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  • il y a 8 mois
Aujourd'hui, c'est au tour de Christian Convers, éleveur, ancien secrétaire général de la Coordination rurale, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

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Transcription
00:00RMC, face aux grandes gueules.
00:08C'est qui qui fait le bombet ?
00:12Le glau des le bombets.
00:15Donc avec Didier Giraud, agriculteur, en Saône-et-Loire,
00:19nous sommes avec Christian Converse, éleveur en Haute-Savoie,
00:22éleveur de Beauvais aussi. Bonjour Christian.
00:23Bonjour, Vacheletière.
00:24Vacheletière, ancien secrétaire général, la coordination urale.
00:27Vous avez entendu Madame Genevard, la ministre de l'Agriculture,
00:31elle dit attention, les fêtes arrivent, les vacances, Noël,
00:34il ne faut pas bloquer les familles, donc il va falloir lever les barrages.
00:37Vous lui répondez quoi ?
00:38Elle va nous apporter les réponses dans la semaine, donc ça va être débloqué.
00:41Je pense que les éleveurs ne veulent pas empêcher nos citoyens
00:46de prendre les vacances de Noël, et puis je pense qu'eux aussi,
00:50ils mériteraient un petit peu de calme et de sérénité pour Noël.
00:52Donc là, c'est des réponses qui doivent être apportées.
00:54Il y a deux réponses à apporter cette semaine,
00:56on pense bien quand même que ça va venir.
00:58C'est quoi les deux réponses ?
00:59Il y a le Mercosur, qu'on attend de voir ce qui va se passer,
01:01donc ça c'est ce qui cristallise un petit peu partout au niveau national,
01:04et les réponses pour la DNC, il y a eu une petite évolution,
01:07mais ce n'est pas suffisant.
01:09Vous attendez quoi sur la DNC avant de parler du Mercosur ?
01:12La dermatose, vous attendez qu'elle dise qu'il n'y aura plus d'abattage massif ?
01:16Oui, il y a déjà une évolution par rapport à la vaccination,
01:20parce qu'on ne va pas refaire toute l'histoire,
01:22mais il faut aussi se projeter par rapport au printemps
01:24et par rapport à ce qui peut arriver.
01:25Donc l'élargissement de la vaccination,
01:27on la demande depuis le départ, puisqu'effectivement...
01:29750 000 bovins vont être vaccinés au sud-ouest.
01:31Oui, mais c'était évident qu'à voulant faire par pastille
01:34à chaque fois qu'il y avait un problème,
01:35la maladie allait se propager, c'est ce qui s'est passé.
01:37La ceinture va être beaucoup plus large.
01:39Est-ce qu'elle va être suffisante ?
01:40C'est ça la question.
01:41Parce que là, ça concerne une partie des éleveurs,
01:44les éleveurs français, il y en a beaucoup plus.
01:46Si on doit vacciner plus globalement,
01:48c'est maintenant, c'est dans l'hiver.
01:49Ça veut dire qu'il faut commander les vaccins,
01:51que ça soit fait avant le printemps,
01:52en mesurant les conséquences.
01:54Parce que le printemps arrive,
01:55et les mouches aussi,
01:56et les mouches transmettent...
01:57Ça va obligatoirement se calmer,
01:59là, en période d'hiver.
02:00Je pense que juste au mois de mars,
02:01on est à peu près tranquille.
02:04Bon, sauf qu'on entend parler
02:05d'animaux asymptomatiques,
02:06on entend parler de beaucoup de choses.
02:08Donc, ces réservoirs de virus,
02:10ils peuvent continuer d'exister.
02:12Et si jamais ça dérape ce printemps,
02:15ça ne sera plus du tout sous contrôle.
02:16Donc, c'est maintenant qu'il faut quand même
02:18se poser les questions.
02:19Didier ?
02:19Je ne sais pas, moi, vous êtes savoyard,
02:21donc vous avez déjà vécu la DNC.
02:24Je m'interroge sur le fait,
02:26est-ce que vous pensez aujourd'hui
02:27que d'élargir la ceinture vaccinale,
02:30c'est ça qui va faire qu'il n'y aura plus de cas ?
02:33Il n'y a pas que ça.
02:34Alors bon, aujourd'hui,
02:35ce qu'il nous a dit,
02:37c'est qu'il y a des animaux
02:37qui auraient été transportés,
02:40que ces sauts ont été faits
02:41par des déplacements d'animaux,
02:43mais ce n'est pas prouvé.
02:44Moi, je pense à Thomas.
02:46Non, ce n'est pas ça.
02:47C'est l'État ne veut pas assumer
02:49le fait qu'ils ont rendu,
02:52ils sont en fin d'enquête
02:54et qu'ils ont trouvé les causes.
02:55Alors pourquoi ils ne les donnent pas ?
02:57Quel est le problème ?
02:57Parce que je pense que l'État
02:58ne veut pas assumer
02:59de désigner des coupables.
03:01Chez vous, aujourd'hui,
03:02la dermatose, elle est finie.
03:05On peut dire les choses comme ça ?
03:07Elle est finie, la dermatose.
03:08Ça ne l'a pas empêché
03:09de se déplacer,
03:09c'est ce que je discutais
03:10avec les démiologistes
03:11là devant la porte
03:12il y a cinq minutes.
03:14On dit qu'elle est finie
03:15parce qu'il n'y a pas de cas
03:15qui ressortent officiellement.
03:18On revoit dans certains élevages
03:19quelques bêtes
03:20qui ont des signes
03:21qui ressemblent.
03:23Les éleveurs,
03:24dans la mesure où
03:24elles sont vaccinées
03:24depuis quatre mois,
03:25ils ne font pas analyser,
03:27ce qui est assez cohérent.
03:28C'est ça.
03:29Je pense que globalement
03:32sur les manifestations,
03:33on va pouvoir se rejoindre
03:34sur le Mercosur.
03:35Je crois qu'on n'est pas d'accord
03:36sur le fond de l'ADNC.
03:37Aujourd'hui,
03:38l'éradication de la maladie,
03:40elle passe par un contrôle
03:41strict de la zone.
03:42Alors, on peut discuter
03:43sur la largeur de la zone,
03:46l'abattage des troupeaux infectés.
03:48C'est l'abattage.
03:49C'est ça qui protège les voisins.
03:51Mais aussi un contrôle strict.
03:53Parce qu'on va y parler.
03:54Les petits veaux
03:55qui se sont échappés
03:56de sa voie
03:56sans plaque,
03:58c'est quand même ceux-là
03:59qui ont fait qu'elle est réapparue
04:01dans plusieurs endroits.
04:02Si c'est vrai,
04:04il faut que les résultats
04:06soient donnés.
04:07Mais il ne faut pas me dire ça
04:08à moi.
04:09Moi, je suis éleveur,
04:10on n'a pas revendu.
04:12Les veaux,
04:12tu sais bien
04:13qu'ils sont tous bouclés.
04:14Ils ont tous leur passeport.
04:15On n'a pas vendu un veau
04:16depuis le mois de juillet.
04:17Ça, c'était la règle.
04:19Oui, c'était la règle.
04:20Les petits veaux,
04:20il y en est parti sous le manteau.
04:22Ah ben non, mais bon.
04:23Pourquoi les cas
04:25qui sortent à 300 km de chez vous,
04:27ils explosent
04:28dans ou autour
04:29d'élevage de veaux ?
04:31Comment c'est possible ?
04:32Pourquoi certains éleveurs
04:34dans des nouvelles zones reprises,
04:37ils ont 30-40%
04:38de naissance de jumeaux ?
04:40Comment c'est possible ça ?
04:41C'est juste que l'État
04:42ne veut pas l'assumer.
04:42Non, mais on le sait ça.
04:43Franchement, je ne crois pas ça.
04:45Je crois que c'est l'État
04:46qui se fabrique
04:46des excuses.
04:48Je crois plus à ça
04:49qu'au temps
04:51qui fait 300 cm de long
04:53et qui fait 300 morts.
04:54Alors ça,
04:54ça peut être bien plus facilement prouvé
04:56que l'histoire des animaux asymptomatiques.
04:59Ce qui pose problème,
05:00pour moi,
05:00c'est les animaux asymptomatiques.
05:02Quand on nous dit
05:02qu'il y a peut-être,
05:03elle me disait,
05:0430-40% d'animaux
05:05qui sont très asymptomatiques.
05:07C'est ça le vrai problème.
05:08Parce que ça veut dire
05:09que ceux-là,
05:10ils peuvent être chez moi,
05:11ils peuvent être
05:11en dehors de la zone.
05:13Ils peuvent être
05:13en dehors de la zone.
05:14et ils peuvent propager
05:15la maladie demain.
05:16Donc ça, c'est après.
05:17Mais attends,
05:17s'ils sont asymptomatiques,
05:18ils ont été en contact.
05:20Oui,
05:20ben oui,
05:21oui.
05:21Donc s'ils ont été en contact,
05:23c'est qu'ils sont sortis de la zone.
05:24Alors,
05:24peut-être que là,
05:25l'autre problème
05:26qu'il y a eu
05:26qu'on a demandé
05:27depuis le départ.
05:27Vous connaissez que certains
05:28sont sortis.
05:29Non,
05:30non,
05:30c'est des hypothèses
05:32qu'on nous donne.
05:33Je peux être d'accord avec vous
05:35sur le fait qu'on ne sait pas tout
05:37aujourd'hui.
05:37Alors justement,
05:38dans la mesure où on ne sait pas tout
05:39depuis le premier troupeau
05:40jusqu'à maintenant,
05:41chaque fois qu'on abattait,
05:42on disait,
05:43on fait au moins des analyses
05:44avant d'abattre
05:45sur l'ensemble des bêtes.
05:46Pour se rendre compte,
05:47parce que même si on n'est pas sûr
05:48à 100...
05:49Allez,
05:49je vais dire,
05:50même si le pourcentage
05:50était de 80% de sûreté,
05:53ça veut dire que
05:53si on analyse 100 bêtes,
05:55il y en a quelques-unes
05:56qui devraient sortir positifs.
05:58Pourquoi on nous a toujours
05:59refusé ça depuis le départ ?
06:00On ne s'est jamais affronté
06:01avec les forces de l'ordre,
06:02ce n'est pas vrai.
06:03On a toujours dit,
06:04avant d'abattre,
06:04on veut l'analyse
06:05sur tout le troupeau.
06:06Vous voulez vérifier
06:07si votre troupeau est sympa ?
06:08Eh bien voilà !
06:09Pour les troupeaux en fait.
06:10Mais il y a aussi des gens,
06:11enfin ça c'est quelque chose
06:12qu'on n'entend pas parler,
06:13il y a aussi des gens chez vous
06:15qui se sont retrouvés
06:16avec des 30-40% d'animaux
06:18morts quoi.
06:19Mais arrêtez,
06:19t'as vu ça où toi ?
06:20Pas morts,
06:21mais au moment de l'abattage,
06:23j'ai un témoignage
06:25de quelqu'un
06:26qui a 14 vaches sur 42
06:27quand ils sont venus...
06:28Le saut de mortalité
06:29est plus bas quand même
06:30de cette forme.
06:30Non mais c'est pas...
06:32Alors là,
06:32ça c'est ce qui se diffuse partout.
06:34C'est ce que disent les vétérinaires.
06:35Enfin moi écoutez,
06:35je ne suis pas virologue,
06:36mais moi j'ai eu des témoignages.
06:39Les mecs qui m'appellent,
06:40moi je n'ai rien demandé,
06:40les mecs qui m'appellent.
06:4114 vaches sur 42
06:43quand les services vétérinaires
06:44sont venus pour abattre,
06:46il y avait 14 vaches
06:47qui ne se levaient plus sur 42.
06:48On n'est pas à 5%
06:50et puis comme on écoute
06:51sous les ponts,
06:52à 2%, à 3%.
06:53Mais même si c'est que 5%,
06:55aujourd'hui, à ce jour,
06:56l'abattage,
06:58c'est moins de 3000 vaches,
06:59enfin moins de 3000 animaux
07:00en France,
07:01on est sur un cheptel
07:02de 16 millions,
07:04si on a 5% de morts à la fin,
07:06ça fera plus que l'abattage.
07:07Mais Didier,
07:08moi je ne suis pas virologue,
07:10je veux bien qu'on rediscute
07:11le process,
07:12n'empêche que le process
07:13qui a fonctionné,
07:14entre autres dans les Balkans,
07:15On n'a pas tué
07:16que 3000 vaches
07:17dans les Balkans.
07:18Ben justement,
07:20dans les Balkans,
07:20pendant 2 ans,
07:22ils ont dit
07:22c'est pas grave,
07:23les vaches vont guérir du truc
07:25et puis à la fin,
07:26ils ont appliqué le protocole
07:27qu'on est en train d'appliquer
07:28en France
07:28et il y a 400 000 bêtes en moins.
07:31Il ne faut pas se tromper.
07:32Ce qui choque, messieurs,
07:34parce que là,
07:34vous avez un débat
07:35de spécialisme
07:36et ce qui choque,
07:37et on n'en est pas en plus.
07:39Ce qui choque,
07:39un peu plus que nous
07:40puisque vous êtes éleveurs,
07:41vous êtes auprès de vos vaches,
07:42vous connaissez les vétérinaires,
07:43vous savez ce que c'est.
07:44Cette maladie,
07:45on la découvre,
07:46nous on ne la connaissait pas.
07:47Mais ce qui peut choquer
07:48le grand public
07:49et à mon avis,
07:50ce qui explique d'ailleurs
07:51que les Français
07:51sont plutôt derrière ce mouvement,
07:54c'est que c'est le fait
07:55d'abattre des vaches saines.
07:57Sauf que la maladie,
07:59elle a 28 jours d'incubation
08:01entre 21 et 28 jours d'incubation
08:03et l'efficacité du vaccin,
08:05c'est au minimum 21 jours.
08:06Non d'accord,
08:07mais j'ai bien compris cette idée.
08:08C'est pas ma question.
08:09Ma question,
08:09est-ce que c'est dans la loi de la nature
08:10d'abattre une vache
08:12qui n'est pas malade ?
08:12Non, non.
08:13Non, mais c'est ça le problème
08:14qui choque tout le monde.
08:15Les éleveurs,
08:16il n'y a pas de,
08:16pour moi je dirais,
08:17il n'y a pas de bourse syndicale
08:18là-dessus.
08:19Les éleveurs,
08:19on veut sortir de ça,
08:20on veut sauver les troupeaux,
08:22on veut arrêter d'abattre
08:23tous les animaux
08:24qui nous paraissent sains.
08:25Donc c'est ça la question.
08:27La vaccination,
08:28on peut reparler des Balkans et tout,
08:30c'est vieux tout ça.
08:31Il y avait,
08:31le vaccin n'existait pas,
08:32il est arrivé après.
08:34Là,
08:34quand c'est arrivé en France,
08:35on a sur des protocoles,
08:36oui,
08:37mais les protocoles
08:37qui ont été définis en Europe,
08:38on est bien d'accord
08:39qu'ils ont été mis en place
08:41alors que la maladie
08:41n'était pas là.
08:43Donc,
08:44effectivement,
08:45les premières semaines,
08:46on pouvait comprendre
08:46qu'il fallait essayer
08:47d'étouffer le foyer.
08:49Comme ça,
08:49ça prend le feu,
08:50on essaie d'étouffer le foyer.
08:50C'est ce qui s'est fait chez vous.
08:51Voilà.
08:52Bon,
08:52sauf que ça a continué.
08:53Maintenant,
08:54on est quatre mois après.
08:56On a les vaccins.
08:59Malheureusement,
09:00on s'est refusé
09:00de faire les analyses
09:01que nous on demandait
09:02qui nous permettraient
09:03d'avoir quand même
09:03un petit peu plus de visibilité
09:05sur ce qui s'est passé.
09:06Garder deux ou trois troupeaux
09:07tests qui nous faisaient courir
09:09personne.
09:10Pour moi,
09:10c'était assez intelligent
09:11en matière d'élevage.
09:12On s'est refusé ça.
09:14Donc,
09:15bon,
09:15aujourd'hui,
09:16qu'est-ce que c'est qui manque ?
09:17Ça ne manque pas grand-chose
09:18pour arriver à tomber d'accord.
09:21La ministre a évolué
09:22sur la vaccination.
09:24Je pense que dire
09:25on arrête l'abattage.
09:26J'espère qu'une chose,
09:27c'est que ça ne ressentira
09:28pas d'autres troupeaux.
09:29Si ça ne ressentira pas
09:29d'autres troupeaux,
09:30on va dire
09:30qu'elle est partie du débat
09:31qui ne sert plus à rien.
09:33Et ça nous amène au printemps.
09:34Vous voulez qu'ils disent
09:35noir sur blanc,
09:35on arrête les abattages.
09:37Mais moi,
09:38d'arrêter les abattages,
09:39ça me pose un vrai problème
09:40par rapport aux éleveurs
09:41chez vous,
09:42monsieur,
09:43aux éleveurs savoyards
09:44qui sont sacrifiés.
09:45Non !
09:45Mais qui sont sacrifiés
09:46pour protéger les autres.
09:47Pour tout le monde
09:48pour faire plaisir aux savoyards.
09:49C'est pas ça que je te dis.
09:50Mais c'est pas ça la question.
09:50C'est de changer la règle
09:51en cours de jeu.
09:52Alors que certains,
09:54c'est des éleveurs
09:55qui ont perdu leur troupeau.
09:56C'est pas en cours de jeu.
09:57Ça évolue forcément.
09:59On est quatre mois après.
10:00On a un recul.
10:01C'est bizarre ton argument.
10:01Au moment du Covid,
10:03les règles ont évolué.
10:04Elles ont changé.
10:05Mais bien sûr que les règles
10:06peuvent changer.
10:07Mais n'empêche qu'aujourd'hui,
10:08il y a des gens
10:08qui sont abattus,
10:09qui ont des indemnisations
10:10qui sont pas à la hauteur...
10:13Non,
10:14qui ont abattu leur troupeau,
10:15qui ont des indemnisations
10:16qui sont pas à la hauteur
10:17de leur perte.
10:18Et on leur a quand même
10:19expliqué depuis le début,
10:20c'est pour protéger les autres.
10:22Mais ça,
10:22on est d'accord.
10:23Ce qui a été fait,
10:23on va pas revenir dessus.
10:25Antoine ?
10:26Moi,
10:27je suis pas spécialiste,
10:29mais j'ai cru comprendre
10:30que tout cela a été mis en place.
10:31l'abattage
10:32pour préserver l'ensemble
10:33de la contamination,
10:35mais surtout préserver
10:36les capacités d'export
10:37de la France.
10:38Si la France
10:40ne prenait pas
10:41ces mesures drastiques,
10:42dures,
10:43horribles
10:44pour ceux qui sont touchés,
10:45il pourrait y avoir
10:46des fermetures économiques.
10:48Et donc,
10:48si on peut plus vendre les vaches,
10:49c'est bien de les avoir sauvées,
10:50mais si on peut plus les vendre,
10:52il n'y a plus de débouchés
10:53pour les agriculteurs.
10:53Mais si on les tue toutes,
10:54ça sera pareil.
10:55Bon,
10:55non,
10:55mais ça,
10:56voilà,
10:56là,
10:56on tombe sur l'autre aspect.
10:58C'est pas sanitaire,
10:59donc sanitaire,
10:59on sait qu'on peut le régler
11:02par la vaccination.
11:03Là,
11:03on tombe sur l'aspect économique,
11:04donc c'est pareil,
11:05ce protocole,
11:06il date d'avant
11:07l'arrivée de la maladie,
11:09c'était un protocole
11:10qui était comme ça.
11:10Aujourd'hui,
11:11il y a trois pays
11:11qui sont concernés,
11:12la France,
11:13l'Italie,
11:14elle est faite.
11:15Si on arrête d'abattre,
11:16il n'y a pas de marché
11:17qui se ferme
11:17pour l'avion de française.
11:19Ça se négocie.
11:19Mais bien sûr
11:20que ça se rend au même.
11:21On est sur un marché.
11:22Après,
11:22c'est du commerce.
11:23Voilà.
11:24Aujourd'hui,
11:24les Italiens
11:25qui sont les principaux acheteurs
11:27de nos vaux mâles,
11:28ce qu'on appelle les broutards,
11:29c'est les principaux acheteurs.
11:31Ils ne veulent pas
11:32des animaux vaccinés.
11:33Enfin,
11:34ils ont accepté
11:34un accord bilatéral
11:35mais qui ressemble
11:36à une usine à gaz
11:37dans le fait
11:38de pouvoir les exporter
11:39vers l'Italie.
11:40Demain matin,
11:41leurs ateliers d'engraissement
11:42sont vides,
11:43seront vides,
11:44ils auront besoin de viande
11:45et à un moment donné,
11:46ça va.
11:48Donc du coup,
11:49le fait d'une vaccination
11:50plus large,
11:51je pense qu'elle peut
11:51se négocier.
11:52T'as combien de bêtes,
11:53toi par exemple ?
11:54Moi, j'ai 200 bêtes.
11:56Bon, t'as 200 bêtes.
11:56Demain matin,
11:57t'as le choix
11:58de dire
11:58je vaccine,
12:00elles sont protégées
12:00pendant une année,
12:01j'aurai une petite perte économique
12:02sur l'export
12:03ou bien
12:04je vais tout
12:05m'y faire flinguer
12:06et puis j'aurai
12:07une indemnité.
12:09Quand on est touché,
12:10on ne raisonne plus.
12:10C'est combien d'indemnité
12:11d'ailleurs pour que
12:12les gens le sachent ?
12:13L'indemnité,
12:14aujourd'hui,
12:15comme elle est prévue,
12:16c'est une expertise
12:16avant l'abattage.
12:17Cette expertise-là,
12:18elle est correcte,
12:18ça permet de rachat.
12:20Sauf que ce n'est pas
12:20ça qui est payé,
12:21ça a été payé
12:22sur la base
12:22d'un barème
12:23qui correspond
12:24à 2100 euros
12:25qui datent de 2001.
12:27Il y a des impôts
12:27payés dessus en plus.
12:28Non, mais
12:29si le budget passe,
12:31c'est gravissime,
12:32c'est la première réponse
12:33que la ministre a faite,
12:33j'ai dit
12:34mais vous devriez avoir honte
12:34de me dire ça.
12:36Je vais faire en sorte
12:37que vous payez pas.
12:37C'est comme une prime
12:39d'assurance en fait.
12:40Ça, normalement,
12:41dans le budget,
12:42ils ont trouvé le principe
12:43pour que vous payez pas.
12:43En dehors de ça,
12:44c'est le fait qu'il n'y ait pas
12:44le côté ni génétique
12:46ni perte d'exploitation
12:47quand même.
12:48Un éleveur laitier
12:49comme monsieur,
12:50enfin un éleveur laitier,
12:51il abat son troupeau
12:52pendant je ne sais pas
12:53combien de dizaines
12:54de jours et de mois,
12:56il n'aura pas
12:56de production de lait.
12:58Voilà,
12:58c'est retrouver les animaux,
12:59les animaux,
13:00on les retrouve.
13:00Ça veut dire qu'on les retrouve,
13:02il y a toujours
13:02des agriculteurs qui arrêtent,
13:03il y a le potentiel
13:04pour remplacer.
13:05Ça, aujourd'hui,
13:06on le sait,
13:06on le voit.
13:07Bon, par contre,
13:08la perte d'exploitation
13:09pour l'instant
13:09n'est pas payée.
13:10Alors, vous allez rester
13:11avec nous parce que là,
13:12on a fait le tour
13:13de la question de la dermatose,
13:15mais après,
13:16il y a autre chose.
13:17Est-ce que les Français
13:17vont avoir dans leur assiette
13:19bientôt ?
13:19Est-ce qu'on va avoir
13:20de la viande
13:21qui vient du Uruguay,
13:22du Paraguay ?
13:23Est-ce qu'on va avoir
13:24de la viande
13:24qui vient d'Argentine,
13:25Uruguay, Paraguay ?
13:26Est-elle forcément mauvaise ?
13:27On en a deux questions.
13:28Il y a des bons steaks argentins.
13:29Alors, tu vois,
13:30il y a des bons steaks argentins.
13:32Donc, c'est la question
13:32du Mercosur,
13:34ce fameux marché.
13:36On annonce
13:37de grosses manifestations
13:38d'agriculteurs demain,
13:39jeudi, à Bruxelles.
13:41Madame von der Leyen,
13:42la commissaire,
13:43la présidente
13:43de la Commission européenne,
13:44doit être samedi
13:45au Brésil
13:46pour parafait.
13:48Et on essaye, nous,
13:49d'obtenir une minorité
13:50de blocage,
13:51les Français,
13:52avec d'autres pays.
13:52Donc, on va en parler.
13:53Est-ce qu'on doit avoir
13:54la trouille, effectivement,
13:56de ces échanges de marchandises
13:57et de ces produits
13:58qui vont arriver
13:59d'Amérique du Sud ?
14:00On va en débattre
14:01avec nos deux agriculteurs,
14:02avec vous,
14:0232-16.
14:03RMC.
14:04Alain Marshall.
14:05Olivier Truchot.
14:07Les Grandes Gueules.
14:081, 2, 3, 4.
14:17Allez, avec les LGG,
14:18avec les Grandes Gueules,
14:19on discute,
14:19on débat
14:20et on a un agriculteur
14:21qui nous a rejoint
14:22en plein cœur
14:22de cette contestation.
14:24Alors, vous savez
14:25qu'il y a assez Christian Converse,
14:265 éleveurs en Haute-Savoie,
14:27ancien secrétaire général,
14:28la coordination rurale.
14:29Il y a à la fois
14:29la dermatose nodulaire contagieuse,
14:31c'est-à-dire la maladie,
14:32avec cette question de l'abattage,
14:34et puis il y a un autre point
14:34de fixation,
14:35aujourd'hui,
14:35de colère des agriculteurs,
14:37c'est le Mercosur.
14:38C'est ce qui doit être signé
14:39avec le Paraguay,
14:40l'Uruguay,
14:41l'Argentine,
14:42le Brésil,
14:43notamment.
14:44Alors,
14:45ce Mercosur,
14:46tiens,
14:46avant de vous écouter
14:47les agriculteurs,
14:47voyons un peu
14:48ce que vous en pensez,
14:49vous,
14:49et puis vous aussi,
14:49au 32-16,
14:50est-ce qu'on doit le signer
14:51ou pas,
14:51Antoine Diers ?
14:52Je pense qu'on ne doit pas le signer.
14:55L'Union Européenne,
14:57à la différence
14:57de toutes les autres
14:58aires économiques,
14:59pratique une espèce
15:00de libéralisme
15:01ahurissant.
15:02Même les Etats-Unis
15:03protègent leurs frontières
15:05et mettent des tarifs douaniers.
15:08La Chine protège
15:09ses marchandises.
15:11Et l'Union Européenne
15:12est dans un dogme
15:13depuis des années
15:15du libéralisme économique
15:17à tout crin.
15:17Moi, je suis souverainiste,
15:19je pense qu'on doit
15:19protéger ses frontières
15:21et que ça passe
15:22par une protection
15:23de nos productions.
15:24En plus,
15:25si on ouvre
15:26le marché européen...
15:28Ça marche dans les deux sens,
15:29quand même.
15:29On fera aussi des produits.
15:31J'y arrive.
15:31Si on ouvre le marché
15:32européen
15:33à ces produits,
15:35on va le faire
15:35aux conditions sanitaires
15:37de là-bas.
15:38Alors même que
15:38les éleveurs d'ici
15:40doivent respecter
15:41des règles
15:41qui sont
15:42beaucoup plus contraignantes.
15:43Et donc,
15:44ça n'est pas possible
15:44d'avoir une vision
15:45du libéralisme à tout crin
15:47et d'avoir
15:48des contraintes
15:49bien plus grandes
15:50pour les producteurs
15:51d'ici.
15:52Moi, je pense qu'il faut...
15:53On a un grand marché
15:54de je ne sais plus
15:56combien de centaines
15:57de millions de consommateurs
15:58en Europe.
15:58On est attractifs
15:59pour ceux qui veulent
16:00venir exporter chez nous.
16:02Eh bien,
16:02on négocie pied à pied
16:03qu'ils nous prennent
16:04au moins autant
16:04de ce qu'on a produit
16:05chez nous,
16:06au moins en valeur.
16:07Et ça,
16:07à partir de là,
16:08ce serait défendre.
16:09Malheureusement,
16:10pour nous.
16:10Chirine ?
16:12Écoutez,
16:12alors déjà,
16:13je trouve qu'Antoine
16:14est plutôt cohérent
16:15dans sa position.
16:16Lui, ce qu'il dit,
16:16c'est qu'on veut faire
16:17du protectionnisme
16:18et on est souverainiste.
16:19Donc, il n'y a pas de raison
16:20effectivement que ça ne s'applique pas
16:21à l'économie.
16:22Moi, il y a quelque chose
16:23qui m'inquiète
16:23avec ces traités
16:24de libre-échange.
16:25C'est que souvent,
16:26ils permettent
16:27d'importer
16:28en France
16:31des produits
16:31qui ne respectent pas
16:33les standards écologiques,
16:34qui ne respectent pas
16:35d'ailleurs
16:35qu'ils sont bourrés d'OGM.
16:37Parce que si on prend
16:37la viande
16:38qui est produite
16:39notamment aux Etats-Unis
16:41et plus largement
16:41dans ces pays-là,
16:42en fait, moi aujourd'hui,
16:43je n'ai aucune garantie
16:44sur le contrôle
16:45de ces viandes.
16:46On sait que c'est des viandes
16:47qui sont bourrées d'OGM
16:48et donc moi,
16:49ça me pose un problème
16:50d'un point de vue
16:51de la santé,
16:52encore une fois,
16:52de ce que je consomme.
16:54Et donc, je pense que
16:54c'est une question aussi
16:55de protection
16:56des consommateurs
16:57et du fait que,
16:58moi, je considère
16:59qu'indépendamment
17:00du fait que,
17:00évidemment,
17:01pour défendre
17:01que nos agriculteurs
17:03puissent vivre dignement
17:04de leur travail
17:05sans être exposés
17:06à une concurrence
17:06qui est déloyale,
17:08effectivement,
17:08il ne faut pas signer
17:09ces traités
17:10de libre-échange
17:10qui, en fait,
17:11ne satisfont personne,
17:13ni ceux qui travaillent,
17:14en fait,
17:14dans leurs exploitations,
17:15ni les consommateurs
17:16et donc,
17:16je ne pense pas
17:17que ce soit une bonne chose.
17:17Didier Giraud, alors ?
17:18Non, mais c'est que,
17:19enfin, puis là,
17:20on sera d'accord
17:21avec monsieur,
17:22c'est qu'à un moment donné,
17:24dans l'accord du Mercosur,
17:26la production agricole
17:29et comme ces gens-là
17:30produisent principalement
17:31de la viande bovine,
17:32la production agricole
17:34est une monnaie d'échange
17:35pour pouvoir leur envoyer
17:38des bagnoles allemandes.
17:38Non, pas seulement.
17:39Ah, pas seulement.
17:41Non, ça, c'est le truc
17:42qu'on entend tout le temps,
17:44mais on vend aussi
17:44des services français.
17:45Bien sûr,
17:46il n'y a pas
17:47que des bagnoles allemandes,
17:48il y a de la...
17:48Mais eux,
17:50ils ont quand même
17:50à nous envoyer
17:51principalement
17:52de la viande bovine
17:53et des produits agricoles.
17:55Voilà.
17:55Du sucre,
17:56on a détruit
17:57la filière betterave
17:58chez nous
17:59parce qu'on n'a plus le droit
18:01à quelques produits.
18:02Mais pourquoi tu as peur
18:03de la viande argentine ?
18:04Si la nôtre est bonne,
18:05pourquoi avoir peur
18:06de la concurrence ?
18:06Oui, parce qu'elle est produit...
18:08Mais alors,
18:08déjà, un,
18:09premièrement,
18:09et je pense que ça,
18:10c'est un vrai combat
18:11qu'on doit mener maintenant
18:12parce qu'il n'y a pas
18:13d'étiquetage digne de ce nom
18:15en France
18:15et en Europe.
18:16aujourd'hui,
18:18t'importes un cargo
18:19de viande d'Amérique du Sud
18:21qui est produit
18:21avec tout ce que tu veux dedans
18:23que nous,
18:23on n'a pas le droit
18:24d'utiliser.
18:24Ça, c'est pas normal.
18:25Tu l'as fait décongelé,
18:26tu fais une préparation
18:29cannelloni
18:29ou je ne sais pas quoi,
18:31tu mets transformé en France
18:32et tu colles
18:33un logo bleu, blanc, rouge.
18:35Donc, première chose,
18:37l'étiquetage,
18:38à la fois dans les produits
18:40transformés,
18:40à la fois dans les restaurants,
18:42à la fois dans les restaurants
18:43hors foyer.
18:43C'est la première chose
18:45qui nous protégerait
18:46en tant que producteur
18:49de choses
18:49qu'on n'a pas le droit
18:50d'utiliser chez nous.
18:51Et puis, après,
18:52il y a un deuxième point,
18:53c'est que comme on sait
18:54aujourd'hui
18:55qu'on n'arrive plus
18:56à l'autoproduction,
18:58on va continuer
18:58à nous réguler.
19:00Quand on n'est pas
19:01à l'autoproduction,
19:02les cours ont plutôt
19:03tendance à monter
19:04et cette viande
19:05qui va arriver
19:06d'Amérique du Sud,
19:08elle va avoir un effet
19:09d'approvisionner massivement
19:11à un coût plus bas.
19:12Donc, elle va avoir
19:13un effet à faire baisser
19:14les prix, quoi.
19:15Tout simplement.
19:16Voilà, l'enjeu,
19:17c'est la souveraineté.
19:19Donc, aujourd'hui,
19:19on s'aperçoit quand même
19:20qu'au fil des années,
19:21au fil des réglementations,
19:22la France qui était exportatrice
19:23est venue importateur
19:25pour se nourrir.
19:26Donc, ça,
19:26c'est la vraie question.
19:28Après,
19:28on ne sera jamais
19:29compétitif
19:31avec le Brésil,
19:32avec l'Uruguay,
19:33avec l'Ukraine.
19:34Donc, ça,
19:35c'est pas possible.
19:36Donc, de toute façon,
19:37par exemple,
19:37on va prendre là,
19:38le cas de la DNC,
19:39il les aurait bien
19:40au Brésil.
19:41Je pense que déjà,
19:43ils ne l'auraient pas
19:43parce qu'ils utiliseraient
19:44des produits
19:44que le premier problème,
19:46c'est les mouches.
19:47Donc, ils s'en occuperaient
19:48à leur manière.
19:49Et puis même,
19:50nous, on les envoie
19:51à l'écarissage,
19:52cette viande est consommable,
19:53ils auraient la même chose,
19:54ils nous l'enverraient
19:55de manière tout à fait légale.
19:56Donc, de toute façon,
19:57on ne peut pas tenir comme ça.
19:59L'enjeu, il est
19:59d'alimentation,
20:01de souveraineté
20:02et de santé.
20:03Comment vous voulez faire ?
20:05C'est impossible.
20:06On a toujours
20:07des réglementations,
20:08pour le coup,
20:09des fois,
20:09qui sont franco-françaises,
20:10déjà,
20:11qui nous mettent en distorsion
20:12par rapport à nos collègues
20:13européens,
20:13mais là,
20:14par rapport aux autres pays
20:15là-bas,
20:16on n'a aucune région de France
20:18qui ressemble à l'Ukraine
20:19ou qui ressemble au Brésil.
20:21Donc, on ne pourra pas
20:22allumer.
20:22C'est pas possible.
20:23Christian et Didier,
20:25quand vous posez
20:26la question aujourd'hui,
20:28vous regardez
20:28les classements internationaux
20:29des meilleures viandes
20:30du monde les plus goûteuses.
20:32Vous avez le wagyu japonais,
20:33le bœuf de Kobe,
20:35l'angus britannique,
20:36la blonde de Galice
20:37et le bœuf argentin.
20:39Il n'y a pas
20:39une viande française
20:41dans les sept ou huit viandes
20:43les plus goûteuses que de bœufs.
20:46Vous n'avez pas mis
20:47le poulet ukrainien ?
20:48Attends,
20:48le bœuf,
20:49mais je te parle.
20:49Le bœuf ?
20:50Ben oui.
20:51Donc, ça pose quand même
20:52une question aussi
20:53de ce qu'on nous...
20:53Il y a aussi les poulets
20:54qui sont faits aux antibiotiques
20:55au Brésil
20:56et qui sont javelisés
20:57avant de prendre le bateau.
20:59Je te parle de qualité
21:00dans les classements internationaux
21:02des meilleures viandes du monde.
21:04Ce n'est pas de la qualité,
21:05c'est les plus goûteuses.
21:06Tu l'as dit,
21:06c'est du goût,
21:07ce n'est pas de la qualité.
21:09Peut-être que la viande
21:10aux hormones,
21:10elle est bonne aux bouches.
21:12C'est exactement ce que j'allais dire.
21:12Alors, laissons les hormones, alors.
21:14Mais ça veut dire
21:15que si vous appréciez
21:17les hormones et les OGM,
21:19achetez les OGM.
21:21Non, non,
21:21tu dis une bêtise, Olivier.
21:23C'est très idéologique,
21:23mais les OGM,
21:24ça permet aussi beaucoup de choses.
21:26Mais les hormones,
21:27si en 92,
21:28l'Europe interdit les hormones,
21:29c'est parce que les hormones
21:31sont déclarées comme cancérigènes.
21:33Je suis désolé.
21:34Alors, il fallait manger
21:3572 kilos de veau aux hormones
21:38par semaine
21:39pour faire la pilule de malade.
21:40Non, mais ce qu'on dit,
21:41c'est que c'est pour ça
21:42qu'on nous interdit.
21:43Ce qu'on dit, c'est qu'il ne faut pas
21:43être simplement sur la défensive.
21:45Et la France,
21:46la France,
21:47elle ne peut pas s'enfermer
21:49et sous cloche.
21:50Ça n'existe pas.
21:51On est quand même...
21:52Moi, ce qui m'interpelle...
21:53Je termine.
21:54Ce qui m'interpelle,
21:54la France est le seul pays en Europe
21:56à dire non ainsi au Mercosur.
21:57Alors ça, c'est faux.
21:59Ça, c'est faux.
22:00Il y en a 15...
22:00Ça, c'est faux.
22:02Je vais aller au bout de mon raisonnement.
22:03C'est parce qu'on est le plus grand pays à l'école.
22:04Il y en a 15 qui disent oui.
22:06Il y en a qui hésitent.
22:07Et nous, on est les seuls
22:08à être vraiment à dire non.
22:09Moi, je me dis peut-être
22:10que la France,
22:11elle est un peu recroquevillée
22:12sur elle-même.
22:13Elle devrait avoir plus confiance en elle.
22:15Penser que ses produits
22:16sont compétitifs.
22:18Mais ils ne le sont pas.
22:19Et qu'on peut rivaliser avec les autres.
22:20Ils ne le sont pas.
22:21Comment ils font les autres ?
22:22Comment font le voisin ?
22:23Comment font les Allemands ?
22:24En Amérique du Sud,
22:26un mec qui travaille dans les vaches,
22:28il gagne 30 centimes d'euros par jour.
22:31Pourquoi l'Espagne,
22:32elle n'est pas contre le verre que sur ?
22:33Je vais répondre à ce que tu dis,
22:35quand même.
22:35Je vais répondre à ce que tu dis
22:36parce qu'il y a des choses graves
22:37dans ce que tu dis.
22:38C'est des normes aussi.
22:40C'est des normes,
22:40des standards de consommation.
22:42Moi, je suis désolé.
22:43Quand un cohérien,
22:44il veut amener une bagnole en Europe,
22:46il la met aux normes européennes.
22:48Et c'est les normes
22:49qu'ont édictées les Allemands.
22:51Je suis désolé.
22:51Les bagnoles en Europe,
22:53c'est les Allemands
22:54qui ont décidé les normes
22:55et le Coréen,
22:56il se met aux normes.
22:56Pourquoi la viande d'Amérique du Sud,
22:58elle ne se mettrait pas aux normes ?
22:59Et puis après,
23:00je vais vous dire quelque chose.
23:01La minorité de blocage,
23:02on y est.
23:03Je vous annonce que jeudi,
23:04il y aura une minorité de blocage
23:06à l'Europe.
23:06Avec l'Illier,
23:07on boit le champagne.
23:09Alors attends,
23:09on a Alexandre qui est chef.
23:11Ça sera de courte durée.
23:13Vous pariez tout de suite.
23:14Il y a une minorité de blocage.
23:14Dans notre discussion,
23:15Christian Converse et Didier Giraud,
23:17on a Alexandre qui nous appelle.
23:18Il est dans le Loire et Cher.
23:20Alexandre, bonjour.
23:21Bonjour.
23:22Bienvenue.
23:22Parce que vous nous appelez,
23:23parce que quand on a parlé
23:24du marco sûr
23:25et de la qualité de la viande,
23:26vous avez deux enfants
23:27qui vivent au Paraguay.
23:29Vous avez vécu deux ans au Paraguay.
23:31Je l'ai vécu deux ans au Paraguay.
23:33Et alors ?
23:34Oui, au Paraguay,
23:36la viande est vraiment
23:37d'excellente qualité.
23:40Le climat fait qu'ils ont de l'herbe
23:42toute l'année.
23:43Contrairement à ce que je viens d'entendre
23:44au niveau des salaires des agriculteurs,
23:46la plupart sont des très grands propriétés
23:48et des terres terriens
23:48et donc gagnent très très bien leur vie.
23:52Par contre,
23:53le marco de son,
23:54le problème,
23:54c'est un peu comme l'Union Européenne,
23:56c'est que c'est un marché grand
23:57et que tout le monde
23:58n'a pas les mêmes normes.
24:00Donc par exemple,
24:00par contre,
24:00la qualité brésilienne,
24:01elle n'est pas au rendez-vous.
24:03D'accord.
24:03Mais la viande paraguayenne,
24:05elle est bonne.
24:06La viande qui est faite à l'herbe,
24:09Alexandre,
24:10on ne la conteste jamais
24:11et puis c'est ce qu'on fait chez nous.
24:12Mais en même temps,
24:14quand il y a des problèmes sanitaires,
24:15que ce soit au Brésil,
24:17en Uruguay,
24:18au Paraguay,
24:19je pense qu'ils désinsectisent à l'avion là-bas.
24:22Mais ça,
24:23c'est qu'une histoire de sécurité sanitaire.
24:25Après,
24:25le goût de la viande qui est faite à l'herbe,
24:27il n'y a pas de problème.
24:28Il y a de la très bonne viande là-bas.
24:30Je pense que le vrai problème,
24:32c'est les filles de l'autre brésiliens.
24:34On déforeste,
24:35on fout du soja transgénique
24:37et puis après,
24:38on met des millions de vaches
24:40dans un hectare
24:41et puis on fait de la viande hyperintensive.
24:44Voilà.
24:44Le problème,
24:45il est là.
24:45Allez-y, Alexandre.
24:46Pour le Brésil,
24:47je suis complètement d'accord.
24:48L'analyse est excellente
24:49puisque c'est effectivement
24:50ce que moi,
24:50j'ai pu constater.
24:51Mais vraiment,
24:53le Paraguay et l'Argentine,
24:54c'est vraiment autre chose.
24:56C'est extensif.
24:58Encore une fois,
24:58dans l'accord...
24:59Mais ce n'est pas eux
24:59qui vont amener les gros contagions.
25:01Encore une fois,
25:01dans l'accord du Mercosur,
25:02il n'y a pas que les produits agricoles.
25:03Effectivement.
25:04Et c'est ça le problème.
25:05C'est un accord de commerce global.
25:07C'est un accord
25:08qui peut être un autre avantage.
25:09Par exemple,
25:09le CETA.
25:10Le CETA,
25:11donc avec l'Amérique du Nord,
25:12on était là,
25:13il ne faut pas,
25:13il ne faut pas.
25:13Et on s'aperçoit que finalement,
25:14le CETA,
25:15il est plutôt positif
25:16et il nous permet
25:16d'exporter plus de produits qu'avant.
25:19Donc il ne faut pas...
25:19Il faut qu'il y ait une maison en Bourgogne,
25:20parle-en aux gars
25:21qui font de la moutarde dans Lyon.
25:22Ils vont dire comment c'est bien le CETA.
25:24Les accords de libre-échange,
25:26ça fait effectivement des victimes,
25:27mais ça fait aussi des euros gagnants.
25:29Malgré tout,
25:31l'alimentation n'est pas un produit
25:32comme les autres
25:33et nous,
25:33on demande depuis des années
25:35de sortir l'agriculture
25:37et les produits alimentaires
25:38des traités de libre-échange.
25:40C'est la seule solution.
25:41C'est peut-être ça.
25:41Parce que derrière ça,
25:42il y a un enjeu de...
25:43Mais c'est ça la solution.
25:44Sinon, je ne saurais pas.
25:46J'aimerais dire quelque chose.
25:47Pardon,
25:48je ne suis pas du tout spécialiste
25:49de la question
25:49et vraiment,
25:50je parle de ma place
25:51très humblement.
25:52Mais je crois...
25:53Là, je suis en désaccord
25:54quand, Olivier, tu dis
25:55mais c'est une position
25:56très défensive de la France.
25:58C'est faire honneur
25:59de défendre un modèle
26:00agricole français
26:01de la même façon
26:02que la France défend
26:03des modèles culturels,
26:04une exception française.
26:06Le fait de...
26:06Moi, je suis d'accord
26:07avec nos agriculteurs
26:08sur le plateau
26:10de dire
26:10en fait,
26:11on n'est pas prêt à tout.
26:12En fait,
26:12il faut défendre
26:13ce modèle agricole
26:14et après,
26:14la question,
26:15c'est quelle agriculture
26:15on veut.
26:16Et je crois que là,
26:17il y a même,
26:18y compris un débat en France
26:19sur le savoir
26:20est-ce qu'on veut
26:20une agriculture intensive.
26:22Est-ce qu'on veut
26:22des modèles industrialisés
26:24comme c'est le cas
26:25par exemple
26:25en Amérique du Sud
26:27ou est-ce qu'on veut
26:28des productions locales
26:29à taille humaine
26:30avec des agriculteurs
26:32qui respectent à la fois
26:33la société,
26:34l'environnement
26:34et qui vivent
26:35dignement de leur travail.
26:36Donc, je crois
26:36qu'on a raison
26:37de se battre
26:38pour un modèle agricole
26:39et culturel français
26:40qui ne s'aligne pas
26:42sur l'intensif
26:44et sur le gavage.
26:46Et parce que c'est...
26:47Attendez,
26:47c'est pas que sur le bœuf
26:48qu'on était ce week-end
26:50dans le pays du poulet de Bresse
26:52où on a loué
26:54l'excellence du produit,
26:56le goût du produit,
26:57le savoir-faire des producteurs
26:58dans ce que nous décrit Olivier.
27:01Demain matin,
27:01ces mecs-là
27:02qui ont
27:03quatre mois minimum
27:05d'élevage,
27:07une finition,
27:08une préparation
27:09après la mort de l'animal
27:10pour qu'il soit
27:11le plus goûteux possible
27:12en bouche,
27:13ces mecs-là
27:14seront en concurrence
27:15avec des gens
27:16qui vont faire des poulets
27:17en 42 jours
27:18avec des OGM,
27:19des antibiotiques
27:20et qui seront passés
27:22par un bain
27:23de Javel
27:25avant d'arriver en France.
27:27Je veux dire,
27:27on ne peut pas mettre
27:27ces gens-là en concurrence.
27:29En fait,
27:29moi,
27:29je pense que la réalité,
27:30elle est au milieu.
27:31C'est-à-dire qu'on ne peut pas
27:32ouvrir grand nos marchés
27:34à des produits
27:35traités à l'eau de Javel,
27:36etc.
27:36Ça,
27:37c'est pas possible.
27:37Et en revanche,
27:38on a en Europe
27:39des exigences sanitaires
27:40qui sont trop hautes
27:41et on doit aller
27:43vers un peu
27:43de simplification,
27:45etc.
27:46La France ne peut pas
27:47vivre sur une île.
27:48On ne peut pas avoir
27:49une exigence trop haute
27:51pour nos éleveurs
27:51et les mettre en concurrence
27:52avec des endroits
27:53où il n'y a zéro exigence.
27:54Sauf que pour faire
27:55ce truc-là,
27:56on n'a pas les moyens
27:57à l'éthique.
27:58Il n'y a pas de contrôle
27:59et il n'y a pas d'éthique-tâche.
28:01On demande à aller
28:01faire des contrôles
28:02dans les éleveurs économiques.
28:02On le dit depuis des années
28:03au niveau de l'agriculture,
28:05les normes qu'on nous applique,
28:06à la fin,
28:07elles ont bientôt
28:07ni queue ni tête.
28:09On parle,
28:10vous parlez
28:10de taille,
28:11d'échelle.
28:12On voit bien
28:13quand il faut grandir
28:13un poulailler,
28:14quand il faut grandir
28:15une porcherie.
28:16Il y a un débat de société
28:17là-dessus
28:17qui est alimenté
28:18par une partie
28:18de la société.
28:20Mais on sait très bien
28:20l'évolution qu'il faut avoir.
28:21Mais par contre,
28:22on ne veut pas,
28:22je pense que
28:23la ferme des mille vaches,
28:24on en a parlé
28:25combien de temps
28:25de cette histoire ?
28:26Qui n'a jamais vu le jour.
28:27Est-ce que nos élevages
28:28sont trop petits en France ?
28:30C'est quoi trop petits ?
28:31Parce que bon,
28:32moi je suis dans une région,
28:33il y a des tailles d'élevage
28:35à 60 vaches
28:37où le gars habite très bien.
28:38Et puis il y en a
28:39à plus de 200
28:40où ils sont plusieurs
28:41où ça ne marche plus.
28:42Bon,
28:44la taille,
28:45c'est qu'économiquement,
28:46il faut que ça soit viable
28:47pour celui qui y est.
28:48La taille,
28:48ça compte quand même.
28:49Mais l'économie d'échelle,
28:50on n'aura jamais.
28:52Donc les régions d'élevage
28:53sont dans les régions
28:53les plus difficiles en plus.
28:54C'est une dédication
28:55pour Chirine.
28:56C'est sûr que ça,
28:56vous pouvez le faire
28:57en céréales.
28:59Là,
28:59l'économie d'échelle,
29:00ça marche très bien.
29:013 000,
29:014 000,
29:025 000 hectares.
29:02Est-ce que ça veut dire
29:03que les gros céréaliers
29:04sont pour le mercredi ?
29:06Non,
29:06mais ils ne le sont pas plus.
29:07Ils vont se faire tuer
29:08par l'Ukraine.
29:08Pareil.
29:10Pareil.
29:10Merci Christian Commerce.
29:11Merci d'être passé par les GG.
29:13Merci Alexandre
29:14pour votre exemple aussi,
29:15Alexandre.
29:16Merci.
29:16Je vous en prie.
29:19Parce qu'en fait,
29:20vous avez parlé
29:21effectivement du reste du commerce.
29:22Il faut savoir qu'aujourd'hui,
29:23l'Amérique du Sud
29:23est complètement envahie
29:25par les produits chinois.
29:26Si un jour,
29:26on veut continuer
29:27de rayonner à l'étranger,
29:28il faut qu'on arrive
29:29à trouver un mix
29:29entre les deux.
29:30C'est une façon
29:31d'y aller aussi.
29:32Merci Alexandre
29:33de cette discussion.
29:35Merci à Christian Converse
29:37de l'ancien secrétaire
29:38gérant de la coordination
29:39et éleveur en Haute-Savoie
29:40d'avoir débattu
29:41avec les GG
29:42et débattu avec Didier Giraud.
29:43Sous-titrage Société Radio-Canada
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