00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03L'invité d'RTL Matin, c'est le président de l'UDEP, l'Union des entreprises de proximité
00:07qui représente plus de 3,5 millions d'entreprises et environ 400 métiers.
00:11Bonjour et bienvenue sur RTL, Michel Picon.
00:13Bonjour.
00:13Il paraît que vous êtes libre le 13 octobre, c'est vrai ?
00:15Oui, je suis libre, enfin au travail, comme tout le monde, comme tout chef d'entreprise,
00:20petit chef d'entreprise, au travail, à chercher des solutions aux difficultés qui sont les nôtres.
00:25Vous savez pourquoi je vous pose la question ?
00:26Parce qu'on pensait tous que vous iriez au grand meeting du MEDEF organisé à la Cor Arena de Bercy,
00:30au nom de toutes les organisations patronales, donc en votre nom aussi.
00:33Ça sera sans vous ? Avouez que ce n'est pas facile à suivre quand même ?
00:36Oui, non, mais c'est sans nous, parce que d'abord, on n'était pas prévenus,
00:39on n'a pas été associés à cette organisation.
00:42Et puis, voilà, je sais qu'Henri IV est à la mode depuis quelques temps, mais...
00:47Il est un peu passé de mode avec François.
00:48Voilà, oui, un peu moins, mais ralliez-vous à mon panache blanc, non, ça ne le fait pas.
00:53Bon, et ensuite, après, franchement, je pense qu'il y a un problème de responsabilité.
00:57On accuse, entre guillemets, la classe politique de faire vivre le pays dans une forme d'instabilité.
01:04Les organisations aussi salariales qui manifestent tout ça, c'est quoi le message des patrons ?
01:11Le message des patrons, c'est dire, touche pas à mon or, sinon je m'en vais ?
01:15C'est le message du MEDEF pour vous, aujourd'hui ?
01:17Écoutez, la mobilisation du MEDEF sur l'entreprise, etc., elle a été décidée à quel moment ?
01:25Au moment où on parle de la taxe Zuckmann, au moment où on dit on va taxer les patrimoines les plus importants dans ce pays,
01:32on a besoin, non pas forcément de taxer à outrance, moi j'ai pris des positions là-dessus,
01:37mais c'est à ce moment-là que le MEDEF décide ce grand mouvement,
01:42ce grand mouvement, non pas pour défendre l'entreprise, ça fait des années que les petites entreprises en souffrent,
01:47est-ce qu'il y a eu une mobilisation du MEDEF envers les entreprises que parfois des grands groupes du MEDEF ont asphyxié ?
01:53Je sais que tous les commerçants dans les villes savent ce qu'ils doivent à la grande distribution.
01:57Tous les artisans, les commerçants qui voient leur marge réduite,
02:01parce que quand on est au bout de la chaîne d'une ligne de sous-traitance,
02:05votre valeur ajoutée, elle a été bouffée par les autres,
02:08et nous on va nous demander d'aller là-bas, à Bercy,
02:12asseoir l'épicier de quartier à côté de M. Leclerc.
02:17Mais il y a un peu d'indécence.
02:18Dis donc, mais c'est une rupture, c'est un divorce entre le MEDEF et vous,
02:22les mots sont très forts que vous utilisez ce matin.
02:24Oui, mais je pense qu'il faut que le MEDEF se reprenne.
02:27Il faut que le MEDEF...
02:28Sur un côté de la plaque ?
02:29Complètement, sur cette affaire-là, sur ce sujet-là, évidemment.
02:33Alors après, on a des valeurs communes,
02:35celles qui sont celles d'entreprendre,
02:38celles qui sont celles de l'effort, du travail.
02:41Oui, il faut les porter ensemble.
02:43Mais ensuite, après, le pays est dans une situation...
02:45Enfin, il faut s'habituer à 3 400 milliards,
02:47parce que jusqu'à présent, on était à 3 300.
02:49Maintenant, c'est 3 400 milliards de dettes.
02:52On a une situation internationale qui est extrêmement compliquée.
02:56Et c'est à ce moment-là que le patronat va donner cette image
02:59de contestataires, de messages complètement brouillés,
03:05parce que je ne sais pas qu'est-ce qu'on va retenir
03:07comme un message dans cette période.
03:08Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT,
03:10qui sera l'invité d'Amandine Bégaud tout à l'heure
03:11pour les auditeurs en la parole,
03:12dénonce une trumpisation du patronat.
03:15Elle accuse les grands patrons de défendre tout d'abord
03:17et avant tout leurs privilèges.
03:18Vous êtes d'accord avec la patronne de la CGT, là-dessus ?
03:21Non, mais je pense que quand elle dit le patronat,
03:24elle devrait utiliser...
03:26Les grands patrons.
03:27Oui, sur les grands patrons, je pense qu'on ne peut pas généraliser
03:31les choses comme ça.
03:32Moi, j'ai rencontré encore récemment Pascal de Murgère
03:36et puis d'autres patrons qui ont une vision d'essayer de construire
03:40et d'apporter des réponses à la fois aux difficultés de nos concitoyens
03:43parce qu'elles existent, on ne peut pas les nier.
03:46Et tout le patronat, elle a tort ou les grands patrons
03:51de généraliser autant.
03:53Mais après, elle est dans une forme aussi de lutte de classe
03:57que Patrick Martin,
03:59le patron du Médicte,
04:00le nom de Murgère est quelqu'un de charmant,
04:01mais qui est à la tête d'une organisation
04:04et qui est en train de mettre en place
04:06une lutte des classes inversée.
04:08Ça veut dire quoi, une lutte des classes inversée ?
04:09Ça veut dire qu'on est dans une dualité,
04:13on est en train de créer une dualité
04:15entre le monde du travail et le monde de la financiarisation
04:18et le monde de la finance
04:19qui détient aujourd'hui ces grandes entreprises.
04:22Aujourd'hui, ce n'est plus le patron contre le salarié
04:23ou le salarié contre le patron,
04:24c'est le monde du travail contre le monde de la finance ?
04:26Absolument.
04:26Et le MEDEF, c'est le monde de la finance alors ?
04:28Bien sûr.
04:29Bien sûr, moi je n'ai pas d'adhérent.
04:30Vous savez, Zuckman, j'ai pris une position assez basique.
04:34Nos petites entreprises, elles ne sont pas concernées
04:36par cette taxe.
04:38Mais malgré tout, chaque fois qu'on taxe l'outil de travail,
04:41qu'on l'affaiblit,
04:43évidemment, derrière, il y aura des conséquences
04:46d'investissement, d'emploi.
04:47Donc, ce n'est pas la bonne solution pour arriver.
04:50Mais tout de même,
04:51la production de cet outil de travail qu'il faut préserver,
04:55il faut qu'on ait un partage de la valeur ajoutée
04:57qui soit peut-être un peu plus équitable
04:59que ce qu'il est aujourd'hui.
05:00Je reprends un mot, Michel Picon,
05:01que vous avez utilisé tout à l'heure,
05:03tout le monde participe à l'instabilité politique,
05:05le MEDEF aussi participe à cette mobilisation ?
05:08Oui, je pense que dans cette période,
05:10il participe à l'instabilité politique
05:12que l'on critique, nous, depuis un an.
05:15Et jusqu'à présent, que nous critiquions ensemble
05:17avec le MEDEF.
05:18Et du coup, est-ce que vous comprenez les syndicats
05:20qui, eux, appellent à manifester demain ?
05:21Est-ce que leur combat, eux,
05:22ils manifestent contre le budget, en gros ?
05:24Oui, ils manifestent contre un budget.
05:26Alors, il y a des formes politiques.
05:28Mais tout de même, moi, je comprends
05:29la mobilisation des salariés
05:31d'une manière générale
05:32de tous les gens qui travaillent.
05:33Vous savez, moi, la semaine dernière,
05:35j'avais 800 personnes, 800 artisans,
05:37commerçants, professions libérales
05:38qui sont montés à Paris
05:40dans la journée annuelle
05:41que nous organisons.
05:43C'est facile de les pousser
05:44à une manifestation à la rue
05:47parce que tous les gens qui travaillent
05:48aujourd'hui n'arrivent pas à s'en sortir.
05:50Parce qu'on a des tas de sujets à traiter
05:53qu'on ne traite pas,
05:54qui est celui du financement
05:55de la protection sociale, bien sûr qu'il faut faire...
05:57Et le pouvoir d'achat ?
05:57Comment on redonne le pouvoir d'achat aux Français ?
05:59Le pouvoir d'achat des Français,
06:01nous, on a fait une solution
06:02qui est celle de...
06:03Je suis venu sur votre plateau
06:05expliquer ça.
06:07Il faut réduire
06:08sur la feuille de paix
06:11le brut du net.
06:13Pour ça, il faut déplacer
06:14une partie des cotisations.
06:16C'est la CSG, en gros.
06:17Pour nous, c'est la CSG.
06:18Il faut la baisser, la supprimer,
06:19faire remplacer la chose.
06:20Il faut supprimer la CSG
06:22sur les revenus du travail,
06:23sur les revenus d'activité,
06:25qui est sur la fiche de salaire.
06:27C'est 10 points.
06:27Et tout de suite,
06:28on peut donner 10% de pouvoir d'achat
06:30à nos salariés.
06:32Michel Picon,
06:33ce qu'on va enlever ici,
06:34il va manquer là.
06:35On se raconte des histoires,
06:36non ?
06:36Comment vous faites ?
06:37Oui, mais je vais vous dire
06:38le là.
06:38Qu'est-ce que ça peut être ?
06:40Le là, ça peut être
06:41la taxation des dividendes.
06:46Ça peut être la flat tax.
06:47Sous Sarkozy, on était à 45,
06:49on est passé à 30 dans une...
06:51La flat tax, c'est le plafond
06:52au-delà duquel on n'est plus imposé.
06:53C'est l'événement forcétaire unique.
06:55Voilà.
06:56Bon, on peut le pousser à 36,
06:57à 37, à 38.
06:58On est dans une situation difficile.
07:01Il faut aussi que tous nos concitoyens...
07:02On se passe la TVA ou pas ?
07:03Oui, bien sûr.
07:03Sur quoi ?
07:04Bien sûr.
07:05Le taux de TVA à 20,
07:07on peut le passer à 25.
07:08Il ne faut pas toucher
07:09au taux de TVA réduit.
07:1125 ?
07:11Oui, bien sûr.
07:125 points de TVA,
07:13c'est un peu plus de 500 milliards.
07:14Michel Picon, je vous écoute
07:15de 50 milliards par an.
07:16Je ne m'attendais pas
07:17à vous trouver plus proche
07:18de Sophie Binet ou de Marie-Lise Léon
07:19que de Patrick Martin.
07:21Je suis prêt du monde du travail.
07:22Je suis prêt de...
07:23Vous savez, nous,
07:23dans nos entreprises,
07:24on a des salariés.
07:25Le rapport que nous avons
07:26avec nos salariés,
07:27il n'est pas forcément le même
07:28que dans les grands groupes.
07:29Nous, on voit bien
07:30les difficultés des gens.
07:31Quand on voit nos salariés
07:32le 20 du mois
07:33venir chercher,
07:34demander un compte
07:35parce que c'est dur
07:36et qu'on n'a pas la capacité
07:38de les rémunérer davantage
07:39parce que la situation politique
07:42aujourd'hui fait que
07:43les chiffres d'affaires
07:45ne se font pas,
07:46les marges se réduisent.
07:46Donc, les hausses de salaire
07:47dans les petites entreprises,
07:48il ne faut pas y compter.
07:49C'est difficile.
07:49Mais on fera des hausses de salaire.
07:51On en a fait plein
07:52dans la restauration.
07:53Il y a eu 10 ou 12%.
07:54Un peu contraint,
07:55il y a des restaurants
07:55qui ferment
07:56parce qu'ils ne trouvent pas
07:57de collaborateurs.
07:59Mais le sujet
08:01du pouvoir d'achat
08:02de nos concitoyens
08:03est directement lié
08:05à la capacité
08:06de relance du pays.
08:07Les petits patrons
08:08n'ont pas toujours
08:09des grosses retraites.
08:10Très loin de là,
08:10il faut toucher aux retraites
08:11pour remplir la caisse.
08:12On parle de supprimer
08:13l'abattement de 10%.
08:14Non, mais moi,
08:15je pense que tout le monde
08:16doit faire un effort.
08:17Et c'est justement
08:17pour que c'est...
08:19Même ceux qui ont
08:19des petites retraites.
08:20Mais bien sûr.
08:21Non, les petites retraites,
08:22il ne faut pas toucher.
08:23Nous, on a mis la barre
08:24dans les propositions
08:25que nous avons faites
08:26à 2300 euros par mois.
08:28Mais chacun sait bien
08:29qu'il va falloir faire un effort.
08:30Mais pour que ces efforts
08:31soient acceptés
08:32par les retraités,
08:33y compris même
08:34par les salariés
08:35qui ne vont pas pouvoir
08:36faire un effort financier,
08:37mais qui vont devoir
08:38faire un effort
08:39de sobriété
08:40dans leur consommation médicale,
08:42dans des tas de domaines,
08:46pour que ce soit accepté
08:47par les petits patrons,
08:49par nos salariés.
08:50Il faut que l'effort
08:51soit équitablement porté,
08:53partagé.
08:54Michel Piquant,
08:54je veux juste revenir
08:55en quelques secondes
08:56sur un nom que vous avez cité.
08:57Vous ne voulez pas
08:57être assis à côté
08:58de Michel-Édouard Leclerc.
09:00Lui, il dit qu'il est
09:01le meilleur avocat du monde
09:03de la vie peu chère.
09:04Qu'est-ce qui vous gêne
09:04chez lui ?
09:05Pourquoi lui ?
09:05Non, mais après,
09:07c'est du marketing,
09:08il fait un travail,
09:10c'est une belle réussite,
09:13mais quel a été
09:14le prix à payer
09:15pour la société
09:15de la grande distribution
09:16telle qu'on la connaît
09:18dans notre pays ?
09:19Trop cher ?
09:19Trop cher,
09:21trop cher parce que
09:22ça atteint
09:22la vitalité des territoires,
09:24ça a tué
09:24beaucoup de petits commerces,
09:26ça a mis les gens
09:27dans la difficulté.
09:27Il a fait plus de mal
09:28que de bien ?
09:30Écoutez,
09:30quand je regarde
09:31sur la durée,
09:32les produits chinois,
09:33par exemple,
09:33aujourd'hui dont M. Leclerc
09:35dit qu'il faut arrêter ça,
09:36chaîne, t'es ému, etc.
09:37La première fois,
09:38moi, que j'ai trouvé
09:38des produits chinois,
09:39c'était vendu
09:40dans un supermarché.
09:42Sauf qu'Internet
09:43a tout bousculé
09:43parce que ces produits
09:45chinois ne sont plus
09:46donnés par les supermarchés,
09:47ils sont vendus
09:47directement par les chinois.
09:49Le franc parlait
09:49de Michel Picon
09:50ce matin sur RTL.
09:52Alors, Sophie Binet
09:53sera l'invité d'Amandine Bégaud.
09:54Si vous voulez lui poser
09:54une question,
09:55vous appelez au 3210
09:56Michel Picon
09:56et vous pourrez dialoguer
09:57avec elle tout à l'heure
09:58avec Amandine Bégaud.
09:59Merci.
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