- il y a 3 mois
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NewsTranscription
00:00Moi, c'était donné un mois, un mois et demi pour sauver le couple, si tu veux.
00:04Elle me dit non, non, mais ça sert à rien. De toute façon, ma décision est prise.
00:07Je suis déjà très loin dans ma tête.
00:08On était un couple colocataire, en gros, si tu veux, c'est tout.
00:12On était là que pour la maison et les enfants, et c'est tout.
00:15Après, il y avait... Moi, elle ne me disait plus rien.
00:18Ce procès a été une épreuve très difficile.
00:22Et à cet instant, je pense en premier lieu à mes trois enfants, David, Caroline et Florian.
00:28Je n'ai pas de la voiture de Bernard.
00:31Je n'ai jamais été sur l'éponge, tout ça.
00:35Quand ça a été noyé, je n'ai jamais été là.
00:39Je ne connais pas l'éponge, nous deux seules.
00:41Bernard est innocent. Mon beau-frère, il est innocent.
00:44Je n'ai jamais été avec mon beau-frère.
00:48Et ce procès du jubilard, bien entendu, qui repose sur cette condamnation uniquement sur l'intime conviction,
00:54je m'adresse à vous, Philippe Bilger, est-ce qu'il y a dans cette intime conviction quelque chose d'humain ?
01:04Oui. Alors, ce qui me gêne dans la question de Sud Radio, et pourtant par nature excellente,
01:11c'est le fait qu'elle laisse croire que l'intime conviction, c'est une sorte d'impression, comme ça,
01:17qui conduirait les jurés à condamner.
01:21Mais intime conviction, quand on connaît un peu l'étymologie latine,
01:25ça veut dire une certitude qui n'a pas besoin d'être démontrée.
01:30Et en réalité, avec la motivation des cours d'assises,
01:35et le très long délibéré de six heures,
01:39qui a vu probablement s'entrechoquer l'argumentation des accusateurs,
01:44« Ils étaient deux » au demeurant très remarquables,
01:48et l'argumentation des deux avocats,
01:51« Ils étaient deux » apparemment très remarquables aussi,
01:54comme le monde l'a dit,
01:56eh bien, nous avons eu six heures où les présomptions ou les preuves,
02:02parce que des présomptions à la fin d'un débat deviennent des preuves,
02:07pour l'accusation et une destruction de preuves pour la défense,
02:12sont abouties à la condamnation de Cédric Jubilard.
02:16Je n'aurais pas la prétention, n'ayant pas été au procès,
02:21et n'ayant pas été naturellement accusateur,
02:25de considérer que l'épreuve contre, en faveur de Cédric Jubilard,
02:32était dérisoire ou insuffisante.
02:35Je constate simplement que les éléments à charge,
02:38et qui ont été multiples, notamment la personnalité déplorable de l'accusé,
02:44ont emporté la conviction du jury au bout de six heures,
02:48avec trente ans de réclusion.
02:51Et donc, je prends acte de cela, je comprends la condamnation,
02:57mais bien sûr, ça ne veut pas dire que les plaidoiries en face n'ont pas été bonnes.
03:02La parole est à la défense, Maître Jean-Yves Leborg.
03:04Je crois qu'il faut se souvenir du fait que l'intime conviction,
03:09qui est dans la loi, c'est l'article 353 du Code de procédure pénale,
03:15appartient à un autre temps.
03:17C'est un texte du XIXe siècle,
03:20et qui, en quelque sorte, montre bien que l'intime conviction prend la place de la preuve.
03:26La loi ne demande pas compte au juge des moyens par lesquels ils se sont convaincus.
03:33Elle ne leur demande pas de justifier la plénitude et la suffisance d'une preuve.
03:39Elle leur demande de s'interroger dans le recueillement et le silence.
03:44Avez-vous une intime conviction ?
03:46Ça appartient à un temps où, finalement, le recueillement, le repli sur soi,
03:52pouvait, en quelque sorte, amener une révélation, une grâce.
03:55Et voyez-vous, j'ai un peu le sentiment qu'aujourd'hui,
04:00l'intime conviction, c'est ce qui prend la place de la preuve,
04:07quand elle n'existe pas, c'est cette forme de certitude intime.
04:12Peut-on, dans des cas aussi graves,
04:15avoir recours à ce qui est peut-être une certitude intime,
04:20mais qui ne repose pas sur des faits objectifs ?
04:24Il y a là un véritable problème.
04:26Je me souviens d'une vieille affaire.
04:28Nous n'étions pas en cours d'assises,
04:30nous n'étions pas dans une affaire de meurtre ou de disparition de personnes.
04:35C'était un banal vol où le président, revenant après le délibéré,
04:39regarde mon client, je m'attendais à une condamnation.
04:43Il lui dit, bon, allez, le tribunal vous relaxe.
04:47Mais attention, ne recommencez pas.
04:50Mais ça paraît drôle comme ça.
04:53En réalité, cela voulait dire, j'ai la certitude intime que vous êtes coupable,
05:00mais mon dossier ne me permet pas d'en apporter la preuve.
05:05Alors je joue le jeu.
05:06C'est un jeu tragique que la justice,
05:09mais il faut quand même lui donner des règles.
05:11Sébastien Maynard, est-ce qu'il y a un risque de subjectivité, selon vous ?
05:16C'est intéressant d'avoir les trois avis différents, peut-être, ou pas ?
05:18Non, mais il y a nécessairement beaucoup de subjectivité,
05:22puisqu'il y a un faisceau de convergence.
05:25Moi, j'ai suivi ça avec...
05:27Je n'ai pas envie de dire avec gourmandise,
05:29parce que derrière ça, il y a quand même un drame.
05:31Il y a des enfants qui n'ont plus de maman, etc.
05:34Mais en fait, le sujet est intéressant,
05:36et il est d'une banalité absolue.
05:38On a le droit de s'aimer et de se désaimer.
05:40Ils se sont aimés, et ils n'ont pas su se désaimer.
05:43Et il y a une disparition.
05:45Est-elle partie ?
05:46A-t-elle été assassinée par son mari ?
05:49Donc oui, il y a beaucoup de subjectivité.
05:52Il y a beaucoup d'interrogations.
05:54Il y a beaucoup, vous parlez maître,
05:56dans l'intime conviction,
05:58cette espèce de silence introspectif
06:01dans lequel on doit se plonger.
06:03Je me suis couché très tard hier
06:05pour regarder justement l'intégralité de cette affaire.
06:10Mais on se pose des questions.
06:11À un moment donné,
06:11qu'est-ce qui peut pousser un homme d'une banalité ?
06:14Moi, je suis moins...
06:15Quelque part, je ne condamne pas le personnage,
06:18l'histoire du personnage,
06:19la jeunesse du personnage,
06:21la médiocrité de sa vie.
06:22Nous sommes qui, pour juger la médiocrité
06:24professionnelle, intellectuelle, humaine de quelqu'un ?
06:27Je ne me le permettrais pas.
06:29Mais c'est d'une banalité.
06:31Sauf que ça finit par un drame absolu.
06:34Donc, c'est évidemment très subjectif.
06:36Allez, vous restez avec nous.
06:37Philippe, 20 secondes, 30 secondes.
06:39Allez-y, allez-y.
06:40J'ai évidemment vu à la fois le talent de Jean-Yves Leborn
06:45et le fait qu'il est avocat.
06:47C'est-à-dire que vous voulez entourlouper,
06:51en quelque sorte, nos auditeurs,
06:53mon cher Jean-Yves,
06:55en disant que l'intime conviction
06:57est la preuve d'un monde dépassé.
07:00Mais pas du tout.
07:01C'est-à-dire que si on suivait votre argumentation,
07:05on considérerait que dans l'affaire Jubilard,
07:08il n'y a pas l'ombre d'une preuve,
07:10pas des présomptions tellement solides
07:13qu'elles sont devenues accablantes.
07:15Et au fond, vous donneriez une prime,
07:17comme dans d'autres affaires, d'ailleurs,
07:20dont on a beaucoup parlé,
07:22au fait qu'un accusé nie les crimes qui lui sont reprochés
07:26et en plus a fait disparaître le corps.
07:29qu'elle aubaine, mais qu'elle aubaine.
07:32Et donc, ce serait très dangereux pour la société
07:35et peut-être pour la justice.
07:36– M. l'avocat général,
07:39je comprends que vous voyez des coupables partout,
07:42c'est dans la nature des choses.
07:44Et je ne peux pas vous en vouloir.
07:46Mais il y a quand même quelque chose d'extraordinaire
07:50à ce qu'une sorte d'hubris judiciaire
07:53se mette en place.
07:55Et est-ce qu'au fond, on se dit,
07:56au fond, la preuve, la démonstration,
07:59n'est pas assez superflue ?
08:02Et moi, je vous dis,
08:03quand je vous regarde dans les yeux,
08:05quand je vois qui vous êtes,
08:07au fond de moi-même,
08:09une sorte de révélation me dit que vous êtes coupable.
08:13J'en tremble encore.
08:14– Il a dit ça, on me regarde en chuinet.
08:15– Vous avez vu, vous suis certain,
08:18est-ce que vous avez suivi le procès ?
08:20– Je l'ai suivi de loin en loin,
08:22comme d'avis sur du possible.
08:24– De très loin ?
08:24– Non, non, non, attendez, ne profitez pas.
08:27Avec un avocat général,
08:28il ne faut pas être sincère,
08:29il en a vu.
08:31– De très loin.
08:32– Allez, ce n'est pas fini.
08:34On fait une petite pause,
08:35on revient dans un instant.
08:36Merci messieurs pour ce spectacle formidable.
08:38On a l'impression d'être dans le procès avec vous.
08:410826 300 300
08:42et on revient dans un instant.
08:43Soyez les bienvenus,
08:44on est ensemble jusqu'à 19h30.
08:46– Sud Radio.
08:47– Sud Radio.
08:47– Parlons vrai.
08:48– Parlons vrai.
08:49– Sud Radio.
08:49– Parlons vrai.
08:50– Les Vraies Voix Sud Radio.
08:5218h20, Cécile Dominibus,
08:54Philippe David.
08:55– Et on vous souhaite la bienvenue
08:56dans les Vraies Voix.
08:58On est ensemble jusqu'à 19h30
08:59autour de cette table.
08:59Philippe Bilger,
09:01Jean-Yves Leborg,
09:02avocat pénaliste
09:02et Sébastien Ménard,
09:03éditorialiste,
09:04patron de Presse Libre
09:05et entrepreneur dans la Foodtech.
09:06On était bien entendu
09:08sur ses réquisitions,
09:09en tout cas sur Cédric Jubiliard
09:13qui a été reconnu coupable
09:14et qui est condamné
09:15à 30 ans de prison
09:17et sur cette condamnation
09:19uniquement sur l'ultime conviction.
09:21Alors bien sûr,
09:22j'ai envie de vous opposer
09:22les affaires Omar Haddad
09:23condamné à 18 ans de prison
09:26sur cette intime conviction.
09:30L'affaire Outreau,
09:31entre autres,
09:31l'affaire Patrick Dils.
09:33Et je me tourne vers vous,
09:34Philippe Bilger.
09:35– Ma chère Cécile.
09:36– Même si on ne peut pas comparer les...
09:38– En effet,
09:38vous avez l'honnêteté
09:39de le dire d'emblée
09:40de sorte que déjà
09:42votre argumentation
09:43est un peu biaisée.
09:45– D'accord.
09:45– Mais non,
09:46je veux dire,
09:47vous avez la diversité criminelle
09:50avec des arrêts d'acquittement
09:52ou bien de condamnation.
09:54Mais il est difficile
09:56de parler d'affaires
09:57où on n'a pas été.
09:59Et je le fais moi-même.
10:00– Bien sûr.
10:01– Je m'intrime.
10:01– Vous avez plus d'expertise que moi.
10:03Moi, c'est pas juste
10:04pour vous relancer.
10:04– Non, non, mais je veux dire,
10:06je ne discute pas
10:08la majorité...
10:09La justice criminelle,
10:11je ne considère pas
10:12qu'à chaque fois
10:13qu'un grand avocat
10:15a perdu un procès,
10:16il y a une erreur judiciaire.
10:18Pour moi, en réalité,
10:20les affaires que vous évoquez
10:21peuvent susciter le doute.
10:23Et pour Patrick Dils,
10:25vous avez totalement raison.
10:27Il y en a eu d'autres, bien sûr.
10:29– Mais comment on peut protéger
10:30le doute, Philippe ?
10:31C'est la question
10:32qu'on a envie de se poser.
10:32– Non, mais c'est la question
10:33que je me pose.
10:34On m'a toujours dit,
10:35alors moi, je ne suis pas juriste,
10:36que le doute devait profiter
10:38à l'accusé.
10:38– Bien sûr.
10:39– Mais j'ai l'impression
10:39– Et c'est le cas.
10:40– Et c'est le cas.
10:41– Bah, c'est le cas,
10:42c'est le cas théoriquement.
10:44– Mais c'est le cas.
10:45– Mais c'est le cas.
10:45– Mais non.
10:47– Mais prenons...
10:48– Allez-y, Philippe,
10:50en vous laissez.
10:50– Renons l'affaire Jubilard.
10:52– Oui.
10:53– Vous considérez qu'il y a un doute
10:55parce que les éléments
10:57qui ont été édifiés contre lui
11:01et qui résultent d'une accumulation
11:03de présomption
11:04ne vous satisfont pas,
11:06tout simplement parce qu'il a
11:08l'habilité d'avoir nié le crime
11:10et que, par ailleurs,
11:12il a fait disparaître le corps.
11:14Ça n'est pas de la faute de la justice.
11:17Si l'accusé extrêmement criminel
11:19vous dispense des preuves
11:21qui pourraient radicalement l'accabler.
11:23– Autrement dit,
11:25il faut que l'intelligence de la justice
11:27confrontée à une absence de preuve,
11:29dont bien entendu, selon l'accusation,
11:32c'est l'accusé qui est responsable,
11:35passe outre à cette absence de preuve
11:37en disant « je n'ai pas de matériel
11:41qui me souligne la culpabilité,
11:45mais je sais que vous êtes coupable ».
11:46Je crois qu'il y a un phénomène aussi
11:48qu'il faut évoquer,
11:51c'est celui de la tragédie sociale.
11:54– La médiatisation ?
11:55– Non, oui, la médiatisation
11:56en est un élément,
11:57mais je veux dire de la gravité
11:58que représente une situation,
12:01la disparition d'une jeune femme,
12:03peut-être le fait qu'elle ait été assassinée,
12:07que sais-je.
12:08Bon, il faut une réponse.
12:10Et je crois que la justice,
12:13peu à peu,
12:14perd cette humilité
12:16qui consisterait à dire
12:18« je ne peux pas répondre à tout,
12:21je ne peux pas vous rééquilibrer
12:24en quelque sorte par une condamnation,
12:27n'importe quel drame social
12:29qui s'est produit ».
12:31Cette humilité-là,
12:32je pense qu'elle est en quelque sorte
12:35court-circuitée par l'usage,
12:37je ne dis pas par l'intime conviction,
12:39par l'usage que l'on fait
12:40de l'intime conviction
12:41qui se substitue
12:43à la démonstration de la culpabilité.
12:44– Mais je voudrais poser une question.
12:46Imaginons qu'il soit condamné en appel,
12:48qu'il fasse pour vous en cassation
12:50et qu'il n'y ait pas de cassation
12:51et que, je ne sais pas,
12:52un mois ou trois ans après,
12:54on retrouve un corps.
12:55– Mais je ne peux terminer ma question.
12:58– Ça ne fera pas le cas.
12:59– Ça, ça peut arriver.
13:00– Alors, attendez, attendez.
13:01J'ai une autre question.
13:03Je rebondis sur ce que vous dites.
13:04Si Philippe Bilger,
13:06si le cas était inversé,
13:08c'est-à-dire si c'était Delphine
13:10qui avait, en tout cas,
13:11Cédric Jubilard qui avait disparu,
13:14et si ça n'était pas un féminicide,
13:16est-ce que vous pensez
13:17que ce procès, d'abord,
13:19aurait eu un tel retentissement
13:20et vous pensez
13:21que l'infime conviction
13:25aurait le même poids aujourd'hui ?
13:29– Pardon de radoter là-dessus,
13:32mais Jean-Yves, sans arrêt,
13:34vous énonce comme un mantra,
13:37une absence de preuves.
13:38C'est faux.
13:39Il y a des preuves.
13:41Deuxième élément,
13:42ce qui passionne dans cette affaire,
13:44ma chère Cécile,
13:45ça n'est pas le sexe de l'accusé,
13:48c'est à la fois l'horreur du crime
13:50et le mystère qui fait
13:52de chaque citoyen un détective.
13:54– Oui, mais dans la presse,
13:56il y a marqué « féminicide ».
13:57– Ah oui, mais moi,
13:58je ne l'utilise pas, ce terme,
14:00parce qu'on en abuse,
14:01le fait que ça rentre
14:03dans une sorte de,
14:05j'allais dire,
14:06d'idéologie féministe,
14:08ça n'est pas ça
14:09qui me passionne dans cette affaire.
14:10– En revanche,
14:11Philippe Béger,
14:11vous avez dit
14:12qu'on ne retrouverait pas de corps.
14:13Rappelez-vous,
14:13pour le petit Émile disparu,
14:15on a retrouvé un corps
14:16des mois et des mois après.
14:18Donc, on peut peut-être
14:19retrouver un corps après.
14:20– Mon cher animateur,
14:23replet,
14:24vous pouvez m'expliquer
14:26pourquoi,
14:28devant une infinité
14:29d'éléments
14:30qui accablent,
14:31vous allez chercher
14:32comme paravard…
14:34– Non, mais je posais
14:34une question,
14:35est-ce que,
14:36si on retrouve un corps,
14:37est-ce que dans ces cas-là,
14:38on dit,
14:38on refait un procès,
14:40même s'il a été
14:41définitivement condamné ?
14:42– Et si Dupont était coupable,
14:43et si Dubois était coupable,
14:46mais arrêtez en permanence
14:48de chercher des substituts
14:50à une vérité
14:51qui vous crève les yeux ?
14:53– Non, moi,
14:54je pose des questions.
14:54– Vous avez bien calmé, là.
14:57– Je veux simplement dire
14:59que je n'ai à aucun moment
15:01abusé de l'analyse
15:03de la situation
15:04en disant qu'il n'y avait
15:05pas de preuves.
15:05– Personne !
15:06– Vous l'avez dit,
15:07sans arrêt.
15:08– Oui, mais je le redis encore.
15:10Et je dis que ce n'est pas un abus
15:11et que c'est un constat.
15:13Il n'y a pas de preuves absolues.
15:16Il y a une sorte de déduction.
15:18Si Delphine n'est pas réapparue,
15:20c'est sans doute qu'elle est morte.
15:21Si elle est morte,
15:22c'est sans doute qu'elle a été tuée.
15:23Et si elle a été tuée,
15:24ça ne peut être que lui.
15:25Rappelez-vous les lunettes brisées.
15:27Rappelez-vous ceci,
15:28rappelez-vous cela.
15:29C'est un climat.
15:30Si au fond,
15:31c'est la notion
15:31de faisceau d'indices.
15:33Les indices,
15:33c'est des sous-preuves
15:34qui, parce qu'elles sont
15:35au pluriel,
15:36finissent par être
15:37transformées
15:38en une démonstration.
15:40C'est assez dangereux.
15:42– Excusez-moi,
15:42est-ce que l'intime conviction,
15:44d'ailleurs,
15:44on part en appel,
15:45si l'intime conviction,
15:46est-ce que ça va être difficile
15:48d'expliquer,
15:49puisqu'on ne peut pas demander
15:50aux juges,
15:53l'intime conviction,
15:54comment ça va se passer
15:55en appel ?
15:56– Si, si,
15:56on peut leur demander.
15:57– On peut leur demander.
15:57– Parce que désormais,
15:59depuis quelques années,
16:00les arrêts de cour d'assises
16:02qui n'étaient pas motivés,
16:04et je dirais que
16:05ce qui est fondé
16:06sur l'intime conviction
16:07n'a pas à être motivé.
16:10C'est comme ça
16:11que je le ressens
16:12et puis c'est tout.
16:13Et précisément,
16:13– Oui, mais il faut vérifier
16:14la cohérence.
16:14– Mais précisément,
16:15maintenant,
16:16il faut motiver
16:17les décisions d'assises.
16:18Donc, il y aura un...
16:19– Si on n'est plus un ressort,
16:21contrairement à ce qu'a dit
16:22Jean-Yves
16:23– Sébastien Ménard,
16:24vous laisse exprimer,
16:25on ne l'a pas entendu.
16:25– On a 40 secondes.
16:27– Pour moi, cette affaire,
16:28c'est comme un...
16:28Pardonnez-moi,
16:29maître et monsieur procureur,
16:31c'est un grand puzzle
16:32dans lequel on a
16:33presque toutes les pièces,
16:34mais il manque des pièces.
16:35Est-ce que ce manque de pièces
16:36doit profiter quelque part
16:38à l'accusation
16:39ou à l'accusé ?
16:40– Voilà, c'est la question.
16:42– Il manque des pièces.
16:43– Il manque des pièces.
16:44– Il y a quand même
16:44une vieille tradition judiciaire,
16:46c'est que le doute
16:47profite à l'accusé.
16:48Comment peut-on imaginer
16:50une peine aussi lourde
16:51que 30 ans de réclusion criminelle
16:52quand, comme vous dites,
16:54il manque des pièces ?
16:55– Pour l'avocat,
16:56il y a toujours un doute.
16:57– Je suis très inquiet
17:00que pour l'accusation,
17:01il y en est si peu.
17:03– Allez, soyez les bienvenus.
17:05Restez avec nous dans un instant
17:06le tour de table
17:07de l'actu de nos vraies voix.
17:09On fait un petit point
17:09et on revient dans un instant.
17:11A tout de suite.
17:12– Sud Radio.
17:13– Sud Radio.
17:13– Parlons vrai.
17:14– Parlons vrai.
17:15– Sud Radio.
17:15– Parlons vrai.
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