00:00Raphaël, on va revenir évidemment sur le budget et le discours de politique générale de Sébastien Lecornu.
00:05La question ce matin, est-ce qu'il fallait vraiment céder sur les réformes des retraites pour stabiliser le pays ?
00:10Est-ce que le remède n'est pas pire que le mal ?
00:13La suspension de la réforme des retraites était-elle souhaitable ?
00:15Absolument pas.
00:17Alors, comme n'était pas souhaitable le retour des hausses d'impôts sous Michel Barnier,
00:21comme n'était pas souhaitable l'ouverture du conclave sous les retraites avec François Bayrou,
00:26ou sans parler bien sûr de la dissolution, quel enchaînement de mauvaises décisions depuis 18 mois.
00:32Sauf que le pays est dans une situation de blocage telle aujourd'hui qu'il fallait retrouver le chemin d'un possible.
00:39Soyons clairs, cette décision sur les retraites défie toutes les lois de la raison économique.
00:44On l'a dit, expliquez mille fois sur cette antenne, je n'y reviens pas, mais allez, un moindre mal pour au moins trois raisons.
00:51Alors allez-y, je vous regarde, défendez l'abrogation de la réforme des retraites.
00:54D'abord, elle va permettre d'apporter un peu de stabilité politique à ce pays qui en a tant besoin.
01:00En évitant la censure, jeudi, c'est la priorité des priorités.
01:04On va pouvoir examiner le budget et, sauf surprise, le gouvernement Lecornu 2 tiendra à minima jusqu'au 31 décembre,
01:10c'est-à-dire la fin d'examen du projet de loi de finances.
01:13Ensuite, ce semblant de stabilité écarte au moins temporairement le principal danger pour les finances publiques,
01:19qui est celui du risque de taux. On a vu hier les marchés se détendre très nettement après l'annonce du Premier ministre.
01:26Enfin, la troisième raison, c'est que la suspension est cadrée dans le temps.
01:31Si l'on revient bien sur les rails de la réforme au 1er janvier 2028, avec certitude, comme semble le promettre Sébastien Lecornu,
01:39la facture sera certes élevée, ça va quand même nous coûter 3 milliards pour remettre 3 mois de retête supplémentaire à la génération de 1964.
01:50Mais cela reste gérable, on pourra trouver des économies pour compenser.
01:54Enfin, ça veut dire désormais que n'importe quelle réforme qui demande un tout petit peu d'effort peut être remise à la poubelle.
02:00C'est toute la question en politique du souhaitable et du possible.
02:02C'est la grande théorie de Raymond Aron qui explique très bien que le rôle de l'homme politique, c'est de distinguer ce qui est souhaitable,
02:10ce qu'on désire, de ce qui est possible, ce que la réalité permet effectivement de faire ou pas.
02:16Et dans le cas présent, la gauche a obtenu ce qu'elle souhaite, travailler moins.
02:20Elle l'a rendu possible par pression politique.
02:24Mais vous savez comment définit Raymond Aron ce qui mélange le possible et le souhaitable ?
02:31C'est les utopistes. Ils imaginent ce qu'ils voudraient voir à l'avenir, en l'occurrence la retraite à 62 ans,
02:40sans se demander si ces objectifs sont réalisables dans le monde tel qu'il est,
02:45c'est-à-dire en pleine bascule démographique.
02:47Et l'utopie au pouvoir, ça ne donne jamais rien de bon.
02:50Et ceux qui ont poussé la suspension de cette réforme portent une lourde responsabilité pour l'avenir du pays.
02:56Oui, à la fin, c'est une erreur, quoi. On n'aurait pas dû faire ça.
02:59Grosse erreur.
02:59Mais qui était un moindre mal dans la situation politique actuelle.
03:03Mais vous pensez qu'il y a des gens qui pensent sincèrement qu'on peut travailler moins
03:07et qu'on peut continuer à baisser le niveau de l'âge de la retraite ?
03:11Ou c'est vraiment que politicien, ce refus de réalité ?
03:13Je pense qu'entre offrir le deux choix, soit un petit bonbon, soit un brocoli vapeur,
03:18naturellement, l'opinion publique peut se diriger vers le bonbon,
03:22sauf que trop de bonbons, ça donne...
03:24Vous savez ce que je pense de la vente de brocoli ? Tout dépend de la petite sauce.
03:27Merci.
03:28Merci.
03:29Merci.
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