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  • il y a 4 mois
Ce mercredi 15 octobre, dans son édito, Raphaël Legendre est revenu sur l'acceptabilité de la suspension de la réforme des retraites, l'une des pierres angulaires de la politique générale de Sébastien Lecornu. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Laure Closier sur BFM Business.

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Transcription
00:00Raphaël, on va revenir évidemment sur le budget et le discours de politique générale de Sébastien Lecornu.
00:05La question ce matin, est-ce qu'il fallait vraiment céder sur les réformes des retraites pour stabiliser le pays ?
00:10Est-ce que le remède n'est pas pire que le mal ?
00:13La suspension de la réforme des retraites était-elle souhaitable ?
00:15Absolument pas.
00:17Alors, comme n'était pas souhaitable le retour des hausses d'impôts sous Michel Barnier,
00:21comme n'était pas souhaitable l'ouverture du conclave sous les retraites avec François Bayrou,
00:26ou sans parler bien sûr de la dissolution, quel enchaînement de mauvaises décisions depuis 18 mois.
00:32Sauf que le pays est dans une situation de blocage telle aujourd'hui qu'il fallait retrouver le chemin d'un possible.
00:39Soyons clairs, cette décision sur les retraites défie toutes les lois de la raison économique.
00:44On l'a dit, expliquez mille fois sur cette antenne, je n'y reviens pas, mais allez, un moindre mal pour au moins trois raisons.
00:51Alors allez-y, je vous regarde, défendez l'abrogation de la réforme des retraites.
00:54D'abord, elle va permettre d'apporter un peu de stabilité politique à ce pays qui en a tant besoin.
01:00En évitant la censure, jeudi, c'est la priorité des priorités.
01:04On va pouvoir examiner le budget et, sauf surprise, le gouvernement Lecornu 2 tiendra à minima jusqu'au 31 décembre,
01:10c'est-à-dire la fin d'examen du projet de loi de finances.
01:13Ensuite, ce semblant de stabilité écarte au moins temporairement le principal danger pour les finances publiques,
01:19qui est celui du risque de taux. On a vu hier les marchés se détendre très nettement après l'annonce du Premier ministre.
01:26Enfin, la troisième raison, c'est que la suspension est cadrée dans le temps.
01:31Si l'on revient bien sur les rails de la réforme au 1er janvier 2028, avec certitude, comme semble le promettre Sébastien Lecornu,
01:39la facture sera certes élevée, ça va quand même nous coûter 3 milliards pour remettre 3 mois de retête supplémentaire à la génération de 1964.
01:50Mais cela reste gérable, on pourra trouver des économies pour compenser.
01:54Enfin, ça veut dire désormais que n'importe quelle réforme qui demande un tout petit peu d'effort peut être remise à la poubelle.
02:00C'est toute la question en politique du souhaitable et du possible.
02:02C'est la grande théorie de Raymond Aron qui explique très bien que le rôle de l'homme politique, c'est de distinguer ce qui est souhaitable,
02:10ce qu'on désire, de ce qui est possible, ce que la réalité permet effectivement de faire ou pas.
02:16Et dans le cas présent, la gauche a obtenu ce qu'elle souhaite, travailler moins.
02:20Elle l'a rendu possible par pression politique.
02:24Mais vous savez comment définit Raymond Aron ce qui mélange le possible et le souhaitable ?
02:31C'est les utopistes. Ils imaginent ce qu'ils voudraient voir à l'avenir, en l'occurrence la retraite à 62 ans,
02:40sans se demander si ces objectifs sont réalisables dans le monde tel qu'il est,
02:45c'est-à-dire en pleine bascule démographique.
02:47Et l'utopie au pouvoir, ça ne donne jamais rien de bon.
02:50Et ceux qui ont poussé la suspension de cette réforme portent une lourde responsabilité pour l'avenir du pays.
02:56Oui, à la fin, c'est une erreur, quoi. On n'aurait pas dû faire ça.
02:59Grosse erreur.
02:59Mais qui était un moindre mal dans la situation politique actuelle.
03:03Mais vous pensez qu'il y a des gens qui pensent sincèrement qu'on peut travailler moins
03:07et qu'on peut continuer à baisser le niveau de l'âge de la retraite ?
03:11Ou c'est vraiment que politicien, ce refus de réalité ?
03:13Je pense qu'entre offrir le deux choix, soit un petit bonbon, soit un brocoli vapeur,
03:18naturellement, l'opinion publique peut se diriger vers le bonbon,
03:22sauf que trop de bonbons, ça donne...
03:24Vous savez ce que je pense de la vente de brocoli ? Tout dépend de la petite sauce.
03:27Merci.
03:28Merci.
03:29Merci.
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