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  • il y a 2 mois
TRANSAT CAFÉ L'OR Le Havre Normandie 2025 - Interview avec Romain Attanasio & Maxime Sorel I IMOCA FORTINET - BEST WESTERN

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Sport
Transcription
00:00Romain Atanasio et Maxime Sorel font cause commune pour cette Transat Café Laure.
00:05Leur connexion est née sur le Vendée Globe, mais c'est surtout une belle histoire de solidarité qui a renforcé leur relation.
00:11Messieurs, est-ce que pour commencer, Romain, tu pourrais me présenter ton voisin ?
00:15Eh bien oui, Maxime Sorel, tout le monde le connaît.
00:18Je le présente, mais il a fait le Vendée Globe, l'Everest, dernièrement l'UTMB.
00:23Donc c'est un marin qui court aussi et qui est aussi alpiniste.
00:26On se connaît du mer-montagne, justement de la montagne.
00:32Et puis, il connaît bien les imocas.
00:35Et surtout, je ne sais pas si vous vous rappelez, l'année dernière, j'ai quand même dématé deux mois avant le départ du Vendée Globe.
00:41Et le premier qui m'a appelé pour me céder son mât, c'est lui.
00:46Donc ça m'a enlevé une belle épine du pied.
00:47Et puis, en plus, il navigue très bien.
00:50Donc ce n'est pas la seule raison, le mât pour lequel je l'embarque.
00:54Donc je veux dire que si je ne pouvais l'embarquer que parce qu'il allait bien, je le ferais aussi.
00:58Parce que ça va être un très bon coskipper.
01:01Maxime, est-ce que tu peux me présenter ton voisin ?
01:04Ben ouais, Romain, c'est un marin de renom que j'ai suivi sur son premier Vendée Globe.
01:09Qui m'a étonné par sa tenacité de réparer son safran en Afrique du Sud.
01:18Deux safrans, oui.
01:20Et que j'ai suivi parce qu'on avait un partenaire commun, Laurent de France, au Volvo.
01:25Et du coup, on se croisait.
01:27En fait, moi, j'étais en classe 40.
01:28Lui était en imoca.
01:29J'étais venu grâce à lui sur le village du Vendée Globe 2016.
01:33Parce que Laurent m'avait fait venir.
01:37Et donc là, j'ai toujours suivi.
01:39Et quand j'ai pu un peu plus lui parler, j'ai été ravi de pouvoir échanger avec lui.
01:47Et quand il s'est passé ce qui s'est passé avec le mât,
01:50plus après il me demande de venir naviguer avec lui.
01:52C'était vraiment un plaisir de partager une transat café-lore avec lui.
01:56Et alors, comment on passe de copain de ponton à coéquipier à bord ?
02:00Comment on travaille cette cohésion d'équipage ?
02:04Il faut s'entraîner un petit peu.
02:06Alors, c'est vrai qu'on en rigole parce qu'on ne s'est pas retraîné autant qu'on voulait.
02:10C'est toujours un peu compliqué.
02:10Les années post-Vendée Globe quand même, on arrive tard.
02:13Ensuite, il y a toute une mise en place qui est longue.
02:16Et on a beaucoup de choses à faire.
02:17On est sollicité de partout.
02:18Donc, c'est vrai qu'on a fait le défi azimuth.
02:21C'est un peu notre baptême presque.
02:27En fait, il connaît les imocas.
02:29Il ne connaît juste pas Fortinet de Best Western.
02:31Donc, il a fallu qu'il prenne un petit peu ses marques sur ce bateau.
02:35Et puis, qu'on voit chacun comment fonctionner et pouvoir mettre ça en forme.
02:41Mais en vrai, ce n'est pas si compliqué.
02:44Souvent, en plus, on dit que le double, c'est du solitaire par intermittence.
02:49C'est un peu ça.
02:51En vrai, c'est quand même assez fluide.
02:53Ça se fait hyper naturellement.
02:57Je n'ai pas trop de doute que ça a fonctionné.
02:59Justement, pour le peu de navigation qu'on a fait, on prend nos cars comme si on avait déjà navigué ensemble avant.
03:07Et puis, ça suit et ça fonctionne.
03:10Comme dit Romain, on navigue chacun de manière en solitaire.
03:13Maintenant, on est accompagné dans notre solo parce que quand on a des difficultés, on les gère à deux.
03:18On est deux pour prendre des décisions.
03:22C'est tout plus facile.
03:24On dit souvent que ce n'est pas deux fois plus facile.
03:25Le double, c'est dix fois plus facile.
03:27Tout est plus simple.
03:28Une manœuvre qui prend une voile de l'arrière pour l'emmener à l'avant, tout seul.
03:33Je mets un quart d'heure.
03:34Une voile qui tombe à l'eau, par exemple.
03:36C'est vrai, comme ça nous est arrivé.
03:39Ce n'est pas quatre heures, c'est 45 minutes.
03:41C'est ça.
03:41Tout est plus simple.
03:42Et puis, surtout, moi, je trouve ce qui est difficile en solitaire, c'est qu'on passe son temps à douter, à se demander si on a mis la bonne voile, si on va au bon endroit, si on a bien compris ce qui allait se passer.
03:51Et puis, personne ne peut nous aider.
03:52Vous le savez, c'est interdit l'assistance, le routage.
03:54On n'a pas le droit de parler avec qui que ce soit.
03:56Alors, quand on est à deux, on peut échanger là-dessus.
03:58Ça, ça change tout.
04:00Et puis, surtout, quand on va dormir, on dors sur ses deux oreilles quand on sait qu'on a le copain qui est dehors.
04:05Et ça aussi, ça change tout.
04:05Alors, ça, c'est qu'à moitié vrai, parce que souvent, quand tu es en solo, du coup, tu ne règles pas ton bateau, donc il n'est pas tout à fait à 100%.
04:13Par contre, quand on a un qui est en train de régler le bateau, le bateau est à 110%, donc l'autre, il aimerait bien dormir.
04:18C'est chiant, tu entends les manivelles et tout, tu sais, tu vas pas arrêter, oui.
04:22Et puis, en fait, tu ne dors pas pendant deux heures et il ne sait pas c'est quoi, là.
04:27Et alors, du coup, quelles sont vos ambitions sportives sur cette course ?
04:30Ben, globalement, on n'est pas nombreux, on y moqueur, on est 18 bateaux.
04:38J'ai regardé un peu le plateau, il y a 11 bateaux sur le papier plus rapides que le nôtre.
04:43Donc, rentrer dans le top 10, ça serait vraiment génial.
04:48C'est un bateau de 2016, oui, c'est un bateau de 2016, donc il n'est forcément pas aussi rapide que tous ceux qui sont pas loin de nous, là.
04:56Ceux qui sont sur les derniers bateaux, il y a quand même une sacrée différence.
04:59Même pour Maxime, il y a une différence parce que lui, il avait un bateau plus performant que le mien.
05:04Enfin, il a un bateau avec lequel il n'a vite pensé pas, plus performant que le mien.
05:06Donc, c'est un petit retour en arrière, mais après, sur un malentendu, ça avait commencé.
05:14Et puis, une transat, encore une fois, tout peut arriver.
05:16Donc, on verra bien.
05:17C'est vrai qu'on est 11e sur le papier, mais on va essayer d'en doubler quelques-uns quand même qui sont reprenables.
05:24Et pas se faire doubler par ceux de derrière.
05:25Eh oui.
05:26Ce n'est pas chose gagnée. Le parcours, il est imposé.
05:29Il faut que je dis imposé dans le sens où on doit passer entre l'Afrique et les Canaries.
05:34Et ça, ça contraint une route sud directement.
05:36Donc, on voit souvent quand même dans les transats, il y a des options ouest.
05:39Parfois, ça part au sud parce qu'on veut éviter des dépressions.
05:42Enfin, bref.
05:43Et là, c'est très imposé.
05:44Donc, on va avoir des alizés.
05:45Normalement, s'ils sont calés pile dans l'axe.
05:47Ce qui veut dire qu'entre ce bateau et un bateau à dérive qui va vite, parfois, c'est limite.
05:54Et même des bateaux neufs, s'il n'y a pas beaucoup de vent, ils ne vont pas voler.
05:57Donc, on peut aussi jouer avec eux.
05:58Donc, ça peut être intéressant.
05:59C'est vrai, si l'alizé est faible.
06:02Et alors, en termes de projet, vous êtes un peu entre deux eaux tous les deux, j'ai l'impression.
06:08Non, vous avez ça aussi en commun ?
06:11Oui, on partage nos malheurs.
06:14C'est vrai qu'avant de naviguer ensemble, on partageait nos malheurs, mais surtout notre fonctionnement.
06:19Parce que c'est vrai qu'on est pareil.
06:20On est entrepreneur, navigateur, on va dire.
06:24Et c'est vrai que nos bateaux, on doit les financer.
06:26Les partenaires, c'est nous qui les trouvons.
06:27Les sociétés, elles nous appartiennent.
06:29On prend, bref, les risques à terre.
06:31Souvent, on dit que la première victoire, c'est d'être au départ.
06:32Et que quand on prend le départ de la course, c'est les vacances.
06:35On laisse tous les problèmes de côté.
06:38Donc, on a effectivement cette manière de naviguer.
06:40Et en plus, c'est vrai que Maxime est en recherche de partenaire.
06:45Moi, je le suis dans 15 jours à l'arrivée de la course.
06:50Alors, on a quelques sujets en commun en ce moment.
06:53J'avoue qu'on échange pas mal et pas que sur les réglages de voile.
06:57Et pourtant, vous allez rester concentré sur la course.
06:59Parce que je sais que Maxime, par exemple, est assez coutumier du fait de continuer à travailler à bord,
07:05faire des tableurs Excel quand les bords sont un peu longs.
07:08Eh oui, on a ce défaut-là, tous les deux.
07:12Mais globalement, pour nous deux, un projet qu'on gère où on tire toutes les ficelles,
07:19c'est quasi impossible d'enlever ça de notre tête.
07:22Donc, oui, c'est sûr qu'on sera à fond sur le côté sportif.
07:26C'est pour ça qu'on est là, avant tout.
07:28Mais c'est sûr qu'on ne peut pas oublier tout ce qui est à terre.
07:31Alors, Romain disait qu'on part en vacances, mais ce n'est pas tout à fait ça non plus.
07:35Non, non, ce n'est pas tout à fait ça.
07:37C'est pour faire un bon mot.
07:38Mais non, c'est vrai qu'on…
07:39D'autant plus que maintenant, on a une super connexion qui coûte beaucoup moins cher qu'avant.
07:43Donc, nos équipes à terre n'ont plus aucun scrupule à nous appeler.
07:47Donc, c'est vrai qu'on reste vraiment connecté avec la terre pour gérer des affaires.
07:53On a chacun des histoires assez rigolotes de faire des virements ou des choses comme ça,
07:57alors qu'on est en course qu'on n'avait pas des virements de bord.
07:59Non, pas des virements de bord.
08:00Pas que des virements de bord.
08:02Ça, c'est un peu nouveau aussi pour moi.
08:03Moi, j'avais exprès pas pris, par exemple, les réseaux sociaux ou des choses comme ça à bord, sur le téléphone.
08:11Là, on a accès un peu à tout.
08:12Donc, du coup, voilà, ça va être une découverte aussi sur une transat.
08:16Sur l'historique de la route du café, racontez-moi ce que ça évoque pour vous,
08:21ce que vous y avez vécu, vous, personnellement, ou ce que vous gardez des éditions précédentes.
08:28Eh bien, c'est ma première course en Imoca avec Louis Burton.
08:33En 2015, c'est la première fois que je faisais une transat en Imoca.
08:37Donc, ça marque mon entrée dans le Vendée Globe puisque c'est grâce à la transat Jacques Vabre de l'époque
08:42que j'ai pu me qualifier pour le Vendée Globe.
08:47Donc, en fait, c'est presque, c'est une course vraiment très importante pour moi.
08:51Et puis, c'est une course que j'adore, encore une fois, en double.
08:54Et puis, on est allé au Brésil, on est allé à Itadjaï, à Salvador de Bahia,
08:59donc dans plein d'endroits maintenant.
09:00Et donc, voilà, c'est une course, une des courses phares de ma carrière.
09:08Et oui, c'est une course qui nous a fait voyager.
09:11C'est une course qui nous fait découvrir des gens.
09:13Ce qu'on navigue avec des...
09:14Moi, j'ai navigué avec pas mal de gens, jamais les mêmes, en fait.
09:20Chaque fois, une nouvelle personne.
09:21Des histoires de victoire, en 2017, avec Antoine Carpentier.
09:29Et puis, d'autres qui se sont moins bien passés.
09:32Il faut lire mon livre pour ça.
09:34Et je trouve ça chouette parce que finalement, on mène des bateaux un peu plus vite que quand on les mène en solitaire.
09:41Et surtout, on partage ça avec quelqu'un.
09:44Donc, il y a vraiment un côté aventure humaine encore plus forte que sur une course en solo.
09:48Moi, ce bateau, quand je l'ai eu, c'était mon premier foiler.
09:51Et c'est vrai que la première navigation que j'ai faite en volant, je me suis dit, ça va être chaud quand même.
09:57Et je revenais du Vendée Globe et j'étais avec Sébastien Marseille.
10:01Et on a pris ensemble la mesure de ce bateau.
10:04Et finalement, c'est génial d'avoir une campagne avec cette course en double après le Vendée pour un nouveau projet.
10:10Parce que ça permet à deux quand même de découvrir ces bateaux qui sont quand même assez impressionnants quand on débute.
10:16Donc, il y a ça aussi qui est important, cette transat qu'a fait l'or.
10:19Merci beaucoup.
10:20Bonne course.
10:20Merci.
10:21Merci.
10:27Merci.

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