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Pascal Praud et ses invités débattent des grands thèmes de l'actualité dans #HDPros
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00:00:00Bonjour à tous et bienvenue ce matin sur Europe 1 où nous savons d'ailleurs le nombre d'auditeurs qui sont chaque jour plus nombreux à nous écouter.
00:00:10La matinale de Dimitri Pavlenko qu'on embrasse bien évidemment et qu'on salue et qu'on félicite et puis toute son équipe autour de lui.
00:00:18Et puis nous sommes jusqu'à 10h30 vous le savez sur CNews avec des téléspectateurs là aussi qui sont de plus en plus nombreux et qu'on salue bien évidemment.
00:00:25Boilem sans salle est libre et c'est évidemment le plus important.
00:00:30Boilem sans salle est arrivé en Allemagne, preuve que la diplomatie française fut inopérante pour sortir l'écrivain français otage du régime algérien des geôles de M. Théboune.
00:00:41Emmanuel Macron a demandé l'aide à l'Allemagne, il a eu raison, ça s'appelle du pragmatisme.
00:00:47Emmanuel Macron n'est pas responsable de la haine que l'Algérie nourrit contre la France.
00:00:52Il n'est pas non plus responsable de la rente victimaire qu'entretient l'Algérie pour cibler l'ancienne puissance coloniale que fut la France et la rendre 60 ans après les accords déviants responsables de tous les maux du pays.
00:01:05En revanche, il est un peu fort de café d'expliquer que Boilem sans salle est libéré parce que Bruno Retailleau a quitté la place Beauvau comme si le ministre de l'Intérieur avait été un obstacle à la négociation.
00:01:18Bruno Retailleau voulait un bras de fer avec l'Algérie, rapport de force que l'Elysée n'a pas mis en place.
00:01:26Cessons de dire que la manière forte a échoué quand jamais Emmanuel Macron ne l'a envisagé.
00:01:32Le chef de l'État, le chic de faire passer des vessies pour des lanternes, c'est sous sa présidence que le régime algérien a pris Boilem sans salle en otage.
00:01:42Après qu'Emmanuel Macron a reconnu la marocanité du Sahara occidental, il l'a eu d'ailleurs sans doute raison,
00:01:48et d'autres pays que lui l'ont fait.
00:01:50Je le redis, l'Algérie règle ses comptes avec la France et toute diplomatie est compliquée pour ne pas dire impossible.
00:01:56Mais convenons que la petite musique entendue hier, chantée par M. Lecornu sur la méthode employée pour que Boilem sans salle recouvre la liberté,
00:02:07fruit, je cite, d'une méthode de respect et de calme, sous-entendu, c'est la faute de Bruno Retailleau si la libération a tardé.
00:02:16Et convenons que cette lecture n'abusera personne.
00:02:21Elle illustre un système de défense, de communication, qu'on observe sur tous les sujets.
00:02:26Ce n'est jamais la faute ou la responsabilité de l'Élysée.
00:02:31Boilem sans salle est en Allemagne.
00:02:32Merci à l'Allemagne.
00:02:34Si ce n'est pas une défaite pour la diplomatie française, admettons que ce ne soit pas une victoire.
00:02:39Il est 9h02, Alice Sommereur.
00:02:52Bonjour Pascal, bonjour à tous.
00:02:54Quatre personnes soupçonnées d'avoir participé au tournage illégal d'un clip de rap à Rilieu, la pape qui a causé, on le rappelle, un incendie dans la banlieue de Lyon.
00:03:02Ils ont été interpellés, parmi eux un individu de 18 ans, plus connu sous le nom de BFK-16.
00:03:08On le rappelle, ce sont des tirs de mortier qui ont déclenché cet incendie.
00:03:13Ils étaient 250 agriculteurs mobilisés hier soir et cette nuit à Rond devant la préfecture.
00:03:19Ils attendent d'Emmanuel Macron qu'il s'exprime à Bruxelles et qu'il exprime son opposition aux accords du Mercosur.
00:03:24C'est ce qu'a annoncé hier soir Arnaud Rousseau.
00:03:27Et puis l'écrivain franco-algérien Boilemsens, ça allait arriver hier soir en Allemagne.
00:03:31Il est désormais à Berlin pour y être soigné.
00:03:34Cela faisait un an qu'il était retenu en Algérie.
00:03:37Merci Alice Sommereur.
00:03:39Nous sommes avec Sabrina Medjobber ce matin, avec Maître Pascal-Pierre Garbarini, avec Richard Millet, avec Philippe Bilger, avec Thomas Bonnet.
00:03:46Est-ce que quelqu'un a la Légion d'honneur ici d'ailleurs ?
00:03:48Monsieur Bilger ?
00:03:48Vous avez la Légion d'honneur, monsieur Bilger ?
00:03:50Oui, pardonnez-moi.
00:03:51Oui, ça je vous pardonne.
00:03:53Figurez-vous que la BRI, et on en parlera tout à l'heure, ne l'a même pas depuis le 13 novembre.
00:03:57Et la BAC non plus.
00:03:59C'est-à-dire ceux qui l'améritent ne l'ont pas.
00:04:01Alors vous pouvez la rendre et la donner à la BRI, si vous le souhaitez.
00:04:04Si je pouvais le faire, je le ferais volontiers, même si je suis très honoré d'avoir la Légion d'honneur.
00:04:11J'ai failli avoir même au-dessus, mais j'avais dit une bêtise sur Twitter, officier quoi.
00:04:18Et vous aviez dit quoi pour...
00:04:19J'avais discuté Bamboula, vous voyez à l'époque qu'il y avait des polémiques.
00:04:26Effectivement, si vous avez dit Bamboula, je comprends que ce n'était pas...
00:04:29Non, non, mais j'avais défendu...
00:04:30Ce n'est pas des mots qu'on dit ?
00:04:31Oui, mais j'avais été aussi convaincant pour défendre l'expression libre que je le suis devant vous pour défendre, pour mettre une nuance sur Nicolas Sarkozy.
00:04:43Allez, c'est reparti.
00:04:45Non, non !
00:04:45Vous mettez une pièce dans le...
00:04:46Mais en fait, vous êtes obsédé.
00:04:48Mais c'est une obsédé.
00:04:53C'était pour vous faire rire.
00:04:55Non, mais allez chez un psychanalyste, allez voir...
00:04:57Consultez !
00:04:59Mais non, je n'ai pas pu vous écouter.
00:05:01Lundi soir, on m'a dit que c'était une hyperbole collective.
00:05:06Consultez, cher ami, consultez.
00:05:08Moi, je connais des très bons psychiatres ou psychanalystes, je vous assure.
00:05:12Mais alors, nous serions deux !
00:05:14Mais non !
00:05:15Mais attendez, c'est moi, je ne parle pas de ça !
00:05:17Bon !
00:05:18Bon, Alain M. Sansal, la Macronie est insupportable.
00:05:22Je vous assure, mais plus le temps...
00:05:24Alors, la Macronie, elle est réduite à poids de chagrin.
00:05:26C'est un président de la République, un Premier ministre et quelques conseillers.
00:05:29Mais ils sont insupportables, insupportables.
00:05:32Je ne peux pas vous dire autre chose.
00:05:33D'expliquer, de prendre les gens pour des cons, quoi.
00:05:38Voilà.
00:05:39Ça serait simple, c'est ce que je disais tout à l'heure, de dire.
00:05:42Évidemment que c'est impossible de parler avec l'Algérie, c'est tout.
00:05:45Et il a plutôt eu raison.
00:05:47Répétons-le.
00:05:49Emmanuel Macron, d'aller vers l'Allemagne, c'est plutôt intelligent.
00:05:52C'est ça qu'il faut dire.
00:05:53Mais il ne faut pas envoyer tous les conseillers de Paris,
00:05:55appeler toutes les rédactions pour dire que c'est une victoire de la diplomatie française.
00:05:59Enfin, c'est grotesque.
00:06:00Franchement, ça irrite et ça agace tout le monde.
00:06:03Donc, c'est ça qui est insupportable.
00:06:05Alors, voyons le sujet de Vincent Farrandez.
00:06:07Et puis, on va en parler.
00:06:08Et puis, on se réjouit surtout que Boalem Sansal soit libre.
00:06:12Parce que c'est quand même le plus important.
00:06:13Boalem Sansal, sur le point de retrouver sa liberté en Europe après un an de détention en Algérie.
00:06:23Il est aux alentours de 21 heures.
00:06:25L'écrivain, âgé et extrêmement malade, atterrit à Berlin avant d'être transféré dans un hôpital de la ville où il doit être soigné.
00:06:34Quelques heures plus tôt, Emmanuel Macron réagissait à la remise en liberté de Boalem Sansal.
00:06:40Conscient du rôle décisif joué par l'Allemagne, il félicite également les efforts diplomatiques français.
00:06:46Nous avons travaillé en transparence avec nos amis allemands comme tiers de confiance.
00:06:50Et je remercie sincèrement le président Steinmeier.
00:06:52Notre souci a toujours été d'être efficace pour permettre la libération de M. Sansal.
00:06:57Et la médiation allemande y a contribué de manière décisive.
00:07:00Lundi, le président allemand formulait une demande de grâce à son homologue algérien, requête acceptée par Abdelmajid Tebboune.
00:07:08Le président de la République a décidé de répondre favorablement à la demande de son excellence le président de la République fédérale d'Allemagne,
00:07:16ami en vertu de laquelle l'État allemand prendra en charge le transfert et le traitement de la personne concernée.
00:07:22Un geste du président Tebboune vu comme une opportunité pour Emmanuel Macron.
00:07:26Le chef de l'État souhaite désormais une reprise du dialogue et de la coopération entre Alger et Paris.
00:07:34Et évidemment ce qui nous importe c'est l'état de santé de Boilem sans salle.
00:07:39Et Antoine Gallimard était ce matin sur France Inter, il a donné des précisions.
00:07:44C'est vrai qu'il a été soigné là-bas, il sera sûrement très bien soigné en Allemagne.
00:07:50Mais c'est quelqu'un qui a passé un an comme un vrai poète aussi,
00:07:54comme quand on était dans la Seconde Guerre mondiale
00:07:58où on connaissait des gens qui écrivaient leurs prochains romans dans leur tête.
00:08:03Il a plu tout Victor Hugo, il a passé un temps fou à devenir ami avec ses voisins.
00:08:09Il m'en souffert, il était très très malheureux de ne pas avoir sa femme, ses amis,
00:08:13de ne pas avoir du papier pour écrire.
00:08:15Mais en même temps il a une vie intérieure immense, un vrai poète.
00:08:17Et on va écouter Sébastien Lecornu hier, parce qu'évidemment cette petite musique
00:08:22dont je vous parlais tout à l'heure, qui est vraiment pas convenable,
00:08:26me semble-t-il, vis-à-vis de l'ancien ministre de l'Intérieur qui est Bruno Retailleau.
00:08:30Écoutez Sébastien Lecornu.
00:08:32On me permettrait de réagir au nom du gouvernement de la République
00:08:37en exprimant notre soulagement à l'annonce des autorités algériennes
00:08:42d'avoir gracié Boilem Sansal.
00:08:45Et nous souhaitons qu'il puisse rejoindre ses proches au plus vite,
00:08:49être soigné et je tiens à remercier du fond du cœur
00:08:53celles et ceux qui ont contribué à cette libération,
00:08:56fruit d'une méthode faite de respect et de calme.
00:09:15Applaudissements
00:09:16Les applaudissements de l'Assemblée nationale.
00:09:19Alors cette petite phrase, donc évidemment c'est une pierre dans le jardin,
00:09:24Thomas Bonnet de Bruno Retailleau.
00:09:26Quand je disais tous les conseillers hier entre 17h et 20h ont appelé tout Paris
00:09:30et vous-même on vous a appelé le Quai d'Orsay.
00:09:32En fait ces gens nous prennent pour des imbéciles.
00:09:35Donc il faut l'explication.
00:09:36Ils appelaient d'ailleurs pourquoi ? Parce qu'ils savaient bien.
00:09:39Quand il n'y a pas de soucis, ils n'appellent pas.
00:09:41Quand c'est clair, ils n'appellent pas.
00:09:43Et là ils prenaient leur téléphone tous.
00:09:45C'est grotesque cette communication.
00:09:47Moi je la trouve insupportable.
00:09:49On vous a appelé hier.
00:09:51De deux choses l'une.
00:09:52En effet, vous l'avez très bien dit,
00:09:53le fait de recourir à l'Allemagne pour permettre la libération de Boilem Sansal,
00:09:56c'est une bonne idée.
00:09:57On doit tous saluer.
00:09:57Le principal c'était qu'ils soient libres et c'est donc très bien.
00:10:00Ensuite en effet, le discours qui est en train de se construire,
00:10:02le récit qui est en train de se construire,
00:10:04qui consiste à dire que la présence et l'action de Bruno Retailleau
00:10:08était devenu un frein à la libération de Boilem Sansal,
00:10:10c'est un peu gros.
00:10:11C'est un peu gros parce qu'on est en train de nous expliquer par exemple
00:10:13que ça aurait dû avoir lieu au mois d'avril
00:10:15et que l'arrestation d'un agent consulaire de l'Algérie
00:10:17a empêché à la dernière minute la libération de Boilem Sansal.
00:10:20J'ai un peu de mal à croire à tout ça.
00:10:22Voilà, je vous le dis comme je le pense.
00:10:23Et simplement parce que vous avez dit,
00:10:25Emmanuel Macron n'y est pour rien dans la relation avec l'Algérie.
00:10:27Je n'y en serai un poil.
00:10:28Parce que rappelez-vous quand même Benjamin Stora
00:10:29qui a été quand même missionné par l'Elysée
00:10:31pour tenter de rétablir la relation franco-algérienne.
00:10:34On ne peut pas dire que ça a été une réussite.
00:10:36Et je vous renvoie aussi quand même à ces propos lunaires
00:10:39d'Emmanuel Macron en Algérie
00:10:40qui parle de la colonisation comme d'un crime contre l'humanité.
00:10:43Disons que ça n'a pas aidé à apaiser les relations entre les deux pays.
00:10:46Maître Garbarini.
00:10:47Oui, moi j'observe qu'il y a quand même un mot qui me déplait
00:10:50dans la déclaration du Premier ministre.
00:10:53Je remercie d'avoir gracié, mais il est coupable de quoi ?
00:10:56Exactement.
00:10:57Qu'a-t-il fait ?
00:10:57Mais il reprend effectivement...
00:10:59D'avoir gracié ?
00:11:00Il reprend les termes de l'Algérie.
00:11:02C'est une sorte de soumission.
00:11:04Une culpabilité, mais laquelle ?
00:11:05De s'exprimer librement en tant que personne et en tant qu'écrivain ?
00:11:11Il faut faire attention quand même aux mots qu'on emploie.
00:11:13Il a même parlé de gestes d'humanité.
00:11:16Comme vous n'oserez pas dire du bien de vous-même, Pascal,
00:11:19franchement, j'ai trouvé votre édito tout à l'heure très remarquable.
00:11:24Non mais vraiment, notamment parce que vous ciblez bien
00:11:28derrière tout ça la démarche politicienne
00:11:32qui consiste à mettre en cause Bruno Retailleau et à...
00:11:36Mais c'est minable en fait.
00:11:38Pardonnez-moi, c'est minable.
00:11:39Même registre qu'Emmanuel.
00:11:40Exactement.
00:11:41Mais c'est minable parce que je ne ferai pas le reproche à Emmanuel Macron
00:11:44de tout ce qui se passe en Algérie depuis 60 ans.
00:11:47Il n'est pas responsable.
00:11:49Je trouve qu'il a plutôt été habile, effectivement,
00:11:51en se tournant vers l'Allemagne.
00:11:53Mais d'expliquer que c'est de la faute de Bruno Retailleau,
00:11:55je trouve ça minable.
00:11:56Je ne peux pas vous dire autre chose.
00:11:57Et je pense que ça les discrédite et que c'est contre-productif.
00:12:01Mais c'est toute la macronique qui est comme ça.
00:12:04C'est-à-dire qu'ils prennent des vécis pour des lanternes sur tout.
00:12:07Alors évidemment, les gens, ils t'expliquent un récit
00:12:11qui n'a rien à voir avec la réalité.
00:12:13Ça s'appelle être déconnecté sur tous les sujets.
00:12:16Sur ce plan-là.
00:12:16Sur tous les sujets.
00:12:17Et lorsque j'en aurais pas, on vient nous expliquer
00:12:20sa diplomatie, sa méthode, ont été victorieuses.
00:12:24Il faut tout de même être un peu cohérent.
00:12:26Mais ce qu'il aurait dû dire,
00:12:28nous, nous sommes tournés vers l'Allemagne.
00:12:30Et c'est ça qui est décisif.
00:12:31Bien sûr.
00:12:32Oui, mais...
00:12:32Et d'ailleurs, c'était tourné vers l'Italie avant, je crois.
00:12:35Oui.
00:12:35Et c'est finalement le président allemand...
00:12:36Et c'est pas très grave de dire ça.
00:12:38Bien sûr.
00:12:38Parce que t'as affaire à des gens, effectivement,
00:12:40à qui tu ne peux pas parler.
00:12:42Au contraire, ça met en avant la relation avec l'Allemagne.
00:12:44Comme ça, ça aurait échappé au sentiment qu'on peut avoir
00:12:46que c'est un camouflet un peu pour la France.
00:12:49Bien sûr.
00:12:50Pascal Garbarini, il y a une rupture,
00:12:52aujourd'hui, nette avec l'Algérie.
00:12:55Il ne faut pas se cacher, se voiler la face
00:12:59depuis que la France a reconnu le Sahara occidental
00:13:04comme appartenant au Maroc.
00:13:06C'est tout.
00:13:06Point.
00:13:06Oui, mais là-dessus, là encore, d'autres pays l'ont fait.
00:13:09Oui, les Etats-Unis, par exemple,
00:13:10ils n'ont pas rappelé leur ambassadeur.
00:13:11Emmanuel Macron n'a pas tort d'avoir fait ça.
00:13:14C'est pour cela que c'est très étrange, d'une certaine manière.
00:13:19Alors écoutez ce que disait tout à l'heure Robert Bénard,
00:13:21parce que Robert Bénard, alors évidemment,
00:13:24il n'y a pas que nous qui disons ça.
00:13:26Beaucoup de gens disent ça et ils connaissent bien le sujet.
00:13:30Robert Bénard, écoutez-le, il était actionné à Mabrouk
00:13:33entre 8h15 et 8h30.
00:13:36Je résume directement cette polémique.
00:13:37C'est là où la France a échoué, l'Allemagne a réussi.
00:13:40Point d'interrogation.
00:13:41Je ne suis pas d'accord avec ça.
00:13:43D'abord, je pense qu'il fallait,
00:13:45parce que ça a été mon boulot pendant des années,
00:13:50de m'occuper de ça.
00:13:51Il n'y a pas de contradiction entre, d'une part,
00:13:53la mobilisation, vous à l'antenne,
00:13:56les gens dans la rue, tout le monde qui en parle,
00:13:58les gens qui gueulent et tout ça.
00:14:00Il faut ça et la diplomatie.
00:14:03Ce n'est pas un ou l'autre.
00:14:04Ça n'a jamais été pour un notaire ou ça.
00:14:06Moi, j'avais été 25 ans, j'ai fait ça.
00:14:08Tu t'appuies sur les deux, à la fois des diplomates
00:14:10qui ne parlent pas ou qui ne viennent pas expliquer
00:14:12ce qu'ils font chez vous,
00:14:14et en même temps, les gens qui gueulent.
00:14:15Et il faut les deux.
00:14:17Ça, c'est la première chose.
00:14:19La deuxième chose, c'est que je suis content
00:14:22que l'Allemagne ait joué ce rôle-là.
00:14:24Merci à eux.
00:14:25Mais enfin, putain, quelle humiliation pour la France.
00:14:29Enfin, je ne suis quand même pas naïf,
00:14:32naïf au point d'oublier
00:14:35à quel point ils font ça pour faire chier Paris.
00:14:38C'est aussi, pardon de cette grosse vulgarité
00:14:41que je retire immédiatement,
00:14:42pour emmerder Paris, pour leur dire
00:14:44on ne vous donne pas satisfaction,
00:14:46on préfère faire plaisir aux Allemands.
00:14:47Alors, il a des raisons...
00:14:48Donc, vous y voyez malheureusement
00:14:49une humiliation pour notre pays ?
00:14:51Enfin, vous y voyez quoi ?
00:14:53Bien sûr que c'est une humiliation pour votre pays.
00:14:55Et en plus, alors ils font...
00:14:56C'est un truc à trois membres.
00:14:57Un, tu humilies le pays.
00:14:59Deux, tu tapes sur Retailleau
00:15:00qui avait le courage de dire un certain nombre de choses.
00:15:03Je pouffe de rire !
00:15:06Et c'est vrai que ce n'est pas bien.
00:15:07Alors, ce que dit en revanche
00:15:09M. Ménarque et Juste,
00:15:11c'est qu'il faut les deux.
00:15:12Bien sûr.
00:15:12C'est-à-dire qu'il faut la diplomatie,
00:15:14effectivement, secrète,
00:15:17et puis taper.
00:15:18En tout cas, dire que tu vas taper,
00:15:21et puis en parler.
00:15:23Mais qu'elle ne soit pas tellement secrète,
00:15:24que même des gens de bonne foi
00:15:27peuvent se demander
00:15:28si elle n'est pas inexistante.
00:15:30Parce que tout de même,
00:15:31Jean-Noël Barraud
00:15:34a eu beau nous persuader
00:15:35qu'il était très actif,
00:15:37on parvient mal à le croire.
00:15:39En tout cas, moi,
00:15:40mais sans doute,
00:15:41j'ai mauvais esprit dans ce domaine.
00:15:42Vous avez raison,
00:15:44c'est l'immense joie
00:15:45de la libération de Boualem sans salle.
00:15:48Je me suis un peu reproché hier
00:15:50ou de politiser trop cette chose-là
00:15:53alors que la joie est immense.
00:15:54Mais pardonnez-moi,
00:15:56c'est l'Élysée qui politise.
00:15:58C'est l'Élysée qui fait n'importe quoi.
00:16:01C'est l'Élysée qui envoie
00:16:02tous ses émissaires dans Paris.
00:16:04C'est vrai.
00:16:04Qui fait appeler bidule,
00:16:05qui fait appeler machin.
00:16:07Mais j'aurais pu éviter
00:16:08de créer de l'impulsion.
00:16:10Parce qu'en fait,
00:16:10tous ces petits hommes gris
00:16:12sont là pour dire
00:16:13gloire à Emmanuel Macron.
00:16:15À Cléronnay.
00:16:16Gloire à notre grand timonier.
00:16:20C'est vrai.
00:16:20Mais ils sont dans un rapport
00:16:21avec Emmanuel Macron.
00:16:22Je n'ai jamais vu ça.
00:16:23Gloire à lui.
00:16:24Donc ils appellent.
00:16:26Mais enfin,
00:16:26je vous assure,
00:16:27c'est unique au monde.
00:16:28La flagornerie est
00:16:30inversement professionnelle
00:16:32au nombre de soutiens.
00:16:34Oui,
00:16:35le niveau de courtisanerie.
00:16:36Et alors,
00:16:36si tu as le malheur de dire,
00:16:38tu entends,
00:16:38vous êtes dans une haine
00:16:39vis-à-vis d'Emmanuel Macron
00:16:40qui est invraisemblable.
00:16:41C'est tout ce qu'ils savent te répondre.
00:16:43Richard Millet.
00:16:44C'est encore une humiliation
00:16:46pour la France,
00:16:47après bien d'autres.
00:16:48Mais moi,
00:16:49ce qui m'intéresse,
00:16:50parce que vous avez à peu près
00:16:50tout dit,
00:16:51ce qu'il fallait dire
00:16:52sur ce truc-là,
00:16:53me semble-t-il,
00:16:54ce qui m'intéresse,
00:16:55c'est ce que va dire
00:16:55Boalem Sansal.
00:16:56Oui,
00:16:57exactement.
00:16:57Parce que si je lis,
00:16:58par exemple,
00:16:59ce que dit aujourd'hui
00:17:00le nouvel Ops
00:17:00pour présenter Sansal,
00:17:02il dit
00:17:02« Écrivain dissident,
00:17:03admirateur de Camus et Orwell,
00:17:06polémiste révéré
00:17:07par les droites françaises. »
00:17:09Je peux vous dire
00:17:10que vous allez voir
00:17:11se dessiner
00:17:11un certain nombre de choses
00:17:12et qu'on va lui demander
00:17:13probablement des comptes.
00:17:15Pourquoi l'extrême droite,
00:17:16notamment,
00:17:17t'a soutenu ?
00:17:18Vous vous souvenez
00:17:18qu'il y a eu plein de polémiques.
00:17:20Pourquoi CNews ?
00:17:21Et pourquoi CNews,
00:17:22qui n'est pas d'extrême droite,
00:17:24a soutenu ?
00:17:25CNews,
00:17:26Europe 1,
00:17:26JDD.
00:17:27Par exemple,
00:17:28ce matin,
00:17:28c'est la une du Figaro
00:17:29pleine page,
00:17:30parce que c'est symbolique.
00:17:31Ce n'est pas la une
00:17:32de tous les organes de presse.
00:17:34Il y en a qui se sont réveillés
00:17:35un peu tard.
00:17:35On ne les entendait pas beaucoup
00:17:36pendant la détention
00:17:37de Boalem Sansal.
00:17:38Et puis aujourd'hui,
00:17:38c'est normal,
00:17:39parce qu'il y a une joie,
00:17:40mais quand même,
00:17:41ils retrouvent
00:17:42le coup de sexualité.
00:17:43Richard a totalement raison.
00:17:45J'ai entendu quelqu'un
00:17:46avant de venir
00:17:47qui disait
00:17:48maintenant qu'il est libéré,
00:17:50en gros,
00:17:51on va pouvoir cracher
00:17:52sur lui.
00:17:53Laurent Nunez
00:17:54a pris la parole,
00:17:55le ministre de l'Intérieur.
00:18:01Laurent Nunez,
00:18:02le ministre de l'Intérieur.
00:18:03Vous êtes en droit à vis.
00:18:04Laurent Nunez,
00:18:06qui a très quincé.
00:18:07La France a joué un rôle.
00:18:08Et la position
00:18:10qui a été la nôtre
00:18:11ces dernières semaines
00:18:12est importante.
00:18:14C'est-à-dire,
00:18:14cette expression
00:18:15d'une volonté
00:18:16de réengager un dialogue
00:18:17vous dit,
00:18:18c'est un geste d'humanité.
00:18:19Voilà.
00:18:19Et donc,
00:18:20nous nous en réjouissons.
00:18:21Très clairement.
00:18:22Vous dites ça
00:18:22pour me répondre à moi
00:18:23ou vous dites ça
00:18:24pour qu'il vous entende
00:18:25vous le dire ?
00:18:26Non,
00:18:27je vous réponds à vous.
00:18:28Voilà,
00:18:28je vous réponds à vous
00:18:29et nous allons maintenant...
00:18:31Il faut qu'on poursuive
00:18:32ce dialogue avec l'Algérie.
00:18:35Mais alors,
00:18:35qu'est-ce qu'il fallait faire ?
00:18:36Il fallait se taire ?
00:18:38Alors que l'accord
00:18:38a des conséquences
00:18:39par exemple migratoires.
00:18:41L'accord de 1968.
00:18:42Qu'est-ce qu'il fallait se faire ?
00:18:43Il faut se taire en fait ?
00:18:44Il faut s'écraser ?
00:18:46C'est ça ce qu'ils nous disent ?
00:18:48C'est étrange.
00:18:49Voilà un très bon préfet de police
00:18:50qui n'est pas un ministre extraordinaire.
00:18:53Parce qu'il a d'abord au début
00:18:55trop voulu distinguer Bruno Retailleau.
00:18:59Et j'ai l'impression tout de même
00:19:01que lorsque dès le lendemain
00:19:02son introsionation,
00:19:04il dit qu'il faut restaurer
00:19:05des relations diplomatiques
00:19:07avec l'Algérie,
00:19:08il était sans doute déjà au fait
00:19:10peut-être de l'annonce
00:19:12d'une bonne nouvelle.
00:19:13Il a offert la tête de Bruno Retailleau
00:19:15dès son arrivée.
00:19:16Mais qu'est-ce qu'il souhaitait,
00:19:18M. Retailleau ?
00:19:19Il souhaitait simplement,
00:19:20il reprochait à l'Algérie
00:19:21de ne pas coopérer
00:19:22sur la reprise de ses ressortissants.
00:19:24Il ne fallait pas le dire ?
00:19:25Il était juste ministre de l'Intérieur en fait.
00:19:28La question, c'est maintenant qu'on a récupéré
00:19:31Boalem Sansal.
00:19:33Vu qu'on nous dit que la relation est rétablie
00:19:35avec Alger, allons-y.
00:19:36Maintenant, j'ose espérer qu'on va avoir
00:19:38une coopération migratoire exceptionnelle
00:19:39et qu'ils vont reprendre leurs OQTF.
00:19:41J'en suis...
00:19:41Bon, alors, effectivement,
00:19:45on peut être un peu modéré
00:19:46autour de cette table.
00:19:48Je l'ai été tout à l'heure sur Emmanuel Macron
00:19:50et effectivement, c'est une position
00:19:51nuancée, modérée,
00:19:53parce qu'il a eu raison, on le répète,
00:19:55d'aller vers l'Allemagne.
00:19:56Vous parlez d'humiliation, par exemple,
00:19:57c'est un terme que je n'ai pas employé.
00:20:00Je trouve que ce n'est pas une victoire.
00:20:01Ce n'est pas une victoire pour la diplomatie française,
00:20:03mais je ne dirais pas que c'est une humiliation.
00:20:05C'est le mot que vous avez employé.
00:20:07En revanche, d'autres l'emploient.
00:20:08C'était Gilbert Collard hier sur l'antenne d'Europe.
00:20:10Écoutez-le.
00:20:11Il est envoyé pour soin en Allemagne.
00:20:14Donc, on passe pour des cons.
00:20:16Excusez-moi d'avoir un langage peu diplomatique.
00:20:19Ça le mérite d'être clair.
00:20:20Ça le mérite d'être clair.
00:20:21Non, vraiment.
00:20:22On a pris des...
00:20:24Bon, tant mieux qu'il soit là.
00:20:26Peu importe.
00:20:27Quand même, réjouissons-nous d'abord.
00:20:29Bien sûr, mais quand même.
00:20:31Quand on pense que la puissance d'une diplomatie d'un pays
00:20:34se mesure à son influence.
00:20:37C'est toute l'histoire de la diplomatie, ça.
00:20:39Et qu'ils nous foutent ce coup de...
00:20:41Pompent dans le cul.
00:20:43Monumental.
00:20:45Monumental.
00:20:45C'est pas un coup d'éventail, là.
00:20:47Je rappelle quand même que tout le conflit avec l'Algérie
00:20:50est parti d'un coup d'éventail.
00:20:51C'est pas un coup d'éventail.
00:20:53C'est un coup de pompe.
00:20:53Et en plus, il l'envoie en Allemagne
00:20:56pour qu'il se fasse soigner en Allemagne.
00:20:59Moi, je suis heureux, je suis ravi.
00:21:02Un écrivain libéré de cette dictature est quand même notre diplomatie, Pascal.
00:21:09La France n'a plus aucune autorité diplomatique.
00:21:13Plus aucune, mais plus aucune.
00:21:15Et l'Algérie a poussé la perfidie
00:21:18jusqu'à attendre que le président allemand
00:21:22demande la grâce pour l'accorder,
00:21:25alors que nous la demandons depuis...
00:21:27Alors, sans doute, le président allemand lui disait...
00:21:30La discussion qu'on a ce matin,
00:21:33vraiment, elle est provoquée, je trouve,
00:21:35par la réaction de l'Élysée.
00:21:36Si l'Élysée n'avait pas politisé de cette manière-là,
00:21:39tout le monde saluerait simplement
00:21:40la libération de Boilene Sansal.
00:21:42Mais cette volonté de récupération
00:21:44et d'instrumentalisation,
00:21:45à mon avis, est contre-poli.
00:21:47Absolument. C'est très malsain, c'est très pervers.
00:21:49C'est pas du tout digne, justement,
00:21:51de nos représentants.
00:21:53Mais je pense qu'il faut simplement rappeler
00:21:54qui était le ministre de l'Intérieur,
00:21:56Bruno Rotailleau, à l'époque.
00:21:58Il était le ministre de l'Intérieur.
00:21:59Il n'était pas le ministre des Affaires étrangères.
00:22:01Ses prérogatives, c'était d'assurer
00:22:03la sécurité des Français.
00:22:04Combien de fois a-t-il demandé
00:22:05des laissés-passés consulaires
00:22:07qui lui ont été refusés ?
00:22:08Je rappelle qu'il y a eu quelqu'un
00:22:09qui est mort à Mulhouse
00:22:10à cause d'un Algérien sous OQTF
00:22:13auprès de qui il avait fait 14 fois
00:22:15la demande de laissés-passés consulaires
00:22:17auprès des autorités algériennes.
00:22:18Le rôle d'un ministre de l'Intérieur,
00:22:20c'est d'assurer la sécurité
00:22:21de ses concitoyens.
00:22:22Ce n'est pas de faire de la diplomatie.
00:22:24Et comme il a vu que ça ne fonctionnait pas,
00:22:25il a tenté un rapport de force.
00:22:27Et visiblement, l'Algérien ne l'a pas considéré
00:22:29ou l'a déconsidéré.
00:22:30Et aujourd'hui, il paye le prix.
00:22:32Bruno Rotailleau paye le prix, justement,
00:22:33de ce mépris de la classe de macronistes.
00:22:36Et du reste, d'ailleurs.
00:22:37Personne n'est dupe, évidemment.
00:22:39Personne n'est dupe de cette lecture-là.
00:22:41Vous le voyez bien, d'ailleurs.
00:22:42Absolument. Et Charles Rodouel, par exemple,
00:22:43qui a rédigé un rapport
00:22:44avec Mathieu Lefebvre,
00:22:46son co-rédacteur,
00:22:48au sujet des accords de 68.
00:22:49Est-ce qu'aujourd'hui, il en prend, entre guillemets,
00:22:52plein la figure, comme Bruno Rotailleau ?
00:22:53Absolument pas.
00:22:54Donc, c'est véritablement Bruno Rotailleau
00:22:56qui est visé,
00:22:56parce que l'Algérie souhaitait viser Rotailleau.
00:22:59Donc, c'est une reprise du langage du FLN.
00:23:01C'est-à-dire que la position de Paris,
00:23:05c'est la position du FLN.
00:23:06Tout à fait.
00:23:06Vous avez parfaitement raison de le souligner.
00:23:08Est-ce qu'on pourra voir...
00:23:09Richard Millet !
00:23:10Si la diplomatie française sera aussi active
00:23:12dans le cas de Christophe Glees,
00:23:14qui reste quand même emprisonné en Algérie.
00:23:16Ce sera beaucoup plus compliqué.
00:23:17Son procès est en décembre.
00:23:18Ah oui ?
00:23:19Et en effet, Paris veut croire à une issue
00:23:22similaire à celle de Boilem sans salle,
00:23:23mais ce sera un vrai révélateur.
00:23:24Et Bernard-Henri Lévy,
00:23:25que j'ai écouté hier sur une chaîne concurrente,
00:23:27expliquait que lors d'un fameux dîner à l'Elysée,
00:23:30où il y avait beaucoup d'écrivains qui étaient là
00:23:33et beaucoup d'essayistes,
00:23:34c'était à l'occasion de...
00:23:37Le sujet le soir, c'était l'antisémitisme en France.
00:23:39Je crois que Pascal Bruckner a posé la question
00:23:41au chef de l'État.
00:23:42Qu'est-ce qu'il faut faire pour Boilem sans salle ?
00:23:45Et le chef de l'État a dit
00:23:46« Moins on en parle, mieux c'est ».
00:23:47C'est étonnant quand même comme position.
00:23:50Cette manœuvre a bien fonctionné visiblement.
00:23:51C'est étonnant comme position.
00:23:53Donc moi, on en parle, mieux c'est.
00:23:55Bon, on va marquer une pause.
00:23:56Il est 9h23, on parlera des retraites.
00:23:59La politique française n'en sort pas grandie.
00:24:02Et on parlera évidemment du 13 novembre,
00:24:05puisqu'il y a 10 ans, jour pour jour,
00:24:07c'était le drame que vous connaissez qui se nouait.
00:24:10A tout de suite.
00:24:13La phrase exacte d'Emmanuel Macron,
00:24:17à Pascal Bruckner est la suivante.
00:24:20« Si vous voulez aider Boilem sans salle,
00:24:22ne dites rien ».
00:24:24Il y a un témoin de cette soirée
00:24:27qui m'a envoyé cette précision.
00:24:31Et effectivement, il me rapporte
00:24:34que le président n'a jamais dit.
00:24:35« Moins on en parle, mieux c'est ».
00:24:37J'ai effectivement…
00:24:39C'est la même idée quand même.
00:24:40C'est la même idée, mais soyons précis tant qu'à faire.
00:24:42« Si vous voulez aider Boilem sans salle,
00:24:44ne dites rien ».
00:24:45Et le président avait évoqué ce jour-là
00:24:47la stratégie de négociation et d'intervention
00:24:49d'un tiers de confiance,
00:24:51sans mentionner l'Allemagne.
00:24:53Pour une raison simple,
00:24:54c'est qu'il ne savait peut-être pas
00:24:55que c'était l'Allemagne à ce moment-là.
00:24:57Et qu'il avait aussi essayé l'Italie.
00:24:59Mais je le répète,
00:25:00ça je ne lui reproche pas.
00:25:02Il a raison de faire ça.
00:25:04Il se rend compte qu'il a un mur en face de lui
00:25:06et il essaye de trouver une autre solution.
00:25:08Ça, il n'y a pas de souci là-dessus.
00:25:09C'est intelligent, c'est pragmatique,
00:25:11ce n'est pas le problème.
00:25:12On ne va pas se répéter,
00:25:13mais ce n'est pas de la faute de Bruno Retailleau.
00:25:17Somaïa Labidi, bonjour Somaïa.
00:25:20Tout le rappel des titres avec vous.
00:25:25Bonjour Pascal et bonjour à tous.
00:25:27Dix ans après les attentats de Paris,
00:25:29une journée rythmée par les hommages,
00:25:31Stade de France,
00:25:32terrasse parisienne, Bataclan,
00:25:34Emmanuel Macron se rendra sur chacun des lieux
00:25:36des attentats du 13 novembre.
00:25:38Point d'orgue de ces cérémonies,
00:25:40l'inauguration d'un jardin
00:25:42pour rendre hommage aux 132 morts,
00:25:43à leurs familles et aux rescapés de ces attentats.
00:25:46Des moments que vous pourrez évidemment suivre
00:25:48en direct sur notre antenne.
00:25:50La FNSEA attend désormais d'Emmanuel Macron
00:25:52qu'il exprime le mois prochain à Bruxelles
00:25:54son opposition au traité de libre-échange
00:25:57entre l'UE et des pays du Mercosur.
00:26:00Déclaration hier soir d'Arnaud Rousseau,
00:26:03le président du puissant syndicat agricole,
00:26:05quelques heures après une rencontre à Toulouse
00:26:07entre le chef de l'État et des agriculteurs.
00:26:09Et puis, Donald Trump a promulgué hier,
00:26:12la loi mettant fin à la plus longue paralysie budgétaire
00:26:15des États-Unis.
00:26:17Nous ne céderons jamais au chantage
00:26:18à lancer le locataire de la Maison-Blanche
00:26:20en signant le texte adopté peu avant
00:26:23par le Congrès américain,
00:26:24après 43 jours qui ont bouleversé
00:26:26plusieurs plans de l'économie.
00:26:27Je voudrais qu'on fasse, qu'un graphologue analyse la signature de Donald Trump.
00:26:34Ça, ça m'intéresse grandement.
00:26:38Il y a deux personnes à qui on peut rendre hommage.
00:26:40Arnaud Benedetti et Noël Lenoir.
00:26:42Tous les deux ont été vraiment en première ligne
00:26:45dans les médias pour parler de Boilem sans salle.
00:26:49Et tout le monde ne les a pas écoutés de la même façon, disons-le.
00:26:54Hier soir, il y avait une soirée à l'ESJ,
00:26:56l'école supérieure de journalisme,
00:26:58qui a accueilli justement Noël Lenoir,
00:27:01qui a pris la parole.
00:27:02Et je vous propose de voir ce sujet
00:27:03avec des jeunes journalistes qui se sont réjouis,
00:27:05futurs journalistes, apprentis journalistes,
00:27:08qui se sont réjouis de cette libération.
00:27:09Sur cette porte, le nom de Boilem sans salle,
00:27:14une salle inaugurée au sein d'une école de journalisme,
00:27:17comme un symbole le jour de sa libération.
00:27:20L'événement a pris une toute autre tournure aujourd'hui
00:27:22puisque nous avons appris, il y a quelques heures,
00:27:25sa libération.
00:27:26Cette inauguration, cela s'est transformé en célébration.
00:27:29Une célébration et surtout un soulagement pour ses proches.
00:27:34Était présent son comité de soutien,
00:27:36l'ancienne ministre Noël Lenoir et Arnaud Benedetti.
00:27:40Pour la présidente du comité,
00:27:42cette salle, renommée au nom de l'écrivain franco-algérien,
00:27:46est aussi symbolique car, selon elle,
00:27:49certains médias ont largement contribué
00:27:51à la défense de l'écrivain.
00:27:52Un grand merci aux journalistes actuels
00:27:55et puis un merci, j'espère, aux journalistes futurs.
00:27:59A ensuite eu lieu un tour de table
00:28:01devant les étudiants de l'école supérieure de journalisme
00:28:04avant qu'apparaisse sur cet écran,
00:28:07avec un large sourire,
00:28:09la fille de Boilem Sansal.
00:28:11C'est très heureux de pouvoir libérer
00:28:14parce que j'étais un petit peu pessimiste.
00:28:17361 jours
00:28:19durant lesquels Boilem Sansal
00:28:20sera emprisonné dans les geôles algériennes
00:28:23avant d'être finalement gracié.
00:28:25Et on pense évidemment à Christophe Gleize
00:28:28qui est aujourd'hui l'otage
00:28:31et on espère qu'il sera libéré le plus rapidement.
00:28:35Alors il y a eu beaucoup de réactions,
00:28:36je ne les ai pas citées tout à l'heure.
00:28:37Laurent Wauquiez, bien sûr,
00:28:38Marion Maréchal,
00:28:40Jordan Bardella,
00:28:41Christian Estrosi,
00:28:41Marine Le Pen,
00:28:42François Hollande,
00:28:43Eric Ciotti,
00:28:44Eric Zemmour,
00:28:45Bruno Retailleau,
00:28:46après un an de détention arbitraire,
00:28:47Boilem Sansal va enfin retrouver les siens,
00:28:49retrouver la France à laquelle il avait en manqué.
00:28:52C'est un immense soulagement,
00:28:53une très grande joie.
00:28:54Je pourrais tous les citer.
00:28:57C'est vrai que cette séquence a montré
00:28:59depuis un an que les soutiens étaient plutôt à droite,
00:29:03disons-le,
00:29:03et non seulement ça,
00:29:04mais parfois sur le service public.
00:29:05Vous vous rappelez des votes ?
00:29:06Vous vous rappelez des votes sur les résolutions ?
00:29:07À l'Assemblée,
00:29:08la gauche n'a pas voté majoritairement cette...
00:29:11Et aujourd'hui,
00:29:11il se félicite de la libération.
00:29:12On va parler de la Légion d'honneur
00:29:13dans une seconde,
00:29:14Légion d'honneur mode d'emploi,
00:29:16mais puisque nous avons un avocat,
00:29:17c'est toujours intéressant de connaître les coulisses
00:29:19parfois d'une profession et comment...
00:29:22Vous aimez bien les avocats, surtout.
00:29:24Moi, j'allors.
00:29:26Mais non, mais attendez...
00:29:28Mais j'aime tout le monde.
00:29:29J'aime tout le monde ?
00:29:32Non.
00:29:33Pourquoi vous dites ça, pas ça ?
00:29:34Parce que je sais que vous n'aimez pas.
00:29:35Mais je pense que peut-être que des procureurs,
00:29:38lorsqu'ils sont enfants,
00:29:39ils jouent avec...
00:29:40Non, il n'y avait nulle référence judiciaire
00:29:42dans ce que j'ai dit.
00:29:44Donc j'aime...
00:29:44Une passion de la psychologie personnelle.
00:29:47Bien sûr.
00:29:48J'aime la psychologie personnelle,
00:29:49mais j'aime aussi les coulisses.
00:29:51Et par exemple, les avocats,
00:29:52il y a un ordre des avocats,
00:29:53il y a des élections, je crois, début décembre.
00:29:55Absolument.
00:29:56Le 2 et le 4 décembre,
00:29:57il y a un renouvellement par tiers du Conseil de l'Ordre.
00:29:59Bon, et alors, Conseil de l'Ordre,
00:30:01c'est...
00:30:02Comment dire ?
00:30:03C'est décisif ?
00:30:04C'est quelque chose qui a une influence ?
00:30:06Ou c'est...
00:30:06D'abord, le barreau de Paris avec son bâtonnier
00:30:09a une réelle influence.
00:30:13Le bâtonnier de Paris est un personnage
00:30:16et une personnalité qui compte
00:30:19avec le garde des Sceaux en matière de justice.
00:30:23On discute les textes.
00:30:25Et à l'intérieur, n'oublions pas
00:30:27qu'on a donc le Conseil de l'Ordre.
00:30:29Les membres du Conseil de l'Ordre
00:30:30font un travail remarquable
00:30:31parce que c'est vraiment un travail à temps plein.
00:30:33Pour vous donner un ordre d'idée,
00:30:35il y a 2000 décisions
00:30:36qui sont rendues par an.
00:30:38Non, mais je vous parle de ça
00:30:40parce que moi, j'avais été...
00:30:41Lorsqu'il y avait eu cette fameuse communication
00:30:43entre un client et ses avocats,
00:30:46j'avais trouvé que le Conseil de l'Ordre
00:30:47était aux abonnés absents.
00:30:49C'est-à-dire que les avocats,
00:30:49je ne vous avais pas trouvé très bons là-dessus.
00:30:51Je pense que vous auriez pu tous monter au créneau
00:30:53et tous dire, on est en grève en fait.
00:30:56Il n'y a plus d'avocats en France.
00:30:58Parce que c'est ça le rapport de force.
00:30:59C'est comme avec l'Algérie.
00:31:00Exactement.
00:31:01Et au fond, vous n'avez pas été terribles.
00:31:03Peut-être qu'ils ont bien choisi leur combat.
00:31:06D'ailleurs, vous avez en partie raison.
00:31:10C'est que sur certains combats,
00:31:12on a été absent.
00:31:13Il y a des bâtonniers qui...
00:31:15D'ailleurs, n'étaient pas forcément
00:31:17des bâtonniers à vocation
00:31:19avec des spécialités de pénalistes
00:31:22et qui se sont révélés,
00:31:24qui se sont énormément battus
00:31:25et pour la profession
00:31:26et pour les droits de la défense.
00:31:29Je voudrais juste dire un mot
00:31:31parce qu'il y a un confrère qui est décédé.
00:31:33Hier, qui est Grégoire Lafarge,
00:31:35qui était un ancien secrétaire de la conférence,
00:31:37qui était le fils du bâtonnier Lafarge
00:31:41et qui était un grand avocat
00:31:43qui est mort des suites d'une longue maladie
00:31:47et qui était un très jeune avocat
00:31:50qui était beaucoup apprécié au barreau.
00:31:52Donc voilà, je lui rends hommage.
00:31:53Apprécié au barreau et puis vous avez dû être content
00:31:55quand Dupond-Moretti était au ministre de la Justice,
00:31:57c'était un des vôtres d'une certaine manière
00:31:59et j'imagine que les avocats aujourd'hui
00:32:00sont plutôt contents de son passage.
00:32:02Alors, je crois que lorsqu'il a été nommé
00:32:06comme garde des sourds, en effet,
00:32:07la profession a été valorisée en quelque part.
00:32:12Maintenant, sur la deuxième partie
00:32:13de votre affirmation,
00:32:16il faut la prendre avec beaucoup de nuances
00:32:18parce qu'il a loin de faire l'unanimité
00:32:23au sein de la profession.
00:32:24C'est même pire.
00:32:25Il a été énormément critiqué
00:32:26et la profession lui en veut beaucoup
00:32:29par rapport à des textes
00:32:30qui étaient à l'envers de ce qu'il a toujours plaidé.
00:32:32Mais bon, voilà.
00:32:33Maintenant, tu n'as plus avocat,
00:32:35maintenant il est sur scène.
00:32:36Alors, maintenant il est sur scène.
00:32:38Il est saletimbanque.
00:32:39Je ne sais pas s'il est saletimbanque,
00:32:41mais en tous les cas, il fait un tour de piste.
00:32:43Bon, il ne reviendra pas parmi vous.
00:32:45Si, si, il veut revenir.
00:32:47Vraisemblablement, vraisemblablement.
00:32:48Je ne sais pas s'il acceptera de plaider,
00:32:51mais voilà.
00:32:52Il avait aussi dit qu'il ne serait pas minif.
00:32:53Bon, cette Légion d'honneur,
00:32:55cette affaire de la Légion d'honneur,
00:32:56Légion d'honneur mode d'emploi.
00:32:57Pourquoi ?
00:32:58Parce qu'effectivement,
00:32:59alors, on est étonné pour te dire
00:33:01que l'homme qui est entré au Bataclan,
00:33:06seul avec, je ne sais pas,
00:33:08l'arme qu'il avait, ils étaient deux.
00:33:10L'arme de service.
00:33:11L'arme de service.
00:33:12Et qui a tiré sur un terroriste
00:33:14et qui l'a tué.
00:33:16Cet homme qui a un courage inouï.
00:33:17Toute sa vie, c'est l'acte de sa vie, quand même.
00:33:21Cet homme, il n'a pas la Légion d'honneur.
00:33:23Alors, Philippe Bilger, là.
00:33:25Oui.
00:33:26Voyez quand même l'outre-cuyance.
00:33:27Il y a des aberrations plus éclatantes.
00:33:31Philippe Bilger, là.
00:33:33Mais mon cher Toulon,
00:33:34je suis le premier à l'admettre.
00:33:36Oui.
00:33:37Et qui vous la donne, cette Légion d'honneur ?
00:33:39C'est votre ministre de tutelle.
00:33:40Je peux certifier
00:33:41C'est votre ministre de tutelle.
00:33:42Qu'on peut l'avoir sans la demander.
00:33:44Oui, on dit tout ça.
00:33:45Mais c'est fondamental.
00:33:46Mais qui vous la donne ?
00:33:48C'est votre ministre de tutelle.
00:33:49Là, c'était le garde des Sceaux.
00:33:50Mais bien sûr,
00:33:51c'est toujours le garde des Sceaux
00:33:51qu'il donne aux magistrats.
00:33:53Et ce qu'il fait...
00:33:53C'était...
00:33:54Oui.
00:33:57Clémenceau ?
00:33:57Non, non.
00:33:58C'était juste avant Hurkow.
00:33:59Vous savez ce que disait Courteline ?
00:34:01Oui, Courteline.
00:34:02Vous savez ce que disait Courteline ?
00:34:03Non.
00:34:04Les médailles, c'est comme les bombes,
00:34:06ça ne tombe jamais sur ceux qui les méritent.
00:34:08Oui.
00:34:08Je préfère Alphonse Allais.
00:34:10C'est pas tout de la refuser.
00:34:12Il faut encore ne l'avoir pas mérité.
00:34:14Non, mais ce que je veux vous dire,
00:34:15c'est qu'il y a un rapport,
00:34:17parfois, entre les magistrats
00:34:18et leur garde des Sceaux,
00:34:19puisque précisément,
00:34:20c'est le garde des Sceaux
00:34:21qui la donne aux magistrats.
00:34:22Et il y a parfois un rapport de court-cidannerie.
00:34:24Ça n'était pas mon cas, mon cher Pascal.
00:34:25Non.
00:34:26Mais bon, vous l'avez quand même donné.
00:34:27Vous pouvez tout me reprocher,
00:34:29sauf d'être un flagorneur,
00:34:31sauf parfois à votre égard,
00:34:32comme il le faut.
00:34:36Autrement.
00:34:37En plus, je suis sensible à ça,
00:34:38comme chacun sait.
00:34:39Bon, comment dire ?
00:34:42Légion d'honneur, mode d'emploi,
00:34:43c'est un formidable sujet,
00:34:44la Légion d'honneur.
00:34:45Je suis même étonné
00:34:45qu'il n'y ait pas de fiction
00:34:46sur la Légion d'honneur,
00:34:48parce que c'est toute la vanité des hommes.
00:34:50C'est un hochet,
00:34:51je crois que c'est Napoléon qui disait ça.
00:34:52La dernière phrase de Mme Bovary,
00:34:54il revient de recevoir la croix d'honneur.
00:34:56C'est le personnage homé
00:34:58qui est le nul de tout le roman
00:35:00et il a la Légion d'honneur.
00:35:01Et le nombre de gens
00:35:02qui se pâmeraient pour la Légion d'honneur,
00:35:04je trouve que c'est un formidable sujet
00:35:05de théâtre, de fiction,
00:35:07de tout ce que...
00:35:08Vous la refuseriez, vous, Pascal ?
00:35:10Un journaliste n'a pas à avoir
00:35:11la Légion d'honneur,
00:35:12mais de toute façon,
00:35:12là, honnêtement,
00:35:13personne ne me la donnera.
00:35:14Pascal, vous l'avez vu l'émission,
00:35:15parce que personne ne...
00:35:15Vous m'avez dit que des avocats
00:35:17recevaient parfois
00:35:18la Légion d'honneur
00:35:19comme honoraire.
00:35:20C'est vrai, ça ?
00:35:21Qu'est-ce qu'il est ?
00:35:22Vous êtes méchant.
00:35:23Vous êtes méchant.
00:35:25J'ai des noms dans la tête.
00:35:26Vous êtes vraiment méchant.
00:35:27Non, mais...
00:35:28C'est une sorte de donnant, donnant.
00:35:30Faites attention,
00:35:31parce que...
00:35:31Moi, je serais vous,
00:35:32je ne m'attaquerais pas, Garbarini.
00:35:34Monsieur l'avocat général...
00:35:34Parce que là,
00:35:35ça peut repartir très vite.
00:35:36Je ne pensais pas à lui.
00:35:38Monsieur l'avocat général,
00:35:39vous n'êtes pas obligé
00:35:39de dire tout ce qui vous passe
00:35:40dans la tête.
00:35:41Oui, mais...
00:35:42Est-ce que c'est vrai ou faux ?
00:35:44C'est complètement faux.
00:35:46Ah bon ?
00:35:46Comment peut-il y avoir
00:35:47une contrepartie ?
00:35:49Non, mais attendez,
00:35:50les avocats,
00:35:51on ne les achète pas ?
00:35:52Ça ne se passe pas comme ça ?
00:35:53Non, mais imaginons...
00:35:54D'ailleurs, on n'est pas acheté,
00:35:55on est honoré.
00:35:56Les honoraires, c'est honoré.
00:35:57Imaginons que vous fassiez appel
00:35:59à un avocat.
00:36:00Oui.
00:36:02Vos honoraires sont considérables.
00:36:04Oui.
00:36:05Eh bien, plutôt que de les demander,
00:36:07vous demandez à la personnalité politique
00:36:10que vous assistez
00:36:12de vous obtenir la Légion d'honneur
00:36:14et je peux vous certifier,
00:36:16mon cher Pascal,
00:36:17que ça existe.
00:36:17Et pourquoi pas les deux ?
00:36:19Bon, on va voir le sujet.
00:36:20Vous voulez dire quelque chose,
00:36:21Richard Millet ?
00:36:22Non, non, je voulais juste
00:36:22une anecdote.
00:36:23Hier soir, j'étais à la remise
00:36:24de non pas la Légion d'honneur
00:36:26chez un ami avocat
00:36:27qui venait de recevoir
00:36:28l'ordre du British Empire.
00:36:31Et j'avais l'impression
00:36:31que c'était beaucoup mieux
00:36:33parce qu'il n'y avait
00:36:34non pas dedans.
00:36:35Vous voyez ?
00:36:36Voilà.
00:36:36Non, non,
00:36:37la Légion d'honneur,
00:36:38c'est Napoléon.
00:36:38J'étais un peu distrait.
00:36:40Vous avez fait un conflit d'intérêts.
00:36:42Je suis obligé de vous modérer
00:36:43parce que vous avez dit
00:36:43n'importe quoi,
00:36:44me semble-t-il.
00:36:45sur les politiques
00:36:46qui échangeraient
00:36:48avec des honoraires, etc.
00:36:50Donc, ça, c'est votre avis à vous.
00:36:52C'est mon avis.
00:36:53Voilà.
00:36:54Mais si je pouvais parler librement,
00:36:57j'aurais des exemples.
00:36:58Oui, d'abord,
00:36:59vous pouvez parler librement.
00:37:00Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:37:01Non, mais...
00:37:02Je n'ai jamais prétendu
00:37:04émettre une vérité scientifique.
00:37:07Je parlais sous le contrôle
00:37:09de Pascal
00:37:09qui est d'une liberté totale
00:37:11mais qui a une sincérité
00:37:13parfois forcément
00:37:14un peu atténuée.
00:37:15Voilà.
00:37:16Et vous, pas du tout.
00:37:17Je répète,
00:37:18ce n'est pas vrai.
00:37:19Bon, il a dit que ce n'est pas vrai.
00:37:20Bon, c'est votre avis à vous,
00:37:22bien évidemment.
00:37:23Je n'ai jamais dit ça.
00:37:23Moi, ce qui nous intéresse,
00:37:24c'est la BRI.
00:37:25Sérieusement.
00:37:26C'est ça qui nous intéresse.
00:37:27C'est un scandale qui le dépaille.
00:37:29Voilà.
00:37:29Légion d'honneur,
00:37:29mode d'emploi,
00:37:30ça choque tout le monde
00:37:32et je vous propose
00:37:33de voir ce sujet.
00:37:38Ce 14 septembre 2024,
00:37:40place de l'étoile à Paris,
00:37:42118 médaillés olympiques
00:37:43ont été décorés
00:37:44de la Légion d'honneur.
00:37:46Il s'agit d'une promotion spéciale
00:37:48liée à un événement exceptionnel.
00:37:50Les promotions spéciales
00:37:51concernent également
00:37:52les personnes ayant exposé
00:37:53leur vie
00:37:54dans l'exercice
00:37:55de leurs fonctions.
00:37:56C'est le cas pour les militaires
00:37:57tués ou blessés,
00:37:58les pompiers
00:37:59et fonctionnaires de police.
00:38:01En dehors de ces cas particuliers,
00:38:03il n'existe que
00:38:03quatre promotions annuelles.
00:38:06Deux pour les civils
00:38:06le 1er janvier
00:38:08et le 14 juillet.
00:38:09Deux pour les militaires
00:38:10en novembre
00:38:11et juin et juillet.
00:38:12Les conditions d'attribution
00:38:13sont strictes.
00:38:15Premièrement,
00:38:15il s'agit d'honorer
00:38:16des citoyens français
00:38:18ou étrangers
00:38:18pour leur mérite éminent
00:38:20acquis à titre civil
00:38:22ou sous les armes.
00:38:23Deuxième règle,
00:38:25on ne peut demander
00:38:25la Légion d'honneur
00:38:26pour soi-même.
00:38:27Il faut être proposé
00:38:28par un tiers.
00:38:30En cas d'initiative citoyenne,
00:38:32elle doit être motivée
00:38:33et signée
00:38:33par au moins
00:38:3450 personnes majeures
00:38:35de nationalité française.
00:38:37L'autre procédure
00:38:38est ministérielle.
00:38:40Les maires,
00:38:40parlementaires,
00:38:41préfets,
00:38:42acteurs économiques
00:38:43ou associatifs
00:38:44peuvent soumettre
00:38:45leurs candidats.
00:38:46Chaque ministère
00:38:47dispose d'un nombre
00:38:48déterminé
00:38:49de décorations.
00:38:50Ce contingent
00:38:51a été revu
00:38:52à la baisse
00:38:52en 2017
00:38:53afin de préserver
00:38:55la valeur symbolique
00:38:56de la Légion d'honneur.
00:38:58Chaque dossier
00:38:58est ensuite
00:38:58transmis
00:38:59au conseil
00:39:00de l'ordre
00:39:00de la Légion d'honneur
00:39:01qui se prononce
00:39:02sur la recevabilité
00:39:03des propositions.
00:39:05Enfin,
00:39:05le chef de l'État
00:39:06valide
00:39:07la liste définitive
00:39:08des décorés.
00:39:10Bon,
00:39:11j'imagine
00:39:12que c'est le minimum
00:39:13et puis il va l'être,
00:39:14bien sûr,
00:39:15parce que c'est une question
00:39:15de bon sens.
00:39:16Donc,
00:39:17le fait même
00:39:17qu'on en parle,
00:39:19évidemment...
00:39:19C'est quand même
00:39:21anormal
00:39:21qu'il ait fallu attendre
00:39:22sans doute 10 ans
00:39:23pour que certains
00:39:23soient décorés
00:39:24alors qu'ils ont fait
00:39:24preuve d'héroïsme.
00:39:25Quand on voit
00:39:26certains qui ont
00:39:27la Légion d'honneur,
00:39:27je ne veux incriminer
00:39:28personne,
00:39:28mais c'est vrai
00:39:28qu'on se demande
00:39:29pourquoi eux
00:39:29ne l'ont pas vu.
00:39:30Et là,
00:39:30j'ai des policiers
00:39:31effectivement
00:39:31et notamment
00:39:32mon camarade
00:39:33Chidi Puetz
00:39:33qui m'envoie
00:39:34quelques messages
00:39:35qui me dit
00:39:35le policier
00:39:36qui tenait le bouclier
00:39:37un type extraordinaire
00:39:38et d'une humilité
00:39:40de dingue
00:39:40obtenir la Légion d'honneur
00:39:42pour lui
00:39:42est un combat,
00:39:44bien sûr,
00:39:44mais c'est vrai
00:39:45que les policiers
00:39:46sont sensibles à ça.
00:39:47Ils ont envie
00:39:47des policiers,
00:39:48j'allais dire
00:39:48d'être aimés,
00:39:49mais d'être reconnus.
00:39:51Bien sûr,
00:39:52c'est la moindre des choses.
00:39:54Ils sont en première ligne
00:39:55toujours et tout le temps.
00:39:57Mais ça va se faire
00:39:58parce que là,
00:39:59il n'y a pas de discussion,
00:39:59ce n'est pas un sujet polémique.
00:40:00Et vous verrez
00:40:01qu'ils ne participeront pas tous.
00:40:03Il n'y aura pas tous les policiers
00:40:04qui ont participé
00:40:05à cette soirée du 13 novembre
00:40:07l'hommage et la cérémonie
00:40:08qui aura lieu aujourd'hui,
00:40:09par exemple.
00:40:10Ils ne sont pas tous inclus
00:40:10dans cette cérémonie.
00:40:11Parce qu'ils ne sont pas tous invités,
00:40:12vous voulez dire ?
00:40:12Oui,
00:40:13j'ai appris ça
00:40:14ces dernières heures.
00:40:15C'est-à-dire que tous ceux
00:40:16qui étaient au Bataclan
00:40:17ne sont pas invités ?
00:40:17Non.
00:40:18Et ça a été même un oubli
00:40:20qui a créé quelques remous.
00:40:23Mais pourquoi ?
00:40:23Parce que ce n'est pas une volonté,
00:40:27c'est des amateurs.
00:40:27C'est souvent comme ça.
00:40:28Je pense que c'est parfois
00:40:28de l'ordre de l'oubli.
00:40:29J'ai entendu dire
00:40:30qu'il y a eu quelques corrections
00:40:31de dernière minute
00:40:32justement pour dire
00:40:33bon oui, en effet,
00:40:33on va corriger ça.
00:40:34Mais je vous assure,
00:40:35quand tu pénètre
00:40:36les sphères de l'administration
00:40:38et de la politique
00:40:39au plus haut niveau,
00:40:40bien souvent,
00:40:41c'est que de l'amaturisme.
00:40:43Ils ne travaillent pas.
00:40:45Ils ne travaillent pas,
00:40:45ils ne pensent pas,
00:40:46ils font autre chose,
00:40:47ils font n'importe quoi.
00:40:48C'est aussi bête que ça.
00:40:50Et là, en l'espèce,
00:40:52effectivement,
00:40:53c'est de l'amaturisme.
00:40:54Ce n'est pas une volonté.
00:40:56Et c'est d'autant plus grave
00:40:58que dans la vie,
00:40:59on a rarement
00:40:59des occasions
00:41:00d'admirer totalement.
00:41:02Ce n'est pas comme si
00:41:03c'était n'importe quel événement
00:41:04qui est arrivé
00:41:05en cours des dernières années.
00:41:07Là, encore une fois,
00:41:08ce sont des valeureux hommes.
00:41:11Authentiques.
00:41:12Il faut y aller quand même.
00:41:13C'est ce qu'ils ont fait.
00:41:15Il fallait rentrer
00:41:16dans le Bataclan.
00:41:17C'est leur métier.
00:41:18C'est leur profession.
00:41:19Ils savent que quand ils rentrent,
00:41:20ils peuvent mourir.
00:41:20Et ils y vont quand même.
00:41:22Il faut toujours
00:41:22se replacer dans la pratique.
00:41:24Nous, on est là,
00:41:25on est à la porte.
00:41:26Tu rentres ou tu ne rentres pas.
00:41:27Je suis d'accord.
00:41:28Tu n'es pas au chaud
00:41:28dans un...
00:41:29Nous, on a du courage.
00:41:29Le commissaire qui rentre au Bataclan,
00:41:31il envoie un message
00:41:31à sa femme avant d'entrer.
00:41:32Il lui écrit « Adieu ».
00:41:34Tu n'es pas au chaud
00:41:35dans un studio de télévision.
00:41:37Et moi, j'ai une admiration
00:41:38sans borne pour ces gens-là
00:41:39parce que nous,
00:41:40notre job, il est facile.
00:41:41On est derrière notre écran,
00:41:42tranquillement,
00:41:43en train de parler le matin.
00:41:45Donc, ces gens-là,
00:41:47respect.
00:41:48Évidemment.
00:41:49Un mot sur l'actualité,
00:41:50l'agresseur d'Angèle
00:41:51qui refait parler de lui.
00:41:52Je ne sais pas si vous vous souvenez
00:41:53d'Angèle.
00:41:54Angèle, c'était en 2022.
00:41:55Elle a 89 ans.
00:41:57Elle était rouée de coups
00:41:58et dépouillée de son sac
00:41:59dans le quartier La Boca à Cannes.
00:42:00On va revoir les images.
00:42:02Et je le dis pour les auditeurs
00:42:04de Europe 1
00:42:05qui nous écoutent
00:42:06et qui, comme chacun sait,
00:42:08sont de plus en plus nombreux.
00:42:09On a appris que l'un des trois agresseurs,
00:42:12toujours mineurs,
00:42:13a de nouveau été interpellé
00:42:14par la police municipale
00:42:15en possession d'un couteau.
00:42:17Et quand on avait vu ces images,
00:42:19c'était effectivement bouleversant.
00:42:21Alors, je vous propose
00:42:22de voir le sujet
00:42:23de Pauline Trevzer
00:42:23et sans doute,
00:42:26avec Franck Triviaud,
00:42:27vous vous souvenez-vous
00:42:29de cette dame,
00:42:31Angèle, 89 ans.
00:42:36Dans les yeux de cet homme,
00:42:37beaucoup de déceptions.
00:42:39L'un des mineurs
00:42:40qui avait agressé sa mère,
00:42:41Angèle,
00:42:42a de nouveau été interpellé
00:42:43avec en sa possession
00:42:44un couteau.
00:42:45Âgée de 89 ans,
00:42:47elle avait été rouée
00:42:47de coups pour 20 euros.
00:42:49Son fils s'interroge
00:42:50sur le fait que l'agresseur
00:42:51soit encore en liberté.
00:42:52Je suis désolé de dire ça,
00:42:54mais il faudrait
00:42:55que ça leur arrive à eux
00:42:56pour que peut-être
00:42:57ça bouge un peu plus.
00:42:58Elle est quand même
00:42:59handicapée
00:43:00par rapport
00:43:01à cette histoire.
00:43:03Condamnée
00:43:04à un an
00:43:04de sursis probatoire
00:43:05dans un centre éducatif
00:43:07fermé
00:43:07avant de s'en échapper,
00:43:08l'agresseur de sa mère
00:43:09n'en est pas
00:43:10à sa première récidive.
00:43:12Ils sont mineurs,
00:43:13ils en profitent,
00:43:14ces jeunes.
00:43:15Ces centres,
00:43:16j'ai bien vu,
00:43:16ils s'est barrés.
00:43:18Ils ne sont pas surveillés.
00:43:19Un constat
00:43:20partagé par de nombreux
00:43:21habitants de la région
00:43:22qui, comme le fils d'Angèle,
00:43:24ne se sentent plus
00:43:25en sécurité.
00:43:26La justice française
00:43:27n'est pas à la hauteur.
00:43:28J'ai peur pour les enfants,
00:43:30j'ai peur pour les petits-enfants.
00:43:32Pour ce syndicat de police,
00:43:33les réponses pénales
00:43:34à l'encontre des mineurs
00:43:35ne sont pas à la hauteur
00:43:36de leurs actes.
00:43:37On peut agresser
00:43:39une vieille dame,
00:43:40se retrouver
00:43:41quelques mois plus tard
00:43:42en possession d'un couteau
00:43:43en toute impunité.
00:43:44Il va falloir peut-être
00:43:45se pencher
00:43:46sur le fait
00:43:47d'envoyer
00:43:48aujourd'hui
00:43:49des mineurs
00:43:50en prison.
00:43:51L'agresseur de l'octogénaire
00:43:52a de nouveau été placé
00:43:53en garde à vue
00:43:54après son interpellation
00:43:55ce mardi.
00:43:57Ça pose le problème
00:43:59de la récidive,
00:44:00on en parle sans arrêt.
00:44:02Il y a des gens,
00:44:03il y a des personnalités
00:44:04manifestement
00:44:05qui sont...
00:44:06Tu te dis
00:44:06qu'est-ce qu'on va faire d'eux ?
00:44:08Mais c'est-à-dire
00:44:09au constat...
00:44:10Le constat,
00:44:11pardon,
00:44:12le constat,
00:44:12il est désastreux.
00:44:13Pascal Garbarini.
00:44:14Vous imaginez
00:44:15si on touche
00:44:16votre grand-mère
00:44:17ou votre mère
00:44:18par des mères d'eux
00:44:21de parler comme ça.
00:44:22Mais qu'est-ce qu'on fait ?
00:44:23Je rêve.
00:44:25Mais un jour,
00:44:26il va y avoir un drame,
00:44:27c'est qu'il va y avoir
00:44:28un fils,
00:44:29d'accord,
00:44:29ou un frère
00:44:30qui va dire
00:44:31moi,
00:44:32la justice,
00:44:32elle ne fonctionne pas
00:44:33et on va revenir
00:44:34à la justice privée.
00:44:35Voilà.
00:44:35Le problème,
00:44:36il est là,
00:44:37c'est que lorsque
00:44:38la société faillit
00:44:39et alors qu'on est
00:44:39une société démocratique,
00:44:41on nous apprend
00:44:42à vivre ensemble,
00:44:43qu'on ne veut pas faire
00:44:43la loi du talion,
00:44:44c'est-à-dire œil pour œil,
00:44:46dent pour dent,
00:44:47et qu'on ne veut pas revenir
00:44:48à ce que je connais très bien,
00:44:49c'est-à-dire la vente d'État,
00:44:50ce qui va se passer,
00:44:51c'est qu'un jour,
00:44:53si ça arrive en Corse,
00:44:54je peux vous dire
00:44:55que le gamin,
00:44:57il a intérêt à faire attention.
00:44:58Voilà.
00:44:59Alors,
00:44:59peut-être que...
00:45:00Mais s'il ressort
00:45:01et qu'il ressort trop tôt
00:45:03et qu'en plus,
00:45:03s'il recommence,
00:45:04ça ne va pas bien se passer.
00:45:06C'est horrible ce que je dis.
00:45:08Mais il y a des gens
00:45:09avec la mentalité
00:45:11et la culture
00:45:12et l'importance
00:45:13des gens âgés
00:45:15parce que ce sont des sages
00:45:16et c'est eux
00:45:17qui nous donnent le savoir.
00:45:18Je peux vous dire
00:45:19que ça ne va pas très bien se passer.
00:45:20Voilà.
00:45:21C'est tout.
00:45:21Avec les liens du sang en plus.
00:45:23Donc, je...
00:45:24Voilà.
00:45:24C'est ça,
00:45:25ce que les politiques
00:45:26ne comprennent pas,
00:45:27c'est qu'on est en train
00:45:28depuis longtemps
00:45:29de semer les graines
00:45:31d'une défiance
00:45:33de la justice
00:45:34et s'il y a
00:45:35une défiance
00:45:35de la justice,
00:45:36il y aura une justice
00:45:37privée.
00:45:39De plus en plus.
00:45:39Et surtout,
00:45:40tout ce qui se passe
00:45:41au-delà
00:45:42de ce que vous dites,
00:45:44c'est le fait
00:45:44qu'en permanence,
00:45:46là,
00:45:46je suis tout le temps
00:45:48d'accord avec vous
00:45:48là-dessus.
00:45:50Non,
00:45:50mais vraiment,
00:45:51lorsqu'on voit
00:45:52la réalité quotidienne,
00:45:54on se rend compte
00:45:55profondément
00:45:56de la lenteur
00:45:57et de la lourdeur
00:45:58d'un état de droit
00:45:59qui est presque...
00:46:01Qu'est-ce qu'on fait
00:46:02avec les multirécidivismes ?
00:46:04Oui, mais...
00:46:05Qu'est-ce qu'on fait ?
00:46:06Mais si j'étais...
00:46:08Maintenant,
00:46:09parlons,
00:46:10on a le droit
00:46:10d'être vanuteux
00:46:11dans la vie,
00:46:13si je saurais
00:46:14quoi faire
00:46:15parce qu'il faudrait
00:46:17changer radicalement
00:46:18l'état de droit.
00:46:20Ça,
00:46:20c'est très clair,
00:46:21mais personne n'ose le dire.
00:46:22Et là,
00:46:22concrètement,
00:46:23ça veut dire quoi
00:46:23changer l'état de droit ?
00:46:24Ça voudrait dire
00:46:25que, par exemple,
00:46:26lorsque,
00:46:27après cette agression,
00:46:28qui a été odieuse,
00:46:31on s'en souvient tous
00:46:32de cette femme,
00:46:33lorsque,
00:46:34à la suite
00:46:35d'une défaillance
00:46:36absurde,
00:46:37on retrouve ce mineur
00:46:38avec un couteau,
00:46:40eh bien,
00:46:40on l'interpelle
00:46:41immédiatement,
00:46:42on l'incarcère
00:46:43et on fait en sorte
00:46:45que la justice
00:46:46réponde immédiatement
00:46:48à tout ce qui
00:46:49bouleverse
00:46:50la société.
00:46:51tolérant zéro.
00:46:52Philippe,
00:46:52il faudrait supprimer
00:46:53le code
00:46:54de justice
00:46:54des mineurs.
00:46:55Mais les mineurs,
00:46:57puisque je suis
00:46:59dans la provocation,
00:47:01il y a deux fonctions
00:47:02de magistrats
00:47:02dont je me passerai,
00:47:04dont je me ferai passer,
00:47:06juges l'application
00:47:07des peines
00:47:07et juges des enfants.
00:47:08Sans problème.
00:47:10Plus les avocats.
00:47:10Non,
00:47:12mais il y a
00:47:12deux grands avocats
00:47:13et Pascal en est un.
00:47:15J'en ai connu,
00:47:16malheureusement,
00:47:17ceux que j'ai admirés,
00:47:19malheureusement,
00:47:20sont morts.
00:47:20Il y en a beaucoup
00:47:21qui sont morts.
00:47:23Il n'y a pas de rapport
00:47:24de cause à effet.
00:47:24Non,
00:47:25mais les avocats
00:47:26sont fondamentaux,
00:47:28mais ça n'est pas
00:47:28parce qu'on est avocat
00:47:30qu'on a du talent.
00:47:31Mais là,
00:47:31le problème,
00:47:31c'est qu'on les a.
00:47:32Allez,
00:47:32on va marquer une pause.
00:47:33Il faut que la majorité
00:47:34soit à 16 ans.
00:47:36C'est tout.
00:47:37Eh oui,
00:47:38M. Millet.
00:47:39Et le discernement
00:47:42est terrible.
00:47:42Non,
00:47:42mais c'est un scandaleux.
00:47:44Moi,
00:47:44je pense aux Etats-Unis
00:47:45où on met des mineurs
00:47:46en prison.
00:47:47Voilà.
00:47:49C'est ça.
00:47:49C'est les Etats-Unis.
00:47:50Bon,
00:47:51on salue M. Hill
00:47:52qui est avec nous.
00:47:53Le condamnement.
00:47:53Voilà.
00:47:54On va féliciter Thomas Hill.
00:47:57Ah,
00:47:57c'est gentil.
00:47:58On va féliciter Thomas Hill
00:47:59parce que Thomas Hill
00:48:00fait une émission remarquable
00:48:01sur Europe 1.
00:48:03Et pourquoi ?
00:48:04Parce qu'il est
00:48:05avec Anissa.
00:48:06Voilà.
00:48:06Qui est vraiment
00:48:08essentiel.
00:48:10Venez tous les deux.
00:48:11Voilà.
00:48:11Thomas,
00:48:12voilà.
00:48:12Et Anissa.
00:48:14Vous êtes formidables.
00:48:15Merci.
00:48:16Tous les deux.
00:48:16Formidables d'intelligence,
00:48:18d'empathie,
00:48:19avec des invités culture
00:48:22qui nous permettent
00:48:23parfois de sortir
00:48:24de cette actualité rude
00:48:26et d'avoir une parenthèse
00:48:28enchantée
00:48:29entre 11h,
00:48:32entre 10h
00:48:32et 11h30
00:48:33avant Christine Kelly
00:48:34qui a des résultats formidables
00:48:35également sur Europe 1.
00:48:37Excellent.
00:48:37Mais vous êtes une rampe
00:48:38de lancement
00:48:39pour Christine.
00:48:41J'ai surtout une formidable
00:48:42locomotive, Pascal.
00:48:43Tout, tout.
00:48:44Et bien évidemment.
00:48:47Mais donc,
00:48:48bravo à vous
00:48:48parce que l'émission
00:48:49marche bien.
00:48:50Elle trouve son audience
00:48:52et c'est ça
00:48:53qui est l'essentiel.
00:48:54Et puis,
00:48:54c'est vrai qu'elle est
00:48:55formidablement animée
00:48:56avec vous
00:48:57et toute votre équipe.
00:48:58C'est très sympa.
00:48:59Merci Pascal.
00:49:01Vous êtes 25 à peu près
00:49:03pour préparer cette émission
00:49:04quand je passe le matin au mois.
00:49:07Et on est avec Laurent Woulzy
00:49:09ce matin.
00:49:10C'est pas vrai ?
00:49:10Mais oui.
00:49:12C'est la première fois
00:49:12qu'il vient ici.
00:49:13Je suis très heureux.
00:49:14Ah ben non,
00:49:14c'est génial.
00:49:15Vous avez beaucoup de chance.
00:49:16Bon,
00:49:169h55.
00:49:17On parle du 13 novembre
00:49:19dans la dernière partie
00:49:20de l'émission.
00:49:20A tout de suite.
00:49:21Et vraiment,
00:49:21merci.
00:49:22Merci au moment
00:49:23où on quitte Europe 1
00:49:24et on va rester sur CNews.
00:49:26Merci à tous les auditeurs
00:49:28d'Europe 1.
00:49:29La radio bleue
00:49:30qui retrouve ses couleurs
00:49:33et qui retrouve le succès.
00:49:36Bravo à Dona,
00:49:37Vidal,
00:49:37Revelle et toutes les équipes.
00:49:39Messieurs Carré,
00:49:40etc.
00:49:41Je pourrais citer tout le monde.
00:49:42Vraiment,
00:49:43c'est une victoire importante.
00:49:47La pause,
00:49:48la pub,
00:49:48on revient.
00:49:52Georges Salinas
00:49:53est avec nous ce matin.
00:49:54Il a écrit
00:49:54par le Verbe,
00:49:55par le Gleve.
00:49:56C'est un polar
00:49:57sur le 13 novembre
00:49:58que vous avez écrit
00:49:59il y a plusieurs mois déjà.
00:50:00Mais surtout,
00:50:01vous étiez l'un des hommes
00:50:02ou l'homme
00:50:03qui a dirigé l'assaut
00:50:04le 13 novembre
00:50:05au Bataclan.
00:50:07Bonjour.
00:50:07Donc,
00:50:07évidemment,
00:50:08d'abord,
00:50:09j'ai envie de dire,
00:50:10vous méritez
00:50:11tout notre respect.
00:50:13Et je pense que
00:50:13lorsqu'on voit
00:50:14des gens comme vous,
00:50:15effectivement,
00:50:15dans la journée,
00:50:17dans la rue,
00:50:18les gens doivent souvent
00:50:20vous dire cela
00:50:20et une forme d'estime
00:50:22ou d'admiration
00:50:22pour votre courage
00:50:24et pour ce que vous avez fait.
00:50:26Donc,
00:50:26on va en parler ensemble.
00:50:28Mais avant cela,
00:50:28Sommayal Abidi
00:50:29nous rappelle les titres.
00:50:306 attentats déjoués
00:50:35depuis le début de l'année
00:50:36annoncent ce matin
00:50:37de Laurent Nouniès,
00:50:38le ministre de l'Intérieur
00:50:39qui ajoute que la menace terroriste
00:50:41est aujourd'hui très élevée
00:50:43et précise qu'en ce jour
00:50:44de commémoration
00:50:45des attentats du 13 novembre,
00:50:47un gros dispositif
00:50:48de sécurité
00:50:49a été mis en place
00:50:49pour le match
00:50:50France-Ukraine
00:50:51au Parc des Princes
00:50:51ce soir.
00:50:52Un match qui,
00:50:53selon lui,
00:50:53constitue un symbole fort.
00:50:554 personnes soupçonnées
00:50:57d'avoir participé
00:50:58au tournage sauvage
00:50:59d'un clip de rap
00:51:00qui a causé un incendie
00:51:01dans la bande du lieu
00:51:02de Lyon samedi
00:51:03ont été interpellées ce matin
00:51:04et placées en garde à vue.
00:51:06Parmi eux,
00:51:07un rappeur local de 18 ans
00:51:08connu sous le nom
00:51:09de BFK 16.
00:51:11Et puis,
00:51:11elle avait annoncé
00:51:12sa volonté de porter plainte
00:51:14et désormais chose faite.
00:51:16Christine Pacou,
00:51:17la veuve de Caroline Grandjean,
00:51:18l'institutrice
00:51:19qui s'était suicidée
00:51:20dans le Cantal
00:51:21le jour de la rentrée scolaire
00:51:22après avoir été la cible
00:51:23de propos homophobes,
00:51:24a porté plainte
00:51:25contre l'éducation nationale
00:51:27pour harcèlement
00:51:27et contre le maire
00:51:28du village de Mossage.
00:51:31Merci Somaïa.
00:51:32Avant de parler
00:51:32avec Georges Salinas
00:51:33et d'évoquer le 13 novembre,
00:51:34vous vouliez dire un mot
00:51:35Richard Millet
00:51:36sur ce 13 novembre ?
00:51:37Oui, je voulais dire
00:51:38que j'ai un rapport
00:51:38très particulier
00:51:39avec le 13 septembre,
00:51:40c'est que je n'ai rien vu.
00:51:4213 novembre.
00:51:4313 novembre, pardon.
00:51:44Je n'ai rien vu
00:51:45parce que j'étais à Damas.
00:51:48J'étais à Damas
00:51:49pour soutenir
00:51:49les chrétiens d'Orient
00:51:50et dans un dîner officiel.
00:51:53Et dans ce dîner,
00:51:54il n'était pas question
00:51:55de sortir son téléphone portable
00:51:57et donc on a su
00:51:58certaines choses
00:51:59mais bien tard dans la nuit
00:52:01et uniquement par SMS
00:52:02parce qu'il n'était pas question
00:52:03d'avoir des images là-bas.
00:52:05Et le lendemain matin,
00:52:07Bachar Al-Assad
00:52:08nous a reçus
00:52:09et nous a dit
00:52:10la chose suivante.
00:52:11Si vos services se créaient
00:52:13au lieu de me boycotter,
00:52:14avaient collaboré
00:52:15avec nous,
00:52:17on aurait pu vous donner
00:52:18des renseignements
00:52:18et éviter ça.
00:52:19Et François Hollande,
00:52:21évidemment,
00:52:21à cette époque-là,
00:52:22ne souhaitait pas
00:52:23qu'il y ait des rapports
00:52:24entre la Syrie
00:52:24et la France.
00:52:27C'est tout ce que je voulais dire.
00:52:28Bon, c'est la parole aussi
00:52:29de Bachar Al-Assad.
00:52:30C'est la parole de Bachar,
00:52:31mais je peux penser
00:52:32que, n'oubliez pas,
00:52:33parce que l'époque,
00:52:34c'était quand même
00:52:35le triomphe quasi de Daesh,
00:52:37la moitié d'une partie
00:52:38de la Syrie.
00:52:39J'entends bien,
00:52:39mais convenez que
00:52:40ce que dit Bachar Al-Assad
00:52:41n'est pas parole d'évangile.
00:52:44Je vous livre un témoignage.
00:52:45C'est son intérêt
00:52:45peut-être de dire cela aussi.
00:52:46C'était peut-être son intérêt
00:52:47de dire cela, bien sûr.
00:52:49Mais il n'empêche
00:52:50qu'on peut penser
00:52:50que les services secrets syriens
00:52:52étaient quand même
00:52:52tout à fait au courant
00:52:54d'un certain nombre de choses.
00:52:55Bon, Georges Chalinas,
00:52:56par le vert, par le glaive.
00:52:57Vous étiez donc,
00:52:59vous avez mené l'assaut
00:53:01et vous étiez
00:53:01chef adjoint du BRI,
00:53:03de la BRI.
00:53:05Qu'est-ce que vous n'avez pas dit
00:53:06sur cet événement
00:53:08et qu'est-ce que peut-être
00:53:10vous ne pourrez jamais dire au fond ?
00:53:12Est-ce qu'il y a des choses
00:53:13où vous dites
00:53:14voilà, ça c'est entre moi
00:53:17et mes hommes
00:53:18et il y a des choses
00:53:20que je ne peux pas dire ?
00:53:21D'abord, est-ce que ça existe ?
00:53:23Ça existe, enfin,
00:53:24il y a des choses
00:53:24qui sont dites entre nous
00:53:25et qu'on ne va pas partager,
00:53:26ça c'est clair.
00:53:28Mais je pense que c'est important
00:53:30malgré tout
00:53:31de témoigner,
00:53:32d'expliquer ce qui s'est passé.
00:53:35Moi, quand j'ai
00:53:38eu cette soirée-là
00:53:39avec mes hommes,
00:53:41c'est quelque chose
00:53:41qui était pour nous
00:53:43nouveau,
00:53:45même si on avait
00:53:45beaucoup travaillé
00:53:46sur ce genre
00:53:47d'opération,
00:53:48on avait quelques expériences
00:53:50professionnelles là-dessus,
00:53:52on avait des retours
00:53:53d'expériences aussi
00:53:53puisque je vous rappelle
00:53:54qu'il y a eu quand même
00:53:55des attentats
00:53:56à Bombay,
00:53:57à Moscou,
00:53:59il y en a eu
00:53:59à Beslam,
00:54:00donc on avait quand même
00:54:01une idée de ce que c'était
00:54:02que les attentats de masse
00:54:03et puis il ne faut pas oublier
00:54:04qu'on avait subi
00:54:04hyper cachère
00:54:05au mois de janvier
00:54:07et qu'on avait déjà
00:54:08quand même
00:54:08une certaine expérience
00:54:09de ce que c'était
00:54:10qu'une opération compliquée.
00:54:11Alors, il y a ce qu'on appelle
00:54:12le bouclier,
00:54:13c'est-à-dire qu'il entre
00:54:14en premier.
00:54:14Alors, le bouclier,
00:54:15c'est en fait,
00:54:16c'est ce qu'on appelle
00:54:17un Ramsès,
00:54:17c'est un bouclier
00:54:18avec des roulettes
00:54:19parce qu'il est très,
00:54:21très lourd
00:54:21et il permet de se protéger
00:54:22et de mettre une colonne
00:54:23d'assaut derrière
00:54:24et ce bouclier,
00:54:25c'est moi qui me suis venu
00:54:26le chercher
00:54:26puisque moi,
00:54:27je suis arrivé
00:54:28en deuxième rideau,
00:54:29je dirais,
00:54:29une fois qu'on avait
00:54:30une force d'intervention rapide
00:54:31qui avait été déployée
00:54:33des gens de la BRI.
00:54:35À quelle heure vous arrivez ?
00:54:37Moi, je dois arriver
00:54:37à peu près
00:54:38une demi-heure
00:54:39après les faits.
00:54:41Et vous êtes où
00:54:41ce soir-là ?
00:54:42En fait, je suis au début
00:54:43chez moi,
00:54:44tout simplement,
00:54:44je suis à la campagne.
00:54:46À la campagne
00:54:46loin de Paris ?
00:54:47À 60 kilomètres de Paris
00:54:48et je reçois
00:54:50des appels téléphoniques
00:54:51au départ
00:54:52des piégeurs d'assaut
00:54:53qui me disent
00:54:54qu'il y a eu
00:54:54des explosions
00:54:55autour du stade de France.
00:54:58Au départ,
00:54:58on pense que c'est accidentel
00:54:59et puis rapidement
00:55:00on comprend que c'est...
00:55:01Et vous arrivez comment ?
00:55:02Parce que j'imagine...
00:55:03On ne vous met pas
00:55:06des moyens particuliers
00:55:07pour aller plus vite ?
00:55:08Non, alors,
00:55:08on avait développé
00:55:09des moyens,
00:55:10c'est-à-dire d'autonomie
00:55:11pour les fonctionnaires
00:55:13de police
00:55:13qui étaient de permanence.
00:55:15Et moi,
00:55:15en tant que chef de service,
00:55:17j'étais toujours
00:55:17de permanence.
00:55:18Et donc,
00:55:19dès qu'on m'a appelé,
00:55:20j'ai pris mon véhicule.
00:55:22Je n'étais pas tout seul,
00:55:23d'ailleurs.
00:55:23Et vous mettez
00:55:24combien de temps ?
00:55:25J'ai mis 23 minutes
00:55:27pour faire 60 kilomètres.
00:55:28Et quand je suis arrivé
00:55:29sur Paris,
00:55:31moi,
00:55:31mon boulot,
00:55:32ça a été de récupérer
00:55:33le reste des effectifs
00:55:34de la Béry
00:55:35qui n'avaient pas été
00:55:35encore engagés.
00:55:36J'ai amené
00:55:37le fameux blindé
00:55:38qu'on a vu un peu partout,
00:55:40notamment sur Hypercacher.
00:55:41Et j'ai amené
00:55:42le fameux bouclier
00:55:42qui nous a bien servi
00:55:43sur l'opération d'assaut.
00:55:45Qui décide
00:55:46qu'une personne
00:55:47va entrer
00:55:48dans le Bataclan
00:55:49et que précisément
00:55:51c'est cette personne-là
00:55:52qui entre ?
00:55:54Il y a une organisation
00:55:56au sein des colonnes d'assaut
00:55:57de toute façon
00:55:58avec des rôles
00:55:59qui sont bien
00:55:59prénétablis
00:56:03et chacun sait
00:56:04ce qu'il a à faire.
00:56:05Donc,
00:56:06on reprend les schémas
00:56:07qu'on a travaillés.
00:56:08Donc,
00:56:08on a des binômes.
00:56:09Alors après,
00:56:09on a des gens
00:56:10qui sont,
00:56:11pour savoir,
00:56:11ils sont tous volontaires.
00:56:12À la Béry,
00:56:13j'ai rarement vu des gens
00:56:15qui ne voulaient pas y aller.
00:56:16Donc,
00:56:17c'est même parfois
00:56:18la difficulté,
00:56:19c'est qu'ils veulent
00:56:20tous être devant.
00:56:20et c'est nous
00:56:22qui devons organiser
00:56:23une colonne d'assaut.
00:56:24Alors,
00:56:25on fait des choses
00:56:25qui sont très dangereuses
00:56:27mais on ne fait pas
00:56:28n'importe quoi.
00:56:30donc,
00:56:30il faut l'organiser
00:56:31et mon travail,
00:56:33ça a été d'organiser
00:56:34justement un assaut
00:56:35au moment
00:56:36où on est arrivé,
00:56:37nous.
00:56:38Donc,
00:56:38on fait,
00:56:39il y a,
00:56:39quand on arrive,
00:56:40en général,
00:56:40on prépare
00:56:42une espèce d'assaut d'urgence.
00:56:43C'est-à-dire qu'on est là,
00:56:44on ne sait pas
00:56:44tout ce qui se passe,
00:56:46on a des informations
00:56:46qui sont par cellaires,
00:56:48on ne sait pas
00:56:48combien ils sont,
00:56:49on ne sait pas
00:56:50s'il y a encore des otages,
00:56:51on ne sait pas où ils sont.
00:56:53Donc,
00:56:53notre travail,
00:56:54au début,
00:56:54c'est de reculter
00:56:55l'information
00:56:55et là,
00:56:56on met en place
00:56:56un système d'urgence
00:56:58et après,
00:56:59notre travail,
00:57:00c'est de gagner du temps
00:57:01de l'information
00:57:03pour mener
00:57:04à un assaut,
00:57:05ce qu'on appelle,
00:57:05nous,
00:57:05dans notre jargon,
00:57:06un assaut élaboré
00:57:07pour faire un assaut
00:57:08qui nous permettra
00:57:09d'épargner
00:57:10le maximum de vie
00:57:12pour les otages
00:57:15et pour les policiers
00:57:16et puis neutraliser
00:57:17les terroristes.
00:57:18Quelle heure est-il
00:57:19lorsque vous entrez
00:57:20dans le Bataclan ?
00:57:21Moi,
00:57:21quand je suis arrivé,
00:57:22il devait être,
00:57:22je pense,
00:57:23aux alentours de 22h.
00:57:24Non,
00:57:24mais quand vous entrez ?
00:57:26Les premiers ?
00:57:27Oui.
00:57:27Les premiers sont arrivés
00:57:28à peu près une demi-heure
00:57:29après les faits.
00:57:31Mais quand ils pénètrent
00:57:32dans le Bataclan ?
00:57:33Quand ils pénètrent
00:57:33dans le Bataclan,
00:57:34il y a déjà un binôme,
00:57:36je dirais,
00:57:37une patrouille de la police
00:57:38de la Bac-Nuit
00:57:38qui a pénétré.
00:57:40il faut savoir
00:57:42qu'on avait des procès
00:57:42qui étaient un peu différents.
00:57:44Les policiers n'étaient pas
00:57:46aussi bien équipés
00:57:47que maintenant
00:57:48et les plus moins intervenants
00:57:50en fait avaient tendance
00:57:51à ne pas,
00:57:52à geler plutôt la situation
00:57:54que plutôt intervenir.
00:57:55Vraiment en cas d'extrême urgence
00:57:57et là,
00:57:57on était quand même
00:57:58dans l'extrême urgence.
00:57:59Dans la chaîne de commandement,
00:58:01quand vous décidez d'entrer,
00:58:02c'est vous qui prenez la décision,
00:58:04le ministre donne l'accord,
00:58:07le président de la République
00:58:08donne l'accord.
00:58:09Comment ça se passe ?
00:58:10Non.
00:58:10Sur ce genre d'opération,
00:58:12il n'y a aucune décision
00:58:13qui est prise à haut niveau.
00:58:15C'est le terrain qui décide.
00:58:17Donc le président de la République
00:58:18et le ministre de l'Intérieur
00:58:20et le Premier ministre,
00:58:21ils ne sont pas dans la chaîne
00:58:21de commandement ?
00:58:22Ils ne sont pas dans la chaîne
00:58:23de commandement sur le terrain.
00:58:25La chaîne de commandement,
00:58:26elle apparaît,
00:58:26je dirais,
00:58:27quand on va arriver à la fin.
00:58:29C'est-à-dire,
00:58:29une fois qu'on a mis en place
00:58:31tous nos dispositifs,
00:58:32on sait ce qu'on va faire.
00:58:33Donc on a expliqué
00:58:34ce qu'on voulait faire
00:58:35et à partir de là,
00:58:36effectivement,
00:58:37on demande une validation.
00:58:39Une validation qui arrive
00:58:40assez vite d'ailleurs
00:58:41puisque autant sur Hypercaché,
00:58:42je crois qu'on avait mis 40 minutes
00:58:44pour avoir la validation,
00:58:45autant sur le Bataclan,
00:58:47on l'a eu tout de suite
00:58:48puisque le préfet de l'époque
00:58:49qui était le préfet Cadeau,
00:58:51qui était un homme admirable,
00:58:52nous a dit tout de suite
00:58:53« Allez-y ».
00:58:54Bon, là vous avez écrit un roman
00:58:56par le Vert et par le glaive.
00:59:00Votre personnage s'appelle...
00:59:03De La Roche.
00:59:05Vous écrivez sur le 13 novembre
00:59:07François échangeait
00:59:08avec son chef
00:59:08et les hommes sur le terrain.
00:59:09Un appel radio lui demanda
00:59:10de regarder son téléphone.
00:59:11Le dernier message
00:59:12était celui de Nathalie.
00:59:13Il eut un mauvais pressentiment.
00:59:15Elle ne tentait jamais
00:59:16de le joindre en pleine opération.
00:59:18Il lut le message
00:59:19« Marine et son amie Pauline
00:59:21sont dans le Bataclan,
00:59:22sauve-la ».
00:59:23Son cœur s'accéléra d'un coup.
00:59:25Il reçut un appel radio
00:59:26du PCO,
00:59:27lui demandant
00:59:28de regarder sa tablette.
00:59:29Il prit connaissance
00:59:30sur son écran du message
00:59:31qu'il informait
00:59:32de l'endroit
00:59:33où se trouvait sa fille.
00:59:36Alors, c'est un roman.
00:59:37Oui.
00:59:38Bien évidemment.
00:59:39Mais c'est un roman
00:59:40inspiré.
00:59:41J'ai l'habitude de dire
00:59:42que c'est une impure fiction.
00:59:45On est...
00:59:46Il y a plein de cas
00:59:47comme ça,
00:59:48de gens,
00:59:48et donc je me suis aussi
00:59:49inspiré
00:59:50de ce que les gens ont vécu.
00:59:52Moi, j'ai reçu
00:59:53plein d'appels téléphoniques
00:59:54de gens qui me connaissaient,
00:59:56qui savaient
00:59:56que j'étais sur le terrain
00:59:57et qui me disaient
00:59:58« Est-ce que tu peux savoir
01:00:00si ma fille est là ?
01:00:01Si ma fille est là ? »
01:00:02Donc, on est tous rattrapés
01:00:04un peu par ça.
01:00:05Et il faut essayer
01:00:06de mettre
01:00:07ces émotions de côté,
01:00:08d'ailleurs,
01:00:09parce que quand on est
01:00:10dans l'opération,
01:00:11c'est malheureux,
01:00:13mais il va falloir
01:00:13se transformer un peu
01:00:14en machine de guerre.
01:00:16Et tout ce que vous...
01:00:17C'est heureux même.
01:00:18Bien évidemment.
01:00:19C'est plutôt heureux
01:00:19d'oublier les émotions
01:00:21et les sentiments
01:00:21dans ce moment-là
01:00:22parce qu'autrement,
01:00:22on ne pourrait pas.
01:00:23Comme un chirurgien
01:00:24qui y opère.
01:00:25C'est exactement ça.
01:00:26Ça nous parasite.
01:00:27Et donc, moi,
01:00:29j'ai été d'ailleurs...
01:00:30Après, on est rattrapé
01:00:31par la réalité,
01:00:32mais j'ai été assez surpris
01:00:33parce que j'ai marché,
01:00:35malheureusement,
01:00:36pendant plus de deux heures
01:00:37sur des gens
01:00:38qui étaient décédés.
01:00:39Je les ai enjambés
01:00:39comme des morceaux de bois
01:00:40sans faire attention
01:00:42parce que j'étais
01:00:43complètement surpris
01:00:43par mon opération.
01:00:45Je voulais à tout prix
01:00:46sauver les otages
01:00:47et les neutraliser.
01:00:48Et donc, on ne pense pas...
01:00:50si on se fait parasiter
01:00:51par tout ça,
01:00:52on ne peut pas travailler
01:00:53correctement.
01:00:53En revanche,
01:00:54quand les opérations
01:00:55sont terminées,
01:00:56là, vous voyez les scènes
01:00:57et là, vous êtes quand même
01:00:58rattrapé par l'émotion.
01:00:59Et je lis,
01:01:00à l'intérieur du Bataclan,
01:01:01les deux colonnes
01:01:02de la BRI se séparèrent
01:01:03à 23h22.
01:01:04La première se dirigea
01:01:05vers la fosse
01:01:06et le rez-de-chaussée.
01:01:07La seconde progressa
01:01:08vers les balcons.
01:01:09partout,
01:01:09des spectateurs
01:01:10étaient allongés.
01:01:11Les lumières
01:01:12de l'établissement
01:01:12étaient en mode concert.
01:01:14On percevait dans l'ombre
01:01:15de la salle
01:01:16la désolation
01:01:17et l'horreur.
01:01:19Le roman est évidemment
01:01:20formidable.
01:01:22Et ce que vous avez fait
01:01:23est tout à fait exceptionnel.
01:01:25J'observe d'ailleurs
01:01:26que vous avez
01:01:26la Légion d'honneur.
01:01:28Alors oui.
01:01:28Et je me demande...
01:01:29Alors moi,
01:01:29je l'ai dit parce que
01:01:30j'ai pu en tant de service
01:01:31quand même.
01:01:32Mais on ne vous l'a pas donné
01:01:33parce que vous étiez
01:01:34au Bataclan.
01:01:34Parce que c'est un débat
01:01:36qui existe
01:01:36que la personne
01:01:38par exemple
01:01:38qui est rentrée
01:01:39la première,
01:01:40cet homme dont on a parlé
01:01:41tout à l'heure,
01:01:41ce qu'on appelle le bouclier,
01:01:42il n'a pas la Légion d'honneur.
01:01:44En fait,
01:01:44il n'y a pas que le...
01:01:45Enfin,
01:01:46je pense qu'il ne faut pas
01:01:46parler que d'une seule personne.
01:01:48Oui.
01:01:48On parle de la Béry.
01:01:49D'abord,
01:01:49parce que c'est un ensemble,
01:01:50c'est un groupe
01:01:51qui est très soudé
01:01:51et chacun a un rôle.
01:01:53Et celui qui est en position
01:01:54de contre-sniping,
01:01:55ce qu'on appelle par exemple,
01:01:57qui ne va pas être
01:01:58au contact
01:01:58de la colonne d'assaut,
01:02:00il a aussi son rôle essentiel.
01:02:01Donc,
01:02:01c'est un travail de groupe
01:02:02sur lequel chacun compte
01:02:04sur l'autre
01:02:04et si l'autre n'est pas là,
01:02:07le suivant
01:02:08ne peut pas faire le travail.
01:02:09Donc,
01:02:09c'est un travail de groupe
01:02:10qu'il faut récompenser.
01:02:11Alors après,
01:02:12j'ai l'habitude de dire
01:02:13une médaille,
01:02:14ça ne se demande pas.
01:02:15Donc,
01:02:16quelque part,
01:02:17c'est soit
01:02:18on considérera
01:02:19qu'il mérite la reconnaissance
01:02:20et on a des gens
01:02:22qui sont là
01:02:22pour prendre les décisions.
01:02:24Moi,
01:02:24ce que j'aimerais,
01:02:25c'est que
01:02:25si des décisions
01:02:27sont prises,
01:02:28qu'elles soient prises...
01:02:29Moi,
01:02:29j'ai fait les 80 ans
01:02:30du débarquement
01:02:33et j'ai vu
01:02:34des gens,
01:02:36des anciens soldats
01:02:37qui ont été...
01:02:39qui ont eu des décorations,
01:02:41ils avaient 90 ans.
01:02:43Alors,
01:02:43je me dis que
01:02:44il y a bien
01:02:44que si jamais
01:02:45on doit les reconnaître,
01:02:46qu'on n'attende pas
01:02:47qu'ils aient 90 ans.
01:02:48Bon,
01:02:48vous appartenez
01:02:48à un corps d'élite
01:02:49et c'est important,
01:02:50effectivement,
01:02:51la valorisation
01:02:52forcément personnelle
01:02:53de faire des choses utiles
01:02:54et c'est ce que vous avez fait
01:02:55d'être traversé la vie
01:02:56avec une sorte de fierté de soi
01:02:58et j'imagine
01:02:59que ce sentiment
01:03:00est très puissant
01:03:01d'être au service
01:03:02des autres,
01:03:03d'avoir fait ce qu'on devait faire
01:03:04et que ça donne un sens
01:03:07à une vie,
01:03:08bien sûr.
01:03:09Et je suis toujours frappé
01:03:10de ces flics.
01:03:12En France,
01:03:13combien le métier est dur,
01:03:14combien...
01:03:14C'est difficile,
01:03:16parfois,
01:03:17ils sont maltraités.
01:03:18Mais il y a dans,
01:03:19chez les flics,
01:03:20quelque chose
01:03:21que j'aime beaucoup,
01:03:22de ce sentiment
01:03:23que vous venez de dire,
01:03:25d'ailleurs,
01:03:25de solidarité,
01:03:26d'appartenance,
01:03:27esprit de corps,
01:03:28qu'on peut retrouver dans le sport,
01:03:29d'ailleurs,
01:03:29qu'on ne retrouve pas
01:03:30dans toutes les professions,
01:03:31loin de là.
01:03:32Et je n'en citerai pas d'autres,
01:03:35monsieur le procureur.
01:03:36Mais chez les flics,
01:03:37il y a ça.
01:03:38Et c'est admirable.
01:03:39Il y a une certaine solidarité,
01:03:42c'est clair.
01:03:42Alors,
01:03:43ce n'est pas du corporatisme,
01:03:44c'est une solidarité.
01:03:45Non, non, non.
01:03:45C'est-à-dire qu'on est tous engagés.
01:03:47Et si on n'était pas engagés,
01:03:50d'ailleurs,
01:03:50on irait faire d'autres métiers
01:03:51qui, peut-être,
01:03:52rapporteraient plus d'argent.
01:03:54Donc,
01:03:54les gens qui choisissent
01:03:55ce métier-là,
01:03:56ils ont choisi quand même
01:03:57d'avoir une mission,
01:03:58une mission noble.
01:04:00Et cette mission noble,
01:04:01il faut la reconnaître.
01:04:02Alors,
01:04:03on va voir quelques sujets.
01:04:04Je salue d'ailleurs
01:04:05Philippe Hetz,
01:04:06qui nous regarde,
01:04:06que j'ai salué tout à l'heure,
01:04:07et qui est un grand flic aussi,
01:04:09qui est parti.
01:04:10Alors,
01:04:11c'est les derniers jours
01:04:11à la retraite.
01:04:13Donc,
01:04:14parce que parfois,
01:04:15ça s'arrête.
01:04:17Et puis,
01:04:17on va voir quelques sujets,
01:04:18des sujets dramatiques.
01:04:20Je voulais vous montrer
01:04:20ce sujet de Valentin Rouillon
01:04:22et de cette jeune femme,
01:04:24aujourd'hui,
01:04:25qui s'appelle Patricia,
01:04:26dont la fille,
01:04:27cette mère,
01:04:28Patricia,
01:04:28et sa fille,
01:04:30Priscillia,
01:04:30est morte il y a dix ans.
01:04:32Et je vous assure,
01:04:33quand vous voyez ces images,
01:04:34elle n'a pas touché
01:04:35à la chambre de sa fille.
01:04:37Elle n'a pas touché une photo.
01:04:40Elle ne peut pas.
01:04:41Et quand vous voyez cela,
01:04:42effectivement,
01:04:43immédiatement,
01:04:44vous avez les larmes aux yeux.
01:04:45Regardez ce sujet
01:04:46de Valentin Rouillon.
01:04:47C'est son pyjama
01:04:49et je ne l'ai jamais décroché
01:04:51depuis dix ans.
01:04:53Ça va paraître
01:04:53complètement dingue,
01:04:54mais c'est comme ça.
01:04:56Pour Patricia,
01:04:57Priscillia est toujours là.
01:05:00Le soir du 13 novembre,
01:05:01sa fille était dans la fosse
01:05:02du Bataclan
01:05:03avec Manu, son compagnon.
01:05:05Tous deux ont été
01:05:07assassinés sauvagement.
01:05:10Cette photo,
01:05:11elle est très ancienne.
01:05:12Je n'ai aucune idée
01:05:13d'où c'était
01:05:13parce que c'est vraiment
01:05:14très ancien.
01:05:16Dans la chambre de Priscillia,
01:05:17tout est comme figé
01:05:18depuis dix ans.
01:05:20Je n'arrive pas
01:05:20à toucher à tout ça.
01:05:21Je ne peux pas.
01:05:22Je n'y arrive pas.
01:05:23Elle est toujours là
01:05:24et je veux qu'elle soit là
01:05:26de toute façon.
01:05:26Patricia accepte
01:05:31de revenir avec nous
01:05:32sur les lieux
01:05:33où sa fille a perdu la vie.
01:05:35Le Bataclan,
01:05:37cela fait des mois
01:05:37qu'elle n'y était pas retournée.
01:05:40Revenir ici
01:05:41reste pour elle
01:05:42une épreuve,
01:05:43un face-à-face
01:05:44avec la douleur.
01:05:46À chaque fois que j'y passe,
01:05:47même en voiture,
01:05:48c'est toujours très difficile,
01:05:49mais j'y passe
01:05:50parce que ça fait partie
01:05:51de ma vie.
01:05:53Le Bataclan,
01:05:54il est inscrit
01:05:54dans mon cerveau à jamais.
01:05:55Le devoir de mémoire,
01:05:58il est ineffaçable,
01:06:00indélébile.
01:06:01C'est vraiment
01:06:02comme ça
01:06:04que j'arrive à vivre, moi.
01:06:06Pour les dix ans,
01:06:07la famille de Priscillia
01:06:09a préparé une vidéo
01:06:10retraçant sept ans
01:06:11de sa vie.
01:06:13Des images
01:06:14que la jeune femme
01:06:15avait elle-même réalisées.
01:06:19Priscillia
01:06:19aurait eu 45 ans
01:06:21cette année.
01:06:21Et puis,
01:06:25manifestement,
01:06:26il y a beaucoup de gens
01:06:27qui vous connaissent
01:06:27et qui vous apprécient
01:06:28parce que l'elle-madame
01:06:29qui nous regarde régulièrement
01:06:30me demande de faire passer
01:06:32également le message
01:06:32parce que le paradoxe
01:06:34c'est que vous avez été
01:06:34un proche du président
01:06:35de la République.
01:06:36Quand je dis un proche,
01:06:37vous avez été à son service
01:06:38comme dans la garde rapprochée
01:06:40du président de la République.
01:06:41Il était son directeur
01:06:42de la sécurité
01:06:42pendant plus de six ans.
01:06:44J'ai donc assumé
01:06:45sa protection
01:06:46et la protection
01:06:47de sa famille.
01:06:48Est-ce que vous,
01:06:48d'ailleurs,
01:06:49c'est intéressant,
01:06:50lorsqu'on côtoie
01:06:51le président de la République
01:06:52au quotidien,
01:06:53qu'on a accès à l'homme,
01:06:55est-ce que vous diriez
01:06:57qu'il existe
01:06:57une différence
01:06:58entre ce que vous avez vu,
01:07:00l'homme qu'il est,
01:07:02son rapport aux autres
01:07:03et tel qu'il est perçu
01:07:06parfois par l'opinion publique ?
01:07:09Alors, je vais peut-être
01:07:10vous demander
01:07:10de sortir de votre devoir
01:07:12de réserve,
01:07:13mais je souligne souvent
01:07:16qu'on a le sentiment
01:07:18que le président
01:07:18ne nous comprend pas
01:07:19ou ne comprend pas
01:07:20parfois les Français
01:07:21et qu'il est en décalage
01:07:23sur le ressenti
01:07:26des uns et des autres.
01:07:28Et en revanche,
01:07:29ceux qui travaillent avec lui
01:07:31toujours et tout le temps
01:07:32ont beaucoup d'estime
01:07:36et parfois d'amitié
01:07:37et même parfois au-delà.
01:07:39Je disais tout à l'heure
01:07:40qu'il le vénère
01:07:42et c'est quelque chose
01:07:43que je ne peux que constater.
01:07:45Donc, je ne sais pas
01:07:45si votre parole
01:07:46est complètement libre
01:07:47et si vous pouvez
01:07:48dire quelque chose.
01:07:49D'abord, parce que
01:07:50j'ai un devoir de réserve
01:07:52concernant le travail
01:07:54que j'ai effectué
01:07:54pendant six ans
01:07:55et donc tout ce qui est
01:07:56à l'Élysée
01:07:57doit rester à l'Élysée.
01:07:58En revanche,
01:07:59ce que vous dites,
01:08:00c'est que nous,
01:08:01on a des rapports
01:08:01qui sont bien plus proches.
01:08:03La sécurité,
01:08:04elle est là constamment,
01:08:05elle est présente constamment.
01:08:06On est attentif
01:08:08et au courant aussi
01:08:09de toutes les menaces
01:08:10et donc mon travail,
01:08:13ça a été de le protéger.
01:08:15Je protège l'institution d'abord
01:08:17avant de protéger l'homme
01:08:19et bien évidemment,
01:08:21l'homme,
01:08:21on le côtoie,
01:08:22on le rencontre
01:08:23et on n'a pas du tout
01:08:25les mêmes rapports
01:08:25que les rapports
01:08:26que vous pouvez avoir
01:08:27avec d'autres
01:08:28ou que les gens ont
01:08:29à la télévision
01:08:30ou ce genre de choses.
01:08:31Donc,
01:08:33il est clair
01:08:33que c'est une expérience
01:08:34qui est un peu différente
01:08:35mais c'est,
01:08:37je dirais,
01:08:38une expérience
01:08:38qui est assez privée
01:08:39sur laquelle
01:08:40je ne peux pas m'étendre.
01:08:41Oui,
01:08:41parce que ce n'était pas
01:08:42vraiment ma question.
01:08:43Ma question,
01:08:44c'était la perception,
01:08:45la différence de perception.
01:08:47En fait,
01:08:47j'avais envie,
01:08:48comme souvent,
01:08:49on est assez critique
01:08:50sur le président
01:08:51de la République
01:08:51mais en même temps,
01:08:53il a mis en place
01:08:54aussi un système
01:08:55où il est défendu
01:08:56par personne
01:08:57et c'est aussi là
01:08:58que sa communication
01:08:59n'est pas bonne.
01:09:00C'est-à-dire que
01:09:01s'il avait des conseillers
01:09:02qui venaient sur les plateaux
01:09:04pour défendre
01:09:05ou pour,
01:09:06comment dire,
01:09:07donner des explications
01:09:10de sa politique,
01:09:11ça irait mieux
01:09:12plutôt qu'avoir
01:09:13cette langue de bois
01:09:14parfois des politiques.
01:09:15Mais tout est resserré
01:09:16évidemment sur
01:09:17le président de la République.
01:09:19Donc après,
01:09:20les fantasmes
01:09:21peuvent courir
01:09:22dans Paris.
01:09:23Je pense que
01:09:23dans ces cas-là,
01:09:24tu vas avoir une communication
01:09:25où régulièrement,
01:09:26tu as des intervenants
01:09:28sur les chaînes de télévision
01:09:29qui viennent faire
01:09:30le service après-vente.
01:09:31C'est normalement
01:09:32le rôle des députés.
01:09:33Oui, mais ils sont...
01:09:34Vous aurez remarqué
01:09:34qu'ils sont de moins en moins
01:09:35à soutenir le président de la République.
01:09:36Oui, et puis les députés,
01:09:37ils ne sont pas bons.
01:09:39On pourrait tomber
01:09:39de le défendre parfois
01:09:41sur les plateaux.
01:09:42Moi, j'ai fait quand même
01:09:43six ans et demi avec lui.
01:09:45Donc ce qui veut dire que...
01:09:46Que vous étiez...
01:09:47Oui, je sais,
01:09:47parce que...
01:09:48Voilà, c'est pas...
01:09:49Il a dû me supporter.
01:09:50Oui.
01:09:50Et moi aussi.
01:09:51Oui.
01:09:52Bon.
01:09:52D'ailleurs, alors,
01:09:53c'est terrible
01:09:53parce que votre roman
01:09:54à la fin,
01:09:56quelques années plus tard,
01:09:57donc après le Bataclan,
01:09:58François ressentit
01:10:00une grande inquiétude
01:10:00pour son pays,
01:10:01son peuple, sa famille.
01:10:02Une nouvelle épreuve du feu
01:10:03se préparait.
01:10:04La guerre qui frappait
01:10:05aux portes de l'Europe
01:10:06s'étendait
01:10:06et la Russie
01:10:08vient d'entrer en guerre
01:10:09contre la Lituanie
01:10:10et la Moldavie quand même.
01:10:12Oui.
01:10:12Non, mais c'est ça.
01:10:13C'est-à-dire la guerre
01:10:14est là.
01:10:16Là, vous avez été influencé
01:10:16par le président.
01:10:17Vous l'avez trop vu.
01:10:18Je dirais que j'avais l'habitude
01:10:19de travailler
01:10:20sur des scénarios catastrophes
01:10:21et les scénarios du pire.
01:10:23Donc, il est évident
01:10:25que ça me permet
01:10:26d'avoir beaucoup de scénarios
01:10:29justement pour pouvoir
01:10:30écrire des livres.
01:10:31Ça ne veut pas dire
01:10:31que ça peut arriver
01:10:32mais c'est quand même
01:10:34des livres qui sont basés
01:10:35sur la réalité.
01:10:36Bien sûr,
01:10:36et c'est à la force
01:10:37de la réalité.
01:10:38Vous avez noué des relations
01:10:40avec des familles de victimes ?
01:10:42Oui, j'en ai
01:10:43et je continue à en avoir.
01:10:46On s'aide,
01:10:47on s'entraide.
01:10:49Ça leur fait,
01:10:50je pense,
01:10:51pour gros,
01:10:51c'est bon pour eux
01:10:53et c'est bon pour nous aussi.
01:10:55Donc, on a énormément
01:10:56d'otages
01:10:57et ex-otages
01:10:58qui sont venus
01:10:59qui nous rencontrent,
01:11:01qui sont venus au service.
01:11:02Même, c'était la première fois
01:11:03qu'ils venaient à la BRI.
01:11:04Donc, c'était assez surprenant
01:11:06de les voir.
01:11:07j'ai vu des scènes extraordinaires
01:11:09de fraternité
01:11:11et donc, moi,
01:11:13j'ai gardé des relations
01:11:14avec certaines personnes.
01:11:16Il y a même certaines personnes
01:11:17que j'ai aidées
01:11:17puisque certains ont été
01:11:19un peu détruits
01:11:20par cette nuit
01:11:22et il a fallu les remonter.
01:11:26Je prends l'exemple souvent
01:11:27d'une amie
01:11:27qui est devenue une amie
01:11:30qui a tout abandonné
01:11:31pour se lancer dans la pâtisserie.
01:11:34Tout simplement.
01:11:35Et donc, c'était assez amusant
01:11:37et puis, elle cherchait un stage
01:11:38et moi, j'étais placé à l'Elysée
01:11:41donc c'était assez facile
01:11:42de la faire mettre en stage
01:11:44à l'Elysée.
01:11:45Je voulais vous montrer
01:11:46Jacques Vendroux
01:11:46qui était sur place
01:11:48au Stade de France
01:11:49et qui témoigne
01:11:50et qui raconte également
01:11:51ce qui s'est passé ce soir-là.
01:11:52Comment lui,
01:11:53au Stade de France,
01:11:54comment a été vécu cette soirée ?
01:11:56Le sujet de Mathieu Devez.
01:11:59Jacques Vendroux
01:12:00retrouve la tribune de presse
01:12:02où il commentait le match
01:12:03dix ans plus tôt.
01:12:04La place de commentateur,
01:12:05on était là.
01:12:07C'est ici ?
01:12:08Le journaliste replonge
01:12:09dans cette nuit d'effroi.
01:12:1121h19,
01:12:12la première détonation.
01:12:17Honnêtement,
01:12:18on ne sait pas ce que c'est.
01:12:19Et celui qui nous met sur la route,
01:12:21malheureusement,
01:12:22c'est Claude Puel,
01:12:23ancien joueur de Monaco,
01:12:25quelqu'un qui connaît bien le football
01:12:26et il me fait
01:12:27« Non, Jacques, non, Jacques,
01:12:29c'est un vrai bruit d'une bombe
01:12:31en tous les cas
01:12:31de quelque chose
01:12:32qui peut faire du mal. »
01:12:34En moins de 40 minutes,
01:12:35trois terroristes
01:12:36se font exploser
01:12:37autour du Stade de France.
01:12:39Décision est prise
01:12:40de ne pas interrompre le match.
01:12:41Jacques Vendroux
01:12:42continue de le commenter.
01:12:44« En fait,
01:12:44nous, on ne voulait plus commenter.
01:12:46En fait,
01:12:46on ne voulait plus
01:12:47continuer
01:12:49de faire vivre ce drame.
01:12:51On dit « Allez,
01:12:52il faut qu'on se débarrasse
01:12:52tout de suite de ce match
01:12:53le plus vite possible. »
01:12:55Mais il fallait
01:12:55que le match se termine.
01:12:56Voilà.
01:12:57Peu après le coup de sifflet final,
01:12:58les spectateurs sont informés
01:13:00qu'ils doivent rester
01:13:01dans le stade
01:13:01pour des raisons de sécurité.
01:13:03« Les organisateurs,
01:13:04le Stade de France
01:13:05et la FEDE,
01:13:06avec Noël Legrette,
01:13:08décident,
01:13:09c'est très important,
01:13:10de faire descendre
01:13:11le public
01:13:12qui est dans les tribunes
01:13:13sur la pelouse.
01:13:16Là, on y est complet.
01:13:18Là, on sait
01:13:18que c'est le drame absolu.
01:13:20C'est là
01:13:21où vous apercevez
01:13:22que vous êtes en train
01:13:23de vivre
01:13:23l'un des drames
01:13:25de votre carrière. »
01:13:27Jacques Vendroux
01:13:28quitte le Stade de France,
01:13:29rejoint sa rédaction,
01:13:31puis se rend
01:13:31dans une église.
01:13:33« J'en ai eu besoin.
01:13:35Je suis resté
01:13:35une heure dans l'église.
01:13:38J'ai mis des sièges
01:13:39pour tous les gens
01:13:40que j'aimais,
01:13:41si vous voulez nous avoir.
01:13:43Je suis reparti
01:13:44et j'étais apaisé. »
01:13:48Les attentats
01:13:49autour du Stade de France
01:13:50ont fait un mort
01:13:50et 63 blessés.
01:13:53Georges Salinas
01:13:54a écrit
01:13:55« Par le verbe,
01:13:56par le glaive ».
01:13:57C'était sorti
01:13:58en septembre 2024.
01:14:01Je crois que c'est Thomas
01:14:01qui racontait tout à l'heure
01:14:02que quelqu'un de la BRI
01:14:03a envoyé un texto
01:14:05à sa femme à Dieu.
01:14:06Le commissaire de la BAC,
01:14:07je ne sais plus,
01:14:08mais c'est celui
01:14:08qui a intervenu,
01:14:09qui a réussi à neutraliser
01:14:10l'un des assaillants
01:14:11avec son arme
01:14:11et qui a envoyé un message.
01:14:12Évidemment,
01:14:13la question qui est classique
01:14:14qu'on vous pose souvent,
01:14:15c'est vous, bien sûr,
01:14:16mais vos familles.
01:14:17Est-ce que vous avez peur ?
01:14:20Est-ce qu'on a peur maintenant ?
01:14:21Ah non !
01:14:22Vous êtes en action ?
01:14:24Est-ce que vous avez peur ?
01:14:25Quand on est en action,
01:14:26moi, j'ai...
01:14:27Bien sûr,
01:14:28on a...
01:14:29Moi, j'ai pensé à ma famille,
01:14:30notamment avant d'arriver
01:14:31au Bataclan.
01:14:32C'est-à-dire que j'ai fait
01:14:33comme tout le monde.
01:14:34J'ai essayé de savoir
01:14:35où étaient mes enfants.
01:14:36Vous avez combien d'enfants ?
01:14:37J'ai deux enfants.
01:14:38Ils savent ce soir-là
01:14:39que vous êtes en action.
01:14:40Oui, bien sûr.
01:14:41Ils le savent tout de suite.
01:14:43Et donc, d'ailleurs,
01:14:44c'est un vrai choc
01:14:44parce qu'on parle beaucoup
01:14:45du suivi psychologique
01:14:47des policiers
01:14:48qui sont intervenus,
01:14:49les victimes, etc.
01:14:50Mais on ne parle pas souvent
01:14:51des familles.
01:14:52Et les familles des policiers,
01:14:54elles supportent.
01:14:56Moi, ma famille avait déjà
01:14:57supporté hyper cachère
01:14:58avec un assaut devant la télévision,
01:15:01presque en direct.
01:15:02Donc, quelque part,
01:15:05les enfants sont quand même
01:15:06marqués, déjà.
01:15:08Et ma femme m'a raconté
01:15:10que ma fille m'a appelé
01:15:12en lui disant
01:15:13« Mais papa va encore
01:15:14dans cet enfer.
01:15:15Qu'est-ce que c'est ?
01:15:16Pourquoi il est allé
01:15:17alors que vous étiez
01:15:17à la campagne ? »
01:15:18Et effectivement,
01:15:19donc on a toute une...
01:15:23Enfin, je veux dire,
01:15:24on doit supporter tout ça.
01:15:26Et d'ailleurs,
01:15:28après les attentats,
01:15:30on a fait un suivi psychologique
01:15:31de tous les fonctionnaires
01:15:35qui étaient intervenus.
01:15:37On les a laissés d'ailleurs
01:15:37faire un peu ce qu'ils voulaient.
01:15:39C'est-à-dire,
01:15:39ils ont voulu intervenir en groupe.
01:15:40Donc, on les a laissés faire en groupe.
01:15:42Moi-même,
01:15:43j'ai discuté un petit peu
01:15:45avec une psy.
01:15:45Alors, au début,
01:15:46j'étais parti pour discuter
01:15:46qu'un quart d'heure
01:15:47et puis j'ai quand même
01:15:47parlé de trois quarts d'heure.
01:15:49Et puis, ils ont vu quand même
01:15:50ma femme et mes enfants.
01:15:52Et je crois que, quelque part,
01:15:54ils en avaient besoin aussi
01:15:55parce qu'on a besoin
01:15:57d'évacuer un peu tout ça.
01:15:58Mais dans la période
01:15:59d'intervention par définition,
01:16:01vous ne communiquez pas
01:16:02avec votre famille
01:16:03et votre famille,
01:16:03vous devez lui dire
01:16:04vous ne m'appelez pas
01:16:04pendant cette période-là,
01:16:06j'imagine.
01:16:06Alors, moi, j'ai fait une erreur.
01:16:08C'était sur Hypercacher.
01:16:09J'ai envoyé un malheureux SMS
01:16:11à ma femme
01:16:12parce que je savais
01:16:13qu'on allait donner l'assaut
01:16:16et que Koulibaly avait des explosifs
01:16:18et qu'il pouvait les déclencher
01:16:18à tout moment.
01:16:19On avait des renseignements
01:16:20qui étaient bons.
01:16:23Les renseignements qu'on avait
01:16:23étaient des renseignements opérationnels.
01:16:25On pouvait penser
01:16:26qu'on pouvait en aller passer
01:16:27mais on a quand même...
01:16:28On peut se tromper.
01:16:29Et si on a vu l'explosion
01:16:31de Hypercacher,
01:16:32toutes les colonnes d'assaut
01:16:33qui étaient autour
01:16:34étaient bien évidemment
01:16:35touchées
01:16:36et volaient à être illisées.
01:16:37Donc, j'ai envoyé
01:16:38un SMS à ma femme
01:16:40pour lui dire que
01:16:41bon, tout va bien,
01:16:42je donne l'assaut
01:16:42mais ne t'inquiète pas.
01:16:43Et comme ça faisait 20 ans
01:16:44que je n'avais rien envoyé,
01:16:45ça fait exactement
01:16:46l'effet inverse.
01:16:48Et donc, justement,
01:16:49là, pour le coup,
01:16:50pour le Bataclan,
01:16:51j'ai préféré faire
01:16:52le blackout complet.
01:16:53et je n'ai rien dit.
01:16:55Je l'ai juste déposé
01:16:57parce qu'elle était avec moi
01:16:58à la campagne.
01:16:59Donc, je l'ai laissé
01:16:59sur un trottoir
01:17:00avec quelques affaires
01:17:02en lui disant
01:17:03je pars.
01:17:05Et il est clair
01:17:06qu'elle a dû supporter ça.
01:17:08Et ensuite,
01:17:09je suis parti
01:17:10à l'intervention.
01:17:11Et là,
01:17:12je reconnais
01:17:12que pendant
01:17:14toute l'intervention,
01:17:16je n'ai pas pensé
01:17:16à ma famille.
01:17:18J'ai pensé juste
01:17:19à l'assaut.
01:17:20Et parfois,
01:17:20on se dit
01:17:20mais comment on a pu
01:17:21devenir comme ça ?
01:17:23Et en fait,
01:17:23vous êtes pris
01:17:24dans votre opération.
01:17:26Vous ne pouvez pas
01:17:28vous parasiter
01:17:29d'autre chose.
01:17:31Vous pensez aussi
01:17:31à vos hommes.
01:17:32Vous savez qu'on est
01:17:33en grand danger.
01:17:34Donc, la peur
01:17:35d'un chef de service,
01:17:36c'est de perdre quelqu'un.
01:17:37De son groupe aussi.
01:17:38C'est la première chose
01:17:38dont on pense.
01:17:39Parce qu'on les connaît tous.
01:17:40On les connaît tous par cœur.
01:17:41On connaît leur femme.
01:17:42On connaît leur famille.
01:17:44Donc, j'imagine mal
01:17:45aller dire
01:17:47à l'époux
01:17:49ou à l'épouse
01:17:50qu'on l'a perdue.
01:17:52Donc, c'est quelque chose
01:17:53de très important
01:17:56pour nous
01:17:56d'être proche
01:17:58de nos gars.
01:18:00Mais,
01:18:01on est tellement
01:18:03sur le terrain
01:18:05prêt à intervenir
01:18:07qu'on ne pense plus
01:18:08à autre chose.
01:18:09Et quand est-ce que
01:18:10vous renouez le contact
01:18:11avec elle ?
01:18:12Je renoue le contact
01:18:13après.
01:18:14Après l'intervention.
01:18:15Je pense qu'il doit être
01:18:163-4 heures du matin.
01:18:18Et ensuite,
01:18:19quand je suis rentré
01:18:20à la maison,
01:18:21parce qu'on est rentré
01:18:22assez tard,
01:18:22on est rentré,
01:18:24moi j'ai dû rentrer
01:18:24vers 5-6 heures du matin.
01:18:26Et d'ailleurs,
01:18:28quand on s'est retrouvé
01:18:29au 36,
01:18:30pour un peu se déséquiper,
01:18:31débriefer,
01:18:33en général,
01:18:33quand on fait une opération
01:18:34qui est réussie,
01:18:35parce que policièrement,
01:18:36cette opération,
01:18:37elle est réussie,
01:18:38on a une tendance
01:18:39un peu à être un petit peu,
01:18:40à se taper dans le dos,
01:18:43être un petit peu festif.
01:18:44Et là,
01:18:44en fait,
01:18:45personne n'avait envie
01:18:46de quoi que ce soit.
01:18:46Bien sûr.
01:18:47Tout le monde avait envie
01:18:47de rentrer à la maison
01:18:48et retrouver les siens.
01:18:49Et c'est ce que j'ai fait.
01:18:51Et ma femme a eu
01:18:52la délicatesse
01:18:54de ne pas me parler
01:18:55de mon opération.
01:18:57Et on en a reparlé
01:18:58un petit peu plus tard.
01:18:59Voilà.
01:19:02Ce que vous dites
01:19:02est bouleversant.
01:19:04Ce que vous dites
01:19:05est bouleversant.
01:19:06Et je pense que
01:19:06les téléspectateurs
01:19:07seront bouleversés.
01:19:09Et puis,
01:19:09ce drame absolu
01:19:10des familles
01:19:11qui nous écoutent peut-être
01:19:12et qui, évidemment,
01:19:14ont parfois vécu
01:19:15le drame absolu
01:19:16de perdre un être cher,
01:19:18de perdre un enfant.
01:19:19Donc,
01:19:19c'est aussi à elles
01:19:20que nous pensons
01:19:22ce matin.
01:19:24Il est 10h32.
01:19:26Somaïa Labidi
01:19:27va nous rappeler les titres.
01:19:31Un dispositif de sécurité
01:19:33adapté pour cette journée d'hommage.
01:19:35Restriction de circulation
01:19:37et de stationnement
01:19:38dans Paris
01:19:38et certains secteurs sensibles.
01:19:41Mesures de sécurité spécifiques
01:19:42autour du Stade de France,
01:19:44Place de la République
01:19:44et aux abords
01:19:45de l'hôtel de ville.
01:19:46Interdiction des rassemblements,
01:19:48des ports d'armes
01:19:49ou encore des objets inflammables
01:19:51avec un périmètre
01:19:51de protection antiterroriste
01:19:53et la mise en place
01:19:54d'une vidéosurveillance
01:19:55aérienne de Paris
01:19:56et de ses environs.
01:19:58L'ambassadeur de France
01:20:00en Allemagne
01:20:00donne des nouvelles
01:20:01de Boilem-Samsal.
01:20:03Le diplomate
01:20:03qui a accueilli
01:20:04l'écrivain franco-algérien
01:20:05à son arrivée en Allemagne
01:20:06hier soir
01:20:07l'a trouvé, je cite,
01:20:08extrêmement heureux
01:20:09d'être libre,
01:20:10très chaleureux
01:20:10et très reconnaissant
01:20:12à la France
01:20:12et à son président
01:20:13pour leur soutien constant.
01:20:15Et puis,
01:20:16l'Assemblée nationale
01:20:17vote le maintien
01:20:18de l'abottement fiscal
01:20:19de 10% sur les retraites.
01:20:21Sa suppression
01:20:21était au cœur
01:20:22des débats
01:20:23de ce matin
01:20:23à l'Assemblée
01:20:24où l'examen
01:20:25du projet
01:20:25de loi de finances
01:20:26a repris.
01:20:27Reprise a pris
01:20:289 jours de pause
01:20:29pour examiner
01:20:29le budget
01:20:30de la Sécurité sociale.
01:20:31L'importance
01:20:33de la Sécurité sociale.
01:20:33l'information que vous nous donnez,
01:20:34c'est-à-dire que les retraités
01:20:37qui nous écoutent
01:20:38vont perdre du pouvoir d'achat.
01:20:40C'est ça que ça veut dire.
01:20:41Je peux vous dire
01:20:42que cette information,
01:20:43et c'est pas rien,
01:20:4310% de l'abattement fiscal
01:20:45que vous pouviez enlever,
01:20:47nous sommes d'accord.
01:20:47C'est le pouvoir d'achat.
01:20:50À la caisse,
01:20:51les retraités,
01:20:52à la caisse.
01:20:53Comme beaucoup de monde.
01:20:54Quel scandale.
01:20:56Franchement.
01:20:57Quel scandale.
01:20:57Alors ça sera peut-être
01:20:58pas voté d'ailleurs.
01:21:00Le budget
01:21:01ne sera peut-être pas voté.
01:21:02Jean-Marc Moranigny,
01:21:03là vous vouliez dire
01:21:04quelque chose,
01:21:04mais on est en retard
01:21:05déjà,
01:21:0510 secondes.
01:21:0610 secondes ?
01:21:07Non, je vous l'ai vu.
01:21:08Comme j'étais au Stade de France
01:21:10avec Patrick Roger,
01:21:12j'ai été frappé
01:21:14au cours de cette soirée tragique
01:21:16par l'empathie
01:21:18et la réactivité formidable
01:21:20d'un certain nombre
01:21:21de journalistes.
01:21:23Je ne suis pas forcément
01:21:24emballé en général,
01:21:26mais là j'ai trouvé
01:21:27quelque chose
01:21:28qui relevait véritablement
01:21:30le niveau
01:21:31de cette profession.
01:21:33Relever le niveau,
01:21:34je vous en prie.
01:21:35Bon,
01:21:35Georges Chalinas,
01:21:36Par le Verbe,
01:21:37Par le Gleve,
01:21:38c'était sorti l'année dernière,
01:21:39Mareuil,
01:21:40édition,
01:21:41et vraiment,
01:21:41il faut que vous veniez,
01:21:43aujourd'hui vous n'êtes plus
01:21:44à l'Élysée.
01:21:45Non, c'est fini.
01:21:46Maintenant je suis directeur
01:21:47de la coopération internationale
01:21:48de sécurité.
01:21:49Mais il faut que vous veniez
01:21:50nous voir régulièrement.
01:21:51Avec plaisir.
01:21:52Parce que vous avez plein de choses
01:21:52intéressantes à nous dire.
01:21:54Vous écrivez un nouveau polar ?
01:21:55J'écris, oui.
01:21:56En fait,
01:21:56je suis toujours en train d'écrire.
01:21:58Il y en a qui vont chez le psy,
01:21:59moi j'écris.
01:22:01C'est une bonne thérapie,
01:22:02c'est un bon écriteur.
01:22:03Je vais sortir bientôt
01:22:04mon 4KM roman.
01:22:05Puisque vous parlez de psy,
01:22:08justement,
01:22:09et ça sera la dernière information
01:22:10du jour,
01:22:12figurez-vous qu'il n'y aura
01:22:13un homme qui n'aura pas besoin
01:22:16d'aller chez le psy
01:22:17entre le 16 mars et le 3 juin.
01:22:20Le 16 mars et le 3 juin,
01:22:22parce que ça sera une forme
01:22:23de cure psychanalytique pour lui.
01:22:24C'est notre ami Philippe Bilger,
01:22:26puisque le procès en appel
01:22:28de Nicolas Sarkozy
01:22:29aura lieu du 16 mars au 3 juin.
01:22:31Donc, chaque matin,
01:22:33il prendra sa cure.
01:22:34C'est quelque chose.
01:22:35Il sera...
01:22:36Mais bien sûr !
01:22:40Vous aurez du mal
01:22:41à être davantage dans l'hyperbole
01:22:43que vous ne l'avez été.
01:22:44Mais non, mais pour vous,
01:22:45c'est une sorte...
01:22:46Non, mais vous risquez...
01:22:48Vous risquez d'être un peu plus...
01:22:50C'est une sorte d'orgasme
01:22:50quotidien que vous allez avoir
01:22:52quand le président Sarkozy
01:22:53sera à la cour d'appel.
01:22:55Je suis ravi de vous entendre
01:22:56dans une admiration renouvelée.
01:22:58Bon, Jean-Marc Mondini,
01:23:01ça va être à vous dans une seconde.
01:23:02On est en poids du retard.
01:23:04On va bien évidemment
01:23:04vivre en direct
01:23:05les cérémonies du 13 novembre.
01:23:07On sera en édition spéciale
01:23:08à partir de 11h30.
01:23:09Avant, on va vous parler
01:23:09de toute l'actu
01:23:10et je vous conseille
01:23:11de ne pas manquer le début de l'émission.
01:23:12Ça va vous intéresser.
01:23:13Je ne sais pas si vous avez regardé
01:23:14France Info hier à 19h59.
01:23:16Ils ont fait un rectificatif
01:23:17sur un graphique
01:23:18qu'ils avaient fait auparavant
01:23:18concernant Éric Seymour
01:23:21et un sondage.
01:23:23Eh bien, le graphique
01:23:23est encore plus faux
01:23:24que le premier.
01:23:25On va vous montrer ça.
01:23:27C'est surréaliste.
01:23:28On vous révèle ça
01:23:29dès le début de l'émission.
01:23:30Ce sont des génies.
01:23:31Les gens sont des génies.
01:23:34Jérôme Merigaud
01:23:35était à la réalisation.
01:23:37Dominique Raymond
01:23:37était à la vision.
01:23:38Merci à Éric.
01:23:38À Marine Lançon
01:23:39qui aime beaucoup
01:23:40le phare breton
01:23:41et à Kylian Salé.
01:23:43Toutes ces émissions
01:23:44sont retrouvées
01:23:44sur CNews.fr.
01:23:47Notre ami Sellerier
01:23:48nous amène
01:23:48tous les jeudis matins
01:23:49un phare breton.
01:23:50Il est excellent.
01:23:51Et il est exceptionnel
01:23:52ce phare breton
01:23:53parce qu'il est de l'Orient
01:23:54notre ami Sellerier.
01:23:55Le problème
01:23:56c'est que Marine
01:23:56le mange entièrement
01:23:57avant quand j'arrive
01:23:58à 7h15
01:23:59il n'y en a plus.
01:24:00Donc ça ne va pas du tout.
01:24:02Bon, je remarque
01:24:04dans une seconde.
01:24:05Merci encore.
01:24:05Merci beaucoup.
01:24:06Merci beaucoup.
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