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  • il y a 10 mois
Avec Xavier Driencourt, ancien ambassadeur français à Alger

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##SUD_RADIO_VOUS_EXPLIQUE-2025-10-31##

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Maxime Liedot.
00:07Il est 7h43 et ce matin Sud Radio vous explique la dénonciation des accords de 1968,
00:12cette victoire plus que symbolique du Rassemblement National à l'Assemblée Nationale justement.
00:17Xavier Driancourt, bonjour.
00:19Bonjour.
00:19Vous êtes ancien ambassadeur de France français à Alger.
00:23Merci beaucoup d'être avec nous ce matin parce que vous êtes un expert de ces thématiques-là
00:26et depuis des mois et des noix, vous participez et vous êtes présente dans le débat public
00:30justement pour alerter sur les abus qui se passent d'un côté comme de l'autre.
00:34Avant de commencer, est-ce que vous pouvez d'abord nous rappeler les cadres,
00:37justement le cadre de cet accord de 1968 qu'on commence quand même à connaître
00:41mais dont il est peut-être nécessaire ce matin de rappeler les contours, Xavier Driancourt ?
00:45Oui, cet accord, il remplace en fait la disposition des accords déviants
00:50qui prévoyaient la libre circulation entre les deux pays, entre la France et l'Algérie.
00:56Et en 1968, en échange d'un abandon de cette libre circulation,
01:02le gouvernement français a proposé, a établi toute une série d'avantages
01:07très particuliers, très forts pour les ressortissants algériens.
01:13Mais est-ce que cela signifie qu'on va retourner, comme vous le disiez, aux accords déviants ?
01:17C'est-à-dire aux accords, on va dire, pré-68, c'est-à-dire la porte ouverte à toutes les fenêtres ?
01:22C'est ce que dénonce beaucoup, il y a un débat sur ça ?
01:24C'est ce que certains disent effectivement, mais j'ai écrit et beaucoup de juristes écrivent également
01:31qu'un accord, selon le droit international et la Convention de Vienne sur le droit des traités,
01:38un accord postérieur abroge et réputé abroger implicitement un accord antérieur
01:45lorsqu'il porte sur les mêmes matières.
01:48Donc en réalité, ça veut dire ?
01:50Ça veut dire que les Algériens tomberont dans le droit commun,
01:55qui est le droit du code du CZA, du code d'entrée et de séjour des étrangers et des demandeurs d'asile.
02:04On peut le dire ce matin que cette loi, en réalité, si jamais elle va jusqu'au bout du processus,
02:10ça veut dire qu'on ne revient pas aux accords déviants, mais on revient,
02:14c'est-à-dire que les Algériens n'ont plus ce régime dit d'exception,
02:17ils sont considérés comme tous les autres étrangers aux demandeurs d'asile.
02:19Ils entreront dans le droit commun, exactement.
02:20Et c'est d'ailleurs un des thèmes du rapport de Mathieu Lefebvre et de Charles Rodouel,
02:25les deux députés, qui disent...
02:27Sur le coût de ces accords, 2 milliards par an.
02:29Voilà, et ils écrivent très clairement que ce n'est pas normal
02:35qu'il y ait une discrimination entre les étrangers
02:38et que les Algériens soient privilégiés par rapport aux autres étrangers.
02:43Et que répondez-vous à tous ceux qui disent, en réalité, cette dénonciation ?
02:47Et c'est un grand mensonge parce que cela ne va rien régler à la question migratoire,
02:51cela va compliquer les relations et cela va même mettre en difficulté les otages qu'on peut avoir là-bas.
02:56On pense naturellement à Boilem Sansal et Christophe Glaze.
02:59Oui, il y a une part de vérité, c'est-à-dire que ce n'est qu'une résolution,
03:06ce n'est pas contraignant pour le gouvernement.
03:08Et d'ailleurs, le président de la République, l'année dernière,
03:12lorsque la même résolution avait été présentée par le groupe LR,
03:16avait immédiatement réagi en disant que ce n'est pas au Parlement
03:20de faire la politique étrangère de la France.
03:23Et on a vu qu'hier, M. Lecornu, le Premier ministre, a dit qu'on allait renégocier.
03:28Alors cela étant, j'ai les plus grands doutes, parce que Mme Borne avait dit la même chose,
03:33M. Attal également, et pour renégocier, il faut être deux.
03:37Vous, vous ne dites pas en réalité, vous ne faites pas confiance au fait que ce vote-là,
03:41la dénonciation de cet accord provoque quelque chose ?
03:43Quand vous nous dites qu'il faut être deux, vous ne faites pas confiance quoi ?
03:45Oui, c'est-à-dire que c'est surtout symbolique ce vote.
03:50Ça montre d'une part en politique intérieure qu'il y a un bloc qui se rassemble sur cette idée-là,
03:56et surtout ça montre que l'idée de dénoncer ou d'abroger l'accord franco-algérien de 68 progresse,
04:03puisque avant il n'y avait que Marine Le Pen, Éric Zemmour, qui proposaient cette solution.
04:10Mais on voit que l'idée progresse.
04:11Et donc vous vous en réjouissez d'une certaine manière.
04:13L'idée va rester sur la table jusqu'en 2027, il ne faut pas se faire d'illusions.
04:19Et au-delà de cet accord, est-ce que pour vous il y a des décisions à prendre,
04:23on va dire, pour vraiment enteriner le fait que la France ne supporte plus que des tensions
04:28entre l'Algérie et sa capitale Paris ?
04:32Oui, les décisions à prendre, il y en a toute une série qu'on devrait prendre,
04:36notamment en liant l'octroi des visas aux Algériens,
04:39au nombre d'OQTF qui sont exécutés, au nombre de laissés-passés consulaires
04:44qui sont distribués par les consuls algériens.
04:48C'est toutes les mesures que M. Retailleau devait prendre
04:52et qui n'ont pas pu être mises en œuvre à cause de l'opposition du président de la République.
04:57Et donc voilà, on n'a rien fait jusqu'à présent.
05:00Mais ce qu'il faut, c'est établir un rapport de force avec l'Algérie,
05:03parce qu'il n'y a que ça que l'Algérie comprend.
05:06Xavier Drianco, vous êtes l'ancien ambassadeur de France à Alger.
05:08Et une dernière question à propos de Boilem Sansal,
05:10puisqu'elle est aussi au cœur de ces conversations.
05:12Le président de son comité de soutien a affirmé, dans les dernières heures,
05:15avoir reçu des nouvelles inquiétantes de son état de santé,
05:18qui visiblement se dégradent.
05:19Vous êtes un proche, vous étiez et vous êtes un fidèle ami de Boilem Sansal.
05:23Est-ce que vous avez...
05:24Oui, j'avais dîné avec lui la veille de son arrestation.
05:27Je suis le dernier à l'avoir lu, oui.
05:28Et donc, est-ce que vous avez les mêmes informations que sur son état de santé ?
05:32Oui, évidemment, nous avons les mêmes informations et nous sommes préoccupés, inquiets par l'évolution
05:40et de sa détention et de son état de santé, évidemment.
05:44Et une personne de 80 ans qui est en prison depuis un an maintenant,
05:50le 16 novembre, ça fera un an, c'est particulièrement dramatique.
05:54Merci beaucoup, Xavier Drianqueur, ancien ambassadeur de France à Alger,
05:58d'avoir été avec nous ce matin sur le sud de radio pour essayer, en effet,
06:01de nous aider à comprendre ce qu'un tel vote à l'Assemblée nationale hier soir
06:05peut provoquer sur les relations internationales,
06:07notamment entre la France et l'Algérie.
06:10Il est 7h49.
06:10Sous-titrage Société Radio-Canada
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