00:00Si vous ne faisiez pas bac et après fac, vous étiez forcément pris pour un abruti.
00:05Quelle idée ? D'avoir l'idée de faire de la cuisine.
00:07Salutations à tous mes anciens profs.
00:08Vous a fallu du travail, beaucoup de travail, pour en arriver là.
00:11Je parlais de vos périodes à deux ou trois heures de sommeil par nuit.
00:14Ça, c'était au début.
00:15Est-ce que la nouvelle génération de cuisinier en est capable ?
00:17Est-ce que ce sens de l'effort et, j'allais dire, ce sens du sacrifice, ils l'ont encore ?
00:21Oui. Alors moi, ce que je remarque, je remarque dans deux situations totalement différentes.
00:26Les jeunes qui sont chez moi, dans cette fameuse équipe.
00:29Et j'ai un autre regard sur mes petits-enfants.
00:32J'ai sept petits-enfants qui ont entre 17 et 25 ans.
00:35Et je m'aperçois qu'il y a toute une génération qui est formidable, qui est passionnée,
00:40qui ont vraiment envie de travailler et qui ont, je le sens moi, chez mes petits-enfants également,
00:46qui ont une volonté de chercher la case où ils vont être bien.
00:51Moi, à l'école.
00:52La bonne place.
00:53Moi, au lycée de Bourgouin, je veux dire, si vous ne faisiez pas bac et après fac,
00:58tout ce que vous viez raconté à côté, vous étiez forcément pris pour un abruti.
01:02La cuisine, c'était honteux ?
01:03Ah non, mais on vous prenait surtout pour un abruti.
01:06Quelle idée ? D'avoir l'idée de faire de la cuisine.
01:08Salutations à tous mes anciens profs.
01:10Sur ces jeunes, vous avez dit, quand je les regarde, je les trouve beaucoup plus brillants
01:14que je ne l'étais.
01:14Je trouve aussi qu'ils n'ont aucune raison d'être fatigués.
01:17On travaille beaucoup moins qu'à mon époque.
01:19Qu'est-ce que vous vouliez dire ?
01:20Est-ce que vous diriez quand même qu'on a une génération qui a envie d'un équilibre
01:24vie professionnelle et vie privée plus important ?
01:27Moi, lorsque j'ai démarré ce métier, c'est vrai qu'on avait pris quand même pas mal
01:30de retard dans les métiers de la restauration.
01:32Lorsque j'ai démarré, on avait un seul jour de congé par semaine.
01:35Ce qui était en décalage avec le reste de la société.
01:37Mais aujourd'hui, depuis deux ans, je suis fermé trois jours par semaine.
01:40– Mais vous le faites aussi pour répondre à leurs attentes d'une vie personnelle
01:44plus riche, d'être moins concentré sur le travail ?
01:47– Absolument.
01:48– Vous le faites pour eux aussi, oui.
01:49– Bon, si on peut parler d'épanouissement au travail, un épanouissement hors du travail
01:54existe aussi, mais il faut le donner la possibilité d'avoir.
01:57En mon cas, un jour de congé par semaine, vous le passiez à dormir, parce qu'il fallait
02:01absolument vous reposer.
02:02C'était il y a plus de 50 ans, donc voilà.
02:04Heureusement que tout ça a évolué.
02:06Et puis tous ces clichés sont en train quand même de disparaître.
02:09Je lutte encore pour que les apprentis aient droit à l'appellation étudiant.
02:14Je ne vois pas pourquoi un apprenti cuisinier, on ne pourrait pas l'appeler étudiant
02:19parce qu'il étudie, il étudie quelque chose qui est…
02:21En plus, ce qui est fort, c'est la cuisine.
02:23– Et on vous refuse cette saison ?
02:25– Visiblement, un étudiant c'est toujours un étudiant et un apprenti reste un apprenti.
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