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  • il y a 3 mois
TRANSAT CAFÉ L'OR Le Havre Normandie 2025 - Interview avec Erwan Le Draoulec & Tanguy Le Turquais Ocean Fifty Lazare x Helli

Catégorie

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Sport
Transcription
00:01A la barre de l'Ocean 50, Lazare by Elio, Erwan Ledraoulek et Tanguy Le Turquet découvrent les bonheurs du multicoque océanique après de beaux débuts de carrière en monocoque.
00:10Alors messieurs, est-ce que pour commencer, Erwan, tu peux me présenter ton voisin ?
00:15Bah, Tanguy Le Turquet, le skipper Lazare venu de nulle part, non, superstar qui vient de terminer le Vendée Globe,
00:22et avant tout un très bon copain, un petit peu un grand frère qui a fini mon éducation et donc voilà que j'ai suivi ces dix dernières années,
00:33qui a fait des courses qui me faisaient rêver, donc j'allais les faire un peu après lui, j'essayais de faire un peu mieux pour l'énerver.
00:38Et puis voilà, Tanguy, très bon marin, très bon technicien, solitaire du Figaro, Vendée Globe et tout ça, et tout l'humour qui va avec et le cœur aussi.
00:49Et Tanguy, est-ce que tu peux me raconter, pareil, qui est ton voisin ?
00:53Bah, il a dit que j'étais un peu le grand frère, donc lui c'est un peu le petit frère.
00:56Erwan, je l'ai rencontré grâce à Clarisse parce qu'ils ont préparé leur mini-transat en 2017 ensemble.
01:01Ils se sont organisés pour faire un et deux, quand moi je faisais trois, sur l'édition d'avant.
01:06Et voilà, on s'est liés d'amitié, on a d'abord, avant le bateau, on a d'abord découvert qu'on avait plein de points en commun en dehors du bateau.
01:13Donc on s'est liés d'amitié, et puis forcément on s'est retrouvés sur pas mal de circuits, classe Figaro, mini-650.
01:19Et puis moi j'ai eu la chance de faire le Vendée Globe l'année dernière.
01:23Et réalisant mon rêve, j'avais envie d'aider quelqu'un que j'apprécie beaucoup à réaliser le sien.
01:27Et Erwan est arrivé avec son trimaran, et je dis bon, allez c'est parti.
01:30Alors racontez-moi ce début de saison sur ce trimaran, parce que tu as eu peu de temps Tanguy pour t'acclimater à ce nouveau support.
01:41Et puis ce n'était pas dans votre parcours à tous les deux, le multicoque n'était pas forcément une base solide.
01:48Racontez-moi cette découverte de cette plateforme.
01:51Déjà, comment ça s'est passé au début, c'est assez rigolo, parce que moi j'étais dans l'océan Indien.
01:56Quand je reçois un WhatsApp d'Erwan qui me dit, je vais acheter un Ocean 50, est-ce que tu m'aides à réaliser le projet ?
02:02Moi j'avais évidemment la tête ailleurs à ce moment-là, mais j'ai dit oui, parce que je ne réalisais absolument pas ce qu'il me proposait.
02:07Et quand j'arrive, quand je mets le pied à terre à l'arrivée du Vendée Globe sur le ponton au sable d'Olonne,
02:12il était un peu en arrière-plan à me regarder.
02:15Plein d'inquiétudes, tu vas vraiment m'aider ?
02:17Et oui, évidemment, et nous voilà un peu plus de six mois plus tard avec ce beau bateau.
02:21Le début, c'est vrai qu'on ne vient pas du multicoque tous les deux.
02:25On a appris beaucoup de choses.
02:27Alors on a eu la chance de s'entourer de très bons copains qui sont des très bons marins en multicoque,
02:30je pense à Tom Laperche, qui nous a appris beaucoup de choses.
02:34Et voilà, on appréhende encore plein d'aspects.
02:36Aujourd'hui, on a la sensation de maîtriser le multicoque entre trois bouées.
02:40Maintenant, on va découvrir le large.
02:41Raconte-moi, Erwann, cette découverte de ces bateaux incroyables.
02:45C'est vrai que moi, c'est des bateaux qui me faisaient rêver.
02:47Quand je me promenais avec mes grands-parents sur les pontons à la Trinité,
02:50il y a eu une époque où c'était les bateaux qui gagnaient la route du Rhum, les Ormas et toutes ces choses-là.
02:57Et j'ai l'impression que le défi est énorme d'aller au large là-dessus.
03:01Et c'est ça qui me faisait vraiment envie.
03:03Avec Tanguy, on aime aussi bien tout ce qui est un petit peu les sports de glisse.
03:06Et on retrouve un paquet de sensations sur ces bateaux magiques.
03:10Donc, c'est très vite incroyable.
03:12Et puis, par contre, ça fait aussi vite, très vite peur.
03:16Mais non, c'est aussi quelque chose de super sympa, je trouve, de découvrir ça ensemble.
03:21On en avait effectivement tous les deux peu fait, même en voile légère.
03:25C'est sûr qu'on venait pas de là.
03:25C'est pas si facile d'avoir une expérience en multicoque aujourd'hui.
03:30Et par contre, de découvrir ça, c'est génial.
03:32On réapprend quelque chose.
03:33Et c'est ça qui est passionnant dans la voile.
03:35C'est que tous les bateaux sont un peu différents.
03:37Ceux-là sont très différents.
03:38Et voilà, là, on découvre des sensations assez dingues, des vitesses assez folles.
03:43Et on se rend compte qu'on décale le seuil de la peur doucement, de plus en plus.
03:48Il faut rester sage.
03:49Ça aussi, c'est sympa aussi de devoir naviguer un petit peu en bon marin.
03:53Là, c'est des bateaux où il faut d'abord finir.
03:55Je crois que la dernière édition, il n'y en a pas beaucoup qui ont terminé.
03:57Trois.
03:59Donc voilà, c'est agréable de devoir naviguer en bon marin.
04:03Et je pense que ça nous plaît à tous les deux de faire ça.
04:06Est-ce que tu peux me raconter ce début de saison en Grand Prix d'abord autour de Trois-Bouées ?
04:11Ouais, c'était un début de saison qui arrivait hyper vite, surtout pour Tanguy quand même.
04:15Je crois qu'on faisait une course un mois et demi après ton arrivée, en gros, du Vendée Globe.
04:21Le bateau est super.
04:22On a beaucoup de chance d'avoir réussi à avoir ce bateau-là grâce à nos partenaires et les investisseurs qui nous ont aidés à l'acheter.
04:29Donc on a tout de suite fait des résultats assez sympas parce que comme a dit Tanguy aussi, on s'est entouré de gens qui sont top, qui sont avant tout des copains.
04:36On a des très bons copains, que ce soit Tom, Tanguy le Glatin.
04:40Moi, j'ai fait la dernière course avec Loïs parce que Tanguy s'était fait mal à la côte.
04:44Donc on a des copains qui connaissent un peu ce monde-là.
04:48C'était super de progresser avec eux.
04:49Et voilà, il y a eu quelques podiums.
04:51On a gagné l'Armen Race.
04:52Donc on est super content.
04:54Après, comme a dit Tanguy, c'est ce qui est génial avec ces bateaux, ce qu'on peut faire les deux, ces parcours inshore et ces grandes courses au large.
05:01Donc l'inshore, on a découvert.
05:02Je pense qu'on a compris des choses.
05:04Loin d'avoir tout compris, mais c'est pas mal.
05:06Le large, on a fait un fastnet tous les deux.
05:09Mais sinon, on n'a pas grand-chose comme expérience.
05:11On a compris qu'on n'avait pas compris.
05:12On a compris qu'on n'avait pas tout compris.
05:15Depuis, on a travaillé.
05:17Mais c'est sûr qu'on va un tout petit peu dans l'inconnu.
05:19Mais ça nous anime complètement d'aller voir ça.
05:22Tanguy, est-ce que tu peux me parler de cette sensation sur ce bateau où il y a du feeling, il y a du plaisir ?
05:28Et c'est très différent de ce que tu as vécu en Imoca l'année dernière.
05:31Oui, c'est pas du tout la même ambiance au départ.
05:35Là, on prend le départ de la Transat Café Lor en double.
05:38Sur un trimaran.
05:39Et le stress n'est pas du tout le même qu'un départ de Vendée Globe, Tour du Monde en solitaire.
05:43Je ne suis pas du tout dans les mêmes dispositions psychologiques.
05:47Ça va durer beaucoup moins longtemps.
05:49C'est dix jours, mais c'est dix jours de stress intense.
05:51Alors là, on est en double.
05:52Donc ça va, on va réussir à gérer, je pense.
05:56Traverser l'Atlantique en solitaire sur des bateaux comme ça, je ne sais pas encore comment on le fait.
05:59Voilà, ça ne me parle pas.
06:01Là, on va découvrir beaucoup de choses.
06:03On va enfin prendre de la mer.
06:04On va voir comment la plateforme réagit dans la mer.
06:06Ça, c'est des choses qu'on va voir pour la première fois.
06:09Donc oui, il y a un petit peu d'appréhension.
06:12Par contre, c'est des bateaux qui sont quand même plus légers, plus faciles à manipuler que des imocas.
06:15La dimension sportive, la marche est moins haute, je dirais.
06:19Que quand je suis passé du Figaro à l'Imoca, là, j'ai un peu l'impression de redescendre d'une marche.
06:23Tout est plus petit, finalement.
06:24Et il y a moins de systèmes et les bateaux sont plus simples.
06:27L'objectif pour vous, c'est quoi alors ?
06:29De gagner.
06:30On part au départ de la Transat Café-Lore avec un bateau qui peut gagner.
06:35On sait que le facteur limitant, ça va être nous parce qu'on a peu d'expérience.
06:39Normalement, on est tous les deux des compétiteurs.
06:41Je rappelle quand même qu'Aruan a gagné à mi-transat à à peine 20 ans.
06:44Donc, on y va pour gagner, évidemment.
06:47Après, il va se passer plein de choses.
06:48Il y a plein d'autres objectifs pour être fier et content de nous.
06:51Aussi pour l'hasard.
06:53Donc, on part en ayant envie de gagner.
06:55Puis après, on verra ce qui se passe.
06:56On va donner le meilleur.
06:57Un petit coup d'œil sur le plateau.
06:58Qu'est-ce que vous en pensez ?
06:59Comment vous êtes jaugé ?
07:00Il y a des nouveaux entrants.
07:01La classe est hyper compétitive.
07:04On fait partie des nouveaux entrants avec des encore plus jeunes qui viennent d'arriver
07:08mais qu'on les renforment qui sont l'équipe d'Eden Red.
07:12Nous, on essaie de s'inspirer, de regarder les vieux briscards de cette classe.
07:18Il y en a qui sont là depuis très longtemps.
07:21On aime beaucoup la façon de naviguer d'Erwann Leroux qui fait un début de saison assez remarquable
07:26tout en prenant les bons risques au bon moment et faisant les choses très proprement.
07:31Il y a Thibaut qui a gagné la dernière fois et qui est là aussi depuis quasiment 10 ans, je pense, sur le circuit.
07:37Il y a du beau client.
07:38Après, on sait qu'on a un très beau bateau.
07:41Et puis, des fois, il y a la petite chance du débutant aussi, peut-être.
07:46Dernière question sur le parcours.
07:48Comment vous le découpez ?
07:50Raconte-moi un peu comment vous vous projetez sur 12, 14 jours de course.
07:57Alors, on a pris 15 jours de nourriture déjà.
08:00La dernière édition s'est faite en 11 jours.
08:02Mais ils étaient partis de l'Orient parce qu'il y avait eu une première étape de l'Orient à cause de la météo.
08:06Donc voilà, on est partis avec 15 jours de nourriture en se disant que s'il y a un problème, on aura assez.
08:09Moi, je découpe un peu en trois parties.
08:13Il y a déjà sortir de la manche avec tous ses pièges, le courant, les dépressions qui se canalisent en manche.
08:20Voilà, ça peut être une première étape extrêmement casse-bateau.
08:24Donc là, il va falloir être prudent.
08:25Avec Arwan, on se l'a dit hier.
08:26Nous, notre objectif déjà, c'est d'être au contact du paquet de tête à Madère.
08:30Donc une fois qu'on est sorti de manche, après, il faut tenir le rythme avec les premiers.
08:34Et une fois qu'on est à Madère, qu'on arrive dans les Alizés, on glisse, on a la chance d'aller jusqu'au Cap Vert.
08:39Donc c'est directement du portant VMG, donc le vent qui sera pile derrière nous, a priori.
08:43Et donc là, on attaque une grande section, en gros, de Madère jusqu'à l'arrivée en laissant le Cap Vert à tribord, de portant.
08:49Et là, on va vite savoir si on est dans le rythme ou pas, si notre bateau va vite dans ces conditions-là.
08:54On s'est jaugé un peu contre les concurrents dans ces allures.
08:56Des fois, ça va, des fois, ça ne va pas.
08:57À nous de progresser aussi en cours de route.
09:01Bonne course.
09:02Merci.
09:03Merci beaucoup.
09:04On se voit en Martinique ?
09:05On espère ?
09:06Non, non, on est sûr.
09:07On est sûr, on est sûr.

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