- il y a 6 heures
Après les difficultés de ratification de l'accord Union européenne et les pays du Mercosur, l'Union européenne vient de franchir un nouveau cap dans la signature d'un traité de libre-échange avec l'Inde. Signé fin janvier à New Delhi par la présidente de la Commission européenne et le Premier ministre Indien, cet accord prévoit la suppression des droits de douanes sur 90% des marchandises échangées entre l'Inde et l'Europe. Mais cet accord de libre-échange pose des questions : va-t-il freiner la réindustrialisation européenne alors que l'Inde exporte de l'acier et de nombreux produits textiles fabriqués par une main d'oeuvre bon marché ? Quid de la proximité du pays avec la Russie de Vladimir Poutine dont elle est l'un des principaux acheteurs de pétrole ? Peut-on signer un accord avec un pays où certaines minorités religieuses sont discriminées ? Caroline de Camaret et Alexandre Poussart en débattent avec leurs invités dans Ici l'Europe.
Laurence Farreng, eurodéputée française, membre du groupe Renew
Tilly Metz, eurodéputée luxembourgeoise, membre du groupe les Verts Année de Production :
Laurence Farreng, eurodéputée française, membre du groupe Renew
Tilly Metz, eurodéputée luxembourgeoise, membre du groupe les Verts Année de Production :
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00:00France 24, LCP, Public Sénat, présent.
00:16Bonjour à tous, merci de nous rejoindre sur France 24 et les chaînes parlementaires pour Ici, l'Europe.
00:22En cette semaine où les citoyens réclament d'être mieux défendus par une Union européenne qui boosterait son économie et son autonomie.
00:31Nous avons le plaisir de recevoir aujourd'hui Pascal Lamy, bonjour.
00:35Bonjour.
00:35Alors je rappelle que vous avez été commissaire au commerce de 1999 à 2004, directeur général de l'OMC de 2005 à 2013.
00:45Et puis aujourd'hui, vice-président de la Fondation Jacques Delors Friends of Europe, vice-président du Forum sur la paix.
00:53Il y a moins d'un an, vous estimiez qu'il ne fallait pas surréagir aux propos et aux initiatives de Donald Trump qui finirait, je cite, par s'arrêter.
01:03Il ne s'est pas arrêté.
01:04Il s'est arrêté un paquet de fois.
01:10Et donc il reste une très grande différence entre la rhétorique, la scénique, cette espèce d'hyperactivité et la réalité.
01:22Et quand c'était vraiment important pour nous, l'exemple du Groen l'entend en tête, il a reculé.
01:29Alors comme toutes les semaines, nous avons sélectionné quelques nouvelles du vieux continent.
01:34C'est tout de suite l'Europe.
01:35En bref, avec Oyana Allmandoz.
01:4189% des Européens souhaitent voir l'Union européenne plus unie, selon Eurobaromètre.
01:46La sécurité est la préoccupation principale des sondés, avec 72% se disant très préoccupés par les guerres à proximité de l'Union.
01:5439% redoutent même l'avenir de l'UE.
01:56Un pessimisme particulièrement fort en France, où ce chiffre grimpe à 55%.
02:02Les 27 ont classé les gardiens de la révolution iranienne comme organisation terroriste.
02:07Cette unité d'élite des forces armées est visée à la suite de la répression sanglante des manifestations antigouvernementales.
02:14En représailles, l'Iran a qualifié les armées européennes de terroristes et convoqué tous les ambassadeurs de l'UE à Téhéran.
02:20Le Parlement européen reprend l'examen de l'accord commercial avec les Etats-Unis, qui instaure des droits de douane à 0% pour les biens américains et 15% pour les Européens.
02:30Il a été bloqué il y a quelques semaines en réaction aux menaces de Donald Trump d'annexer le Groenland.
02:35Après le recul du président américain, les eurodéputés prônent le dialogue, comme l'indique Bernd Lange, président de la commission commerce.
02:41Les eurodéputés sont prêts à avancer rapidement, à condition que les Etats-Unis respectent l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Union.
02:50Le Parlement de Strasbourg votera l'accord, mais se réserve le droit de le suspendre au besoin.
02:56Alors, Pascal Lamy, ce sondage Eurobaromètre que l'on vient de mentionner est révélateur de la défiance des Français vis-à-vis de l'Union européenne.
03:0638% à peine en ont une image positive, 29% une négative, c'est un des plus forts taux.
03:12Et puis, ils sont aussi les plus pessimistes, avec les Néerlandais d'ailleurs, sur l'avenir du monde à 68%. Pourquoi ?
03:19D'abord, ce sondage récent montre que les Européens sont très en soutien de l'intégration européenne
03:29et que les menaces extérieures ont accentué ce soutien dans l'ensemble de l'Europe.
03:34Mais vous avez raison, il y a un cas particulier qui s'appelle la France et qui se distingue par un pessimisme considérable par rapport aux autres sur l'avenir.
03:48Un grand attachement à la construction européenne, notamment chez les jeunes, mais chez les plus âgés,
03:55il y a une espèce de corrélation entre l'avenir de l'Europe et la perception d'un avenir positif.
04:02Et ça, c'est, dans le cas français, préoccupant. C'est comme ça depuis un bon moment.
04:07Et disons, si on regarde les 27 pays de l'Union européenne, c'est pas très très surprenant que la France se distingue
04:16par le fait qu'elle est perçue, elle se perçoit elle-même comme allant plus mal que les autres.
04:21L'épisode du traité avec les pays du Mercosur, qui a été adopté malgré l'opposition de la France et des agriculteurs,
04:27est-ce que ça a diminué cette confiance dans la commission van der Leyen chez nous ?
04:31Alors, pour l'instant, ça se voit pas parce que le sondage date de novembre.
04:35Mais disons, on sait que les décisions sur la politique commerciale de l'Union se prennent à la majorité qualifiée
04:41depuis le traité de Rome, pas depuis hier.
04:45De temps en temps, la France gagne ses votes.
04:48De temps en temps, elle les perd.
04:50On verra quel est l'impact sur l'opinion.
04:54Il y a encore un épisode en cours qui est de savoir si, compte tenu du fait que le Parlement a demandé d'interrompre la procédure
05:01pour avoir un avis juridique de la Cour de Luxembourg,
05:05de savoir si, ou non, on décide de l'application provisoire de cet accord.
05:12Moi, je trouve que compte tenu du fait que le Parlement européen a une très courte majorité,
05:17mais ça, c'est la démocratie.
05:19À voter pour un délai, je pense que le Conseil et la Commission devraient respecter ce vote du Parlement européen.
05:27Alors, en amont d'un fameux Conseil sur la compétitivité qui va se tenir le 12 février,
05:33le commissaire français à l'industrie, Stéphane Séjourné, a signé une tribune avec plus de 1000 patrons
05:39pour demander des achats de préférences européennes dans les secteurs stratégiques.
05:44Mais on dirait qu'il doit convaincre encore sa bosse, Van der Leyen.
05:47C'est une idée qui fait du sens dans un certain nombre de domaines,
05:52notamment lorsque nos concurrents à l'international le font,
05:56et notamment les Américains, les Chinois, et pas que.
06:00Le problème de fond, il est assez simple.
06:03L'Union européenne doit investir dans les années qui viennent,
06:06dans sa défense, dans la transition digitale, dans la transition écologique.
06:10Nous n'avons pas assez de croissance pour faire ça.
06:14Notre potentiel de croissance aujourd'hui, c'est la moitié des Américains,
06:17un tiers des Chinois et un quart des Indiens.
06:20Il faut augmenter notre potentiel de croissance.
06:23Et notre potentiel de croissance, il est sous nos pieds, avec enfin le marché intérieur.
06:29Et d'ailleurs, c'est la première grande campagne que va lancer cette fondation
06:32Fondation Jacques Delors, Friends of Europe, dont vous avez parlé.
06:36Nous lançons une grande campagne pour enfin finir le marché intérieur en 2028,
06:42notamment dans les domaines où il y a encore plein de trous dans la raquette,
06:46l'énergie, la finance et le digital et les communications.
06:51Notre gisement de croissance, nous avons besoin de croissance.
06:55On a un gisement sous nos pieds et on ne l'exploite pas.
06:57Oui, enfin, on n'a pas de gisement concernant certains minerais critiques,
07:01terres rares, la Cour des comptes de l'Union européenne,
07:03nous alerte sur notre dépendance extrême à la Chine dans la matière,
07:08qui rend notre objectif de 42% de renouvelables en 2030
07:12pour produire notre énergie totalement hors de portée.
07:15On fait quoi ?
07:17On est comme tout le monde, comme les Américains, comme les Canadiens,
07:21comme les Indiens, on est devenus trop dépendants de la Chine,
07:27qui a un monopole sur, en gros, 80% du raffinage de ces terres rares
07:33et de ces matériaux critiques qui sont essentiels pour la transition ouverte
07:37et pour le digital.
07:39Et donc, il faut faire une alliance.
07:42Et c'est d'ailleurs ce que les États-Unis et l'Europe ont annoncé.
07:45Et le Japon, un petit peu.
07:46On a un partenariat stratégique.
07:48Il faut que ceux qui sont trop dépendants de la Chine s'allient ensemble
07:52pour devenir moins dépendants de la Chine
07:54et créer une force, en quelque sorte, économique
07:56qui contrebalance la force du monopole que les Chinois ont très intelligemment,
08:01il faut dire.
08:02Les Chinois ont acquis ce monopole
08:06parce que ça fait 20 ans qu'ils investissent
08:08dans l'exploitation de terres rares dans les pays en développement,
08:12le raffinage chez eux.
08:14Or, ce qui compte, c'est le raffinage.
08:16Et donc, on est tous beaucoup trop dépendants des Chinois.
08:19Et la seule solution, c'est d'essayer de se mettre d'accord ensemble.
08:22Avec les Américains qui sont les alliés de l'Europe en matière commerciale.
08:27On peut signer des traités avec eux.
08:29Il y a des cas où il faut, dans des circonstances comme celle-là,
08:32qu'on se mette d'accord avec les États-Unis et M. Trump,
08:35même si ça nous fait mal à l'estomac.
08:39Il y a des moments où les rapports de force, c'est les rapports de force.
08:42Alors justement, parlons de rapports de force.
08:44Direction le Grand Nord du 2 au 5 février se tenait à Tromceux, en Norvège.
08:49La conférence Arctique Frontière qui rassemble chaque année
08:52politiques, analystes et décideurs économiques ou scientifiques
08:56des pays du Grand Nord.
08:58La question de la défense après l'épisode du Groenland était au centre des débats.
09:02Reportage de nos envoyés spéciaux Isabelle Romero et Luc Brown.
09:06L'aube se lève sur le bateau des gardes-côtes à Tromceux.
09:11A bord, le ministre des Affaires étrangères de Norvège fait visiter le vaisseau à Kayakalas,
09:16chef de la diplomatie de l'UE.
09:18Elle plaide pour une stratégie arctique de défense commune.
09:21La crise du Groenland nous a montré que quand nous sommes unis, nous sommes forts.
09:28Donc nous avons vraiment besoin de travailler ensemble.
09:31Mais nous voulons aussi travailler avec nos alliés américains pour renforcer encore davantage
09:35la sécurité du Groenland.
09:39En effet, les menaces sont multiples.
09:41Non loin de la Norvège, les bases russes de la péninsule de Kola
09:44regroupent une des plus fortes concentrations d'armes nucléaires.
09:48Ces armes sont principalement dirigées contre le continent nord-américain.
09:53Mais c'est d'ici qu'on peut les intercepter, qu'on peut suivre les sous-marins russes.
09:57Donc je crois qu'il y a des raisons objectives pour les Américains de s'intéresser à cette zone,
10:01et nous continuons de travailler avec eux.
10:05À quelques centaines de mètres, à la conférence Arctique-Frontière,
10:09forum des pays du Conseil de l'Arctique,
10:11qui regroupe les huit pays ayant une façade arctique,
10:14la question du Groenland est très présente.
10:17Malgré le recul de Donald Trump, la confiance a été brisée.
10:20Nous devrions avoir une place à la table des négociations.
10:25Rien de décidé sur le Groenland sans l'avis du Groenland.
10:28C'est une de nos lignes rouges.
10:31Si vous ne nous respectez pas, nous aurons du mal à collaborer avec vous.
10:36Si tout n'est pas réglé, après une grave crise de confiance entre alliés de l'OTAN,
10:41un groupe de travail a été créé à Washington.
10:44Viviane Motzfeld, ministre des Affaires étrangères du Groenland, en tire ses conclusions.
10:48La leçon, c'est à quel point le monde peut être fragile.
10:56Mais en même temps, cela nous montre que la solidarité, même dans un monde fragile, nous rend plus forts.
11:06Mais malgré les provocations de Donald Trump,
11:09la plupart des participants ne remettent pas en cause le rôle de l'Alliance Atlantique.
11:13Au sein de l'OTAN, on discute maintenant quelle est la réponse de défense, de sécurité collective
11:18sur le Groenland et cette partie de l'Arctique à prendre.
11:25On discute ça maintenant et ça va être décidé parmi les alliés.
11:29En mars prochain, en Norvège, un exercice militaire arctique, baptisé Cold Response,
11:35mobilisera 25 000 hommes de 14 pays et les délégations les plus importantes,
11:40de 4 000 à 5 000 soldats, seront celles des Français et des Américains.
11:45Pascal Lamy, on attend d'ailleurs toujours les résultats des discussions
11:48qui ont eu lieu entre Américains, Danois, Groenlandais qui sont en cours.
11:53Comment va se terminer cette crise de confiance majeure ?
11:57D'abord, merci d'avoir fait vibrer mon cœur d'ancien officier de marine
12:01avec ces images sublimes de paysages et de bateaux un peu plus modernes
12:07que ceux que je servais à l'époque.
12:09Je pense que l'affaire du Groenland, pour Trump, ça a été un pont trop loin.
12:16Il a été obligé de reculer, d'abord parce que les marchés financiers ont réagi,
12:20ensuite, d'après ce qu'on entend dire, parce que son chef d'état-major lui a dit
12:27« Nous, on ne va pas aller tirer sur des troupes européennes de l'OTAN au Groenland. »
12:35Ça compte, ces choses-là.
12:36Et ensuite, parce qu'effectivement, les Européens ont réagi en envoyant
12:39un certain nombre de soldats là pour marquer, si je puis dire, la ligne rouge.
12:44Donc je pense que cet épisode-là, pour l'instant, je pense que Trump est calmé,
12:51si ça peut arriver.
12:53Il reste le vrai sujet de fond de la relation transatlantique
12:59à partir du moment où les Russes occupent la partie de l'Ukraine
13:04qu'ils occupent après l'avoir envahie, qui est « maintient-on une solidarité euro-américaine
13:12en soutien de l'Ukraine contre les Russes ».
13:15L'épisode Groenland, pour l'instant, si je puis dire, est réglé, pour l'instant.
13:22Il n'ira pas plus loin.
13:24Et il est exact qu'on peut probablement, si Trump a un problème avec la sécurité de cette zone,
13:31qui a d'ailleurs quelque chose à voir avec le changement climatique,
13:34parce que si maintenant on parle autant d'Arctiques,
13:36c'est parce que c'est devenu une région qui n'était plus aussi désertique qu'elle était avant.
13:40Enfin, laissons ça de côté, le vrai sujet, c'est l'Ukraine.
13:45Et nous sommes toujours sous une pression américaine,
13:51parce que M. Trump, un jour, dit « je soutiens »,
13:54l'autre jour, on va se mettre d'accord avec les Russes,
13:56le troisième jour, « ah bah non, ça prend trop de temps »,
13:58et puis le quatrième jour, « ah bah finalement, là, on a un problème ».
14:02Et M. Zelensky l'est encore plus sous pression américaine.
14:05Les Américains sont leaders dans ces négociations de paix entre Russie et Ukraine à Abu Dhabi.
14:11Est-ce que c'est une bonne nouvelle, ces négociations en tant que telles,
14:14même si nous, Européens, ne sommes toujours pas à la table ?
14:18Oui, enfin disons, s'il devait y avoir un cessez-le-feu,
14:22je ne vais pas parler de traités ou d'accords de paix,
14:25on sera inévitablement à la table,
14:27parce qu'il faudra des troupes pour garantir les accords qui ont été faits.
14:32Et nous sommes, si je puis dire, à la table.
14:35Le paquet de 90 milliards d'euros que l'Union européenne vient de mettre sur la table au soutien de l'Ukraine,
14:40ça, c'est un acte européen.
14:44C'est pas un prêt d'ailleurs, c'est vraiment de l'argent qu'on va leur donner.
14:47C'est vraiment de l'argent qui leur permet d'acheter des armes pour se défendre.
14:51Pendant deux ans.
14:52Et donc, on est maintenant dans une situation, si vous voulez, en gros,
14:54où le soutien à l'Ukraine, c'est deux tiers d'Europe et un tiers d'États-Unis.
14:59Mais le tiers d'États-Unis, notamment dans tout ce qui concerne les observations spatiales
15:04et le renseignement sur le positionnement des troupes russes dans ces régions,
15:09est aujourd'hui encore absolument essentiel.
15:12Voilà encore un domaine où, pour l'instant, on aimerait bien pouvoir se passer des Américains.
15:17Notamment compte tenu de ce qui s'est passé avec le Groenland.
15:20Parce qu'on s'est dit, oh là là, si jamais...
15:21Mais c'est juste impossible.
15:22Pour l'instant, ça n'est pas possible.
15:25Et je pense qu'il faut être lucide sur cette situation,
15:28qui, pour l'Europe, est une situation gênante, si je puis dire,
15:32mais qui lui dit une seule chose.
15:34Il faut que tu sois plus forte dans l'avenir.
15:36Sur l'Iran, pendant que les États-Unis de Donald Trump sont dans l'escalade militaire avec le régime,
15:41l'Union européenne a désigné les gardiens de la révolution organisation terroriste.
15:46Est-ce que c'est suffisant ?
15:48Est-ce que d'ailleurs, notre réponse est suffisamment adaptée aussi, dans le verbatim peut-être,
15:53à cette expression particulièrement sanglante ?
15:56Avec l'Iran, il y a un problème qui est là depuis longtemps,
15:59qui est leur programme nucléaire, que nous voulons arrêter.
16:03Et là-dessus, on est parfaitement d'accord avec les Américains et un certain nombre d'autres pays.
16:07Et puis, il y a ce régime qui est épouvantablement répressif et qui vient de commettre des crimes de masse.
16:14Et là, c'est une autre question.
16:16Une question de savoir si on envoie, comme le fait Trump, des bateaux dans la zone pour faire changer le régime,
16:24étant entendu qu'à supposer que les molas disparaissent du paysage politique,
16:29ce qui, à mon avis, prendra du temps, qui va les remplacer.
16:36Et une solution militaire pour déposer un régime sans une certaine idée de ce qui va suivre,
16:44à mon avis, c'est quand même risqué.
16:45Merci Pascal Lamy d'avoir été notre invité.
16:48Merci à vous de nous avoir suivis.
16:49Mais vous restez en notre compagnie.
16:51Nous poursuivons avec le débat sur les accords commerciaux, justement.
16:55L'accord UE-Inde qui est passé au crible de nos débatteurs à Bruxelles.
17:05Merci de nous rejoindre à Bruxelles, au Parlement européen,
17:08pour parler d'un traité de libre-échange qui fait moins de vagues que celui du Mercosur,
17:12l'accord commercial entre l'Inde et l'Union européenne.
17:15Signé fin janvier à New Delhi par la présidente de la Commission européenne et par le Premier ministre indien,
17:20cet accord prévoit la diminution de plus de 90% des droits de douane entre l'Inde et l'Europe,
17:26mais il épargne des produits agricoles sensibles comme le bœuf, la volaille et le riz.
17:31Ursula von der Leyen s'en félicite.
17:33Nous avons réussi, nous avons conclu l'accord de tous les accords.
17:41Nous créons un marché de 2 milliards de personnes.
17:47C'est l'histoire de deux géants, la deuxième et la quatrième économie mondiale.
17:52Deux géants qui ont choisi un partenariat véritablement gagnant-gagnant.
17:56Un message fort qui montre que la coopération est la meilleure réponse aux défis du monde.
18:01Seulement voilà, cet accord de libre-échange pose aussi des questions.
18:07Va-t-il freiner la réindustrialisation européenne alors que l'Inde exporte de nombreux produits
18:13faits par une main-d'œuvre bon marché sur le plan environnemental ?
18:18L'Inde va-t-elle respecter la fameuse taxe carbone aux frontières mise en place par l'Union européenne ?
18:24N'oublions pas que l'Inde de Narendra Modi est très proche de la Russie de Vladimir Poutine,
18:30dont il achète le pétrole.
18:32Même si Donald Trump a affirmé avoir signé un accord commercial avec l'Inde
18:36et que New Delhi privilégiera désormais le pétrole américain.
18:41Alors pour en débattre, nous accueillons aujourd'hui deux eurodéputés.
18:44Laurence Faring, bonjour.
18:45Bonjour.
18:45Vous êtes eurodéputée française, membre du groupe centriste Renew.
18:48Et face à vous, Thilly Metz, bonjour.
18:50Bonjour.
18:50Vous êtes eurodéputée luxembourgeoise, membre du groupe Les Verts dans cet hémicycle du Parlement européen.
18:55Laurence Faring, il y a quelques semaines, vous étiez vent debout avec la majorité présidentielle.
18:58Le président Emmanuel Macron contre l'accord du Mercosur accusé de finalement baisser nos normes.
19:06Les Français aujourd'hui applaudissent cet accord avec l'Inde.
19:10Qu'est-ce qui a changé véritablement ?
19:12Pour nous, un accord commercial ne fait pas débat quand il s'agit d'un accord équilibré.
19:17Ce qui est à notre avis le cas de cet accord UE-Inde,
19:20contrairement à celui qui est celui du Mercosur qui est toujours sur la table aujourd'hui.
19:25Pourquoi ? Parce que, vous l'avez dit en introduction, notamment,
19:29il ne touche pas à des secteurs sensibles qui pourraient déséquilibrer totalement
19:32soit l'intégralité de secteur, soit notre économie.
19:36Vous l'avez dit, les produits sensibles agricoles sont exclus de l'accord,
19:40qui est en soi une bonne chose.
19:42Deuxièmement, mon groupe, ma famille politique, n'est pas contre les accords commerciaux.
19:47Au contraire, nous pensons que l'Union européenne doit s'ouvrir de nouveaux débouchés
19:51dans ce contexte très particulier avec les États-Unis,
19:55comme avec certaines zones du monde qui posent problème,
19:57la Chine, bien évidemment la Russie.
20:00Donc cet accord UE-Inde avec une première démocratie au monde
20:05et une puissance démographique, c'est la première puissance démographique mondiale,
20:08est clé pour nous et très stratégique.
20:10Donc selon vous, il y a les bons accords et les mauvais accords.
20:13Thilimes, est-ce que selon vous, c'est un accord équilibré ?
20:15Il est clair qu'il est plus équilibré que celui du Mercosur, ça c'est vrai,
20:22qu'il y a une protection par rapport à certains produits agricoles, ça c'est vrai aussi.
20:27Mais de là à dire que c'est un accord idéal ou parfait, on est loin de là.
20:32Il faut savoir que tout ce qui est changement climatique,
20:35donc l'accord de Paris, n'est pas considéré comme un élément essentiel de cet accord.
20:41Il faut savoir aussi que tout ce qui est respect des travailleurs, par exemple,
20:46et vous l'avez dit, il y a des millions, entre 11 et 12 millions de travail forcés
20:51qui sont quand même boostés aussi à travers cet accord.
20:55Donc il faut savoir que l'Inde n'a pas signé toutes les conventions d'Ilo,
21:00donc qui protègent les travailleurs et les travailleuses.
21:03Et quand on pense qu'on va surtout importer du textile et des génériques,
21:08donc des médicaments génériques, le textile c'est quand même problématique,
21:13on sait les conditions de travail.
21:15Et sachant en plus que l'économie en Inde est à 90% basée informelle,
21:22donc il est très difficile de contrôler les conditions de travail
21:26puisque ça se fait dans le secteur informel.
21:29Alors vous l'avez dit un petit peu déjà,
21:30c'est vrai que cet accord exclut les produits agricoles
21:33qui vont rester protégés par des droits de douane.
21:36Il s'agit, on va le regarder ensemble, du bœuf, de la volaille, du riz, du blé,
21:42du sucre, des bananes et de l'éthanol qui ne font pas partie de cet accord.
21:47Cet aspect, il remporte votre adhésion bien sûr.
21:51Mais quand vous entendez parler de biens bon marché indiens
21:55qui vont arriver chez nous, lesquels en priorité ?
21:59Est-ce que ça, ça ne vous inquiète pas ?
22:02Je dirais une chose, in fine, c'est ce Parlement qui aura le fin mot
22:07sur la ratification de cet accord.
22:10Et cet accord, on ne l'a pas encore lu dans les détails.
22:13Donc il y a une commission qui s'en occupe, qui fera son travail parlementaire.
22:17Nous, nous lirons tous les détails de cet accord, évidemment.
22:20Mais l'Inde est un pays en voie de développement,
22:251,4 milliard d'habitants.
22:29Et c'est vrai qu'il y a des sujets, et ma collègue les a pointés du doigt,
22:33la question de l'adaptation au changement climatique,
22:35le respect des droits sociaux, parfois même des questions de droits de l'homme
22:38quand il s'agit du traitement de la minorité musulmane en Inde,
22:44peuvent poser des questions.
22:45Mais ces aspects, ils sont, a priori, inclus dans cet accord,
22:48puisqu'il y a tout un chapitre sur la dimension du développement durable
22:52qui concerne, en effet, adaptation au changement climatique, droits sociaux.
22:56Il va falloir qu'on rentre dans les détails.
22:59Mais il est vrai que c'est, en soi, un grand progrès.
23:01Pourquoi ?
23:02Moi, je suis allée en Inde il y a deux ans.
23:04Je fais partie de la délégation UE Inde.
23:06Et on avait parlé, à ce moment-là, du pacte vert européen
23:10pour voir comment on pouvait en trouver des émanations au plan indien.
23:15Or, on n'est pas dans la même situation.
23:18Je me rappelle du ministre qui m'a dit,
23:19on a sorti de la précarité et de la pauvreté
23:22300 millions d'individus grâce à de l'énergie faciale.
23:25Oui, donc on veut pouvoir poursuivre notre développement.
23:27C'est toujours l'argument des pays en développement.
23:29Mais pour autant, je voulais dire qu'en effet,
23:31l'accord de Paris qu'on appelait de nos voeux n'est pas dans l'accord.
23:34Mais il y a des progrès sur la prise en compte du changement climatique.
23:38On a une plateforme d'adaptation au changement climatique.
23:40Donc, il va falloir rentrer dans les détails.
23:42Et ça a été un progrès.
23:44Il faut quand même savoir que le chapitre sur la durabilité
23:47et tout ce qui est aussi droit des travailleurs,
23:50il n'est pas prévu qu'il y ait des mécanismes de litige.
23:54Donc, l'un pays ne pourra pas attaquer l'autre pays
23:57si cela n'est pas respecté.
23:59Donc, c'est quand même sur des pieds fragiles.
24:01Ne me comprenez néanmoins pas.
24:04Nous, les écolos, les verts,
24:05on est aussi en faveur qu'on ait des nouvelles alliances.
24:08Mais nous pensons qu'il faut fondamentalement
24:11repenser les accords de libre à échange et les faire
24:15de façon beaucoup plus ciblée
24:18en respectant les droits humains
24:20et en respectant l'environnement.
24:22Sur ces droits sociaux des travailleurs indiens,
24:24on attend de lire le contenu de l'accord.
24:26Mais quand même, est-ce qu'on n'est pas en train
24:27de fermer les yeux sur une réalité,
24:30une réalité des conditions de travail en Inde
24:31pour booster notre croissance ?
24:33Il faudra voir avec l'Office international du travail.
24:35Ça nous est déjà arrivé d'avoir ces mêmes débats.
24:38Je me rappelle du Vietnam à l'époque.
24:40Moi, je crois que j'ai voté,
24:41ou je me suis abstenue, j'ai voté contre.
24:42Il va falloir rentrer dans les détails.
24:44Mais c'est vrai qu'à un certain niveau,
24:49dans un certain contexte international,
24:51à un certain niveau d'accord,
24:53il faut trouver des zones d'équilibre
24:55et d'atterrissage et de négociation
24:57avec des États
24:59qui n'ont pas les mêmes standards que les nôtres
25:02dans des zones géographiques extrêmement sensibles
25:05et avec un moment de leur développement
25:09qui n'est pas le même.
25:10Donc, en effet, là aussi, il y a une espèce de...
25:11Donc, il faut abaisser nos normes sociales
25:13pour conclure cet accord ?
25:14Non, il faut...
25:16C'est toujours la question
25:17de les faire progresser à leur rythme.
25:20Et je pense que la question
25:22de faire progresser à son rythme
25:23est aussi un vrai enjeu,
25:25puisque là, on touche presque à de la diplomatie.
25:27Alors, justement,
25:28sur le plan géopolitique,
25:30sur le plan diplomatique,
25:31il y a un autre problème
25:32que pose cet accord avec l'Inde.
25:34C'est que c'est celui
25:34de la dépendance indienne au pétrole russe,
25:37qui d'ailleurs leur permet,
25:38en quelque sorte,
25:39à la Russie de Vladimir Poutine
25:40de contourner nos propres sanctions.
25:42Comment l'Union européenne
25:43peut signer cet accord
25:44avec un allié objectif de la Russie
25:46au risque, donc, d'être accusé
25:48de financer indirectement la guerre ?
25:51Ça, c'est un autre éléphant dans la salle
25:54qu'il faut quand même nommer.
25:56C'est les liens de l'Inde avec Poutine.
25:59Donc, évidemment, c'est quelque chose...
26:02Donc, si on veut le présenter ici
26:04comme un accord anti-Poutine,
26:06comme on a bien voulu
26:07le présenter Mercosur
26:08comme un accord anti-Trump,
26:10je ne suis pas du tout d'accord, d'ailleurs,
26:12puisqu'il y a eu des accords bilatéraux
26:14entre Trump et Millet d'Argentine.
26:17Donc, parenthèse, juste,
26:18ici, ce n'est pas un accord anti-Poutine.
26:21On est clair là-dedans.
26:22Sur cette question du pétrole russe,
26:23Laurence Faring,
26:24l'Inde est l'un des premiers acheteurs
26:26du pétrole russe
26:27juste derrière la Chine.
26:28Comment l'Union européenne soutient de l'Ukraine
26:30peut signer aujourd'hui un tel accord ?
26:32Je disais les conditions
26:35de ce que sont l'Inde
26:36et de la question de l'énergie pas chère.
26:39On a été très consommateurs
26:40d'énergie russe pendant des années
26:42et on sait combien on a été dépendants.
26:45Évidemment, ce n'est pas l'idéal.
26:48Ce n'est pas l'idéal,
26:49mais pour autant,
26:49on sait dans quelle zone géographique
26:51est ce pays,
26:52qu'elle a des relations avec la Chine,
26:54avec l'Inde.
26:54Et il faut,
26:56dans ce moment de bascule
26:58et de chaos mondial
26:59avec l'incertitude
27:01qui nous est apportée
27:01par Donald Trump,
27:03pouvoir avoir des partenaires
27:04qui ne sont pas tout à fait alignés
27:07sur le 100% de nos standards,
27:09mais avec qui on peut communiquer.
27:11L'Inde demeure une démocratie,
27:13ce qui n'est pas anodin
27:14de pouvoir parler à un démocrate
27:16qui peut, pourquoi pas,
27:18avoir plus de liens
27:19et d'accès à l'Union européenne
27:22sur certaines valeurs
27:23ou certains objectifs finaux.
27:25Par ailleurs,
27:26alors sur la question,
27:27oui, ce n'est pas idéal.
27:28Alors, Donald Trump
27:29semblerait-il nous aider
27:31puisqu'il a demandé
27:32à ce que l'Inde
27:33s'approvisionne en pétrole,
27:36alors en GNL américain,
27:38ce qui n'est pas non plus idéal.
27:39Enfin, ce n'est pas
27:40les mêmes finalités économiques.
27:41Le gaz naturel est caché.
27:42Ce qui n'est pas idéal
27:43en termes écologiques,
27:44voire aller au Venezuela
27:46exploité par je ne sais pas qui.
27:48Enfin, c'est toujours
27:49des fantaisies à la Donald Trump.
27:50Je dirais que nous,
27:51dans l'accord,
27:52on est quand même
27:52assez exigeants
27:55parce qu'on a,
27:56vous n'en avez pas parlé,
27:57mais on a exclu
27:58l'acier de cet accord.
27:59Et l'acier,
28:00c'est un facteur aussi
28:01polluant très fort
28:02et on veut être souverain
28:04sur ces questions-là.
28:05Alors, c'est vrai
28:05qu'il y a des sujets sensibles
28:06comme les génériques.
28:07Vous l'avez cité.
28:08On n'a pas exclu l'acier.
28:09Si, si, on a exclu l'acier.
28:10Non, non, non.
28:10On a réduit
28:12les quotas d'importation,
28:14mais c'est clairement...
28:15Non, mais on a des baisses
28:15de droits.
28:17On a des baisses sérieuses
28:20de 3,5 millions de tonnes
28:22à 1,6 million de tonnes.
28:24Mais on continue
28:25à importer de l'acier.
28:26Oui, on continue,
28:27mais pas avec de l'Inde.
28:28C'est avec des conditions
28:29financières augmentées.
28:30Mais on parlait
28:31de cette grande démocratie
28:32qu'il faut faire
28:33un club des démocraties.
28:34Politiquement,
28:35l'Inde est dirigée
28:36depuis 12 ans
28:36par Narendra Modi
28:37qui prône un nationalisme
28:40centré sur l'hindouisme
28:41avec marginalisation.
28:42On a commencé
28:43à l'évoquer
28:44de minorités religieuses,
28:45les musulmans
28:45et les chrétiens.
28:46On doit fermer les yeux aussi
28:48ou alors est-ce que
28:49ça doit faire partie
28:50de notre réflexion
28:51sur ces accords commerciaux ?
28:53En général,
28:54il faut savoir
28:55qu'on a beaucoup d'espoir
28:56par rapport au commerce
28:58et disons-le
28:59de façon honnête,
29:01cet accord
29:02Union européenne
29:03Inde,
29:03a priori,
29:04même si ça n'a pas encore
29:05été discuté largement
29:07au Parlement européen,
29:08le vote
29:08va seulement venir,
29:10il s'agit vraiment
29:11d'un accord
29:12pour protéger
29:13notre industrie
29:14de l'acier
29:15et pour protéger
29:16l'industrie automobile.
29:18Soyons clairs
29:18sur cela,
29:19ce sont les objectifs
29:20premiers et clairs.
29:22Maintenant,
29:23il y a certainement
29:24des problématiques
29:25de droit humain,
29:26il y a des problématiques
29:27environnementaux
29:28qui sont peu abordées
29:30ou guère abordées
29:31ou abordées
29:32de façon insuffisante.
29:33Et pour ça,
29:34nous on dit
29:35que la solution
29:36pour se positionner
29:37géopolitiquement
29:39dans le monde
29:40n'est certainement pas
29:41avec des accords
29:43de libre-échange
29:44qui sont old school,
29:45qui sont désuets.
29:47Il y a dans le monde
29:49des accords
29:50de libre-échange
29:51et notamment
29:51ce qu'on est,
29:52je suis vice-présidente
29:53de l'Afrique du Sud,
29:54ce qu'on est en train
29:55de travailler là,
29:57ce sont des nouveaux modèles
29:58d'accords
29:59de libre-échange.
30:00Ceci,
30:00pour moi,
30:01n'est pas un nouveau modèle
30:02mais il faudrait vraiment
30:03des accords bilatéraux,
30:05multilatéraux
30:05beaucoup plus ciblés,
30:07notamment pour réduire
30:09le plastique par exemple,
30:11notamment pour vraiment
30:13avoir des cibles spécifiques
30:15pour avoir un échange
30:16par exemple
30:16de matières premières
30:18et de technologies
30:19et de know-how
30:20de l'autre côté.
30:21Donc il y a possibilité
30:22d'avoir des accords
30:23de libre-échange,
30:24ça existe déjà
30:25pour la libéralisation
30:27de produits vraiment durables.
30:29Donc il y a d'autres solutions,
30:30il y a des alternatives
30:31à ces accords
30:32qui sont désuets.
30:34C'est un accord
30:34de libre-échange
30:35à l'ancienne,
30:35Laurence Faring,
30:36qui ne prend pas en compte
30:37notamment la question
30:37des droits de l'homme
30:38et des minorités religieuses
30:39qui sont de plus en plus
30:40invisibilisées en Inde.
30:42Mais ça c'est une vraie
30:43question de préoccupation,
30:45moi je m'en suis déjà inquiétée,
30:46ça a été discuté
30:47mais même lors de nos voyages,
30:49donc c'est un point
30:50évidemment
30:50qui devra appeler
30:51toute notre attention
30:52in fine
30:53sur le vote final,
30:54évidemment.
30:55Mais je voudrais dire
30:56quand même
30:57que cet accord commercial
30:58se double toujours
31:01d'un accord politique
31:02également
31:02et qu'il y a des questions
31:04qui ont été notamment
31:05discutées au 16ème sommet
31:07UE Inde
31:07qui vient d'avoir lieu
31:08sur deux sujets
31:10qui est le renforcement
31:11des capacités
31:12et des collaborations
31:14en termes de défense,
31:15notamment en matière maritime,
31:17ce qui n'est pas tout à fait
31:17anodin
31:18dans le moment
31:19que nous vivons
31:20et même par rapport
31:21à la Russie.
31:22Et deuxièmement,
31:22je dirais un autre terme
31:23où on est plus
31:24dans le soft power
31:25mais sur la question
31:26de la coopération
31:28en matière de compétences
31:29et Dieu sait que l'Inde
31:30est un grand pays
31:31d'innovateurs.
31:32Alors,
31:33l'Union Européenne,
31:34elle a déjà signé
31:35dix accords commerciaux,
31:37une dizaine
31:38qu'elle n'a pas toujours
31:40mis en avant.
31:41Avec l'imprévisibilité
31:42de Trump,
31:43elle accélère
31:43sur l'Australie,
31:45les Émirats Arabes Unis,
31:46la Malaisie.
31:47Est-ce que c'est la bonne voie
31:49pour l'Europe
31:49qui se veut
31:50plus souveraine
31:52que de multiplier
31:53très vite
31:54parce qu'on sent bien
31:55qu'elle a mis le booster
31:56là,
31:56ces accords commerciaux ?
31:58Très rapidement,
31:59l'une et l'autre.
31:59Je pense qu'il faut
32:01de nouvelles alliances
32:02à l'Union Européenne.
32:03Il faut une diversification
32:04pour avoir
32:05notre matière première,
32:07pour avoir nos ressources.
32:08Là,
32:08on est tous d'accord.
32:09Mais il faut aussi
32:10un nouvel modèle
32:11d'accords commerciaux.
32:12J'ai dit tantôt,
32:13donc on doit changer
32:14de modèle
32:15de ces accords
32:17de libre-échange
32:18qui soient vraiment
32:19au bénéfice
32:20de la population
32:21et pas seulement
32:22aux multinationales
32:23respectivement
32:24pour une minorité
32:25d'actionnaires
32:26qui vraiment en bénéficient.
32:28Mais je rejoins
32:28ma collègue pour dire
32:29qu'il ne faut pas
32:30que ce soit
32:31à la Mercosur.
32:32Par exemple,
32:32l'Australie peut peut-être
32:33nous inquiéter un petit peu,
32:34notamment en matière agricole,
32:36à savoir,
32:36évidemment,
32:37il y a toujours
32:37machine-outils,
32:40agriculture,
32:40des choses
32:41qu'on ne devrait pas mélanger.
32:42Donc,
32:43oui,
32:44en termes
32:44d'ouverture
32:45de l'Union Européenne,
32:47on doit multiplier
32:48ces accords
32:49en regardant
32:51ce qu'il y a dedans
32:51et en faisant en sorte
32:53qu'ils soient cohérents
32:54avec nos normes
32:55ou qu'en tout cas,
32:56s'ils ne sont pas
32:57tout à fait,
32:57on n'est pas avec des pays
32:58tout à fait alignés
32:59sur nos normes,
33:00on les fasse progresser
33:01ou on arrive à collaborer
33:02sur certains points stratégiques
33:03comme on l'a dans l'Inde
33:04et demain,
33:07ça n'empêche pas aussi
33:08notre souveraineté
33:09et tout ce qu'on fait
33:11sur la préférence européenne,
33:12notamment en matière automobile,
33:15etc.
33:16Est-ce que je peux
33:16juste dire une phrase ?
33:18Moi, je dis juste
33:18en politique,
33:19la panique
33:20et la peur
33:21sont des mauvais conseils.
33:22Par contre,
33:24le courage
33:25et le courage
33:25d'être fidèle
33:26à ces valeurs,
33:27ça, c'est bon conseil
33:28en politique
33:28et c'est beaucoup plus durable.
33:30Alors voilà,
33:30on ne vous réconciliera pas
33:31sur le rythme
33:32en tout cas
33:32de signature de ces accords
33:34ni d'ailleurs leur contenu.
33:35Merci à vous
33:36de nous avoir suivis.
33:37Et très bonne suite
33:37des programmes
33:38sur nos antennes.
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