00:00Yves Calvi, Aude Vernuccio, RTL Soir, jusqu'à 20h.
00:04Il est 18h20, bonsoir François Asselin.
00:06Bonsoir.
00:07Merci beaucoup d'être avec nous dans RTL Soir, vous présidez la CPME, notre confédération
00:11des petites et moyennes entreprises.
00:13Alors, les annonces de plans sociaux se multiplient, Michelin, Auchan, Sanofi, le laboratoire Bayer.
00:19On évoque aussi le chiffre de 60 000 défaillances d'entreprises.
00:22Quand on en est à 66 000, on comprend que, bien entendu, des petites et des moyennes
00:28entreprises peuvent être touchées.
00:30La situation est-elle aussi grave que cela, François Asselin ?
00:34La situation est préoccupante.
00:36Nous ne sommes pas toutefois dans une crise systémique, mais nous sommes dans une évolution
00:41constante des défaillances d'entreprises.
00:44Et ce que l'on constate, alors d'abord, on va arriver à plus de 66 000 défaillances
00:49d'entreprises sur 12 mois glissants, nous craignons que nous dépassions la part des
00:5270 000 en quelques mois, donc ce n'est pas une bonne nouvelle.
00:56Et ce que nous constatons, c'est que le panier moyen, si j'ose m'exprimer ainsi, des entreprises
01:02défaillantes commence à augmenter, c'est-à-dire que ce sont plutôt des PME qui, aujourd'hui,
01:05en pourcentage, sont les plus fragilisées, et ça, bien évidemment, derrière, vous avez de l'emploi.
01:11Quand les gros vont mal, comment se portent les petites et moyennes entreprises ?
01:15Vous venez de nous répondre, puisqu'elles travaillent avec les gros, si je puis dire, c'est ça ?
01:19Complètement, si vous prenez, par exemple, toute la chaîne de la sous-traitance automobile,
01:25vous avez des grandes entreprises, on les connaît, nos grands constructeurs,
01:28vous avez, Michel en fait partie aussi, dans la partie pneumatique, et puis vous avez toute la chaîne
01:33de sous-traitance, parfois en premier, deuxième, troisième, voire quatrième rang,
01:36qui, elle aussi, va souffrir, pourquoi ? Parce que, tout simplement, il y a un manque de volume,
01:40d'une part, et puis, d'autre part, les coûts augmentent, voyez-vous, c'est-à-dire qu'on parle
01:45beaucoup du pouvoir d'achat, mais les salaires ont plus augmenté que l'inflation en 2024,
01:50et lorsque vous avez une concurrence qui devient de plus en plus farouche,
01:54vous devez baisser vos prix de vente, vos coûts augmentent, les volumes baissent,
01:57et bien, on est dans une espèce d'effet ciseau pas très agréable.
02:00François Asselin, quelles sont exactement les difficultés du moment, si on peut être
02:04encore plus précis ? Alors, les difficultés du moment, c'est d'abord un contexte qui n'est pas
02:09très porteur à la confiance. On a eu... Quoi, nos entreprises n'ont pas le moral ?
02:15Ben voilà, tout simplement, et vous savez, c'est très lié dans les PME, la personne morale,
02:19l'entreprise, la personne physique, la personne même du chef d'entreprise,
02:23les deux fonctionnent ensemble. Et si l'entrepreneur n'a pas le moral, à savoir qu'il
02:27ne voit pas trop vers où il va, et bien, il se restreint sur ses investissements,
02:32sur ses embauches, et finalement, ça ne participe pas au développement économique du pays.
02:36Alors, ça amène ma prochaine question, c'est, êtes-vous soutenu, ne serait-ce qu'entendu,
02:39j'ai envie de vous dire, entendu par le gouvernement et par le président de la
02:43République, même si c'est devenu un peu compliqué quand on a les deux qui ne sont
02:46pas dans le même parti politique ? Oui, le gouvernement a d'abord travaillé sur la partie
02:51recette, c'est-à-dire l'augmentation des taxes et des impôts, et là, bien évidemment,
02:54le massage, il est catastrophique pour les entreprises. Ce qu'on a besoin, c'est d'avoir
02:59de la visibilité, une vraie stratégie sur la réduction de la dette qui concerne la réforme
03:05de l'action publique, nos régimes sociaux qui sont à la corde. Nous avons toute l'action
03:09publique, bien évidemment, le nombre de fonctionnaires, il faut absolument réduire le
03:13train de vie de ce qu'on peut qualifier de l'État, mais c'est l'action publique en général. Et nous,
03:17ce que nous voyons, c'est avant tout l'augmentation du coût du travail immédiate,
03:20l'augmentation des taxes et des impôts, et ça, bien évidemment, ça ne participe pas à la
03:24confiance. Est-ce que vous comprenez que votre propos sur il faut réduire la taille de l'État
03:29ne soit pas immédiatement accessible à ceux qui nous écoutent en disant mais qu'est-ce que ça a
03:34à voir avec nos PME ? J'en suis parfaitement conscient, mais ce qu'il ne faut pas oublier,
03:38c'est que qui crée la richesse dans le pays ? Eh bien, ce sont les entreprises, c'est le secteur
03:44marchand, c'est le secteur privé. Et ces entreprises, si elles ne créent pas assez de
03:48richesse, eh bien, on ne peut pas financer toute l'action publique. Et on en a besoin,
03:51on a bien évidemment besoin de se soigner, on a bien besoin de se transporter, on a besoin d'être
03:56accompagné. Bref, on a besoin d'une action publique efficace. Mais aujourd'hui, eh bien,
04:01vous avez un déséquilibre croissant entre le coût de l'action publique et la richesse produite,
04:07créée par les entreprises. Et il ne faut pas oublier que 99% de l'utilité des entreprises,
04:11ce sont des PME, ce sont des TPE. Pendant que je vous tiens, les jours fériés, on en pense quoi
04:17dans nos petites et moyennes entreprises ? Vous savez, nous, on aime le travail. Donc,
04:23le fait qu'on puisse travailler un peu plus, ça ne nous dérange absolument pas,
04:26on sait très bien. Et ça, c'est un levier, voyez-vous, positif, même si ça ne fait pas
04:30tellement plaisir à entendre. Mais en attendant, nous avons une vraie marge de manœuvre dans notre
04:34pays, à savoir que nous sommes encore un pays qui, en Europe, travaille le moins en quantité
04:38de travail produit par l'ensemble d'une classe d'âge en âge de travaillé. Eh bien, le fait
04:43de travailler un jour en plus dans l'année, si ça peut « générer de la richesse », nous sommes
04:49tout à fait favorables. Vous faites partie de ceux qui estiment qu'on a un jour férié en trop.
04:52Oui, écoutez, travailler plus, c'est soit un jour férié en trop, c'est soit travailler plus en nombre
05:01d'heures étalées sur toute l'année. Oui, je pense qu'on peut le faire, on a de quoi le faire dans
05:05notre pays. Par ailleurs, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, affirme que nous sommes au
05:10début d'une violente saignée industrielle. Est-ce que vous partagez son avis ? Elle estime
05:16que 200 plans sociaux sont en préparation. Oui, il y a effectivement beaucoup de plans sociaux qui
05:22sont en préparation. Et puis, vous avez des licenciements qui ne se voient pas parce que dans
05:25les petites entreprises, eh bien, c'est au compte-goutte. Mais, mis bout à bout, ça représente
05:29quand même beaucoup d'emplois. Donc, il faut s'attendre effectivement à ce que la courbe du
05:32chômage augmente. Pour autant, si nous savons dans notre pays, eh bien, entamer une vraie réforme de
05:38l'action publique. Si, deuxièmement, nous pouvons revenir sur tout ce qui concerne la simplification,
05:42ça ne coûte pas un euro à l'État et ça peut libérer vraiment notre économie. Nous appelons au
05:46test OPME, par exemple, la CPME. Nous avons les moyens de faire redécoller la machine économique.
05:51Pour autant, eh bien, effectivement, on va passer quelques mois compliqués. Il faut s'attendre
05:57effectivement à ce que le chômage augmente dans notre pays. Les appels à la grève, en tout cas,
06:00se multiplient ces derniers jours. Le climat social, on l'a entendu et on le comprend. Ce
06:04temps, comme en témoignent d'ailleurs les propos de la secrétaire générale de la CGT. Vous êtes
06:08inquiet ? Vraiment inquiet ? Non, je ne suis pas inquiet. Je suis, comme beaucoup de chez l'entreprise,
06:14tout à fait réaliste. Notre pays a d'énormes marges de manœuvres, s'il veut s'en donner les
06:18moyens. Par contre, il y a une chose, effectivement... Mais il ne vous a pas échappé que, pardonnez-moi,
06:22la CGT réclame un moratoire pour interdire les licenciements économiques. Que lui répondez-vous,
06:27ce soir sur RTL ? Écoutez, là, ça reviendrait finalement à nationaliser toutes les entreprises,
06:32que ce soit leur taille. Parce que, vous savez, je ne connais pas un seul chez l'entreprise qui
06:36le gaieté de cœur va, entre guillemets, licencier du personnel. Ce que nous aimons, nous, dans
06:40l'entreprise, c'est embaucher, c'est d'avoir de l'activité. Quand l'activité commence à baisser,
06:44ben oui, des fois, il faut s'attaquer pour garder le bien commun qu'est l'entreprise. Pour éviter
06:48que toute l'entreprise ne périclite, il faut parfois, effectivement, se séparer de collaborateurs.
06:53Et j'aime mieux vous dire que, dans une petite entreprise, la charge émotionnelle est extrêmement
06:58importante sur les épaules du chef d'entreprise, tout en donnant le bien, évidemment, à nos
07:02salariés. Merci beaucoup, François Asselin, président de la CPME, la Confédération des
07:07Petites et Moyennes Entreprises. Merci d'avoir pris la parole en direct sur RTL. Dans un instant,
07:11le journal de 18h30, puis nous ferons un gros câlin à l'encolure des chevaux de la Garde
07:16républicaine. Ça vous plaît, ça, Louis Bonin. Pour la première fois, quatre d'entre eux reçoivent
07:21les honneurs militaires et une très belle décoration, la médaille de bronze de la
07:25Défense nationale. Bref, comme nos soldats les plus courageux. On va vous expliquer tout cela
07:29dans quelques instants.