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##LE_GRAND_DEBAT_DES_VRAIES_VOIX-2025-09-26##

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News
Transcription
00:00La juge qui vient de condamner Nicolas Sarkozy à 5 ans de prison avait déjà manifesté contre lui.
00:05Sur la justice, est-ce qu'il y a une politisation de la justice ?
00:08Est-ce que la justice a rendu le verdict qu'elle aurait rendu pour quelqu'un d'autre ?
00:11Nathalie Gavarino, présidente du tribunal de Paris, était en 2011 représentante de l'union syndicale des magistrats.
00:17Elle n'avait pas supporté les propos du président qui mettait en cause la responsabilité des magistrats à la suite de l'assassinat de Laetitia Perret.
00:25Alors c'est un procès impartial ou un règlement de compte ?
00:28Et comme je vois Philippe Bilger trépigné de cette question...
00:34Non, non, pas du tout ma chère Cécile. Je suis prêt à laisser un large ton de parole à Natacha.
00:40Natacha, donc cette question sur Nicolas Sarkozy et cette magistrate qui aurait manifesté contre lui, soupçon de faute ou simple polémique selon vous ?
00:49Alors, il est parfaitement légitime de se poser la question.
00:52À partir du moment où on essaye de le faire avec le plus de nuances et de recul possible.
00:58En l'occurrence, il me semble que beaucoup de magistrats avaient protesté contre les positions de Nicolas Sarkozy sur la magistrature.
01:07À mon sens, à tort. C'est-à-dire qu'on sait qu'il y a un débat depuis déjà très très longtemps sur la responsabilité des magistrats
01:17quand la justice, de toute évidence, se plante.
01:21Et il y a des moments où la justice se plante.
01:24Elle est humaine.
01:24Et donc, on se souvient que plusieurs fois, Nicolas Sarkozy avait mis en cause les magistrats.
01:33On a tous en tête la fameuse phrase sur les petits pois.
01:37Et donc, qu'il y ait eu une colère des magistrats, c'est une évidence.
01:41Qu'il y ait une détestation de Nicolas Sarkozy par une part des représentants du monde de la justice, c'est une évidence.
01:49Est-ce que, pour autant, ça implique qu'un jugement soit impartial ?
01:54Je suis plongée dans la lecture des 380 pages de ce jugement parce que j'estime qu'il faut lire les 380 pages pour bien comprendre.
02:04Donc, je le dis ici, je n'ai pas encore fini parce que ça prend un certain temps et très complexe.
02:10Mais je pense qu'il faut être... Enfin, ce jugement est extrêmement argumenté.
02:16Et il y a des choses, moi, qui m'étonnent beaucoup dans ce jugement.
02:20N'étant pas professionnel, je vais justement soumettre ces quelques phrases à Philippe Bilger.
02:26Mais voilà, ce que je veux, c'est qu'il n'y ait pas de caricature.
02:29Et ce qui m'inquiète, c'est que je vois bien que ce jugement n'a pas réglé le problème.
02:36C'est-à-dire qu'on est quand même dans un truc totalement gravissime.
02:38C'est-à-dire qu'on a un président de la République qui est donc jugé coupable d'association de malfaiteurs.
02:47C'est énorme.
02:48Sauf qu'il aurait fallu que le jugement soit implacable et qu'il y ait, comment dire, une unanimité pour ressouder le pays.
02:57Parce qu'on se traîne depuis déjà très longtemps et en particulier autour de la figure de Nicolas Sarkozy, mais pas seulement,
03:03une espèce de soupçon sur la justice qui serait politisée, sur le fait...
03:09Et c'est profondément malsain.
03:11Enfin, on peut pas nier qu'elle soit parfois politisée quand même.
03:15Tout dépend de ce qu'on appelle politisée.
03:16C'est-à-dire que je pense, pour ma part, que les magistrats sont désormais entrés dans un moment où ils se mettent dans une posture morale.
03:24Et ça me gêne un peu.
03:26D'autant plus qu'en faisant cela, en fait, ils empiètent sur le politique au sens large.
03:34J'avais été gênée par l'exécution provisoire dans le procès sur Marine Le Pen,
03:38parce que ce concept qui était autour de troubles à l'ordre public démocratique était lunaire.
03:46Et de même là, il y a deux, trois choses qui me titillent.
03:50Et je le dis avec énormément de prudence.
03:52Parce que, de fait, la question est complexe.
03:56On a le droit de se poser des questions, de toute façon, dans l'absoluble.
03:58Heureusement.
03:58Il y a dans ce procès, évidemment, de l'argent qui a circulé.
04:03Vous avez dit tout à l'heure, Cécile, que...
04:06Et on va en parler tout à l'heure.
04:08La question du document produit par Mediapart.
04:12Il y a eu un jugement pour dire que ce document n'était pas un faux.
04:16Donc, voilà, il faut discuter de tout cela.
04:18Non, non, non, justement, il n'a pas été jugé faux, ce document.
04:22Trois fois, on l'a dit vrai.
04:24Mais bien sûr, il n'a pas été...
04:26Et le tribunal dit, il est probablement faux.
04:29Voilà, c'est ça toute la complexité.
04:32Donc, encore une fois, il faut prendre ça avec des pincettes,
04:36alors même que moi, j'aurais voulu qu'on sorte de ce procès
04:39avec la certitude que la justice avait été rendue au nom du peuple français
04:44et qu'on pouvait se réconcilier, quels que soient les bords politiques
04:47et la perception qu'on avait de Nicolas Sarkozy.
04:49Il faut constater que ce n'est pas le cas.
04:51C'est dangereux pour la démocratie.
04:52Philippe Bidja.
04:54Je vais vous décevoir, mes amis.
04:57Je suis quasiment d'accord avec ce que vient de dire Natacha.
05:00Et pour la beauté du débat, je suis désolé d'être accordé.
05:06D'abord, certes, la présidente, puisque là, on ne discute pas le fond du jugement.
05:14C'est bien clair.
05:15On peut digresser, on peut tout à fait digresser.
05:17Il n'y a pas de problème.
05:18Moi, je trouve le jugement très argumenté, comme l'a dit Natacha, très bon.
05:23Je discute l'exécution provisoire.
05:26Ça, c'est très clair.
05:28Mais pour revenir au problème de la présidente,
05:31voilà une femme qui a manifesté en 2011.
05:35Le syndicalisme n'était pas interdit.
05:38Elle a participé, comme tant d'autres, à une manifestation contre Nicolas Sarkozy
05:43que j'ai beaucoup soutenue avant 2007
05:46et qui, en l'occurrence, n'avait pas totalement tort.
05:50Deuxième élément, c'est une présidente qui, dans les précédents procès, a été louée.
05:56Et je dirais, même dans l'affaire Le Pen,
06:00elle a présidé de manière assez remarquable.
06:04Et pour ce qui concerne le jugement,
06:06concernant les débats concernant Nicolas Sarkozy et les autres,
06:11tous les médias que j'ai tenté de lire
06:14durant les trois mois et demi,
06:17je n'en ai lu aucun qui ait contesté
06:19la manière professionnelle
06:22et intègre de présider de la part de Nathalie Garvarino.
06:26Donc, j'en conclue que, sur ce plan-là, il y a une tentative de dérivation.
06:32On peut discuter, par ailleurs, le jugement et l'argumentation,
06:37mais là-dessus, ça me semble relativement mauvaise.
06:39Vous pensez qu'il y a une atteinte au principe d'impartialité ?
06:43Moi, je pense qu'il y a une faute de goût.
06:45On ne fait pas juger quelqu'un par quelqu'un qui a manifesté contre lui.
06:48Je vous prends un exemple.
06:49Philippe Bilger, il y a quelques années, était sur le mur des cons,
06:51si je ne m'abuse, du syndicat de la magistrature.
06:53Alors, j'imagine que si un jour, Philippe Bilger était jugé
06:57par un membre du syndicat de la magistrature
06:59qu'il avait mis sur le mur des cons,
07:01qui n'est pas la chose la plus valorisante qui existe,
07:03ou toute personne qui était aux côtés de Philippe Bilger sur le mur des cons,
07:07il ou elle ne lui ferait aucun cadeau dans le jugement.
07:10Je pense que dire ça, ce n'est pas être complotiste,
07:12ce n'est pas tenir des propos délirants.
07:14Je pense que c'est quand même réel.
07:16Non mais, Philippe David, là où je vous rejoins,
07:18c'est qu'il aurait appartenu aux avocats de Nicolas Sarkozy
07:22de demander à récuser...
07:24Absolument, à récuser la présidente.
07:25Ils ont mal fait leur travail.
07:27Ça n'aurait choqué personne qu'il fasse cette demande en disant,
07:30attendez, voilà.
07:31Après, ça ne prouve pas que son jugement à elle est partiel.
07:35En revanche, dans une procédure, c'est normal.
07:38J'ai dit que c'était une faute de goût.
07:40Et c'est une double faute de goût,
07:42parce que déjà, elle avait manifesté contre Sarkozy,
07:44mais aussi, quand même, c'était elle qui avait jugé
07:46François Fillon et Pénélope Fillon il y a quelques mois.
07:49Donc, je dis que mettre sur la même juge,
07:52sur des accusés du même parti,
07:55je pense que ce n'était pas, une fois de plus,
07:58une bonne idée.
07:59Je pense que c'était une double faute de goût.
08:01Allez, on fait une petite pause.
08:02On revient dans un instant, Philippe.
08:03Et on reviendra justement sur cette justification
08:06du mandat de dépôt de l'exécution provisoire,
08:09puisque, comme vous,
08:11finalement, Eric Dupond-Moretti,
08:13l'ancien garde des Sceaux,
08:14aimerait bien aussi comprendre pourquoi.
08:16On en parle dans un instant.
08:17Et avec Philippe David,
08:29on est ravis d'accueillir, bien entendu,
08:30Philippe Bilger,
08:31mais aussi Natacha Poligny,
08:32éditorialiste et essayiste.
08:34Et dans une petite dizaine de minutes,
08:36vous découvrirez,
08:37si vous ne l'avez pas déjà lu dans la presse,
08:39cette nouvelle revue trimestrielle
08:42qui s'appelle L'Audace,
08:43qui va sortir au mois de décembre.
08:45On en parlera un petit peu plus longuement.
08:48Et puis, on va revenir sur ce qu'on disait
08:50il y a quelques instants dans le procès de Sarkozy,
08:52l'une des juges qui aurait organisé sur le passé
08:55une manifestation contre lui.
08:57On se demande si c'est une faute d'impartialité
08:59ou simplement insoupion.
09:00Mais je vais revenir quand même
09:02à ce que je vous disais tout à l'heure,
09:04ce qu'a dit Éric Dupond-Moretti.
09:07Moi, j'attends de lire avec beaucoup d'impatience,
09:10il est vrai, la justification
09:11qui est celle du tribunal
09:12pour ordonner le mandat de dépôt,
09:15l'exécution provisoire.
09:16Philippe Bilger.
09:17J'ai dit tout à l'heure
09:19que c'était la seule chose qui me gênait
09:22dans le dispositif,
09:25c'est l'exécution provisoire.
09:27Certes, le mandat de dépôt est différé,
09:31ce qui permet à Nicolas Sarkozy
09:33d'organiser un petit peu sa vie
09:36avant son incarcération,
09:38mais au moins, j'aurais aimé
09:40que le tribunal se penchât davantage
09:43sur l'explication de l'exécution provisoire.
09:48En réalité, il en parle très rapidement.
09:52Il parle de l'affaire gravissime,
09:54je le rejoins,
09:55mais ça ne suffit pas.
09:56Il aurait dû nous dire
09:58pourquoi il était fondamental
10:00que cette exécution provisoire
10:02entraînasse la suite.
10:05J'ajoute, pour compenser un peu ma critique,
10:09que Nicolas Sarkozy n'est tout de même pas
10:11sur le plan du passé présidentiel
10:14ou avant un perdreau de l'année.
10:17Un tribunal peut constater
10:18que quelqu'un qui a de multiples affaires
10:21peut-être mérite davantage
10:24une exécution provisoire
10:26qu'autre chose.
10:27Natacha ?
10:28Oui, tout le problème,
10:29c'est que le fondement même
10:30de cette exécution provisoire,
10:33c'est de remettre en cause
10:34la présomption d'innocence
10:35qui est garantie par le droit à l'appel.
10:37Donc, il y a quelque chose
10:38de choquant là-dedans.
10:40Et on a l'impression,
10:40c'est ce que je disais tout à l'heure,
10:41les juges sont dans une phase
10:44où ils considèrent
10:45que les politiques doivent être exemplaires.
10:48Quand on dit politisation des juges,
10:50je ne crois pas que ce soit ça le sujet.
10:52Ce n'est pas qu'ils penchent dans un camp
10:53et qu'ils veulent avoir le camp d'en face.
10:56Ce n'est pas la gauche contre la droite.
10:58C'est l'idée qu'ils sont les garants
11:01de la morale publique
11:03et que donc,
11:04les politiques qui enfreignent
11:06cette morale publique
11:07doivent payer
11:07et doivent payer beaucoup.
11:09Et on le voit dans les termes
11:10qu'ils emploient.
11:12Par exemple, le fait que cette affaire
11:14est une extrême gravité, etc.
11:16Il y a des termes moraux
11:18qui sont employés.
11:19Or, ça me gêne.
11:21Ça me gêne parce que...
11:22Il faut être factuel, en fait.
11:23C'est ça.
11:24Il faut rester sur la question juridique
11:27et ce n'est pas au juge
11:30de garantir la bonne moralité
11:34des politiques,
11:35même si nous sommes tous
11:36exaspérés
11:37et même scandalisés
11:39par le fait que des gens
11:41qui sont censés représenter les citoyens
11:44et qui sont censés donc
11:45montrer l'exemple
11:46ne soient pas irréprochables.
11:48Mais vous voyez,
11:49ce n'est pas à la justice
11:50de faire rentrer
11:51en ligne de compte cela.
11:53Or, dans l'exécution provisoire,
11:54il y a cette idée
11:55qu'en fait,
11:57on ne voudrait surtout pas
11:59qu'il échappe à la prison.
12:00C'est ça
12:01qu'on comprend
12:02dans le choix
12:03de l'exécution provisoire.
12:05Eh bien,
12:06je suis un petit peu gênée
12:07par cela.
12:09J'ajoute qu'il y a quand même
12:09deux ou trois choses
12:10dans le jugement.
12:11Quand on trouve des phrases
12:12comme par exemple
12:13le soin particulier
12:14que Claude Guéant
12:15et Brice Hortefeux
12:17ont mis à présenter
12:18Nicolas Sarkozy
12:19comme étant étranger
12:20à ce processus
12:21corrobore au contraire
12:23le fait qu'il en était
12:24parfaitement informé.
12:26C'est-à-dire,
12:26parce que des gens disent
12:27bah non, non, non,
12:28vraiment,
12:29il était pour rien,
12:30ça prouve qu'en fait
12:31il n'était pour quelque chose.
12:32C'est quand même
12:33très très bizarre
12:33comme phrase.
12:35Il y en a quelques-unes
12:36des perles comme ça.
12:37Parce que combien de fois
12:40et dans cette oralité
12:42des débats
12:43durant trois mois,
12:45alors c'est peut-être
12:46une intuition fondée
12:48sur une expérience.
12:50On a bien senti,
12:51me semble-t-il,
12:52que la volonté
12:54de Bruno
12:55de
12:56Hortefeux
12:58et de
12:58Claude Guéant
12:59était clairement
13:01de constituer
13:03un bouclier
13:04par rapport
13:05à Nicolas Sarkozy
13:06qui ostensiblement
13:08s'est estimé
13:10à l'écart
13:11de cette affaire
13:12qui n'aurait concerné
13:13que ces deux
13:14collaborateurs-là.
13:16Alors,
13:16je comprends
13:17que vous puissiez
13:18être choqués
13:19si c'était
13:20le seul motif,
13:21mais
13:21en venant au gris,
13:24je trouve que
13:24ça n'est pas d'absurde.
13:26Merci mes amis.
13:27Ils l'ont protégé.
13:28Merci beaucoup.
13:29Allez, on y va.
13:30On change de sujet
13:30en fin du positif.
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