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Vanessa Perrée, procureure nationale anti-criminalité organisée, était l’invitée du Face à Face ce mardi 10 février.
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00:008h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Vanessa Perret.
00:04Bonjour.
00:04Merci d'avoir accepté de répondre à mes questions ce matin.
00:06Vous êtes la procureure de la République anti-criminalité organisée.
00:11Vous êtes en fonction depuis un mois maintenant.
00:13Et c'est vous, au fond, qui avez la charge de lutter.
00:17Vous n'êtes pas seule évidemment, mais vous êtes au sommet de cette pyramide
00:20qui va tenter désormais de lutter de manière globale contre le crime organisé.
00:25On pense évidemment au narcotrafic, mais il y a aussi le proxénétisme.
00:29Il y a aussi la traite d'êtres humains, on va y revenir.
00:31La raison pour laquelle je voulais vous donner la parole ce matin,
00:34c'est l'ouverture de ce procès.
00:36C'est le premier dont votre parquet est la charge.
00:39Ce procès de Pépito.
00:41Pépito, il avait 14 ans au moment où il a été recruté comme tueur à gage
00:47et où il a tué ce chauffeur VTC à Marseille.
00:52Qu'est-ce que vous attendez de ce procès et qu'est-ce que ça change
00:54que ce soit vous, votre parquet, qui en est la charge ?
00:58C'est un procès qui a lieu à partir d'aujourd'hui.
01:01Effectivement, on ne va pas augurer de ce qui se passe
01:04et de ce qui se dira pendant ces trois jours de procès.
01:07C'est un jeune garçon qui a tué un chauffeur VTC
01:11qui est présumé avoir commis ces faits.
01:15La juridiction le dira.
01:17C'est le premier procès pour notre parquet anticriminalité organisé.
01:21Je pense que c'est la démonstration aussi des faits qui sont susceptibles d'être commis
01:27par des jeunes très jeunes qui vont aller sur des réseaux sociaux
01:34pour se faire recruter pour commettre des faits très graves.
01:37On va effectivement en parler de cette jeunesse et de l'ultra-violence des jeunes.
01:42C'est le mot qui a été utilisé par le ministre de l'Intérieur et par le ministre de l'Éducation hier matin.
01:46Je vous ai interrogé sur cet aspect-là, ce qui paraît d'ailleurs fou.
01:48C'est que ce procès, il a lieu aujourd'hui au tribunal pour enfants.
01:52Et lorsqu'on entend ce mot, tribunal pour enfants,
01:55et que l'on mette en face ce qui s'est joué,
01:57c'est-à-dire effectivement une sorte de parcours
02:01avec une remise de cette arme, avec un commanditaire,
02:04avec une cible à abattre.
02:08Et oui, c'est tout de même le tribunal pour enfants.
02:10Il avait 14 ans au moment des faits. Il en a 15 aujourd'hui.
02:13Oui, c'est le tribunal pour enfants et c'est bien normal
02:15parce qu'en fait, quand on juge un mineur,
02:17on doit le juger par une juridiction spécialisée
02:20qui a l'habitude de ce type de fait
02:22et qui doit absolument prendre en compte
02:23à la fois les actes qui sont commis,
02:26mais aussi la personnalité du mineur.
02:27Et ça, c'est très important.
02:28Il y aura une grande partie de l'audience
02:30qui concernera la personnalité de ce mineur
02:34pour comprendre les raisons pour lesquelles
02:36il a ou non commis ces faits.
02:38Des mineurs, en quelque sorte, embrigadés désormais
02:40par le narcotrafic.
02:42On va y revenir.
02:42Mais lorsque l'on regarde la manière dont les faits,
02:46semble-t-il, ont été commis.
02:48Le compte à rebours, il a été déclenché le 2 octobre.
02:52Nos confrères du Parisien le racontent très bien ce matin.
02:54C'est un adolescent de 15 ans
02:55qui était lardé de 50 coups de couteau
02:58puis brûlé vif dans une cité de Marseille.
03:01Ils ont tué un jeune à moi,
03:02un jeune qui m'appartient.
03:03Voilà ce que dit un homme, dit le H,
03:07lorsqu'il appelle lui-même les policiers
03:10depuis sa prison.
03:12Cet homme, il semble que ce soit le commanditaire
03:14et c'est lui qui livre Pépiteau à la police,
03:17en quelque sorte, considérant que Pépiteau
03:18n'a pas abattu la bonne personne.
03:21Il n'y a rien qui va là-dedans.
03:22Alors moi, je ne vais pas vous commenter
03:23un procès qui n'a pas eu lieu.
03:25En revanche, je peux vous parler,
03:26et ça c'est effectivement symptomatique,
03:29de la violence des jeunes de manière générale,
03:32de ce qu'on peut constater dans les dossiers que l'on a,
03:35de ces modes de recrutement
03:36qui sont problématiques effectivement
03:38sur les réseaux sociaux,
03:39de la violence des groupes criminels
03:41avec ces jeunes aussi,
03:44qui sont recrutés pour commettre des faits très graves
03:47et c'est effectivement un développement sociétal
03:50dont on peut se rendre compte.
03:51Ça veut dire quoi un développement sociétal ?
03:52Ça veut dire que ces petites mains,
03:54un jeune à moi,
03:55voilà l'expression qu'utilise effectivement ce commanditaire,
03:58lorsqu'il appelle, encore une fois je précise,
04:00il appelle la police depuis sa prison,
04:02il dit je suis dans la prison
04:03mais je voudrais vous dire que vous allez trouver
04:05à telle adresse ce jeune qui vient donc de tuer un homme.
04:09Il dit un jeune à moi.
04:10Ça veut dire qu'au fond, chaque gang en quelque sorte,
04:13et c'est toute la question,
04:14aurait des petites mains, des jeunes, des mineurs
04:17qu'ils recrutent pour faire un certain nombre de tâches
04:21Il y a des mineurs qui sont recrutés,
04:24oui bien sûr, par les groupes criminels
04:26pour commettre des tâches,
04:27pour faire du trafic de stupes,
04:29pour guetter, pour apporter des livraisons
04:32ou pour commettre des actes violents.
04:35Et je ne suis pas sûre que chaque gang
04:37ait spécifiquement les mêmes personnes
04:40qu'ils recrutent.
04:41En revanche, on se rend compte de ça,
04:43oui, des recrutements sur les réseaux sociaux
04:44pour commettre des actions violentes.
04:46C'est vraiment quelque chose
04:47qu'on peut remarquer dans les dossiers.
04:48Est-ce que ces jeunes sont plus vulnérables ?
04:52Est-ce qu'ils sont plus malléables ?
04:54Est-ce qu'effectivement, leur jeunesse
04:56les rend plus capables ?
04:59Comme on le voit, on parle de la personnalité
05:01de ce jeune, Pépiteau,
05:02comme de quelqu'un d'assez froid,
05:04qui en effet a agi, semble-t-il,
05:07sans culpabilité aujourd'hui.
05:09Alors moi, je ne vais pas vous parler,
05:10encore une fois, de ce dossier qui est en cours,
05:12et ce sont les juges qui décideront
05:14de cette affaire et de ce qu'il advient
05:17de ce mineur.
05:18En revanche, ce qu'on peut constater,
05:20pour répondre à votre question,
05:21effectivement, c'est quand même des jeunes
05:23qui sont souvent aussi déscolarisés,
05:26qui ont des parents qui ne sont pas présents,
05:28qui sont parfois dans les quartiers
05:31laissés à eux-mêmes,
05:33et qui peut-être voient,
05:35dans ces groupes criminels,
05:36une sorte d'eldorado
05:39qui va leur permettre
05:40d'avoir de l'argent,
05:41de commettre des faits.
05:42Et c'est là-dessus aussi qu'il faut
05:43qu'on travaille en prévention
05:45pour éviter justement ces recrutements.
05:47Et vous allez effectivement nous le dire,
05:48parce que ça se termine parfois
05:50très très mal, y compris pour eux.
05:52On parlait de ce jeune
05:53qui avait donc été lardé de coups de couteau,
05:54puis brûlé vif,
05:55qui avait lui-même 15 ans.
05:57Quand on regarde le profil,
05:59encore une fois, pardon de Pepito,
06:00mais c'est un exemple,
06:01je trouve extrêmement intéressant
06:02de ce que vous venez de dire.
06:03Il était déscolarisé,
06:04il avait été de foyer en foyer,
06:06il avait déjà fait des séjours de détention,
06:07et il était seul.
06:08Quand vous dites seul,
06:09c'est qu'effectivement,
06:10au moment où il a commis ces faits,
06:13ses deux parents étaient eux-mêmes
06:15incarcérés dans des dossiers
06:17liés à la drogue.
06:18Est-ce que ça veut dire qu'au fond,
06:18il est à la fois victime et bourreau ?
06:20Ça veut dire surtout que je pense
06:22qu'il y a de la prévention à faire
06:23et de la répression.
06:24Moi, mon travail,
06:25c'est effectivement de savoir
06:26si les gens ont commis des faits
06:28et de les renvoyer devant le tribunal
06:29et qu'ils soient condamnés
06:30si c'est le cas.
06:32En revanche, je pense qu'il faut
06:32globalement avoir aussi
06:34des campagnes de prévention
06:35contre la drogue,
06:36contre les addictions
06:37et contre, bien sûr,
06:39la rentrée dans ces réseaux.
06:40Vous tirez effectivement tous les fils.
06:42Lorsque ces jeunes,
06:43certains ne finissent pas forcément
06:46comme ce jeune Pépito
06:47ou comme l'autre
06:47qui a été brûlé vif,
06:49mais est-ce qu'au fond,
06:51eux-mêmes ensuite
06:52deviennent des objets de pression ?
06:54C'est-à-dire,
06:55est-ce que leur jeune âge
06:56fait aussi qu'une fois
06:57qu'ils se retrouvent au début
06:59peut-être appâtés
07:00par ce qui ressemble
07:02à une série télé ?
07:04C'est-à-dire qu'il y a de la drogue,
07:05il y a du sexe,
07:06il y a de l'argent.
07:07On a l'impression
07:08que tout ça est mélangé,
07:09qu'on les entraîne aussi là-dedans.
07:11Une fois qu'ils se retrouvent là-dedans,
07:13peuvent-ils en sortir ?
07:14Comment faire pour en sortir ?
07:15Alors, il faut qu'ils en sortent.
07:17Surtout, je pense que,
07:18vous avez raison,
07:19il faut qu'ils arrêtent de croire
07:20que c'est justement
07:22comme une série télé,
07:23c'est de rentrer
07:24dans des groupes criminels
07:25ou de rentrer
07:26ou de s'associer
07:27avec des gens
07:28qui sont très dangereux,
07:29avec des trafiquants de drogue
07:30qui vont utiliser
07:32la violence,
07:33utiliser la dépendance,
07:34utiliser les menaces.
07:35Je pense que ça,
07:36c'est très important
07:37de le savoir
07:38et de le dire
07:39pour qu'ils évitent
07:40de rentrer dans ces groupes criminels
07:41et ensuite de faire au mieux
07:42pour que les sanctions
07:43éventuellement qui soient faites
07:45et qui soient données
07:46soient adaptées.
07:46Je rappelle pour ceux
07:47qui nous rejoignent,
07:48Vanessa Perric,
07:48vous êtes la procureure
07:49de la République
07:50de ce parquet national
07:51anti-criminalité organisé.
07:55Pourquoi est-ce que
07:55le commanditaire
07:56n'est pas dans le box des accusés ?
07:57Pourquoi c'est finalement
07:58uniquement la petite main,
07:59celui qui a tenu en effet l'arme,
08:01mais qui n'est qu'au bout
08:02d'une chaîne ?
08:02Alors ça, pour le moment,
08:03je ne commande pas les dossiers.
08:05Vous savez que ce n'est pas identique.
08:07On ne peut pas juger les mineurs
08:10devant une cour d'assises
08:11ou un tribunal correctionnel.
08:12Il est donc devant
08:13un tribunal pour enfants
08:14qui est sa juridiction naturelle.
08:15C'est pour cette raison
08:16que ce procès commence.
08:17Je vais évidemment
08:18vous interroger aussi
08:19justement sur la manière
08:20dont on peut,
08:20et c'est aussi la raison
08:21pour laquelle votre parquet
08:23a été créé,
08:24avoir au fond
08:25une vision globale
08:26de l'ensemble des actions,
08:27y compris la question
08:28de l'argent,
08:28on va y revenir,
08:29puisque vous dites effectivement
08:30tribunal pour enfants.
08:31Hier, à ce même micro,
08:32c'est le ministre de l'Intérieur
08:33qui était mon invité,
08:34Laurent Nunez,
08:35qui interrogeait
08:36l'utilité même
08:38aujourd'hui
08:39ou peut-être
08:40le dépassement
08:41de la question
08:41de l'excuse de minorité.
08:43Alors,
08:43il y a le dépassement
08:44de l'excuse de minorité
08:46qui peut être posé.
08:48Il y a aussi
08:49quand même maintenant
08:49le législateur
08:51et la loi
08:51qui nous permet aussi,
08:53et ça c'est intéressant,
08:54de punir encore davantage
08:55les majeurs
08:56qui recrutent
08:57justement les mineurs.
08:59C'est une infraction
08:59qui est aggravée,
09:00qui a été aggravée
09:01par la loi de narcotrafic.
09:02Qu'est-ce qu'on risque
09:02désormais
09:03de recruter un mineur ?
09:04Ça c'est très intéressant
09:05parce que les peines
09:06justement ont été
09:07augmentées
09:08et ça,
09:09c'est aussi pour montrer
09:10que ceux qui recrutent
09:12des mineurs
09:12qui sont évidemment
09:14plus vulnérables
09:15peuvent être
09:16davantage poursuivis.
09:17Donc je pense
09:17qu'il faut se donner
09:18des moyens nombreux
09:20pour permettre
09:21d'éviter ce type de fait.
09:22Vanessa Perret,
09:23il y a des faits
09:23effectivement d'extrême violence,
09:25il y a des faits
09:25de torture parfois.
09:27Est-ce qu'au fond,
09:28aujourd'hui,
09:29il y a des territoires
09:30en France
09:31qui sont épargnés
09:32ou est-ce que le trafic
09:34tiré parfois
09:36depuis sa prison
09:36par un certain nombre
09:37de camps manditaires
09:38qui continuent encore
09:39à œuvrer,
09:40est-ce que ce trafic
09:41désormais touche
09:41l'ensemble du territoire français ?
09:43Alors, moi,
09:44le Parquet national
09:45anticriminalité organisé
09:46a été justement créé
09:48pour se donner
09:48les moyens
09:49de lutter aussi
09:50avec les autres
09:51puisqu'il y avait déjà
09:51des juridictions régionales
09:53de criminalité organisée
09:54pour lutter
09:55contre ce type de trafic.
09:57Je pense que la prison
09:57effectivement...
09:57Parce que désormais,
09:58ça dépasse
09:59le simple cadre régional ?
10:00Ça dépasse, oui.
10:01Les trafics parfois
10:02sont internationaux,
10:03on le sait,
10:04concernent plusieurs ressorts.
10:06La drogue provient
10:07de pays étrangers,
10:09elle passe par d'autres
10:10territoires que chez nous,
10:11parfois elle transite
10:12vers la France
10:13pour aller dans
10:14d'autres pays.
10:15Donc, bien sûr,
10:15c'est international,
10:17bien sûr,
10:17ça crée des trafics
10:20sur l'intégralité
10:20des ressorts
10:21et c'est d'ailleurs
10:21pour ça qu'on a été créé.
10:23Après, la situation
10:24dans les prisons,
10:26il y a eu les quartiers
10:26de lutte contre la criminalité
10:28organisée qui ont été
10:28mis en place
10:29et c'est très bien
10:30puisque ça évite
10:31justement aussi
10:32que ce type de fait
10:33avec des téléphones
10:34en prison
10:35puisse se dérouler.
10:36Est-ce qu'aujourd'hui,
10:37ce que vous dites,
10:37c'est qu'aujourd'hui,
10:38ça ne serait plus possible
10:39que le fameux H
10:41puisse,
10:42sur les réseaux sociaux,
10:42depuis sa prison,
10:43recruter ?
10:44C'est pour cette raison
10:45notamment que les quartiers
10:46ont été créés
10:47et qu'on essaye
10:48d'être attentifs
10:48au régime carcéral
10:49de ce type de délinquants ?
10:50La question de la pression,
10:52la pression sur
10:53aujourd'hui,
10:54on a quand même
10:55l'impression que le mot
10:55de mafia est utilisé
10:56parfois.
10:57Il est utilisé par exemple
10:58hier par le secrétaire général
10:59du syndicat des commissaires
11:00de police
11:01qui dit qu'on a désormais
11:02affaire à une mafia,
11:04une logique de mafia.
11:05Quand on entend
11:06le mot mafia,
11:07on imagine aussi
11:08une sorte de pression
11:09à la fois sur les territoires,
11:11sur les populations locales,
11:12mais aussi sur
11:14le monde
11:15des gardiens de prison,
11:17le monde des magistrats,
11:19le monde de la police.
11:20Est-ce que cette pression
11:21existe aujourd'hui ?
11:22Est-ce que vous-même
11:23parfois vous avez peur ?
11:24Alors, une pression,
11:25il y en a
11:26et c'est vrai
11:27qu'on a des groupes
11:29de criminalité organisée
11:30qui désormais
11:30peuvent parfois
11:32s'attaquer aux institutions.
11:33On l'a vu avec des dossiers,
11:34c'est un dossier
11:35qu'on a récupéré d'ailleurs
11:36au Parquet national
11:36anticriminalité organisée.
11:38Il y a eu des atteintes
11:39aux établissements pénitentiaires,
11:41il y a des menaces
11:42contre les magistrats,
11:43il y a des menaces
11:43parfois contre les journalistes,
11:45contre des avocats
11:46et j'avais exprimé
11:49une chronique avec ça
11:50avec le procureur national
11:51antiterroriste
11:52dans laquelle on faisait
11:53une comparaison
11:54sur justement
11:54les modes opératoires
11:55qui parfois
11:56se ressemblent un peu
11:58justement sur cette pression
11:59sur les institutions
12:00qui peut avoir lieu
12:02parfois par les groupes criminels.
12:04Est-ce qu'il y a des liens
12:04entre les deux parfois ?
12:05Alors, il y a surtout
12:06des liens sur les modes opératoires.
12:07Après, on est dans des idéologies
12:09qui sont vraiment très différentes
12:10puisque le terrorisme,
12:12l'idéologie,
12:12enfin le motif
12:13est quand même idéologique
12:14alors que dans le narcotrafic,
12:16ou dans la criminalité organisée,
12:18c'est l'argent
12:18qui est le moteur
12:19de ce type de fait.
12:21L'argent, le profit évidemment.
12:23Lorsque je disais
12:23qu'il y avait de la pression,
12:24est-ce que certains
12:25y succombent ?
12:26C'est-à-dire,
12:26est-ce que le mot de corruption
12:28qui avait commencé
12:29à être lancé
12:29notamment par le procureur
12:31de la République
12:31à Marseille,
12:33ça lui avait été reproché
12:34à l'époque ?
12:34Mais aujourd'hui,
12:35on a l'impression quand même
12:36que vous reconnaissez
12:36qu'il y a une forme de corruption
12:38ou en tout cas
12:38qu'il faut lutter contre ?
12:39Alors, je ne crois pas
12:39qu'on lui ait reproché
12:40de dire qu'il y a de la corruption.
12:46éventuellement,
12:47ça c'est sûr.
12:48Il faut être attentif
12:49au fait que ce type de réseau
12:51est très puissant,
12:52peut s'intégrer parfois,
12:54peut demander des services
12:55à des gens
12:56qui travaillent notamment
12:57pour des institutions publiques
12:58et qui peuvent aider
13:00des groupes criminels.
13:01Donc ça,
13:01il faut être absolument attentif
13:03et surtout combattre
13:05absolument ce type
13:06de comportements
13:07qui ne sont pas supportables
13:08pour l'État.
13:08Pression, je le disais,
13:09sur un certain nombre
13:10de personnes
13:11qui sont dépositaires
13:12de cette autorité publique.
13:14Pression aussi désormais
13:14sur les militants.
13:15Amine Kessassi
13:17que j'avais reçu
13:18évidemment ici
13:19fait l'objet
13:21d'une très grande protection.
13:23Il a, semble-t-il,
13:24été exfiltré.
13:25Il a été exfiltré
13:26d'un meeting
13:28à Aix-en-Provence
13:30avec le soupçon
13:32d'une menace imminente.
13:34Vous vous êtes saisie.
13:35Oui, on a pris
13:36ces faits effectivement.
13:37C'est nous qui les traitons
13:38et qui traitons
13:39cette enquête
13:40comme d'ailleurs
13:41nous avons récupéré
13:42de la juridiction de Paris
13:44l'assassinat
13:45de son frère.
13:46L'assassinat
13:46de son frère,
13:48est-ce que là-dessus
13:49les choses avancent ?
13:50Est-ce qu'aujourd'hui
13:51on peut encore
13:53oser être militant
13:54anti-drogue
13:55sans avoir peur
13:57pour sa vie
13:57ou pour celle
13:58de ses proches ?
13:58Alors les enquêtes
13:59avancent effectivement
13:59et puis c'est pas ici
14:00que je vais les commenter
14:01puisqu'elles sont
14:02en cours
14:03et je pense que
14:05c'est très courageux
14:06de la part
14:07qui veut lutter
14:08contre le trafic
14:10de drogue
14:10et qui le dit.
14:11Et il peut le faire ?
14:12Visiblement il le fait.
14:14Il le fait ?
14:14Vous lui donnerez les moyens ?
14:15L'État français
14:17le protégera ?
14:18L'État français
14:19le protège.
14:21Ça c'est pas moi
14:21qui m'en occupe
14:22c'est plutôt du ressort
14:23du ministère de l'Intérieur.
14:24En tout cas nous
14:24on dit l'igeante
14:25des enquêtes
14:25quand il y a des menaces.
14:26Il y a la question
14:27évidemment des commanditaires
14:28il y a la question
14:28de l'argent
14:29et une des raisons
14:29pour laquelle votre parquet
14:31a été créé
14:31c'est justement
14:32de pouvoir suivre l'argent
14:34et aller taper
14:35au portefeuille
14:37de l'argent
14:37ne puisse pas le réinvestir
14:38ne puisse pas l'utiliser.
14:39Ça marche comment
14:40et est-ce que ça commence
14:41à être efficace ?
14:42Alors c'est effectivement
14:44une approche
14:44qui est totalement nécessaire
14:46c'est-à-dire
14:46il faut démanteler les réseaux
14:47il faut saisir la drogue
14:48il faut arrêter les personnes
14:50après il faut aussi
14:51les empêcher
14:52de réinvestir
14:53dans de l'économie
14:54souterraine
14:55faire du blanchiment
14:56aller investir
14:57à l'étranger
14:58s'acheter des appartements
14:59des voitures de luxe
15:01des bijoux
15:01qui coûtent cher.
15:02Est-ce que les pays tiers
15:03coopèrent ?
15:04Alors oui
15:04et on essaye de le faire
15:06et ça marche
15:06de mieux en mieux
15:07notamment les Émirats Arabes Unis
15:09où il y a beaucoup
15:10d'investissements
15:11le ministre de la Justice
15:12s'est déplacé
15:13à plusieurs reprises
15:14on a réussi à obtenir
15:16de nombreuses extraditions
15:17de personnes liées
15:18au narcotrafic
15:19on a réussi également
15:20à obtenir des saisies
15:22donc ça c'est très important
15:23et c'est un volet
15:24que moi je souhaite
15:25absolument faire
15:26parce que je pense
15:27que c'est très important
15:28et qu'on ne peut pas
15:29ne pas mener les deux
15:30de front
15:31parce qu'on ne peut pas
15:31réinvestir de l'argent
15:33et recommencer le trafic
15:34alors qu'on a été arrêté.
15:35La crypto-monnaie
15:36ses enlèvements
15:37désormais on a l'impression
15:38que c'est presque banal
15:39ce week-end encore
15:41à Grenoble
15:42une femme et sa mère
15:43ont été enlevées
15:43il se trouve qu'elle est magistrate
15:44mais c'est semble-t-il
15:45surtout pour
15:46l'effet de son mari
15:47qui lui-même
15:48travaille dans les crypto-monnaies
15:49qu'elle a été ciblée
15:51avec demande de rançon
15:52est-ce qu'il s'agit là
15:54de crimes organisés ?
15:56Est-ce qu'il commence
15:56à s'agir de crimes organisés ?
15:58Est-ce que vous êtes compétente là-dessus ?
15:59Alors on est compétente là-dessus
16:00on a pris plusieurs dossiers
16:01de crypto-monnaies
16:02et quand je vous entends dire
16:03que c'est banal
16:04non c'est pas banal
16:05c'est d'une violence extrême
16:06Ah non mais d'une violence extrême
16:07ce que je veux dire
16:08c'est qu'on n'aurait jamais imaginé
16:10que ça puisse aussi
16:13régulièrement arriver
16:16c'est ça que je veux dire
16:16Alors ça arrive
16:17on en a effectivement
16:18beaucoup sur le territoire
16:19d'une violence extrême
16:21c'est ce que je disais
16:22des personnes qui sont
16:23enlevées chez elles
16:25qui sont séquestrées
16:26qui sont blessées
16:28pour lesquelles on demande
16:29une rançon
16:30parfois devant leurs enfants
16:32on a eu effectivement
16:33plusieurs faits
16:34de ce type
16:35l'année dernière
16:36ce sont des dossiers
16:37qu'on a récupérés
16:38et des dossiers
16:39qu'on a aussi
16:40et on se rend compte parfois
16:41que c'est très organisé
16:42qu'il y a des liens
16:43entre différentes affaires
16:44et qu'il y a parfois
16:45des implications
16:45effectivement internationales
16:47On va la gagner cette guerre
16:47contre le crime organisé ?
16:48Alors le parquet
16:49anticriminalité organisé
16:51est là depuis un mois
16:52et je pense que le gouvernement
16:53justement se donne
16:54les moyens
16:54de lutter
16:55et moi je veux être
16:57allante et déterminée
16:59pour vous dire que
17:00oui on va la gagner
17:02cette guerre
17:03parce que
17:03on se donne les moyens
17:05pour
17:05et que je pense qu'on doit
17:06absolument lutter
17:07contre ce type de fait
17:08Une dernière question
17:09c'est l'ouverture
17:09de la campagne des municipales
17:10est-ce que vous observez
17:12cela avec attention ?
17:13Est-ce qu'il faut
17:13être vigilant ?
17:15Est-ce qu'il y a des risques
17:15éventuellement de pression
17:17des groupes de criminalité
17:19organisés
17:19sur un certain nombre
17:20d'enjeux locaux
17:21ou de candidats ?
17:22Alors je pense qu'il faut
17:23y être attentif
17:24et ça c'est plutôt
17:25les parquets locaux
17:26qui vont voir
17:27comment ça se passe
17:27si effectivement
17:29on a des pressions
17:30de la part
17:31de groupes criminels
17:32dans le cadre
17:33de ces municipales
17:34ou des tentatives
17:35de corruption
17:36ce sera effectivement
17:37à la justice
17:38de faire que ça n'arrive pas
17:39Vigilance en tout cas
17:40Vigilance extrême
17:41Merci Vanessa Appéré
17:43d'avoir répondu
17:43à mes questions ce matin
17:44Vous êtes la procureure
17:45de la République
17:46anti-criminalité
17:47organisée
17:48ce que l'on appelle
17:48désormais le PNACO
17:50Il est 8h46
17:51et vous êtes bien sûr
17:52à AMC BFM TV
17:53Merci
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