Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Les clefs d'une vie - Jean-Philippe Daguerre

🗝 Découvrez plusieurs dates-clefs de la vie des plus grands artistes, auteurs et personnalités aux côtés de Jacques Pessis.
---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry

________________________________________

🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/

________________________________________

🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴

▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr

☀️ Et pour plus de vidéos des clefs d’une vie : https://youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDQVk_MxJ_jFc3Az4Aqy_giC

##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-01-19##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05Vous avez monté des classiques avant d'en devenir un à travers vos pièces.
00:09Le charbon a été une mine pour vous, mais aussi pour vos producteurs.
00:13Publier votre premier roman ne vous empêche pas de continuer à passer aux actes.
00:18Bonjour Jean-Philippe Daguerre.
00:19Bonjour Jacques.
00:20Alors on va évoquer tout à l'heure votre premier roman,
00:22qui est également une pièce de théâtre au petit Montparnasse,
00:25La femme qui n'aimait pas Rami Jacob,
00:26un titre intrigant pour une histoire inspirée de la réalité.
00:30C'est chez Albin Michel.
00:31Et puis le principe des clés d'une vie, vous le savez,
00:33c'est d'évoquer votre parcours à travers des dates clés.
00:36La première que j'ai trouvée, 14 août 1991, vos débuts à la télévision.
00:41Douce France, cher pays de mon enfant.
00:46Je vois un villageois dans le 21ème épisode de la série Douce France,
00:50le serpent perfide et froid.
00:52Vous en souvenez ?
00:53Je m'en souviens parce que j'étais récurrent, j'avais un tout petit rôle.
00:56J'étais avec Henri Guibet, je faisais son employé dans son café.
01:00Et je venais de temps en temps tourner, pendant toute une année.
01:02C'était mes premiers tournages de toute ma vie.
01:04Je venais juste d'arriver à Paris depuis peu de temps.
01:07Et c'était mon premier tournage.
01:09Il se trouve que c'était une sitcom,
01:11un sitcom qui mettait en scène la vie pittoresque des habitants d'un village du Beaujolais.
01:15Et elle a été produite par Pierre Grimblat,
01:17qui était à l'époque le grand Manitou des séries télévisions.
01:20Oui.
01:20Comment vous avez été retrouvé là-dedans ?
01:22J'ai fait un casting en visitant mes parents.
01:25Je vivais à Bordeaux, j'étais au conservatoire de Bordeaux à l'époque.
01:28Mon père avait été muté sur Paris et j'ai visité.
01:31Et puis voilà, j'étais élève comédien.
01:34Et puis je suis un plan à l'un peu spectacle d'une audition.
01:38Et puis j'ai rencontré le directeur de production.
01:41Il m'a dit, on a un petit rôle pour toi si tu veux.
01:43C'était mon début, je suis devenu intermittent du spectacle grâce à cette série.
01:49Il y avait Maurice Rich aussi dans cette série.
01:50Exactement.
01:51Vous avez fait toujours très court à la télévision,
01:54puisqu'il y a eu une série sur Canal+,
01:55où vous avez joué un patron.
01:58Il y a eu 84 épisodes de 2 minutes 30.
02:00Oui, il y a les fautiles.
02:02J'ai fait beaucoup de choses à la télé,
02:04mais il y a plein de choses qui ne sont pas marquées.
02:06Quand on va sur Internet,
02:08c'est vrai que j'ai fait une toute petite carrière.
02:10J'ai fait beaucoup de séries, beaucoup de guests.
02:13Mais c'est vrai que ce n'était pas un objectif en soi.
02:15La télé était un monde où j'étais content d'y aller.
02:18Et c'est vrai que globalement,
02:20je sentais que j'étais plus attiré par le spectacle vivant que par l'image.
02:24En même temps, cette série, faut-il qu'on a un peu oublié,
02:27il y avait un père horrible, une mère qui était une sainte.
02:30Et vous étiez vous le patron.
02:31Oui, alors je faisais plein de personnages.
02:32C'est Maurice Barthélémy des Robin des Bois qui étaient le rôle clé.
02:36Et moi, je faisais plein de guests en ne faisant que des personnages différents.
02:38Donc j'ai fait le patron, mais j'ai fait énormément d'autres personnages.
02:42À chaque fois, c'est très court et c'était des occasions de bien rigoler.
02:45C'est un très bon souvenir de tournage, par contre.
02:47Oui, dans cette série, on se posait des questions existentielles,
02:51comme inventer n'importe quoi pour éviter d'avoir à déposer son enfant à l'école,
02:55ou se taper la consacrée actuelle pour ne pas se taper le PV.
02:58Voilà, c'est des années canales un petit peu...
03:01Un peu hard.
03:02Oui, c'est un peu hard.
03:03Et puis moi, j'avais fait aussi H avec Jamel,
03:07le monde de Jamel avec Jamel Debouze aussi.
03:08C'était tout un petit monde que je fréquentais.
03:11Et les auteurs aussi de toutes ces séries sitcoms et comiques,
03:14c'était vraiment des amis.
03:15Et ça a été des excellents souvenirs,
03:16parce qu'on passait vraiment des moments mémorables à tourner ces petits...
03:19On faisait un peu n'importe quoi, mais au moins on riait beaucoup.
03:22Ce qui a beaucoup fait rire aussi les gens,
03:24c'est un souvenir d'un film, Les Tontons Flingueurs,
03:27qui se passe à Montauban.
03:29Et il se trouve que Lino Ventura a dit
03:31on ne devrait jamais quitter Montauban.
03:32Et Montauban, vous y êtes né.
03:34Oui, j'ai quitté Montauban, mais j'y suis né.
03:36Mais j'y retourne la semaine prochaine,
03:37puisque je vais aller jouer là-bas.
03:39Alors, il se trouve que vous avez grandi entre Montauban, Biarritz et Bordeaux,
03:43en fonction des déplaçants de votre père, je crois, Jean-Philippe Bagné.
03:46C'est un peu ça.
03:47C'est-à-dire que mon repère, c'est le Pays Basque,
03:48parce que notre maison de famille, c'était aller à Saint-Jean-Pied-de-Port, surtout.
03:52Et après, entre-temps, mon père était muté tous les deux ans.
03:55Donc, on est parti de Montauban.
03:56Et puis après, on a traversé la France pour finir à Paris.
03:59Mais c'est vrai que j'ai beaucoup baroudé.
04:02Et c'est vrai que mon attache familiale est vraiment, surtout au Pays Basque,
04:05parce que c'est le seul endroit où j'avais mes amis d'enfance,
04:07à Saint-Jean-Pied-de-Port, parce que j'allais au centre aéré là-bas tous les étés.
04:10Il se trouve qu'en plus, votre père a une profession qui n'a rien à voir avec le théâtre.
04:13Il était inspecteur du travail ?
04:15Alors, il a démarré inspecteur.
04:18Directeur général adjoint de l'ANPE,
04:20après avoir été directeur départemental, régional, national.
04:24Et c'est vraiment la carrière administrative.
04:27Et le théâtre, vous l'avez découvert, Jean-Philippe Daguerre, je crois, à la télévision,
04:31en regardant en particulier les pièces de Shakespeare qui étaient réalisées par la BBC.
04:35Exactement. J'étais fasciné par ça.
04:37Je n'avais jamais été au théâtre de ma vie en soirée.
04:40Et je regardais aussi au théâtre ce soir, ou le petit théâtre de Bouvard.
04:44Tout ce qui est monté du théâtre, des sketchs,
04:47toute forme de théâtre, que ce soit Shakespeare ou des comédies.
04:52C'est vrai que j'ai appris le théâtre à la télévision comme un homme de province.
04:56Je n'avais jamais vu Paris avant d'avoir 19 ans.
04:58Oui, mais en même temps, cette série sur Shakespeare, on la connaît assez peu,
05:01alors qu'elle est fabuleuse.
05:02Il y a 37 épisodes de 150 minutes où il y a toutes les pièces de Shakespeare
05:07avec des acteurs qui s'appellent Anthony Hopkins, Ben Kingsley.
05:10C'est incroyable.
05:12Moi, ça me fascinait.
05:12J'étais fasciné sur l'écran.
05:15C'est vrai que ça m'a énormément marqué.
05:17Et on devrait faire ça en France pour voler.
05:19Moi, je ne suis pas autant.
05:20Je suis tellement fan de théâtre classique.
05:22Avec un problème, vous êtes nul en anglais.
05:24Ben oui.
05:25C'est pour ça que je ne montre que des pièces françaises.
05:27Vous remarquerez, je n'ai pas monté de Shakespeare, par exemple.
05:29Je n'ose pas.
05:30Mais pourquoi ?
05:31La nullité totale en anglais, vous n'y arrivez pas ?
05:33Je pense que j'ai un problème dyspractique quand je m'exprime.
05:36Même en français, je fais attention.
05:37Je fais pas mal de fautes d'orthographe aussi.
05:39Donc, j'ai une forme de complexe terrible avec les langues.
05:43Et c'est vrai que je pense que je comprends mieux la langue que je ne la parle.
05:47En fait, l'anglais, je le comprends assez bien.
05:49Mais dès qu'il faut s'exprimer dans cette langue-là,
05:51je me sens...
05:53J'ai un problème d'être un usurpateur un peu.
05:55Et j'ai un vrai complexe quand je suis allé à New York.
05:58Je ne fais pas me le payer étranger.
06:00Et notamment à New York, dans un festival où je devais parler et tout.
06:03Heureusement qu'ils disaient que j'étais charming.
06:05Enfin, mon petit côté French avec mon accent.
06:07Mais c'était vraiment la caricature qu'on met dans les films.
06:10C'est comme dans les films.
06:11Alors, vos débuts, je crois, la découverte du théâtre
06:14et du plaisir de jouer, ce sont les centres aérés, justement.
06:18Oui, parce que j'avais la chance d'avoir des moniteurs.
06:20Notamment au Pays Basque, des moniteurs.
06:24On faisait énormément d'activités.
06:25On faisait des...
06:26On se déguisait.
06:28On faisait des spectacles.
06:29Et puis après, j'ai eu la chance d'avoir des gens autour de moi.
06:33Et puis je vais même dire une chose un peu étonnante.
06:35Ce n'est même pas étonnant, mais moi, mes parents sont très pratiquants, catholiques.
06:41Et j'ai fait toutes mes études dans l'école publique, par contre.
06:44Mais par contre, j'ai eu la chance d'avoir...
06:46J'ai fait le catéchisme, d'avoir des prêtres extraordinaires
06:48qui m'ont éveillé à l'art, au chant, au théâtre, aux jeux de littérature
06:53avec un état d'esprit incroyable.
06:55Donc moi, j'ai eu une éducation chrétienne qui m'a énormément influencé
06:58dans ma façon de concevoir le partage, les sujets que j'aborde.
07:03Et n'étant plus pratiquant, je le dis franchement,
07:04parce que le théâtre est mon église, comme je le dis souvent.
07:08Mais j'ai quand même cette éducation.
07:09Et la chance d'avoir eu des prêtres exceptionnels
07:12et qui même regroupaient des enfants qui ne croyaient pas en Dieu.
07:14On faisait même des sorties. Dieu était dans chacun.
07:17Et donc, du coup, j'ai gardé cet état d'esprit de tolérance
07:20que m'ont inculqué cette éducation-là.
07:22Mais je crois même que vous avez joué le mouton dans la crèche.
07:25Oui, je faisais les spectacles de l'aumônerie à la fin de l'année.
07:29Oui, j'ai fait tout ce qu'on pouvait faire.
07:31Un roi mage, un mouton.
07:33Voilà, je me suis beaucoup amusé.
07:37Le plaisir du théâtre, je l'ai eu à la fois à l'école,
07:39grâce à certains professeurs de français,
07:41et également grâce à cette éducation chrétienne
07:43où les prêtres que j'avais étaient des gens formidables,
07:47actifs et qui nous donnaient un goût à la culture.
07:49Et conséquence, Jean-Philippe Daguerre,
07:51lorsqu'il a fallu penser aux études,
07:53c'était le conservatoire régional de Bordeaux.
07:55Oui, c'est-à-dire que j'étais en sciences éco trois mois,
07:57mais je faisais tellement l'imbécile dans l'amphi
08:00que j'ai une trentaine de jeunes, un jour,
08:03sont venus me voir à la sortie en me disant
08:05« Écoute, si tu ne veux pas faire d'études,
08:08n'empêche pas les autres d'en faire. »
08:09Donc, on t'avertit.
08:12Ou tu t'arrêtes, ou si tu ne t'arrêtes pas,
08:14on sera obligé de te dénoncer.
08:15Donc, du coup, j'ai arrêté.
08:17Je ne l'ai pas dit à mes parents,
08:19parce que mon père était déjà à Paris.
08:21Et je faisais parallèlement le conservatoire.
08:23Je n'ai plus que le conservatoire.
08:25Mais là, je me suis dit,
08:25je crois que je suis fait pour faire ce métier
08:27plutôt que pour faire des études.
08:28Et j'ai revu le professeur de sciences éco,
08:30qui était venu voir à Dieu M. Haftmann,
08:32je l'ai revu 40 ans plus tard.
08:34Et il me dit, il se présente,
08:37je lui dis « Mais vous étiez mon professeur ? »
08:39Et je lui ai raconté le fait que cette anecdote
08:41qu'il a fait beaucoup rire.
08:42Maintenant, il vient voir toutes mes pièces.
08:43Il est sur Bordeaux à la retraite,
08:44mais il vient voir mes pièces maintenant.
08:46Donc, c'était rigolo.
08:47Alors, la formation, il y a eu différentes choses.
08:48Il y a eu un masterclass au studio Pigmanion,
08:50ensuite un stage de recherche théâtrale sur Bariveau.
08:53Oui, j'ai travaillé avec Christian Riste,
08:55qui m'avait beaucoup marqué.
08:56Un travail incroyable de précision sur le texte
08:59et un travail de lecture.
09:01On cherche à trouver de l'émotion
09:03déjà dans ce qui est écrit,
09:04au lieu de se mettre dans un état
09:06où l'acteur a souvent cette tendance
09:08à vouloir se mettre dans un état particulier,
09:09déjà à partir du texte.
09:11Des mots, la valeur des mots
09:12et les faire entendre ce qu'il raconte.
09:15Et après, voilà,
09:16sur le studio Pigmanion,
09:17j'ai fait une formation
09:18qui a duré même plus que ça.
09:19Ça m'a beaucoup appris sur un autre travail.
09:21De toute façon, moi,
09:21j'ai toujours été curieux
09:22de toutes les méthodes différentes.
09:23L'acteur studio,
09:25la comédia.
09:27Je me suis nourri de...
09:29J'ai fait beaucoup de stages différents,
09:31de formations différentes.
09:32Il y en a eu un étonnant,
09:33c'est le stage
09:34tauromachie et travestissement.
09:35Oui.
09:36Qu'est-ce que c'était ?
09:37C'est avec Jean-Marie Broucaret
09:38et Jean-Luc Terrade,
09:41deux metteurs en scène du Sud-Ouest,
09:43que je trouvais formidables.
09:45C'est des stages hyper passionnants.
09:47Alors, il y en a eu un qui travaillait
09:48sur la féminité,
09:49c'était Jean-Luc Terrade
09:50et sur la tauromachie,
09:52c'était Jean-Marie Broucaret.
09:54On a même fait un spectacle
09:55dans les arènes de Bayonne,
09:56inspiré de l'art taurin
09:58et du travestissement.
10:01On travaille sur Shakespeare,
10:02sur Othello.
10:03Et non, c'était très intéressant.
10:07C'est des expériences aussi.
10:08On a même fréquenté des toreros.
10:11On était tous contre la tauromachie,
10:12comme toute personne
10:13qui adore les animaux.
10:14Moi, j'adore les animaux en plus.
10:14Mais, on ne va pas rentrer
10:17sur un débat sur la tauromachie,
10:18mais d'être à l'intérieur
10:20pendant plusieurs mois
10:21de la vie d'un torero,
10:22on a pu fréquenter les toreros.
10:24Et dans les élevages,
10:25avec les animaux, etc.,
10:27on a même torré des torions
10:28sans les tuer, évidemment.
10:29Mais c'est un univers
10:31très particulier,
10:32assez fascinant.
10:33Je ne veux pas rentrer
10:34dans ce débat-là,
10:35mais moi,
10:35qui adore les animaux,
10:36qui détestait la corrida,
10:38je l'ai vu d'un angle différent.
10:39En tout cas,
10:40au niveau théâtral,
10:41ça m'a beaucoup influencé
10:41par rapport au combat.
10:42Et puis, il y a une autre passion
10:44que vous avez eue,
10:45et notamment pour un homme
10:46dont vous allez reconnaître
10:46la voix,
10:47Jean-Philippe Dacquer.
10:48Je n'avais connu qu'un seul club
10:49et j'ai découvert autre chose,
10:51quelque chose qu'il faut connaître.
10:52Alain Jiresse,
10:52car vous avez une passion du football
10:54et une passion pour Alain Jiresse.
10:56Ah, mais c'est fou.
10:57Ça me fout les larmes aux yeux
10:57d'entendre la voix d'Alain Jiresse.
10:59Alain Jiresse,
11:00c'est la personne
11:00que je rêve de rencontrer.
11:01Je ne l'ai jamais rencontrée.
11:02Comment ça se fait ?
11:03Je ne sais pas.
11:04Je sais que je pourrais
11:05parce que je connais des gens
11:06dans le milieu du football.
11:08Mais je vais le faire.
11:10Mais il y a un moment
11:11où les choses se font.
11:13Mais c'est vrai que moi,
11:14je suis un passionné de sport,
11:16de rugby et de foot
11:17et de tous les sports.
11:19Et c'est vrai que jusqu'à
11:20ma culture du sud-ouest,
11:24on allait au stade.
11:24On n'allait pas au théâtre.
11:26Et j'avais lâché mon père.
11:28On allait voir tous les...
11:29Il avait des places toujours
11:29pour aller voir les matchs
11:30à Girondins de Bordeaux.
11:31Et j'ai passé 10 ans au stade
11:33à voir tous les matchs
11:33à la grande époque d'Alain Jiresse,
11:35qui est pour moi
11:35le plus grand joueur de foot
11:36que je n'ai jamais vu jouer
11:37et que je trouvais extraordinaire.
11:40Donc c'est vraiment mon idole
11:41de jeunesse.
11:42Ce n'est pas un artiste,
11:43ce n'est pas un comédien.
11:43C'est vraiment Alain Jiresse.
11:45Et voilà.
11:45Et vous êtes devenu
11:46une sorte d'enfant de la balle.
11:47On va l'évoquer à travers
11:48une autre date importante pour vous,
11:51mais un peu oubliée,
11:51le 17 mai 1997.
11:53A tout de suite sur Sud Radio
11:55avec Jean-Philippe Daguerre.
11:56Sud Radio,
11:57les clés d'une vie,
11:58Jacques Pessy.
11:59Sud Radio,
12:00les clés d'une vie,
12:01mon invité Jean-Philippe Daguerre.
12:02Nous parlons tout à l'heure
12:03de la femme qui n'aimait pas
12:04Rabi Jacob
12:05chez Albin Michel,
12:06mais aussi au théâtre
12:07au Petit Montparnasse.
12:09Et puis on a évoqué vos débuts
12:10donc très discrets
12:11dans le monde du spectacle.
12:13Et le 17 mai 1997,
12:15il y a un concert à Montmartre.
12:17Écoutez.
12:17Le bal perdu à la divette
12:31de Montmartre
12:31par un orchestre
12:32qui s'appelle
12:33Les Faces et Si.
12:33Ça vous dit quelque chose ?
12:35Vous avez vraiment fouillé là-haut.
12:37Vous êtes très fort.
12:39Parce que ce genre de traces...
12:41J'ai eu un groupe de rock
12:42qui s'appelait Les Faces et Si
12:43dans lequel j'étais chanteur.
12:44On était deux chanteurs
12:45à moi.
12:46Après, j'étais tout seul.
12:46Et on a écumé les salles,
12:49les bars,
12:50les salles de spectacle
12:51pendant plusieurs années.
12:52Et parfois,
12:53on est dans un bar.
12:54Là, c'était à la divette
12:55de Montmartre.
12:56Et c'est vrai que ça a été
12:56des années très fortes pour moi.
12:59Je pense que mon talent
13:01de mise en scène,
13:02en tout cas mon désir
13:03de mise en scène
13:03est né de la scène rock
13:04alternative.
13:06Parce que comme j'organisais,
13:07on était très dynamique.
13:08Je n'y dirais pas que moi,
13:09mais j'étais un petit peu,
13:10on va dire,
13:11un peu leader
13:11sur la création du groupe
13:13et l'organisation de tout ça.
13:14Et j'ai organisé des soirées
13:16avec beaucoup de monde
13:17qu'on invitait sur scène.
13:18Et je crée des petits liens.
13:20Je mettais un peu en scène ça aussi.
13:22Et du coup,
13:22c'est comme ça que j'ai eu cette,
13:23je pense,
13:23la vocation de mise en scène.
13:24Elle est née à travers
13:25plus l'univers de la scène
13:27alternative rock
13:28que du théâtre.
13:30Et le bal perdu,
13:30c'est un classique de Bourville.
13:32Moi, je suis un fan de Bourville,
13:33donc c'est mon chanteur préféré.
13:34qui s'appelait
13:34« C'était bien » au départ.
13:35Et c'est Gabi Delors
13:36qui a écrit cette chanson,
13:37qui a composé la musique.
13:38Et jusqu'à la fin de sa vie,
13:39elle a été pianiste
13:40au caveau de la République
13:41chez les chansonniers.
13:42Elle a passé 40 ans là-bas.
13:44Alors, il se trouve
13:45que cette chanson,
13:46cette orchestre,
13:47plutôt,
13:47vous l'avez montée
13:48avec des copains au départ.
13:49Oui.
13:49C'est des copains.
13:50On n'a fait que des compos.
13:51C'est des copains
13:52que j'avais rencontrés à Poitiers.
13:53Et je l'ai trouvé...
13:55On est devenus très amis.
13:58Et puis,
13:58tous se sont montés sur Paris
13:59presque dans la même année
14:00où je suis monté.
14:01J'ai dit
14:02« Faisons... »
14:03Ici, on faisait un groupe de rock.
14:04Eux, ils avaient déjà fait
14:05un groupe de rock là-bas.
14:05Et moi, j'avais envie de chanter.
14:07J'avais envie de chanter.
14:09Je trouvais que c'était
14:09un frisson particulier.
14:10Puis, je dois reconnaître
14:11que,
14:12quelle que soit la salle,
14:14se mettre à chanter
14:14avec un groupe
14:15du rock'n'roll,
14:17c'est extrêmement grisant.
14:18J'avoue que c'est
14:19les plus grosses émotions
14:20de ma vie.
14:20Je les ai eues
14:21dans la scène rock
14:22plus qu'au théâtre
14:23en tant qu'interprète.
14:24Et en même temps,
14:25Jean-Philippe Laguerre,
14:26je crois que vous êtes passé
14:27au francophonie de la Rinchelle.
14:28Oui, on a été passé
14:29au francophonie,
14:30au chorus des Hauts-de-Seine aussi.
14:31On avait une jolie petite carrière.
14:32On n'a jamais passé le cap
14:33de...
14:34Mais on a fait...
14:35Pour l'anecdote,
14:36on a perdu une finale
14:37FNAC,
14:38concours FNAC
14:38dans toute la France.
14:39On était en finale.
14:40On a terminé juste derrière,
14:42en numéro 2,
14:43derrière Louise Attac
14:44qui faisait son premier album,
14:47son premier tube.
14:48Donc voilà,
14:48on était un peu
14:48les poulies d'or du Rock and Roll
14:49et du coup,
14:50après le Rock and Roll,
14:51je l'ai mis un petit peu
14:51derrière moi.
14:52Oui, en même temps,
14:53le générique,
14:53c'était quand même
14:54le gendarme de Saint-Tropez.
14:55Le générique du gendarme de Saint-Tropez.
14:56On utilisait en effet
14:58des petits trucs comme ça,
15:00mais on faisait que des compos.
15:01Et Bourville,
15:02je voulais lui rendre hommage
15:02parce que c'est mon chanteur
15:03un peu préféré.
15:05Et parfois,
15:05on mettait un petit peu...
15:06En effet,
15:06on jouait la musique
15:08du gendarme de Saint-Tropez
15:08avec cuivre,
15:10guitare électrique.
15:11On faisait des petits jingles
15:12comme ça, rigolos,
15:13en utilisant des choses
15:14du cinéma,
15:15des moments
15:17qu'on aimait
15:18du cinéma français
15:18ou qui correspondaient
15:20bien à l'esprit
15:20du moment.
15:21Et puis,
15:22à la divette de Montmartre,
15:23il y a un jeune trompettiste
15:24totalement inconnu
15:25qui va devenir Benabar.
15:26Oui, oui.
15:27À l'époque,
15:28il s'appelle déjà Benabar.
15:30Il fait un groupe,
15:30un duo,
15:30il s'appelle
15:31Patchon et Benabar.
15:32Et comme on les avait repérés
15:34avec le groupe L'EFA Cécile
15:35à une fête de la musique
15:36où ils avaient fait
15:36notre première partie,
15:37c'était leur premier concert
15:38de leur vie.
15:39J'ai eu un coup de cœur,
15:40on a tous eu un coup de cœur
15:40sur eux.
15:41Et on les avait invités
15:42à venir au Santé Adèle
15:43avec nous
15:43pour venir pendant trois semaines
15:44faire une soirée
15:45que j'avais organisée
15:45qui s'appelait Histoire 2.
15:47Et Benabar est pas de chouette.
15:48Après, Benabar est devenu
15:49Benabar tout seul.
15:51Et il avait envie
15:51de faire de la trompette,
15:53d'améliorer la trompette
15:53et de participer aussi
15:55à notre section cuivre.
15:56Donc, il a joué
15:57pendant plusieurs années,
15:58deux, trois ans,
15:59je pense,
16:00avec nous,
16:00de la trompette
16:01avant de...
16:02en faisant nos premières parties
16:03avec Benabar.
16:05Et après,
16:05il a décollé
16:06et c'est devenu une vedette.
16:07Je crois que son premier album,
16:08il a utilisé vos musiciens.
16:10Ben, utilisé,
16:10c'est qu'il est parti
16:11avec, en effet,
16:12son premier disque
16:12à tous les musiciens
16:13en effet des facéties.
16:15Puis, au fur et à mesure,
16:16après, ça a grandi.
16:17Il y a eu des changements.
16:18Il a fait son histoire.
16:20Mais c'était le moment
16:21où, moi,
16:22je commençais déjà
16:23à décliner
16:23sur la partie
16:24scène musicale
16:26où j'avais envie
16:27de repartir
16:28dans le théâtre à fond.
16:29Oui.
16:30Et je crois que le théâtre
16:30s'est reparti, justement.
16:32Et c'est doublement reparti
16:34parce qu'un jour,
16:34vous passez une audition
16:35du Bourgeois Gentilhomme
16:36et là,
16:37vous rencontrez une femme
16:38qui est devenue
16:38la femme de votre vie.
16:39Alors là,
16:40je t'ai metté en scène
16:41et en effet,
16:43parmi les...
16:44Voilà,
16:44j'ai Charlotte Matzneff
16:45que j'ai épousée
16:46depuis 19 ans maintenant.
16:49Je la rencontre
16:49comme ça,
16:50aux auditions
16:50pour le rôle
16:52de la jeune première.
16:54Et voilà,
16:55c'est le coup de fou, non ?
16:56Et elle avait démarré
16:57sa carrière
16:58en faisant le doublage
16:59documentaire
17:00d'Auschwitz à Jérusalem.
17:02Vous le savez ?
17:03Ben, je crois que...
17:04Je crois que oui.
17:05Mais je ne sais pas
17:07que j'ai entendu parler
17:07de cette histoire
17:09mais qu'elle ait commencée
17:10en faisant ça.
17:11J'avoue que c'est assez troublant
17:12parce que...
17:13C'est du doublage.
17:14C'est troublant
17:14parce que sur le sujet
17:15parce que notre compagnie
17:17qu'elle a créée
17:18avant même
17:18que je la rencontre
17:19s'appelle
17:19Le Grenier de Babouchka
17:20et Babouchka
17:21c'est en hommage
17:21à sa grand-mère
17:22qui était la seule
17:23rescapée d'Auschwitz
17:24de sa famille
17:25donc qu'elle ait dû faire
17:26cette voie
17:27pour ça
17:27ça a dû être
17:28assez émouvant.
17:31Mais bon,
17:31Charles,
17:31c'est quelqu'un
17:32de tellement courageux
17:32elle a tellement
17:33assez énormément
17:33investi
17:34avec les gueules cassées
17:34son père était
17:35secrétaire général
17:36des gueules cassées
17:37elle a...
17:38J'ai la chance
17:39d'avoir une femme
17:40qui s'est toujours
17:40depuis le plus jeune âge
17:42impliquée dans les choses
17:43dans des valeurs fortes
17:45notamment
17:45et par rapport
17:46à cette histoire
17:47des rescapés d'Auschwitz
17:48ou par rapport
17:50aux gueules cassées
17:50dans un...
17:52Je crois que pour elle
17:52diriger une compagnie
17:53c'est de la rigolade.
17:55Et les gueules cassées
17:55justement
17:56grâce à la fondation Maginot
17:58est née la Loterie Nationale
18:00qu'ils ont découvert
18:00en Allemagne d'ailleurs
18:01puis le loto
18:02et on vendait
18:03les dixièmes
18:04des gueules cassées
18:04pour les gueules cassées
18:05dans des petites boutiques
18:07à une époque.
18:08Oui,
18:08et puis ils se sont enrichis
18:09grâce à ça
18:09ils ont vendu le...
18:10la loterie
18:11c'était les gueules cassées
18:12et ils ont eu les droits
18:13et ces droits
18:14ont fait qu'ils ont eu
18:14toujours beaucoup de moyens
18:15qui ont permis d'aider
18:16au-delà des gens
18:17des blessés de guerre
18:18les pompiers
18:19les militaires
18:19les gens dans la vie
18:20qui ont des blessures
18:21ces gueules cassées
18:22ont mis tout cet argent
18:24grâce au droit de la loterie
18:25a permis de récupérer
18:27énormément de sous
18:27permettant d'aider
18:28les gens qui sont victimes
18:29d'accidents très graves
18:30et qui défigurent
18:31notamment le visage.
18:33Et la fondation Maginot
18:34continue aujourd'hui
18:35à s'en occuper.
18:36Il se trouve que
18:37vous avez vous
18:38commencé dans cette compagnie
18:39en mettant en scène
18:40beaucoup de Molière.
18:41Oui.
18:42J'adore Molière
18:43si j'ai eu un coup de cœur
18:44je n'ai pas fait
18:45beaucoup d'études
18:46j'ai eu des notes
18:49très mauvaises en français
18:50en plus au bac
18:50mais il y avait quelque chose
18:53comme si je me réconciliais
18:54avec mon manque de culture
18:55avec Molière
18:56je trouvais ça beau
18:57drôle
18:58et ça est devenu
19:00mon auteur fétiche
19:01j'ai monté neuf pièces
19:02de Molière.
19:02Oui et en même temps
19:03Jean-Philippe Laguerre
19:04des pièces pour les jeunes
19:05car ça ça a été important
19:06les classiques de Molière
19:08avec des pièces
19:09qui sont choisies
19:09pour que les jeunes
19:10s'y retrouvent.
19:10Oui en effet
19:11c'était Éclat Théâtre
19:12qui m'avait embauché
19:13à l'époque
19:13et qui faisait un spectacle
19:15destiné et aux enfants
19:16et aux adultes
19:16on jouait à la fois
19:17en soirée
19:18et à la fois
19:18en matinée
19:19et les matinées parisiennes
19:20mais l'objectif
19:21c'est qu'un jeune de 8 ans
19:23puisse s'y retrouver
19:23donc j'ai vraiment
19:25au départ monté des pièces
19:26et pour les enfants
19:27et pour le tout public
19:28mais en essayant
19:29d'amener un éclairage
19:31que ce soit
19:31quelque chose
19:32du tas de troupes
19:34décomplexées
19:35très rythmées
19:36pour que ce soit très
19:37oui
19:38que de 7 à 107 ans
19:39on puisse s'y retrouver
19:40Et ces matinées
19:41avaient lieu
19:42je crois
19:42ils ont toujours lieu
19:43au Rhein-de-Lague
19:43Au début
19:45c'était pas au Rhein-de-Lague
19:45c'était au Théâtre
19:46de la Porte Saint-Martin
19:47que j'ai mis en scène
19:48au Théâtre du Gymnase
19:49au Comédia à l'époque
19:51qui s'appelait
19:51La Seine Libre
19:52maintenant
19:52et après
19:52notre compagnie
19:54on a vraiment
19:54depuis 10 ans
19:55un partenariat
19:56très fort avec le Rhein-de-Lague
19:57puisqu'on y présente
19:58en matinée
19:59et en soirée
20:00nos grands classiques
20:01Cyrano de Bergeac
20:01Le Cidre
20:02des pièces de Molière
20:03Les Trois Mousquetaires
20:04qui avaient été créés là-bas
20:05ça fait 10 ans
20:06qu'on a un partenariat
20:07et là j'ai Marius
20:08qui joue en ce moment
20:08que vous avez adopté
20:10pour les 50 ans
20:10de la mort de Pagnol
20:12alors il se trouve
20:13qu'il y a
20:14les fombeuries de Scapin
20:15et il y a une réplique
20:16que diable allait-il faire
20:17dans cette galère
20:18qui serait inspirée
20:19du pédant
20:20une pièce
20:21de Cyrano de Bergeac
20:22le vrai
20:22et Cyrano de Bergeac
20:24vous l'avez montée
20:24aussi à votre façon
20:25et oui c'est vrai
20:26c'est vrai que Cyrano
20:28c'est quand même
20:28la pièce mythique
20:29je rêvais
20:30je rêvais pas forcément
20:31de monter Cyrano
20:32mais c'est ma femme Charlotte
20:33qui m'a dit
20:34si tu veux me faire plaisir
20:35un jour
20:35j'adorerais jouer Roxane
20:37dans Cyrano
20:37donc comme j'aime ma femme
20:38j'ai monté Cyrano
20:39et je n'ai pas regardé
20:40puisqu'on le joue
20:41depuis 12 ans
20:42et on en est à plus
20:43de 850 formations
20:44c'est le Cyrano
20:44le plus joué
20:45de toute l'histoire
20:45et en même temps
20:46vous avez monté
20:47un autre spectacle
20:48pour les jeunes
20:48qui continuent
20:49à avoir du succès
20:50c'est Aladdin
20:51oui Aladdin
20:52ça fait la 16ème année
20:53j'ai fait une adaptation
20:55à partir des Condé
20:56Mille et Nuit
20:57l'esprit Disney aussi
20:59que j'ai fait
21:01l'adaptation
21:02avec Igor de Chaillet
21:03puis j'en ai fait
21:03la mise en scène
21:04on a démarré
21:04Haute à des Variétés
21:05on a joué très longtemps
21:06Palais Royal
21:07le dernier était Haute à 30 ans
21:08et là il est en tournée
21:09en ce moment
21:09il jouait hier
21:10encore en tournée
21:11comme il y a encore
21:12énormément de spectateurs
21:14qui viennent le voir
21:14on n'arrive pas à l'arrêter
21:16vous êtes avec Peter Pan
21:18qui est joué par la même troupe
21:19depuis 20 ans
21:19d'ailleurs
21:20les enfants ont grandi
21:21le recordman du genre
21:22je crois que Peter Pan
21:23ils ont démarré avant nous
21:24et au nombre d'augmentation
21:25je pense qu'ils sont encore
21:26un peu devant
21:26mais je pense qu'Aladin
21:28est le jeune public
21:28le plus joué de l'histoire
21:30avec Peter Pan
21:31on ne va pas faire le concours
21:32non plus
21:32et je pense qu'il n'existe pas
21:3416 ans sur un jeune public
21:36dans des théâtres
21:36puisqu'ils font entre
21:377 et 900 places
21:38c'est vrai que c'est un succès
21:41du jeune public
21:41il y a eu aussi
21:42la flûte enchantée de Mozart
21:43ça aussi pour les jeunes
21:45c'est pas évident
21:46oui mais là
21:46je l'ai fait
21:47et en matinée d'abord
21:49et au théâtre comédia
21:50à l'époque
21:51et ça a été un énorme succès
21:52on a joué 2 ans en complet
21:54non-stop
21:54et après j'ai appris plus tard
21:56en soirée au théâtre des variétés
21:57dans une nouvelle adaptation
21:58avec d'autres chanteurs
22:00et ça j'ai adoré
22:01mélanger
22:02j'adore
22:03de toute façon
22:03j'aime beaucoup
22:04quand il y a des disciplines
22:04différentes sur scène
22:05qui est de la danse
22:06du chant
22:07des combats
22:08on fait beaucoup de spectacles
22:09il y a des combats aussi
22:09et la flûte enchantée
22:10ça a été un très très grand souvenir
22:12oui mais il y a eu
22:13d'autres spectacles aussi
22:14qui ont eu beaucoup de succès
22:15et on va les évoquer
22:17à travers la date
22:17du 6 juillet 2016
22:19à tout de suite
22:19sur Sud Radio
22:20avec Jean-Philippe Daguerre
22:22Sud Radio
22:23les clés d'une vie
22:24Jacques Pessis
22:25Sud Radio
22:25les clés d'une vie
22:26mon invité
22:27Jean-Philippe Daguerre
22:28nous parlerons tout à l'heure
22:29de ce roman
22:31La femme qui n'est pas
22:32Rabi Jacob
22:32chez Alba Michel
22:33qui est en même temps
22:34une pièce de théâtre
22:34au petit Montparnasse
22:35autant jouer les deux cartes
22:37en même temps
22:37quand on a votre talent
22:38alors j'ai trouvé une date
22:40effectivement
22:40qui est le 6 juillet 2016
22:42c'est la première
22:43à Avignon
22:44de Adieu Monsieur Affmann
22:45je crois
22:46devant 18 spectateurs
22:47oui
22:47c'est ça
22:49parce qu'à Avignon
22:50quand on lance une pièce
22:51sans tête d'affiche
22:52il faut doucement
22:54on rame un peu
22:55il y a 24 représentations
22:56de prévues
22:57je crois
22:57oui c'est ça
22:57et alors il y en avait 18
22:59après il y en a eu 36
23:00après il y en a 58
23:01après il y en a eu 96
23:02et puis dès la semaine d'après
23:03on était complet
23:04alors il se trouve
23:04que le théâtre
23:05ça a commencé pour vous
23:06au départ
23:07l'écriture de théâtre originale
23:08avec une pièce
23:09qui s'appelait
23:09Nous sommes une femme
23:10oui que j'avais co-écrite
23:12alors d'abord
23:12il y a eu une pièce
23:14qui s'appelait
23:14Cupidon n'a pas dit non
23:15que j'avais créé
23:17dans un tout petit théâtre
23:17de 33 places
23:18le théâtre Pixel
23:19que j'avais joué après
23:20à l'Acté en théâtre
23:21et donc je m'étais déjà
23:23lancé un petit peu
23:24dans l'écriture
23:24et ça avait été
23:25assez encourageant
23:26mais je n'ambitionnais pas
23:27de devenir auteur
23:28je m'étais plus fait ça
23:29j'avais fait ça
23:30pour me faire plaisir
23:30avec une bande de copains
23:31et après avec Charlotte
23:33on a écrit
23:33Nous sommes une femme
23:34tous les deux
23:34et ça ça a été le début
23:36aussi d'une collaboration
23:38dans la vie
23:39également dans l'écriture
23:40même si après
23:40j'ai navigué tout seul
23:42dans l'écriture
23:43mais c'est vrai
23:44que Nous sommes une femme
23:45ça a été
23:46c'est ma première création
23:49avec une idée originale
23:51mais je l'associe
23:52à Charlotte
23:52puisqu'on l'a fait
23:53tous les deux
23:53Et Adieu Monsieur Haffmann
23:55c'est né comment l'idée ?
23:56Adieu Monsieur Haffmann
23:57c'est
23:58l'idée elle est née
23:59d'un
23:59on jouait au théâtre Michel
24:02des classiques
24:03à l'époque
24:03tout le temps
24:04et on voulait absolument
24:05pouvoir jouer en soirée
24:06et puis
24:07le directeur du théâtre
24:08Didier Caron
24:09disait
24:09moi je ne fais jouer
24:10que des auteurs contemporains
24:11vivants
24:13et non pas
24:14les auteurs morts
24:15parce qu'à l'époque
24:15je montais Molière
24:16Cyrano Bergerac
24:17tout ça
24:17et donc
24:18je me suis donné
24:20je vais essayer
24:20d'écrire une pièce
24:21pour le convaincre
24:22et c'était Adieu Monsieur Haffmann
24:24mais il n'a pas été convaincu
24:25puisqu'il ne l'a pas programmé
24:28il a trouvé ça bien
24:29mais il n'a pas programmé
24:29et du coup
24:30c'est Thibaut Houdinière
24:31et Fleur Houdinière
24:32qui ont eu
24:33un coup de foudre
24:35sur le texte
24:35et qui l'ont finalement
24:37produit à Avignon
24:38avant qu'on débarque
24:39après à Paris
24:40il faut que l'histoire
24:41on le rappelle
24:41c'est Joseph Huffmann
24:43qui demande à son employé
24:44de gérer provisamment
24:45la bijouterie à sa place
24:46et de le cacher dans sa cave
24:47donc on est en pleine guerre
24:49et là aussi
24:50vous arrivez avec un sujet
24:51qui n'était pas évident
24:52au départ
24:53Jean-Philippe Daguerre
24:53oui parce qu'au début
24:55je ne savais pas
24:56si j'allais le placer
24:56mon sujet
24:57c'était pas ça le sujet
24:59le sujet c'est
25:00j'avais deux couples d'amis
25:02qui avaient du mal
25:03à avoir un enfant
25:04trois couples même
25:04et ça faisait des années
25:06qu'ils n'y arrivaient pas
25:07et ils ont fini
25:08par en avoir
25:09les trois couples
25:10ça a été très long
25:11et j'ai pu voir
25:12à travers notre amitié
25:13toutes les difficultés
25:14par lesquelles ils sont passés
25:15par rapport à leur couple
25:16l'obsession
25:17c'est d'avoir un enfant
25:18quand on veut avoir un enfant
25:19et je me suis dit
25:21ça serait intéressant
25:21d'en faire un sujet
25:22mais qui se passe
25:23à une époque
25:23où on n'avait pas
25:24les mêmes moyens
25:24pour une fertilisation
25:27et donc je suis remonté
25:29dans les années 40
25:30parce que ça a fait écho
25:31à un spectacle
25:32que je n'ai jamais pu monter
25:33sur l'histoire de la radio
25:34je voulais monter la radio
25:36à travers le temps
25:37Radio Mémoire
25:38et je n'ai jamais pu monter
25:40ce spectacle
25:41et il y avait des émissions
25:42dedans incroyables
25:43tout au long
25:44qui racontaient
25:45l'histoire de France
25:45à partir de 1930 et quelques
25:46et on traversait la guerre
25:48et l'occupation
25:49avec les fameuses
25:50et terribles émissions antisémites
25:52qu'on entend dans la pièce
25:53où on entend de façon
25:54totalement décomplexée
25:55les gens parlaient des juifs
25:56de cette manière là
25:57et j'ai aussi
25:58ces émissions
25:59on peut quand même
25:59les faire entendre un jour
26:00elles sont incroyables
26:01par rapport à l'antisémitisme
26:02et mon sujet
26:05sur la fertilité
26:06et ça
26:08ça s'est mélangé
26:09et j'ai eu l'inspiration
26:10de faire mon histoire
26:11le prix d'un enfant
26:13cette histoire
26:14d'un employé
26:15qui demande à son patron
26:15de lui faire un enfant
26:16parce qu'il est stérile
26:17et dans ce cas là
26:18il veut bien s'occuper
26:18de sa boutique
26:19même s'il est caché
26:20dans la cave
26:20parce qu'il a une étoile jaune
26:22alors il faut savoir
26:23par rapport à la radio
26:24que le TED du Ranelag
26:25je ne sais pas si vous le savez
26:25c'est là où pendant 20 ans
26:27toutes les grandes émissions
26:28de Radio Luxembourg
26:29ont été enregistrées
26:30oui je le savais
26:31y compris les feuilletons
26:32alors il se trouve
26:33qu'à Dieu M. Haffmann
26:34vous l'avez écrit
26:35dans un moment très particulier
26:36un appartement
26:37où il y avait des photos
26:38de Charlie Chaplin
26:39oui j'ai eu la chance
26:41à l'époque
26:41j'avais mis en scène
26:42Annie Chaplin
26:43qui est la dernière fille
26:44de Charlie Chaplin
26:44dans une pièce
26:45qui s'appelait
26:45La Belle Vie
26:46de Jean Hanouil
26:46et on a eu une grande amitié
26:48avec Annie
26:48et au moment où je devais
26:51écrire à Dieu M. Haffmann
26:52elle me dit
26:52mais va
26:53va chez moi
26:54je te prête
26:55un appartement
26:55que j'ai
26:56à Vevey
26:57en Suisse
26:58en face du lac
27:00et donc je me retrouve
27:02pendant dix jours
27:03dans son appartement
27:03avec le portrait
27:05de Charlie Chaplin
27:06au-dessus de mon ordinateur
27:07dans les bras
27:08de Charlie Chaplin
27:09Annie
27:09qui a un an et demi
27:10on voit Charlie Chaplin
27:11qui la regarde
27:12avec ce regard
27:13qui n'appartient qu'à lui
27:15son enfant
27:16comme ça
27:17et je me rappelle
27:17à chaque fois
27:18que je regardais
27:19souvent le portrait
27:20et je me disais
27:20donne-moi du génie
27:21donne-moi des idées
27:23c'est vrai que
27:24je m'inspirais
27:25du génie de Chaplin
27:26qui est quand même
27:27mon idole cinématographique
27:29c'est vrai que
27:30de me retrouver
27:30dans cet endroit
27:31même si lui
27:31n'y avait pas vécu
27:32c'est un appartement
27:33qui
27:33ils ont beaucoup
27:35de biens là-bas
27:35du côté de Vevey
27:36mais bon
27:37il y avait toutes ces traces
27:38Annie a mis toutes les traces
27:39de son père
27:40et de sa vie
27:41dans cet appartement
27:42donc j'ai l'impression
27:43d'être un peu
27:43dans un musée
27:44un peu privilégié
27:45en tout cas
27:45je ne sais pas
27:46si ça augurait
27:48le succès
27:49de la pièce
27:50mais en tout cas
27:50c'était
27:51un souvenir impérissable
27:53parce qu'en plus
27:53Charlie Chaplin
27:54s'est retrouvé à Vevey
27:55lorsqu'il a dû quitter
27:56les Etats-Unis
27:56il a visité par hasard
27:58à Manoir
27:59le 7 décembre 52
28:00et le 31 décembre
28:01il l'a acheté
28:02il s'est installé
28:02le 3 janvier 53
28:03et il a passé
28:04le reste de sa vie
28:05c'est devenu un musée
28:06maintenant
28:07il y a beaucoup
28:09de visiteurs
28:10alors il se trouve
28:10que l'écriture
28:11quand vous écrivez
28:13Jean-Philippe Daguerre
28:14plus rien ne compte
28:14c'est jour et nuit
28:16oui
28:16j'ai écrit très vite
28:17toutes mes versions
28:18toutes mes pièces
28:20je les ai faites
28:20la version 1
28:22en une semaine
28:23je m'isole
28:25et je nuit
28:27et jour
28:28et quand je dois
28:28m'endormir
28:29je m'endors
28:29quand je dois manger
28:30je mange
28:30je me laisse
28:31comme l'emporter
28:32par l'inspiration
28:33par les personnages
28:34une forme de
28:35je rentre un peu
28:36dans un endroit
28:37très
28:39c'est très personnel
28:41c'est très éprouvant
28:43parce que j'en sors
28:44souvent je me mets
28:44un peu à pleurer
28:45avec mes personnages
28:46à rire avec
28:47et j'en sors
28:47lessivé
28:48mais au moins
28:49c'est comme ça
28:50mon processus
28:51de création
28:52c'est comme ça
28:53que ça fonctionne
28:54oui
28:54et vous lisez
28:55les scènes
28:55à haute voix
28:56oui
28:57parce que je suis comédien
28:58aussi
28:58donc ça me permet
28:58de voir si ça sonne
29:00la phrase
29:01il y a une rythmique
29:03que je cherche tout le temps
29:04c'est très important
29:05pour moi
29:05il y a le sens
29:06et il y a le son
29:06et le son
29:07il vient beaucoup
29:08de l'articulation
29:09la façon de dire les mots
29:09voir comment il sonne
29:10dans la bouche
29:11c'est ce que faisait
29:12Fedot
29:12qui écrivait
29:13et qui se lisait
29:14en marchant
29:15et quand il riait
29:16il gardait la scène
29:17sinon il l'achetait
29:17c'est un autre truc
29:19génial
29:19alors le succès est arrivé
29:20de Adieu M. Hoffman
29:21un succès que vous n'imaginiez pas
29:23Jean-Philippe Laguerre
29:24non bien sûr
29:24je pense qu'on ne peut jamais
29:25imaginer un tel succès
29:27c'est vrai que
29:27on l'a joué pendant
29:29quasiment 10 ans
29:30on le joue encore
29:30il joue encore à Boston
29:31il y a un mois
29:33le spectacle
29:34avec l'adaptation au cinéma
29:35et puis on a fait
29:361160 représentations
29:38c'est énorme
29:39pour une pièce
29:41qui est plus une dramatique
29:41avec aucune tête d'affiche
29:43donc c'est vrai que
29:44on a fait le tour du monde
29:46on a joué en Chine
29:46on a joué aux Etats-Unis
29:48au Canada
29:48au Liban
29:49en Israël
29:50on a joué dans plein d'endroits
29:52c'est extraordinaire
29:52et c'est vu tout de suite
29:53par le bouche à oreille
29:54oui
29:55je pense que c'est
29:57un alignement
29:58de planète
29:59d'abord on a démarré
30:00à Avignon
30:00on a fait fort
30:01on n'est pas arrivé
30:02à Paris tout de suite
30:03on a attendu encore
30:04une année à Avignon
30:04et puis après
30:05petit Montparnasse
30:06après ça a grandi
30:07au rive gauche
30:08à la Renaissance
30:09au Tristan Bernard
30:10ça ne s'arrêtait pas
30:13et quatre molières
30:14quand même
30:14oui ça a beaucoup aidé
30:15c'est sûr que de toute façon
30:16quand vous faites une pièce
30:18sans tête d'affiche
30:19et que vous avez des molières
30:21tout d'un coup
30:22ça aide énormément
30:23au succès du spectacle
30:24et le sentiment
30:24qu'on a
30:25quand on reçoit
30:26son premier molière
30:27quand on entend son nom
30:28ou le nom de la pièce
30:29c'est compliqué
30:31j'aimerais vous dire
30:32c'est la joie
30:33et le bonheur
30:34mais moi je ne sais pas pourquoi
30:35à chaque fois
30:36que j'ai reçu des molières
30:39il y a une
30:39c'est toujours lié
30:40à des tragédies personnelles
30:41de vie
30:42donc sur Aftman
30:43j'ai une comienne
30:46qui devait jouer dedans
30:46avec qui j'ai
30:47connu tellement bien
30:49puisqu'elle a été la mère
30:50de mon premier enfant
30:51et qui est décédée
30:52et qui devait jouer le rôle
30:53et qui a été remplacée
30:53par ma femme actuelle
30:54Charlotte
30:55donc c'était quand même
30:56nourri d'un truc
30:56très particulier
30:57d'assez beau d'ailleurs
30:59de transmission
31:00mais c'était difficile
31:01pour moi d'avoir de l'euphorie
31:02je suis quelqu'un
31:05de joyeux
31:05mais qui est très nourri
31:07des gens qui sont partis
31:08et Laurence
31:09c'était quelqu'un
31:10de très important pour moi
31:11malgré notre séparation
31:13on a un enfant ensemble
31:14et on a réussi à allier
31:15une amitié
31:16qui a duré jusqu'à la fin
31:16et pareil sur le charbon
31:18dans les veines
31:18j'ai remplacé un comédien
31:20Yves Roux
31:20qui est décédé
31:21et qui devait jouer le rôle
31:22que je joue à sa place
31:23en lui disant
31:24tu vas t'en sortir
31:25je le joue à un attendant
31:26que tu reviennes
31:26quand j'ai eu les Molières
31:27ça a pris le dessus
31:30mon émotion
31:30plus que sur ma
31:31excusez-moi
31:33que sur ma joie
31:34je vous comprends
31:35et du charbon dans les veines
31:36bon
31:37quand on a une pièce à succès
31:38il faut transformer l'essai
31:39et vous l'avez
31:40transformé
31:40au lieu de la désespérance
31:41puisque vous avez eu
31:425 Molières
31:43bah oui
31:44non mais c'est aussi
31:45c'est des petits miracles
31:46de la vie
31:46c'est vrai que
31:475 nominations
31:495 Molières
31:49je sais pas
31:51c'est comme ça
31:52sur un spectacle
31:52qui était pas facile au départ
31:53sur un sujet difficile
31:54quand ça s'appelle
31:55du charbon les veines
31:55on se dit
31:56on va aller voir un truc
31:56un peu déprimant
31:57sur un truc social
31:58qui raconte
31:59la vie dans les mines
32:00et la pièce
32:01c'est pas ça
32:01c'est pas
32:02la pièce
32:03c'est une pièce
32:03avec de la joie
32:04dans un des endroits
32:05les plus durs qui soient
32:05donc les gens
32:06ont été au fur et à mesure
32:07surpris de voir
32:08à quel point il y a
32:09un message de joie
32:10et de vie
32:13je pense très sombre
32:14et qui est sombre
32:14mais la force du spectacle
32:16c'est que le bouche à oreille
32:17c'est pareil
32:17c'est le bouche à oreille
32:18qui a fait que les gens
32:19sont venus
32:19parce qu'ils se sont dit
32:20on croyait aller voir un truc
32:21qui allait nous plomber
32:23et en fait
32:23voir une pièce
32:24qui nous fait du bien
32:25et l'idée je crois
32:26est venue
32:26en voyant un documentaire
32:28de Lina
32:28sur le sujet
32:29de 20 minutes
32:30d'un jeune mineur
32:31qui creusait 6 jours sur 7
32:33et qui élevait
32:33un pigeon voyageur
32:34c'était son hobby
32:36et je trouvais ça beau
32:37d'élever un être vivant
32:39quand on vit sous terre
32:40et qui barre vers le ciel
32:41je me dis
32:42il y a un beau sujet de théâtre à faire
32:43et le premier reportage
32:44sur la mine
32:45je ne sais pas si vous le savez
32:45c'est Pierre Tchernia
32:46qu'il a réalisé
32:47avec Igor Barrère
32:48le 14 avril 1954
32:50il est descendu
32:51au fond de la mine
32:52à Lens
32:52et il y avait 15 kilomètres
32:54de cap
32:5430 techniciens
32:55et pour la première fois
32:56la famille a pu voir
32:58le père travailler à la mine
33:00c'était un événement
33:00je l'ai vu ce reportage
33:02c'est extraordinaire
33:02c'est incroyable
33:04le but de Pierre Tchernia
33:04c'est quelqu'un que j'adorais
33:05il était pendant le symbole
33:06de Monsieur Cinéma
33:07de voir Pierre Tchernia faire ça
33:09ça m'avait encore pu se toucher
33:10alors effectivement
33:11cette pièce marche très bien
33:13et surtout
33:13il y a un côté paysan
33:15qui correspond à votre famille
33:16car finalement
33:17vous êtes d'origine modeste
33:18oui
33:20je suis du côté
33:20de ma mère
33:21de milieu très modeste
33:23un paysan
33:24et un petit épicier
33:26un petit épicerie
33:27à Montauban
33:27et dans la campagne de Montauban
33:29mon père lui
33:29il suit d'un milieu
33:30plus fonctionnaire
33:32militaire
33:33instituteur
33:34fonction publique
33:36fonction publique
33:37mais des gens simples
33:38et des deux côtés
33:39des gens simples
33:39et puis la télévision
33:41a joué un rôle important
33:42aussi bien dans la pièce
33:42puisque vous avez vous
33:43des souvenirs
33:44Jean-Philippe Daguerre
33:45de la télévision
33:46en noir et blanc
33:46ah oui complètement
33:47j'ai des souvenirs incroyables
33:49je me rappellerai
33:50la première fois
33:50où j'ai vu la couleur
33:51c'était chez des voisins
33:52on était dans un petit immeuble
33:54à Pessac
33:54et il y avait
33:55l'île aux enfants
33:56qui passait
33:56exactement
33:56il y avait ça
33:57ça vous a marqué
34:06ça vous a marqué ça
34:06oui parce que les enfants
34:07il y avait deux chaînes
34:09à l'époque je crois
34:10et c'est vrai qu'on le voyait
34:11toujours noir et blanc
34:11et puis tout d'un coup
34:12la couleur est arrivée
34:13et les voisins ont acheté
34:15une télé en couleur
34:16et tous les enfants
34:17ils nous donnaient rendez-vous
34:18ils nous ont dit
34:18on était 7-8 enfants
34:20à regarder l'île aux enfants
34:22en couleur
34:22chez les voisins
34:23qui ont traversé
34:24les générations
34:25puisque en fait
34:27ça a été monté
34:27parce qu'il manquait
34:285 minutes
34:29de Cézanne Street
34:30pour Christophe Isard
34:31ils ont monté ça par hasard
34:32on sait le succès
34:32que ça a eu
34:33et toutes vos pièces
34:34vous l'avez dit
34:35ont un point commun
34:36ce sont des leçons
34:37de joie et d'espoir
34:38oui
34:39moi j'essaie de trouver
34:40tout le temps
34:41un chez l'humain
34:42malgré tous nos défauts
34:43et Dieu sait
34:44si l'homme en a
34:45je trouve que c'est très louable
34:46de créer une société
34:47de vouloir créer une société
34:48c'est l'idée
34:49que je me fais de la vie
34:50c'est à dire
34:51on a une petite vie
34:52il faut en faire quelque chose
34:53on essaye de vivre ensemble
34:53alors qu'on est tous égoïstes
34:55qu'on a envie d'avoir
34:55la plus belle maison
34:56la plus belle femme
34:57la plus belle vie
34:57le plus d'argent
34:58on a naturellement
34:59on se compare tout le temps
35:01les uns les autres
35:01mais pourtant on fait le pari
35:02d'essayer de faire une société
35:03en n'ayant pas forcément
35:04les mêmes idées
35:04les mêmes atouts
35:05et je trouve ça assez beau
35:06ce pari chez l'animal
35:08les animaux
35:08ils s'affrontent quand même
35:09un petit peu
35:10nous on s'affronte
35:11mais on essaye quand même
35:11de faire une société
35:12et moi je trouve ça fort
35:13de rappeler
35:14qu'on essaye quand même
35:15de faire ce qu'on peut
35:15pour vivre ensemble
35:16je trouve que c'est important
35:17de le rappeler
35:18et c'est un pari gagné
35:19pour vous
35:19et un pari qui continue
35:20avec une activité
35:22qu'on va évoquer
35:22à travers la date
35:23du 8 janvier 2026
35:25à tout de suite
35:25sur Sud Radio
35:26avec Jean-Philippe Daguerre
35:28Sud Radio
35:29les clés d'une vie
35:30Jacques Pessis
35:31Sud Radio
35:32les clés d'une vie
35:33mon invité
35:33Jean-Philippe Daguerre
35:34on a évoqué votre parcours
35:35et vos succès au théâtre
35:37et puis là
35:37le 8 janvier 2026
35:39est sorti votre premier roman
35:41La femme qui n'est pas
35:42Rabbi Jacob
35:43chez Elba Michel
35:43alors c'est un roman
35:45inspiré d'une histoire vraie
35:47c'est Bertrand Taman
35:49le directeur du Tade Montparnasse
35:50avec qui je déjeune
35:51le lendemain des 50 ans
35:52de la sortie du film
35:53Rabbi Jacob
35:54il a écouté une émission
35:55à la radio
35:55et il m'a dit
35:56j'ai appris un truc incroyable
35:57c'est ce détournement d'avion
35:59qui a eu le jour
36:00de la sortie de Rabbi Jacob
36:02de la femme de Georges Craven
36:03qui décide de détourner un avion
36:06pour que le film ne sorte pas
36:07et il m'a dit
36:08c'est un sujet pour toi
36:09et si tu m'écris une pièce
36:11je te la produirai
36:13donc je vais voir
36:14Albin Michel
36:14je leur dis
36:15parce qu'il m'avait déjà édité deux pièces
36:17et je raconte le sujet
36:18à Gérard de Cortance
36:19qui est mon référent
36:20chez Albin Michel
36:21et il me dit
36:21mais ça il faut en faire un roman
36:23je lui dis
36:23mais moi un roman
36:24je n'en ai jamais écrit
36:24il faut que tu fasses un roman
36:26et donc il me convainc
36:27d'essayer de faire un roman
36:28donc je fais le roman
36:29et du roman
36:30j'en ai sorti une pièce
36:31parce que je tenais quand même
36:32à aller jusqu'au bout
36:33avec Bertrand Taman
36:34qui m'a dit
36:35j'aimerais beaucoup
36:35qu'il en faire une pièce
36:36donc j'ai fait le roman
36:38et à partir du moment
36:38j'ai écrit la pièce
36:39alors il se trouve
36:40qu'on est le 18 octobre 1973
36:42et cette femme
36:43munie d'une arme
36:4622 longs rifles
36:46va menacer
36:48le commandant de bord
36:50et son équipe
36:50si on n'arrête pas
36:52les projections
36:54de Ravi Jacob
36:55qui ne doit pas sortir
36:56et cette femme
36:56elle est connue
36:57dans le tout Paris
36:57c'est Daniel Craven
36:59la femme de Jean Craven
37:00qui est l'homme
37:01le plus puissant
37:01en communication
37:02de l'époque
37:03car c'est lui
37:04qui n'a pas encore fait
37:05les Césars et les Molières
37:06mais il a fait
37:06beaucoup d'autres choses
37:07et en particulier
37:08c'est lui
37:09qui a organisé
37:11la première
37:12de Gilbert Beko
37:13à Moscou
37:13avec un Boeing affrété
37:15pour Nathalie
37:16et c'est vrai
37:18que cette revendication
37:21est toujours en l'actualité
37:22puisque finalement
37:22ce que veut cette femme
37:23c'est la paix
37:24entre Arabes et Israéliens
37:25c'était une humaniste
37:27enfin c'était une idéaliste
37:28et là
37:29elle a eu un coup de folie
37:30elle a eu un coup de folie
37:34en détournant cet avion
37:35mais c'est une femme
37:37qui m'a énormément touché
37:39parce que l'acte est insensé
37:41mais derrière cet acte
37:44je voulais comprendre
37:45comment une femme
37:45peut en arriver là
37:46surtout une femme
37:46qui est la femme
37:47d'un homme puissant
37:48et comment on peut en arriver là
37:50et du coup
37:50en fouillant dans sa vie
37:51les témoignages
37:52que j'ai pu avoir sur elle
37:53je me suis énormément
37:54attaché à elle
37:55et c'est pour ça
37:55c'est plus
37:56au-delà de l'événement
37:57je trouve que cette femme
37:59est incroyable
37:59par rapport à son comportement
38:00avec ses lubies
38:02ses envies
38:02et puis elle avait aussi
38:04une maladie
38:04qui s'appelle
38:04la bipolarité
38:05qu'à l'époque
38:06on n'en parlait pas
38:08parce que c'était plus
38:08on en disait
38:09maniaco-dépressif
38:10et je trouve que
38:12c'est une maladie
38:13qui touche beaucoup de gens
38:14et j'ai une amie
38:15et plusieurs amis
38:15qui sont atteints
38:16de cette maladie
38:17notamment une amie
38:18que j'aime énormément
38:18et je trouve que ce sont
38:19des gens extrêmement
38:20fascinants
38:21par leur engagement
38:23quand ils sont engagés
38:24dans quelque chose
38:25et malheureusement
38:26il y a le retour du bâton
38:27en effet
38:27et donc je trouvais intéressant
38:28aussi
38:28de raconter à travers
38:30cette histoire vraie
38:31d'imaginer
38:32cette femme
38:33dans ce contexte-là
38:34alors cette affaire
38:35moi je m'en souviens
38:36j'étais jeune journaliste
38:37j'avais même rencontré
38:38Daniel Craven
38:39quelques mois avant
38:40effectivement
38:41elle avait paru
38:42assez étonnante
38:42il a fallu reconstituer
38:44l'histoire
38:44et donc
38:45Georges Craven étant mort
38:46il fallait obtenir
38:46des témoignages
38:47c'était très difficile
38:48j'ai eu des témoignages
38:49de gens qui l'ont connu
38:50et puis finalement
38:52je suis arrivé vers
38:53les enfants
38:54mais de façon très
38:55pas simple
38:57parce que les enfants
38:58c'est un souvenir
38:59très douloureux
38:59et puis moi je voulais
39:00absolument pas remuer
39:02le couteau dans la plaie
39:03c'était très important
39:04pour moi
39:05d'être vraiment
39:05sur l'hommage
39:06d'une femme
39:07qu'on a appelée
39:08un peu vulgairement
39:09la folle à la carabine
39:10etc
39:10et je trouvais
39:12j'avais envie
39:13de rendre hommage
39:14à cette femme
39:14qui a fait un truc
39:15extraordinaire
39:16que peu de personnes
39:17sont capables de faire
39:17et c'est pour ça
39:18que j'ai fait le livre
39:20c'est qu'elle a réconcilié
39:21Georges Craven
39:21avec son fils
39:22Charles
39:23elle n'était même pas
39:25au courant
39:25que Georges Craven
39:26avait un fils
39:26donc il épouse une femme
39:28à qui il fait deux enfants
39:29sans lui dire
39:30qu'il a déjà un fils
39:30elle l'apprend
39:32par quelqu'un d'autre
39:32et elle appelle ce fils
39:34en lui disant
39:34je suis la femme
39:35de ton père
39:35et à partir de maintenant
39:37tu es comme un fils
39:37pour moi
39:38tu peux revenir à la maison
39:39avec ta femme
39:40tes enfants
39:41tu seras toujours chez nous
39:42tu es un fils pour moi
39:43et du coup
39:44elle a réconcilié
39:45Georges Craven avec ce fils
39:46et moi je voulais
39:47rendre hommage
39:48à cette femme là
39:48j'ai parti dans le leitmotiv
39:50en disant
39:50j'ai réconcilié un fils
39:51avec son père
39:52je peux réconcilier
39:53les arabes et les juifs
39:54alors il se trouve
39:55que tout a commencé
39:56vous le racontez au début
39:57du livre au Fouquets
39:58Georges Craven
39:59est tous les jours au Fouquets
40:00à l'époque
40:00il est dirigé
40:01par Maurice Casanova
40:02et d'ailleurs
40:02il va lui soumettre
40:03l'idée des Césars
40:04et des Molières
40:05et c'est pour ça
40:05qu'à l'entrée du Fouquets
40:06à Paris au Champs-Elysées
40:07il y a aujourd'hui
40:08des plaques
40:09avec tous les lauréats
40:10et c'est vrai que
40:11les Molières
40:12vous avez connu
40:13ces dîners d'après Molière
40:14bien sûr
40:14quand j'ai eu à Femant
40:16j'ai eu les dîners
40:16c'était au Fouquets
40:17mais c'est vrai que
40:18parfois on suit les signes
40:19quand on a un sujet
40:20c'est quand même incroyable
40:21tout d'un coup
40:21je m'en suis rendu compte
40:22en parlant avec
40:23François-David Craven
40:25j'ai dit
40:26moi ma carrière
40:27je dois beaucoup aux Molières
40:28parce que
40:30je le sais très bien
40:31n'ayant pas de tête d'affiche
40:32c'est les Molières
40:33qu'il faut que tout d'un coup
40:33on met en avant
40:35ce que j'écris
40:36ou ce que je mets en scène
40:37et ces Molières
40:38c'est quand même créé
40:39par Georges Craven
40:40s'il n'avait pas été là
40:40je pense que
40:41je n'aurais pas du tout
40:42fait la carrière que j'ai faite
40:43donc c'est marrant
40:43de me retrouver
40:44enfin c'est marrant
40:45c'est pas marrant
40:45parce que c'est quand même
40:46une tragédie
40:46donc je veux rester
40:47je ne veux pas tomber
40:48dans l'euphorie
40:49parce que ça raconte
40:50une tragédie
40:51mais avec beaucoup d'humour aussi
40:52puisqu'il y a Louis de Funès
40:53qui est présent
40:53et je suis un fan
40:54de Louis de Funès
40:55et donc du coup
40:56ça me permettait de raconter
40:57cette histoire extraordinaire
40:58de femme
40:59rendre hommage à cette femme
41:06mais également
41:08de ressusciter
41:10Louis de Funès
41:11à l'intérieur du tournage
41:13de Rabbi Jacob
41:13d'imaginer des scènes
41:15autour du tournage
41:17en le faisant parler
41:18vivre
41:19voilà moi c'est vrai
41:20que ça a été un grand plaisir
41:21aussi
41:22de me replonger
41:24dans la carrière
41:26de Louis de Funès
41:26et également dans le tournage
41:27de Rabbi Jacob
41:28oui parce que l'histoire
41:29débute au Fouquet
41:30où Georges Craven
41:31doit déjeuner
41:31avec Louis de Funès
41:32qui est en retard
41:33et donc il rencontre
41:34cette jeune femme
41:35qui fête son anniversaire
41:36et c'est vrai qu'à l'époque
41:37au départ
41:38Louis de Funès
41:39et vous le racontez
41:39Jean-Philippe Daguer
41:40ne voulait pas tourner
41:41Rabbi Jacob
41:41il était très
41:42il n'y a pas que lui
41:43le producteur Poiré
41:44qui avait produit
41:45tous les succès d'avant
41:46la grande vadrouille
41:47la folie des grandeurs
41:48ils en voulaient pas
41:50on ne parle pas
41:51le leitmotiv
41:52on ne fait pas de comédie
41:53avec les religions
41:54c'est trop casse-gueule
41:55d'ailleurs ils ont hésité
41:56jusqu'au dernier moment
41:57dans l'anecdote
41:59il paraît que Gérard Ruy
41:59il arrachait lui-même
42:01les affiches
42:01il avait peur des conséquences
42:03il était quand même
42:04sous protection policière
42:05avant
42:08à la sortie du film
42:09il y avait une grande peur
42:10et ça a été un succès considérable
42:128 millions de spectateurs
42:13le plus gros succès
42:14du 20ème siècle du cinéma
42:15en France
42:15derrière la grande vadrouille
42:17et le premier titre
42:18c'était l'antisémite
42:19et le rabbin
42:19non alors ça c'est moi
42:20qui l'ai inventé
42:21non oui c'est un roman
42:22oui
42:22non ça c'est
42:23ça ça aurait été possible
42:25il faut pas croire
42:25j'ai fait comme si
42:26c'était crédible
42:27mais c'est quand même
42:28c'est marqué roman
42:28et je me suis inspiré
42:30de faits réels
42:31en inventant des choses
42:32mais en essayant d'être
42:34le plus proche de la réalité
42:35mais c'est vrai que
42:37voilà il y a des choses
42:37il y a Daniel Thompson
42:38qui a lu également le texte
42:39qui m'a validé
42:40elle m'a dit
42:41ça ça n'a pas existé
42:42mais bon
42:42c'est un roman
42:44c'est bien
42:44et il y a des choses
42:45qui ont existé
42:46elle m'a dit
42:46ça s'est vraiment passé comme ça
42:48donc c'est ça un roman
42:49un roman
42:49on part de quelque chose
42:50qui a existé
42:51et puis on délire
42:53on rêve avec lui
42:54quoi
42:54et vous évoquez naturellement
42:56cette danse
42:57que tout le monde connait
42:58Rabi Jacob
43:00elle va danser
43:02Rabi Jacob
43:04c'est très bien danser
43:05vous racontez aussi
43:07des répétitions
43:08de cette danse classique
43:10c'est vrai
43:11dans Rabi Jacob
43:13Louis de Funès
43:13l'a répété tout seul
43:14il voulait faire la surprise
43:15il voulait qu'il y a un côté
43:16il a répété avec le chorégraphe
43:17et tout ça
43:18mais Gérard Rory
43:18n'avait pas vu la danse avant
43:21moi j'ai une autre version
43:22c'est Vladimir Kosma
43:23qui m'a dit
43:24pendant un mois
43:25chaque lundi
43:26Will Funès est venu répéter
43:27chez moi cette danse
43:28et au tournage
43:29il a fait quelque chose
43:30de totalement différent
43:31de ce qui était prévu
43:31chacun a une histoire différente
43:34parce que Daniel Thompson
43:35quand on parle du tournage
43:36ou du film
43:36ou de la façon dont il a accueilli
43:37le film
43:38ne dit pas la même chose
43:39que disent d'autres personnes
43:40je pense qu'il y a une perception
43:41des choses
43:42elle est toujours particulière
43:43c'est sans doute vrai
43:44mais moi dans l'histoire
43:46je fais simplement une scène
43:47imaginaire
43:48où Daniel Craven
43:49vient le trouver
43:50pendant qu'il répète la danse
43:51et arrive une discussion
43:52par rapport à ça
43:53alors il se trouve
43:54que à l'époque
43:54Georges Craven
43:54est le roi du tout Paris
43:55parce que vous savez
43:56il a commencé comme journaliste
43:57à samedi soir
43:59il a eu un scoop
43:59est-ce que vous savez le scoop ?
44:01non
44:01et bien il se trouve
44:02que c'est lui
44:02qui a eu le scoop
44:03de la liaison
44:04Piaf-Serdan aux Etats-Unis
44:05incroyable
44:06donc il est convoqué
44:07par Marcel Serdan
44:08dans son hôtel
44:09il arrive
44:10Serdan dit
44:10c'est toi qui a raconté ça ?
44:12il fait oui
44:12paf
44:13crochet du droit
44:13et Craven s'est retrouvé à terre
44:16c'est comme ça
44:17qu'il a commencé sa carrière
44:18incroyable
44:19c'est fou hein ?
44:20c'est incroyable
44:20je n'étais pas du tout
44:21au courant de cette anecdote
44:23alors est-ce que
44:23Daniel Craven
44:24que vous évoquez
44:25est une jeune femme
44:26qui va devenir tout de suite
44:27quelqu'un de très important
44:28dans le coup de Paris
44:29presque plus célèbre
44:30que beaucoup d'autres
44:30et devenir l'ami des politiques
44:32c'est-à-dire que
44:33comme les politiques
44:35pas l'ami
44:35plutôt l'ennemi parfois
44:36parce qu'elle se mêlait
44:37un peu de tout
44:37a priori
44:38elle avait horreur de l'injustice
44:40ce qui revient
44:41quand on parle avec les enfants
44:42et le fils
44:45avec Charles
44:46ou avec François-David
44:47en tout cas
44:47c'était
44:48horreur de l'injustice
44:49donc quand elle trouvait
44:51quelque chose d'injustice
44:51elle le disait
44:52comme Pompidou
44:53venait manger à la table
44:53des Cravennes
44:54comme les stars
44:55vraiment
44:55Georges Craven
44:56c'est quelqu'un
44:56c'était monsieur tout Paris
44:58bien sûr
44:58du coup elle est la femme
44:59de monsieur tout Paris
45:00donc du coup
45:00elle fréquente tous ces gens-là
45:01et elle devient
45:02un personnage un peu exubérant
45:04puisqu'elle est
45:05avec son franc-parler
45:06avec ce côté
45:08un petit peu aussi
45:08de la bipolarité
45:10enthousiasme rapide
45:12très investi
45:13dans chacune
45:14de ses prises de parole
45:16du coup elle devient
45:16quelqu'un de repéré
45:18un peu célèbre
45:20à sa façon
45:20et vous évoquez
45:21Louis Funès aussi
45:22dans ce roman
45:23quelqu'un qui est très sérieux
45:25dans la rigueur
45:25qui peut être très drôle
45:26à la ville
45:27mais pas toujours
45:27oui
45:28Louis Funès
45:28on le savait
45:29c'était un grand timide
45:29assez méfiant
45:30et puis
45:31avec ses a priori
45:33qu'il abordait
45:35d'ailleurs de façon
45:35très franche
45:36moi je trouve
45:36ce que j'adore
45:37je trouve qu'il met le doigt
45:41sur ses défauts
45:42comme sur ses qualités
45:42puis ce que je trouvais
45:43génial chez lui
45:44c'est quand même
45:44son jardin
45:45c'était quand même
45:46un des premiers
45:47hommes célèbres
45:48à faire tout en bio
45:50il a inventé le bio
45:51il avait une passion
45:53pour un jardinier
45:54qui était son meilleur ami
45:55c'est devenu son meilleur ami
45:56avec qui il avait acheté
45:58un château extraordinaire
45:59Louis Funès
45:59et il a fait une terre
46:01de fruits
46:02de fleurs
46:03exceptionnelles
46:04qu'avec du bio
46:05donc il a commencé
46:06à être un des premiers
46:07à dire
46:09qu'il fallait vraiment
46:10tout faire au naturel
46:11et effectivement
46:12cette ulipe
46:13était très célèbre
46:13et c'était beaucoup plus important
46:15pour lui
46:15que tous les films de la terre
46:16et il ne riait
46:17qu'avec une seule personne
46:18vraiment
46:18c'était Michel Galabru
46:19ils improvisaient ensemble
46:21dans le délire total
46:22dans les dîners
46:22et quand ils partaient
46:23rien ne les arrêtait
46:24ça m'étonnerait pas
46:25mais c'est quelqu'un de timide
46:26de toute façon
46:26et puis quand on est une star
46:27de la comédie comme ça
46:29je pense que c'est tellement dur
46:30d'être tout le temps
46:30celui qui doit faire rire
46:31en société
46:32je pense que c'est quelqu'un
46:33qui a vécu très isolé
46:34c'est pour ça qu'il a acheté
46:35un château
46:35il a eu sa petite ville
46:36il a eu sur les tournages
46:37c'était un homme sérieux
46:38mais qui était tellement
46:39voilà moi ça s'appelle
46:40le génie comique
46:41alors il se trouve que donc
46:42Daniel Créven
46:44va se mêler de Ravi Jacob
46:45et elle va conseiller
46:47à Dauphinès
46:47de ne pas le tourner même
46:48oui alors ça je l'ai
46:49je l'ai un peu inventé
46:50mais c'est pas tout à fait inventé
46:52parce qu'elle a écrit
46:52à Gérard Roury
46:53qu'il ne fallait pas faire le film
46:55elle a fait des courriers
46:57donc moi j'ai imaginé
46:58qu'elle a été jusqu'à aller voir
46:59Louis de Funès
47:00pour l'embêter avec ça
47:01je sais pas si c'est vrai
47:03ou pas vrai
47:03mais ça me permettait
47:04de mettre dans ce roman
47:06le personnage de Funès
47:07je rêvais de confronter les deux
47:09donc je me suis permis
47:10des libertés
47:11de rencontres
47:12qu'on pu avoir existées
47:13ou pas
47:14j'en sais rien
47:15et sa mort reste un mystère
47:17parce qu'elle a été abattue
47:19alors qu'elle aurait très bien
47:20pu être restée vivante
47:22Jean-Philippe Daguerre
47:23c'est très compliqué
47:24parce que là dessus
47:24il n'y a que des versions différentes
47:25je n'arrive pas à avoir
47:28une version claire
47:30par rapport à ça
47:31ce qui est sûr
47:31c'est qu'elle a été abattue
47:32par un tireur d'élite
47:34et que de toute façon
47:35on aurait pu très bien mettre
47:36dans un plateau repas
47:38la réclamée
47:38elle avait faim
47:39elle avait libéré
47:40quand même tous les otages
47:41elle a réclamé un plateau repas
47:42et le Seward
47:44qui est venu
47:44à donner un plateau repas
47:45il était 4 fois champion de France
47:46il lui a mis une balle dans la tête
47:47une balle dans le coeur
47:48alors qu'on aurait pu mettre
47:48on endormit dans son repas
47:51des somnifères
47:53le truc classique
47:55surtout pour quelqu'un
47:56qui n'est pas habitué
47:57à faire un acte terroriste
48:00avec une carabine
48:02une carabine qui a priori
48:03n'a jamais existé
48:03parce qu'on parle toujours
48:05dans cette histoire
48:05la seule chose dont je suis convaincu
48:07et l'aîné des carabines
48:09est convaincu
48:09puisque c'est lui
48:10qui a dû malheureusement
48:12être celui qui a reconnu le corps
48:14c'est qu'on a mis une carabine à côté
48:15pliée
48:16rangée
48:17avec des cartouches
48:19alors que tout le monde parle
48:20qu'elle avait également
48:21un pistolet
48:22à blanc
48:23alors qu'on ne peut pas tenir
48:24dans la main
48:25à la fois un pistolet
48:26et une carabine
48:26donc le seul qui témoigne
48:28d'une carabine
48:28c'est le pilote
48:31et on sent que quand il le dit
48:32il dit un peu n'importe quoi
48:34on sent que c'est un peu
48:36un faux témoignage
48:36donc moi je ne vais pas
48:37c'est un autre débat
48:38le roman ne parle pas de ça
48:40il évoque la partie policière
48:42mais ça reste quand même
48:43une histoire d'amour
48:44que je raconte
48:45entre Georges Craven
48:46et Daniel Craven
48:47avec au milieu de tout ça
48:48Louis de Funès
48:49et ça c'est l'adaptation aussi
48:50au théâtre
48:51c'est le rôle
48:53c'est la chose principale
48:54oui
48:55il y a un comédien
48:56ce qui est Julien Siganat
48:57qui joue le rôle de Louis de Funès
48:58il y a six comédiens
49:00et c'est vrai que
49:01je suis parti du roman
49:02les dialogues qui sont
49:03dans le roman
49:04sont quasiment tous
49:05dans la pièce
49:06et puis après
49:06il y a des choses
49:07qu'on adapte pour le théâtre
49:08ce n'est pas un roman
49:08ce n'est pas la même chose
49:09donc c'est deux oeuvres
49:10quand même très différentes
49:11sachant que la pièce
49:13ne sera jamais publiée
49:14du coup
49:14donc la pièce
49:15pour la voir
49:16il ne faut pas la procurer
49:18il faut la voir
49:18pour de vrai
49:19c'est du mardi
49:20le mardi à 19h
49:21et du mercredi au samedi
49:22à 21h
49:22et le dimanche à 15h
49:23et à côté
49:24il faut venir
49:25avec son livre
49:26le livre
49:27après ou le lire avant
49:28on peut faire les deux
49:29pas pendant
49:30parce que c'est dérangeant
49:31pour les acteurs
49:32si vous vous mettez à le lire
49:32pendant la pièce
49:33c'est un peu gênant
49:34on va éviter
49:34la femme qui n'aimait pas
49:35Ravi Jacob
49:36chez Alba Michel
49:37nous on a aimé votre livre
49:38et puis je suis sûr
49:39que beaucoup de gens
49:39aimeront la pièce
49:40et que c'est une étape de plus
49:42dans votre beau parcours
49:43merci beaucoup
49:44merci Jean-Philippe Daguerre
49:46l'écrit d'une vie
49:46c'est terminé pour aujourd'hui
49:48on se retrouve bientôt
49:49restez fidèles
49:50à l'écoute de Sud Radio
Commentaires

Recommandations