- il y a 12 heures
Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission d’enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, a voté le rapport de Charles Alloncle qui sera publié dans une semaine. Après avoir porté un projet de loi sur une holding, le député Horizons se prononce désormais en faveur d'une fusion de l'audiovisuel public au sein d'une "même entreprise".
Retrouvez "L'invité de 8h20" sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien
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00:00Nous recevons donc ce matin le président de la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public et député Horizon.
00:07Vos questions chers auditeurs au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France.
00:12Et bonjour Jérémy Patrie-Litus.
00:14Bonjour.
00:15Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter au lendemain du vote du rapport de Charles Laloncle par
00:20la commission que vous présidez.
00:2212 voix pour, 10 voix contre, 8 abstentions.
00:25Ce qui veut dire que ce rapport va pouvoir être publié la semaine prochaine malgré les critiques dont il fait
00:31l'objet.
00:31On va entrer dans le détail de ces préconisations et du bilan que vous tirez de ces 6 mois de
00:37travail.
00:37Mais d'abord, ce rapport adopté de justesse, vous l'avez voté Jérémy Patrie-Litus, malgré, dites-vous, des différences
00:45politiques majeures et des différences de méthode fondamentale avec le rapporteur.
00:50Pourquoi alors ne pas avoir voté contre ou vous être abstenu ?
00:54Vous avez eu peur d'être accusé de censure ?
00:57Vous avez raison, je l'ai voté.
00:59J'ai été le seul à le dire avant d'avoir lu le rapport.
01:03Je me suis opposé aux rapporteurs.
01:05J'ai combattu ces méthodes tout au long de la commission d'enquête.
01:08Vous avez raison, les insinuations, les accusations sans preuve, les calomnies.
01:11J'ai même suspendu, les auditeurs le savent, la commission quand j'ai considéré qu'elle se transformait en tribunal
01:17politique.
01:18Mais contrairement à ce que j'ai lu, je ne me suis pas couché devant l'extrême droite.
01:23Je combats l'extrême droite, maintenant, plus que jamais.
01:26Mais je l'assume ici.
01:29Dans ma lutte, dans mon combat contre l'extrême droite, je refuserai toujours d'utiliser leur méthode.
01:34La censure, la remise en cause de la liberté d'expression, je leur laisse.
01:38Moi, je défendrais la transparence.
01:40Ça aurait été de la censure, de simplement dire, si je suis en désaccord avec ce rapport,
01:44si je considère que ce rapport ne correspond pas au canon de ce que doit être un rapport de commission
01:49d'enquête,
01:49je vote contre ou je m'abstiens.
01:52Vous avez votre collègue, par exemple, Céline Calvez, une macroniste, qui s'est abstenue.
01:56Elle a dit, si nous votions pour ça, ça veut dire qu'on acceptait tout ce qu'il y avait
02:00dedans, même ses dérives.
02:02Est-ce que vous n'avez pas, Jérémy Patriotus, manqué d'une forme de courage politique en allant au bout
02:06de vos convictions ?
02:07Pendant six mois, je me suis opposé à ces méthodes.
02:09J'ai pris des coups quand j'ai suspendu les travaux de la commission d'enquête.
02:12Ce n'est pas anodin.
02:13C'est la première fois qu'un président d'une commission d'enquête suspend les auditions
02:16parce que je considérais que la commission se transformait en tribunal politique.
02:19Mais je fais le choix, dès le début, d'organiser cette commission devant les Français, de faire la transparence.
02:26J'ai refusé le huis clos parce que je souhaite la transparence.
02:29Maintenant, c'est aux Français de juger des méthodes du rapporteur, aux Français qui nous écoutent,
02:33de juger des propositions du rapporteur, dont je vous le dis,
02:36je considère qu'elles fragiliseraient profondément le duel public.
02:40Mais c'est aux Français d'en juger.
02:42On va y venir.
02:42Et moi, dans mon combat contre l'extrême droite, je n'utilise pas leurs armes.
02:46La censure et la remise en cause de la liberté d'expression, c'est important
02:48parce que le combat contre l'extrême droite, il ne doit pas nous faire renoncer à nos valeurs.
02:53La lutte contre la censure, la lutte contre la remise en cause de la liberté d'expression
02:57sont des combats importants.
02:58Alors, on comprend que ces six mois de travaux ont été difficiles,
03:02mais le résultat, c'est-à-dire ce rapport, comment est-ce que vous, vous le qualifiez ?
03:08Certains ont parlé d'erreurs factuelles, de propos diffamatoires.
03:11Marc Fénaud, du Modem dont les élus se sont abstenus, dénonce un rapport à charge
03:15et sans analyse objective.
03:17Qu'est-ce que vous dites, vous, de ce rapport, c'est-à-dire du rendu de ces six mois
03:21de travaux ?
03:22Je ne pensais pas que le rapporteur utiliserait dans son rapport la méthode qu'il avait utilisée
03:27tout au long de la commission d'enquête.
03:29Je penserais que le rapport serait l'occasion de prendre de la hauteur de vue.
03:32Je ne pensais pas que dans le rapport, il porterait, et c'est jamais vu, je crois,
03:37dans l'histoire d'un rapport parlementaire, des accusations contre la présidente de l'Assemblée nationale,
03:41contre l'institution, des accusations contre moi.
03:44Mais c'est-à-dire concrètement, qu'est-ce qu'il dit ?
03:46Puisqu'il faut rappeler à nos auditeurs que ce rapport n'est toujours pas public
03:48et que vous avez eu la chance, comme tous les membres de cette commission d'enquête,
03:51de pouvoir le lire dans une salle, sans téléphone.
03:55Quand vous parlez d'accusation, qu'est-ce que vous voulez dire ?
03:58Je vous remercie de vos questions parce que ça montre bien qu'il est important
04:01que les Français puissent prendre connaissance de ce rapport,
04:03que vous puissiez vous aussi en juger par vous-même.
04:06Il y a des assinuations.
04:07Dans ce rapport, ils mettent en cause mon indépendance et mon intégrité.
04:12Il dit que la présidente de l'Assemblée nationale, il l'a redit d'ailleurs hier sur un plateau de
04:15télévision,
04:15a voulu entraver son travail parlementaire.
04:19Les mots sont forts.
04:20Il porte des insinuations contre les dirigeantes de l'audiovisuel public.
04:25Mais c'est pour cela que j'ai souhaité sa publication pour que les Français...
04:27En disant quoi, Jérémy Papré ?
04:29Ce rapport est publié le 4 mai.
04:31Vous parlez d'insinuations concrètement.
04:32Qu'est-ce qu'il y a dans ce rapport qui vous a choqué,
04:36qui justifie ce que vous dites ce matin ?
04:38J'ai un duel.
04:39Vous ne pouvez pas d'un côté me reprocher d'avoir été incohérent
04:42et d'avoir voulu la publication de ce rapport alors qu'il contient des insinuations
04:45et en même temps me demander de les révéler ici.
04:48Je vous dis que ce rapport contient des insinuations,
04:51qu'elle porte des accusations graves.
04:53Il n'y a qu'à regarder les vidéos de cette commission d'enquête.
04:57Les Français pourront en juger.
04:59Je vous le dis, ces méthodes de l'extrême droite, je les combats.
05:02Et j'espère que les Français qui liront ce rapport
05:05pourront se forger un avis et une opinion sur les méthodes de l'extrême droite.
05:08Ce qui est écrit dans ce rapport, ça relève de la diffamation ?
05:12C'est les personnes qui sont incriminées dans ce rapport qui le diront.
05:17Vous dites que vous-même êtes incriminé.
05:19Bien sûr, et ça pose la question de l'impunité parlementaire.
05:22Est-ce qu'on peut remettre en cause ce qui est écrit dans un rapport parlementaire ?
05:25Est-ce qu'on peut porter plainte contre des propos tenus dans un rapport parlementaire ?
05:28Ça pose beaucoup de questions et ça implique d'ailleurs,
05:31on en reparlera peut-être, de revoir les règles de fonctionnement des commissions d'enquête.
05:34Et on va en parler encore un point très précis, Jérémy Patriolitus,
05:36puisque en sortant hier de cette réunion où vous avez donc décidé de voter le rapport,
05:40il y a eu un certain nombre d'accusations,
05:42notamment un député La France Insoumise Aurélien Saint-Toulle,
05:45qui vous a accusé, vous, de vous être couché devant l'extrême droite.
05:48Et il prend un exemple, il parle précisément de ce qui est écrit dans ce rapport,
05:52où Charles Laloncle l'a écrit,
05:54vous concernant, en dépit de sa participation au Conseil d'administration de France Télévisions,
05:59Jérémy Patriolitus a été élu président de cette commission d'enquête.
06:03Visiblement, vous vous êtes élevé contre cette formule,
06:06formule qui finalement a été retirée du rapport.
06:10Et Aurélien Saint-Toulle dit, au fond, c'est pour cela qu'à la fin il a voté le rapport.
06:13Est-ce que vous avez troqué votre vote pour, contre, une faveur
06:18qu'a fini par vous faire le rapporteur Charles Laloncle ?
06:20Est-ce que vous avez topé avec lui sur ce point-là ?
06:22Je ne suis pas certain que la parole d'Aurélien Saint-Toulle et de LFI
06:25soit à prendre comme parole d'évangile, si vous me le permettez.
06:31J'ai dit très clairement, Benjamin Duhamel,
06:33je pense qu'on pourra passer à autre chose, dans la tribune dimanche.
06:36Je n'ai pris personne en traître, je l'ai dit publiquement.
06:38J'ai été le seul, avant la lecture du rapport,
06:40à dire que par principe, je souhaitais sa publication
06:43par souci de transparence et par cohérence avec ma décision.
06:47J'ai souhaité...
06:47Donc quand il dit que vous avez changé d'avis au dernier moment sur votre vote hier,
06:50ce n'est pas vrai ?
06:51C'est faux. J'ai souhaité...
06:52Je n'ai jamais dit que je voterais con de ce rapport.
06:55J'ai dit que je ne m'opposerais jamais à sa publication.
06:58Vous auriez pu vous abonner ?
06:59J'ai souhaité, Benjamin Duhamel, pendant toute la commission d'enquête,
07:02qu'elle puisse se dérouler devant le regard des Français.
07:05Que les Français puissent juger des méthodes de l'extrême droite.
07:08Que les Français puissent juger de la manière
07:10qu'un rapporteur d'extrême droite a de rédiger un rapport parlementaire.
07:14De la manière dont Charles Laloncle, dans un rapport parlementaire,
07:17insinue, porte des accusations graves.
07:19C'est aux Français de se faire un avis et d'en juger par eux-mêmes.
07:22Alors, il faut qu'on rentre dans le fond des propositions de Charles Laloncle.
07:26Fusion de France 2 et de France 5, suppression de France 4,
07:29fusion de France Info, France 24, suppression d'un orchestre à Radio France,
07:33baisse du budget de l'audiovisuel public d'un milliard d'euros,
07:37c'est-à-dire 25% de ses dotations.
07:39Est-ce que vous les cautionnez, ces propositions ?
07:42Non, je ne les cautionne pas.
07:44Et j'ai un différent profond avec Charles Laloncle.
07:47C'est qu'il nous explique, il l'a encore dit hier, qu'il souhaitait sauver l'audiovisuel public.
07:51Et il essaye de se faire passer pour un cost-killer, pardon pour cette terminologie anglaise,
07:57qui viendrait couper dans les dépenses de gestion.
08:00Mais qu'il assume son objectif politique.
08:02Quand on baisse d'un milliard d'euros, soit 25% le budget de l'audiovisuel public,
08:08c'est qu'on souhaite affaiblir l'audiovisuel public.
08:12Quand on décide de supprimer France 5, qui est le cœur des missions de service public,
08:16France 5, c'est l'incarnation de ce que doit être le service public.
08:19Les documentaires, les reportages, les magazines d'information, il y a derrière un projet politique.
08:25Et ce que je regrette, c'est que Charles Laloncle n'ait pas dit clairement quel était son objectif politique.
08:30D'où il parlait, il est l'allié du Rassemblement national.
08:33Il souhaite voir Marine Le Pen ou Jordan Bardella élu président de la République.
08:38Ils ont tous les deux dit qu'ils souhaitaient la privatisation de l'audiovisuel public.
08:42C'est une sorte d'agenda caché de Charles Laloncle en disant,
08:45en fait, baisser d'un milliard d'euros le budget de l'audiovisuel, ça revient à l'affaiblir considérablement.
08:51C'est quoi ? Un agenda caché, c'est ça ?
08:52Je me demande si Charles Laloncle n'est pas le cheval de troie du Rassemblement national
08:58qui a souhaité, avec cette commission d'enquête, préparer les esprits à une privatisation de l'audiovisuel public.
09:05Il s'en défend, il dit qu'il veut sauver l'audiovisuel public.
09:08Quand on veut sauver l'audiovisuel public, on propose des efforts de gestion, j'en formulerai,
09:12mais on ne propose pas la baisse d'un milliard d'euros du budget de l'audiovisuel public.
09:16Ça, c'est un choix politique, il doit l'assumer et accepter ses alliances politiques avec le Rassemblement national
09:23qui veut la privatisation de l'audiovisuel public.
09:25On va parler de vos propositions dans un instant.
09:27Encore un mot sur ce qui est dans ce rapport, sur le mode de nomination des patrons de l'audiovisuel
09:32public,
09:32puisque Charles Laloncle souhaite revenir à ce qui prévalait sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy,
09:36c'est-à-dire une nomination en Conseil des ministres par le Président, pour les présidents de l'audiovisuel public.
09:41Est-ce que pour vous, validé par les assemblées, est-ce que pour vous ça, c'est un mode de
09:47désignation satisfaisant ?
09:48Est-ce qu'il faut revoir la désignation des patrons de l'audiovisuel public en considérant au fond que c
09:53'est au Président de la République d'en décider ?
09:55Cette proposition de Charles Laloncle, si j'en crois la presse, elle est dangereuse.
10:01Elle est dangereuse pour plusieurs raisons, Benjamin Duhamel.
10:06D'abord, parce que ce n'est pas au Président de la République de nommer les dirigeants de l'audiovisuel
10:13public.
10:14Charles Laloncle passe son rapport à expliquer les connivences entre les dirigeantes de l'audiovisuel public et les différents présidents
10:20de la République.
10:21Il insinue dans ce rapport, et vous le lirez, qu'il y a des proximités, des complicités,
10:27entre les dirigeantes de l'audiovisuel public et les présidents de la République.
10:32Il a même indiqué, Charles Laloncle, publiquement, qu'il pensait que François Hollande était responsable,
10:39ou en tout cas avait souhaité la nomination de Delphine Ernotte.
10:41Pourquoi dénoncer dans son rapport des complicités ou insinuer des collusions entre les dirigeants de l'audiovisuel public et les
10:50présidents de la République,
10:51et vouloir revenir à une nomination des dirigeants de l'audiovisuel public par le Président de la République ?
10:56C'est un retour en arrière, c'est une reprise en main politique dangereuse.
11:00Donc, manifestement, vous ne partagez aucune des orientations de Charles Laloncle,
11:05ce qui peut déconcerter les auditeurs, puisque vous avez travaillé quand même ensemble pendant six mois.
11:08On a une question de Jean-Louis, au standard de France Inter. Bienvenue, Jean-Louis.
11:12Oui, bonjour. Merci de prendre ma question.
11:14Donc, oui, je voulais poser la question à M. le Président de la Commission,
11:17de savoir pourquoi, tout simplement, n'avait-il pas démissionné,
11:19puisque tout ce qu'il vient de proférer comme accusation auvers M. Laloncle, on l'a perçu très très vite.
11:24Et donc, pourquoi n'a-t-il pas démissionné assez rapidement de la Commission ?
11:27Je ne sais pas quelles conséquences ça aurait eues, mais au moins, ça aurait marqué sa désapprobation
11:31et le fait que cette Commission n'était qu'une mascarade.
11:33Merci, Jean-Louis.
11:34Je comprends votre question.
11:38Parce que moi, je considère que quand un rapporteur souhaite affaiblir l'audiovisuel public,
11:43on doit mener le combat.
11:45Quand le rapporteur utilise des méthodes diffamatoires, d'insinuation,
11:49vous avez vu les premières auditions de la Commission d'enquête,
11:51j'ai considéré qu'il fallait tenir le cap.
11:54Si j'avais démissionné, la Commission d'enquête se serait poursuivie.
11:57Et j'ai considéré que c'était mon rôle, que c'était ma responsabilité, je l'assume,
12:01d'aller au terme de cette Commission d'enquête.
12:03Mais la question, Jérémy Patriotus, et je poursuis la question de Jean-Louis,
12:05est-ce qu'au fond, pendant ces six mois, vous n'avez pas été une forme de caution de Charles
12:10à l'oncle ?
12:11En continuant précisément ces auditions qui pourtant très rapidement
12:15avaient montré la couleur de ce que voulait faire le rapporteur,
12:18je vais vous citer cette phrase que vous aviez prononcée pour introduire les travaux au mois de novembre.
12:22Cette Commission ne sera pas le lieu de la politique spectacle
12:24où l'on vient chercher un quart d'heure de gloire médiatique.
12:26Voilà ce que vous aviez dit, Jérémy Patriotus.
12:28Franchement, quand on voit les travaux de cette Commission pendant six mois,
12:30on se dit que vous étiez soit naïf, soit totalement à côté de la plaque.
12:36Est-ce que vous reconnaissez, de ce point de vue-là,
12:37que l'objectif que vous étiez fixé au mois de novembre, il n'a pas été tenu ?
12:41Je regrette, Benjamin Duhamel, que la Commission d'enquête,
12:43elle se soit transformée, elle se soit dévoyée en lieu de la politique spectacle,
12:47parfois en tribunal politique.
12:49Je l'ai dit...
12:50Mais vous prenez votre part de responsabilité ?
12:51Bien sûr, et j'en prends ma part de responsabilité.
12:53Il m'est arrivé de perdre mon sang-froid quand j'ai été mis en cause.
12:57Je le regrette, car j'ai pu contribuer à ce moment-là,
13:00à une spectacularisation de la vie politique.
13:02J'ai pu alimenter cette politique spectacle.
13:05Mais je veux vous dire,
13:07quand un rapporteur de Commission d'enquête
13:09utilise une Commission d'enquête à des fins politiques et personnelles,
13:12quand il met en cause des acteurs de l'audiovisuel public,
13:15j'ai considéré que c'était mon rôle
13:17et ma responsabilité de porter le combat.
13:19Et contre l'extrême droite, non, je ne me coucherai jamais.
13:22Et oui, j'ai tenté, comme j'ai pu,
13:24de fixer des règles, de les faire respecter.
13:26Est-ce que je l'ai réussi à chaque instant ?
13:28Je ne le crois pas.
13:29Est-ce que je le regrette ? Oui.
13:31Est-ce que je referai ?
13:32Est-ce que je me représenterais pour être président de cette Commission d'enquête ? Oui.
13:36Au-delà des critiques et de l'autocritique que vous faites en partie ce matin,
13:41qu'est-ce qu'il faut retenir de cette Commission ?
13:43Une Commission parlementaire, ça sert à révéler des dysfonctionnements caractérisés,
13:48à mettre en avant des éléments inconnus du grand public.
13:50Est-ce que les Français, grâce à cette Commission,
13:52ont tout de même appris des choses qu'ils ignoraient
13:55sur le fonctionnement du service public audiovisuel ?
13:58Ou est-ce que tout est à jeter ?
14:00Parce que depuis le début de cet entretien, finalement,
14:03on a l'impression qu'il n'y a rien à retenir de ces six mois.
14:06Non, parce que j'ai souhaité être président de cette Commission d'enquête
14:09parce que je considérais que contrôler l'audiovisuel public, c'était important.
14:13J'ai été administrateur de Radio France.
14:14J'ai mené ce travail de contrôle au sein du Conseil d'administration de Radio France.
14:18Contrôler la manière dont 4 milliards d'euros d'argent public,
14:21la moitié du budget du ministère de la Culture, est utilisée, c'est important.
14:24Et ce travail de contrôle, je considérais qu'il était essentiel.
14:28Ce que je n'ai pas accepté, c'est la transformation de la Commission d'enquête
14:32en justice des politiques.
14:34Une Commission d'enquête, ce n'est pas la justice des politiques.
14:37La Commission d'enquête, elle a mis en lumière des dysfonctionnements et des manquements.
14:41La nécessité de renforcer les règles de pluralisme et d'impartialité.
14:45La nécessité, et j'aurai des propositions, de renforcer les règles qui encadrent
14:48et qui empêchent tout risque de conflit d'intérêt ou de mélange des genres.
14:53La Commission d'enquête, elle a mis en lumière ce que la Cour des comptes avait révélé,
14:58c'est-à-dire des efforts de gestion à faire, à poursuivre au sein de France Télévisions.
15:01Mais contrairement à ce que disent certains médias, et j'en termine,
15:04la Commission d'enquête n'a pas mis en lumière un système mafieux.
15:07Il y avait eu une Commission d'enquête en 1972 sur l'audiovisuel public
15:11qui avait mis en lumière une corruption politico-médiatique généralisée.
15:15Ce n'est pas ce que la Commission d'enquête a révélé,
15:18sans minimiser les dysfonctionnements et les manquements que nous avons mis en lumière.
15:21Une question encore rapide sur peut-être un examen de conscience.
15:24Quand le 31 mars vous recevez dans cette commission, sans que vous vous y opposiez,
15:27Patrick Sébastien, le même Patrick Sébastien qui s'est illustré ces derniers jours
15:30avec une chanson, je ne sais même pas comment il faut la qualifier,
15:32sexiste à minima, qui vise la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte,
15:36qui a d'ailleurs porté plainte contre lui.
15:37Est-ce que ça, si c'était à refaire, vous le referiez ?
15:39Est-ce que vous regrettez de ne pas vous être opposé à cette audition ?
15:43Toutes les auditions ont été approuvées par le bureau.
15:46Je n'ai pris aucune décision arbitraire.
15:47L'ensemble du bureau a approuvé ces auditions.
15:49Ce que je regrette, ce que je regrette, non je ne m'y suis pas opposé parce que je considérais
15:54que des figures de l'audiovisuel public pouvaient être entendues.
15:57Patrick Sébastien a été une figure du divertissement de l'audiovisuel public.
16:01Nous avons auditionné David Pujadas.
16:03J'ai considéré...
16:03Pas exactement les mêmes profils, vous le reconnaissez.
16:05J'ai considéré que les anciennes figures de l'audiovisuel public qui avaient incarné
16:10et porté l'audiovisuel public, pardon, ce n'est pas moi qui ai recruté Patrick Sébastien
16:13pendant des années au sein de France Télévisions, il a été une figure majeure de France Télévisions.
16:18J'ai considéré que les anciennes figures de l'audiovisuel public devaient être,
16:21pouvaient être auditionnées.
16:22Ce que je regrette en revanche, c'est que des accusations sans preuve aient été portées
16:27au sein de cette commission d'enquête.
16:29Jacques Cardoz, et c'est grave, a accusé France Télévisions de couvrir des déviances sexuelles.
16:33J'attends toujours les preuves des propos qu'il a tenus au sein de la commission d'enquête.
16:37C'est ça que je regrette, que des accusations sans preuve aient été portées au sein de
16:41cette commission d'enquête.
16:42Vous avez parlé de certains médias qui ont dénoncé un système mafieux, donc des mots
16:47sans nuance.
16:49On en vient à ces pressions présumées que vous avez pu subir, puisque nos confrères
16:56du monde ont révélé que le groupe Lagardère, qui détient Europe 1 et le JDD, groupe
17:00contrôlé par Vincent Bolloré, avait essayé de peser sur lesquels
17:03la commission en envoyant des listes de questions hostiles à l'audiovisuel public.
17:09Est-ce que vous, vous les avez reçues ces questions ?
17:11J'ai reçu un email au début de la commission d'enquête et j'ai immédiatement demandé
17:16que cela s'arrête, considérant qu'il y avait un risque d'agérence.
17:20En revanche, j'ai appris, en lisant Le Monde, que le rapporteur avait reçu tout au long
17:25de la commission d'enquête des questionnaires, y compris pour les auditions de Delphine
17:30Ernotte et de Sybille Veil.
17:32Et hier, lors de la réunion de la commission d'enquête, j'ai demandé, puisque le rapporteur
17:37a indiqué que des députés de droite auraient également reçu ces questionnaires.
17:42Les députés présents m'ont indiqué, lors d'une audition dont il y aura un compte
17:46rendu, qu'ils n'avaient jamais reçu ces questions.
17:48Donc, à ce stade, je ne peux pas vous dire si d'autres personnes, à part le rapporteur,
17:53ont reçu ces questionnaires.
17:55Mais la question, c'est est-ce que le rapporteur a été impartial et indépendant tout au long
18:01de cette commission d'enquête ? Est-ce qu'il a agi par consigne ou par commande ?
18:07C'est à lui de le dire.
18:08Par consigne et par commande de qui ? Parce que là, vous en dites trop ou trop peu.
18:11Il y a effectivement ces mails envoyés de questions suggérées par Lagardère, qui appartient
18:17au groupe de Vincent Bolloré.
18:18C'est quoi ? C'était la marionnette de Vincent Bolloré, Charles Aloncle ?
18:21Peut-être.
18:21C'est vous qui le dites ?
18:22Ah bah non, pardon, là, je vois que c'est ce que vous s'entendez.
18:25C'est une question que je vous pose.
18:27Peut-être de personnes qui veulent racheter l'audiovisuel public à vil prix ?
18:31Peut-être de personnes qui souhaitent voir l'audiovisuel public disparaître ?
18:35En tout cas, c'est la question que je pose.
18:38Quand on porte des accusations comme celles que vous portez ce matin, soit on apporte
18:42des éléments concrets, soit ça apparaît comme étant une forme de procès d'intention,
18:46voire de complotisme light.
18:48Qu'est-ce qui vous fait dire que Charles Aloncle était peut-être manipulé par des
18:54gens qui veulent acheter l'audiovisuel public à vil prix ?
18:56Ce n'est pas ce que j'ai dit, Benjamin Duhamel.
18:58J'ai dit, il a assumé dans Le Monde.
19:00Je ne fais pas de complotisme, je le cite.
19:02Il a dit dans Le Monde avoir reçu des questionnaires, y compris avec des propositions
19:07de questions.
19:08Moi, je ne sais pas s'il a refusé de les recevoir, s'il a dit à ce groupe qui
19:12lui
19:12envoyait des questions qu'il ne souhaitait plus recevoir.
19:14Je ne le sais pas.
19:15C'est à lui de le dire.
19:17Je constate qu'une presse et des médias et ses publics, ce n'est pas du complotisme,
19:20très virulent à l'égard de l'audiovisuel public, lui ont accordé une place importante.
19:25Donc, vous faites un lien entre la couverture de cette commission.
19:30Était-il totalement indépendant et impartial ? Souhaitait-il réellement le contrôle de
19:34l'audiovisuel public ou avait-il un agenda politique ?
19:37Ce n'est pas des questions que vous posez, Gérime Patriotus.
19:39C'est parce que vous posez des questions.
19:41En réalité, c'est ce que vous dites ce matin.
19:42Il n'était pas impartial, Charles Aloncle, et il reprenait l'agenda du groupe Bolloré.
19:47Benjamin Duhamel, je pose la question.
19:49Je vous dis, je n'ai pas de preuve.
19:52Est-ce que j'ai la preuve qu'il a posé les questions qui lui ont été envoyées ?
19:55Je ne le sais pas.
19:56Je sais qu'il a reçu des questions.
19:58J'ai vu la couverture médiatique dont il a fait l'objet dans des médias
20:01qui souhaitent la privatisation de l'audiovisuel public ou en tout cas qui sont très critiques.
20:06Je pose la question et je le redis.
20:08La vraie question, c'est d'où parle-t-il et c'est ce qui devrait intéresser nos auditeurs.
20:11Est-ce que l'extrême droite dans ce pays souhaite la privatisation de l'audiovisuel public ?
20:15Pour le dire plus clairement, est-ce que demain, Charles Aloncle,
20:18ministre de la Culture de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen,
20:21mettra en œuvre le programme de privatisation de l'audiovisuel public du Rassemblement national ?
20:26Alors vous, ce n'est pas ce que vous souhaitez,
20:28mais vous vous prononcez, et c'est assez nouveau,
20:31pour une fusion de Radio France et de France Télévisions,
20:36alors que vous portiez un projet de holding,
20:38vous étiez rapporteur d'un projet de loi sur la holding.
20:40Là, c'est une fusion.
20:42Qu'est-ce qui vous pousse à prendre cette position ?
20:45Pourquoi fusionner la radio et la télé publique ?
20:48Parce que je considère que face aux attaques dont fait l'objet l'audiovisuel public,
20:53et on l'a vu dans cette commission d'enquête,
20:55face, vous en parlez souvent ici,
20:56à la concurrence des plateformes étrangères,
20:59à la montée des réseaux sociaux,
21:01je pense que l'audiovisuel public doit rassembler ses forces.
21:05Je pense que la fusion de l'audiovisuel public permettra de le renforcer.
21:10Ça veut dire une même entreprise ?
21:12Ça veut dire une même entreprise.
21:12Ça veut dire, par exemple, ce qui se passe en Angleterre avec la BBC.
21:16C'est-à-dire que le salarié d'Arte fait le même travail
21:19et fera et sera fondu dans le même ensemble qu'un salarié de France Inter ou de France Culture ?
21:24C'est-à-dire une même entreprise, avec trois missions principales,
21:27recentrées sur des missions essentielles,
21:29offrir une information fiable, pluriliste, indépendante,
21:32ce que vous faites ici à France Inter,
21:34garantir, soutenir la création artistique et audiovisuelle.
21:37C'est ça la raison même de l'audiovisuel public.
21:4045% du financement des documentaires, de la télévision,
21:42ce que cette commission d'enquête n'a pas assez dit.
21:46Et puis, permettre la souveraineté culturelle de notre pays.
21:49C'est ça l'audiovisuel public.
21:50Et je pense qu'il doit être réformé, mais renforcé.
21:53Toute dernière question, parce que le temps presse
21:55et qu'on devrait avoir terminé normalement.
21:57Qu'est-ce que vous allez faire de ces propositions-là que vous faites ?
22:01Est-ce que vous allez en faire une proposition de loi
22:02ou est-ce que vous les laissez à Édouard Philippe
22:05pour qu'il les reprenne en tant que candidat
22:07à la prochaine élétition présidentielle ?
22:09Moi, je souhaite que l'audiovisuel public soit puissant,
22:12souverain, indépendant,
22:13qu'il se réforme pour se renforcer.
22:15Et je ferai à Édouard Philippe des propositions ambitieuses.
22:19Je ne parle pas pour lui,
22:20mais ce que je peux vous dire,
22:21c'est qu'à Horizon, nous sommes attachés à l'audiovisuel public,
22:23mais exigeants,
22:24en termes de gestion budgétaire,
22:25en termes de gestion financière,
22:27et en termes de respect du pluralisme
22:29et de l'impartialité.
22:30Mais on a besoin,
22:31et c'est sans doute la conclusion la plus importante
22:33de cette commission d'enquête,
22:34on a besoin d'un audiovisuel public puissant,
22:37fort et souverain dans le pays.
22:38Aucune des personnes auditionnées,
22:40et ça devrait être l'enseignement majeur,
22:42et j'en termine là,
22:43de cette commission d'enquête,
22:44n'a appelé à la privatisation
22:45de l'audiovisuel public,
22:47parce que les Français y sont attachés.
22:48Merci Jérôme Patrie et Lettius
22:50d'avoir été au micro de France Inter ce matin.
22:53La revue presse à suivre.
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