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  • il y a 11 mois
Faut-il taxer les plus riches ? Mettre en place la taxe Zucman (2% d'impôts par an sur l'intégralité du patrimoine des plus riches). Revivez l'édition spéciale de "On refait le monde" animée par Anne-Sophie Lapix avec François Lenglet, éditorialiste économique de RTL, face à Éric Coquerel, député La France Insoumise et président de la Commission des finances de l'Assemblée nationale.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 24 septembre 2025.

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00:00Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL. Le grand débat avec Anne-Sophie Lapix.
00:07Et c'est le grand frisson des possédants, titre le journal Le Monde ce soir.
00:11Vous connaissez tous son nom, désormais la taxe Zuckmann.
00:15La gauche la réclame et l'exige même. Les patrons la redoutent.
00:19Les Français, eux, l'approuvent dans leur majorité.
00:21Il faut dire qu'elle ne concerne que 1800 contribuables,
00:25les ultra-riches dont le patrimoine égale ou excède les 100 millions d'euros.
00:29Ce soir, dans On refait le monde, nous vous proposons exceptionnellement un débat de haut vol
00:34entre notre éditorialiste économique, François Langlais. Bonsoir.
00:38Bonsoir Anne-Sophie.
00:39Et Éric Coquerel, député de la France Insoumise et président de la Commission des Finances à l'Assemblée Nationale.
00:45Bonsoir, bonsoir. Non, il n'est pas là en fait, mais il va arriver d'ici quelques secondes.
00:50Je précise que Gabriel Zuckmann, l'économiste qui a imaginé cette taxe,
00:53avait donné son accord pour venir débattre, mais il a finalement annulé.
00:56Merci donc à Éric Coquerel d'être là, enfin en tout cas d'arriver pour défendre son bébé à sa place.
01:01Je vous propose d'abord de partir sur de bonnes bases pour que tout le monde sache de quoi on parle précisément.
01:07Bonsoir Marie Garrier.
01:08Bonsoir.
01:09Chef du service économique de RTL, expliquez-nous la taxe Zuckmann.
01:13Il s'agit d'un impôt plancher. Son objectif, que les plus riches contribuent chaque année au moins à hauteur de 2% de leur patrimoine, 2% du montant de leur fortune.
01:24Ça concernerait, vous l'avez dit, ceux qui possèdent plus de 100 millions d'euros de patrimoine, 1800 foyers fiscaux.
01:30Le principe donc, pour 100 millions d'euros de patrimoine, la contribution fiscale doit être au moins de 2 millions.
01:36La taxe Zuckmann est en fait une taxe additionnelle. On regarde d'abord le total des impôts payés par le contribuable aisé, impôts sur les revenus,
01:46contributions exceptionnelles sur les revenus, CSG, CRDS, les prélèvements, impôts sur la fortune immobilière.
01:53Et si au bout du compte, le montant de ces impôts n'atteint pas 2% du patrimoine, ça arrive par le jeu de l'optimisation fiscale,
02:00eh bien, on applique la taxe additionnelle, la taxe Zuckmann. Autrement dit, j'ai 1 milliard d'euros de patrimoine.
02:07Par exemple ?
02:08Par exemple. 2% de 1 milliard, ça fait 20 millions d'impôts planchers.
02:13Mais si le total des impôts que j'ai payés est de 10 millions, eh bien, je devrais payer 10 millions supplémentaires de taxe Zuckmann pour atteindre l'impôt plancher.
02:21Et Marie, donc, la particularité, c'est que c'est une taxe sur le patrimoine, sur les biens des ultra-riches et non sur leurs revenus.
02:28Oui, le patrimoine au sens large, pas seulement les biens personnels. La taxe Zuckmann vise aussi les biens professionnels,
02:34comme la valeur d'une entreprise, les actions, les parts dans le capital. Les patrons appellent ça une taxe sur l'outil de travail, sur les capacités d'investissement.
02:43Si on prend le cas de l'ancienne ISF, il était, lui, calculé à partir du patrimoine immobilier, des liquidités, comptes courants, livrets d'épargne,
02:50et des placements financiers, comme l'assurance-vie, mais pas sur les biens professionnels.
02:54Merci Marie. François Langlais, on pourrait récolter 20 à 25 milliards, dit-on ? On en aurait bien besoin en ce moment de cette taxe Zuckmann, non ?
03:03On aurait certainement besoin de milliards. Après, il faut les prendre d'une façon qui finalement ne coûte pas plus cher au pays
03:09que si on ne l'avait pas imposée. C'est ça le sujet de cette taxe.
03:13C'est que, si vous voulez, elle est réputée être une taxe sur les riches. En réalité, avec ses effets pervers, ses effets secondaires,
03:22elle pourrait frapper l'ensemble des salariés français concernés par les entreprises qui seraient visées indirectement via leurs propriétaires.
03:30Donc, c'est là où, comme toujours, en matière de fiscalité, il faut évidemment garder les objectifs politiques qu'on a,
03:37combler le déficit, etc., puis arriver de la justice fiscale. Ce sont des objectifs très nobles.
03:43Mais il faut être extrêmement vigilant sur les effets secondaires, parce que ce sont des médicaments ultra-puissants.
03:49Et on a vu dans l'histoire, et même autour de nous, des pays européens qui avaient eu cette tentation-là,
03:56avec des résultats qui ont été quelquefois catastrophiques.
03:58Mais est-ce qu'on a déjà autant taxé le capital qu'avec cette taxe Zuckmann ?
04:03En France, au moins au XXe siècle, non. Dans d'autres pays, pas davantage, d'ailleurs pas à ces niveaux-là,
04:12parce que jusqu'ici, l'essentiel des impôts reposait sur les revenus.
04:16La distinction a été faite par Marie à l'instant. C'est très différent, parce qu'évidemment,
04:21quand on lit justement un peu rapidement, on se dit 2%, après tout, qui ne peut pas payer 2% de ses revenus ?
04:28Non. C'est 2% du patrimoine dans lequel on intègre la valeur des entreprises qu'on détient.
04:35Et c'est-à-dire que le risque, qui est assez avéré pour les très gros patrimoines,
04:41c'est que la taxe soit supérieure aux revenus.
04:44Je reprends l'exemple de Marie, un patrimoine d'un milliard.
04:47Il n'y a évidemment pas beaucoup de personnes concernées.
04:49Au total, cette taxe vise 1800 contribuables, c'est-à-dire 1800 foyers fiscaux.
04:54Mais un patrimoine d'un milliard serait taxé à 20 millions.
04:58Très probablement, celui qui possède ce milliard, via l'entreprise qu'il détient,
05:03il n'a pas des revenus de 20 millions.
05:04Il n'a pas des dividendes avec cette fortune ?
05:07Écoutez, il peut les avoir, mais en tout cas, en théorie, c'est quand même une somme assez forte.
05:14Les patrons qui gagnent plus de 20 millions, alors ils sont extrêmement rares.
05:18Et s'il ne les a pas, il va falloir qu'ils développent des stratégies
05:23qui peuvent être très coûteuses pour l'économie française.
05:26Le MEDEF a annoncé un grand meeting contre la taxe Zugmann.
05:29Ce n'est pas très habituel pour le syndicat des patrons.
05:32Ce sera le 13 octobre.
05:34Nous avons demandé à un patron qui est dans la cible,
05:36dans les 500 plus grandes fortunes de France, de nous dire ce qu'il en pense.
05:40Il s'appelle Jean-Claude Bourrelier, c'est le fondateur de l'enseigne Bricorama notamment.
05:43Pourquoi il redoute l'adoption de cette taxe ? On l'écoute.
05:47La taxe Zugmann, c'est un peu la lutte des classes.
05:50C'est la lutte de ceux qui ont beaucoup d'éducation par rapport à ceux qui ont du capital.
05:57Elle me fait penser à beaucoup de taxes comme il y a eu par le passé
06:01et qui ont fait que le tissu industriel est devenu un désastre.
06:07On s'attaque à l'outil de travail.
06:09La base de l'entreprise, c'est quand même son capital.
06:11On ne touche pas à l'outil de travail.
06:13Moi, j'étais soumis à l'ISF et j'ai accepté dans la mesure où mon outil de travail
06:18n'était pas intégré dans le cadre de l'ISF.
06:21Ça peut être un impôt exceptionnel, des emprunts exceptionnels.
06:26Dans le passé, ça s'est déjà fait.
06:29Éric Cochrane, vous êtes au téléphone, je crois, dans l'escalier.
06:32Vous arrivez, vous allez nous rejoindre.
06:34Je ne sais pas si vous avez entendu Jean-Claude Bourrelier qui s'inquiète
06:38de voir l'outil de travail taxé.
06:41Que lui répondez-vous ?
06:42Il n'est pas question de taxer l'outil de travail au sens où il l'entend.
06:46Ce qui est question, c'est de taxer le patrimoine correspondant effectivement à des biens professionnels.
06:52Donc, 90% sont des actifs financiers.
06:54Et tout simplement parce que ça correspond à quelque chose qui se passe depuis des années,
06:59qui s'est accru depuis 2017.
07:00C'est-à-dire que les ultra-riches de ce pays payent moins de 2% d'impôt sur le revenu.
07:07Tout simplement parce qu'ils ont transféré une grande part, en réalité, de leur richesse,
07:13des revenus imposés à l'impôt sur le revenu qui sont imposés davantage,
07:17vers des biens professionnels qui, eux, sont moins taxés.
07:20Ce qui fait que là, il y a une étude qui vient de sortir aujourd'hui même de l'Institut
07:24des politiques publiques qui a réédité son étude de 2023,
07:27qui montre que, par exemple, les 75 personnes les plus riches de ce pays
07:30sont taxées globalement à hauteur de 25% quand, on va dire,
07:35les très riches qui ont taxé l'impôt sur le revenu payent 20% de plus aux impôts.
07:40Donc, il y a un problème.
07:41C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a une sécession par rapport à l'impôt des ultra-riches.
07:45Et je n'y peux rien, moi, s'ils se sont débrouillés pour transférer leurs revenus vers le patrimoine
07:51en comptant sur le fait que le capital est moins taxé.
07:53Donc, c'est ça qu'il faut rétablir.
07:55Vous allez un peu vite sur les chiffres parce qu'effectivement,
07:58les taux d'imposition tels qu'on les prend bruts,
08:02ils sont diminuants à mesure qu'on a des revenus plus élevés.
08:06Ça, c'est incontestable.
08:07Mais c'est complètement insuffisant comme analyse.
08:11Parce que, pour avoir une véritable photographie des inégalités face à l'impôt global,
08:17il faut intégrer ce qu'on appelle la redistribution.
08:20C'est-à-dire tout ce que l'État verse, les allocations, les subventions diverses.
08:24Une fois qu'on a fait ce travail,
08:26parce qu'on a une machine à redistribuer extrêmement puissante en France,
08:29vous connaissez ça comme moi,
08:31eh bien, la différence est bien, mais beaucoup plus faible.
08:34Avant l'intervention de la redistribution,
08:37l'écart entre les 10% de Français les mieux payés
08:40et les 10% de Français les moins bien payés, il est de 22 fois.
08:44Les plus payés gagnent 22 fois plus que les moins payés.
08:47Mais, après l'intervention de la redistribution,
08:50Céline, c'est qu'il dit, on arrive à 6, facteur 6,
08:54c'est-à-dire qu'on divise par 3.
08:56C'est un sacré coup d'accordéon.
08:57C'est tout à fait nécessaire.
08:59Mais ne dites pas que les inégalités sont aussi importantes,
09:02parce qu'il faut prendre en compte, justement,
09:04tout cet appareil auquel, d'ailleurs, nous tenons,
09:06en tant que Français, de droite comme de gauche,
09:09et qui nivelle considérablement les inégalités.
09:13Et ça, c'est un point que, pour le coup,
09:15Gabriel Zuckman et ses épigones,
09:18ou ses partisans parmi lesquels vous comptez,
09:21oublient toujours.
09:21Non, non, on ne l'oublie pas.
09:23Et je conteste ce que vous dites,
09:25parce qu'en fait, en réalité,
09:27vous comparez les 10% de Français les plus riches,
09:30le décide le plus favorisé,
09:32par rapport aux 10% les plus défavorisés.
09:34Mais ce n'est pas ça qu'il faut faire.
09:36Si vous avez bien entendu ce que je vous ai dit tout à l'heure,
09:38quand, par exemple, je prends les calculs de l'IPP,
09:42ils ne contestent pas qu'on va prendre les 0,1% les plus riches
09:46qui rentrent aisément dans les 10% dont vous parlez,
09:48ceux-là s'acquittent, on va dire, d'un impôt normal,
09:52c'est-à-dire, enfin, un impôt progressif par rapport à leur revenu.
09:55Ce qui se passe, et qui est la marque, on va dire, du macronisme,
09:57c'est que là, on a affaire à quelques milliers de personnes
10:00qui sont des ultra-riches,
10:02et qui, à partir de là, par les mécanismes dont j'ai parlé tout à l'heure,
10:06là, j'allais dire, ça n'a même plus aucun rapport
10:09avec les 10% de Français dont vous parlez.
10:11C'est-à-dire qu'eux échappent littéralement à l'impôt
10:14et ne payent pas l'impôt qu'ils devraient payer.
10:16Donc là, la question de la redistribution, elle ne compte pas.
10:18Ce qui est vrai, c'est que ces gens-là ne payent quasiment plus,
10:22enfin, en tout cas, payent beaucoup moins d'impôts que les autres,
10:24et le problème, c'est que ça coûte des dizaines de milliards d'euros au pays.
10:27Le calcul qui avait été fait par IPP,
10:29et vous le connaissez très bien, parce qu'on a déjà parlé ensemble,
10:32et que nous avons eu animé des débats, y compris avec l'IPP, vous et moi,
10:35c'est que si vous prenez la centaine de personnes les plus riches
10:40et que vous leur appliquez le même taux que l'impôt sur le revenu,
10:44on va dire, des riches de ce pays,
10:45c'est 18 milliards de plus qui seraient entrés dans les caisses de l'État.
10:49Donc, il y a bien, je parle bien des ultra-riches,
10:51je ne parle pas des 10% les plus riches par rapport aux 10% les plus pauvres,
10:54et là, ce dont vous parlez, la redistribution ne fonctionne pas.
10:57On va poursuivre ce débat dans un instant, et on va vous laisser nous rejoindre.
11:01Nous verrons avec le patron de l'Institut Sondage IFOP que la taxe Zuckman est ultra populaire,
11:06quel que soit le parti, à gauche comme à droite, on va voir pourquoi.
11:09On en parle donc après le rappel des titres.
11:10Le rappel des titres de l'actualité de ce mercredi avec Albane Leprince.
11:29Un nouvel appel à la grève et aux manifestations.
11:32Le 2 octobre annonce des syndicats à la sortie de Matignon,
11:35où ils ont été reçus tout à l'heure par Sébastien Lecornu.
11:38Il n'a pas su répondre à leurs revendications,
11:40et a même reconnu devant eux que le manque de majorité faisait de lui
11:44le Premier ministre le plus faible de la Ve République.
11:48Pronostics vital engagés pour l'adolescent qui a agressé au couteau son enseignante,
11:52ce matin au collège de Benfeld, dans le Barin.
11:54Les jours de la professeure ne sont pas en danger.
11:57La procureure de Strasbourg annonce que deux enquêtes sont ouvertes.
12:01L'OTAN doit monter d'un cran en cas de nouvelles provocations russes.
12:05C'est ce qu'a déclaré Emmanuel Macron ce soir.
12:07Le président qui salue l'évolution du comportement de Donald Trump vis-à-vis de l'Ukraine.
12:12C'est un message très clair du président américain
12:15pour dire que la Russie est sans doute plus faible et plus fragile, selon Emmanuel Macron.
12:20Et puis il y a du foot ce soir.
12:21C'est le début de la Ligue Europa.
12:23Première journée, Nice reçoit Rome.
12:25Coup d'envoi, 21h.
12:27Merci Alban, on vous retrouve à 20h.
12:29A tout à l'heure.
12:31Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL, édition spéciale.
12:35Avec Anne-Sophie Lapix.
12:37On refait le monde spéciale, taxe Zuckman, François Langlais,
12:40débat avec Éric Coquerel, président de la commission des finances de l'Assemblée et député LFI.
12:45On va voir que cette taxe est extrêmement populaire.
12:48Avec Frédéric Dhabi, le directeur général opinion de l'Institut IFOP.
12:52Bonsoir.
12:53Bonsoir.
12:54Vous avez réalisé un sondage pour le Parti Socialiste.
12:57Et le résultat est sans appel.
13:00Oui, il est sans appel puisqu'on a une très forte majorité de Français,
13:04presque la quasi-unanimité, 86% favorable au fait de créer une taxe de 2%
13:09sur des patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros.
13:11Ce qui est très spectaculaire, c'est qu'il n'y a pas le moindre clivage.
13:14Il n'y a quasiment pas de différence ou une question d'intensité
13:18entre les sympathisants de gauche qui sont à 90%,
13:21les sympathisants LR à 89%
13:23et les sympathisants RN, un peu moins nombreux, mais quand même 75%.
13:27Il ne faut pas prendre ces résultats au pied de la lettre.
13:30C'est plutôt le reflet, je pense, d'une attente très forte des Français de justice sociale.
13:34L'idée depuis des années, des années pour eux,
13:36que les efforts sont mal répartis entre les petits et les gros.
13:39C'est ce fameux clivage gros-petit qui structure l'évaluation de toute action publique.
13:44Et puis, ça ne m'a pas surpris.
13:46Quand on avait testé, vous vous en souvenez, en 2012,
13:48la proposition de François Hollande de taxer la taxe à 75%,
13:52on avait des chiffres équivalents.
13:54Même chose, ça a commencé, je dirais, au moment du bouclier fiscal sous Nicolas Sarkozy.
13:59L'idée que les efforts sont inéquitablement répartis.
14:02Et c'est ce qui a coûté très cher si on refait le match, si je puis dire,
14:05à François Bayrou quand il a présenté son plan le 15 juillet.
14:07Merci Frédéric Dabilly.
14:09On ne refait pas le match, on refait le monde ce soir.
14:12François Langlais, c'est parce qu'ils ont un peu de mal à se projeter
14:15dans les 1800 personnes qui détiennent plus de 100 millions
14:18que les Français sont vraiment pour la taxe Zikman.
14:20Bien sûr, c'est même étonnant qu'il n'y ait pas 99%.
14:22Parce qu'au fond, la question qui est posée revient à dire,
14:27bon, un impôt que je ne paye pas, est-ce que vous êtes pour ou contre ?
14:31Si je me dis que je ne le paye pas, je suis forcément pour.
14:34Et pour analyser les choses, d'abord, il faut vraiment faire la distinction
14:38entre 2% du revenu et 2% du patrimoine.
14:42Est-ce que tout le monde a bien compris cette distinction ?
14:44Elle est essentielle.
14:46Parce que bien souvent, justement, les revenus ne sont pas suffisants
14:51pour payer 2% du patrimoine, si on a un patrimoine très important.
14:54Et puis, de l'autre, il faut anticiper, justement, les conséquences de moyen terme.
15:00Vous savez, il y a un économiste français qui s'appelle Bastia, du XIXe siècle,
15:04qui dit, en économie, il y a toujours ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas.
15:09Les effets directs, c'est ce qu'on voit, c'est souvent les moins importants
15:13par rapport à ce qu'on ne voit pas.
15:15Et la fiscalité, c'est typique.
15:16C'est-à-dire que, pour répondre à ce que disait Éric Coquerel tout à l'heure,
15:21l'idée de taxer le propriétaire d'une entreprise
15:26sans faire mal à l'entreprise elle-même est absurde.
15:30Vous ne pouvez pas taper l'un sans faire mal à l'autre
15:32parce que, immanquablement, justement, dans la mesure où le propriétaire
15:36ou l'actionnaire de l'entreprise sera amené à réunir une somme très importante
15:39pour s'acquitter de son impôt,
15:41il va soit forcer sur les dividendes,
15:43c'est-à-dire faire rendre de l'argent à l'entreprise au détriment de l'investissement.
15:47Bon, c'est regrettable pour l'emploi, pour la croissance du pays,
15:50soit il va se dire, mais au fond, ce n'est pas supportable,
15:54je vends et il ne pourra vendre qu'à un étranger
15:56puisque quelqu'un qui n'est pas redevable de ce nouvel impôt.
16:01On a vu ça au moment de l'ISF, au moment de l'IGF en 1981.
16:06Ça a littéralement asséché les entreprises de taille intermédiaire en France
16:10et notamment dans l'industrie, compte tenu justement de la valeur du capital.
16:13Ou bien, il vote avec ses pieds.
16:15Si vous voulez, on ne peut pas attendre du contribuable
16:19qu'il reste sagement sous le marteau fiscal qu'on a préparé pour lui.
16:24Il ne sera tapé qu'une fois.
16:26La fois où il n'aura pas vu venir, ou la fois où il ne se sera pas organisé.
16:30Mais l'année d'après, on est dans un monde libre.
16:33On est dans un monde ouvert.
16:34L'Europe a été créée pour ça.
16:36Les frontières ont disparu.
16:37Elles ont disparu pour les marchandises,
16:39mais aussi pour le capital et pour les individus.
16:42Éric Coquerel, vous êtes là pour de vrai.
16:47Je ne sais pas si vous avez entendu.
16:49Merci d'être venu.
16:50Vous avez évoqué le sondage.
16:51On a évoqué le sondage, effectivement,
16:53avec ces 86% de Français qui sont favorables à cette taxe.
16:56Mais est-ce qu'ils se rendent bien compte de ce que vient dire François Langlais ?
17:00C'est un peuple très intelligent et qu'en réalité, il a très bien compris.
17:04Rappelez-vous, le traité conseil européen en disait
17:06les gens sont bêtes, ils ne vont rien comprendre,
17:07ils ont compris, ils ont voté non.
17:09Je pense que c'est la même chose.
17:11Pourquoi il y a un pourcentage aussi important de Français
17:13et pourquoi depuis quelques jours,
17:16c'est principalement les intéressés,
17:18c'est-à-dire les ultra-riches,
17:19qui sortent dans les journaux,
17:21nous sortent quasiment les chars soviétiques sur les Champs-Elysées, etc.,
17:24pour taper la taxe Zucmane ?
17:25Parce que la base sociale sur laquelle s'appuient justement ces ultra-riches,
17:30elle est extrêmement faible,
17:31elle est quelques milliers de personnes.
17:32Et la plupart des gens ont intérêt justement,
17:34à un moment donné,
17:35à ce qu'ils payent leur impôt de manière normale,
17:37parce que ça manque au pays.
17:37La définition, elle est faible.
17:38Non, non, je vous ai écouté.
17:40Deux mille personnes.
17:40Je vous ai écouté, je ne pense pas que vous allez les écouter.
17:43Je pense qu'il faut regarder grand-angle en réalité.
17:45Vous citiez le XIXe siècle, c'est intéressant.
17:47Ce qui est en train de se passer dans le pays,
17:49c'est que les écarts de richesse du XIXe siècle,
17:52c'est-à-dire où on avait effectivement déjà
17:54quelques centaines, quelques milliers de personnes
17:56qui étaient infiniment plus riches que le reste de la population,
17:59après une grande parenthèse du XXe siècle,
18:02sont en train de revenir la base, en réalité,
18:04j'allais dire, de la structuration
18:06de notre pays en termes fiscales.
18:08Rendez-vous compte que, par exemple, à nouveau,
18:111% des plus riches détiennent 25% du patrimoine.
18:15Rendez-vous compte que les 500 personnes
18:17les plus riches de ce pays,
18:19en 2017, depuis 2017,
18:21elles ont doublé leur patrimoine.
18:23Elles représentent aujourd'hui 40% du PIB.
18:25Est-ce que, dans le même temps,
18:28le patrimoine de la France a doublé ?
18:29Non.
18:30Donc, ça veut dire que, inévitablement,
18:32si elles se sont enrichies,
18:33si elles ont doublé leur patrimoine,
18:35c'est sur le dos du travail de tout le monde.
18:37C'est tout bête.
18:38Et pourquoi ça a été fait ?
18:39Parce qu'il y a eu un pari qui a été fait.
18:40Et donc, il faut regarder la réussite ou pas.
18:43Emmanuel Macron a dit quoi ?
18:44Alors, ça a commencé avant.
18:46Emmanuel Macron s'est vraiment accéléré.
18:48Ça a été de dire, bon,
18:49si on favorise le capital,
18:51par moins de taxation du capital,
18:53la flat tax, plus pression, etc.
18:56Ce qui va se passer,
18:57c'est que ça va venir en France.
18:59Ça va investir, créer de l'emploi.
19:00Eh bien, le bilan est intéressant.
19:03L'investissement a baissé.
19:05Le pouvoir d'achat des salariés,
19:06c'est-à-dire à peu près
19:07de ce qui fait la consommation intérieure du pays,
19:10a baissé.
19:10L'industrie est passée en dessous de 10% du PIB.
19:13Et le taux de pauvreté,
19:15plus 650 000 pauvres l'an dernier.
19:17Donc, je peux vous donner tous les chiffres.
19:19Et par contre, ce qui s'est passé,
19:20c'est qu'eux ont accumulé des richesses
19:22dans une bonne part en dividende
19:23ou dans ces fameux actifs financiers
19:25où ils sont à l'abri de l'impôt
19:27que le tout venant paye,
19:28y compris les riches du tout venant.
19:30Donc ça, c'est plus possible.
19:32On n'a pas les moyens de ce coût du capital.
19:34On n'a plus les moyens.
19:35Parce qu'il faut investir dans l'écologie.
19:37Parce qu'il faut relancer la consommation populaire.
19:39Parce qu'il faut mieux payer les salariés.
19:41Donc moi, je n'ai pas d'autre moyen
19:42que de prendre un peu.
19:43Parce que rassurez-vous,
19:44il ne faut pas que la taxe du Kman.
19:46Il faut un ISF climatique.
19:47Mais rassurez-vous,
19:49même le calcul que nous on fait,
19:51on pourrait récupérer facilement 100 milliards.
19:53Ça ne prendra qu'une part infime de leur richesse.
19:55Bien sûr, ça ne prendra qu'une part infime de leur richesse.
19:57Alors justement, la taxe du Kman est-elle la solution ?
20:00Il faut déjà voir si elle est vraiment applicable.
20:02Certains en doutent.
20:03On va voir pourquoi dans un instant.
20:06Les débats dont refait le monde sur RTL.
20:11Anne-Sophie Lapix.
20:12Les débats dont refait le monde sur RTL.
20:15Qu'elle soit souhaitable, efficace ou pas,
20:19la taxe Zuckman est-elle applicable ?
20:21Certains disent qu'elle sera retoquée car confiscatoire.
20:25D'autres disent que les ultra-riches ne la paieront pas car ils partiront.
20:29On en parle avec nos invités.
20:31Éric Coquerel, député LFI, président de la commission des finances de l'Assemblée.
20:35Et notre éditorialiste économique sur RTL, François Langlais.
20:39D'abord, il y a cet argument souvent tendu,
20:41donc que les riches ne vont pas attendre gentiment d'être taxés.
20:43François, vous pensez que ces grands patrons, ces familles qui ont fait leur fortune en France
20:48vont vraiment partir, quitter la France et aller payer leurs impôts ou pas, ailleurs ?
20:52Écoutez, d'ores et déjà, sur les 25 plus grandes fortunes françaises,
20:56il y en a 10 à l'étranger, aujourd'hui.
20:58Et je veux dire, ils sont partis tranquillement dans les 20 ou 30 dernières années.
21:02Dans l'actualité récente,
21:03alors je sais bien qu'il y a une étude qui circule disant,
21:06au fond, tout ça, c'est pas si grave,
21:08l'impact de la fiscalité sur les riches et marginales, etc.
21:12Pas du tout.
21:14Regardez ce qui s'est passé en Norvège,
21:16qui a mis en place une taxe sur le capital, justement,
21:17à hauteur de 1,1.
21:18Moins que la taxe Zuckmann.
21:20500 départs.
21:21500 départs pour un pays de 6 millions d'habitants.
21:24Vous faites l'extrapolation,
21:25on arrive à 6 000.
21:266 000 personnes en moins.
21:286 000 personnes dont on a besoin.
21:30Parce que, et quoi qu'on en dise,
21:33ils animent les entreprises,
21:34ils inventent, ils créent, ils se développent,
21:36ils fournissent des emplois.
21:38Pas eux.
21:38J'entends bien que les gens qui travaillent dans les entreprises sont essentiels.
21:42Mais c'est une collectivité.
21:43Si vous la privez de son patron, ça ne va plus.
21:45Et c'est très documenté,
21:47notamment par les études de l'IPP que vous citiez tout à l'heure.
21:49Dès lors qu'un actionnaire vend ou disparaît,
21:52ou qui paraît à l'étranger,
21:53le chiffre d'affaires chute de 15 à 30%.
21:57La masse salariale de 15 à 30%.
21:59Suivant que l'étude est française ou suédoise,
22:01il y en a deux qui arrivent au même niveau.
22:03Regardez ce qui s'est passé en Italie,
22:05où c'est l'inverse.
22:06Les gouvernements ont mis en place un forfait fiscal.
22:09On peut d'ailleurs considérer que c'est très douteux.
22:11Vous payez 200 000 euros,
22:13quels que soient vos revenus,
22:15vous êtes quitte de toute imposition.
22:17Donc pour des gros contribuables,
22:18200 000 euros, c'est rien.
22:20Qu'est-ce qui s'est passé ?
22:2130 000 personnes sont arrivées en Italie,
22:23à la fois des Italiens revenant chez eux,
22:25et des étrangers,
22:27notamment des Britanniques,
22:28qui viennent d'être taxés assez lourdement
22:29avec une refonte de la législation fiscale,
22:32et des Norvégiens,
22:33à cause de la taxe dont je parlais à l'instant,
22:35qui sont arrivés à Milan pour bénéficier de ça.
22:38Les gens votent avec leurs pieds,
22:40ils sont libres.
22:41Et on entend bien,
22:42M. Piketty dire,
22:42on les arrêtera à l'aéroport.
22:43Si vous ne payez pas,
22:45vos actifs sont gelés,
22:46vous êtes arrêtés.
22:47Oui, la première année,
22:48et certainement,
22:49parce que tout le monde est redevable
22:50des impôts qui sont fixés
22:51par la représentation nationale,
22:53c'est évident,
22:54et à l'euro près.
22:55Donc si on ne le paye pas,
22:57on s'expose à une contravention au minimum.
23:00Mais la deuxième année,
23:01ou la troisième année,
23:02il n'y aura plus personne.
23:04Thomas Piketty,
23:05je précise,
23:05qui est un grand économiste,
23:06et qui fut le professeur d'ailleurs
23:07de Gabriel Zuckman.
23:09Eric Coquerel,
23:10vous ne craignez pas qu'il parte ?
23:11Moi, je trouve que le discours
23:12français en anglais est terrible
23:13pour le lien social.
23:15Comment voulez-vous qu'en France,
23:16quelqu'un qui paye ses impôts
23:18rubis sur ronde
23:19parce qu'il n'a pas les moyens
23:20d'aller déporter une partie
23:22de son revenu
23:23vers des actifs financiers
23:25ou autres pour échapper à l'impôt,
23:26qu'il n'a pas une ribambelle
23:27d'avocat fiscaliste pour le conseiller ?
23:30Et qui entendent qu'on cautionne
23:32pratiquement le fait
23:33que des gens qui sont ultra riches,
23:35comme je l'ai dit tout à l'heure,
23:36accumulaient leur richesse
23:37comme jamais,
23:38c'est-à-dire comme jamais peut-être
23:40dans l'histoire de France
23:41en quelques années,
23:42eux ne payent pas leurs impôts,
23:44menacent de partir
23:44et qu'on trouve ça normal.
23:46Moi, je trouve que,
23:46vous et moi, François Langlais,
23:48on devrait dire
23:48mais c'est quand même incroyable
23:50que ces gens-là,
23:51comme M. Bernard Arnault,
23:52fassent un tel chantage.
23:53Ça, c'est déjà une première réponse.
23:55Et j'observe d'ailleurs.
23:56Je constate les choses.
23:58J'observe les choses.
23:59Quant à moi,
23:59je paye pour l'ubis sur les impôts.
24:01J'entends bien,
24:01mais vous les cautionnez
24:02quand même un peu.
24:03Je suis dans la situation
24:03que vous décrivez.
24:04Oui, mais vous décrivez
24:05déjà une situation
24:06comme quoi ils vont partir.
24:07Je ne les cautionne pas.
24:07C'est la réalité.
24:09Non, ce n'est pas la réalité.
24:11Vous avez évacué comme ça
24:14l'étude qui a été faite
24:15par le Conseil d'analyse économique
24:17d'Arvers-Demain.
24:19Il y a eu une étude, je sais.
24:20Pas du tout.
24:21Pas du tout.
24:21Je l'ai cité.
24:22Cette étude,
24:24elle pense que 1% de revenu,
24:261% d'imposition en plus,
24:281% de pourcentage
24:29sur les hauts patrimoines,
24:32c'est une diminution
24:33des hauts patrimoines
24:34de 0,003 à 0,03,
24:36soit entre 11 et 110 foyers.
24:38Et d'ailleurs, figurez-vous,
24:39il y a eu un exemple.
24:41C'est que quand on a rétabli l'ISF,
24:43il n'y a pas eu tant de départs que ça.
24:45Mais ce n'est pas du tout au niveau.
24:46Je vais vous expliquer pourquoi.
24:46Ce n'était pas du tout au niveau
24:47de ce que vous prévoyez.
24:48Il y avait plus de monde
24:49qui le payait
24:49et ça ne rapportait pas à 20 milliards.
24:51D'abord, parce qu'il y a déjà
24:52parmi ces gens-là
24:53qui estiment normal
24:54de payer l'impôt.
24:55Un impôt normal,
24:57les gens estiment normal
24:57de le payer.
24:58Un impôt anormal.
24:59Le problème, François Langlais,
25:01mais c'est ça qui est extraordinaire.
25:02Est-ce que vous pensez normal
25:03que des gens
25:04qui gagnent une telle fortune
25:05soient taxés globalement
25:07à hauteur de 25%
25:08quand vous,
25:09je suppose que vous faites partie
25:10des 10% les plus riches,
25:11très certainement,
25:11vous êtes taxés considérablement plus.
25:14Justement, le problème qu'il y a,
25:15c'est qu'ils ne payent pas
25:16un impôt normal.
25:17Qui sommes-nous
25:17pour définir le niveau maximum
25:19de richesse, les amis ?
25:20Il y a quand même
25:20le consentement à l'impôt,
25:23c'est qu'à un moment donné,
25:24on paye proportionnellement
25:25à sa richesse.
25:26Pourvu qu'il ne soit pas
25:27des fiscalistes.
25:28Il n'est pas confiscatoire.
25:29Écoutez, je suis très impatient
25:31d'entendre le constitutionnalisme.
25:32Alors attendez,
25:32mais allons-y,
25:33il y a une tribune
25:34qui vient de sortir.
25:34J'ai un constitutionnaliste
25:37sous la main.
25:37Regardez, c'est Paul Cassia,
25:39professeur de droit public
25:40à l'université Paris-Panthéon-Sorbonne.
25:43Bonsoir, Paul Cassia.
25:44Bonsoir.
25:45Est-ce que cette taxe Zuckman
25:47pourrait constituer
25:48donc une spoliation ?
25:49Est-ce qu'elle est confiscatoire
25:51aux yeux du Conseil constitutionnel ?
25:52Est-ce qu'il va la retoquer ?
25:54Alors la réponse
25:55n'est pas encore certaine.
25:57Il y a des éléments
25:58en faveur de la thèse
25:59de la confiscation
26:00que pourrait induire
26:01la taxe Zuckman.
26:02Il y a des éléments
26:02qui sont en défaveur
26:03de cette thèse
26:04de la confiscation.
26:06D'ailleurs,
26:07l'Assemblée nationale
26:09a considéré le 20 février
26:10que la taxe Zuckman
26:11n'était pas confiscatoire
26:12alors que le Sénat
26:13le 12 juin
26:14a considéré
26:15que la taxe Zuckman
26:16était confiscatoire.
26:18Donc on ne peut pas avoir
26:19de certitude sur le sujet.
26:21On peut avoir
26:21des éléments d'appréciation
26:22que je peux vous livrer
26:23le cas échéant
26:24quitte à chacun
26:25de se faire son opinion
26:26sur le sujet.
26:27Alors qu'est-ce qui pourrait
26:28faire penser
26:28qu'elle est confiscatoire ?
26:30Ce qui pourrait faire penser
26:32qu'elle est confiscatoire
26:33c'est que cette taxe
26:34est assise sur l'ensemble
26:35du patrimoine
26:36et qu'elle n'est pas plafonnée
26:37et qu'elle peut conduire
26:39certaines personnes
26:40à vendre une partie
26:42de leur patrimoine
26:42pour acquitter
26:43la taxe
26:44qui serait due.
26:46Ça c'est les éléments
26:47en faveur du caractère
26:48confiscatoire de la taxe.
26:49Mais il y a d'autres éléments
26:50qui sont en défaveur
26:52de ce caractère confiscatoire
26:54qui pourraient valider
26:55la taxe Zuckman.
26:57Et alors quels éléments ?
26:59Eh bien
26:59les éléments
27:00ils sont les suivants.
27:01D'abord le Parlement
27:02a une très large marge
27:04d'appréciation
27:05pour tout ce qui concerne
27:06notamment
27:06la fiscalité.
27:08c'est un élément important
27:09le Parlement
27:10est quasi souverain
27:11dans la limite
27:12de la Constitution.
27:13Ensuite
27:13il y a un élément
27:15de contexte
27:15qui fait que
27:16le déficit public
27:17est très élevé
27:18chacun et chacune le sait
27:19et donc ça pourrait
27:20conduire le Conseil
27:21constitutionnel
27:22à infléchir
27:23à modifier
27:23à modifier
27:24sa jurisprudence.
27:26Et enfin
27:26troisième élément
27:27très important
27:28c'est que
27:28de quoi on parle ?
27:30On parle d'une taxe
27:32sur des patrimoines
27:33qui sont déjà supérieurs
27:34à 100 millions d'euros
27:35et qui concernent
27:37un nombre très restreint
27:38de personnes
27:39ça vient dédié
27:40notamment par
27:41Éric Coquerel
27:411800 foyers fiscaux.
27:44Donc d'une part
27:45la question
27:46de la rupture
27:46d'égalité
27:47se pose difficilement
27:49au regard
27:50de ce nombre
27:51très réduit
27:51de personnes
27:51et d'autre part
27:52en tout état de cause
27:54en tout état de cause
27:55demeurera
27:57dans les mains
27:58des foyers fiscaux
27:59concernés
27:59un patrimoine
28:00planché
28:01de 100 millions d'euros.
28:02Comment peut-on parler
28:03de confiscation
28:04dans ce cas de figure
28:06tout à fait particulier ?
28:07Merci beaucoup Paul Cassien
28:08on a au moins
28:09les éléments du débat
28:10on n'a pas encore tranché
28:11c'est le conseil constitutionnel
28:12qui le fera
28:13et on va se retrouver
28:14dans un instant
28:15pour reparler
28:16de cette taxe Zuckman
28:17ou des autres moyens
28:19de faire payer
28:19les ultra-riches
28:20à tout de suite.
28:21On refait le monde
28:22sur RTL
28:23édition spéciale
28:25avec Anne-Sophie Lapix
28:26qui dit mieux que Zuckman
28:37il semble que le gouvernement
28:38cherche à éviter
28:38à tout prix
28:39d'adopter sa taxe
28:40mais il réfléchit
28:41à d'autres pistes
28:41pour rétablir
28:42un peu plus
28:43de justice fiscale
28:44on en débat
28:45avec nos invités
28:46Eric Coquerel
28:47député LFI
28:47et président
28:48de la commission
28:48des finances
28:49de l'Assemblée
28:49et le meilleur
28:51éditorialiste économique
28:51de France
28:52François Langlais
28:53également auteur
28:54de Qui sera
28:55le prochain maître du monde
28:57la France
28:57face au nouveau chaos
28:58aux éditions Plon
28:59j'ai nommé François Langlais
29:01au passage
29:01voilà
29:02alors je voulais
29:03vous poser des questions
29:03sur les autres pistes
29:04mais vous vouliez
29:05réagir en 17 secondes
29:07à ce qu'avait dit
29:08le constitutionnalisme
29:09rapidement
29:09juste
29:10il est rejoint
29:11par d'autres
29:11mais ce qui est intéressant
29:12c'est qu'en fait
29:13depuis 2011
29:14d'ailleurs
29:14depuis que la taxe
29:15à 0,5
29:16au-dessus de 0,5
29:16était déclarée confiscatoire
29:17le fait c'est que ça a changé
29:19et ça a changé
29:20justement où tape
29:20la taxe Zuckman
29:21c'est-à-dire que
29:22des gens payaient
29:24un impôt
29:26sur ce qu'ils gagnaient
29:26et le fait
29:27d'avoir transféré
29:28ce revenu
29:29vers un patrimoine
29:30fait qu'on n'est plus
29:32dans la même situation
29:33que 2011
29:34et je rajoute
29:35que la taxe Zuckman
29:36d'ailleurs
29:36un
29:37en réalité
29:38vous déduisez
29:39de vos 2%
29:39tout ce que vous payez
29:40en impôts
29:41il faut le dire
29:41c'est-à-dire
29:42si quelqu'un
29:43paye des impôts
29:43vous le déduisez
29:45voilà
29:45ça diminue
29:46pardon je n'étais pas là
29:47et la deuxième chose
29:48ce qu'il faut expliquer aussi
29:49c'est que c'est une taxe
29:50qui vise à s'éteindre
29:51parce que si par le même moment
29:53on taxe davantage le capital
29:54de manière normale
29:55et bien au bout d'un moment
29:56elle aura été dissuasive
29:58et quelque part
29:59la normalité
30:01qui consiste
30:02à transférer
30:03vers le patrimoine
30:03en réalité
30:04ce que vous gagnez
30:05pour payer moins d'impôts
30:05ce sera effacé
30:06donc il faut la compléter
30:07par d'autres mécanismes
30:08réponse très très rapide
30:09je ne suis pas constitutionnaliste
30:11mais il m'étonnerait
30:12quand même
30:12qu'un impôt
30:13qui est supérieur
30:14au revenu
30:15soit certifié
30:17conforme
30:17par le conseil constitutionnel
30:18ou alors
30:19la France
30:20s'affranchirait
30:21de la raison la plus simple
30:23la meilleure preuve
30:24c'est qu'il y a des tas de gens
30:25dans les 1800
30:26qui ne pourront pas payer
30:27que Gabriel Zuckman
30:28l'a anticipé
30:29je pense à Arthur Mensch
30:30les patrons de start-up
30:31etc
30:31et que du coup
30:33il a inventé une usine à gaz
30:34en disant
30:34c'est pas très grave
30:35ils donneront
30:36des actions
30:37à la BPI
30:38la banque publique d'investissement
30:39à l'Etat
30:40c'est toujours un cas
30:41pour faire cas d'exception
30:42qui vaut généralité
30:43écoutez ça concerne quand même
30:45quelques-uns
30:46et vous savez très bien
30:47que le rendement du patrimoine
30:48c'est plus de 6%
30:50donc la plupart
30:51ils auront de quoi payer
30:52et il y a même une étude
30:53qui montre que
30:53avant quelque part
30:54ça commence à leur coûter
30:55de l'argent
30:56mais le cas
30:57que je vous donne
30:58est justement un cas
30:59où il n'y a pas de rentabilité
31:01et où on est en période
31:01d'investissement massive
31:03et où vous voulez mettre
31:04la sous-direction
31:05des start-up
31:05au capital
31:06mais c'est pas un cas
31:07de généralité
31:08par rapport à tous ceux
31:09qui ont abrité
31:09leur revenu
31:10dans leur patrimoine
31:11une règle ne vaut
31:12que par justement
31:13ce qu'elle court
31:13et les effets pervers
31:15qu'elle peut déclencher
31:16les effets pervers
31:17c'est l'accumulation
31:18des richesses
31:18comme jamais on a connu
31:19et on a besoin
31:19de cet argent
31:20on va quand même
31:21évoquer des pistes
31:22pour taxer les riches
31:23qui ne sont pas
31:24la taxe Zuckman
31:25Marc Fénaud
31:27ancien ministre
31:27et chef des députés
31:28Modem
31:29propose par exemple
31:30la fin du mécanisme
31:31d'optimisation fiscale
31:33des holdings familiales
31:35est-ce que vous pouvez
31:35expliquer ce que c'est
31:36François Languet ?
31:37si vous voulez
31:37dans le droit français
31:40et d'ailleurs
31:40dans la plupart des pays
31:41vous n'êtes imposé
31:42que lorsque vous touchez
31:44effectivement des revenus
31:45des dividendes par exemple
31:46lorsque vous êtes propriétaire
31:47ou actionnaire
31:48d'une entreprise
31:49si vous logez
31:50cet argent
31:51dans une société
31:52qu'on appelle
31:52une holding
31:53vous ne la touchez pas
31:55proprement dit
31:55et donc
31:56vous échappez à l'impôt
31:58et vous pouvez
31:59ce qui est le comble
32:00de la mauvaise foi
32:01même si c'est légal
32:02mettre ça en garantie
32:03et obtenir un prêt
32:05de votre banque
32:06pour vivre
32:06à 1 ou 2%
32:07c'est-à-dire que
32:08en réalité
32:08vous ne payez pas d'impôt
32:10et les frais financiers
32:11que vous payez
32:12sont très faibles
32:13ce type de choses
32:14doit évidemment
32:15être aménagé
32:15et de la façon
32:16la plus rigoureuse
32:18parce qu'aujourd'hui
32:20c'est légal
32:20mais demain
32:21ça peut très bien
32:22ne plus être légal
32:23ou amendé
32:24surveillé en tout cas
32:25par Bercy
32:26parce que là
32:27pour le coup
32:27il y a des comportements
32:28qui tout en étant légaux
32:30il faut le souligner
32:30sont moralement contestables
32:33surtout dans une période
32:34comme aujourd'hui
32:34Eric Coqurat
32:35j'imagine que vous êtes d'accord
32:36il faut supprimer
32:36ce mode
32:37là-dessus
32:38en fait
32:39il faut revenir
32:39sur tout ce qui fait
32:41que le capital
32:41et surtout le capital
32:42non investi
32:43coûte trop cher au pays
32:44donc il faut revenir
32:45sur la flat tax
32:46c'était le bouclier social
32:47du capital
32:47qui avantage 1%
32:49des contribuables
32:50donc la flat tax
32:51donc l'impôt sur le capital
32:52c'est 30%
32:53c'est-à-dire qu'ils ne sont pas taxés
32:54comme le travail
32:55donc il y a problématique
32:56il faut rétablir un ISF
32:58en le rendant plus juste
32:59et avec une part de climatique
33:01et puis il faut aller taxer
33:02à mon avis
33:02la part la plus injuste
33:04des profits
33:04qui sont les dividendes
33:05ceux qui n'ont pas investi
33:06mais qu'est-ce que
33:07c'est métaliste là
33:08contre la réussite
33:10contre le fait
33:11qu'une entreprise
33:12progresse
33:13se développe
33:14les dividendes
33:14ne sont pas forcément
33:15la marque d'une réussite
33:16et vous le savez très bien
33:17parce que vous avez
33:18des entreprises
33:19distribuées aux propriétaires
33:20le désir de réussir
33:21c'est quelque chose
33:22de très noble
33:23bien sûr
33:23il faut le préserver
33:25or la mesure
33:26de la réussite
33:27dans nos sociétés
33:28c'est notamment l'argent
33:30on peut le regretter
33:31c'est comme ça
33:32un système qui fait en sorte
33:32qu'une entreprise
33:33comme Sanofi
33:34bénéficie de ça
33:35on n'a même pas parlé
33:35des aides publiques
33:37aux entreprises sans le contraire
33:38bénéfie des aides publiques
33:40paye des dividendes
33:42paye des dividendes
33:43et supprime
33:44les emplois en France
33:44ça montre que
33:46les dividendes
33:46ne sont pas forcément
33:47le seul critère
33:49de valeur d'une entreprise
33:50encore faut-il s'entendre
33:51Eric Coquerel
33:52sur ce qu'on appelle
33:53une aide publique
33:53ça mériterait
33:55un autre débat
33:56un autre débat
33:57il y en aura peut-être
33:58parce que moi j'ai bien aimé
33:59ce débat
33:59la prochaine fois
34:00on s'organisera
34:00et vous serez là
34:02merci beaucoup
34:03Eric Coquerel
34:04d'être venu débattre
34:05merci beaucoup
34:06François Langlais
34:07on vous retrouve évidemment
34:08demain matin
34:09dans ce même studio
34:10demain
34:12Thomas Soto recevra
34:13Mario Maréchal
34:14député européen
34:15ECR
34:16et présidente
34:17de Identité Liberté
34:18quant à Marc-Olivier Fogiel
34:19il accueillera
34:19Alexei Meshkov
34:20ambassadeur de Russie
34:22en France
34:22il est l'heure
34:23de retrouver
34:24André Dusselier
34:25bonsoir André
34:25on a besoin d'une belle histoire
34:26maintenant
34:27bonsoir Anne-Sophie
34:28ce soir je vais vous raconter
34:30un pan méconnu
34:31de la vie de Jean Gabin
34:32derrière le regard d'acier
34:34qui a conquis
34:34le cinéma français
34:35se cachait
34:36un coeur de patriote
34:38du tumulte des plateaux
34:40au fracas des obus
34:41Gabin
34:41le héros de guerre
34:42c'est tout de suite
34:43sur RTL
34:44à tout de suite André
34:45RTL il est 20h
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