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  • il y a 10 mois
L'invité du 7h50 de Benjamin Duhamel est Charles Alloncle, député UDR de l’Hérault, rapporteur de la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-lundi-15-decembre-2025-2553537

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00:007h49 sur Inter, Benjamin Duhamel, votre invité et député UDR de l'Hérault.
00:05Bonjour Charles Alongle.
00:06Bonjour, merci de votre invitation.
00:08Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter, alors que depuis le 25 novembre,
00:11les Français peuvent suivre les auditions que vous menez à l'Assemblée Nationale
00:15comme rapporteur de la commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public.
00:21Et voilà ce que vous avez déjà déclaré dans plusieurs interviews.
00:24L'audiovisuel public doit, je vous cite, « rendre des comptes ».
00:27Vous pointez, ouvrez les guillemets, « nombre d'entorses au principe de pluralisme, d'indépendance et de neutralité ».
00:34Est-ce que ça veut dire que malgré les trois mois de travaux, d'auditions, il en reste encore deux ?
00:38Vos conclusions sont déjà écrites, Charles Alongle ?
00:41Les conclusions ne sont pas écrites, nous n'en sommes qu'aux prémices de cette commission d'enquête.
00:44On a réalisé un peu moins de 10% de la cinquantaine d'auditions.
00:48Et en tant que rapporteur, et je tiens à le préciser, d'une commission qui réunit d'ailleurs l'ensemble des groupes politiques,
00:54qui d'ailleurs participent activement, je ne voudrais pas réaliser des conclusions avant d'entendre toutes ces personnes-là,
01:01avant de recevoir aussi l'ensemble des pièces que j'ai demandées.
01:04Donc c'est la raison pour laquelle vous ne m'avez jamais entendu, par exemple, me prononcer sur une éventuelle privatisation de l'audiovisuel public,
01:11qui est un sujet qui, je crois, est assez épidermique pour nombre d'entre vous, et pour aussi un certain nombre de Français.
01:16Donc tout ça pour vous rassurer, j'émettrai mes conclusions à la fin de cette commission.
01:20Et on parlera de la privatisation dans un instant, mais ça veut dire, par exemple, que vous avez pu changer d'avis à l'issue de certaines auditions.
01:26Vous avez, par exemple, auditionné la semaine dernière la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte.
01:30Vous êtes capable de changer d'avis après l'avoir auditionné pendant 4 heures ?
01:33J'ai changé d'avis sur un certain nombre de sujets.
01:35Par exemple, je pensais l'ARCOM, autorité publique indépendante,
01:39je la pensais parfaitement garante des règles de pluralisme et neutralité.
01:43Et quand j'ai auditionné, et c'était la première audition de cette commission d'enquête,
01:46M. H. Dary, qui est président de l'ARCOM,
01:48quand je lui ai posé un certain nombre de questions simples,
01:51par exemple, comment est-ce que vous catégorisez des personnalités politiques ?
01:55Philippe Devillet est catégorisé comme personnalité politique,
01:58et donc son temps politique est décompté de certains partis,
02:00à la différence d'Aribe Dupond-Moretti, de Cécile Duflo, de Daniel Cohn-Bendit.
02:03Il a été incapable de me répondre.
02:05Donc en fait, vous changez d'avis, mais en pire, c'est ça ?
02:08En pire, selon vous.
02:09Mais j'observe, à la lueur de certaines auditions,
02:13je pense notamment à Mme Ernotte,
02:15où je lui ai posé des questions sur des anciens dirigeants de France Télévisions,
02:18qui avaient signé des dizaines ou des centaines de millions d'euros de contrats
02:22pour des sociétés de production,
02:24s'étaient fait licencier avec des indemnités de licenciement
02:27de plusieurs centaines de milliers d'euros,
02:29et quelques mois après, avaient fini dans ces mêmes sociétés de production,
02:32à la tête de ces émissions-là.
02:33Et j'entends Mme Ernotte qui s'en remet au législateur en me disant
02:37« On connaît ces pratiques, elles sont courantes,
02:39je ne les admets pas forcément moralement,
02:41mais il faudra légiférer. »
02:42Donc je vois aussi qu'il y a un système d'enrichissement de boîtes de prod
02:46et qu'il faudra légiférer.
02:49Et effectivement, Delphine Ernotte a renvoyé cela à la responsabilité du législateur.
02:53Pendant vos auditions, Charles Alon,
02:54des extraits vidéo sont publiés en direct sur vos réseaux sociaux,
02:57extraits qui reprennent plus souvent vos questions que les réponses qui sont apportées.
03:01Est-ce que c'est une commission d'enquête à charge et à décharge,
03:03où, je vais citer là le président de la commission, Jérémy Patriel-Etus,
03:07qui dit « Vous vous contentez de faire des vidéos TikTok.
03:09Est-ce que vous comprenez que la forme,
03:11la façon dont vous menez ces travaux puisse interpeller ? »
03:14Bon, c'est un abus de langage.
03:15Je pense que vous pouvez me suivre et voir que sur TikTok,
03:18je ne suis absolument pas présent,
03:20que je publie les vidéos des questions et des réponses sur les réseaux sociaux.
03:24C'est parfaitement normal.
03:25C'est une commission d'enquête, elle est publique.
03:27Pendant les auditions et au fil des auditions, c'est tout à fait normal ?
03:31Vous imaginez, M. Duhamel,
03:32que je dispose d'une équipe qui fait ce travail de transparence.
03:36La commission d'enquête est un travail de transparence
03:38vis-à-vis de l'ensemble des Français.
03:39Et je pense que ça intéresse des millions de Français,
03:42d'autant plus que c'est la première fois que l'Assemblée nationale
03:44commet une commission d'enquête sur le sujet.
03:46C'est un spectacle un peu show politique, Charles Lalonde,
03:49quand vous faites ça, quand, d'ailleurs, il suffit de regarder les vidéos.
03:51Plus souvent, les questions et le résumé des questions sont plus présentes
03:55que les réponses qui vous sont abordées.
03:55J'invite vos auditeurs à aller, par exemple, sur mon compte Twitter,
03:59où, certes, je publie les questions les plus...
04:02celles qui ont le plus fait réagir au cours des auditions,
04:05mais je publie également les réponses.
04:07Il y a des millions de Français qui s'interrogent,
04:08surtout sur une question, c'est
04:10que deviennent les 4 milliards d'argent
04:12qu'ils payent chaque année
04:14au service de l'audiovisuel public.
04:15C'est un travail d'utilité publique
04:17et c'est la première fois, encore une fois, je le dis,
04:19que l'Assemblée nationale se saisit de ce sujet.
04:21Donc, pour moi, c'est un travail de transparence.
04:23Il mérite d'être exposé à l'ensemble des Français.
04:25Je voudrais, Charles Lalonde, prendre deux exemples
04:26sur votre rapport aux faits.
04:28Le premier, vous avez plusieurs fois cité dans ses auditions
04:30un mail qui démontrerait que France Télévisions
04:32a cherché à faire pression sur la Cour des comptes
04:34pour qu'elle décale la publication de son rapport,
04:37ce qui a été démenti tant par la Cour
04:38que par France Télévisions.
04:39Est-ce que vous l'avez ce mail ou pas ?
04:41Alors, ça n'a pas été démenti sous serment
04:43devant la commission d'enquête
04:45par le troisième président de la Chambre de la Cour des comptes
04:48qui est celui qui a eu la direction
04:50du rapport sur France Télévisions
04:52et cette personne-là est la personne
04:54la plus directement concernée
04:56par ce prétendu mail qui aurait été envoyé
04:58à la Cour des comptes par la direction de France Télévisions.
05:00Ça a été démenti directement sur les raisons.
05:01Non, non. Monsieur Duhamel, je vous propose
05:04de regarder l'intégralité de l'audition
05:07du troisième président de la Chambre de la Cour des comptes.
05:09qui refuse de répondre à ma question.
05:11Je lui pose quatre fois la question
05:12« Avez-vous, oui ou non, reçu un mail
05:14de la direction de France Télévisions
05:15pour décaler le rapport ? »
05:16Est-ce que vous avez ce mail en votre possession ?
05:21Monsieur Duhamel, pour vous répondre,
05:22j'ai rencontré trois personnes
05:23de confiance qui m'ont dit
05:25avoir eu ce mail,
05:27qui m'ont lu les verbatimes de ce mail,
05:29très précisément,
05:31qui m'ont lu à chaque fois
05:31exactement les mêmes termes.
05:33Donc vous n'avez pas ?
05:34Monsieur Duhamel,
05:35ces mêmes personnes-là m'ont dit une chose,
05:37qu'ils m'enverraient ce mail
05:39une fois la commission d'enquête entamée
05:41parce qu'il y a un système d'omerta,
05:43d'influence et de pression
05:45et que de me transmettre une telle pièce
05:47faisait peser un risque
05:49sur la suite de leur carrière.
05:51Et donc,
05:51ces personnes-là,
05:52je ne veux pas révéler leur nom.
05:53Je ne veux pas révéler leur nom,
05:55mais si ces personnes-là
05:55se sont engagées
05:56à envoyer ce mail
05:57et j'ai des bonnes raisons
05:58de les croire
05:59et les réponses
06:00de ce président de la Cour des Comptes
06:02m'indiquent
06:02que j'ai encore plus
06:04de bonnes raisons
06:04de croire ces personnes-là.
06:06Ça veut donc dire
06:06que vous posez des questions
06:07sur la base de,
06:09on dit,
06:10de rumeurs,
06:10puisque vous dites
06:11on m'a parlé de ce mail
06:11mais vous n'avez pas ce mail
06:12en votre possession.
06:13Quand vous avez
06:14un haut magistrat,
06:16troisième président
06:17de la Chambre
06:17de la Cour des Comptes
06:18qui refuse
06:19à quatre reprises
06:20de vous répondre
06:21de façon simple
06:22et qui refuse
06:24de nier l'existence
06:25de ce mail,
06:26vous pouvez,
06:26je pense,
06:27avoir des doutes légitimes
06:28sur son existence.
06:29Monsieur Moscovici
06:30avait d'ailleurs avoué
06:31qu'il avait décalé
06:32la sortie du rapport
06:33sur la loi immigration
06:34parce qu'il ne voulait pas
06:35interférer dans les débats
06:36du Parlement sur le sujet.
06:37Autre point sur votre rapport
06:38au fait,
06:39Charles Alon,
06:40pendant plusieurs semaines
06:40vous avez avancé
06:41la chose suivante
06:42censée démontrer
06:42la gabegie à France Télévisions
06:43le 12 novembre
06:44sur votre compte X.
06:46Voilà ce que vous écrivez.
06:47126 000 euros
06:48de frais de cocktail par jour.
06:50Sauf que ce chiffre
06:50n'existe pas.
06:51Il n'y a pas 126 000 euros
06:52de frais de cocktail par jour
06:53à France Télévisions.
06:54Il suffit pour ça
06:55de lire le rapport
06:56de la Cour des Comptes
06:56annexe 18, page 163.
06:59Est-ce que vous reconnaissez
06:59une erreur ?
07:01Ce chiffre a été sorti
07:02par un éditorialiste
07:03de BFM TV
07:04le matin de la sortie
07:06du rapport
07:06de la Cour des Comptes
07:07qui parlait de 126 000 euros
07:08de frais de cocktail
07:09et le jour même
07:10écoutant BFM TV le matin
07:11m'informant
07:13et bien j'ai repris ce chiffre.
07:15Effectivement,
07:15vous avez raison,
07:16il compte des frais de cocktail
07:17de réception et de mission.
07:19Donc cette exception
07:20est assez large.
07:21C'est une erreur
07:23parce que l'exception
07:24est plus large.
07:25Simplement,
07:25quand j'ai interrogé
07:26Delphine Arnaud
07:26sur les frais de réception
07:28et de cocktail
07:29lors de la période Covid
07:30en 2020,
07:31on parle de 1,5 million
07:33de frais de cocktail
07:34et de réception
07:34lors de la période Covid
07:35et j'ai eu du mal
07:36à comprendre les réponses
07:37de Delphine Arnaud
07:38qui a voté un.
07:39Mais vous n'aviez pas lu,
07:39le rapport de la Cour des Comptes
07:39puisque pour dire
07:40qu'il y a 126 000 euros
07:41de frais de cocktail par jour,
07:42il suffit de lire
07:43le rapport de la Cour des Comptes,
07:44le mot cocktail
07:44n'est même pas écrit.
07:45Vous avez frais de réception.
07:47Vous avez frais de réception
07:48et quand vous rentrez
07:49dans le détail...
07:50Mais pas à 126 000 euros par jour.
07:50Mais M. Duhamel,
07:51quand vous voyez
07:52les gabgis chez France Télévisions,
07:54quand vous voyez
07:54qu'il y a eu près de 80 millions
07:56d'euros de déficit
07:56qui ont été cumulés,
07:57que la trésorerie aujourd'hui
07:58est négative,
07:59qu'il y a un risque
07:59de quasi-faillite
08:00et de dissolution
08:01reconnue par la Cour des Comptes,
08:03que vous avez un salaire moyen
08:04de 72 000 euros
08:05chez France Télévisions
08:06qui les situe parmi les 9%
08:07des Français les plus riches
08:08et que vous avez 30 directeurs
08:10qui gagnent plus
08:10que le Président de la République,
08:12tous les Français conviendront
08:13de gabgis abyssales
08:14qui frappent aujourd'hui
08:15France Télévisions
08:15et qui mettent
08:16le service public
08:17en risque de disparition.
08:19Vous allez convoquer
08:20Patrick Sébastien ou pas
08:21à la commission d'enquête ?
08:22C'est ce que disent
08:23nos confrères du journal du dimanche.
08:24J'aimerais faire une table ronde
08:25sur les grandes voix
08:26et les grands visages
08:27du service public.
08:28Je pense à M. Aquili,
08:29grande voix de Radio France,
08:30mais je pense aussi
08:31à un certain nombre
08:32d'autres personnes.
08:33Jacques Cardos
08:33qui a incarné l'investigation,
08:35Patrick Sébastien
08:36qui a incarné le divertissement,
08:38Julien Lepers par exemple aussi.
08:39Je voudrais faire une table ronde
08:40sur ces personnes
08:41qui ont coûté très cher
08:42aux contribuables
08:43parce qu'ils ont été
08:44du jour au lendemain licenciés
08:45par France Télévisions.
08:46On a appris par exemple
08:47que les anciens présentateurs
08:48de Motus,
08:49probablement des Mavlandes
08:50de plus de 50 ans
08:51qui étaient dans le viseur
08:52de la généreuse,
08:52ils pourraient éclairer
08:53vos travaux
08:54sur le visage public ?
08:56Je pense qu'une table ronde.
08:57En fait,
08:57il y a une forme
08:58de mépris social
08:59que je voudrais totalement évacuer.
09:00Patrick Sébastien
09:01est quelqu'un
09:01qui a fait des millions
09:02d'auditeurs,
09:03de téléspectateurs
09:04sur ses émissions
09:05Le Grand Cabaret du Monde
09:06qu'on le jette
09:07tout de suite aux oubliettes
09:08parce que soi-disant
09:09ce serait une émission
09:10qui ne serait pas regardable.
09:11Pour moi,
09:12ce n'est pas un sentiment
09:13que je partage.
09:14Merci Charles Aloncle
09:15d'être venu ce matin
09:16au micro de France Inter.
09:17Et merci Benjamin Duhamel
09:18à tout à l'heure
09:18pour le grand entretien.
09:20Il est 7h58.

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