00:00Merci pour l'invitation, mais je ne suis pas un clou.
00:02Mais Jérémy, franchement !
00:03Vous dites encore que je suis la personne qui s'est le plus enrichie sur l'argent public
00:07devant n'importe quel patron d'entreprise publique ou ministre,
00:09et vous dites, j'ai cette intuition.
00:12Les auditions de la commission d'enquête parlementaire sur la neutralité
00:15et le financement de l'audiovisuel public, débutées le 25 novembre,
00:20ont été marquées par de nombreux passages houleux,
00:22notamment entre le rapporteur et ses interlocuteurs,
00:25qui lui reprochaient des questions biaisées ou le fait qu'il n'écoutait pas les réponses.
00:29Celui-ci s'est félicité d'un travail ayant permis de découvrir, selon lui,
00:33un système de gabegie largement assumé dans les 4 milliards d'euros annuels
00:37que l'État distribue aux chaînes et radios publiques.
00:39C'est le parti d'Éric Ciotti qui a demandé cette commission dans la foulée d'une vidéo
00:43montrant les journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen
00:46en pleine discussion privée avec des responsables du PS.
00:49Le 18 décembre, Patrick Cohen attaque les médias de la galaxie Bolloré,
00:53CNews, Europe 1 et le JDD, pour leur traitement de cette vidéo.
00:56L'affaire dite Legrand-Cohen a fait l'objet en deux semaines,
01:00sur l'antenne de CNews, du 6 au 20 septembre dernier,
01:04de 853 séquences.
01:07On parle là d'un échange qui, je le répète,
01:10s'inscrivait dans un cadre informel et confidentiel,
01:14mais je constate hélas avec la divulgation cette semaine
01:18par Europe 1 de bribes de phrases d'une conversation privée
01:21entre Thomas Legrand et Laurence Bloch,
01:24que l'espionnage déguisé en journalisme est appelé à prospérer
01:27sur les antennes du groupe Bolloré.
01:29A la première vidéo, on pouvait croire au hasard,
01:32ici on découvre un système,
01:34avec des méthodes de barbouze dont Pascal Praud s'est enorgueilli avant-hier
01:37en ouvrant son émission sur CNews.
01:39Le milliardaire Vincent Bolloré a lui aussi été auditionné le 24 mars.
01:43Comme actionnaire de la société de production Banijay,
01:46il a été particulièrement critique quant aux services publics.
01:49En revanche, le problème, c'est les 4 milliards de pertes,
01:54les 4 milliards de coûts.
01:55Les 4 milliards, c'est beaucoup à un moment où la France est quand même en difficulté.
02:02Le 2 février, la présentatrice du journal de France de Léa Salamé
02:06a dû répondre aux questions de la commission sur son compagnon,
02:09l'eurodéputé Raphaël Glucksmann.
02:11Je veux d'abord dire, ici c'est important,
02:14qu'avant d'être la femme de quiconque,
02:16je suis une journaliste indépendante, honnête et une femme libre.
02:21Pensez-vous vraiment qu'en 2026, une femme pense forcément comme son mari,
02:27qu'une femme vote forcément comme son mari,
02:29qu'une femme prie comme son mari,
02:31qu'une femme fait ce que lui demande de faire son mari ?
02:35Vous pensez sérieusement qu'on en est là ?
02:37Je ne le pense pas, moi.
02:38Et attention, ce n'est pas seulement un principe féministe que je vous dis là,
02:41parce que ça aurait pu être l'inverse, ça aurait pu être un homme.
02:43C'est un principe républicain.
02:46On n'est pas jugé sur les opinions de son conjoint.
02:48On n'est pas condamné pour les opinions de son conjoint.
02:51Léa Salamé a rappelé le principe déjà énoncé par France Télévisions
02:54au moment de sa nomination à la rentrée 2025,
02:57« Si les candidats, je sors de l'antenne ».
02:59La commission sait aussi et surtout son rapporteur,
03:02proche d'Éric Ciotti, Charles Aloncle.
03:04Le 4 février, les tensions avec le président de la commission,
03:07Jérémy Patry et Leitus, député Horizon, explosent.
03:10Mais monsieur le président, j'ai l'impression que vous voulez défendre
03:14à corps et à crime MediaOne.
03:16Que vous ayez des liens, on le verra peut-être,
03:18avec des actionnaires de MediaOne, vous pourrez en répondre.
03:22Merci monsieur le rapporteur.
03:23Vous venez de porter des accusations très graves contre moi
03:25en disant que j'avais des liens avec MediaOne,
03:27ce qui est absolument faux.
03:27C'est une question, pourquoi vous me répondez à chaque fois ?
03:30Merci messieurs les ministres.
03:56Jérémy Patry et Leitus avaient pourtant suspendu les travaux pendant un mois,
04:01entre fin décembre et fin janvier,
04:02pour justement retrouver un cadre digne, sérieux et respectueux
04:06après de premiers incidents.
04:07Bon, ça n'a pas trop marché.
04:09Le 31 mars, c'est Patrick Sébastien et Michel Drucker
04:12qui ont opposé leurs opinions sur la PDG de France Télévisions,
04:16Delphine Ernotte.
04:17Nous sommes au service du public.
04:19Et France Télévisions, pour moi, c'est ma maison.
04:22Je la défendrai jusqu'à la fin de ma carrière.
04:24On a une amitié imperturbable et indéfectible.
04:30Autant on ne partage pas le même avis sur Delphine Ernotte.
04:33D'entrée, Mme Ernotte voulait me dégager, clairement.
04:36Pour entrer dans le vif du sujet, c'est que pendant des années,
04:39sur le service public, tout s'est merveilleusement passé.
04:42Et jusqu'à l'arrivée de Delphine Ernotte, tout était humain et correct.
04:47Et puis, on m'a viré dans des conditions très particulières.
04:51J'ai passé 20 ans, 25 ans sur le service public.
04:54On ne m'a même pas parlé.
04:55On ne m'a même pas envoyé un mot.
04:57On ne m'a même pas envoyé un SMS.
04:59Parmi les moments qui resteront dans les annales de cette commission d'enquête,
05:02l'audition mouvementée le 2 avril d'un Xavier Niel passablement énervé.
05:07Le milliardaire était auditionné au titre de cofondateur et coactionnaire
05:10du groupe audiovisuel MediaOne,
05:12à qui France Télévisions commande de nombreux programmes.
05:16Exiger la transparence sur l'usage de l'argent des Français est nécessaire.
05:19Et je pense que vous avez entièrement raison de le faire.
05:22Mais je pense qu'il était possible de le faire,
05:24monsieur le rapporteur Charles-Henri à l'oncle,
05:28sans transformer votre commission en cirque.
05:32Merci pour l'invitation, mais je ne suis pas un clown.
05:35Vous avez propagé beaucoup d'approximations, de fake news,
05:38de mensonges ici et sur vos réseaux sociaux sans contradictoire,
05:40sans aucune forme de contradictoire.
05:42Dans la liste des 67 auditions,
05:44l'une des plus tendues reste celle de l'animateur star du service public, Nagui.
05:48Je continue de vous citer.
05:50Je soupçonne, Nagui, de dérives scandaleuses par centaines de millions depuis des années.
05:56Vous dites encore que je suis la personne qui s'est le plus enrichie sur l'argent public
06:00devant n'importe quel patron d'entreprise publique ou ministre.
06:03Et vous dites, j'ai cette intuition.
06:06J'ai cette intuition.
06:08Alors je ne sais pas à quoi vous vous attendiez,
06:10monsieur Charles-Henri à l'oncle,
06:11en me jetant en pâture comme ça,
06:13sans aucune preuve,
06:14à part votre intuition ?
06:16Monsieur le rapporteur, ce n'est pas un dialogue entre vous.
06:19Je vais vous laisser...
06:20Pardon, je répondais, je répondais, oui.
06:21Allez au bout de votre propos introductif et le rapporteur vous répondra.
06:25En tout cas, à la suite,
06:27je vais l'être avec un plaisir
06:29que vous ne pouvez imaginer.
06:31Allez au bout de votre intervention.
06:33À la suite de faux différentes interviews,
06:36toutes ayant un passage accusateur,
06:38à mon encontre, relayées sur les réseaux,
06:39mais surtout hors du cadre et du travail de cette commission,
06:43votre intuition, comme vous dites,
06:45a déclenché à mon encontre des injures,
06:48des menaces,
06:49des incitations à porter atteinte à mon intégrité physique,
06:52le tout avec de nombreux messages racistes.
06:54Alors vous vouliez sans doute écorner mon image auprès du public,
06:58mais vos actes et vos déclarations sont allés bien plus loin,
07:02jusqu'à des menaces de mort.
07:03Je ne crois pas avoir diffusé fausses informations
07:06quand j'ai relayé la demande d'une députée macroniste.
07:09Vous voyez, elle n'est pas de mon camp,
07:11elle n'est pas raciste,
07:11elle n'est pas anti-vegane,
07:12et pourtant, à la suite de la publication
07:15de l'enquête de Mediapart,
07:16elle avait réclamé une commission d'enquête.
07:18Non, je voudrais juste finir,
07:20finir en tout cas,
07:21et relever ce formidable,
07:25ce formidable, monsieur Aloncle,
07:26ce formidable moment de sincérité,
07:31de sincérité,
07:32où vous avez dit
07:34qu'une personne n'est pas de votre camp,
07:37donc n'est pas raciste.
07:38J'ai trouvé ce moment formidable.
07:40Je pense qu'il faut aussi le dire.
07:42Un poste qui a été vu
07:43par un demi-million de personnes
07:45qui m'accusent de façon insigneuse
07:47d'auditionner monsieur Nagui,
07:49simplement parce qu'il est d'origine égyptienne et vegan.
07:52Ça m'a valu des milliers de menaces de mort.
07:53Attendez, vous permettez...
07:54Je voudrais pas simplement qu'on soit dans...
07:56Je voudrais qu'on réponde aux questions
07:57et qu'on arrête d'accuser...
07:59Monsieur le rapporteur,
08:00pardon, il y a un président
08:01de cette commission d'enquête, c'est moi.
08:02D'accord ?
08:03Donc vous avez décidé de terminer
08:04calmement et sereinement.
08:06On est tous menacés
08:07dans cette commission d'enquête.
08:08L'ensemble des parlementaires sont menacés.
08:09Vous avez été menacés.
08:10On va pas jouer à qui est le plus menacé.
08:12Malheureusement, on vit à l'ère du soupçon,
08:13à l'ère du soupçon généralisé,
08:15à l'ère de la suspicion,
08:16à l'ère des attaques calomnieuses.
08:17Après la dernière audition le 8 avril,
08:20la deuxième de la patronne de France Télévisions,
08:22Charles Aloncle a une quinzaine de jours
08:24pour rédiger ses conclusions
08:25et formuler des propositions d'évolution,
08:27notamment législatives.
08:29Les 31 parlementaires
08:30qui composent la commission
08:31voteront le 27 avril
08:33pour ou contre la publication du rapport.
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