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  • il y a 8 mois
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Jeff Wittenberg revient sur les questions qui font l’actualité avec Marc Fesneau, président du groupe Modem à l'Assemblée nationale.

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00:00Bonjour Marc Fénault, merci d'être avec nous ce matin, Maïa Loquet le disait, vous êtes présidente du groupe Les Démocrates,
00:07un groupe clé à l'Assemblée Nationale avec ses 36 députés, mais vous êtes aussi, les téléspectateurs s'en souviennent,
00:11celui qui a été ministre de l'Agriculture pendant deux ans et demi, à l'époque où il y avait d'autres crises,
00:16et on en connaît une aujourd'hui, on le voyait dans le journal de 8 heures.
00:19Est-ce que vous approuvez la méthode de celle qui vous a succédée, Annie Gennevard, dans cette crise de la dermatose nodulaire ?
00:24C'est-à-dire, oui, il faut vacciner, mais il ne faut pas renoncer à la procédure actuelle, c'est-à-dire l'abattage des troupeaux quand il y a un cas.
00:31Mais malheureusement, c'est la combinaison des deux qui nous permettra d'éradiquer cette maladie.
00:35C'est une maladie qui touche, qui peut tuer 5 à 10% des animaux, 5 à 10%, il y a 17 millions de bovins en France.
00:42Ça fait entre 800, 900 000 et 1,7 million bovins qui pourraient mourir si nous n'arrivons pas à endiguer cette maladie.
00:49C'est une maladie qui est transportée par des moucherons ou des moustiques, enfin, ce qu'on appelle les maladies vectorielles.
00:55Donc, la vaccination est un élément, mais l'abattage, malheureusement, parfois s'impose.
01:00Alors, c'est très difficile parce que l'abattage, ce n'est pas une question d'indemnisation principalement, c'est une question de drame humain qui sont vécues à chaque fois.
01:06Il y a 3 000 bovins...
01:06Qu'est-ce qu'il faut répondre à ces éleveurs qui sont désespérés, qui sont en colère, lorsqu'on abattre leurs troupeaux ?
01:11On a eu ça sur la fièvre rafteuse il y a des dizaines d'années ou il y a quelques années, qui avait décimé l'ensemble des troupeaux.
01:16Et au fond, avec cette mesure qui est sacrificielle pour ces éleveurs-là, en fait, on protège l'ensemble des autres éleveurs qui sont autour de soi.
01:22Mais l'explication, elle ne passe pas ?
01:23Non, non, mais c'est pour ça qu'il faut... Je pense qu'on a un sujet permanent désormais sur ces mesures-là, c'est qu'il faut accepter qu'ils sont des challengés sur la mesure qu'on prend.
01:32C'est-à-dire que des gens puissent dire, je ne suis pas d'accord, il faut que vous m'expliquiez, il faut que vous me disiez, qu'est-ce que ça fait de mieux que si nous ne l'abattions pas ?
01:37Et je pense qu'on a...
01:38Et on n'a pas réussi jusqu'à présentement ?
01:39Nous tous, élus responsables scientifiques, et je pense aux vétérinaires qui sont au front, là, depuis des semaines...
01:44On les entendait dans le journal de 8 heures. La pédagogie a été insuffisante, vous pensez ?
01:48Je ne sais pas. En tout cas, je pense qu'on est dans un moment où, à chaque fois, on l'a vu sur d'autres sujets, de santé publique ou de science, on a besoin d'expliquer, d'expliquer, d'expliquer,
01:55et de ne pas penser que nous viendrions imposer la science ou imposer la décision, mais il faut essayer de la faire partager.
02:02Mais si on le fait, c'est parce qu'on pense et on sait que c'est la meilleure voie pour éradiquer cette maladie, parce que pour les éleveurs, ce qu'il faut, c'est éradiquer la maladie.
02:10Et il y a un autre motif de colère, le monde agricole qui gronde, c'est, vous le savez, la signature de ce traité Mercosur qui est prévu samedi.
02:18Alors, a priori, tout le monde pousse dans le même sens aujourd'hui en France, puisque les autorités Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron disent qu'il ne faut pas signer samedi.
02:25Mais pour l'instant, le traité de libre-échange entre l'Union européenne et ses pays d'Amérique du Sud, il va être signé.
02:31Mais la vérité oblige à dire que si le président de la République n'avait pas pesé de tout son poids depuis des années, le Mercosur serait signé non pas depuis samedi, il serait signé depuis trois ans.
02:41Et c'est la position française qui a essayé de se chercher les alliés qui a permis d'éviter que ce soit signé.
02:44On a reculé l'échéance, mais elle est toujours là.
02:46Pourquoi ? Parce que la décision, c'est une décision à 27.
02:49Donc le sujet, ce n'est pas d'avoir raison tout seul, c'est d'avoir raison avec d'autres.
02:52Et donc d'embarquer, si vous permettez cette expression, une autre majorité ou une minorité de blocage.
02:57Une partie des pays de l'Est, les Italiens, il fut un temps.
03:01Et donc on a besoin de conforter ça et de dire, le président de la République, les autorités françaises, le Premier ministre, la ministre de l'Agriculture ont dit depuis le début,
03:08il y a des choses qui ne sont pas acceptables dans cet accord, on a besoin d'avoir des clauses de sauvegarde.
03:14Et aujourd'hui, elles n'y sont pas et donc on s'y oppose.
03:15Et donc, à date, ce que je comprends de la discussion, c'est qu'un certain nombre d'autres pays que la France sont en train de peser pour dire...
03:21L'Italie, sans doute, et d'autres pays à l'Est pour dire, en État, ça n'est pas signable.
03:26Et donc vous reportez la décision de signature.
03:27Mais vous pensez, vous pronostiquez qu'il n'y aura pas de signature ?
03:29Je ne suis pas pronostiqueur.
03:30En tout cas, je sais que la France pèse de tout son poids et que le président de la République pèse de tout son poids.
03:34Après, ce sont des décisions à 27.
03:36Donc croire que 1 contre 26, ça marche, non, il faut trouver des alliés.
03:40C'est facile à dire sur un plateau, c'est pas facile à faire.
03:43Parfois, dans les enceintes européennes, vous voyez bien qu'il y a des intérêts contradictoires.
03:46Marc Fénaud, on revient à votre casquette actuelle, si j'ose dire, celle du président du groupe Les Démocrates à l'Assemblée nationale.
03:51Donc 36 députés.
03:52Vous avez vu le Premier ministre hier.
03:54J'ai une question simple.
03:54Pensez-vous que nous aurons, que la France, les Français, le pays, aura un budget avant la fin de l'année,
03:59puisque c'est l'objectif et que pour l'instant, ça s'est bien passé, ça s'est bien terminé pour la Sécurité sociale.
04:05Mais le PLF, comme on dit, le projet de loi de finances, il est au point mort.
04:07Alors d'abord, pour vous dire que, pour essayer d'être précis, pour le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, c'est pas terminé.
04:13C'est pas terminé.
04:13Il y aura un vote, mais qu'il devrait confirmer, effectivement.
04:16Mais il faut qu'il le confirme.
04:17Vous pensez qu'il y a un risque ?
04:18Il y a toujours un risque, parce que vous voyez bien, les pressions qui sont faites, je pense, sur le côté gauche, par LFI, à un certain nombre de députés, de menaces, y compris sur les processus électoraux.
04:27C'est important ce que vous dites.
04:28Il y a des députés socialistes qui pourraient renier leur vote de mardi dernier.
04:32Mais en tout cas, ceux qui se sont abstenus.
04:33Je ne sais pas renier. Je n'ai pas un jugement de valeur.
04:34Je vois bien les pressions qui s'exercent.
04:37Et donc, d'abord, assurer ce vote du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
04:40Ça, c'est cet après-midi.
04:42Deuxième élément, le projet de loi de finances.
04:44Vers quoi on se dirige ?
04:46Pour que l'été spectateur comprenne.
04:47L'idée, c'est qu'on essaie de trouver, par le même chemin et le même processus, une loi de compromis.
04:51Il faut qu'on trouve une balance.
04:52Premier élément, moins de 5% de déficit pour nous.
04:54On ne peut pas aller au-delà, parce que là, on met en risque les Français par rapport à la dette et au déficit.
04:59Deuxième élément, il faut qu'on trouve un équilibre assez savant entre des dépenses et des recettes qui permettent d'avoir un déficit qui se réduit.
05:07Et c'est là-dessus qu'on a un travail à faire.
05:08Je pense que, je le dis à tous ceux qui, y compris, ne sont pas dans la majorité et le socle, il faut qu'on fasse un effort sur la réduction des dépenses.
05:13Donc, croire que c'est la facilité qui nous fera sortir du gouffre, ce serait une erreur.
05:17Vous y croyez ? Vous connaissez la politique depuis longtemps.
05:19Les socialistes, pour revenir à eux, réclament 10 milliards de dépenses supplémentaires,
05:23tandis que la droite, qui est majoritaire au Sénat et qui vient, elle, de voter cette copie,
05:27dit par exemple qu'il ne faut pas remplacer un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite.
05:30Comment on trouve un compromis entre ces deux et ces deux positions ?
05:34À la mouture du Sénat, on est à 5-3 ou 5-4 de déficit.
05:36Donc, même au Sénat, on n'a pas fait l'effort et on est trop loin.
05:39Donc, il faut que chacun fasse des efforts.
05:40On ne peut pas dire dépenses, dépenses, dépenses,
05:42et on va chercher des recettes en permanence dans la poche des Français.
05:44Alors, vous, vous l'avez déjà dit, vous voudriez qu'il y ait un article 49-3,
05:48celui-là même que Sébastien Lecornu a décidé d'écarter,
05:51pour finalement solutionner ce problème du budget.
05:55– Vous voyez bien que le budget, il est orphelin de père et de mère,
05:59si je peux dire les choses ainsi.
06:00C'est-à-dire que personne ne veut l'assumer.
06:01Si personne ne veut l'assumer, il faut bien que quelqu'un l'assume.
06:03Et à ce moment-là, le 49-3 s'impose, non pas pour imposer à une majorité,
06:07ce n'est pas un 49-3 contre les uns ou contre les autres,
06:09mais pour dire les uns veulent ci, les autres veulent ça,
06:11et personne ne veut changer de ces lignes rouges.
06:13Et donc, à partir du 49-3, on peut trouver un compromis.
06:15– Mais Marc Féno, vos électeurs, vous êtes députés du Loir-et-Cher,
06:18ils le comprennent, ça, que vous défendiez ce 49-3
06:21qui était la pire des choses pendant deux ans,
06:23lorsque Elisabeth Borne l'appliquait.
06:25– Parce qu'il faut revenir aux fondamentaux du 49-3.
06:28Le 49-3, c'est…
06:29– Là aussi, alors, il faut faire de la pédagogie.
06:30– Je pense que dans Loir-et-Cher, comme dans tous les départements de France,
06:34ce que les Français veulent, c'est un budget.
06:37Deuxième élément, ce n'est pas n'importe quel budget.
06:39Ce n'est pas de la dépense n'importe comment,
06:41et ce n'est pas de la recette n'importe comment.
06:42C'est ça ce que veulent les Français.
06:44Et au fond, ce qu'ils nous disent, c'est « Entendez-vous ».
06:45Alors, si on n'est pas capable de s'entendre,
06:47moi, je préfère qu'on s'entende.
06:48– Certains disent, il vaut mieux dissoudre.
06:50Par exemple, les électeurs du Rassemblement national…
06:52– Oui, c'est-à-dire qu'on fait des élections dans six semaines,
06:54qu'on n'a pas de budget jusqu'au mois de mars, avril,
06:57en plein milieu des municipales,
06:58et que donc, on va reporter encore le budget,
07:00et que pendant ce temps-là, la France est à l'arrêt.
07:02Pas de croissance, pas d'emploi.
07:03Et voyez les drames que ça peut procurer.
07:05Donc, la facilité, c'est aussi ça.
07:07C'est de dire, il n'y a qu'à dissoudre parce qu'on n'a pas de solution.
07:09La solution, elle est dans les mains des parlementaires.
07:10C'est ce que je dis de Sébastien Lecornu,
07:12qui avait dit, jamais de 49-3, il faut qu'il mange son chapeau, quelque part.
07:15– Non, non, c'est pour ça que je dis,
07:16si nous pouvons nous entendre sans recourir à cette voie-là, faisons-le.
07:19Mais si on n'y arrive pas à s'entendre,
07:20et que je vois que les lignes rouges n'arrivent pas à être dépassées,
07:23à ce moment-là, ça s'imposera.
07:25– Une dernière question, Marc Fénaud.
07:27Est-ce que vous pouvez nous donner les nouvelles de François Bayrou,
07:29votre ami, l'ancien Premier ministre,
07:31dont on a appris hier qu'il avait été hospitalisé à la suite d'une mauvaise grippe ?
07:34– Il lui est arrivé ce qui arrive à un certain nombre de Français,
07:37c'est-à-dire une grippe qui finit par s'amplifier, si je peux dire,
07:40et qui nécessite d'avoir une surveillance en milieu hospitalier.
07:44Il va bien, il va mieux.
07:45– Vous l'avez eu au téléphone ?
07:46– On a échangé, il va mieux,
07:47et je suis sûr qu'il va retrouver les voies de la convalescence.
07:50Il y a une petite convalescence, vous savez,
07:51quand vous avez une grippe, ceux qui l'ont vécu le savent,
07:54quand on a une grippe qui est très forte,
07:55comme ça, il y a un petit temps pour se remettre.
07:57– Dans des nouvelles rassurances de François Bayrou ce matin.
07:59– Merci beaucoup Marc Fénaud,
08:01président du groupe Les Démocrates à l'Assemblée Nationale,
08:03ancien ministre de l'Agriculture, c'est la suite de Télémata, merci.
08:05– Merci à tous les deux, merci Isabelle Lombard.
08:07– Merci.
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