00:00Anne-Claire Lebert et Elodie Djenn-Metro portent haut les couleurs d'Upwind by Mer Concept,
00:06seul équipage 100% féminin en multicoque. Alors on va commencer Anne-Claire s'il te
00:11plaît par une petite présentation que tu pourrais nous faire de ta voisine.
00:15Elodie, ma voisine Elodie Métro. Elodie elle va avoir 41 ans quand on va mettre le pied sur
00:23Martinique, ça c'est déjà chouette. Elle est suisse mais elle vit en France donc on dit franco-suisse
00:31et j'ai rencontré Elodie il y a 18 mois quand j'ai intégré le projet. C'est une belle rencontre,
00:37super équipière, super co-skipper. Elodie, même exercice, est-ce que tu peux nous présenter ta
00:44voisine ? Je présente Anne-Claire Lebert qui vient, qui est pure bretonne de Plouguerneau.
00:51Anne-Claire elle a fait un peu mille choses dans sa vie. C'est une ingénieure, une femme qui a fait
01:01plusieurs préparations olympiques sur différents supports donc elle a vraiment enfin c'est une
01:07skipper super intéressante parce qu'elle avait vraiment beaucoup beaucoup de compétences et
01:11c'est vraiment super de naviguer avec elle. On s'entend bien à bord et je suis chanceuse d'être à bord de ce
01:18bateau avec Anne-Claire. Alors vous avez la particularité d'être le seul
01:21équipage 100% féminin de cette course d'Ocean 50. Comment vous vivez depuis un an ensemble,
01:30depuis la Medmax, voilà cet apprentissage à la fois de la plateforme, du circuit qui est assez
01:35varié avec à la fois des regates inshore, des traversées en Méditerranée, maintenant on passe
01:41au Transat. Cet apprentissage en accéléré et qu'est-ce que vous allez chercher l'une chez l'autre
01:46pour accélérer cet apprentissage ? Anne-Claire. C'est ça qui est hyper intéressant dans ce circuit,
01:54justement c'est la variété de l'exercice donc ça nous permet aussi de prendre en main ces plateformes
02:00qui sont quand même très puissantes et très instables donc en équipage d'abord sur des petits
02:06parcours et petit à petit, tous les ans, on a quand même un circuit off-shore assez conséquent. Donc l'an dernier,
02:12on a fait la route d'Etherneva entre Saint-Pierre-et-Miquelon et Saint-Quest-Portrieux à Troyes avec Francesca Klapschich.
02:20Du coup après on a fait du double, toutes les deux en Med. On a fait aussi le Fastnet cette année,
02:27donc tout ça, en fait ça rentre dans le cycle d'apprentissage du support et moi j'ai la chance
02:33que Elodie elle ait fait quand même pas mal de multicoques avant de faire de l'Ocean 50 et ça c'est
02:41le plus l'atout majeur sur lequel je m'appuie chez Elodie. Elodie, tu as cette culture lacustre on va dire et des
02:50multicoques très toilés, très puissants et puis là tu viens de découvrir la navigation en équipage réduit
02:55plutôt. Est-ce que tu peux nous raconter ce que tu as appris aux côtés d'Anne-Claire depuis un an ?
03:00C'est vrai que là je découvre, ça va être la première grande course en double au large, on va passer une dizaine de jours
03:07ensemble sur ce bateau. En fait on a la chance de faire un sport où de toute manière on apprend tous les jours.
03:13Notre bateau il a beaucoup évolué en fait aussi depuis qu'on l'a reçu, on commençait à le prendre en main en avril 2024.
03:22Donc on change une voile, ça change le comportement du bateau, il y a des réglages à trouver et en fait on a la chance
03:29ben justement d'être sur un support où tous les jours les conditions sont un peu différentes et on apprend
03:34on apprend des choses tous les jours quand on navigue. Il y a une dimension un peu nouvelle sur
03:40ces bateaux mais pour vous c'est aussi partie prenante de l'apprentissage et de la découverte, c'est la
03:45dimension routage, strat, navigation et météo. Comment vous allez gérer ça ? Justement on était plutôt à l'origine de
03:53ceux qui voulaient que ça devienne comme ça, d'arrêter les routages extérieurs parce que jusqu'à
03:59présent il y avait une cellule extérieure pour router tous les trimarons donc les petits, les gros.
04:05Et pour nous je trouve ça ouvre aussi plus le jeu parce que c'est une compétence supplémentaire
04:11qu'il faut avoir à bord et puis il faut tracer sa route donc ça ouvre un peu plus le jeu surtout que nous on a une
04:20machine plutôt ancienne génération donc ça peut permettre aussi de voilà d'avoir une opportunité
04:26de tirer notre épingle du jeu supplémentaire donc ça c'est, on cherche, on a des routines justement de
04:34préparation de la navigation aux heures des fichiers donc on travaille ça depuis déjà, depuis la Medmax même
04:42avant A3 donc c'est plutôt moi qui suis en charge de la partie routage météo mais de toute façon comme on est
04:50deux on tout le monde est au courant de ce qui se passe on fait les choix à deux mais je m'occupe
04:54plus de la partie technique de voilà de faire les routages récupérer les fichiers et puis après comme
04:59ça on discute des choix. Et alors ce parcours comment vous le voyez, comment vous l'appréhendez,
05:06comment vous le découpez peut-être en tranches pour l'aborder plus facilement ? Il y a déjà ben oui c'est
05:13vrai qu'on peut un peu le découper en tranches ce parcours avec la sortie de Manche, ensuite la traversée du
05:17gol de Gascogne, longer la côte portugaise, ensuite arriver vers l'Afrique, passer les Canaries et aller
05:24jusqu'au Cap Vert et ensuite la Transat en elle-même entre le Cap Vert et la Martinique, ben on sait que de
05:30toute façon les trois, quatre premiers jours de course c'est une période de navigation qui est très
05:35très intense, il y a du trafic, il y a des conditions météo qui sont souvent pas évidentes avant de se retrouver
05:42peut-être dans les Alizés portugais ou du vent pourtant un peu plus sud donc voilà on sait que, enfin on est
05:49vraiment au courant que les premiers jours de course ben va falloir va falloir s'accrocher et que va falloir puiser
05:54dans nos ressources et puis qu'après peut-être ça sera un peu plus calme sur la suite. Sur la gestion du stress
06:03inhérente à ces bateaux hyper puissants, comment vous l'abordez, le placement du curseur entre engagement et
06:14préservation, ça va être un des enjeux des discussions j'imagine en permanence.
06:19C'est sûr qu'on en a parlé après nos derniers nos derniers entraînements et nos dernières naves en fait
06:28l'objectif premier c'est déjà d'arriver en Martinique sur la dernière édition sur les sept bateaux qui
06:34participent à la course il n'y en a que trois qui sont arrivés au bout de la course donc nous on va faire
06:38on va on a envie de faire en sorte d'arriver d'arriver à fort de France et pour ça c'est sûr
06:43qu'il va falloir naviguer en bon marin on n'est pas sur un bateau qui est tout récent il va falloir
06:48en prendre soin en fait et savoir ben justement mettre le curseur au bon endroit quand il y a
06:56quand quand la mer est trop forte accepter de ralentir quitte à voir partir un peu les autres mais
07:02pour préserver la machine et pouvoir ensuite l'exploiter à son plein potentiel quand quand
07:08les conditions de mer le permettent. C'est vrai que c'est vraiment la particularité des Ocean 50 c'est
07:14le critère sécuritaire qui va qui a un poids plus important que sur tous les autres séries parce
07:21que c'est quand même des machines qui se retournent et c'est vrai qu'on ne gère pas un quart sur un
07:26Ocean 50 comme sur un classe 40 ou sur un imoka donc ça on est assez raccord avec Elodie sur la
07:32manière de mener le bateau depuis le début où on navigue ensemble donc on n'a pas de beaucoup de
07:36problématiques à se mettre d'accord est ce qu'il faut réduire ou pas on est assez facilement sur la même
07:41longueur d'onde donc des fois il y en a une qui pousse un peu plus l'autre à des moments où on
07:47sent plus ou moins bien la chose mais c'est vraiment trouver voilà pousser la machine jusqu'à
07:52pas franchir la ligne rouge quoi donc c'est ça c'est vraiment le les sujets qu'on aborde
07:57et en effet faut déjà passer passer le cap finistère et après parce que toute la première
08:03partie c'est quand même bien engagé quoi souvent. Est-ce que ça c'est plus facile quand il y a moins de
08:08testostérone à bord ? Je n'en sais rien je pense que les franchement je pense qu'il faudrait poser
08:13la question à Erwan Leroux qui est peut-être le plus expérimenté sur ses supports qu'on a fait
08:18et refait des transats sur ce bateau qui a aussi eu des casses et tout ça je pense qu'à un moment
08:24faut faut être suffisamment voilà faut être intelligent pour savoir ralentir en fait ralentir c'est pas
08:33forcément une mauvaise décision c'est c'est pas se mettre dans des conditions où le bateau où ça va
08:39pas le faire pour le bateau et comme comme je l'ai dit avant l'objectif c'est vraiment d'arriver
08:43d'arriver en martinique et puis pour ça va falloir naviguer en bon marin je crois que c'est vraiment
08:49pas une question de genre tout ça c'est vraiment une question de personnes et d'expérience aussi de
08:54comment on sent la chose depuis des bateaux on a des bateaux différents en fait chacun d'entre nous on a
08:59il n'y a aucun bateau qui est qu'elle même donc voilà je pense qu'on aura tous nos moments peut-être
09:05à différents moments des moments où faudra lever le pied et ouais c'est comme ça faut s'adapter au
09:10support sur lequel on est et alors cet équipage 100% féminin je disais c'est à s'inscrire aussi dans
09:16une démarche plus longue avec l'équipe qui a autour avec eleven hour mais aussi au niveau de la course
09:22avec une volonté de mixité on a l'impression que ça avance quand même et qu'il ya de plus en plus de
09:27filles la mixité dans un certain nombre de courses a imposé à des équipes de faire rentrer des
09:32filles de gré ou de force si on veut dire comment vous le vivez vous qui avez plein d'expériences
09:38différentes sur plein de circuits différents sur plein de supports différents on a l'impression
09:41que ça progresse quand même alors on a l'impression que ça progresse mais aujourd'hui on n'est que 12%
09:46toutes les 18 femmes qui vont faire la transat café lors on représente que 12% des participants à
09:52cette course donc ça reste quand même enfin on est quand même en extrême minorité et oui on a
09:58l'impression que les choses elles s'avancent mais je crois qu'on a on a encore vraiment besoin de la
10:02mixité obligatoire pour pour en fait pouvoir prendre de l'expérience sur les différents bateaux sur
10:08lesquels on peut faire de la course au large et et cette expérience elle va elle va permettre aux
10:13femmes de pouvoir après aller se vendre dans d'autres projets c'est un c'est important qu'il y ait encore
10:18cette mixité obligatoire sur certaines courses pour qu'en fait les portes s'ouvrent pour les
10:22femmes et qu'elles puissent engranger de l'expérience qui feront d'elle des marins compétents et qui
10:27seront engageables sur tous les bateaux sur lesquels on peut faire la course au large aujourd'hui
10:31Anne-Claire ton ta vision de ça toi qui a couru là aussi sur plein de supports différents avec des
10:38garçons avec des filles quand c'était choisi quand c'était imposé comment tu vis cette période d'ouverture
10:43on part de loin on part de loin pour moi c'est franchement toute cette période c'est c'est
10:49c'est incroyable parce que je pense que sans ça je serais pas là aujourd'hui pour tous les
10:54projets que j'ai pu faire ces quatre dernières années c'est grâce à soit des sponsors qui ont
10:59voulu aider vraiment les femmes à prendre leur place dans la course au large soit des quotas de
11:05imposés par les organisateurs de course et aujourd'hui j'ai pu multiplier des expériences sur
11:11tous les supports en mixte ou en 100% féminin et c'est génial aussi d'arriver maintenant sur ce
11:18projet là moi je suis hyper fière d'être à la tête de ce projet parce que c'est vraiment une cause qui
11:25me tient à coeur depuis longtemps même quand je travaillais en tant que directrice technique
11:28de voilà d'aider les femmes à trouver leur place dans ce milieu là et nous on a la chance d'être dans
11:35ce projet avec eleven sauer et mer concept qui est là pour aussi donner sa chance à des femmes plus
11:41jeunes des femmes qui viennent d'autres pays où c'est moins simple de faire de la course au large
11:45et ça a créé une richesse dans l'équipe et une bienveillance qui est assez extraordinaire et ça
11:51c'est voilà ça n'a pas de prix quoi donc faut que ça faut que ça continue on demande souvent mais
11:57pourquoi vous faites pas du mix parce qu'à chaque fois qu'on met un homme à bord c'est une expérience de
12:00moins pour une autre femme donc nous l'objectif c'est d'abord d'abord les femmes et puis dans
12:06l'équipe technique on est mixte parce que c'est c'est quand même vers ça qu'on veut tendre c'est de
12:10la mixité normal normaliser entre guillemets mais à bord on réserve toutes les places qu'on a même sur
12:16les convoyages qui se libère pour d'autres femmes à l'extérieur du projet pour qu'elle puisse venir
12:21découvrir se faire une première expérience et voilà et ça c'est ça c'est vraiment top c'est la
12:28cerise sur le gâteau sur ce point qu'est ce que ce serait une transat qui a fait leur réussi pour
12:32vous ben c'est une fin je pense c'est une transat où on arrive en martinique avec le sentiment d'avoir
12:41bien navigué d'avoir été dans les bons coups météo fin de pas avoir fait d'erreur et puis aussi
12:45d'avoir réussi à à pousser le bateau au bon moment quoi je crois qu'il ya vraiment pas d'histoire de
12:51enfin c'est bien pas d'objectif de classement mais plutôt une objectif d'être fier de la manière dont on
12:58a navigué sur notre bateau et puis du plaisir vous avez pris beaucoup l'an dernier en méditerranée
13:03là ça sera différent mais du plaisir quand même pas ben oui mais toute façon on a enfin on fait on
13:09a la chance de faire ce métier on est à l'extérieur alors c'est sûr il ya des moments qui sont qui sont
13:14plus facile ou moins facile que d'autres mais voilà c'est sûr qu'on a toujours du plaisir à être en mer et
13:20ouais on se réjouit de d'aller passer ces ces dix jours au large bonne course merci
13:27merci