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  • il y a 10 minutes
Pierre-Antoine Capton, président du groupe audiovisuel privé Mediawan, a été auditionné par la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public. Il déplore qu'"aucune des réponses qu'on a apportées ne soit aujourd'hui dans ce rapport". Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-mercredi-06-mai-2026-7836828

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Transcription
00:00Benjamin Duhamel, vous recevez un producteur fondateur du groupe MediaOne.
00:05Si vous ne connaissez pas son nom, vous avez forcément déjà vu l'une de ses productions,
00:10Le Comte de Monte Cristo. C'est lui l'amour ouf, c'est lui 10%, c'est à vous.
00:14C'est encore lui, il est l'un des producteurs, si ce n'est le producteur audiovisuel
00:17le plus puissant de France à la tête d'un groupe mondial, MediaOne, qui fête cette année ses 10 ans.
00:23Bonjour Pierre-Antoine Capeton.
00:24Bonjour Benjamin Duhamel.
00:25Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:27Un anniversaire marqué, et c'est peut-être la rançon du succès, par un rapport de la commission d'enquête
00:32sur le dévisuel public
00:32qui cible MediaOne, cité pas moins de 50 fois par le rapporteur Charles Aloncle,
00:38mis en cause en particulier pour les émissions que vous produisez pour France Télévisions.
00:42Quel regard est-ce que vous portez sur ce rapport Pierre-Antoine Capeton ?
00:45Est-ce que vous remerciez Charles Aloncle pour le cadeau d'anniversaire qu'il vous fait pour votre décennie ?
00:50C'était un sacré cadeau en effet, et puis on a beaucoup parlé de mon anniversaire au sein de cette
00:53commission.
00:54Plus sérieusement, je pense que le fonctionnement, le financement et l'avenir de l'audiovisuel public,
00:59ce sont des sujets majeurs.
01:01Ce que je regrette, c'est que cette commission, elle n'a pas abordé les vrais sujets de fond.
01:06On est à une ère dans le secteur des médias, où on est disrupté par l'intelligence artificielle.
01:11La conquête des publics jeunes est très compliquée.
01:13La place de la création française, la concurrence des plateformes.
01:17Aujourd'hui, la création, elle est au milieu d'un nouvel environnement.
01:21Et on aurait dû parler, lors de cette commission d'enquête, de tous ces sujets, qui sont des sujets importants.
01:25Le débat, il a laissé sa place à de la caricature.
01:28Ça a été extrêmement compliqué de pouvoir débattre.
01:31MediaOne a eu 10 heures d'audition entre les 4h30 qu'on a passées et celles des actionnaires.
01:36Oui, MediaOne a été, pour rappeler à nos auditeurs, a été particulièrement ciblé.
01:39Je le disais sur les émissions que vous produisez pour France Télévisions.
01:42On vous a accusé de manquer de pluralisme dans vos émissions.
01:46On a même expliqué ce qui était un mensonge que vous aviez organisé.
01:49Une fête que vous aviez privatisé à un grand restaurant à Paris pour fêter la renomination de la présidente de
01:53France Télévisions, Delphine Ernotte.
01:55Est-ce que vous avez compris cette obsession du rapporteur Charles Aloncle pour le groupe audiovisuel que vous présidez ?
02:02En étant très prétentieux, Xavier Niel lui a dit que vous avez du mal avec les succès français.
02:06Mais c'est peut-être le cas.
02:07On emploie, il y a 1000 employés au sein de MediaOne, on fait travailler 20 000 intermittents en France chaque
02:12année.
02:13On est le premier employeur de services culturels en France, privé.
02:17On a des émissions qui rayonnent, c'est à vous, et c'est dans l'air, n'ont jamais aussi
02:20bien marché que maintenant.
02:22J'ai l'impression que le service public, pour les téléspectateurs et les auditeurs, il est plutôt plébiscité.
02:26Donc peut-être pour disrupter un peu le service public, en tout cas, on est droit dans nos bottes.
02:30On a été extrêmement exigeant pendant toute cette commission.
02:32On a répondu à toutes les questions, mais je vois qu'il n'y a aucune des réponses qu'on
02:36a apportées qui sont aujourd'hui dans ce rapport.
02:38Il y a un point, Pierre-Antoine Capeton, qui a cristallisé le débat.
02:40C'est la question du recours pour le service public aux émissions produites par des groupes privés comme vous,
02:46produites ce qu'on appelle en externe.
02:48Qu'est-ce que vous répondez aux auditeurs qui se posent effectivement la question de savoir pourquoi des émissions comme
02:52C'est dans l'air, c'est à vous, sont produites par des entreprises privées,
02:55et qui se posent la question de savoir si ça ne coûte pas trop cher aux contribuables ?
03:00Alors d'abord, quelque chose qui n'a pas été dit lors de la commission d'enquête,
03:02ce n'est pas une spécificité de l'audiovisuel public.
03:05Toutes les chaînes privées ont recours à des producteurs extérieurs.
03:08On produit cet avou à 19h.
03:09En face, sur TMC, nos concurrents quotidiens sont produits par une société privée.
03:14Et sur W9, l'émission de Thierry Lannoua est produite aussi par une société privée.
03:18C'est la même chose dans tous les services publics européens, la RAI, la ZDF, c'est la même chose.
03:23Donc ce n'est pas une spécificité française ?
03:25Non, ce n'est pas une spécificité française.
03:26Et puis, il faut aussi se dire que les producteurs viennent avec des idées, avec des talents.
03:31On a un vrai rôle.
03:32Et puis, c'est à vous, on ne nous l'a pas donné.
03:34J'ai participé en 2012 à un appel d'offres.
03:3666 sociétés de production y ont participé.
03:39Je n'avais jamais produit pour faire France Télévisions.
03:41Je ne connaissais personne.
03:43Et la direction de France Télévisions nous a donné cette émission parce que le concept était innovant.
03:47On faisait une grande émission d'actualité dans une cuisine avec un chef.
03:50C'était présenté par un visage féminin.
03:52C'est la première fois que ça existait en France.
03:54Bref, on a fait suffisamment d'atouts et de différenciations pour faire que Media One, et c'est à vous,
04:00sont des émissions particulières.
04:01Voilà pour une réponse sur le fond et sur cette accusation de Charles Lalonde.
04:06Je le disais, Pierre-Antoine Capiton, ça fait maintenant 10 ans que Media One existe.
04:10Et il faut dire que le bilan peut donner le vertige.
04:12Vous êtes présent dans 15 pays, 450 oeuvres produites chaque année.
04:15L'un de vos associés aux Etats-Unis s'appelle Brad Pitt.
04:18Deux Oscars pour le film The Father, le film de Florian Zeller.
04:22Est-ce que ce succès, vous l'interprétez comme une forme de réponse à ce discours lancinant qu'on entend
04:27sur le fait que l'Europe serait à la traîne et qu'au fond, on n'aurait pas d'armes
04:31face à l'hégémonie culturelle américaine ?
04:33Je pense qu'au contraire, on a créé ces dernières années en France un paysage audiovisuel qui nous permet justement
04:38de faire émerger des nouveaux talents.
04:40Jamais la France n'a jamais été autant représentée aux Oscars.
04:43Vous citiez l'exemple de Florian Zeller, mais il y a 10 ans, Florian Zeller, on n'arrivait pas à
04:47financer son film en France.
04:48C'est pour ça qu'il l'a tourné en langue anglaise et il a eu des Oscars et un
04:51César du meilleur film étranger, ce qui est assez surprenant.
04:54Mais nous, ce qu'on a voulu faire avec Media One, c'est d'accompagner les talents français et européens
04:58pour aller conquérir tous les territoires.
05:01Grâce aux plateformes maintenant, on a pu donner une grande dimension à une série comme 10%.
05:06Aujourd'hui, 10% ça va devenir bientôt un film, qu'on découvrira sur Netflix et France Télévisions en septembre,
05:11mais aussi une série télé aux Etats-Unis, dans le monde du sport, qu'on coproduit avec Brad Pitt et
05:16incarné avec LeBron James.
05:18En tout cas, en France, on a plein de talents et on essaie simplement de les faire rayonner et d
05:22'accélérer cette croissance.
05:23Vous passez beaucoup de temps, Pierre-Antoine Capton, aux Etats-Unis, ce qui vous donne l'occasion de voir les
05:28grandes tendances qui vont nous arriver en Europe
05:31en France. On vous a souvent décrit, dans des portraits qui vous ont été consacrés, comme un enfant de la
05:36télé.
05:36Est-ce que l'enfant de la télé que vous êtes se prépare à la mort de la télévision telle
05:42qu'on la connaît aujourd'hui ?
05:44Moi, je pense qu'elle ne va pas mourir, la télévision. La durée d'écoute baisse.
05:48Il faut aller conquérir un public jeune. Un public jeune, aujourd'hui, regarde plus d'autres écrans.
05:53La consommation sur les écrans, elle est de 5 heures à peu près.
05:55Celle de la télévision, elle baisse de plus en plus.
05:57Donc, le public vieillit.
05:59À nous, aujourd'hui, et ça aurait été un intérêt aussi de cette commission d'enquête,
06:02de se dire comment on va chercher le public jeune pour l'amener vers la télévision, leur proposer des contenus.
06:06Ce qu'on a fait avec la série Adolescence, ce qu'on fait avec une émission comme Hot One,
06:10ce qu'on fait avec une émission comme Nouvelle École sur Netflix,
06:12c'est de ramener aujourd'hui un public plus jeune vers les écrans.
06:15Mais quand vous voyez précisément que la moyenne d'âge de ceux qui regardent la télévision,
06:19c'est souvent plus de 50 ans, même pour certaines émissions,
06:22c'est encore plus quand vous voyez des budgets publicitaires
06:25qui s'effondrent avec la nécessité pour des grands groupes audiovisuels de faire des économies.
06:30Vous dites que la télé ne va pas mourir.
06:32Mais enfin, on peut considérer que l'âge d'or, il est plutôt passé, il est plutôt derrière nous.
06:37On n'a jamais consommé autant de contenu que maintenant.
06:41Les gens n'ont jamais regardé autant de programmes, peut-être différemment.
06:44En ce moment, les podcasts vidéo sont en train de cartonner, les fictions verticales.
06:48C'est à nous de transformer.
06:50Alors la pub, elle est aussi en train de bouger.
06:51Elle vient directement faire des acteurs comme nous.
06:53Tout est en train d'évoluer.
06:55Mais moi, ce que je crois, c'est que tant que la création restera forte,
06:57et on a cette chance en France d'avoir un tissu créatif incroyable,
07:01et une réglementation qui nous permet aujourd'hui de les accompagner,
07:05on a quelque chose à faire.
07:07Parmi vos réussites récentes, là encore pour nos auditeurs,
07:10Pierre-Antoine Capeton, il y a ce film au succès planétaire, F1, sur la Formule 1.
07:15Vous parliez du film 10% qui va arriver à la rentrée.
07:19Est-ce que, là encore, avec le bilan qui est le vôtre,
07:21il y a encore des projets à l'avenir qui vous font rêver ?
07:24Ou est-ce que vous êtes rassasié ?
07:26En fait, maintenant, vous gérez le succès qui est le vôtre avec MediaOne ?
07:30Non, non, au contraire.
07:31De tous les projets Mexit, on a la chance de travailler avec des talents incroyables.
07:34Hugo Célignac, qui est le patron de Chifoumi,
07:36avec qui on buzz, présente cinq films au Festival de Cannes la semaine prochaine.
07:40MediaOne en aura huit.
07:41On a des films incroyables qui viennent, comme Changer l'eau des flores en octobre,
07:45l'adaptation du livre de Valérie Perrin,
07:48le prochain film de Florian Zeller, Bunker.
07:50On fait une sorte de grand biopic sur la famille Kennedy,
07:53qu'on tourne en ce moment pour Netflix,
07:54une sorte de The Crown américain.
07:57Le film sur Johnny Hallyday, un prochain Astérix.
08:00On a tout un tas de talents créatifs.
08:01C'est extrêmement excitant de prendre tout cet écosystème français et européen
08:05et de leur dire, venez, on va essayer de se renforcer, de faire encore mieux.
08:08Un dernier mot, Pierre-Antoine Capeton, sur votre trajectoire,
08:11pour ceux qui ne vous connaissent pas.
08:13Il y a dix ans, vous parliez à peine anglais.
08:15Vous ne connaissiez pas grand-chose au business.
08:17Je vois que ça fait rire Patrick Cohen qui est juste à côté.
08:20Aujourd'hui, MediaOne, c'est un milliard et demi d'euros de chiffre d'affaires.
08:24C'est quoi la suite pour vous, patron de France Élusion ?
08:26Peut-être candidat à l'élection présidentielle,
08:28comme un de vos associés, Mathieu Pigasse,
08:31qui d'ailleurs, dans ce même studio, n'avait pas fermé la porte
08:32à la possibilité d'être candidat à l'élection présidentielle.
08:35Pourquoi pas Xavier Géniel, par ailleurs ?
08:37D'ailleurs, s'il vient dans ce studio, on lui posera la question.
08:41Non, très sérieusement, moi j'adore ce que je fais.
08:42J'ai la chance d'être parti de rien,
08:45de trouver le surmer, d'aimer les contenus,
08:47d'avoir pu construire une boîte de prod,
08:50un groupe français,
08:51puis un groupe européen, puis un studio mondial.
08:53Ce que je pense, c'est qu'aujourd'hui, c'est le début
08:55de ce qu'on est en train de faire.
08:56Et j'ai envie de continuer d'accompagner tous les talents
08:58et de faire en sorte que le MediaOne soit demain
09:01ou dans quelques années, un des plus grands acteurs internationaux des contenus.
09:04Bon, donc pas de candidature pour l'instant à l'élection présidentielle.
09:06Je ne me le souhaite pas.
09:07Merci beaucoup Pierre-Antoine Capton d'être venu ce matin au micro de France Insta.
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