- il y a 6 minutes
Le député UDR Charles Alloncle estime que l'audiovisuel public est en "crise" financière, administrative, et aussi en raison d'une "perte de contact avec les attentes des Français", dans son rapport issu des travaux de la commission d'enquête sur le secteur, publié ce mardi 5 mai.
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00:00Il passe à côté de l'essentiel, c'est une occasion manquée.
00:04Voilà ce que vous dit Sébastien Lecornu, que répondez-vous ?
00:06Je soupçonne fortement de ne pas avoir lu le rapport,
00:09puisqu'il a été publié il y a à peine une heure ou une heure et demie.
00:12C'est d'ailleurs notre première réaction ce matin.
00:13Le site de l'Assemblée a craché, donc il y a eu tellement de demandes
00:17qu'il n'est même plus à même d'assumer la publication de ce rapport.
00:21Ce qui montre aussi ce qui témoigne l'intérêt des Français.
00:23C'est la première fois, je crois, que le site de l'Assemblée nationale
00:25est en telle rupture qu'il n'arrive même plus à le diffuser,
00:27dont je soupçonne notamment Sébastien Lecornu,
00:30qui a eu une réponse et une réaction assez prompte sur un rapport qui fait près de 400 pages.
00:39Il est très dense, il y a près de 4 heures de recommandation.
00:41Je ne l'ai transmis à aucun autre journaliste,
00:44donc il a été publié simplement ce matin, il y a moins d'une heure.
00:46Il y a eu une réaction quand même assez rapide, assez politique du Premier ministre.
00:50Je constate néanmoins que la ministre de la Culture hier
00:53a, je crois, convoqué la présidente de France Télévisions et de Radio France
00:56pour se mettre autour de la table.
00:57et essayer de voir ensemble un certain nombre de pistes de réforme.
01:01Et ça, vous considérez que c'est déjà en quelque sorte une victoire ?
01:03Je m'en félicite parce que le but de cette commission d'enquête,
01:06ça a été vraiment de braquer un projecteur sur les dérives et les dysfonctionnements
01:10pour mieux les résoudre et pour surtout sauver l'émission précieuse de l'audiovisuel public.
01:14Alors c'est là-dessus que visiblement,
01:16on va revenir évidemment sur la déclaration de Sébastien Lecornu à l'instant,
01:20mais vous dites « mon objectif, c'est de sauver l'audiovisuel public français ».
01:25Delphine Ernot a également réagi dès ce matin, la patronne de France Télévisions.
01:29C'était il y a quelques minutes.
01:30Elle dénonce un rapport à charge qui, effectivement, à ses yeux,
01:34n'est pas du tout pour sauver l'audiovisuel français.
01:38Mais encore une fois, moi je les invite,
01:40ils répondent dans les toutes premières minutes qui suivent la publication du rapport.
01:43rapport auquel ils n'ont pas eu accès,
01:46qui fait 400 pages, qui compte près de 80 professions.
01:47Non mais elle a été auditionnée, elle a participé.
01:50Elle dit d'ailleurs « nous nous sommes prêtés de bonne foi
01:54et en tout respect des institutions à ses auditions ».
01:57Absolument, et d'ailleurs je le remercie.
02:00Elle a fait deux auditions qui ont été assez longues, de quatre heures chacune.
02:03Mais je m'étonne d'une réaction aussi rapide,
02:05quelques minutes seulement après la publication du rapport,
02:08dont ils n'ont pas eu accès.
02:09Pourquoi est-ce que ça alors, d'après vous ?
02:10C'est-à-dire que vous avez l'air de dire « en fait, ils ne savent rien sur le
02:12fond,
02:12ils réagissent ». Alors pourquoi dans ces cas-là ?
02:14Oui, c'est un rapport qui fait 400 pages,
02:15qui compte près de 80 préconisations.
02:18Et je m'étonne qu'il y ait une réaction politique aussi prompte,
02:20aussi rapide, y compris la direction de France Télévisions
02:22dans les minutes qui suivent la publication du rapport.
02:24Moi j'aimerais qu'on parle du fond, j'aimerais qu'on dise…
02:26On va en parler du fond, mais quand vous dites qu'ils n'avaient pas le rapport,
02:29on en avait quand même des morceaux.
02:30D'abord, ce rapport avait fuité.
02:32Vous-même, vous l'avez reconnu.
02:34Ce n'est pas de votre fait, puisque, semble-t-il,
02:35un certain nombre d'indices concordants
02:37montrent qu'il s'agirait sans doute d'une députée socialiste.
02:40En tout cas, c'est ce que vous avez dit
02:41et c'est ce que certaines enquêtes auraient démontré.
02:46Mais enfin, ça veut dire quand même qu'une part de ce rapport,
02:48effectivement, en tout cas, circule,
02:49qu'il y a eu ensuite de larges pans de ce rapport
02:52qui ont été dévoilés par le Figaro ce matin.
02:53Vous ne pouvez pas dire qu'ils réagissent alors qu'ils n'ont rien vu,
02:55qu'ils n'ont rien lu, qu'ils ne savent pas ce qu'il y a dedans.
02:57En tout cas, ils réagissent sur la base d'un certain nombre d'informations,
03:00des fausses informations.
03:01Par exemple, on m'a prêté la suppression du Tour de France
03:03et d'un certain nombre de compétitions sportives sur le service public,
03:06alors que je dis strictement l'inverse.
03:08On m'a prêté, soi-disant, la nomination directe du président de la République,
03:11des présidents d'entreprises publiques de l'audiovisuel.
03:14Bon, je dis quelque chose de très différent.
03:16J'explique qu'il faut que l'Assemblée nationale et le Sénat votent,
03:19notamment sur proposition du président de la République,
03:21pour apporter plus de démocratie, de pluralisme et de transparence
03:24sur une nomination aussi importante.
03:26Donc, il y a eu beaucoup de fausses informations diffusées.
03:28Vous pouvez dire que je veux que l'audiovisuel public français
03:33sortent consolidées, renforcées ?
03:34Absolument, absolument, parce que c'est la première fois
03:36que l'Assemblée nationale réalise une commission d'enquête sur ce sujet.
03:40Il y a beaucoup de dérives, il y a beaucoup de dysfonctionnements
03:41qui n'avaient pas été dénoncés jusqu'à présent.
03:44Et le but de ces 80 recommandations, qui sont importantes,
03:47c'est de permettre à ces entreprises de se relever,
03:50d'assainir leurs pratiques,
03:51de relever aussi leurs comptes qui sont en déficit,
03:55qui sont en situation de quasiment dissolution,
03:58et d'apporter des garanties supplémentaires de pluralisme.
04:00Ce sont ces trois objectifs que j'ai voulu poursuivre
04:03dans le cadre de cette commission d'enquête,
04:04en dépit des critiques.
04:05Et on va essayer de comprendre effectivement vos propositions,
04:07mais je voudrais aussi le témoignage en quelque sorte,
04:09et les questions de Géraldine,
04:10parce que Géraldine, vous avez vous-même été auditionnée.
04:13Oui, j'ai été auditionnée par la commission d'enquête
04:15et j'ai vraiment suivi les travaux.
04:17Je suis un peu fatiguée de ces débats constants,
04:21très politiques autour de ce rapport, de votre commission, etc.
04:24Il y a quand même eu, si on voulait tous,
04:28parce que c'est un bien commun, ce service public.
04:30Regardez les faits qui ont été révélés.
04:32Il y avait quand même eu, avant vos travaux,
04:34un rapport de la Cour des comptes sur la mauvaise gestion
04:37des deniers de l'eau d'eau vivuelle publique.
04:404 milliards d'euros de budget, la moitié du ministère de la Culture.
04:44Il y a eu des vraies réflexions sur la question du pluralisme,
04:50notamment politique, sur les antennes.
04:53On a quand même appris des choses dans cette commission d'enquête,
04:55notamment sur ces liens incestueux,
04:58ces allers-retours permanents entre des grands patrons
05:00de boîtes de production, France Télévisions.
05:03Les Français ont découvert cela, même si certains le savaient déjà.
05:07Donc, de vraies questions posées.
05:09L'autre vraie question, c'est celle d'une réforme de ce service public
05:13qui est quand même, je ne sais plus, une soixantaine d'antennes
05:16entre les radios, les télévisions, les antennes locales.
05:20Est-ce qu'on peut regarder, est-ce qu'on peut la moderniser ?
05:23Est-ce qu'on peut regarder ce que font d'autres pays,
05:25comme l'Angleterre, etc. ?
05:26Mais au fond, est-ce que ça veut dire, Géraldine,
05:27que vous dites, comme Sébastien Lecornu,
05:29que c'est une occasion manquée ?
05:30Non, parce que maintenant, à chacun de s'en saisir,
05:32un rapport parlementaire, moi, je n'ai jamais vu qu'on l'applique.
05:34Enfin, voilà, il y a, vous le dites, 400 pages,
05:36je ne les ai pas encore lues, j'irai les lire.
05:38Par contre, j'ai lu vos propositions.
05:40Et là aussi, je reste un peu sur ma faim.
05:42Par exemple, vous parlez, vous suggérez des fusions de chaînes.
05:47France 2 et France 5, notamment.
05:50Évidemment, les fauves blessés vont hurler,
05:52mais ça peut s'entendre, des fusions de chaînes.
05:55Simplement, on ne voit pas forcément la vision stratégique derrière.
05:58C'est que comment vous intégrez les réseaux sociaux,
06:01Netflix, les nouveaux formats, les formats courts ?
06:03Là, vous restez sur une vision qui est assez linéaire,
06:05télé, radio.
06:06Et juste une autre question, sur le financement.
06:11Vous proposez une loi de programmation pluriannuelle,
06:14c'est très bien, mais quelles sources de financement ?
06:16On rétablit la redevance, qu'est-ce qu'on fait ?
06:18En fait, il y a des angles morts, quand même,
06:21même dans votre proposition.
06:23Et là-dessus, je voudrais préciser deux choses,
06:24parce que vous dites que la question du financement,
06:26ça pose aussi la question des audiences.
06:27Est-ce que l'objectif d'audience doit rester ?
06:30Et je trouve que cette question, effectivement, au fond,
06:34elle pourrait se poser, dans un sens, sur cette fusion que vous dites
06:37entre France 2 et France 5, puisque vous parlez de ça.
06:39Je voudrais qu'on s'y arrête un instant de manière très concrète.
06:41Vous parlez donc, parmi vos propositions, de fusionner France 2 et France 5.
06:45C'est la recommandation numéro 45.
06:47Quand on regarde le programme télé, tout simplement,
06:49alors il n'y a plus vraiment ouvert le télépoche comme on faisait à l'ancienne,
06:52mais quand on regarde concrètement, en frontal, les différents programmes.
06:56Vous avez, par exemple, entre 18h et 20h, des jeux sur France 2,
07:02et sur... vous avez... tout le monde a son mot à dire et n'oubliez pas les paroles.
07:05Et sur France 5, vous avez... c'est dans l'air, puis c'est à vous.
07:09Si vous fusionnez, vous gardez quoi ? Vous jetez quoi ?
07:11C'est tout le sens de cette recommandation.
07:13C'est effectivement de dire qu'il y a une place très importante
07:15accordée aux rediffusions sur ces chaînes, notamment les téléspectateurs.
07:18Non, mais là, moi, je ne vous parle pas des rediffusions.
07:20Je vous prends un créneau horaire.
07:21On est 18h-20h, c'est un moment très important pour la télévision,
07:26parce que c'est un moment où les gens allument leur télé.
07:28Donc, entre 18h et 20h, vous gardez quoi ?
07:30En fait, je vous explique comment on peut fusionner ces chaînes.
07:33Il y a beaucoup de places laissées aux rediffusions,
07:35notamment en deuxième partie de soirée, ce qui est déploré par les téléspectateurs.
07:38Il y a des programmes qui ne sont plus inédits,
07:40notamment les programmes de vacances.
07:41Il y a surtout neuf cases de jeux par jour sur France 2.
07:43Et quand on prend France 3, il y a 13 cases de jeux chaque jour.
07:47À l'évidence...
07:4718h-20h, vous gardez quoi ?
07:49Vous gardez ces dans l'air et c'est à vous ou vous gardez les jeux ?
07:51Je ne suis pas le directeur des antennes et des programmes de France Télévisions.
07:54Ce n'est pas, moi, ma responsabilité.
07:56Ma responsabilité est de dire qu'il y a une surproportion d'un genre,
07:58les jeux qui n'est pas un genre qu'on peut qualifier de mission de service public.
08:02Le privé l'assume déjà.
08:03Il y a neuf cases chaque jour sur France 2.
08:05On pourrait réduire ces cases pour faire le meilleur de France 5 et le meilleur de France 2
08:10sur une chaîne généraliste qui accorderait plus de place au contenu culturel,
08:13au documentaire, à l'information, à l'investigation
08:15et donc de rééquilibrer pour avoir une vraie chaîne qui ressemble aux Français.
08:19Et effectivement, c'est en train de devenir une affaire très politique.
08:22D'ailleurs, Jérémy Patrie-Lettus, qui était à vos côtés,
08:25puisque lui était le président de cette commission d'enquête,
08:27il est, lui, de la famille Horizon.
08:30Vous, vous êtes de la famille politique d'Éric Ciotti.
08:34Il dit que c'est devenu une forme de cirque
08:38et qu'au fond, il l'assume parce qu'il voulait, je cite,
08:41il l'a dit hier chez nos confrères de Quotidien,
08:43prendre à témoin les Français pour leur montrer ce que ça donne l'extrême droite au pouvoir.
08:47Vous allez évidemment revenir sur cette accusation.
08:50Mais au fond, ce que vous êtes en train de poser,
08:53c'est la question aussi des audiences et donc du financement.
08:57Mais cette question-là, vous n'allez pas forcément jusqu'au bout.
08:59Quand vous dites, si vous dites, on enlève les jeux, on enlève le divertissement...
09:02Non, je ne dis pas, on enlève les jeux.
09:03Non, en tout cas, on réduit largement.
09:05On réduit le budget des jeux.
09:06Neuf jeux chaque jour sur France 2, c'est trop.
09:08On pourrait en faire moins et on pourrait poursuivre davantage de missions de services publics
09:12comme les contenus culturels, l'information et l'investigation.
09:12Donc je reste à ma fameuse case, pardon, mais qui est une case cruciale,
09:16effectivement pour la télévision et pour les audiences.
09:18Encore une fois, après, on peut décider qu'on n'a plus cette question d'enjeu des audiences
09:21pour l'audiovisuel public.
09:23Ça peut aussi être une décision.
09:25Quand il est entre 18h et 20h, si je vais au bout de votre logique,
09:28vous supprimez les jeux et vous mettez France 5 sur France 2.
09:31Ce qui est sûr, c'est qu'il faut moins de place pour les jeux.
09:34Vous n'assumez pas.
09:34Mais parce que je ne suis pas directeur des antennes.
09:36Je ne vais pas vous dire à telle heure il faut tel programme, à telle heure il ne faut pas.
09:39Simplement, on pourrait tout à fait...
09:40Non, mais attendez, pardon, je vais vous laisser répondre.
09:44Non, mais j'ai du mal à répondre.
09:45Ça prolonge la question d'Apolline de Malheur.
09:47Non, parce que vous n'avez pas répondu.
09:48Vous faites partie d'une formation politique qui est alliée au Rassemblement National
09:51qui, lui, prône la privatisation du service public.
09:55Donc, allez jusqu'au bout.
09:57Ce n'est pas ce qu'on prône à l'UDR.
09:58J'appartiens, merci de le dire, j'appartiens à l'UDR.
10:00On est un parti indépendant, on a un groupe parlementaire indépendant.
10:03On rejoint le Rassemblement National sur nombre de constats.
10:06Oui, mais monsieur, je ne fais pas partie du Rassemblement National.
10:09Et merci de nous accorder une forme d'indépendance à l'Assemblée.
10:11On a un groupe parlementaire, on a une existence, on a une exigence, on a une indépendance.
10:15On rejoint le Rassemblement National sur énormément de constats.
10:19Moi, depuis le début de cette commission d'enquête, j'exprimais, je tenais à l'audiovisuel public.
10:25Et on a essayé de me ranger très facilement dans la case de ceux qui essaient de faire la promotion
10:30de la privatisation.
10:31Ce n'est pas le cas.
10:32Depuis le début, j'ai eu le Rassemblement National.
10:34Mais on est alliés, mais monsieur, on est alliés avec un groupe politique.
10:37On n'a pas forcément les mêmes recommandations.
10:40Et c'est là aussi tout le sens et toute la subtilité de la différence entre l'UDR et le
10:44Rassemblement National.
10:45J'assume effectivement, moi en tant que député UDR, tenir à l'audiovisuel public.
10:48J'assume que sur ces six mois de commission d'enquête, le fait de braquer un projecteur sur les dérives
10:53et les dysfonctionnements,
10:53c'est une façon aussi de permettre à ces entreprises de mieux s'en sortir.
10:57Voilà ce que ça donne, l'extrême droite au pouvoir, c'est ce que dit...
11:00D'assainir leurs pratiques, d'éloigner un certain nombre de conflits d'intérêts, de garantir du pluralisme.
11:04J'assume ces missions et j'assume cet objectif de que...
11:07Et vous assumez aussi de vouloir renforcer finalement le contrôle politique sur les chaînes de l'audiovisuel public,
11:13puisque vous proposez un patron de France Télévisions nommé par le président de la République.
11:19Non, ce n'est pas le cas.
11:19Ça j'ai du...
11:20Non, ce n'est pas le cas, il y a beaucoup de fausses informations qui ont circulé.
11:23Alors allez-y, dites-nous ce que vous proposez sur la nomination.
11:26Je propose de revenir à l'article 13 de la Constitution,
11:28qui est l'article qui détermine généralement la nomination et la désignation de bon nombre de patrons d'entreprises publiques.
11:33Et dans cet article 13, on voit qu'il y a une proposition faite par le président de la République
11:37qui est soumise à un vote à l'Assemblée nationale et au Sénat.
11:39On a eu tendance à réduire ça par c'est une nomination directe du président de la République,
11:44c'est un retour à l'ORTF, il n'en est rien.
11:46Il y a au contraire une volonté, selon moi, de faire preuve de davantage de démocratie,
11:50de transparence et de pluralisme en faisant voter les représentants des Français
11:54à l'Assemblée et au Sénat et en donnant un avis à l'ARCOM.
11:57Et qui demain, allons jusqu'au bout, et qui demain décidera si telle chaîne de télé ou de radio publique
12:03est pluraliste ou pas ?
12:04Alors ça c'est l'ARCOM.
12:05Non, non, non, non, qui et sur quels critères ?
12:09Mais c'est l'ARCOM qui est une autorité publique indépendante chargée du contrôle
12:12et c'est aussi pour ça que dans mes recommandations j'estime qu'une autorité publique indépendante
12:16qui est chargée de la nomination telle qu'elle est aujourd'hui et aussi du contrôle,
12:19c'est en certains cas être un peu jugé parti.
12:22Donc j'estime qu'il faut que l'ARCOM arrête d'être à la fois l'autorité de nomination
12:25des présidents de groupes de télé ou de radio publique
12:27et aussi l'autorité qui contrôle parce que ça peut valoir une forme de partialité.
12:33Donc l'ARCOM est l'autorité qui contrôle le pluralisme
12:36et l'Assemblée nationale, le Sénat sur proposition du président de la République
12:41et l'autorité en tout cas et l'organe institutionnel et démocratique
12:44qui nomme et qui désigne.
12:46J'ai une autre question parce que...
12:48Non, l'ORTF c'est une nomination directe du président de la République.
12:50Arrêtez de me faire ce mauvais procès.
12:52Il y a un vote à l'Assemblée nationale et au Sénat.
12:54C'est considéré que les représentants des Français
12:55n'ont pas une légitimité démocratique et pluraliste.
12:58Mais il faut l'assumer, non ?
12:59Vous avez l'air de vous en défendre.
13:01L'ORTF c'est une nomination sèche du président de la République
13:04sans garde-faux et contre-pouvoir.
13:05C'est un mauvais procès qu'il me fait.
13:07C'est considéré qu'un vote à l'Assemblée nationale et au Sénat
13:10n'est pas une forme de nomination pluraliste, transparente et démocratique.
13:15Et l'autre contradiction, si vous me permettez,
13:17vous voulez défendre le service public
13:19mais si j'ai bien compris, vous voulez couper un milliard d'euros de financement.
13:22Donc a priori, lui retirer des moyens.
13:24Ce n'est pas vraiment la meilleure façon de le faire.
13:26En supprimant.
13:26Quand vous avez 130 chaînes publiques de télévision et de radio
13:29qui sont payées à hauteur de la moitié du budget du ministère de l'Agriculture,
13:33je pense effectivement qu'on peut faire mieux avec des moyens optimisés.
13:36Je vous disais par exemple pour France 2 et France 5,
13:38quand vous avez 9 cases de jeux par jour sur France 2,
13:41je pense qu'on peut laisser plus de place à des contenus de missions d'intérêt général,
13:44de cultures d'investigation et d'information.
13:47Au contraire, on retrouvera des chaînes qui rassemblent davantage les Français
13:49et qui épousent vraiment des missions de services publics.
13:52Toute dernière et rapide question, Géraldine ?
13:53Je ne vais pas poser la question que je vous ai posée,
13:55je vais en poser une autre qui est plus politique.
13:57On va rentrer en campagne présidentielle, on y est quasiment déjà.
14:01Quel parti, y compris le vôtre, osera s'attaquer au sujet de l'audiovisuel public en pleine campagne ?
14:08Je dirais de prendre le risque qu'on leur tape sur la figure toute la journée,
14:12sur toutes les antennes que vous venez de citer.
14:14Vous avez raison.
14:15En fait, c'est la raison.
14:16Je pense que si c'est la première fois qu'à l'Assemblée nationale, on a fait une commission d
14:19'enquête sur ce sujet,
14:20c'est parce que beaucoup de députés n'ont pas voulu avoir des ennemis comme des dirigeants de chaînes publiques,
14:25des animateurs et producteurs stars, un certain nombre de patrons aussi d'actionnaires de sociétés de production
14:30qui sont patrons d'un certain nombre de médias.
14:32Donc, c'était aussi un risque d'aller dénoncer des dérives de ce système.
14:36Après, je pense que les Français aujourd'hui, à l'heure où on leur demande toujours plus d'efforts,
14:40à l'heure où on boucle des budgets qui leur sert davantage la ceinture,
14:43c'est aussi une exigence de vérifier comment leur argent est utilisé
14:47et comment demain, on pourra aussi faire des économies sur la dépense publique.
14:50Vu le niveau de dépense publique qu'on a aujourd'hui en France,
14:53c'est, je pense, une nécessité sur toutes les politiques publiques.
14:56Merci Charles Aloncle d'avoir répondu à nos questions.
14:58Vous êtes donc député IDR de l'Hérault et rapporteur de cette commission d'enquête.
15:02Le rapport a donc été publié ce matin, mais on me souffle dans l'oreillette qu'en effet,
15:06comme vous le disiez à l'instant, le site de l'Assemblée nationale a semblé-t-il craché.
15:09Lorsqu'il sera à nouveau disponible, vous pourrez aller vous rendre par vous-même sur ce rapport pour en juger.
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