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Dans cette vidéo issue de BFM TV, David Guiraud, député La France insoumise du Nord et membre de la commission des finances, intervient longuement sur la crise du consentement à l’impôt en France.
Il dénonce l’optimisation fiscale des grandes fortunes et des multinationales, le poids croissant de la TVA sur les classes populaires et moyennes, ainsi que le déséquilibre du système fiscal entre PME et grands groupes.
Il revient aussi sur la suppression de la taxe d’habitation, la compensation par la TVA, les aides massives aux entreprises et le débat politique autour des retraites et du budget de la Sécurité sociale.
Une analyse politique engagée sur la fiscalité, les inégalités et les choix budgétaires actuels.

#politique #impots #inegalites #economie #france

Réponses au quiz de fin :
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Quelle taxe proposée pour cibler les grandes fortunes a été rejetée à l’Assemblée nationale ?
➡ La taxe Zucman.

Quel est aujourd’hui le montant cumulé de la fortune des 500 plus grandes fortunes françaises ?
➡ 1 200 milliards d’euros.

Quel impôt local a été supprimé puis compensé par la TVA pour les collectivités ?
➡ La CVAE.

Catégorie

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Éducation
Transcription
00:00Un impôt qui était payé à moitié par les 20% les plus riches des Français
00:03a été compensé par l'argent de la TVA,
00:05c'est-à-dire par l'argent de la consommation populaire,
00:07des classes moyennes et des classes populaires.
00:08Ce qui irrite les gens aujourd'hui, c'est que quand on parle de dépenses,
00:11mais moi je suis pour qu'on parle de la question des dépenses,
00:13mais parlons de la première dépense de l'État,
00:15c'est le soutien aux entreprises.
00:17Et c'est le soutien à quelles entreprises ?
00:19Aux grandes entreprises.
00:26David Guirou, est-ce qu'il ne pose pas quand même, Michel Sardou ?
00:29Est-ce qu'il ne pose pas la question du consentement à l'impôt et du ras-le-bol fiscal ?
00:32Alors, moi, Michel Sardou, ce n'est pas ma référence,
00:35mais clairement il y a quelque chose qui est en train de craquer dans le pays,
00:38c'est le consentement à l'impôt,
00:38mais sûrement pas de la manière dont Michel Sardou l'envisage.
00:42Moi je crois qu'il y a quelque chose qui est en train de craquer
00:43vis-à-vis du consentement à l'impôt,
00:44parce que ce qu'on observe dans les débats budgétaires,
00:48mais aussi dans la société, c'est quoi ?
00:50C'est qu'en France, les plus riches ne veulent plus participer à l'impôt.
00:54C'est-à-dire que par exemple, on a la question d'une taxe Zuckman
00:57qui a été discutée, qui a été rejetée par M. Mendès
01:00et les députés du Bloc central, bien aidée d'ailleurs par d'autres organisations politiques.
01:05Qu'est-ce que c'était cette taxe ?
01:06C'était de dire, mais attendez, en 20 ans,
01:08la fortune des 500 plus grandes fortunes professionnelles de France,
01:13elle a été multipliée par 10.
01:14Dans les années 2000, c'était 120 milliards d'euros qu'ils avaient,
01:17aujourd'hui c'est 1200 milliards d'euros.
01:19Donc on dit, et pourquoi 1200 milliards ?
01:20Parce qu'ils échappent à l'impôt via des mécanismes d'optimisation fiscale.
01:23Donc ça, ils ne veulent plus.
01:24Par contre, ce qui est vrai, c'est qu'en bas, les Français, ils ne peuvent plus.
01:28Ils ne peuvent plus payer.
01:29C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on est sur un système fiscal
01:32dont la première ressource de l'État, c'est la TVA.
01:35Et à la limite, on pourrait se dire,
01:36moi je ne suis pas pour l'extinction de la TVA en soi,
01:38mais l'argent de la TVA, l'argent de la consommation populaire,
01:41ce que payent les gens au supermarché, dans les petits restos,
01:45dans les biens et les services de tous les jours,
01:46ce qu'ils payent comme argent là,
01:48est utilisé pour financer massivement des exonérations de cotisations sociales
01:52et des cadeaux aux plus grandes fortunes et aux plus grandes entreprises du pays.
01:55C'est clair qu'il y a un problème.
01:57Non, mais on a chacun notre interprétation.
01:58Moi, ce n'est pas une question d'interprétation.
02:00Quand je dis qu'en haut, ils ne veulent plus et en bas, ils ne peuvent plus.
02:03Taux moyen d'imposition des entreprises.
02:06Les PME dans notre pays, c'est 21% en France.
02:08Les grandes entreprises, c'est 14%.
02:10On a voté par exemple un amendement.
02:12On nous dit les taxes, les taxes, les taxes.
02:13Mais on a voté par exemple un amendement.
02:15C'est vrai qu'il rapporte 26 milliards.
02:16Voilà, imposition sur les multinationales.
02:18Ça, c'est votre chiffrage de votre côté.
02:19Oui, je le sais, parce que le chiffrage du côté de la ministre, c'était 0€.
02:21C'était une bulle alors voilà.
02:22On dit, ce n'est pas possible, donc on met 0€ dans le chiffrage.
02:25C'est un peu facile.
02:2626 milliards, mais c'est pourquoi ?
02:27C'est parce qu'en France, vous avez des multinationales
02:30qui font des bénéfices à l'étranger.
02:32Ce n'est pas un problème, ce n'est pas ça qu'on leur reproche.
02:34Ce qu'on leur reproche, c'est de domicilier fiscalement
02:36dans d'autres pays, dans des paradis fiscaux,
02:39ce qui leur permet d'échapper à la juste part d'impôt
02:41qu'ils devraient payer en France.
02:43Encore une fois, on n'est pas sur des débats de dire
02:45il faut que les multinationales qui sont dans tout le monde entier
02:47payent tous les impôts du monde en France,
02:49mais juste leur juste part d'impôt.
02:51Et ce qui est en train de craquer dans le pays,
02:52c'est qu'à la fois les plus grandes fortunes
02:54et à la fois les plus grandes entreprises
02:55ne payent pas leur juste part d'impôt.
02:57Et en plus de ça, vous avez aujourd'hui des dispositifs nouveaux
03:01qui sont faits depuis Emmanuel Macron,
03:03je pense à la fin de la CVE.
03:05Vous savez, c'est un impôt sur les productions
03:06que gagnent les collectivités locales.
03:08Mais cet impôt, il est supprimé, mais il est compensé.
03:11Et il est compensé avec l'argent de la TVA.
03:12Ça veut dire quoi ?
03:13Ça veut dire que vous demandez aux Français
03:15qui font leurs courses au supermarché
03:16de compenser la baisse d'un impôt
03:18sur les plus grandes entreprises.
03:19Vous oubliez de dire qu'on a enlevé la CVE
03:20chez les entreprises,
03:21mais on a enlevé la taxe d'habitation pour le particulier.
03:23On a toujours trouvé un équilibre
03:24entre les particuliers et les entreprises
03:27pour faire en sorte que ce soit une dynamique générale.
03:29La taxe d'habitation, elle touchait en partie
03:31les classes moyennes, c'est vrai.
03:33Sauf qu'on s'est aperçu de quoi ?
03:34Même des étudiants, même des personnes âgées, tout le monde.
03:37Quand on a supprimé la taxe d'habitation,
03:38on s'est aperçu de quoi ?
03:39Que les 20% les plus riches
03:41bénéficiaient à 50% de la suppression
03:43de cette taxe d'habitation.
03:45C'est précisément pour cette raison
03:46que dans les débats budgétaires,
03:47nous avons proposé non pas de rétablir
03:49la taxe d'habitation pour tout le monde,
03:51mais pour les 20% les plus riches
03:52pour qui contribuent encore une fois.
03:54Alors juste par l'impôt.
03:55Mais pourquoi je vous dis ça ?
03:56Parce que par exemple, la taxe d'habitation,
03:57vous dites, on l'a supprimée.
03:58Mais ça reste sur l'opture d'égalité.
03:59Pareil, la taxe d'habitation,
04:01l'argent de la suppression de la taxe d'habitation
04:03a été compensé.
04:04Oui, par l'État à l'europrès.
04:06Non, par l'argent de la TVA.
04:07C'est marqué noir sur blanc
04:08dans le document financier.
04:09Par l'État à l'europrès.
04:10Voilà, donc par l'argent de la TVA.
04:11Un impôt qui était payé à moitié
04:12par les 20% les plus riches des Français
04:14a été compensé par l'argent de la TVA,
04:16c'est-à-dire par l'argent
04:17de la consommation populaire,
04:18des classes moyennes et des classes populaires.
04:19Ce qui irrite les gens aujourd'hui,
04:21c'est que quand on parle de dépenses,
04:22mais moi je suis pour qu'on parle
04:23de la question des dépenses,
04:24mais parlons de la première dépense de l'État,
04:26c'est le soutien aux entreprises.
04:28Et c'est le soutien à quelles entreprises ?
04:30Aux grandes entreprises.
04:31Mais non, vous êtes dans l'interprétation.
04:34Pardonnez-moi,
04:34mais moi je vous donne des éléments concrets.
04:36Vous pouvez me dire que j'interprète, etc.
04:37Mais les éléments concrets,
04:38je vous les ai donnés.
04:39C'est-à-dire par exemple qu'en France,
04:40le taux d'imposition moyen,
04:41il est plus fort sur les PME
04:42que sur les grandes entreprises.
04:43Et qu'en France,
04:44on donne 200 milliards d'euros,
04:45plus de 200 milliards d'euros par an,
04:46en aide directe et indirecte
04:48aux grandes entreprises de ce pays.
04:49Et pourquoi je vous dis ça ?
04:50Parce que ce pays n'a jamais récolté
04:52autant d'argent issu des infos
04:54de son histoire.
04:57C'est que l'argent de cet impôt-là,
04:59vous l'avez canalisé, orienté, vampirisé
05:01pour que ça aille sur les grandes boîtes
05:03et les grandes entreprises.
05:03En tout cas, LFI votera contre cette mesure.
05:07Expliquez-nous pourquoi.
05:08Parce que c'est vrai que c'est toujours
05:08un petit peu difficile à suivre.
05:09On peut imaginer que vous,
05:11qui avez milité contre cette réforme des retraites,
05:13que vous votiez contre sa suspension.
05:15Ce n'est pas une suspension,
05:16c'est un décalage.
05:17C'est un décalage qui concerne très peu de gens.
05:20Alors effectivement,
05:21je suis content pour eux si ça les touche.
05:22Mais par ailleurs,
05:23ce décalage sera compensé
05:24par une hausse des franchises médicales,
05:25par le fait qu'en fait tout le monde
05:26va payer ce décalage-là.
05:29Mais surtout...
05:30C'était rejeté en commission
05:31de la franchise médicale, non ?
05:32Comment ?
05:32Le doublement, ça n'a pas été voté,
05:33non ?
05:34En commission, ça...
05:35En commission, mais on va voir à la fin du texte,
05:38parce que justement,
05:39c'est là où j'allais en venir.
05:41Le vote d'aujourd'hui,
05:42il a une fonction politique essentielle.
05:44Et je pense que d'ailleurs,
05:44les commentateurs ne s'y sont pas trompés.
05:46Le but du vote d'aujourd'hui,
05:47c'est de stabiliser un gouvernement
05:49qui est profondément,
05:51absolument illégitime,
05:53et puis de faire passer aussi
05:54tout le reste du projet de loi
05:56de financement de la Sécu sociale
05:57avec son cartège de malheur, etc.
06:00Texte dont on a demandé,
06:02en tout cas dont la France insoumise
06:03demande l'examen,
06:04mais dont vous savez que ce soir,
06:05à minuit,
06:06si le gouvernement décide que ça s'arrête,
06:08ça s'arrête parce que les délais sont,
06:10soi-disant,
06:11les délais impartis sont dépassés.
06:13Nous avons proposé de...
06:14On va proposer de retirer des amendements, etc.
06:16Mais il n'empêche que le but premier
06:18du vote qui va avoir lieu,
06:20c'est celui-là.
06:21Ce n'est pas d'améliorer la vie des Français.
06:23Ça concerne une très faible quantité de Français.
06:25Est-ce que Marine Le Pen a raison
06:27quand elle dit
06:27que le PS s'est fait ferrer aux pattes
06:29il y a quelques instants ?
06:30C'est une question où vous pourriez reprendre ?
06:31Non, moi, je ne reprends pas
06:32les expressions de Marine Le Pen.
06:33Par contre, je peux témoigner
06:34de ce que je vois en hémicycle.
06:35C'est-à-dire que, clairement,
06:36même physiquement,
06:37vous savez, l'hémicycle,
06:38c'est un lieu où on est proche,
06:40où physiquement,
06:41il se passe des choses.
06:42Moi, quand je vois des députés
06:43du Parti Socialiste
06:44applaudir le gouvernement
06:46à de multiples reprises,
06:47conspuer la France insoumise
06:49ou parfois les autres membres
06:51du bloc de gauche,
06:52je me dis,
06:52je ne sais pas ce qui se passe
06:53au Parti Socialiste.
06:54En tout cas, clairement,
06:55c'est en train de ressembler
06:57à de la cogestion
06:57sur ce projet de loi de France.
06:58Vous ne vous dites pas
06:58qu'ils ont quand même
06:59obtenu des choses
07:00pour leurs électeurs
07:02et voire pour les Français ?
07:04Ce que eux disent,
07:05les filles dans le refus de tout,
07:06nous, voilà,
07:07c'est les petits pas.
07:08Dernière fonction
07:08que remplit ce vote
07:10de tout à l'heure.
07:10On parle d'un décalage,
07:11je vous ai dit,
07:12un décalage qui concerne
07:12assez peu de Français au final,
07:14qui sera payé par l'ensemble
07:15des Français.
07:15C'est pas rien.
07:16Oui, c'est assez peu
07:17de retraités et c'est trois mois.
07:18Donc, on va redescendre.
07:20Il faut qu'on atterrisse quand même.
07:22On parle de trois mois de gagnés.
07:24C'est bien pour les Français
07:25qui bénéficient,
07:26mais c'est trois mois
07:27pour une poignée de Français.
07:29Dernière chose, justement,
07:30que remplit comme fonction politique
07:32ce vote-là,
07:33c'est que dans l'Assemblée nationale,
07:34aujourd'hui,
07:34il y a une majorité
07:35qui s'est déclarée,
07:36alors est-ce qu'elle irait au vote ?
07:37Je ne sais pas,
07:37mais qui s'est déclarée
07:38pour l'abrogation
07:39de la réforme des retraites.
07:40C'est-à-dire que nous avons
07:41la possibilité à l'Assemblée nationale,
07:43si on le voulait vraiment,
07:44d'abroger cette réforme des retraites,
07:46pas de la décaler,
07:47pas de la suspendre,
07:48de l'annuler purement et simplement.
07:50Et le vote sur la suspension
07:52qui n'est qu'un décalage
07:53payé par tout le monde
07:54constitue en fait un vote
07:56qui permet aussi
07:57de faire passer sous le tapis
07:58cette question de
07:59il y a une majorité à l'Assemblée
08:01pour abroger cette réforme des retraites
08:03qui n'est pas voulue par les Français.
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