- il y a 10 mois
Chaque soir, Julie Hammett vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Les images avaient fait le tour des réseaux sociaux. Le principal suspect a donc été mis en examen après cette tentative de viol sur le RERC.
00:08Une passagère, elle s'appelle Marguerite, était venue porter secours à la victime en filmant l'agresseur.
00:13Elle avait réussi à le mettre en fuite. On regarde son témoignage recueilli par les équipes de BFM TV.
00:20Et là je vois Jordana qui a ce jeune homme allongé sur elle et elle qui se débat dans tous les sens.
00:27Lui qui touche tout ce qu'il peut toucher. Je l'ai vu, sa bouche posée sur la sienne malheureusement.
00:36Et je fais un grand cri. Quel mot exactement je ne pourrais le dire mais ça devait être qu'est-ce qui se passe ? Vous faites quoi ?
00:43C'est vraiment un mot pour alerter de mon détonnement de la scène.
00:48Et là étonné parce qu'il pensait être seul dans la trabe.
00:52Il se redresse et elle en profite quand il se redresse pour le bousculer et venir vers moi.
01:00Donc je me rapproche d'elle et je la fais passer derrière moi pour qu'entre lui et elle, je sois l'intermédiaire entre les deux.
01:10Cette femme, elle est quand même, arrêtons-nous un instant là-dessus, extrêmement courageuse Bruno Pommard.
01:15Oui, elle a pris aussi beaucoup de risques parce qu'on ne sait pas ce que pouvait porter cet individu.
01:19Mais effectivement, ça a été non seulement courageux de réagir en criant et surtout de filmer, ce qui a permis d'avoir des preuves.
01:24Vous voyez, la vidéo dans tous les sens du terme, même le téléphone, sert à quelque chose.
01:28Certains nous disent que ça ne sert à rien. Si, ça sert à dénouer des situations.
01:31Et là, on en a l'exemple. Il faut savoir quand même...
01:33D'autant qu'elles étaient seules dans la rame, il faut le rappeler aussi.
01:35Tout à fait. C'est aussi un problème dont on se pose la question depuis quelque temps d'ailleurs.
01:39Mais il faut se rappeler quand même qu'il y a près de 3500 actes de violence sexuelle cette année.
01:45Augmentation de près de 6%, ce qui est considérable.
01:48Et pourtant, la région Île-de-France fait quand même des efforts.
01:51Mais encore une fois, il y a tellement de couvertures à mettre en place en termes de sécurité sur les rames de métro que ça devient compliqué.
01:58Est-ce qu'il ne faut pas avoir des rames dédiées seulement aux femmes ? On en parle beaucoup.
02:01Alors, on va parler des solutions. En 2022, un chiffre, puisque vous allez là-dessus, il y a eu ce rapport qui a été fait pour la RATP.
02:087 femmes sur 10 avaient déjà été victimes de violences sexistes et sexuelles dans les transports de la région en Île-de-France.
02:16C'est beaucoup. Juste là-dessus, sur ce témoignage de Marguerite, là où c'est fort aussi, Laurent Valégué,
02:22qu'il faut rappeler dans ce genre de cas, ces agressions, elles sont souvent ignorées ou en tout cas, on n'ose pas intervenir.
02:28C'est toute la différence avec ce qu'elle a fait, elle.
02:31Oui, parce qu'elle, elle l'a, comme disait Bruno, à la fois, elle l'a mise en fuite avec son téléphone.
02:35On le voit sur la vidéo. Elle le filme en s'avançant vers lui.
02:38C'est trop courageux.
02:39C'est trop courageux. Elles sont toutes seules dans la rame.
02:42Et puis, on mesure au son de la vidéo le calvaire qu'a vécu la jeune présidente.
02:48Vous savez quoi ? On va regarder cette vidéo, justement.
02:50C'était donc le 16 octobre dernier dans le RERC. On regarde.
02:55Je vous demandais de rester là-bas. Vous ne voulez pas rester là-bas.
02:59Donc, vous restez là-bas.
03:02Restez là-bas.
03:03La victime est une jeune brésilienne de 24 ans.
03:25Olivier, c'est le son.
03:26C'est le son qui est édifiant. On ne la voit pas, la victime, sur la vidéo, mais on l'entend.
03:30Et c'est édifiant.
03:32Alors, c'est vrai que c'est cette vidéo, ensuite, qui a permis l'arrestation.
03:36Et puis, qui a permis au science-grétal de faire un appel à témoins.
03:40Il y a déjà deux autres femmes qui se sont signalées et qui pensent être victimes du même homme qui a été écroué.
03:47Maxime Cléruza nous a rejoint du service police-justice.
03:49Que sait-on, donc, de cet homme qui a été mis en examen pour tentative de viol ?
03:56Oui, il a été mis en examen et même placé en détention provisoire de ce que nous ont confié ces avocats pas plus tard que cet après-midi.
04:03Cet homme, il est inconnu de la justice.
04:06C'est un homme de 26 ans, d'origine égyptienne, qui a donc été rattrapé par cette vidéo.
04:12Vous l'avez longuement évoqué ces dernières minutes.
04:15de cette témoin Marguerite, donc, qui a témoigné pour BFM TV et qui explique, donc, avoir filmé la scène.
04:23La scène, qu'est-ce qui se passe ?
04:24Eh bien, une jeune brésilienne, elle aussi âgée de 26 ans, est installée dans le RERC, dans le Val-de-Marne.
04:30Nous nous trouvons, donc, en région parisienne à la mi-octobre.
04:33Lorsqu'un homme, une fois que les portes se sont refermées, eh bien, s'approche d'elle, s'assoit à côté d'elle, baisse son pantalon, frappe la victime au visage,
04:43tombe de l'étrangler, de l'embrasser, lui mord les lèvres, puis l'agresse sexuellement.
04:48La victime, elle, n'en ressortira pas indemne puisqu'elle a été marquée, notamment, au visage.
04:53La jeune témoin, donc Marguerite, s'interpose, filme la scène et c'est ensuite, à la suite de cela, eh bien, que la victime, Jordana, elle, part au commissariat pour déposer plainte.
05:05Une grosse semaine derrière, on apprend donc, et c'était ce samedi, que cet homme de 26 ans a été interpellé.
05:12Je vous le disais en préambule, il a donc été mis en examen, placé en détention provisoire.
05:17Aujourd'hui, on sait qu'une information judiciaire pour tentative de viol a été ouverte.
05:21Une information judiciaire, pourquoi ?
05:24Premièrement, pour faire la lumière sur toute cette histoire.
05:26Et deuxièmement, Laurent Valdiguel disait très bien, pour tenter de trouver de potentielles autres victimes à cet agresseur sexuel.
05:33Lui, il se reconnaît sur la vidéo, mais il conteste les faits.
05:37Il parle d'altercation, mais pas de tentative de viol.
05:40Oui, ça se passe à 8h30 le matin, c'est ça, Maxime, en pleine matinée.
05:44Alors, c'est vrai qu'elles sont seules dans la rame, c'est aussi ce qui est saisissant dans cette vidéo.
05:48C'est cette solitude dans cette rame dans le Val-de-Marne.
05:54Et pourtant, encore une fois, on est en augmentation totale de ces méfaits.
05:57Donc, il y a de plus en plus de délinquants sexuels, évidemment.
06:00Mathématiquement, il n'y a pas besoin de...
06:01Et pourtant, il y a des dispositifs.
06:02Sur la SNCF, vous avez la SUGE, il y a 3200 agents qui...
06:06C'est quoi la SUGE, alors ?
06:07C'est la sûreté...
06:08Les agents de sûreté de la RATP ?
06:10Ou de la SNCF ?
06:11SNCF ferroviaire, qui sont très efficaces, d'ailleurs, équipés, et qui sont capables d'intervenir aussi.
06:15On a... Est-ce qu'il ne va pas falloir mettre beaucoup plus de vidéos ?
06:18La question se pose, mais c'est un véritable sujet, compte tenu du nombre d'agressions,
06:22qui est sans cessement...
06:24En augmentation.
06:25Oui, alors, il y a un viol toutes les 20 minutes en France.
06:27Depuis le début de ces émissions, il y en a eu 3 jours.
06:29Et au-delà de ce que disait Bruno Pommard, effectivement, on a les brigades de sécurité, de sûreté,
06:34dans les transports, que ce soit au niveau SNCF ou RATP.
06:37Et on a aussi ce qu'on appelait anciennement la BRF, la brigade des réseaux ferrés ou des réseaux franciliens,
06:42qui est là, un corps de la police nationale, et qui est là pour patrouiller et vérifier
06:47est-ce que tout se passe bien dans les transports franciliens.
06:48Je voulais vous faire écouter un autre extrait du témoignage de Marguerite,
06:52que nos équipes ont pu joindre.
06:53Marguerite, qui est donc celle qui a filmé la scène, qui a réussi à mettre en fuite l'agresseur.
06:58Elle raconte comment c'est son métier, finalement, qui l'a aidé dans cette situation.
07:03On l'écoute.
07:03Je suis habituée à être dans des situations un peu conflictuelles avec des hommes.
07:10J'ai des centres d'hébergement et on a 80-85% d'hommes dans nos structures.
07:17Certains sont alcoolisés, certains, des fois, drogués.
07:20Il faut avoir un tempérament ferme et pas se laisser intimider.
07:24Je pense que j'ai fait un medley de les capacités professionnelles sur le terrain
07:30et j'ai su lui faire comprendre que je n'étais pas sa victime.
07:37C'est important que je reste dans ce rôle parce que la personne à qui il voulait faire du mal,
07:42ce n'était pas moi, c'était la jeune fille.
07:44J'ai pu le tempérer et en utilisant les bons mots aussi pour calmer la situation.
07:50– On apprend d'ailleurs aujourd'hui que la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse,
07:56a décidé de décorer cette jeune femme, Marguerite, pour son courage et sa bravoure,
08:01pour avoir filmé la scène et protégé la musique.
08:04– Elle va lui décerner la médaille de l'Île-de-France.
08:07Bravo et total respect à Marguerite pour sa bravoure.
08:10Maintenant qu'on a dit ça, une fois qu'on a dit ça, qu'est-ce qu'on fait Bruno Pommard ?
08:13Comment éviter concrètement que ces scènes se reproduisent ?
08:19C'est une angoisse pour les femmes qui prennent les transports en commun.
08:24Souvent, vous l'avez dit, soit tard le soir, soit en fin de ligne,
08:28on s'est tous retrouvés à la fin d'une ligne de RER où il n'y a plus grand monde dans la rame
08:33et on se pose tous la question de, est-ce qu'il peut m'arriver quelque chose ?
08:37– Écoutez, il y a des choses qui sont faites, que ce soit la région Île-de-France,
08:41le ministère intérieur, les services de façon générale se mobilisent sur ces sujets-là.
08:45Le problème, c'est qu'il faut beaucoup d'humains sur le terrain.
08:47On ne peut pas gérer la chose autrement.
08:49Après, il y a l'engagement des personnes, l'acte civil, citoyen comme on dit,
08:53mais après, il faut être courageux.
08:54Cette dame a fait…
08:55– Oui, on ne peut pas dépendre que de ça.
08:57– On ne peut pas demander à tout le monde de dire, sauter sur le gars qui a…
08:59– Est-ce qu'il faut mettre plus d'hommes ?
09:01Est-ce qu'il faut que la police vienne en appui, des agents de surfé ?
09:04– La police est déjà mobilisée, il y a la brigade des réseaux ferrés déjà qui est sur le terrain,
09:08il y a la suge pour la SNCF, il y a des brigades spécialisées qui sont dans les métros
09:12et qui arpentent les métros, mais vous avez vu les longueurs et les kilomètres de métro qui a assuré.
09:16Est-ce qu'il n'y a pas des secteurs peut-être plus sensibles
09:19qui sont plus touchés par ce type d'agression, effectivement ?
09:22Et des secteurs nord, sud, est, ouest de Paris ?
09:25Voilà, tout ça doit être analysé, encore une fois, pour pouvoir mettre des effectifs supplémentaires.
09:28Mais encore une fois, je vous dis, il faut de l'humain sur le terrain.
09:31– C'est une question de sécurité pour nos salariés, parce qu'à ces heures-là,
09:35ce sont des salariés qui vont travailler, y compris la nuit.
09:39Nous sommes dans un secteur, par exemple, dans l'hôtellerie, la restauration,
09:42des collaborateurs, des collaboratrices qui partent tard.
09:44Et nous, à partir de minuit, une heure du matin, on appelle des taxis
09:48pour être sûr que les collaboratrices, notamment l'agent féminine, puissent rentrer tard.
09:52Mais vous savez, je vais prendre les chiffres de l'Observatoire national de la délinquance,
09:55ceux de 2024.
09:56Ils sont bien plus édifiants des chiffres que vous avez annoncés tout à l'heure.
09:59C'est une femme sur deux qui se dit déjà être victime de harcèlement sexiste dans les transports.
10:05En 2024, c'est 7 500 plaintes pour agression ou harcèlement sexuel dans les transports franciliens.
10:10Son augmentation de 22%.
10:11C'est un vrai fléau.
10:13Et il faut, à un moment, qu'on puisse se dire,
10:15transformer l'acte isolé, comme nous de voir, qui est un acte héroïque,
10:19en quelque chose, en un réflexe de citoyen qui doit être la norme.
10:23Oui, c'est facile à dire.
10:24Ça veut dire quoi ?
10:25Ça veut dire se former à l'autodéfense ?
10:29Ça veut dire quoi ?
10:32Elle a sorti son téléphone, elle lui a fait peur.
10:34Je veux dire, cette femme, elle n'a pas fait des sports de combat.
10:37Elle n'est pas dans la fonction.
10:38Mais oui, mais...
10:40Justement, la citoyenneté ne peut pas reculer.
10:44On doit chacun se prendre en main.
10:46Et quand une femme s'est fait agresser, je crois qu'on ne peut pas se regarder les chaussures,
10:49se tourner sur un plateau de télé, c'est possible à dire.
10:52Mais bien sûr, puisqu'on nous en sommes...
10:54Alors pardon, je vous couvre un instant.
10:55Pourquoi est-ce que ce n'est pas faisable d'essayer de faire circuler des réflexes comme ça ?
11:00Si vous voyez une agression, vous vous filmez, vous sortez votre téléphone ?
11:02Moi, je vous mets au défi de vous mettre...
11:03J'en ai vu, j'ai déjà agi.
11:06Attendez, attendez, laissez-le parler, Bruno Pova.
11:07Excusez-moi, je connais un peu le sujet.
11:09Mais franchement, il ne faut pas demander aux gens systématiquement de dire
11:12« Vous voyez une agression ? Allez-y. »
11:14Non, il suffit que le gars soit armé.
11:16Et puis là, il y a devoir, Bruno, qu'il faut...
11:18Il y a quelque chose qu'on ne dit pas, là.
11:19Oui.
11:19Parce qu'on parle sans tabou, on essaye de trouver absolument des solutions.
11:23Toutes les pistes sont bonnes à prendre pour essayer de trouver une solution.
11:26On en est à parler de chiffres avec Stéphane.
11:28Moi, il y a une statistique qui m'effraie.
11:29Mais 63%, et c'est le ministère de l'Intérieur qui le déclare,
11:3263% des agressions sexuelles dans les transports sont le fait d'étrangers.
11:36De personnes étrangères, je le dis.
11:37Là, c'est le cas.
11:38Un Égyptien, en l'occurrence, il est mis en examen, il est placé en détention.
11:43Mais c'est le principal suspect, il s'est reconnu sur la vidéo.
11:45Ce chiffre-là, on ne peut pas complètement l'oublier.
11:47On ne peut pas le mettre de côté parce qu'il pourrait nous faire peur
11:49ou parce qu'il pourrait faire peser sur nous le soupçon de quoi que ce soit.
11:52Quand c'est-ce que ce chiffre existe ?
11:54Et deux tiers des agressions sexuelles.
11:5663% des étrangers qu'on va croiser dans les transports ne sont pas des criminels.
12:00Non, c'est pas ce que je dis.
12:02En revanche, il y a une surreprésentation puisqu'il n'y a pas deux tiers
12:04des personnes présentes dans les transports qui sont des étrangers.
12:07Il y a une large surreprésentation de l'étranger
12:08dans les personnes qui commettent ces agressions sexuelles.
12:11C'est un chiffre qu'il faut, parmi tous les autres aussi,
12:13prendre en compte pour amener une solution.
12:15Le problème, c'est qu'il y a...
12:16Ça l'explique davantage.
12:19Et en l'occurrence, on parle d'un Égyptien de 26 ans, Rachel Binaz.
12:21Votre regard de femme, justement,
12:23qui prenait aussi les transports en commun, Rachel ?
12:26D'arriver, d'avoir peur ?
12:27Bien sûr.
12:28Je suis un peu...
12:29J'écoute tous ces hommes en plateau qui expliquent ce que vivent les femmes.
12:33Ça ne veut pas dire que parce qu'on est un homme,
12:34on ne sait pas, bien sûr, ce qu'on vit.
12:36Mais le quotidien, je ne connais pas une femme autour de moi
12:40qui n'ait pas subi une forme d'agression sexuelle.
12:43Ça peut être exhibitionniste.
12:45Les frotteurs.
12:45Les frotteurs.
12:46Ça peut être plus de choses dans les transports en commun aujourd'hui.
12:50Et pour avoir...
12:51J'ai eu la chance de vivre dans d'autres pays, dans d'autres capitales.
12:54Je n'ai jamais rencontré cette situation.
12:56Je ne dis pas qu'elle n'existe pas.
12:58Il y a des pays, bien sûr, où ça peut avoir lieu.
13:01Mais on a un rapport.
13:03Il y a une relation quand même à l'insécurité
13:05qui est presque admise dans notre société
13:07qui m'inquiète vraiment.
13:09Et les premières victimes, ce sont les femmes.
13:11Ce sont vraiment les femmes.
13:12Parfois des jeunes femmes.
13:15Parfois de très jeunes femmes.
13:17Et dans cette affaire dont on parle,
13:19et on a bien raison de l'évoquer,
13:21une chose m'a sautée aux yeux,
13:23c'est le fait que ce soit une femme qui intervienne
13:25pour protéger une autre.
13:27Et ça, c'est quelque chose qui est extrêmement fréquent.
13:30Les hommes, très souvent,
13:31les hommes n'agissent pas.
13:33Alors, certains expliquent.
13:34Oui, on a peur s'il y a un couteau, etc.
13:37Est-ce que ça s'est vérifié ?
13:39Je veux dire que c'est un ressenti ?
13:40Que les hommes interviennent moins
13:42sur ce genre de cas.
13:44C'est un ressenti, et c'est une petite analyse empirique des choses.
13:46Pas plus, pas moins.
13:48Et je comprends le phénomène qui est à l'œuvre.
13:50C'est celui de la dilution de responsabilité.
13:51On l'appelle comme ça en psychologie.
13:54Finalement, plus on est nombreux,
13:55plus on se dit que quelqu'un d'autre va agir.
13:57Et on ne fait rien, et on est dans le téléphone.
13:59Et je pense à cette femme
14:00dont on n'a pas suffisamment parlé dans les médias
14:03il y a quelques années.
14:04Ça se passe à Lille.
14:05Elle est agressée.
14:06Je ne rentrerai pas dans les détails,
14:07dans les transports en commun.
14:08Ça dure plus de 20 minutes.
14:10Tout le monde est sur son portable.
14:12Personne ne bouge.
14:13Bien sûr, on ne poursuivra pas
14:14pour non-assistance à personne en danger
14:16parce que c'est compliqué juridiquement, etc.
14:19Son calvaire a duré plus d'une vingtaine de minutes.
14:21Elle a changé.
14:22Elle a été suivie
14:23alors même qu'elle sortait du métro.
14:26Ça devient des faits divers
14:27alors qu'en réalité, ce sont de faits sociaux.
14:29Et encore une fois,
14:30on a l'impression qu'on est face à un État impuissant
14:33et à une société qui n'ose pas.
14:36Qui n'ose pas
14:37et qui subit finalement
14:39cette espèce de, certains diraient lâcheté,
14:42cette crainte légitime ou non.
14:44Et on s'habitue à des choses
14:45qu'on ne devrait pas connaître.
14:47Paolo Lévy peut-être, je vous voyais réagir.
14:49Lorsque Rachel Binaz dit
14:51que c'est quelque chose qui est très français,
14:53il y en a aussi en Italie.
14:54Mais non, ce n'est pas français,
14:55c'est un problème mondial.
14:56concerne tout le monde.
14:57Allez en Inde, métropole occidentale,
15:00autour du monde,
15:01n'importe où il y a des réseaux de transports en commun
15:06et promiscuités entre les personnes.
15:08Malheureusement, les femmes sont les premières victimes.
15:11Et pour nous, les hommes,
15:13c'est même très difficile à comprendre
15:14parce qu'en revanche,
15:15quand les femmes sont en compagnie,
15:18ça ne se passe rien.
15:19Donc, c'est vraiment un drame
15:20que les femmes vivent dans une solitude totale,
15:25malgré la multitude qui peut être présente
15:27dans ces transports.
15:29Mais je suis complètement d'accord
15:31avec vos interventions.
15:32Moi, je trouve qu'il faut casser à tout prix
15:36toute tentation d'individualisme,
15:39de ne pas se mêler des affaires des autres
15:41et de mettre en œuvre, au fond,
15:43cette magnifique valeur
15:45que vous avez inscrite
15:46sur les frontons des écoles et des mairies
15:48qui est à côté de la liberté et de l'égalité,
15:52qui est la fraternité.
15:53Donc, s'il y a quelque chose de bizarre
15:55qui se passe dans un drame,
15:57il faut crier.
15:58Sauf que vous avez entendu Bruno Pommard dire
16:00attention, le risque derrière,
16:01c'est que ça dégénère aussi.
16:02Oui, mais ce n'est pas grave.
16:04J'en ai vu la violence.
16:05Mais ce n'est pas grave.
16:05Je l'ai fait il n'y a pas plus tard
16:07que la semaine dernière.
16:08J'étais place de la Madeleine.
16:10Il y avait dans une petite rue
16:11à côté de la place de la Madeleine
16:12une femme qui était en pleurs
16:13sous un Porsche avec un homme.
16:15Je suis allé, je suis intervenu.
16:16Et la femme, elle m'a souri.
16:19Mais elle me dit non,
16:19je suis en toute sécurité,
16:21on se dispute.
16:22Mais elle m'a tout de suite rassuré.
16:25Et ça l'a fait sourire.
16:26En fait, elle était ravie
16:27qu'un homme s'intéresse.
16:27Donc on ne peut pas laisser globaliser.
16:29Il faut inciter justement
16:30les hommes à intervenir
16:33lorsqu'ils sont témoins
16:35d'une potentielle agression.
16:36Je mets ça en parallèle
16:37avec le meurtre d'Irina Zarutska
16:39aux Etats-Unis
16:40il y a quelques semaines.
16:41Pour ceux qui l'ont vu la vidéo
16:42et je n'en sais pas,
16:43le téléspectateur à le voir,
16:44elle reste pendant plus de deux minutes
16:45au sol sans que personne ne réagisse.
16:47Je veux dire,
16:47c'est des images effroyables.
16:48Cette image est horrible.
16:52Effectivement,
16:52on l'a beaucoup vu tourner aussi.
16:53Merci beaucoup à tous.
16:54Merci.
16:55Merci.
16:56Merci.
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