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  • il y a 10 heures
Le 28 décembre dernier, c’est une immense star qui nous a quittés, un visage du cinéma qui a fait rayonner la France partout dans le monde, une icône presque intouchable : Brigitte Bardot. Actrice, parfois chanteuse mais aussi et surtout ardente défenseuse de la cause animale… Une femme qui a alerté avant tout le monde sur la maltraitance animale, malgré les regards moqueurs, malgré les remarques sexistes, et qui a fini, en partant de rien, par créer une Fondation puissante, qui œuvre chaque jour et poursuit son combat. Pourtant, les hommages aujourd’hui sont mitigés, y compris dans le camp de ceux qui partagent son amour pour les bêtes. Pourquoi ce malaise ? Son combat aussi louable soit-il, doit-il être exploré au travers d’un prisme politique et idéologique ? Rebecca Fitoussi et ses invités ouvrent le débat. Année de Production :

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Transcription
00:00Brigitte Bardot, le serment fait aux animaux de Rachel Kahn et François Chaumont.
00:08Voilà un film qui a le mérite de rappeler à quel point la cause animale fut le combat de sa vie.
00:13Le vrai, le seul, celui pour lequel elle est allée jusqu'à sacrifier carrière et fortune personnelle.
00:19Était-ce un sacrifice d'ailleurs ? C'est une question.
00:21Et puis a-t-elle été la lanceuse d'alerte que semblent décrire les réalisateurs ?
00:26Quid des propos qu'elle a tenus et pour lesquels elle a été condamnée ?
00:28Est-ce que cela a fait du tort au combat qu'elle chérit ses temps ?
00:32Beaucoup de questions, vous l'avez compris, qu'on va se poser avec nos invités.
00:35Nadine Bellureau, bienvenue.
00:36Vous êtes sénatrice de l'Indre, apparentée au groupe LR.
00:39Vous êtes membre de la Commission des lois, membre de la section animale et société au Sénat.
00:43Et vous-même, ardente défenseuse de la cause animale, très engagée contre la maltraitance animale.
00:48Vous avez d'ailleurs proposé plusieurs textes au Sénat allant dans ce sens.
00:51Daniel Salmon, bienvenue à vous également.
00:53Sénateur écologiste d'Ille-et-Vilaine, membre de la Commission des affaires économiques.
00:57Vous aussi, très sensible à la cause animale, vous travaillez sur une proposition de loi
01:01visant à interdire la manipulation et la sélection génétique, altérant le bien-être animal.
01:06Et puis en 2021, vous aviez déposé deux propositions de loi, l'une visant à interdire la corrida,
01:11l'autre à interdire les pratiques cruelles de chasse.
01:14Wendy Bouchard, bienvenue à vous également.
01:16Vous êtes journaliste, notamment pour Public Sénat.
01:18On vous retrouve d'ailleurs tous les mois dans l'émission Droits de Suite.
01:21Et puis, et c'est bien sûr la raison de votre présence ici,
01:23vous étiez une amie intime de Brigitte Bardot, à laquelle vous avez rendu un vibrant hommage
01:28lorsqu'elle nous a quittés.
01:29Pour vous, pas de doute, elle a contribué à notre changement de regard et de rapport à l'animal.
01:34Éric Baratet, bienvenue.
01:36Vous êtes historien des animaux, professeur à Lyon 3.
01:40Vous êtes l'auteur de très nombreux ouvrages, dont le très récent
01:43Une histoire animale du monde à la recherche du vécu des animaux de l'Antiquité à nos jours.
01:48C'est aux éditions Taillandier.
01:49Merci à tous les quatre d'être ici.
01:51On a un film très élogieux sur Brigitte Bardot,
01:54décrit comme une lanceuse d'alerte sur la cause animale,
01:57dénonçant avant tout le monde la maltraitance.
01:59On va rester là-dessus quelques minutes si vous êtes d'accord.
02:02Nadine Bellureau, est-ce qu'on peut considérer Brigitte Bardot
02:05comme une lanceuse d'alerte, peut-être la lanceuse d'alerte sur la cause animale en France ?
02:10Alors d'abord, merci de votre invitation.
02:12Et je voudrais saluer ce film qui retrace sa détermination et cette volonté qui l'a toujours poussée.
02:20On voit qu'en fait, en elle, c'était vital et sa volonté de vouloir faire avancer la cause animale.
02:27Et en effet, je considère que grâce à cette femme qui a mis énormément de sa célébrité,
02:33de sa notoriété, de son argent, on le voit d'ailleurs dans le film,
02:37de cette détermination, vraiment, cette femme a contribué à faire avancer la cause animale.
02:44On voit très bien d'ailleurs, dans le film, on s'aperçoit qu'elle a été énormément, énormément moquée.
02:49Au début, on se moquait de cette blonde qui aurait pu continuer à faire des films.
02:54Puis à un moment, elle s'est dit, quel sens je donne à ma vie ?
02:56Et ma vie, c'est la cause animale.
02:58Et vraiment, grâce à cette femme, on peut dire que l'opinion publique et puis les institutions aussi,
03:06parce qu'elle s'est beaucoup déplacée, elle a beaucoup sollicité, elle est intervenue au plus haut niveau,
03:11elle est partie à l'étranger, on le voit.
03:14Eh bien, grâce à cette femme, eh bien, il y a eu une alerte sur la condition animale
03:20parce que vraiment, s'il y avait quelques textes, c'était extrêmement embryonnaire.
03:24Je considère qu'il reste encore beaucoup à faire.
03:25Oui, bien sûr.
03:26Mais, en tout cas, oui, on peut considérer qu'elle a été une lanceuse d'alerte.
03:30Vous êtes d'accord, Daniel Salmon, comment on l'a perçue côté écologiste ?
03:35Oui, bien clairement, je pense qu'elle a été à la pointe sur ces sujets-là,
03:39même si depuis, beaucoup s'en sont emparés, de nombreuses associations comme Greenpeace ou L214.
03:44Mais à l'époque, effectivement, elle a levé cette question.
03:48Jusque-là, l'animal n'était pas du tout perçu comme un être sensible,
03:52du moins par une large part de l'opinion.
03:54Et à partir de ces actions, eh bien, on s'est interrogé.
04:00Bon, bien entendu, la séquence des bébés phoques a été complètement centrale.
04:04Mais on voit dans le film qu'elle ne s'est pas contentée de cette question des bébés phoques,
04:09mais avec une vision beaucoup plus large.
04:11Et moi, quelque chose qui me touche beaucoup, c'est la question des animaux d'élevage,
04:17la question des abattoirs, parce qu'il y a nos animaux domestiques très proches.
04:23Et puis, il y a tous ces millions d'animaux qui, en France, ont pour vocation de finir dans nos assiettes,
04:30mais sur lesquels, pendant longtemps, on ne s'est pas du tout interrogé,
04:33parce qu'on a vu plutôt un animal produit, produit alimentaire,
04:39et on n'a pas vu l'être vivant qui était derrière.
04:41Donc, voilà, c'est ça qu'elle a pu montrer dans son combat.
04:45Tellement lanceuse d'alerte qu'il y a eu d'ailleurs des réactions des téléspectateurs avant cette émission.
04:48Et on a notamment Marion de Chaville qui nous dit
04:50« Il y a presque 40 ans, toute ma famille est devenue végétarienne
04:53grâce à un reportage de Brigitte Bardot sur les conditions d'abattage des animaux en France.
04:57Wendy Bouchard, ce film montre qu'elle a été avant-gardiste, même.
05:00Est-ce qu'elle en avait conscience, vous qui l'avez bien connue ?
05:02Est-ce que ce film correspond à ce que vous avez vu d'elle et connu d'elle ? »
05:05Complètement. Ce qui est très beau, je trouve, c'est qu'elle ne se disait pas lanceuse d'alerte,
05:09mais elle évoquait des cris.
05:10C'était des cris d'alerte au départ.
05:12D'ailleurs, on voit dans ce film, c'est très bien raconté,
05:14quelle structure ce combat-là, qu'au départ, c'est épidermique,
05:16et ça parle du bon sens, ça parle d'un rejet intrinsèque de ce qui se passe,
05:20les abattoirs évidemment, sans étourdissement,
05:23puis ce qu'elle voit comme citoyenne et comme spectatrice d'un monde qu'elle n'accepte pas.
05:29Et elle se rend compte qu'il va falloir structurer cette parole.
05:31Donc la Fondation va l'aider aussi à porter cette voie différemment,
05:35et ensuite elle aura l'intelligence de s'appuyer sur des gens
05:38qui sont presque, là pour le coup, professionnels de la cause.
05:41D'abord, le compagnonnage avec Alain Mougrain-Dubourg l'a beaucoup aidé,
05:43car en dehors d'être son compagnon, son amoureux,
05:48il est pour le coup très au fait de ses situations,
05:51journaliste, reporter, il a documenté ses combats,
05:54donc ils se sont beaucoup aidés l'un l'autre dans la sensibilité
05:57et dans la manière de porter au grand public ce combat-là.
06:01Oui, sensibiliser l'opinion à ce sujet.
06:02Et donc, bien sûr, ça lui ressemble.
06:05Est-ce qu'elle se sentait pionnière ? Je ne crois pas.
06:07Elle n'a jamais rien revendiqué d'ailleurs,
06:09mais tout était tellement si simple, si fluide avec elle,
06:11qu'encore une fois, elle nous marque dans ce combat par sa modernité
06:14depuis les années 60, quand même.
06:16Éric Baratet, dans l'histoire de la cause animale,
06:18est-ce qu'il y a toujours eu des leaders comme ça ?
06:20Ou est-ce que Brigitte Bardot fait quand même office
06:22de lanceuse d'alerte particulière ?
06:26Oui, particulière, parce qu'elle a, évidemment,
06:28elle avait une audience médiatique énorme,
06:32mais ce n'est pas la première.
06:33Les femmes arrivent dans la protection animale
06:36à la fin 19e siècle.
06:37Et une journaliste comme Séverine, par exemple,
06:41anti-corrida, etc., était extrêmement célèbre en France.
06:45Et puis, on l'a oublié.
06:48Et ces femmes, le problème, c'est que jusqu'au droit de vote,
06:53ont été très, très peu écoutées, parce que justement...
06:56Parce que femmes, peut-être ?
06:56Parce que femmes, parce qu'elles ne votaient pas,
06:59tout simplement.
07:00Et elles prennent en main les associations,
07:02par exemple la SPA est prise en main par les femmes
07:04à la fin 19e, l'audience de la SPA s'effondre
07:08au niveau politique.
07:10Mais vous dites les femmes, ça veut dire
07:11qu'il n'y a pas eu d'hommes défenseurs des animaux ?
07:13Si, si, il y avait, bien sûr.
07:15La première SPA est créée par des hommes.
07:17Mais les femmes arrivent en tête, en direction,
07:20elles prennent les directions des choses à la fin 19e,
07:23et là, on voit les choses qui s'effondrent,
07:25et ça remonte après, comme par hasard,
07:27après 46, quand elles ont le droit de vote.
07:30On les écoute un peu plus.
07:31Et là, on a des choses, c'est elles qui obtiennent,
07:34par exemple, la première révision de la loi Gramont en 58,
07:38ou en 64, la première loi sur l'abattage.
07:42C'est une femme qui est porteuse de ça.
07:44Donc, Brigitte Bardot s'inscrit là-dedans,
07:46mais évidemment avec une répercussion médiatique énorme.
07:51Elle me fait beaucoup penser,
07:52mais en plus encore à Jane Goodall,
07:55qui est morte...
07:56Oui, bien sûr, il n'y a pas très longtemps.
07:57Primatologue.
07:58Voilà, primatologue, et qui a eu aussi un énorme écho à l'époque.
08:02D'autant plus qu'elle apparaissait un peu comme la rabat-joie.
08:04Je veux dire, on est aussi dans une France des Trente Glorieuses,
08:06où, c'est d'ailleurs un peu dit dans le film,
08:08on apprécie de manger de la viande, même tous les jours,
08:11et elle, elle arrive en secouant tout le monde,
08:13en disant, non, en fait, il faut revoir un peu notre alimentation.
08:16Oui, clairement, on est dans une dynamique qu'on appelle le progrès,
08:19où on estime que, eh bien, manger de la viande,
08:22c'est très bon pour l'organisme,
08:24et donc, c'est pas viande matin, midi et soir,
08:26mais on va avoir une progression qui va être très, très importante,
08:28et on passe du petit élevage, on va dire, plus ou moins artisanal,
08:32à quelque chose qui s'industrialise.
08:34Il faut savoir que c'était venu avant aux États-Unis,
08:37puisque le fordisme est né à partir des abattoirs de Chicago,
08:40où on a compris qu'on pouvait être beaucoup plus efficace
08:43dans le taylorisme, dans l'abattage.
08:45Et en France, eh bien, on a vraiment cette consommation de viande
08:49qui accrue, et je pense qu'il y a nécessité, aujourd'hui, d'interroger.
08:54Alors, moi, mon positionnement n'est pas un positionnement du tout anti-élevage,
08:57parce qu'on a besoin de l'élevage, ne serait-ce que pour la fumure,
09:00pour les terres, pour nos paysages,
09:02et que c'est une responsabilité individuelle, je dirais,
09:05de manger de la viande ou pas.
09:07Mais, par contre, les quantités telles qu'on en mange aujourd'hui,
09:11c'est pas compatible avec le développement soutenable que, moi, je défends.
09:15Et c'est ça qui est intéressant, pardonnez-moi,
09:16c'est qu'elle ne s'inscrivait pas dans la mode,
09:19elle était dans l'intuition,
09:20et j'ai tout au long de sa vie, d'ailleurs, l'intuition et l'instinct.
09:23Et ce qui a donné les combats et les coups de gueule, ensuite.
09:25Elle était à contre-courant.
09:26On sait si elle a souffert, quand même, des critiques et des moqueries
09:29qu'elle a pu essuyer au moment où elle lance ce combat.
09:33On le voit lorsqu'elle revient de son expédition au Canada.
09:37C'est bouleversant, parce qu'elle a été pas prise au sérieux, quoi.
09:40Pas prise au sérieux par la presse française,
09:42par un certain nombre de ses comptes citoyens,
09:43alors qu'ailleurs, elle fait bouger les choses.
09:44Et ça, c'est douloureux, parce qu'elle était extrêmement à fleur de peau, évidemment.
09:49C'est vraiment, pour rejoindre, c'est vraiment viscéral.
09:52C'est-à-dire qu'elle a conscience de la souffrance,
09:56de la douleur d'un animal,
09:57parce qu'on s'imaginait pendant très longtemps
09:59que l'animal ne ressentait rien,
10:02un objet, en fait, sans vie.
10:05Bon, maintenant, on sait que c'est un...
10:06Merci Descartes.
10:06Oui, exactement.
10:08Et voilà, et donc, on a vraiment aussi, dans ce reportage,
10:12c'est vraiment bien montré qu'elle le vit physiquement.
10:17C'est viscéral, mais c'est pas éducatif.
10:18Elle ne vient pas d'une famille où on lui a appris ça.
10:20C'est ni scientifique, ni éducatif.
10:21On ne sait pas d'où ça lui vient, en fait, cet amour des animaux,
10:23si ce n'est l'empathie incroyable qu'elle, elle a ressenti.
10:26Voilà, c'est vrai qu'elle a une famille qui a été assez dure,
10:29quand même, avec elle, dans la rigueur, etc.,
10:30et que chaque présence animale, en vacances ou à la maison,
10:34lui apportait ce réconfort.
10:34Donc, elle a quand même trouvé en miroir, sans doute,
10:37à ses petites peines de cœur d'enfance,
10:40un réceptacle à ses émotions avec l'animal.
10:43Oui, les critiques de l'époque, qui étaient très fortes,
10:46s'inscrivent, vous l'avez dit, dans cette période un peu années 1930-1980,
10:52où partout en Occident, mais aussi dans les pays communistes,
10:55on a beaucoup insisté sur la maîtrise de la nature.
10:59Centrale électrique, grands barrages,
11:01on détourne les rivières en URSS, etc.
11:04Teilhard Chardin, qui fait un hymne à la bombe atomique après 1945.
11:10Enfin, bref, on était vraiment dans la technologie, à tout prix,
11:14et la maîtrise de la nature.
11:16Alors qu'elle prenait un retour à la nature,
11:18une forme de naturalisme, elle dérange, en fait.
11:20Elle dérange beaucoup.
11:21Pensez quand même qu'en 1992, en 1992,
11:26Luc Ferry publie le nouvel ordre écologiste,
11:29où dedans, il soutient que les protecteurs des animaux
11:32sont les descendants des nazis.
11:34C'est quand même fort.
11:35On voit l'ampleur du rejet, évidemment.
11:38Alors, malgré tout ce qu'on vient de dire,
11:39vous l'aurez remarqué,
11:41les hommages à Brigitte Bardot ont donné lieu à des polémiques,
11:44parfois un certain malaise,
11:45même parmi ceux qui partagent son combat pour la cause animale,
11:49je pense notamment aux écologistes,
11:50Daniel Salmon, on va y venir,
11:51et à la gauche, en général,
11:53qui préfèrent retenir ses propos qui lui ont valu
11:55cinq condamnations pour incitation à la haine raciale.
11:57Et ça, c'est une vraie question.
11:59Est-ce que tout ce qu'elle a fait pour les animaux
12:01doit être réévalué, réinterrogé à la lueur de ses propos,
12:04ou est-ce que cela a même pu faire du tort à la cause animale ?
12:07Vous allez me répondre après cet extrait du film,
12:09où c'est pourtant un eurodéputé, la France insoumise,
12:12qui félicite les avancées de Brigitte Bardot.
12:15La question du bien-être animal,
12:19et même de l'écologie,
12:20c'est un enjeu de civilisation.
12:22La question animale,
12:24elle fait progresser
12:26l'idée qu'on a de l'humanité.
12:29Et le travail que fait la Fondation Brigitte Bardot
12:31a permis, très clairement,
12:34de faire évoluer
12:35un certain nombre de directives européennes.
12:42On a senti, on sent un malaise
12:44du côté de la gauche pour ce qui est de rendre hommage
12:47à ce qu'a fait Brigitte Bardot.
12:49Est-ce que ses propos viennent tout effacer ?
12:53Non, vous savez bien,
12:53dans chacun d'entre nous,
12:55il y a une part de lumière et une part d'ombre.
12:59Et je pense que chez Brigitte Bardot,
13:00c'est quelque chose de très, très net.
13:02On a vraiment les deux facettes du personnage.
13:04Et moi, je salue son engagement
13:07pour le combat pour la cause animale.
13:10Par contre, je ne peux pas non plus
13:11le dissocier de son positionnement
13:13avec ses flirts,
13:14plus que flirts avec l'extrême droite,
13:17où la cause de l'humanisme
13:19est assez absente.
13:21Donc, il y a ce positionnement-là,
13:24vous parliez tout à l'heure du nazisme,
13:26mais ce côté-là où on peut dire
13:27certains préfèrent les animaux aux chiens.
13:30Je crois qu'elle avait dit,
13:31d'ailleurs avec son premier fils,
13:32qu'elle aurait préféré avoir un petit chiot
13:34qu'un fils.
13:36Donc, voilà, il y a cette personnalité
13:39qui est assez complexe.
13:42À la fois, quand on regarde le film,
13:44je trouve que c'est dans l'émotion,
13:47c'est une pensée simple
13:49et parfois sans nuance.
13:50Et je pense qu'on retrouve ça
13:52dans les autres pendant de sa vie.
13:55Et moi, effectivement,
13:57je dissocie les deux,
13:58même si c'est le même personnage.
14:01Vous reconnaissez ce qu'elle a fait.
14:03Je reconnais ce qu'elle a fait.
14:04Mais de l'autre côté,
14:05on pourra en parler,
14:06je ne sais pas si à la fin du film,
14:08on voit également
14:09comment sont accueillis
14:11les animaux dans la fondation Brigitte Bardot,
14:14qui fait un superbe travail,
14:16mais qui peuvent aussi interpeller
14:18lorsque l'on voit la manière
14:19dont on va les soigner,
14:21leur faire des plats élaborés,
14:24quand on sait que dans la rue,
14:25on a des gens qui meurent de faim
14:27et que le Rassemblement national
14:29ne prône le fait
14:33de laisser les gens pratiquement
14:34mourir dans la rue.
14:35Vous pointez une critique
14:36qui a été effectivement émise
14:37sur Brigitte Bardot,
14:39c'est qu'elle préférait les animaux
14:40presque aux êtres humains.
14:42C'est quelque chose
14:43qui a circulé,
14:44qui se disait sur elle.
14:45Je sens que vous voulez réagir.
14:46Oui, d'abord,
14:47je voudrais citer Lamartine
14:49qui résume, je trouve,
14:52on n'a pas deux cœurs,
14:53un pour les humains
14:54et un pour les animaux.
14:55On en a un.
14:57Et cette façon systématique
15:00que lorsqu'on vient défendre
15:02la cause animale,
15:02eh bien, pourquoi on ne va pas
15:03défendre des enfants, des gens ?
15:05Mais tout ça, c'est un tout.
15:07Ce n'est pas parce qu'on vient
15:08défendre la cause animale
15:09que l'on n'est pas sensible
15:11à la pauvreté.
15:15Voilà, je veux dire,
15:16ou à la maltraitance des enfants.
15:17Ou à la maltraitance des enfants.
15:18On vit tous sur la même planète.
15:20Certains ont cette cause.
15:21Ce n'est pas pour autant
15:22qu'ils excluent une autre
15:23de ces causes.
15:24Donc, vraiment, sincèrement,
15:26je veux dire,
15:26notre cœur, il parle à tous
15:27et à tout ce qui existe.
15:30Et pour revenir sur ces profonds,
15:32en effet, on ne peut pas les partager.
15:34Mais ça a toujours été
15:35une femme très libre.
15:36Si elle a fait Dieu créé la femme,
15:38elle était d'une grande liberté.
15:39Elle était totalement transparente.
15:41Mais on ne peut pas dire
15:42que c'est une femme
15:42qui a eu envie de faire
15:43de la politique,
15:45qui ait, disons,
15:47utilisé ses propres pensées personnelles,
15:50que, voilà,
15:50comme tu le disais très bien,
15:51Daniel,
15:52qui la regardait,
15:54pour la cause animale.
15:55Je veux dire,
15:55elle a dit ce qu'elle pensait.
15:56On est d'accord,
15:57on n'est pas d'accord.
15:58Elle a été condamnée.
15:59Mais exactement.
15:59C'était des délits.
16:00Mais elle a transcendé.
16:01Enfin, je veux dire,
16:02elle était au-delà.
16:03Et elle n'a jamais utilisé
16:05ses propos,
16:06ses opinions personnelles
16:08pour la cause animale.
16:10Je veux dire,
16:10sa cause animale,
16:11elle était entière,
16:12au-delà de ça.
16:14Et je pense qu'il ne faudrait pas
16:16réduire ce qu'elle a fait
16:18et dire,
16:19ben voilà,
16:20maintenant, en fait,
16:20minimisons ce qu'elle a fait
16:21parce qu'elle pensait ça.
16:23Non, mais il y a un mot
16:24que vous avez employé
16:24parce que moi,
16:25je ne veux pas tout mélanger.
16:26Je trouve qu'on fait
16:26beaucoup de caricatures sur elle
16:27et que ça me fait du mal
16:28parce que moi,
16:29je l'ai connue profondément.
16:31L'émotion.
16:32L'émotion, c'est capital
16:33chez Brigitte
16:33parce qu'elle a toujours fonctionné
16:35à l'émotion et à l'intuition.
16:37L'émotion,
16:37et on dit que parfois,
16:38la colère est mauvaise conseillère,
16:40c'est la colère
16:41qui l'a conseillée,
16:43qui a presque guidé sa main,
16:44qu'elle trempait
16:45dans le sang des animaux.
16:46Vous savez,
16:46pendant 40 ans,
16:47vous recevez du courrier,
16:48que vous épluchez du courrier,
16:50que vous voyez des maltraitants
16:51sans pagaille
16:51et des gens qui vous demandent
16:52de l'aide
16:52pour toutes sortes d'aides.
16:54Des enfants malades,
16:56des femmes dans le besoin,
16:57des femmes maltraitées.
16:58Elle répondait
16:59aux lettres qui appelaient
17:00des réponses,
17:01elle envoyait des billets,
17:02elle allait visiter les gens,
17:03elle mettait les gens en contact.
17:05J'ai des centaines d'exemples
17:06à vous donner.
17:07Donc, c'est quelqu'un,
17:08justement,
17:08de profondément humanisme
17:10et au sens où l'humanisme,
17:11pour elle,
17:12c'est l'homme animal mélangé.
17:16Et parfois, c'est vrai
17:16qu'elle a frôlé la misanthropie.
17:18Peut-être qu'elle a été misanthrope
17:19à la fin de sa vie
17:20parce qu'elle était dégoûtée
17:21de voir ce que l'homme faisait.
17:22Mais pardon,
17:23moi, je suis journaliste,
17:24Rebecca, vous voyez,
17:25nous tous comme citoyens,
17:26les drames qu'on entend
17:28tous les jours,
17:29à un moment donné,
17:30contrairement à d'autres
17:31vaillants combattants
17:32qui se sont dit
17:32bon, on n'a pas réussi,
17:33mais on continue.
17:35Elle a été éplorée
17:37par tout ce fardeau d'horreur
17:40qu'elle vivait au quotidien.
17:42Moi, je n'ai jamais parlé
17:43de politique avec elle.
17:45Elle n'avait pas de notion politique.
17:48Brigitte,
17:48elle était gaulliste de famille
17:50et de tradition.
17:51Pourquoi vous aimez Marine Le Pen ?
17:53Elle avait répondu à de la hausse
17:54parce qu'elle a des couilles.
17:55Ce n'est pas une pensée politique.
17:56C'est parce qu'elle aurait voté
17:58pour quiconque aurait suivi
17:59son combat pour l'animal.
18:01Mais vraiment,
18:02elle avait peut-être un entourage
18:04qui était plutôt enclin
18:05à suivre ces idées-là.
18:07Mais Brigitte,
18:08elle n'était pas militante.
18:09Mais elle a su aller
18:09dans les bureaux de ministres aussi.
18:11Ah bah, par contre,
18:11elle a su se servir
18:13de politique.
18:14Elle a rencontré Charles Pasqua
18:15et elle a rencontré
18:16beaucoup de monde.
18:17Tous les présidents.
18:18J'entends parfaitement
18:20ce que vous dites.
18:21Bon, après,
18:21il a eu des écrits
18:22quand même assez forts
18:23qui sont condamnables
18:24et qui ont été condamnés.
18:25Qui a la regrettée d'ailleurs.
18:26Et puis, je pense
18:27qu'elle a été plus ou moins
18:28utilisée également.
18:29On voit bien
18:29que ce n'est pas
18:29une pensée élaborée.
18:31Je trouve que tout cela,
18:32dans ce qu'on voit,
18:34ça manque parfois
18:34de cohérence.
18:35C'est-à-dire,
18:36quand on va plutôt
18:37s'afficher à côté
18:38de l'extrême droite
18:39qui milite pour...
18:42Mais ce n'est jamais affiché
18:42à côté de l'extrême droite.
18:44Quand même...
18:45Je n'ai pas de photos.
18:46C'est ce qui en est perçu.
18:49Mais bon,
18:49après, il y a les ressentis.
18:50Mais je pense
18:51qu'il y a des réalités
18:52quand même.
18:53Et l'extrême droite,
18:54aujourd'hui,
18:56l'ennemi de l'extrême droite,
18:58ce sont les écologistes.
18:59Parce que nous voulons
19:00justement préserver
19:01la biodiversité,
19:02lutter contre
19:03le réchauffement climatique
19:04et ce parti
19:04s'assoit complètement
19:06sur la transition écologique.
19:07Donc, la cause animale,
19:09c'est la cause
19:10de notre planète.
19:11C'est les humains
19:12et ce sont les animaux.
19:13Éric Baraté,
19:14vous avez été surpris
19:15par ce malaise qu'a créé...
19:16Oui, mais je crois
19:17qu'il faut dissocier
19:18le malaise médiatique,
19:19moi je dirais,
19:20parisien,
19:21de la réalité.
19:22Parce que sur le terrain,
19:23pour avoir beaucoup parlé
19:24avec des gens
19:26et de toutes classes
19:27confondues,
19:29il n'y a pas de...
19:30Ils ont préféré
19:31retenir son combat ?
19:32Oui, je ne pense pas
19:33que ces déclarations
19:35qu'on juge
19:36comme on veut
19:37aient impacté
19:38son travail
19:39dans la cause animale.
19:41Est-ce qu'historiquement,
19:42le combat pour la cause animale
19:43a eu une couleur politique ?
19:44Est-ce que c'était plutôt
19:45le fait d'un parti,
19:47d'un courant ?
19:47Est-ce que ça doit l'être ?
19:49Alors, il y a des jeux
19:50de va-et-vient comme ça.
19:51Il y a des moments
19:52où c'est plutôt à droite,
19:53plutôt à gauche.
19:54c'est très variable.
19:57On voit très bien
19:58comment, par exemple,
19:59je m'excuse,
20:00mais le fait
20:01que les écologistes,
20:03en majorité,
20:04ne soient pas très sensibles
20:05à la cause animale,
20:06je ne parle pas pour vous,
20:07mais en majorité,
20:09fait que,
20:11par exemple,
20:12Marine Le Pen
20:13a très bien su saisir
20:14cet aspect-là,
20:15avec ses chats,
20:17etc.
20:18Et inversement,
20:19il y a eu des époques
20:20où c'était l'inverse.
20:21D'accord.
20:21Quelle époque ?
20:23On sait à quel moment
20:24c'était la cause
20:24d'un autre parti
20:25et peut-être un parti vert.
20:27Les verts,
20:28par exemple,
20:29années 80-90,
20:31la cause animale
20:32était beaucoup plus profonde
20:33que maintenant.
20:36Ce que je trouve,
20:38c'est que,
20:39si vous voulez,
20:40sincèrement,
20:41d'abord,
20:42on est tous très différents,
20:43c'est une cause
20:43qui ne doit pas avoir
20:44de partie ni de couleur.
20:46Parce qu'un animal,
20:48ce n'est pas
20:48je suis de gauche
20:49ou de droite,
20:50je réfléchis,
20:51si je le sais,
20:51sans l'étourdir,
20:53je ne me soucie pas
20:54de sa souffrance.
20:55Ça,
20:55ce n'est pas possible.
20:56On n'est ni de gauche
20:57ni de droite
20:57sur ces sujets-là.
20:58Sur ces sujets-là,
20:59on doit être tous réunis
21:00pour se dire
21:01qu'il faut faire avancer
21:02cette cause.
21:02Ce qui reste encore
21:03beaucoup à faire.
21:04On sait que c'est l'an,
21:06on sait que c'est étape
21:07par après étape,
21:07on le voit bien ici
21:08sur des textes ici,
21:09mais ça transcende
21:10tous les groupes.
21:11Ça doit être transpartisan,
21:13Daniel Thalman ?
21:13Oui,
21:14tout à fait.
21:15Ce n'est pas
21:16l'apanage
21:16de l'écologie ?
21:18Ce n'est pas une chapelle.
21:18Bien entendu,
21:19la cause animale
21:20doit être,
21:21on va dire,
21:21transpartisane,
21:22mais je trouve
21:23que dans l'approche
21:24qu'on en a,
21:25là,
21:25sur ce plateau,
21:26c'est une vision
21:27assez réductrice
21:28parce que la cause animale,
21:29ce n'est pas simplement
21:30nos animaux domestiques
21:32et les animaux d'élevage.
21:33Aujourd'hui,
21:33on est dans un effondrement
21:34de la biodiversité,
21:36on est dans la déforestation,
21:37aussi bien en Indonésie
21:38qu'au Brésil,
21:40et ce sont des milliers
21:43d'espèces qui disparaissent
21:44aujourd'hui
21:45et donc ce sont des animaux
21:46qui ne disparaissent pas
21:47comme ça
21:48en tombant du ciel,
21:49c'est-à-dire que c'est des animaux,
21:50c'est de la souffrance animale
21:51quelque part aussi.
21:52Donc,
21:53c'est tout un ensemble,
21:53c'est-à-dire que défendre
21:54la cause animale,
21:56c'est défendre notre écosystème,
21:58c'est défendre la vie
21:59sur cette planète
22:00d'une manière générale
22:01et essayer de préserver
22:02tous ces écosystèmes.
22:05Sinon,
22:06je dirais que Brigitte Bardot
22:07avait une approche aussi,
22:09elle mettait,
22:09le bon blanc d'un côté
22:11et pratiquement le barbare
22:12de l'autre
22:12avec une vision un peu
22:14des paroles condescendantes
22:16par rapport
22:16à certains peuples autochtones
22:18qui, eux,
22:19vivaient dans la nature.
22:21Quand je vois des inuits
22:22qui allaient la chasse
22:23au phoque,
22:24au préalable
22:25ou qui mangeaient
22:25de la baleine,
22:26moi ça ne me choque pas.
22:28Ce qui choque,
22:29c'est lorsque tout cela
22:30est industrialisé,
22:31lorsque derrière
22:32il y a juste une question
22:33de profit
22:33et non plus de survie.
22:35Et voilà,
22:36je pense que c'est des choses
22:37qu'il faut dissocier
22:38pour avoir une vision
22:39plus globale.
22:39Wendy Bouchard ?
22:40C'est intéressant
22:40ce que vous disiez sur
22:41est-ce que le combat
22:42a une couleur ?
22:43C'est Paul Watson
22:44qui a dit récemment
22:45que les défenseurs
22:47des animaux
22:48et de l'environnement
22:48étaient forcément
22:49un peu réactionnaires.
22:50Alors au sens où
22:50en réaction à la société actuelle,
22:52mais vous êtes d'accord ?
22:53Conservateur,
22:53parce qu'il s'agit de conserver.
22:54Ça, c'est intéressant
22:55parce qu'on décélère forcément,
22:58on arrive dans un mode
22:59qui prend de la distance
23:00par rapport à ce qu'on vit,
23:01que ce soit l'élevage intensif
23:02ou l'usage des pesticides,
23:03donc je trouve ça
23:04assez intéressant.
23:05Conservateur,
23:05oui, peut-être un peu,
23:07mais pas inhumaine,
23:10ça c'est sûr.
23:12Brigitte Bardot
23:12et la cause animale,
23:13quel bilan
23:14et quel avenir ?
23:15C'est la question
23:16que je voudrais
23:16que l'on se pose à présent.
23:18Sur le plan législatif,
23:19deux textes
23:20ont été mis en avant
23:21dans ce film,
23:21celui sur l'importation
23:23de fourrure de phoque,
23:24justement,
23:25et celui sur les méthodes
23:26d'abattage.
23:26Mais en étudiant le sujet,
23:27on s'aperçoit
23:27qu'il y en a eu d'autres,
23:28sur l'utilisation
23:29d'animaux vivants
23:29dans les crash-tests,
23:30par exemple,
23:31sur le commerce international
23:32d'ivoire des éléphants,
23:34sur la zoophilie,
23:35bref,
23:35est-ce qu'aujourd'hui,
23:36la lutte contre la maltraitance animale
23:38est réellement intégrée
23:39à nos sociétés ?
23:41Je voudrais que l'on écoute
23:42une archive de Brigitte Bardot,
23:43elle-même,
23:43justement,
23:44dans ce film.
23:44Écoutez.
23:46Comme au cauchemar !
23:47Comme au cauchemar !
23:53La prise de conscience
24:00du public
24:02est forte
24:04et que dalle
24:07de la part des gouvernements
24:09de celui-là
24:10d'un suivi d'avant,
24:11celui d'encore avant,
24:12etc.
24:19C'est intéressant,
24:20Méni Pouchard,
24:20elle faisait la distinction
24:21entre la prise de conscience populaire,
24:23qui est réelle,
24:24à laquelle on assiste
24:25depuis plusieurs années,
24:26mais elle disait
24:26côté politique,
24:27ça ne suit pas.
24:28Ce n'est pas faux.
24:29Ce n'est pas faux.
24:29Je fais exception
24:30des parlementaires
24:31dont vous êtes.
24:33D'ailleurs,
24:33elle ne dit pas politique,
24:35elle dit gouvernement.
24:36Elle a rencontré
24:37les présidents,
24:38les gouvernements,
24:39pardon,
24:39les secrétariats
24:40de conditions animales,
24:41quoi que ce soit,
24:41je n'ai jamais rien eu.
24:43Qui a bossé
24:43sur ces textes-là ?
24:44Ce sont les parlementaires.
24:47Et l'opinion publique,
24:48moi,
24:48j'ai commencé
24:49ce petit métier
24:50il y a 20 ans.
24:52À l'époque,
24:52je faisais déjà
24:53beaucoup de sujets
24:53sur les animaux.
24:54On me disait,
24:54t'arrêtes avec tes chats,
24:55tes chiens,
24:55on m'avait catalogué
24:56dans ma radio de cœur
24:57à l'époque Europe 1.
24:59J'en fais encore beaucoup
25:00maintenant à ici,
25:01France Bleu,
25:02à Radio France.
25:03Ça va mieux,
25:04ça va mieux
25:05dans la prise de conscience
25:06parce que les philosophes
25:08sont passés par là,
25:08les intellectuels,
25:10les historiens comme vous
25:11ont fait avancer
25:11la cause, etc.
25:12Mais ça a pris du temps.
25:13Il y a quelques années encore,
25:14on nous prenait pour...
25:15Brigitte Bardot,
25:15c'était les caniches
25:16et les chats de compagnie.
25:18Ça vous est venu
25:18de Brigitte Bardot,
25:19vous,
25:19cet amour des animaux ?
25:21Moi, à 6 ans,
25:23quand elle a créé
25:23sa fondation,
25:24je faisais des petites tirelières
25:26dans des boîtes à chaussures
25:26et je faisais la quête
25:27dans Paris.
25:28D'accord.
25:28Et je redonnais
25:29mes 50 francs de l'époque
25:31à la fondation Bardot.
25:32Oui, moi,
25:32j'ai grandi vraiment avec elle.
25:33Je la trouvais admirable,
25:35vraiment.
25:36Daniel Salmon,
25:36c'est vrai que vous êtes
25:37un peu seule ou pas ?
25:38Vous vous sentez un peu seule,
25:39peut-être tous les deux
25:40en tant que parlementaire
25:40pour cette cause animale ?
25:42Vous connaissez des politiques ?
25:43En ce moment,
25:44on se sent très très seul.
25:46Peut-être d'autres sujets.
25:47Aujourd'hui,
25:48les lobbies sont à la manœuvre.
25:49C'est-à-dire ?
25:50Le lobby de la viande
25:51est très très fort,
25:52très puissant.
25:53Ce sont ces mêmes lobbies
25:54qui font qu'en Indonésie
25:56ou au Vietnam,
25:56en Asie du Sud
25:57où on avait des peuples
25:58qui étaient,
25:59je ne veux pas dire végétariens,
26:00mais qui mangeaient
26:00très peu de viande.
26:01Aujourd'hui,
26:02on a des usines,
26:03des usines à cochons
26:04partout dans ces pays-là
26:05parce que,
26:06eh bien,
26:07derrière,
26:08c'est un rouleau compresseur.
26:10Et donc,
26:11on a changé complètement
26:12le statut de l'animal.
26:14Je donnerai juste
26:14un petit exemple
26:16de ce qui se passe.
26:17Moi,
26:17je suis pour l'élevage,
26:19comme je l'ai dit tout à l'heure,
26:20mais dans le respect
26:21de l'animal,
26:22de sa naissance
26:23jusqu'à sa mort.
26:24Et même après sa mort,
26:26eh bien,
26:26il faut savoir
26:27consommer un animal
26:28et l'utiliser au maximum
26:30parce que c'était justement
26:31cette vision-là
26:32qu'avaient les peuples autochtones.
26:34Et je pense qu'aujourd'hui,
26:35on ne mange plus un poulet.
26:36Les gens mangent
26:36un filet de poulet.
26:38Ils ne mangent plus du porc,
26:39ils mangent
26:39une tranche de jambon.
26:41On a complètement
26:41perdu cette idée
26:43que derrière
26:44ou avant,
26:45c'était un animal
26:46qui était bien vivant
26:47et qui était doué
26:48de sensibilité.
26:49Et je pense qu'il faut
26:50revenir à ces choses-là
26:51et manger le poulet du dimanche
26:53et arrêter de manger
26:53des filets de poulet
26:55pour avoir une vraie conscience
26:56que si on mange
26:57de la viande,
26:58eh bien,
26:58il faut l'assumer
26:58d'un bout à l'autre
26:59parce qu'on parle
27:00des chiots,
27:02des chatons.
27:03Il y a des gens
27:03qui s'occupent très bien
27:04de leur animal domestique
27:05mais qui s'en fichent
27:06complètement
27:06de ce qui se passe
27:07dans l'élevage intensif
27:09du coin.
27:09Non mais c'est sûr
27:11qu'il y a énormément
27:12à faire,
27:13vous avez entièrement raison.
27:14Il reste encore
27:15beaucoup à faire
27:16et il faut aussi
27:17une prise de conscience
27:18à la fois nationale
27:20en France
27:20et on est quelques-uns
27:22à tirer
27:24des sonnettes d'alarme
27:25et espérer être entendus,
27:26on ne l'est pas toujours.
27:28Mais c'est aussi
27:29au niveau européen,
27:30comme vous le savez,
27:31il y a des textes
27:32qui sont en cours
27:33au niveau européen.
27:34Alors sur les chats
27:34et les chiens,
27:35on améliore un peu
27:36le dispositif
27:37en voulant une traçabilité
27:39parce que c'est importé
27:40n'importe comment,
27:42ces chiots,
27:43enfin il faut voir,
27:44moi pour l'avoir vu
27:45et avoir récupéré des chiens,
27:47les trafics d'élevage
27:48c'est absolument abominable.
27:49Donc il y a des évolutions
27:50qui doivent être
27:51au niveau européen,
27:52bien sûr.
27:53Il y a un vrai sujet,
27:55ça rejoint ce que tu disais,
27:56c'est que vous disiez,
27:58c'est aussi le transport
27:59des animaux.
27:59Alors là,
28:00c'est un blocage total
28:01au niveau européen
28:02parce que les transports,
28:03oui,
28:04et la France n'est pas
28:05forcément la première
28:06à vouloir militer,
28:07le transport des animaux vivants,
28:10j'ai d'ailleurs appris,
28:11en fait,
28:11on se dit qu'on est
28:12dans un monde
28:13parfois un peu fou
28:14parce que le transport
28:15d'animaux vivants
28:17revient moins cher
28:18que le transport de carcasses.
28:20Donc si vous voulez,
28:21il y a vraiment
28:21des mécaniques à inverser
28:23et c'est par exemple
28:24une directive
28:25qui reste,
28:25qui est complètement
28:26en stand-by
28:27alors que vous avez
28:27des animaux
28:28qui sont par milliers
28:29sur des bateaux
28:30qui peuvent rester deux,
28:31il y a eu une affaire
28:32où pendant deux mois
28:34ils étaient plus de 2000
28:35sur le bateau
28:36dans des conditions
28:37de transport.
28:38Est-ce que véritablement
28:39c'est ce qu'on veut
28:39aujourd'hui ?
28:41Donc l'Europe doit aussi
28:42être en capacité
28:43d'imposer
28:44et de montrer l'exemple
28:46vis-à-vis des autres pays
28:47qui peuvent consommer.
28:49Je ne suis pas
28:50contre la viande
28:51mais je pense qu'en effet
28:52il faut essayer
28:52de rééquilibrer les choses
28:53pour qu'on ait
28:55quand même une meilleure
28:56politique.
28:56Éric Baraté,
28:56c'est vrai que les gouvernants,
28:57les gouvernements ont du mal
28:58et ont du mal
28:59à se mettre sur ce sujet.
29:00Peut-être que ça ne paye pas
29:01électoralement
29:01ou il le pense ?
29:02Oui, il faut dire
29:04le président actuel
29:06au niveau conditions animales
29:08je pense qu'on n'a pas eu pire
29:10en tant que président
29:10de la République.
29:11Elle disait président
29:12en marche arrière,
29:13Brigitte.
29:14Parce que ça ne l'intéresse pas ?
29:15Je pense que ça ne l'intéresse pas
29:17puis il est sensible
29:18à des réseaux de pression
29:20et vraiment,
29:21alors là,
29:22il a tout donné
29:22aux chasseurs.
29:23Vous avez le souvenir
29:24d'un gouvernant
29:25ou d'un chef d'État
29:27ou d'un ministre ?
29:27Même Giscard,
29:28chasseur devant l'éternel,
29:30n'aurait jamais osé donner
29:31ce que l'actuel président
29:33a donné aux chasseurs.
29:35C'est assez évident.
29:36Il a baissé la TVA
29:38pour les jardins zoologiques.
29:40Enfin bref,
29:40est-ce qu'un jardin zoologique
29:42est un produit
29:42de première nécessité ?
29:44Je ne suis pas sûr.
29:45Je voulais revenir
29:45sur cette affaire de…
29:47Je pense quand même
29:48que les choses changent,
29:49même si les politiques
29:51sont en arrière.
29:52Est-ce que ce n'est pas
29:53un peu la fonction
29:54des politiques
29:55d'être en arrière
29:55ou du moins la constante ?
29:58Mais l'opinion publique
29:59change.
30:00Vous l'avez dit,
30:01moi j'ai aussi senti
30:03le changement
30:04de l'opinion publique
30:04dans les années 2000.
30:06Ça c'est évident.
30:07Quand je faisais
30:08des conférences avant,
30:09il y avait trois plaies,
30:10deux tendues.
30:11Maintenant,
30:11il y a du monde.
30:12Et les gens maintenant
30:13sont sensibles
30:14à tout ce qui est abattage,
30:15etc.
30:16On le voit bien
30:17avec l'association L214
30:19qui a mis les choses
30:21en face.
30:22À l'inverse,
30:23en 1946,
30:24le réalisateur
30:26Franck Vu
30:26a fait un film,
30:27Le sang des bêtes,
30:28qui raconte
30:29l'abattage
30:30aux abattoirs
30:31de la Villette.
30:32Tout est montré.
30:34Oui, c'est terrible.
30:35Aucun écho.
30:36Parce que,
30:37comme vous l'avez dit,
30:38on est dans une France
30:39qui sort de la guerre,
30:41qui veut se remettre
30:42à manger
30:42et bon,
30:44on mange la viande
30:44quoi qu'il arrive.
30:46Dans le magazine
30:46de sa fondation,
30:48l'Info Journal,
30:48a été publié
30:49un ultime message
30:50de Brigitte Bardot.
30:51elle avait écrit
30:52« Le combat continuera
30:54avec ou sans moi ».
30:56Et ce sera
30:56ma dernière question.
30:57Est-ce que vous le pensez ?
30:58Est-ce que vous voyez
30:59l'avenir de façon positive ?
31:01Est-ce que le fait
31:02que Brigitte Bardot
31:02ait disparu
31:03changera quelque chose
31:04dans la lutte
31:05pour la cause animale ?
31:07Écoutez,
31:07moi je me dis,
31:08il faut voir le verre
31:09à moitié plein
31:10et tout ce qu'elle a fait
31:11ne peut pas tomber
31:12en désuétude.
31:14Mais c'est vrai
31:15que quand vous avez
31:15une personne
31:16extrêmement charismatique
31:17et qui,
31:18en fait,
31:18porte,
31:19même si elle a créé,
31:21comme ça a été dit,
31:21elle a très vite su
31:22constituer une structure
31:24juridique
31:25avec des fonds.
31:27Donc tout ça
31:27est bien huilé,
31:29il y a déjà des gens
31:29en place
31:30pour les voir
31:31régulièrement aussi.
31:33Ça fonctionne.
31:35Maintenant,
31:36ça va être
31:37l'avenir
31:38qui va nous le dire
31:38si sans cette personnalité,
31:41la fondation
31:42Brigitte Bardot,
31:43moi je pense
31:44qu'elle peut continuer.
31:45Est-ce qu'elle peut
31:46avoir une dynamique
31:47très plus forte
31:48ou pas ?
31:49Est-ce qu'il faut
31:50quelqu'un
31:51qui reprenne
31:51le flambeau
31:52des normes
31:53de notoriété
31:54qui,
31:55à son tour,
31:56amène énormément
31:57de public ?
31:59Vous,
31:59Wendy Bouchard ?
32:00Oui,
32:01mais qui incarne.
32:03C'est vrai
32:04qu'on peut s'inquiéter
32:05du fait
32:05que l'incarnation
32:06n'est plus,
32:08que le temps
32:08va passer
32:09et que la structure
32:11juridique,
32:12c'est formidable,
32:13mais c'est toujours pareil.
32:14Quand vous n'avez pas
32:15des hommes et des femmes
32:16qui boostent,
32:17vous pouvez avoir
32:17toutes les fondations
32:18de la Terre.
32:19Ça,
32:19c'est certain.
32:20Elle est irremplaçable,
32:21mais elle a laissé
32:23un souffle,
32:24un fluide,
32:25et il y a près
32:26de 300 salariés
32:26à la fondation Bardot,
32:27il y a des gens
32:27formidables
32:28qui font un boulot
32:29magnifique.
32:30On ne sait pas assez
32:31ce qu'ils font,
32:31et moi c'est ce que
32:32je déplore un petit peu,
32:33j'en avais parlé
32:34d'ailleurs avec Brigitte Bardot
32:35en me disant
32:35c'est dommage
32:36qu'on ne sache pas
32:37ce que vous faites
32:37au niveau international,
32:39qu'on ne connaisse pas
32:40plus dans le détail
32:41vos missions,
32:41vos valeurs,
32:42même à titre pédagogique,
32:43pourquoi vous n'êtes pas
32:44dans les écoles,
32:44etc.
32:45Donc il y a mille choses
32:46à faire,
32:47vraiment.
32:48Il y a des gens
32:48de qualité,
32:49des gens aussi jeunes,
32:50il faut que les générations
32:51se bougent et se brassent
32:53dans cette fondation
32:54parce que c'est très bien
32:55d'avoir des dons,
32:56des legs qui pleuvent,
32:57qui pleuvent grâce
32:58à cette femme,
32:59et ça c'est exceptionnel,
33:00ça n'existe nulle part ailleurs,
33:0190% de dons
33:04dans cette fondation
33:05aujourd'hui.
33:05Et c'est magnifique,
33:06moi j'ai assisté
33:07à l'ouverture
33:08de testaments
33:09où vous avez
33:10des maisons
33:11à 20 millions d'euros
33:13offerts,
33:13pourquoi ?
33:14Parce que c'est Brigitte.
33:15Donc ça,
33:15il faut en être
33:16vraiment à la hauteur.
33:20Il n'y a pas d'équivalent
33:21pour reprendre le flambeau
33:22à dit son ex-compagnon
33:23Alain Bougrain-Dubourg ?
33:25Oui,
33:25je pense que Brigitte Bardot
33:28est un personnage
33:29très important
33:30dans cette cause-là,
33:31mais nul n'est y remplaçable
33:32et je pense qu'il y a
33:33quand même une évolution
33:33culturelle.
33:35Aujourd'hui,
33:35le rapport à l'animal
33:37n'est plus du tout le même.
33:38La science vient nous aider aussi.
33:39Pendant très longtemps,
33:40on a pensé que l'animal
33:41n'était même pas
33:42un être sensible
33:43et qu'il ne souffrait même pas.
33:44Vous voyez où on en était ?
33:45Donc il y a quand même
33:46une grosse évolution
33:47de ce côté-là.
33:48Donc je pense
33:49que les choses
33:49vont continuer
33:50à évoluer,
33:52mais moi,
33:52ce qui me fait peur,
33:53c'est cette dissociation
33:54dont je parlais
33:55entre certains animaux,
33:56une espèce de hiérarchie
33:57entre les animaux,
33:58certains qui ont le droit
33:59d'avoir tout le confort
34:02et toute notre attention,
34:04et puis d'autres
34:04qui ne sont plus que des produits.
34:06Et donc c'est là
34:07qu'il va falloir travailler.
34:08Et quand tu abordais
34:09la question des transports,
34:10il y a des choses aussi
34:11qui viennent se frotter
34:13parce que la mondialisation
34:14nous montre aujourd'hui
34:15que les épisodis,
34:17les zoos,
34:18se propagent
34:19à une vitesse extrême.
34:22Et donc les transports,
34:23qui sont vraiment
34:24le symbole
34:24du mal-être animal également.
34:26Nous, on avait déposé,
34:27je crois que c'était
34:28en 2020,
34:292021,
34:30une proposition de loi
34:31justement pour limiter
34:32le transport
34:33de ces animaux.
34:34on n'avait pas eu gain de cause
34:35comme sur beaucoup
34:36d'autres choses.
34:37Mais je pense
34:38que le train est en marche
34:39et qu'on va continuer
34:40d'avancer.
34:41De toute façon,
34:41l'intérêt est un peu positif
34:43en septembre.
34:44Éric Baraté.
34:45On va parvenir en arrière
34:46là-dessus.
34:47Pour conclure.
34:47Oui, pour revenir
34:48sur la fondation Brigitte Bardot,
34:50si c'est une personnalité
34:51qui reprend derrière,
34:53il faut surtout
34:53que ce soit une personnalité
34:54qui y croit
34:55et qui ne fasse pas ça
34:56simplement pour l'image.
34:58Pour l'image.
35:00On a des cas d'association
35:02qui ont été reprises
35:03par des gens médiatiques
35:05et qui n'y croyaient
35:06absolument pas.
35:07Ça a été la ruine totale.
35:09Et c'était la grande force
35:09de Brigitte Bardot.
35:10C'était évidemment
35:11d'y croire.
35:11C'était elle.
35:12Merci.
35:13Merci à tous les quatre
35:13d'avoir participé
35:14à cet échange.
35:15Merci à vous
35:16de nous avoir suivis
35:17comme chaque semaine.
35:18Documentaires et débats
35:19à retrouver en replay
35:20sur notre plateforme
35:21publicsénat.fr.
35:22À très vite.
35:22Merci beaucoup.
35:23Merci de cette émission.
35:24sur les échangeurs.
35:25C'était génial.
35:25C'était génial.
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