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  • il y a 4 mois
Après quatre mois et demi de débats, 67 auditions, 234 personnes interrogées et plus de deux cents heures d’échanges, ce qu’on retiendra finalement de cette commission d’enquête sur l’audiovisuel public, ce sont… les éclats de colère et les clashs entre les auditionnés et le rapporteur, ou entre le rapporteur et le président.

Une personne est toujours impliquée, c’est Charles-Henri Alloncle (qui se fait appeler Charles Alloncle), un député de l’Union des droites pour la République, le parti d’Eric Ciotti. « Il est vraiment un député tout récent. On ne le connaissait pas du tout avant cette commission, qui a boosté sa notoriété », raconte Aude Dassonville, journaliste au Monde, qui a suivi l’ensemble des débats de cette commission d’enquête qui portait sur « la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public ».

Vous allez voir comment, avec une méthode bien à lui, Charles Alloncle s’est servi de cette commission pour s’offrir un coup de projecteur à près d’un an de l’élection présidentielle de 2027.

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Transcription
00:00Attendez, vous ne parlez pas français, c'est mon problème.
00:02Je me suis défendu face à vos attaques.
00:04Vous venez de faire quelque chose de grave.
00:06Ah là là, tout le monde m'attaque et m'agresse,
00:08alors qu'en fait, vous agressez en permanence tout le monde.
00:10Ça, c'est ce qu'on retiendra surtout de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public.
00:14Je pense qu'on n'a jamais vu autant d'incivilité finalement dans une commission d'enquête.
00:18Mais Jérémy, franchement...
00:19Quatre mois et demi de débat,
00:2267 auditions,
00:25234 personnes interrogées,
00:26Non, vous ne voulez pas m'entendre plus !
00:27Au total, plus de 200 heures d'échange.
00:30Vous insinuez ?
00:30Et tout ça...
00:31Sans que ce soit forcément constructif.
00:33D'où un peu le sentiment de gâchis.
00:35Aude Dassonville est journaliste au Monde.
00:37Pendant près de six mois, elle a suivi les auditions.
00:40Elle nous explique à quoi a servi cette commission,
00:42ou plutôt à qui.
00:47L'idée de cette commission parlementaire
00:49est partie de cette vidéo du média d'extrême droite L'Incorrect.
00:52Paris, Paris, c'est un risque de repartir.
00:55Avec d'ailleurs, c'est même la consistance.
00:58Donc, c'est ce qu'il faut, c'est Patrick et moi.
01:00On y voit Patrick Cohen et Thomas Legrand
01:02discuter avec des cadres du Parti Socialiste.
01:05Ces images ont été très commentées,
01:07notamment sur les antennes du groupe Bolloré.
01:09Ces médias accusent les deux journalistes
01:11de connivence avec la gauche
01:12pour faire chuter la droite,
01:14ce qui remet en cause, selon eux,
01:15l'impartialité du service public.
01:17D'ici 2027, tout sera fait
01:20sur les antennes du service public
01:22pour que la droite échoue.
01:24L'UDR s'est dit, il y a peut-être là une fenêtre
01:26sur un sujet qui fait beaucoup d'audience,
01:28qui nous intéresse beaucoup
01:29et duquel on pourrait tirer parti.
01:31Le Parti d'Eric Sotti,
01:32qui prône une privatisation de l'audiovisuel public,
01:35promet donc d'enquêter sur la neutralité,
01:37le fonctionnement et le financement
01:39de l'audiovisuel public.
01:41Une mission confiée à Charles-Henri Alloncle,
01:43qui se fait appeler Charles Alloncle
01:45et que le grand public connaît très peu.
01:47à ce moment-là.
01:48Il a 32 ans et il est député de l'Hérault
01:50depuis 2024.
01:51Il a toujours été à droite,
01:53visiblement quand il était lycéen déjà,
01:55il était très sarkoziste,
01:57un fervent sarkoziste.
01:58Cette commission va alors lui permettre
02:00de booster sa notoriété.
02:01Et pour ça, il a une méthode bien à lui.
02:04Mais Jérémy, franchement,
02:05mais qu'est-ce que tu fais là ?
02:07Pourquoi tu...
02:08Je viens de suspendre cette audition,
02:11je viens de suspendre cette audition.
02:13Monsieur le rapporteur vient de me mettre en cause
02:15en indiquant que j'avais des liens avec MediaOne,
02:17ce qui est absolument faux.
02:18Et donc, je mets fin à cette audition.
02:19Et je remercie les ministres de leur présence.
02:22Au lieu de laisser, finalement,
02:23de la place aux gens pour répondre
02:25ou le bénéfice du doute, on va dire,
02:27dans ces questions,
02:28il était toujours sur le mode attaque.
02:31Et donc, sur le mode,
02:32j'ai un scandale à révéler.
02:34Vous n'avez pas l'impression
02:34qu'il y a un conflit d'intérêt évident sur le sujet.
02:37C'est ça qui faisait aussi le succès
02:39des petites vidéos qu'il mettait sur son compte X.
02:42On n'a entendu que les attaques
02:44et on n'entendait jamais les réponses.
02:46Et ça, il a le droit,
02:47mais évidemment, c'est ça qui est gênant
02:48et qui décrédibilise le travail parlementaire.
02:51Et c'est pour ça aussi que ses collègues
02:52étaient assez agacés,
02:54dont le président, évidemment.
02:55Une façon de faire dénoncée
02:56par plusieurs personnalités interrogées,
02:58le président de la commission
03:00et même Yaël Braun-Pivet,
03:02présidente de l'Assemblée nationale,
03:03qu'il a notamment rappelé à l'ordre
03:05en décembre 2025.
03:07On peut parler au début,
03:08notamment, de l'audition de Thomas Legrand
03:10et celle de Patrick Cohen,
03:12parce que tous les deux ont été les premiers
03:13à dire, les yeux dans les yeux,
03:15aux rapporteurs que ça ressemblait
03:16à un procès politique,
03:18à du maccartisme,
03:19à une sorte de chasse aux sorcières.
03:20Je suis venu sans avocat.
03:23Je ne crois pas que ce soit l'usage
03:24de venir avec un avocat
03:25sur des procédures judiciaires
03:27que normalement,
03:27qui n'ont pas à être examinées
03:29par les commissions d'enquête.
03:30Parmi les séquences
03:31que Charles Aloncle relayait sur X,
03:33certaines étaient arrangées,
03:35voire inexactes.
03:36C'est faux.
03:38C'est faux.
03:39C'est complètement faux.
03:41C'est faux.
03:41C'est faux, je suis désolé.
03:43C'est vrai que souvent,
03:44c'est leur présentation biaisée
03:46ou l'oubli d'un conditionnel
03:47ou un conditionnel
03:48qui a quand même l'air d'être un présent
03:50qui pose des problèmes.
03:51Comme ici.
03:52Par exemple, le 25 février,
03:54Charles Aloncle a précisé
03:55que MediaOne,
03:56une société de production
03:57en lien avec France Télévisions,
03:59aurait privatisé le Maxims
04:01pour célébrer la reconduction
04:03de Delphine Ernotte
04:04à la tête de France Télévisions.
04:05Une information contredite,
04:07notamment par Xavier Niel,
04:09convoquée en tant que cofondateur
04:10et actionnaire de MediaOne
04:11lors de son audition
04:12du 2 avril 2026.
04:16Allez-y,
04:17comme il s'est avéré
04:18que c'est faux,
04:18je suis en train
04:19d'examiner une procédure
04:20pour parjure.
04:21Il y a toujours un tweet
04:21de M. le rapporteur
04:23apportant cette information-là.
04:24Et c'est-à-dire,
04:25c'est exactement
04:25ce que je vous reproche.
04:27Mais alors,
04:28vous savez que c'est faux ?
04:29Est-ce que vous savez
04:30que c'est faux aujourd'hui ?
04:31Excusez-moi,
04:32vous me laissez 10 minutes,
04:33je passe mon temps
04:33à être coupé.
04:34Si vous souhaitez,
04:34je m'en vais ou je ne sais pas.
04:35Dites-moi.
04:37Je me crois à l'Assemblée nationale,
04:38M. le rapporteur,
04:41je ne suis pas pour deux minutes.
04:44Même s'il a eu
04:45cette réponse,
04:48le rapporteur continue
04:49de laisser la fausse information
04:50parce qu'il dit
04:51« Moi, je ne vais pas faire
04:52le tri, finalement,
04:53entre les différents témoignages
04:56sous serment. »
04:57Reste qu'il privilégie
04:59l'information
05:00qui est évidemment embêtante,
05:02gênante,
05:02voire diffamatoire,
05:04finalement.
05:05En tout cas,
05:05ceux qui la contestent
05:06estiment qu'elle est diffamatoire.
05:09Et Charles-Henri à l'oncle,
05:10s'est même servi de cela
05:11comme d'un argument.
05:13Alors lui,
05:14quand on critique
05:15sa façon de faire,
05:17il dit
05:17« Oui, c'est un écran de fumée
05:18pour passer à côté
05:20des vraies révélations,
05:21des vrais sujets
05:21que ma commission
05:23a permis de révéler. »
05:25Moi, je ne suis pas sûre.
05:25Je pense que donner
05:27cette excuse-là,
05:28c'est au contraire
05:28montrer que, finalement,
05:30il n'y a pas eu
05:30tant de révélations que ça.
05:32On est en droit d'attendre
05:33de la part des députés
05:34un peu de modération.
05:36Ils sont là
05:36pour représenter
05:37l'ensemble des Français.
05:38Et l'ensemble des Français
05:39n'est pas forcément
05:39complètement à charge.
05:41Et là,
05:41cette façon d'interroger les gens
05:42faisait qu'il n'y avait pas moyen
05:43que ce soit constructif, en fait.
05:45Finalement,
05:46cette commission d'enquête
05:47a peut-être
05:47un autre but
05:48pour le rapporteur
05:49et l'UDR.
05:50Ça peut aussi donner lieu
05:51à une prémisse
05:53d'un programme électoral
05:54pour l'élection présidentielle
05:55l'année prochaine
05:56avec le parti siotiste
05:57qui aurait des idées
05:58pour l'audiovisuel public.
05:59À un an
06:00de l'élection présidentielle,
06:01cette commission a permis
06:02à Charles-Henri
06:02de se faire connaître
06:03encensé
06:04par les médias
06:05de la sphère Bolloré.
06:06Oui, Charles à l'oncle,
06:08par son intelligence,
06:09par sa précision,
06:11par son courage,
06:12a fait souffler
06:13un vent de fraîcheur
06:14dans ce paysage médiatique.
06:16Toutefois,
06:17sa méthode a aussi
06:18eu des conséquences.
06:19L'animateur Nagui,
06:20par exemple,
06:21a annoncé
06:21lors de son audition
06:22qu'il avait déposé
06:23plainte contre X
06:24pour cyberharcèlement,
06:25victime d'une campagne de haine.
06:27À la suite
06:28de faux différentes interviews
06:30relayées sur les réseaux,
06:31mais surtout hors du cadre
06:33et du travail
06:34de cette commission,
06:35votre intuition,
06:36comme vous dites,
06:37a déclenché
06:37à mon encontre
06:39des injures,
06:40des menaces,
06:41des incitations
06:42à porter atteinte
06:43à mon intégrité physique,
06:44le tout avec
06:45de nombreux messages racistes
06:46jusqu'à des menaces de mort.
06:47Le rapport est attendu
06:48le 28 avril 2026
06:50et signe de l'ambiance générale
06:52tout au long de cette commission.
06:53Même le dernier jour
06:54pour la dernière session d'audition,
06:57il y a eu des tensions.
06:58Vous avez tweeté au présent.
07:00Vous avez repris ces accusations
07:01comme si elles étaient vraies.
07:02Non, j'ai les tweets.
07:04On ne va pas, on ne va pas,
07:04on ne va pas,
07:05on ne va pas se disputer ici.
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