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  • il y a 4 mois
Les clefs d'une vie - Philippe Spanghero

Il se raconte et évoque Walter, Roger Couderc et quelques autres. Entre deux commentaires le week end sur Sud Radio, il a écrit « Au nom du clan »


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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2025-10-16##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:06Les auditeurs de Sud Radio connaissent parfaitement la voix de l'enfant de la balle que vous êtes.
00:11Vous êtes entré dans notre petite famille sans pour autant vous éloigner de la grande
00:15à laquelle est lié un nom légendaire pour les passionnés de rugby.
00:20Bonjour Philippe Spanguero.
00:21Bonjour Jacques.
00:22Alors on vous retrouve en général le week-end sur Sud Radio avec le rugby.
00:26Oui, mais là dans les clés d'une vie, si je vous accueille, c'est que vous sortez un livre chez Alizio
00:30au nom du clan qu'on va évoquer et un clan Spanguero qu'on va évoquer
00:35puisque le principe des clés d'une vie, c'est d'évoquer votre parcours à travers des dates clés.
00:39Et la première que j'ai trouvée, c'est le 19 janvier 1966 à la télévision dans cette émission Une Histoire de Famille.
00:52Les coulisses de l'exploit, ça vous dit quelque chose ?
00:55Très bien, très bien, je l'ai vu des dizaines de fois.
00:57Voilà, en fait c'est une émission de Raymond Marsilla qui était le patron à l'époque des sports,
01:02qui était aussi champion de 100 mètres, et de Jacques Godet qui était le co-directeur du Tour de France.
01:07Et chaque mois, il y avait une famille ou des exploits qui étaient présentés.
01:10Et ce jour-là, il y a un reportage consacré à la famille Spanguero
01:14avec les quatre frères Walter, Laurent, Jean-Marie et Claude qui sont revenus manes
01:18et qui est tourné dans la ferme de Bram.
01:19C'est ça, exactement.
01:21Alors, je ne sais pas si, je ne veux pas dire de bêtises, je crois que c'est la voix de Roger Coudert.
01:26Exactement.
01:26Voilà, parce que l'histoire de ma famille est quand même assez indissociable de la voix de Roger Coudert.
01:31Probablement.
01:31On y reviendra.
01:32Et donc, je me souviens très bien de ce reportage.
01:34Alors, il y a mon père aussi, Guy, et son petit frère Gilbert, le dernier, qui apparaissent sur ce reportage.
01:40Et c'est assez émouvant pour moi parce que je le revois souvent.
01:43C'est des images de Lina aujourd'hui parce que ça me permet de revoir un peu mon grand-père
01:47parce que j'ai beaucoup de souvenirs de ma grand-mère que j'ai perdu en 2007.
01:51Mais j'avais un an quand mon grand-père est décédé.
01:53Donc, j'en ai beaucoup entendu parler, mais j'ai peu d'images.
01:56Et c'est une des seules images que j'ai de lui en vidéo.
01:59Alors, c'est tourné dans la ferme de Bram.
02:01Bram, c'est une commune de 3000 habitants entre Carcassonne, je crois, et Castel Nodary.
02:05C'est ça.
02:06Et il y a un centre sans père-pompier qui a été créé en 1868
02:10et qui est mis à l'honneur dans le film Les Hommes du Feu de Pierre Jolivet, tourné en 2017.
02:14Alors, j'étais sûr que j'allais apprendre beaucoup de choses sur ma famille
02:17et sur l'histoire de notre région en faisant cette émission, mais je ne savais pas ça, non ?
02:22Alors, il se trouve que le reportage, il y a une chose étonnante.
02:26C'est Walter qui sort des vaches et c'est commenté comme un match de rugby, Philippe Sonngaro.
02:30Oui, mais encore une fois, j'ai très bien cette image en tête.
02:34Et puis, la voix de Roger Coudert qui a en partie contribué à mystifier Walter
02:42parce qu'il avait beaucoup, beaucoup d'affection pour Walter et pour notre famille.
02:47Et donc, en effet, c'est vrai qu'il y avait un rapport à la ferme et à la terre qui était très particulier.
02:53Et mon grand-père avait dit à Walter, quand il a commencé à bien jouer au rugby,
02:57d'ailleurs, il y a une anecdote que je vous raconterai peut-être tout à l'heure,
02:59que quoi qu'il arrivait, même s'il jouait avec l'équipe de France, etc., le dimanche,
03:04il fallait que le lundi, il soit au champ.
03:06Et il s'y est tenu, il s'y est tenu une grande partie de sa carrière.
03:09Voilà. Il se trouve aussi qu'on voit votre grand-père ramasser le foin
03:13et en expliquant que Walter a été baptisé ainsi parce que c'est une famille d'origine autrichienne.
03:20Exactement. En fait, du côté paternel, mon grand-père, ses ancêtres, mais assez proches de lui,
03:28avait traversé la frontière autrichienne pour arriver en Italie.
03:32Il se dit que le nom d'origine, c'était Spanger et qu'on a rajouté un mot
03:35quand ils ont franchi la frontière pour italianiser tout ça.
03:40Mais c'est vrai qu'on se sent quand même vraiment italien.
03:44D'abord, il y a une place qui a été inaugurée au nom de mon grand-père
03:48dans le village dont il était originaire, qui s'appelle Trichésimo,
03:51dans le nord de l'Italie, dans la province du Frioul.
03:56Et donc, on a un rapport à l'Italie qui est quand même assez particulier,
04:00que nous a inculqué ma grand-mère surtout, que j'ai plus connue pendant notre enfance.
04:05Votre grand-père qui s'appelait Fernand en France et qui s'appelait Dante Ferruccio en Italie.
04:09C'est ça.
04:10Et aussi un détour par la Normandie, je crois.
04:12Oui, au départ. Au départ pour mon grand-père, c'est ça ?
04:15Oui, bien sûr.
04:17Mon grand-père et ma grand-mère ont eu le même parcours
04:20dans le sens où ils ont fui chacun avec leur famille l'Italie
04:24au début de la montée du fascisme, au début des années 30.
04:29Et mon grand-père, d'abord avec son frère et son père,
04:32sont arrivés aux alentours de Rouen.
04:36Ils ont participé justement à la réfection, je crois, de la cathédrale de Rouen.
04:40Et mon grand-père a eu la maladie du ciment, la gale du ciment.
04:44J'ai entendu ça dans les histoires de famille.
04:48Et donc, il a fallu trouver une façon de gagner sa vie différente.
04:54Et donc, c'est dans le sud, à Bram, qu'ils ont atterri
04:57et que mon grand-père a rencontré ma grand-mère,
05:00qui était, elle, arrivée à côté à Mirepoix.
05:02Il se trouve qu'il y a aussi un autre lieu important dans la généalogie des Spangueros,
05:07c'est Péras-sur-Lers, où sont nés deux de vos frères.
05:10Deux de mes oncles, oui.
05:12C'est ça, c'est Laurent et Walter.
05:14Exactement.
05:15Et les points communs qu'on voit dans ce film,
05:17c'est la carrure des Spangueros et les grandes mains,
05:21les paluches où on peut même tenir un ballon de rugby.
05:23Oui, alors ça, c'est la légende.
05:25Mais la légende, c'est quand même largement vérifié
05:29avec les frères qui se sont succédés.
05:32C'est une grande famille.
05:32Donc, six frères et deux sœurs.
05:34Une des sœurs est décédée, une de mes tantes, Maryse.
05:37Donc, ils ne sont plus que sept aujourd'hui.
05:39Mais oui, la caractéristique quand même principale.
05:42Et ça, il le tenait plus,
05:43enfin, on le tient plus de ma grand-mère finalement que de mon grand-père.
05:47Ma grand-mère était quand même assez charpentée.
05:49Et d'ailleurs, le rugby, elle aimait bien.
05:51Elle n'aimait pas au début, ça lui faisait peur.
05:53Oui, ça lui faisait peur.
05:54Et puis, c'est devenu après tellement important.
05:57Ça a pris tellement de place dans notre famille
05:59que finalement, assez vite, tout a tourné autour du rugby.
06:04Puisqu'il y a quand même beaucoup d'écarts entre les frères,
06:06entre l'aîné Laurent et Gilbert, le dernier.
06:09Plus de 20 ans d'écart.
06:10Donc, c'est une vie, une génération de rugby.
06:14Et c'est vrai que ce que je dis dans ce livre aussi,
06:18dans l'introduction, c'est que le rugby,
06:21c'est l'élément clé de l'élévation sociale de ma famille.
06:26Et c'est assez intéressant de voir qu'à cette époque-là,
06:29il y a beaucoup, beaucoup d'immigration italienne
06:31qui est arrivée dans le sud de la France
06:33et qui a réussi à créer du lien social grâce au rugby.
06:36Oui, parce qu'au départ, votre famille est sans le sou
06:38et le dessert, c'est quelquefois une pomme pour deux.
06:41Oui, ça a été ça.
06:43Alors, je n'ai pas senti mon père être malheureux de son enfance.
06:49Pas du tout, parce que j'ai l'impression
06:50qu'il y avait beaucoup d'amour et d'attention
06:52de la part de ses parents et de ses frères.
06:54Mais c'est vrai que quand j'entends raconter les histoires,
06:57mon père et son petit frère Gilbert,
07:00en cadeau de Noël,
07:01ils ont récupéré et repeint les vélos de tous leurs frères,
07:05les vêtements de leurs frères.
07:07Donc, ils ont vécu chichement
07:12pendant une bonne partie de leur enfance.
07:17Et ça amène un rapport aujourd'hui au travail
07:19et à la valeur des choses.
07:22J'ai toujours eu la reconnaissance de ça.
07:24dans toute ma famille, malgré les réussites professionnelles,
07:30de jamais avoir oublié d'où ils venaient.
07:34Et puis, il y a l'école Vigneuve-le-Comtale
07:35où ils ont appris à lire, à écrire et le français.
07:39Oui, surtout les premiers,
07:41les aînés, puisqu'ensuite pour les plus jeunes,
07:45notamment mon père et mon oncle Gilbert,
07:48la famille était déjà quand même très intégrée à ce moment-là.
07:52La guerre était passée par là.
07:53On était vraiment en période d'après-guerre
07:55et donc, ma famille s'était déjà installée.
07:58Et Vigneuve-le-Comtale, c'est là que Clément Adair,
08:02le premier à avoir fait voler un avion,
08:04a décollé et a fait son premier vol en plein air.
08:08Je ne savais pas non plus, c'est incroyable.
08:09C'est fou, hein ?
08:10Alors, il se trouve que le père a beaucoup d'influence sur les enfants
08:14et ce qui est étonnant dans les images,
08:16c'est que le père dit un mot et tout le monde se tait.
08:18Alors, ce sont des colosses.
08:19Oui, ça a toujours été comme ça.
08:21C'était vraiment le schéma de la famille italienne avec le patriarche.
08:27Il se dit dans ma famille que seul Claude,
08:30un des frères qui a eu une très belle carrière aussi avec Walter en équipe de France,
08:35avait une relation un peu particulière à mon grand-père, à son père
08:40et pouvait se permettre quelques fantaisies.
08:43mais les autres n'ont jamais trop osé remettre en question l'autorité parentale.
08:50En revanche, je crois que Walter, lui, un jour à l'école à Saint-Joseph,
08:54Saint-Joseph à Limoux,
08:55un professeur a voulu lui donner un coup de pied, il l'a évité
08:59et le professeur s'est fracassé la fille contre un banc.
09:01Oui, c'est vrai.
09:02Il faut le faire, ça, quand même.
09:05C'est une des histoires qui sont restées dans la famille.
09:07Mais surtout, votre grand-père a inculté à ses enfants le fait que le rugby, c'était bien,
09:13mais il fallait respecter les règles et pas de coups de pied inutiles.
09:16Oui, mais c'était l'époque d'un rugby très violent.
09:20Et c'est vrai que mon père m'a souvent dit ça.
09:22Il était très heureux de voir que mon frère aîné et moi,
09:25on joue au rugby dans ce nouveau rugby
09:27où il y avait beaucoup moins de risques pour l'intégrité physique.
09:30Donc, c'était un jeu très violent.
09:33Mes oncles avaient beaucoup de force
09:35et pouvaient vraiment avoir des arguments dans ce type de rugby-là.
09:41Mais il y a toujours eu beaucoup de respect de l'adversaire, d'intégrité.
09:46Et ça, mon grand-père était très à cheval là-dessus.
09:48Il se trouve aussi qu'il a débuté dans une ville bien connue,
09:53une ville que Charles Trenet a chantée.
10:00Les premiers jours, ce soir, elle en a remis à l'ombre de cette nuit.
10:08Et Walter, son héros, ne s'est pas redormi à Narbonne,
10:10ça a été le point de départ d'une carrière exceptionnelle.
10:13Oui, c'est vraiment...
10:15C'est une histoire dans le sport qui est quand même assez exceptionnelle.
10:20Parce qu'il faut se rappeler quand même,
10:22j'en reparlais il y a quelques jours à l'antenne,
10:23puisqu'on rendait hommage à Roland Bertrand,
10:26un ancien illustre de l'équipe de France,
10:28de la génération de mon oncle, disparu,
10:30et qui avait quasiment le même nombre de sélections que mon oncle.
10:34Et je disais qu'il fallait se rendre compte qu'à l'époque,
10:36il y avait beaucoup moins de matchs.
10:37Donc quand on avait 50-60 sélections en équipe de France,
10:41ça montrait une longévité exceptionnelle.
10:43Et ça a été le cas de Walter,
10:44qui a connu l'équipe de France pendant presque 10 ans,
10:48avec beaucoup de succès, avec des faits marquants,
10:51notamment la victoire dans le premier Grand Schlem en 68,
10:54avec une génération exceptionnelle.
10:56Et donc tout ça est parti de Narbonne,
10:58où très vite ses frères l'ont rejoint,
11:00et ils ont fini à quatre frères ensemble.
11:03J'en ai reparlé avec mon père hier soir au téléphone,
11:06et ils ont passé deux saisons à jouer à quatre frères ensemble,
11:09si bien que les médias de l'époque avaient,
11:12pour la blague, renommé le club Racing Club Narbonnet
11:15en Racing Club Spanguero.
11:16Et j'ai retrouvé beaucoup de photos qui sont quand même incroyables.
11:19On voit les quatre frères ensemble sur un pack de huit joueurs.
11:22C'est fou.
11:23Alors, le premier match de rugby à la télé, je l'ai retrouvé.
11:26Il date 12 mars 1962.
11:29On va en parler dans quelques instants sur Sud Radio,
11:31avec Philippe Spanguero.
11:33Sud Radio, les clés d'une vie.
11:35Jacques Pessis.
11:35Sud Radio, les clés d'une vie.
11:37Mon invité, Philippe Spanguero.
11:39Non, ce n'est pas le rugby le week-end,
11:41ce sont les clés d'une vie.
11:42Mais vous sortez un livre au nom du clan chez Alizio,
11:45dont on va parler tout à l'heure.
11:46Un livre vraiment familial dans tous les sens du terme.
11:49On a évoqué les débuts de la famille Spanguero,
11:51et les débuts du rugby à la télé,
11:53le premier match diffusé à la télé du Tournant des Cinq Nations.
11:56C'est le 12 mars 1962.
11:59Il est commenté par Roger Coudert.
12:01Allez, Guy, André Boniface !
12:03André Boniface, la rouille !
12:05Oui !
12:06Pleurez, mes amis, pleurez !
12:08Quand on a aimé le rugby,
12:10et regardé, enfant comme moi,
12:11le rugby à la télévision le samedi ou le dimanche,
12:14la voix de Roger Coudert,
12:15c'est un souvenir impérissable.
12:18C'est dingue, parce que je n'ai bien sûr pas connu Roger Coudert,
12:21et j'avais tenu à lui rendre hommage
12:23dans le premier livre que j'ai écrit sur le rugby,
12:24Au cœur de l'Ovalie,
12:26parce que, je le répète,
12:27mais il est indissociable de l'histoire de notre famille,
12:29parce qu'il faut se rappeler de ce temps-là
12:31que je n'ai pas connu,
12:31mais j'ai compris le contexte.
12:33Il y avait deux ou trois chaînes de télé à cette époque ?
12:36Une chaîne !
12:37Une seule chaîne en 1962 !
12:38La deuxième chaîne, c'est 1965,
12:40et la troisième, c'est 1971 !
12:42Voilà !
12:42Donc, pendant cette période-là,
12:44ensuite, quand mes oncles ont commencé à jouer,
12:46il y en avait deux,
12:47puisque c'était après 1965,
12:48mais là, il n'y en avait qu'une,
12:49et donc, forcément,
12:51tout le monde écoutait Roger Coudert,
12:54et donc, en plus,
12:55comme il était dans le narratif très éloquent...
13:00Il le vivait !
13:00Il le vivait,
13:01et c'était incroyable,
13:02et en plus,
13:03ce n'était pas un expert de rugby au départ,
13:05je crois qu'il était spécialiste de catch aussi,
13:07parce qu'il y a eu une époque en France,
13:09apparemment,
13:09où le catch avait beaucoup d'importance,
13:11et il commentait du catch aussi,
13:13il faisait beaucoup de choses dans le sport.
13:14En fait, au départ,
13:15il est né,
13:16et son père voulait qu'il soit cuisinier,
13:18donc il refuse d'être cuisinier,
13:19il fait du dessin,
13:20il va au Beaux-Arts à Paris,
13:22où ça ne marche pas trop fort,
13:23et puis, par hasard,
13:24il arrive dans une radio,
13:26il va faire des commentaires,
13:27et la radio,
13:28c'est la radio nationale,
13:29et il va commencer à la télévision,
13:31avec le catch,
13:32et le catch,
13:33à l'époque,
13:33c'est un grand numéro le soir,
13:36Léon Zitrone a commencé,
13:38il y a eu ensuite d'autres journalistes,
13:41et puis,
13:41il est arrivé,
13:42et il vivait ces matchs de catch,
13:44comme le rugby,
13:45il prenait même des catchers dans la salle,
13:48qui venaient lui casser la figure,
13:49c'était un grand numéro,
13:50et ça a marché,
13:51et il a fait aussi,
13:52La Tête et les Jambes,
13:54Télématch,
13:55qui a été le premier jeu de télévision en France,
13:57créé par Pierre Belmar,
13:59en 54 à la télévision,
14:00en fait,
14:00il avait créé un jeu de loi,
14:02ce jeu de loi ne marchait pas,
14:03parce que ça a duré 3 heures,
14:05et on a demandé à Belmar,
14:05de créer une émission,
14:06et il a engagé Jean-Paul Roulan,
14:07et Roger Coudert,
14:09et c'est comme ça que ça a commencé.
14:10Je savais que j'allais apprendre beaucoup de choses,
14:11et j'en suis ravi,
14:12donc,
14:13il avait beaucoup de cordes à son arc,
14:15Roger Coudert,
14:15mais c'est vrai que,
14:16il admirait,
14:18bon,
14:18il aimait foncièrement les joueurs de l'équipe de France,
14:21qui commentaient,
14:22il les admirait,
14:23mais je sais qu'il avait un rapport particulier à Walter,
14:26et que comme tous les week-ends,
14:27en plus,
14:28dans son lyrisme,
14:29ils comptaient les exploits de Walter,
14:34de façon très très marquée,
14:37dans la tête des gens,
14:39il y a un rapport qui s'est créé à Walter,
14:40et moi je suis halluciné du nombre de gens,
14:43que je croise,
14:44qui étaient tout petits,
14:46mais qui me disent,
14:47j'ai des souvenirs de flash,
14:48de moments en famille,
14:50devant les matchs de l'équipe de France,
14:52où Roger Coudert parlait d'Espanguero,
14:54comme de monstre sacré.
14:57Moi, dans mon enfant,
14:58j'ai des souvenirs,
14:59des samedis après-midi,
15:00où il fallait se taire à la maison,
15:02parce que mon père regardait le rugby,
15:04et il y avait l'Espanguero,
15:05le nom était forcément associé à chaque match.
15:08Oui, mais c'est vrai que,
15:10ce qui est drôle,
15:11et ce qui a changé beaucoup dans l'époque,
15:13c'est que j'ai l'impression que,
15:14c'était vrai partout en France,
15:16il n'y avait pas d'affection particulière
15:18avec le rugby au quotidien,
15:20mais il y avait un rapport à l'équipe de France,
15:22et à Roger Coudert au commentaire,
15:24qui était très marqué partout sur le territoire.
15:27Après, ça s'est perdu,
15:28puisqu'il y a eu la multiplication des chaînes,
15:30et puis le rugby a eu du mal à prendre
15:32dans certains territoires,
15:33mais cette époque-là,
15:36j'ai l'impression que,
15:37partout en France,
15:38il y avait un rapport très particulier
15:39aux sorties de l'équipe de France.
15:40Mais le rugby a été lancé en France,
15:43à la télévision,
15:44alors qu'il y avait un million de postes,
15:45par Roger Coudert.
15:46Les Français l'ont découvert de cette façon.
15:48D'ailleurs, il parlait du rugby,
15:49et pas du rugby.
15:50Oui.
15:50Il jouait avec la connotation du sud-ouest.
15:56Exactement.
15:56Et ça a tellement bien marché,
15:59qu'il est devenu le 16e homme de l'équipe du France.
16:01Oui.
16:01Allez les petits,
16:02le fameux allez les petits,
16:03mais c'est vrai que ça aura...
16:06Je ne sais pas si on mesure
16:07à quel point Roger Coudert
16:11a servi notre sport
16:13pendant une durée aussi longue
16:16dans sa capacité qu'il a eue
16:19à le faire aimer aux gens,
16:21qui en comprenaient pour la plupart
16:23quasiment pas les règles.
16:24Oui, parce qu'en plus,
16:26avant Roger Coudert,
16:27avant la télévision,
16:27le rugby, on y allait,
16:28mais quand on voit les images des stades,
16:30c'est assez vide
16:31et c'est des vieux messieurs
16:32avec des casquettes.
16:33Oui, alors c'est vrai en province
16:35pour le championnat.
16:36Par contre,
16:36il y avait quand même
16:37un engouement pour Colombes.
16:39Moi, j'ai toujours été impressionné.
16:41Il y a quelques jours,
16:41on a reçu justement
16:42dans notre autre émission radio
16:44chez Sud Radio,
16:46le producteur du documentaire
16:48sur Pierre Albala Déjo
16:49et j'ai vu quelques extraits d'images.
16:51On a des matchs des années 50
16:53et les matchs de l'équipe de France
16:55sont toujours pleins à craquer à Colombes.
16:58Il y a eu un rapport
16:58au match à Colombes
17:00qui était très particulier.
17:01En province,
17:02c'était beaucoup plus clairsemé.
17:04familial aussi.
17:05Et familial.
17:06Et c'est vrai que tout ça
17:08demandait de l'effort
17:09parce que quand on voit
17:10les images de Spanguero
17:12qui se battent,
17:12qui lutte,
17:13je crois qu'il a été cassé
17:15de tous les côtés,
17:16Walter Spanguero.
17:16Oui, alors dans les images aussi
17:18qui restent de la famille,
17:19il y en a certaines
17:20qui sont un peu mythiques
17:21et notamment un reportage
17:23qui date de la fin des années 70,
17:25je crois.
17:26Walter venait de quitter Narbonne
17:28pour finir à Toulouse.
17:29de mémoire,
17:30c'est à cette période-là.
17:32Et donc,
17:33il y a un journaliste
17:34qui a Walter
17:35à côté d'un squelette
17:36et ils font ensemble
17:38le tour du squelette
17:39pour voir partout
17:40où Walter
17:41s'est cassé quelque chose.
17:43Et dans les mystères
17:44qui entourent Walter,
17:45il y a un mystère médical
17:46sur sa capacité
17:48à récupérer
17:49rapidement de blessures.
17:51C'est ça,
17:52c'est extraordinaire,
17:52on n'a jamais su.
17:53Oui, il récupérait
17:54d'une fracture en 10 jours,
17:57il jouait des matchs
17:57avec des côtes cassées,
17:59voilà,
18:00il avait un rapport
18:00à la douleur
18:01et à la récupération
18:03post-blessure
18:04qui était particulier.
18:05Vous qui jouez au rugby
18:06et qui avez fait du rugby,
18:07est-ce que c'est un cas unique,
18:08Philippe Sanguero ?
18:10Je ne sais pas,
18:11non,
18:11je ne dirais pas unique
18:12parce qu'il y a quelques joueurs
18:14comme ça que j'ai en tête,
18:15mais c'est vrai que
18:16j'ai l'impression
18:17que Walter,
18:18alors j'ai du mal
18:19à expliquer complètement
18:20pourquoi
18:21je me l'explique
18:23par deux ou trois faits
18:24comme ça,
18:25la période Roger Coudert,
18:28le fait que ça a été
18:29un des premiers
18:29à faire des apparitions
18:30dans des films à l'époque,
18:32la une de Paris Match,
18:34ce n'était pas courant
18:36dans le monde du sport,
18:37pas du tout,
18:38et un fait peut-être
18:39qui a permis
18:40de placer Walter
18:41un peu différemment
18:42d'autres très grands joueurs
18:43de rugby,
18:44c'était peut-être
18:44sa relation à Pompidou,
18:46le moment où Pompidou
18:47demande à ce qu'on le rappelle
18:48en équipe de France,
18:49enfin,
18:50impose quelque part,
18:51de façon détournée
18:52à Ferras,
18:53le président
18:54de reprendre Walter
18:55qui avait été
18:55mis de côté
18:57pour des problèmes
18:57commerciaux,
19:00donc voilà,
19:00il y a tout ça
19:01qui a contribué
19:03au-delà du fait
19:04que c'était
19:04un très grand joueur,
19:05bien sûr,
19:06mais ça l'a placé
19:08un peu différemment
19:09dans l'échiquier
19:10des grands joueurs
19:11de cette époque-là.
19:12Oui,
19:13et je crois que son idole
19:14c'était le général
19:14de Gaulle
19:15et qu'un des grands jours
19:16de sa vie
19:16de Walter Spanguero,
19:17ça a été le jour
19:18où l'équipe de France
19:19a été reçue
19:20à l'Elysée
19:21par de Gaulle
19:22après le Grand Chelem.
19:23C'est ça.
19:24Et de Gaulle,
19:26lui,
19:26n'était pas du tout
19:27contre le rugby,
19:27il connaissait bien,
19:29ça s'est très bien passé.
19:31Voilà,
19:32j'ai entendu parler
19:33de cette anecdote-là,
19:34mais je crois que
19:36Pompidou était son premier ministre
19:38en ce moment-là.
19:39C'est plutôt la relation
19:40à Pompidou
19:41qui est restée
19:42dans l'imaginaire familial.
19:45Mais de Gaulle
19:46aimait le sport,
19:47un jour,
19:47il y a le Tour de France
19:48qui passe par Colombay
19:49et les églises
19:50et à 200 kilomètres
19:51de Colombay,
19:52le directeur apprend
19:53que de Gaulle
19:54est dans la foule
19:55au milieu de la foule
19:55donc ils vont s'arrêter
19:56à Colombay
19:57avec le général
19:58mais au milieu
19:58ce qu'on ne peut pas
19:59imaginer aujourd'hui
19:59au milieu de la foule
20:00serrant les mains
20:01à tout le monde
20:01et le Tour interrompu
20:03pendant une demi-heure.
20:04C'est dingue.
20:05Alors,
20:05ce qui est extraordinaire
20:06c'est que le premier match
20:08télévisé
20:08qui est donc
20:09commenté par Roger Coudert
20:11c'est un match
20:12international
20:12de rugby junior
20:13à Bergerac
20:14qui oppose
20:14l'équipe de Galles
20:15à la France
20:16internationale Galles.
20:18Eh bien,
20:18déjà,
20:19Walter est blessé
20:20au poignet ce jour-là.
20:21Ah,
20:21je ne savais pas.
20:22Je ne sais pas du tout
20:22cette histoire
20:23donc en équipe
20:23de France junior
20:24là ce moment-là
20:25puisqu'on est en 62.
20:26En 62.
20:27Ah,
20:27je ne savais pas.
20:27Et Coudert explique
20:29qu'il est blessé
20:30au poignet,
20:31déjà.
20:31Alors,
20:32il se trouve que
20:32tout ça vous a marqué
20:33à vie
20:34mais surtout
20:34dans tout ce monde-là
20:36il y a une ferveur,
20:37une bonne humeur
20:38qui n'existe
20:39dans aucun sport.
20:41Alors,
20:42la ferveur,
20:43je ne sais pas,
20:43je pense que
20:44chacun peut la trouver
20:45dans son univers.
20:47Moi,
20:48vraiment,
20:48ce que je dis
20:48tout le temps,
20:49dès que j'en ai l'occasion,
20:51c'est que
20:51le rugby a quelque chose
20:53de très particulier.
20:55Je ne dis pas
20:55que c'est mieux
20:56ou moins bien
20:56que les autres sports
20:56mais ça le rend différent.
20:59C'est son rapport
21:00au collectif
21:01parce que
21:02par rapport
21:03aux autres sports collectifs,
21:04il a une particularité,
21:05c'est que c'est un sport
21:06de combat.
21:07Il y a un rapport
21:08à son intégrité physique
21:09qui est très particulier.
21:11Donc,
21:11ça amène une vérité
21:12des relations
21:13où on sait
21:15que dans le sport collectif,
21:16grosso modo,
21:17chacun a une importance
21:18dans la performance
21:19de l'équipe
21:19mais au rugby,
21:20tout ça est décuplé
21:21parce qu'il y a
21:22un rapport
21:23à la confiance
21:24qu'on se doit
21:25entre coéquipiers
21:26qui n'existe pas ailleurs
21:28parce qu'il faut accepter
21:29de se faire mal
21:29physiquement
21:30pour un autre.
21:32Il y a quand même
21:33des phases de jeu
21:34dans le rugby
21:34qui,
21:36si on pousse un peu
21:37le trait
21:37d'un point de vue
21:38philosophique,
21:39amènent des vraies questions.
21:40Le rôle du soutien,
21:42par exemple,
21:42celui qui a fait la passe
21:44devient le premier soutien
21:45de son coéquipier.
21:46ça amène une attention
21:47à l'autre.
21:48On ne se débarrasse pas
21:49du ballon.
21:51Ce qui se passe
21:51après qu'on l'ait donné
21:53nous concerne.
21:54Donc,
21:54il y a un rapport
21:55à son coéquipier
21:56qui est toujours
21:56très particulier.
21:58Il y a un rapport
21:58à la transmission,
21:59ce qu'on appelle
22:00la transmission,
22:01c'est très joli,
22:01d'ailleurs,
22:01c'est la passe.
22:03La façon de faire la passe
22:04à son coéquipier,
22:06d'accompagner
22:07avec les bras
22:08le ballon.
22:09Il y a plein de choses
22:10qui paraissent peut-être
22:11naïves quand j'en parle
22:12comme ça,
22:13mais qui, moi,
22:13m'ont beaucoup marqué
22:14dans la croyance
22:17que j'ai nourrie
22:18du fait qu'on a
22:22toute la vie
22:23besoin les uns des autres.
22:24En tout cas,
22:26on ne va pas se débarrasser
22:27de vous parce que
22:27vous renvoyez la balle
22:28aussi très bien au micro
22:29et on va se retrouver
22:30avec une autre date
22:31importante dans votre parcours
22:33le 1er novembre 2008.
22:35A tout de suite
22:35sur Sud Radio
22:36avec Philippe Spanguero.
22:38Sud Radio,
22:39les clés d'une vie,
22:40Jacques Pessis.
22:41Sud Radio,
22:41les clés d'une vie,
22:42mon invité,
22:43Philippe Spanguero.
22:44Nous parlerons tout à l'heure
22:45de au nom du clan
22:46entre héritage,
22:47transmission et loyauté,
22:49comment écrire son histoire
22:50chez Alizio.
22:52Et votre histoire,
22:53eh bien,
22:53elle a un tournant
22:54le 1er novembre 2008.
22:56D'après ce que j'ai retrouvé
22:57dans les registres du commerce,
22:59c'est le jour
22:59où naît Team One Group,
23:01la dénomination,
23:03organisation de foire,
23:05salon professionnel
23:05et congrès.
23:06Un salarié au départ,
23:07vous.
23:08Oui,
23:09c'est le moment,
23:11le switch en fait,
23:12parce que moi,
23:13j'ai commencé à jouer
23:13au rugby à 6 ans,
23:14je suis passé par
23:15toutes les filières jeunes,
23:16les sélections,
23:17etc.
23:18Et puis,
23:19j'ai été Espoir à Toulouse.
23:21Donc,
23:21Espoir,
23:22c'est l'antichambre,
23:23c'est la deuxième équipe
23:24avec une génération exceptionnelle,
23:26avec un staff aussi exceptionnel,
23:28puisque j'avais comme entraîneur
23:30Didier Lacroix,
23:30qui est aujourd'hui
23:31le président du stade toulousain,
23:33Émile Entamac,
23:34qui avait été d'abord
23:36un immense joueur
23:36et puis ensuite
23:37qui est devenu
23:37un grand entraîneur
23:39à Bordeaux,
23:40en équipe de France,
23:41etc.
23:41et Christophe Guiterre.
23:44Donc,
23:44c'était un super trio.
23:46Et après ça,
23:47j'ai voulu aller tenter
23:48l'aventure narbonnaise.
23:51Voilà,
23:51je n'ai pas trouvé ma place
23:52sportivement.
23:54J'étais un peu barré aussi.
23:56Et puis après,
23:57j'ai fait une dernière année
23:58à Carcassonne.
23:59Et j'ai compris quand même
24:01à ce moment-là
24:01que je ne me projetterais pas
24:03loin dans le rugby.
24:05J'aurais pu être professionnel,
24:06mais pas au niveau
24:07auquel j'aspirais.
24:08Et donc,
24:09j'ai décidé de partir
24:11dans l'entrepreneuriat.
24:12J'avais ça en moi
24:13depuis toujours
24:13parce que j'ai vu
24:14ma famille entreprendre
24:15beaucoup.
24:16Et donc,
24:17c'est une aventure,
24:18encore une fois,
24:18collective
24:19où j'ai embarqué
24:20deux amis avec moi,
24:22Vincent Clerc
24:23et Grégory Lambolet
24:24qui étaient deux joueurs
24:25connus du Stade Toulousain
24:26à cette époque-là
24:27et de l'équipe de France.
24:29Et donc,
24:29on est partis là-dedans
24:30tous les trois.
24:30Alors,
24:31résumé les épisodes précédents.
24:32D'abord,
24:33si vous êtes dans le rugby
24:34au départ,
24:35c'est parce qu'il y a quand même
24:35Guy qui est aussi présent
24:37dans les mâches
24:40avec Roger Coudert
24:41et Guy
24:42vous a pratiquement poussé
24:44sur le terrain,
24:44votre père.
24:45Alors,
24:46il ne m'a pas...
24:47Je ne l'ai pas perçu
24:48comme ça.
24:49Il a été d'abord
24:50un éducateur.
24:51J'ai le souvenir
24:51des premiers entraînements
24:53où c'était lui
24:54qui jouait le rôle
24:56d'entraîneur
24:56à Castelnaudary.
24:58Je me souviens
24:59de la première fois
25:00où il m'a exclu
25:01du terrain.
25:02Ça a été une grosse scène.
25:04C'était sur le terrain
25:06de Bram
25:06lors d'un plateau.
25:07Moi,
25:08je jouais avec Castelnaudary
25:09et en fait,
25:11je n'avais pas accepté
25:12qu'un adversaire
25:14marque un essai.
25:15Donc,
25:15j'avais très mal réagi.
25:16Il m'avait exclu
25:17et empêché
25:18de jouer
25:18les autres matchs.
25:20Donc,
25:20j'ai ça en tête.
25:22Pourtant,
25:22j'étais tout petit.
25:23Mais non,
25:24je ne me suis pas senti
25:25poussé.
25:27En fait,
25:27c'est ce que je raconte
25:27dans le livre aussi
25:28parce que tout ça,
25:29c'est étrange.
25:29En fait,
25:30on ne sait pas très bien
25:31à quel moment
25:32on se forge
25:35des croyances
25:36comme ça
25:36sur le rapport
25:37justement
25:37à ce que nos parents
25:38attendent de nous.
25:40J'ai l'impression
25:41que mon père
25:42a plutôt bien géré ça.
25:44Je n'ai pas ressenti
25:45de pression particulière.
25:46À une époque,
25:48il a été dur
25:48parce qu'il l'était partout,
25:51c'est-à-dire exigeant.
25:53À l'école,
25:54il était exigeant.
25:56En plus,
25:57je n'étais pas
25:57une très bonne élève
25:58donc il y avait matière
25:59à ce que ça l'agace.
26:00Mais avec le rugby,
26:02c'est vrai que
26:02parfois,
26:03je lui en voulais
26:03parce qu'il me faisait
26:05toujours les débriefs
26:06en me disant
26:06ça,
26:07ça n'allait pas,
26:07ça,
26:07ça n'allait pas.
26:08Je lui disais
26:09qu'il y avait aussi
26:10des choses qui allaient bien.
26:11Il me disait
26:11oui,
26:11mais ça,
26:12tu sais,
26:12moi,
26:12je suis là
26:13pour te faire progresser.
26:14Donc,
26:14il y a eu une volonté
26:16de m'accompagner
26:17dans l'exigence.
26:18Mais par contre,
26:19ça ne m'a pas
26:21mis de pression.
26:22Il n'a jamais été
26:23maladroit avec ça.
26:26En tout cas,
26:26Philippe Spanguero,
26:27ce qui est clair,
26:28c'est que vous étiez
26:29au départ un espoir.
26:30Quand vous êtes sur croix
26:31au lycée Jolimont
26:32à Toulouse,
26:33on croit en vous.
26:34Et ensuite,
26:34vous allez être champion
26:35de France cadet
26:35avec le stade toulousain.
26:36Oui,
26:37j'étais capitaine
26:38à cette époque-là
26:38de l'équipe
26:39du stade toulousain.
26:41On avait une formidable
26:42génération.
26:43On a fait une saison
26:45en étant invaincu.
26:47On a été champion
26:48de France cette année-là.
26:50Et puis ensuite,
26:50j'étais capitaine
26:51de la sélection
26:52Midi-Pyrénées.
26:53Et puis ensuite,
26:54j'étais dans les premières
26:55sélections nationales.
26:56Donc,
26:57j'ai suivi
26:59la filière classique
27:01de ceux qui ont ensuite
27:03été jusqu'en équipe
27:04de France.
27:05À part que moi,
27:06je me suis arrêté
27:07une ou quelques marches
27:09avant eux.
27:09Oui,
27:10parce que,
27:10faites après le bac,
27:11vous avez passé
27:12une licence de marketing.
27:13C'était une originale
27:14pour un Spanguero ?
27:16Alors,
27:16oui et non,
27:17parce que finalement,
27:18j'avais fait un BTS
27:18avant,
27:19comme mon frère
27:20aîné Nicolas.
27:21Et mon père
27:22a toujours insisté
27:23là-dessus,
27:23même quand on rentrait
27:24dans le circuit
27:25des centres de formation
27:26où le rugby
27:26devenait plus sérieux,
27:27où on s'entraînait
27:28tous les jours.
27:29Mon père a toujours
27:30insisté pour qu'on
27:30maintienne quand même
27:31un niveau scolaire,
27:33peu importe ce qui
27:34se passait sportivement.
27:35Et finalement,
27:36c'était très bien
27:36comme ça,
27:37puisque,
27:37assez vite,
27:39j'ai eu besoin
27:39de mes diplômes.
27:41Oui,
27:41mais en même temps,
27:42vous avez eu l'idée
27:43d'associer rugby
27:44et communication
27:45et marketing,
27:46ce qui était tout à fait
27:47nouveau pour l'époque.
27:48Oui,
27:48en fait,
27:49alors à la base,
27:50quand même,
27:50rendons à César
27:51ce qui est à César,
27:52c'est des gens
27:52qui avaient une boîte
27:54de formation
27:55qui m'ont proposé
27:57de me rapprocher d'eux
27:58parce qu'ils avaient fait
27:59le constat
28:00d'un manque
28:01vraiment réel
28:02dans la relation
28:04entre les entreprises
28:06et les sportifs.
28:06ça commençait
28:09à arriver
28:09cette mode
28:11des discours
28:11de grands champions
28:12dans les entreprises
28:13de motivation.
28:15Ça avait quelques années
28:16mais c'était encore
28:17pas très bien organisé
28:18et c'est vrai
28:19que quand une entreprise
28:20voulait faire appel
28:21à un Daniel Herrero,
28:23à un Aimé Jacquet,
28:24parce qu'il n'y avait pas
28:26que le rugby
28:26dans notre offre,
28:27il y avait le sport
28:28en général
28:29avec un gros focus rugby
28:30bien sûr
28:31et donc l'idée
28:32c'était de dire
28:32voilà comment
28:33on professionnalise
28:36et on facilite ce lien
28:37entre le monde du sport
28:39et le monde de l'entreprise
28:40pour tout ce qui concerne
28:41les messages de communication.
28:43Oui, parce qu'en fait
28:43dans notre reprise
28:44on est adversaire
28:45alors que dans le rugby
28:47on est adversaire
28:47mais en même temps
28:48on se rapproche
28:49on est presque lié.
28:50Bien sûr
28:50mais c'est vrai
28:52qu'il y a un rapport
28:52à l'autre
28:53qui est très particulier
28:54et c'est vrai que le rugby
28:55a réussi à préserver ça
28:56pour l'instant
28:57cette notion de fair play
28:59de rapport à l'adversaire
29:00de respect des règles
29:02de respect du garant
29:03des règles
29:04qui est l'arbitre
29:04et c'est vrai que j'aime
29:05beaucoup ça aussi
29:06dans le rugby
29:06parce que c'est des garde-fous
29:08importants.
29:09Et puis il y a un paradoxe
29:10aussi dans le rugby
29:11quand on fait une passe
29:13à son adversaire
29:13Philippe Sanguero
29:14on ne s'en éloigne pas
29:15pour autant.
29:17À son adversaire
29:18ou son coéquipier ?
29:18Son coéquipier je veux dire.
29:19Ah oui, au contraire
29:20c'est ce que je disais
29:21tout à l'heure
29:21c'est vrai qu'au moment
29:23de faire la passe
29:24à son coéquipier
29:25on a une responsabilité
29:27dans la continuation du jeu
29:28on devient
29:29le premier soutien
29:30et donc
29:31il y a
29:32ce que je disais tout à l'heure
29:33inconsciemment
29:34intellectuellement
29:35ça amène toujours
29:37une attention à l'autre
29:38c'est comme je dis souvent
29:39dans les entreprises
29:40dans lesquelles j'interviens
29:41on a tendance
29:43à travailler en silo
29:44en se disant
29:44bon je fais ma part
29:45du dossier
29:45mais une fois que le dossier
29:47est transmis à l'autre service
29:48c'est plus mon problème.
29:49On ne peut pas raisonner
29:50comme ça
29:50parce qu'on se rend compte
29:51que quelque part
29:52la vie du dossier
29:53c'est la vie d'un ballon
29:54et que si on met
29:56un peu d'attention
29:57sur son dossier
29:58on facilite
29:59le travail
30:01de son collègue
30:02de son coéquipier
30:03après
30:03et quand on est dans
30:04cette démarche
30:05de vouloir faciliter
30:06la vie de l'autre
30:08et l'action de l'autre
30:09ça change beaucoup de choses.
30:11Oui
30:11et puis il y a une chose importante
30:13dans le rugby
30:13on se dit tout
30:14même en coulisses
30:15et même dans les vestiaires
30:17c'est très important
30:17alors que dans l'entreprise
30:18on ne le fait pas
30:19et c'est un défaut
30:20c'est un défaut
30:21et alors ça
30:22j'ai appris à découvrir
30:23un peu le monde militaire
30:24parce que je suis devenu
30:25réserviste
30:26de la gendarmerie
30:27et j'ai eu la chance
30:29de travailler un peu
30:30aux côtés
30:31des unités d'élite
30:32et j'ai retrouvé
30:33beaucoup de valeurs
30:35que j'ai beaucoup aimées
30:36au rugby
30:36et notamment
30:37ce qu'ils expliquent
30:39comme une des grandes forces
30:40de ces unités là
30:42c'est la culture
30:44du rétex
30:44le retour d'expérience
30:46eux ils appellent ça
30:47le retour d'expérience
30:48mais c'est cette capacité
30:49à chaud
30:50après une mission
30:51ou après un match
30:52de se dire les choses
30:53parfois
30:56de façon virulente
30:57mais avec toujours
30:58une forme de respect
30:59acceptée par tous
31:00et c'est ce qui fait
31:02qu'on arrive à repartir
31:03et à devenir meilleur
31:04il y a une capacité
31:05d'auto-évaluation
31:06d'auto-critique
31:07qui est obligatoire
31:08oui et puis il y a le côté
31:09collectif
31:10parce qu'au rugby
31:10on joue collectif
31:11et dans une entreprise
31:13quand on écoute
31:14les joueurs de rugby
31:14on se dit
31:15tiens pourquoi pas nous
31:16c'est exactement ça
31:17en fait encore une fois
31:19c'est très naïf
31:20mais j'ai pas d'autres mots
31:21pour l'expliquer
31:22je pense que notre société
31:24oublie trop souvent
31:25qu'on a nécessairement
31:28besoin les uns des autres
31:29et en fait
31:30j'ai des images assez fortes
31:31c'est une théorie
31:32que je me suis construite
31:34que personne n'est obligé
31:34de partager
31:35mais quand vous voyez
31:36suite aux attentats
31:37du 13 novembre
31:38les gens descendent
31:40dans la rue
31:40sans se connaître
31:41se faire des câlins
31:42à Paris etc
31:43c'est impensable
31:44mais dans les faits
31:47à partir du moment
31:48où chacun se sent
31:49en danger
31:49j'ai l'impression
31:51que dans notre société
31:53il faut qu'on se sente
31:55tous en danger
31:57individuellement
31:57pour avoir conscience
31:59qu'on a besoin des autres
32:00et en fait
32:02c'est quelque chose
32:03qui de fait
32:04est une réponse
32:05dans le monde du rugby
32:06puisqu'on sait
32:07qu'on a besoin des autres
32:08et votre expérience
32:09justement
32:10les entreprises
32:10face à tous ces employés
32:12est-ce que vous sentez
32:14que le rugby
32:15apporte quelque chose ?
32:16Oui
32:16oui parce que
32:18je crois qu'il y a
32:18la vérité
32:19alors je me suis
32:20beaucoup trompé
32:21on est en 2025
32:23j'ai monté
32:24ma première activité
32:25en 2008
32:26j'ai embauché
32:28beaucoup de gens
32:28je me suis séparé
32:29de beaucoup de gens
32:30puisque après
32:30après Timoine
32:32il y a eu pas mal
32:32d'autres aventures professionnelles
32:34en parallèle
32:34et puis
32:35en remplacement
32:37mais
32:38en fait
32:39ma plus grande réussite
32:40je pense
32:41c'est qu'en 17 ans
32:43j'ai pas eu
32:44un seul prud'homme
32:45pas eu un seul litige
32:47ça s'est mal terminé
32:48avec personne
32:49à des moments
32:50ça a été tendu
32:51mais je crois
32:52beaucoup à ça
32:53à la vérité
32:55qui des fois
32:56est pas facile à entendre
32:58mais moi
32:58j'ai dû savoir
32:59l'écouter aussi
33:00l'affronter
33:01parce que des gens
33:02qui ont travaillé avec moi
33:03m'ont dit des choses
33:03qui m'ont pas
33:04qui m'ont pas plu
33:05mais ça fait partie du jeu
33:06et je crois beaucoup à ça
33:09et ça en effet
33:09c'est ce dont vous parliez
33:11tout à l'heure
33:12c'est cette vérité
33:13des relations
33:13d'un vestiaire
33:15quelque part
33:15mais ça entraîne
33:17une relation de confiance
33:18à partir du moment
33:20où on crée
33:20les conditions
33:21de pouvoir se dire
33:21des choses
33:22avec une certaine forme
33:24mais qui font pas toujours plaisir
33:25je crois que ça aide
33:27à résoudre beaucoup de problèmes
33:28et puis le collectif
33:29ça passe aussi
33:30à la fin du match
33:31par la troisième mi-temps
33:32ça c'est une tradition
33:34vous savez d'où elle vient
33:35cette tradition
33:36non
33:36et bien c'est l'Angleterre
33:38il y avait des rendez-vous
33:39entre des gens
33:39bien pensants
33:40de bonne compagnie
33:41il n'y avait pas d'arbitre
33:41à l'époque
33:42donc on se disait
33:43après le match
33:44en buvant un verre
33:45ce qu'on devait se dire
33:46et c'était la troisième mi-temps
33:48mais là il n'y avait pas encore
33:49de beuverie comme aujourd'hui
33:50alors comme aujourd'hui
33:51on en est quand même
33:52comme hier
33:53ça c'est sûr
33:54aujourd'hui
33:55on en est quand même
33:55un peu revenu
33:56il y a vraiment
33:58parce qu'elle est importante aussi
34:00dans la construction
34:02et le renforcement
34:03des relations humaines
34:04dans cette capacité
34:06qu'on a à se parler
34:07en fait
34:08moi il m'est arrivé
34:09de jouer avec des gens
34:10pendant des années
34:11et de me rendre compte
34:13que je ne connaissais pas
34:14leur histoire
34:15et au détour
34:15d'une troisième mi-temps
34:16et d'un verre
34:17t'apprends
34:19des histoires de vie
34:21que tu ne soupçonnais pas
34:22mais c'est ces moments-là
34:25qui créent ça
34:25moi je n'ai jamais été adepte
34:27de l'excès
34:28de façon générale
34:30et dans les troisième mi-temps
34:31mais en effet
34:32ça faisait partie
34:33de ce que j'aimais aussi
34:34dans le rugby
34:35donc aujourd'hui
34:37on en est quand même
34:38un peu revenu
34:39parce qu'il y a
34:39des enjeux d'image
34:41on a été malheureusement
34:44pas épargné
34:45ces dernières années
34:46avec les affaires
34:47donc je pense que
34:48tous les acteurs
34:49ont pris conscience
34:50de l'enjeu
34:51de la mesure
34:52qu'il fallait avoir
34:54dans les troisième mi-temps
34:55mais ça reste indissociable
34:57de notre sport
34:58et de son état d'esprit
34:59L'une des troisième mi-temps
35:01les plus mémorables
35:02c'est Royal Monceau
35:02un palace parisien
35:03après un match
35:04les joueurs arrivent
35:05et il y a au bar
35:06Michel Polnareff
35:07qui habite là
35:08depuis des mois
35:09pour préparer un album
35:11et il se met tout au piano
35:12il l'oblige à se mettre au piano
35:13et Michel Polnareff
35:14a donné un concert
35:15de 20 chansons
35:16avec les joueurs
35:18qui chanteraient totalement
35:19faux à côté de lui
35:19J'ai entendu parler
35:21de cette histoire
35:22mais des troisième mi-temps
35:23mémorables
35:24on m'en a raconté
35:25alors il y en a une
35:26pas très glorieuse
35:27mais où
35:28mes oncles
35:30avec mon grand-père
35:31ont fini
35:31en garde à vie
35:32au Pays de Galles
35:33après un match
35:33de l'équipe de France
35:35là-bas
35:35il y a eu
35:38des troisième mi-temps
35:39assez surréalistes
35:41notamment autour
35:43de mon oncle Claude
35:44qui était quand même
35:45un docteur S
35:47troisième mi-temps
35:48notamment chez Castel
35:50parce qu'ils étaient
35:51très très amis
35:52avec le fondateur
35:53de Castel
35:54Jean Castel
35:55et ils avaient
35:57une bande ensemble
35:58je crois
35:59avec Carlos
36:00Tiki Holgado
36:01Jacques Martin
36:02Jacques Martin
36:03donc voilà
36:05j'ai entendu parler
36:06Claude Nougaro
36:07aussi régulièrement
36:08j'ai entendu parler
36:10d'anecdotes
36:11de troisième mi-temps
36:12assez incroyables
36:13d'ailleurs
36:13pour mes 12 ans
36:15c'était le dernier match
36:16au Parc des Princes
36:17France-Pays de Galles
36:20je m'en souviendrai
36:21toute ma vie
36:21parce que je suis allé
36:22à ce match
36:23avec mon père
36:23et mon oncle Claude
36:24et mon frère Nicolas
36:25qui avaient joué
36:25la veille à Colombe
36:26avec l'équipe de France
36:28des moins de 21 ans
36:29et puis
36:30donc on est arrivé
36:31sans place
36:31moi j'étais très stressé
36:33Claude me disait
36:34t'inquiète pas
36:34donc on est arrivé
36:35au Parc des Princes
36:36sans place
36:36escorté par tout le monde
36:38on s'est retrouvé
36:39dans un petit salon
36:40Jacques Chirac
36:41est passé par là
36:42sauté dans les bras
36:43de mon oncle
36:44je me demandais
36:45où j'étais
36:46j'arrivais de Castel-Naudari
36:48ça me paraissait
36:49complètement surréaliste
36:50et puis le soir
36:50mon oncle dit
36:52à mon père
36:52on va chez Castel
36:53et mon père
36:54il dit
36:54je peux pas
36:55il y a le petit
36:56il dit
36:56mais le petit
36:57il vient chez Castel
36:58et donc
36:59j'ai été à 12 ans
37:01pour mes 12 ans
37:02chez Castel
37:02j'ai fait ma première soirée
37:04avec mon oncle Claude
37:05à 12 ans là-bas
37:06bon bah maintenant
37:07on va se contenter
37:08de voir vos paroles
37:08à travers la date
37:10du 4 septembre 2025
37:11à tout de suite
37:12sur Sud Radio
37:13avec Philippe Spanguero
37:14Sud Radio
37:15les clés d'une vie
37:16Jacques Pessis
37:17Sud Radio
37:18les clés d'une vie
37:19mon invité
37:19Philippe Spanguero
37:20que vous retrouvez
37:21tous les week-ends
37:23sur Sud Radio
37:23pour parler rugby
37:25et là on parle
37:26de votre livre
37:26qui est sorti
37:27le 4 septembre 2025
37:29au nom du clan
37:30et ce titre
37:31n'a pas été choisi
37:32par hasard
37:33parce que c'est vraiment
37:34l'idée de base
37:34de votre livre
37:35oui en fait
37:36ce projet
37:38il est venu suite
37:40il m'est tombé dessus
37:41après une interview
37:43sur l'équipe
37:43où on m'interrogeait
37:44sur la filiation
37:45dans le rugby
37:46parce qu'il y a
37:46beaucoup de joueurs
37:48aujourd'hui
37:48qui sont des fils d'eux
37:49de très bons joueurs
37:50Lebel, Rouma, Entamac
37:52j'en passe
37:53et j'ai été très surpris
37:55des réactions
37:56que j'ai eues
37:57à cet article
37:58des gens
37:59qui spontanément
38:00m'ont raconté
38:01leurs histoires de famille
38:02leur rapport à leurs parents
38:03sans aucun lien
38:04avec le rugby
38:05ou le sport
38:06et puis je me suis rendu compte
38:08de l'importance
38:10de cette question
38:11de ces liens
38:11qui se créent
38:12et donc j'ai voulu appeler ça
38:13au nom du clan
38:14parce qu'en fait
38:15je me suis intéressé
38:16à l'étymologie
38:17des mots famille et clan
38:18et j'ai vu que
38:19d'un point de vue étymologique
38:20le mot famille
38:21avait beaucoup évolué
38:22dans le temps
38:22dans sa définition
38:24alors que le mot clan
38:25qui est un mot
38:26du Moyen-Âge
38:27d'origine écossaise
38:28n'a jamais changé
38:28de définition
38:29et en fait pour moi
38:30ce mot il est très rattaché
38:32à cette force
38:34de la loyauté
38:36et de la fidélité
38:37que les membres se doivent
38:38donc vous avez choisi
38:39d'interviewer
38:40différentes personnes
38:41il a fallu d'abord
38:42les déterminer
38:43qui choisir
38:44et pour quelles raisons
38:45alors au fil du chemin
38:48il y en avait
38:49qui pour moi
38:51étaient des éléments
38:52de base du livre
38:53parce que
38:54j'avais entendu
38:56leur discours
38:58qui m'avait vraiment marqué
39:00et je voulais à tout prix
39:01les avoir
39:02il y avait Laurent Tapie
39:03que je ne connaissais pas
39:04parce que
39:05sa quête
39:07de réhabilitation
39:09de son père
39:09cette volonté
39:10de
39:11cette énergie
39:13au service
39:13de la mémoire
39:15de son père
39:15m'avait marqué
39:16Marie Tabarly
39:17que je ne connaissais pas
39:18du tout
39:18parce qu'il y avait
39:20cette histoire
39:20qui m'avait beaucoup marqué
39:22de cette volonté
39:23de reprendre
39:23le bateau de son père
39:25Pendux 6
39:25Pendux 6
39:26pour aller
39:28disputer
39:29et remporter
39:30la seule course
39:31que son père
39:31avait jamais gagnée
39:32avec ce bateau
39:33je trouvais le parallèle
39:35quand même assez hallucinant
39:36les frères Karabatic
39:37parce que
39:38j'ai eu la chance
39:39de faire un podcast
39:40avec Nicolas
39:40où il me parlait
39:42en fait du moment
39:43où son père décède
39:46et où il se rend compte
39:47qu'il n'a plus
39:48de levier de motivation
39:49parce que
39:50jusqu'à présent
39:51il s'est construit
39:52autour de leviers de motivation
39:54qui étaient très en rapport
39:55à son père
39:56j'ai trouvé ça très fort
39:57donc il y avait
39:58ces gens là
39:59un commandant du GIGN
40:01que j'avais rencontré
40:02à titre personnel
40:03voilà
40:04et puis après
40:04il y a les gens
40:05sur le parcours
40:06Cyril Laudet
40:08le viticulteur
40:09Marie
40:11Emmanuel Galabru
40:13que je ne connaissais pas
40:14personnellement
40:15et qu'on m'a présenté
40:17et puis après
40:18d'autres personnes
40:19que je connaissais aussi
40:20en effet
40:20voilà
40:21Alexandra Fechner
40:22Ariane Dagen
40:22alors il se trouve
40:23que vous les avez rencontrés
40:24ils les ont reçus
40:25et dans ce livre
40:26vous racontez
40:26non seulement
40:27le parcours
40:28du descendant
40:29mais aussi
40:29le parcours
40:30du père
40:31de la personne
40:33que vous interviewez
40:34c'est très important
40:34pour moi
40:35parce qu'en fait
40:36ce que je voulais faire
40:37à travers ce livre
40:38on m'a souvent posé
40:38la question
40:39de savoir pourquoi
40:39j'avais raconté
40:40que de jolies histoires
40:41parce que souvent
40:42il y a des drames
40:43dans les fils d'eux
40:44ou des choses
40:44qui se passent mal
40:45et en fait
40:46je réponds que
40:47ces questions
40:48de la loyauté familiale
40:49on peut toutes les aborder
40:51par des histoires
40:53qui se finissent bien
40:54alors j'avais pas envie
40:56de les raconter autrement
40:58mais c'était très important
40:59de rendre hommage aussi
41:00aux gens
41:02aux personnes
41:03qui sont à l'origine
41:04de la force
41:06de cette loyauté
41:07oui
41:07la loyauté
41:08et le travail
41:09parce que moi
41:10je suis très frappé
41:10dans votre livre
41:11par l'histoire d'Ariane Dagen
41:12qui est partie
41:13aux Etats-Unis
41:15pour faire une entreprise
41:15ça n'a pas marché
41:16elle a tout dépensé
41:18et ça a marché
41:19pour faire d'Artagnan
41:20et faire un pour tous
41:20tous pour un
41:21et même pas 10%
41:22pour l'après-sariot
41:23c'est ça
41:25Ariane Dagen
41:26d'abord
41:26elle est partie
41:27pas pour créer
41:28son entreprise
41:28elle est partie
41:29pour échapper
41:30au poids de son père
41:32et à cette filiation
41:34parce que son père
41:34venait d'être
41:35doublement étoilé
41:37le plus jeune
41:38double chef étoilé
41:39de l'époque
41:40en France
41:41et donc
41:42elle est partie
41:43pour devenir journaliste
41:44et faire Columbia
41:45mais très vite
41:46financièrement
41:47elle s'en est pas sortie
41:48par fierté
41:48elle a pas osé
41:49se retourner
41:50vers ses parents
41:51et puis
41:51elle a découvert
41:52en faisant des petits boulots
41:54un filon
41:55pour aller travailler
41:56la volaille
41:57d'une certaine façon
41:58avec un partenaire
42:00elle a trouvé
42:0015 000 dollars
42:01elle a créé
42:01cette aventure
42:02entrepreneuriale
42:03et là c'est clairement
42:04le rêve américain
42:04parce que
42:05elle est partie
42:06sans rien
42:07et elle a revendu
42:08son groupe
42:09un peu plus de
42:09100 millions de dollars
42:10il y a quelques années
42:12en ayant construit
42:14un marketing
42:14extrêmement efficace
42:17donc c'est une très belle histoire
42:19oui
42:19et ça vous permet
42:20de raconter aussi
42:21en filigrane
42:21la Gascogne
42:22qui n'a pas de rapport
42:24finalement avec l'histoire
42:24de D'Artagnan
42:25oui
42:26en effet
42:27c'est vrai
42:27mais donc je raconte
42:29bien sûr
42:29l'origine de la famille
42:31d'Aguin
42:31qui est en Gascogne
42:32à Hoche
42:33plus précisément
42:34mais à travers
42:35toutes ces histoires
42:36j'ai beaucoup aimé ça
42:37parce que
42:37j'ai pu raconter aussi
42:38le cinéma
42:40des années 70
42:41et puis la deuxième vie
42:42professionnelle
42:43de De Funès
42:44grâce au père
42:45d'Alexandra Fechner
42:47alors justement
42:47Christian Fechner
42:48est un homme extraordinaire
42:49vous le racontez
42:50moi je l'ai bien connu
42:51c'était un producteur
42:52au départ
42:52je ne sais pas si vous le savez
42:54mais il a réagi
42:55réalisé et produit
42:56cette chanson
42:57en fait c'est lui
43:01qui découvre Antoine
43:02il est directeur artistique
43:04chez Vogue
43:05et c'est lui
43:06qui un jour
43:07voit arriver Antoine
43:07en disant
43:08j'ai fait une chanson
43:08en écoutant la radio
43:09à 7h ce matin
43:10il manque une chanson
43:11pour l'album
43:11on va la mettre
43:12et c'était le premier album
43:13d'Antoine
43:14c'était les Éducubrations
43:15et il avait un assistant
43:16qui était Alain Boublil
43:18qui est devenu
43:19l'auteur du livret
43:20des Misérables
43:21et tous ces gens là
43:22ont travaillé au départ
43:23et Fechner était dans la chanson
43:24avant de découvrir le cinéma
43:26avant il a aussi repris
43:27l'Alcazar
43:28je ne sais pas si vous le savez
43:28quand Jean-Marie Rivière
43:30a acquisé l'Alcazar
43:31c'est Fechner
43:31qui l'a sauvé
43:32ensuite il a repris
43:34un théâtre
43:35pour relancer
43:36le grognol
43:36qui n'a pas marché
43:37et le cinéma
43:38ça a été effectivement
43:40le retour de De Funès
43:41après sa crise cardiaque
43:42oui alors
43:43de l'histoire de Christian Fechner
43:44moi ce que je retiens
43:45c'est qu'en fait
43:46il comprend assez vite
43:47qu'Antoine
43:49ne sera peut-être pas
43:50quelqu'un qui va durer
43:52et donc il mise
43:53sur ses musiciens
43:54qui sont les Charlots
43:54exactement
43:55et donc il les amène
43:56au cinéma
43:57oui c'était les problèmes
43:58au départ
43:59on fait une chanson
43:59pour rire sur les Charlots
44:01il a cassé le yo-yo
44:02en bois du Japon
44:03et ça a marché
44:03et le cinéma des Charlots
44:05est mythique
44:05le cinéma des Charlots
44:06est mythique
44:07donc la vie de Christian Fechner
44:08c'est un film
44:09quand il part aux Etats-Unis
44:10pour tenter de séduire
44:11Raquel Welch
44:12et qu'il rentre
44:13avec Raquel Welch en France
44:14il y a des histoires
44:16autour de Christian Fechner
44:17qui sont incroyables
44:18et j'aime beaucoup
44:19beaucoup Alexandra
44:20sa fille
44:21d'abord parce qu'elle a
44:22beaucoup de talent
44:22qu'elle réussit aujourd'hui
44:24dans cet univers
44:25qui est un univers compliqué
44:26en faisant des films
44:27très différents de son père
44:28en faisant des films
44:29très différents de son père
44:30en étant reparti de zéro
44:31quelque part
44:32parce que les gens
44:33de l'extérieur
44:33diront toujours
44:34que c'était la fille
44:35de Christian Fechner
44:35mais la réalité
44:36c'est que
44:37ce qu'elle a
44:39elle ne le doit qu'à elle-même
44:40quasiment
44:41à part la compétence
44:43certainement
44:43que lui a amené son père
44:44et puis un regard
44:45sur ce monde-là
44:46qui a dû lui servir
44:47mais ça a été
44:48difficile pour elle
44:49et je le raconte
44:50dans le livre
44:50mais donc voilà
44:52il y a ça
44:52il y a l'histoire
44:53un peu l'histoire de France
44:55et des batailles
44:56napoléoniennes
44:57autour du commandant
44:58du GIGN
44:59qui a une histoire
44:59de famille
45:00très particulière
45:01et donc
45:01j'ai pris beaucoup
45:02de plaisir aussi
45:03à aller explorer
45:04un bout comme ça
45:05des micro-bouts
45:07de notre histoire
45:08récente
45:08ou un peu moins récente
45:09en parlant
45:11des parents
45:11des protagonistes
45:12alors il y a
45:12Emmanuel Galabru aussi
45:13qui est une fille
45:15naturelle
45:16hors mariage
45:17de Galabru
45:17alors il faut savoir
45:18que Galabru à l'époque
45:19vivait avec Claude
45:20qui était la nièce
45:21de Michelin Dax
45:22qui était la nièce
45:24de cette comédienne
45:25Michelin Dax
45:26qui avait démarré
45:26dans les Bronquignols
45:27et donc Galabru
45:28je rencontrais à chaque fois
45:29et on disait
45:30mais tu te rends compte
45:31tu te rends compte
45:32il était marié
45:33ma femme me fait les poches
45:35elle me fait suivre
45:35par Borniche
45:36l'inspecteur
45:37et dès qu'il avait
45:38un peu d'argent
45:38sur un tournage
45:39il s'arrangeait
45:40pour le donner
45:40à un autre comédien
45:41pour que sa femme
45:41ne tombe pas dessus
45:42et je me souviens
45:43d'un jour
45:44je ramène Galabru
45:45chez lui
45:45tout joyeux
45:46tout drôle
45:46il descend de la voiture
45:47et je vois
45:48ma vieux monsieur
45:49avec son petit sac
45:50avec son petit sac
45:51rentrant chez lui
45:52voûté
45:52parce qu'il allait
45:53rejoindre sa femme
45:54et c'est vrai
45:55qu'Emmanuel
45:55n'a pas connu
45:57ce père-là
45:57avant de travailler
45:58avec lui
45:59non non
45:59elle n'a pas connu
46:00ce père-là
46:01puisque visiblement
46:03d'après ce qu'elle
46:04m'en décrit
46:04mais sa mère
46:06était vraiment
46:07l'amour
46:07de la vie
46:08de son père
46:09Claude était venant
46:10et donc
46:10elle a vu un père
46:11épanoui
46:13aux côtés de sa mère
46:14et d'ailleurs
46:15elle les a
46:16énormément admirés
46:17tous les deux
46:18c'est peut-être
46:19la seule
46:19de tous les portraits
46:20qui met quasiment
46:22sur un pied d'égalité
46:23le rapport à sa mère
46:24du rapport à son père
46:26parce que c'est vrai
46:26que c'est très focus
46:27sur les relations
46:29enfant-père
46:30parce que
46:30c'était des grosses réussites
46:32professionnelles
46:33ou des gens
46:33qui avaient un charisme particulier
46:35parce que pour Gérard Bertrand
46:36par exemple
46:36son père
46:37n'avait pas réussi
46:38professionnellement
46:39comme lui
46:40mais il y avait un rapport
46:41au père
46:42qui était particulier
46:42la seule qui parle
46:44du rapport à la mère
46:44c'est Emmanuel
46:45parce qu'elle admirait
46:46énormément sa mère
46:47qui était une très brillante
46:48magistrate
46:49voilà
46:49et il se trouve aussi
46:50que Gérard Bertrand
46:52bon c'est un vigneron
46:53et il a été le père
46:54d'un concept
46:55de biodynamie
46:56oui oui
46:56il a un peu révolutionné
47:00la viticulture
47:01du moins
47:03sur son
47:04sur son
47:05sa zone
47:06dans les corbières
47:07et puis
47:07ailleurs
47:09c'est quelqu'un
47:10d'extrêmement visionnaire
47:11un génie du marketing
47:12et qui a une très belle histoire
47:14aussi
47:14parce que quelque part
47:15il a réalisé
47:17il a surréalisé
47:18le rêve
47:19de son père
47:20et derrière
47:21toutes ces histoires
47:21de transmission
47:22Philippe Sanguero
47:23il y a aussi
47:23les enjeux
47:24de notre société
47:24d'aujourd'hui
47:25parce que c'est important
47:26les grands problèmes
47:27peuvent se résoudre
47:28par la transmission
47:29alors
47:30au fil du livre
47:32je me rendais pas compte
47:34d'à quel point
47:35ces questions
47:36d'héritage
47:39de transmission
47:40familiale
47:41elle rejoignait
47:42les problèmes
47:43de notre époque
47:44il y a une psychologue
47:45qui s'appelle
47:45Sylvie Tenenbaum
47:46qui fait la postface
47:47et qui explique
47:48comment ça se construit
47:50les loyautés familiales
47:52dans les relations
47:53parents-enfants
47:53et elle explique
47:54comment ça se passe
47:55en thérapie pour elle
47:56il faut toujours
47:57passer par la case
47:59de la conscientisation
48:00de son héritage
48:01et qu'est-ce que vous allez
48:02transmettre à votre tour
48:03Philippe Sanguero
48:03moi je le dis dans le livre
48:05honnêtement
48:05j'ai quasiment rien à jeter
48:08le seul truc
48:09que je ferais différemment
48:11que je jetterais même pas
48:12mais c'est
48:13à un moment de ma vie
48:15avant de perdre ma mère
48:16je me suis vraiment
48:16enfermé dans une forme
48:17de rapport à la douleur
48:19j'ai toujours pensé
48:20qu'il fallait
48:21souffrir
48:22pour accueillir
48:23je reste persuadé
48:26qu'on n'a rien
48:28sans rien
48:29que le travail
48:31est important
48:31et je suis un travailleur
48:34parce que j'aime ça
48:35mais dans cet équilibre
48:37entre vie pro
48:41vie perso
48:42cette fuite en avant
48:44parfois
48:45dans le professionnel
48:46parce que
48:47à un moment
48:47on sait plus
48:50ce qu'on cherche
48:50en fait
48:50on cherche à être le meilleur
48:52mais il n'y a pas de classement
48:53il n'y a pas d'échelle de valeur
48:54il n'y a pas de
48:55ça je l'ai compris
48:56assez tôt en fait
48:57ce truc de compétition
49:00il nous nourrit
49:01à des moments
49:01mais
49:02quelle est l'issue
49:03pourquoi on fait les choses
49:04donc ça
49:06j'ai envie de le mettre
49:06en perspective
49:07parce que
49:08je pense que j'ai une famille
49:09qui ne se pose pas
49:09les questions dans ce sens là
49:11en se disant
49:12pourquoi je fais les choses
49:13ils ont acté
49:13qu'il fallait travailler
49:14toute sa vie
49:15et ils travaillent
49:16toute leur vie
49:17parce que c'est là
49:20qu'ils s'épanouissent
49:21ça
49:22je veux faire attention
49:23à ça
49:23avec mes filles
49:24mais après
49:26je n'ai pas grand chose
49:27à jeter
49:27parce que
49:28j'ai beaucoup de chance
49:29sur
49:30vis-à-vis des valeurs
49:33qui m'ont été inculquées
49:34et elles m'ont aidé
49:35beaucoup
49:35et nous on a une double chance
49:37d'abord vous retrouvez
49:38tous les week-ends
49:39au micro de Sud Radio
49:40pour commenter
49:41avec passion
49:41et professionnalisme
49:42de rugby
49:43et puis la chance
49:44de vous accueillir au micro
49:44d'éclater une vie
49:45pour parler
49:46au nom du clan
49:47chez Alizio
49:48que je recommande
49:49à celles et ceux
49:50qui nous écoutent
49:50parce qu'ils comprendront
49:52bien des choses
49:52sur des personnalités
49:54dont on connaît le nom
49:55mais pas forcément le parcours
49:56merci Philippe Sanguero
49:58merci
49:58et à ce week-end bien sûr
49:59à très vite
50:00les crises de vie
50:01c'est terminé pour aujourd'hui
50:02on se retrouve bientôt
50:03restez fidèles
50:04à l'écoute de Sud Radio
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