, vous,
40:52dans cette histoire ?
40:53C'est le côté presque manipulateur
40:56de cet homme,
40:57Marc de Molmester ?
41:01Oui, pendant 14 mois, en fait,
41:03il a réussi à tromper tout le monde.
41:09Sa campagne,
41:10pendant 14 mois,
41:11il a continué à partager sa vie,
41:13dormir dans le même lit que Sabine,
41:16sans qu'elle l'ait de soupçons.
41:18Et il a manipulé les enquêteurs,
41:21il a manipulé les amis.
41:25Donc, c'est ce côté-là.
41:26Pendant 14 mois, en fait,
41:27il n'a jamais eu de...
41:30Enfin, il a sûrement dû avoir
41:32quelques petites failles,
41:33puisqu'à la fin,
41:34il a été placé en garde à vue.
41:36Mais il a gardé le contrôle, en fait,
41:38pendant aussi longtemps,
41:39pendant 14 mois.
41:40Et oui, c'est ça qui est étonnant.
41:43Allez-y.
41:44Et pendant 14 mois, par exemple,
41:46un détail,
41:47c'est qu'il se débarrasse du corps d'Antoine
41:49dans le canal à Beuvry.
41:50Et chaque mois, en fait,
41:51il allait acheter des parpaings
41:52pour remettre,
41:54jeter dans le canal
41:55pour éviter que le corps remonte.
41:56Donc, en fait,
41:57il avait toujours...
41:58Antoine était toujours dans son quotidien,
42:00puisque tous les mois,
42:01il allait au bord du canal
42:02où il s'était débarrassé de son corps.
42:03Et ça, c'est absolument incroyable,
42:05parce que c'est effectivement
42:06une obsession qu'il a poursuivi
42:07et qu'il aura poursuivi jusqu'à la fin.
42:10Merci beaucoup Stéphane Degouv
42:12et Maître Fanny Malbranck
42:13d'avoir été les invités
42:15de l'heure du crime.
42:16Merci à Franck Hanson
42:17d'avoir assuré la liaison depuis Lille.
42:19Merci à l'équipe de l'émission,
42:20rédactrice en chef Justine Vigneault,
42:21préparation Marie Bossard-Lili,
42:23l'abbaye.
42:24Réalisation en direct, Jonathan Griveaux.
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