00:00Un impôt qui était payé à moitié par les 20% les plus riches des Français
00:03a été compensé par l'argent de la TVA,
00:05c'est-à-dire par l'argent de la consommation populaire,
00:07des classes moyennes et des classes populaires.
00:08Ce qui irrite les gens aujourd'hui, c'est que quand on parle de dépenses,
00:11mais moi je suis pour qu'on parle de la question des dépenses,
00:13mais parlons de la première dépense de l'État,
00:15c'est le soutien aux entreprises.
00:17Et c'est le soutien à quelles entreprises ?
00:19Aux grandes entreprises.
00:26David Guirou, est-ce qu'il ne pose pas quand même, Michel Sardou ?
00:29Est-ce qu'il ne pose pas la question du consentement à l'impôt et du ras-le-bol fiscal ?
00:32Alors, moi, Michel Sardou, ce n'est pas ma référence,
00:35mais clairement il y a quelque chose qui est en train de craquer dans le pays,
00:38c'est le consentement à l'impôt,
00:38mais sûrement pas de la manière dont Michel Sardou l'envisage.
00:42Moi je crois qu'il y a quelque chose qui est en train de craquer
00:43vis-à-vis du consentement à l'impôt,
00:44parce que ce qu'on observe dans les débats budgétaires,
00:48mais aussi dans la société, c'est quoi ?
00:50C'est qu'en France, les plus riches ne veulent plus participer à l'impôt.
00:54C'est-à-dire que par exemple, on a la question d'une taxe Zuckman
00:57qui a été discutée, qui a été rejetée par M. Mendès
01:00et les députés du Bloc central, bien aidée d'ailleurs par d'autres organisations politiques.
01:05Qu'est-ce que c'était cette taxe ?
01:06C'était de dire, mais attendez, en 20 ans,
01:08la fortune des 500 plus grandes fortunes professionnelles de France,
01:13elle a été multipliée par 10.
01:14Dans les années 2000, c'était 120 milliards d'euros qu'ils avaient,
01:17aujourd'hui c'est 1200 milliards d'euros.
01:19Donc on dit, et pourquoi 1200 milliards ?
01:20Parce qu'ils échappent à l'impôt via des mécanismes d'optimisation fiscale.
01:23Donc ça, ils ne veulent plus.
01:24Par contre, ce qui est vrai, c'est qu'en bas, les Français, ils ne peuvent plus.
01:28Ils ne peuvent plus payer.
01:29C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on est sur un système fiscal
01:32dont la première ressource de l'État, c'est la TVA.
01:35Et à la limite, on pourrait se dire,
01:36moi je ne suis pas pour l'extinction de la TVA en soi,
01:38mais l'argent de la TVA, l'argent de la consommation populaire,
01:41ce que payent les gens au supermarché, dans les petits restos,
01:45dans les biens et les services de tous les jours,
01:46ce qu'ils payent comme argent là,
01:48est utilisé pour financer massivement des exonérations de cotisations sociales
01:52et des cadeaux aux plus grandes fortunes et aux plus grandes entreprises du pays.
01:55C'est clair qu'il y a un problème.
01:57Non, mais on a chacun notre interprétation.
01:58Moi, ce n'est pas une question d'interprétation.
02:00Quand je dis qu'en haut, ils ne veulent plus et en bas, ils ne peuvent plus.
02:03Taux moyen d'imposition des entreprises.
02:06Les PME dans notre pays, c'est 21% en France.
02:08Les grandes entreprises, c'est 14%.
02:10On a voté par exemple un amendement.
02:12On nous dit les taxes, les taxes, les taxes.
02:13Mais on a voté par exemple un amendement.
02:15C'est vrai qu'il rapporte 26 milliards.
02:16Voilà, imposition sur les multinationales.
02:18Ça, c'est votre chiffrage de votre côté.
02:19Oui, je le sais, parce que le chiffrage du côté de la ministre, c'était 0€.
02:21C'était une bulle alors voilà.
02:22On dit, ce n'est pas possible, donc on met 0€ dans le chiffrage.
02:25C'est un peu facile.
02:2626 milliards, mais c'est pourquoi ?
02:27C'est parce qu'en France, vous avez des multinationales
02:30qui font des bénéfices à l'étranger.
02:32Ce n'est pas un problème, ce n'est pas ça qu'on leur reproche.
02:34Ce qu'on leur reproche, c'est de domicilier fiscalement
02:36dans d'autres pays, dans des paradis fiscaux,
02:39ce qui leur permet d'échapper à la juste part d'impôt
02:41qu'ils devraient payer en France.
02:43Encore une fois, on n'est pas sur des débats de dire
02:45il faut que les multinationales qui sont dans tout le monde entier
02:47payent tous les impôts du monde en France,
02:49mais juste leur juste part d'impôt.
02:51Et ce qui est en train de craquer dans le pays,
02:52c'est qu'à la fois les plus grandes fortunes
02:54et à la fois les plus grandes entreprises
02:55ne payent pas leur juste part d'impôt.
02:57Et en plus de ça, vous avez aujourd'hui des dispositifs nouveaux
03:01qui sont faits depuis Emmanuel Macron,
03:03je pense à la fin de la CVE.
03:05Vous savez, c'est un impôt sur les productions
03:06que gagnent les collectivités locales.
03:08Mais cet impôt, il est supprimé, mais il est compensé.
03:11Et il est compensé avec l'argent de la TVA.
03:12Ça veut dire quoi ?
03:13Ça veut dire que vous demandez aux Français
03:15qui font leurs courses au supermarché
03:16de compenser la baisse d'un impôt
03:18sur les plus grandes entreprises.
03:19Vous oubliez de dire qu'on a enlevé la CVE
03:20chez les entreprises,
03:21mais on a enlevé la taxe d'habitation pour le particulier.
03:23On a toujours trouvé un équilibre
03:24entre les particuliers et les entreprises
03:27pour faire en sorte que ce soit une dynamique générale.
03:29La taxe d'habitation, elle touchait en partie
03:31les classes moyennes, c'est vrai.
03:33Sauf qu'on s'est aperçu de quoi ?
03:34Même des étudiants, même des personnes âgées, tout le monde.
03:37Quand on a supprimé la taxe d'habitation,
03:38on s'est aperçu de quoi ?
03:39Que les 20% les plus riches
03:41bénéficiaient à 50% de la suppression
03:43de cette taxe d'habitation.
03:45C'est précisément pour cette raison
03:46que dans les débats budgétaires,
03:47nous avons proposé non pas de rétablir
03:49la taxe d'habitation pour tout le monde,
03:51mais pour les 20% les plus riches
03:52pour qui contribuent encore une fois.
03:54Alors juste par l'impôt.
03:55Mais pourquoi je vous dis ça ?
03:56Parce que par exemple, la taxe d'habitation,
03:57vous dites, on l'a supprimée.
03:58Mais ça reste sur l'opture d'égalité.
03:59Pareil, la taxe d'habitation,
04:01l'argent de la suppression de la taxe d'habitation
04:03a été compensé.
04:04Oui, par l'État à l'europrès.
04:06Non, par l'argent de la TVA.
04:07C'est marqué noir sur blanc
04:08dans le document financier.
04:09Par l'État à l'europrès.
04:10Voilà, donc par l'argent de la TVA.
04:11Un impôt qui était payé à moitié
04:12par les 20% les plus riches des Français
04:14a été compensé par l'argent de la TVA,
04:16c'est-à-dire par l'argent
04:17de la consommation populaire,
04:18des classes moyennes et des classes populaires.
04:19Ce qui irrite les gens aujourd'hui,
04:21c'est que quand on parle de dépenses,
04:22mais moi je suis pour qu'on parle
04:23de la question des dépenses,
04:24mais parlons de la première dépense de l'État,
04:26c'est le soutien aux entreprises.
04:28Et c'est le soutien à quelles entreprises ?
04:30Aux grandes entreprises.
04:31Mais non, vous êtes dans l'interprétation.
04:34Pardonnez-moi,
04:34mais moi je vous donne des éléments concrets.
04:36Vous pouvez me dire que j'interprète, etc.
04:37Mais les éléments concrets,
04:38je vous les ai donnés.
04:39C'est-à-dire par exemple qu'en France,
04:40le taux d'imposition moyen,
04:41il est plus fort sur les PME
04:42que sur les grandes entreprises.
04:43Et qu'en France,
04:44on donne 200 milliards d'euros,
04:45plus de 200 milliards d'euros par an,
04:46en aide directe et indirecte
04:48aux grandes entreprises de ce pays.
04:49Et pourquoi je vous dis ça ?
04:50Parce que ce pays n'a jamais récolté
04:52autant d'argent issu des infos
04:54de son histoire.
04:57C'est que l'argent de cet impôt-là,
04:59vous l'avez canalisé, orienté, vampirisé
05:01pour que ça aille sur les grandes boîtes
05:03et les grandes entreprises.
05:03En tout cas, LFI votera contre cette mesure.
05:07Expliquez-nous pourquoi.
05:08Parce que c'est vrai que c'est toujours
05:08un petit peu difficile à suivre.
05:09On peut imaginer que vous,
05:11qui avez milité contre cette réforme des retraites,
05:13que vous votiez contre sa suspension.
05:15Ce n'est pas une suspension,
05:16c'est un décalage.
05:17C'est un décalage qui concerne très peu de gens.
05:20Alors effectivement,
05:21je suis content pour eux si ça les touche.
05:22Mais par ailleurs,
05:23ce décalage sera compensé
05:24par une hausse des franchises médicales,
05:25par le fait qu'en fait tout le monde
05:26va payer ce décalage-là.
05:29Mais surtout...
05:30C'était rejeté en commission
05:31de la franchise médicale, non ?
05:32Comment ?
05:32Le doublement, ça n'a pas été voté,
05:33non ?
05:34En commission, ça...
05:35En commission, mais on va voir à la fin du texte,
05:38parce que justement,
05:39c'est là où j'allais en venir.
05:41Le vote d'aujourd'hui,
05:42il a une fonction politique essentielle.
05:44Et je pense que d'ailleurs,
05:44les commentateurs ne s'y sont pas trompés.
05:46Le but du vote d'aujourd'hui,
05:47c'est de stabiliser un gouvernement
05:49qui est profondément,
05:51absolument illégitime,
05:53et puis de faire passer aussi
05:54tout le reste du projet de loi
05:56de financement de la Sécu sociale
05:57avec son cartège de malheur, etc.
06:00Texte dont on a demandé,
06:02en tout cas dont la France insoumise
06:03demande l'examen,
06:04mais dont vous savez que ce soir,
06:05à minuit,
06:06si le gouvernement décide que ça s'arrête,
06:08ça s'arrête parce que les délais sont,
06:10soi-disant,
06:11les délais impartis sont dépassés.
06:13Nous avons proposé de...
06:14On va proposer de retirer des amendements, etc.
06:16Mais il n'empêche que le but premier
06:18du vote qui va avoir lieu,
06:20c'est celui-là.
06:21Ce n'est pas d'améliorer la vie des Français.
06:23Ça concerne une très faible quantité de Français.
06:25Est-ce que Marine Le Pen a raison
06:27quand elle dit
06:27que le PS s'est fait ferrer aux pattes
06:29il y a quelques instants ?
06:30C'est une question où vous pourriez reprendre ?
06:31Non, moi, je ne reprends pas
06:32les expressions de Marine Le Pen.
06:33Par contre, je peux témoigner
06:34de ce que je vois en hémicycle.
06:35C'est-à-dire que, clairement,
06:36même physiquement,
06:37vous savez, l'hémicycle,
06:38c'est un lieu où on est proche,
06:40où physiquement,
06:41il se passe des choses.
06:42Moi, quand je vois des députés
06:43du Parti Socialiste
06:44applaudir le gouvernement
06:46à de multiples reprises,
06:47conspuer la France insoumise
06:49ou parfois les autres membres
06:51du bloc de gauche,
06:52je me dis,
06:52je ne sais pas ce qui se passe
06:53au Parti Socialiste.
06:54En tout cas, clairement,
06:55c'est en train de ressembler
06:57à de la cogestion
06:57sur ce projet de loi de France.
06:58Vous ne vous dites pas
06:58qu'ils ont quand même
06:59obtenu des choses
07:00pour leurs électeurs
07:02et voire pour les Français ?
07:04Ce que eux disent,
07:05les filles dans le refus de tout,
07:06nous, voilà,
07:07c'est les petits pas.
07:08Dernière fonction
07:08que remplit ce vote
07:10de tout à l'heure.
07:10On parle d'un décalage,
07:11je vous ai dit,
07:12un décalage qui concerne
07:12assez peu de Français au final,
07:14qui sera payé par l'ensemble
07:15des Français.
07:15C'est pas rien.
07:16Oui, c'est assez peu
07:17de retraités et c'est trois mois.
07:18Donc, on va redescendre.
07:20Il faut qu'on atterrisse quand même.
07:22On parle de trois mois de gagnés.
07:24C'est bien pour les Français
07:25qui bénéficient,
07:26mais c'est trois mois
07:27pour une poignée de Français.
07:29Dernière chose, justement,
07:30que remplit comme fonction politique
07:32ce vote-là,
07:33c'est que dans l'Assemblée nationale,
07:34aujourd'hui,
07:34il y a une majorité
07:35qui s'est déclarée,
07:36alors est-ce qu'elle irait au vote ?
07:37Je ne sais pas,
07:37mais qui s'est déclarée
07:38pour l'abrogation
07:39de la réforme des retraites.
07:40C'est-à-dire que nous avons
07:41la possibilité à l'Assemblée nationale,
07:43si on le voulait vraiment,
07:44d'abroger cette réforme des retraites,
07:46pas de la décaler,
07:47pas de la suspendre,
07:48de l'annuler purement et simplement.
07:50Et le vote sur la suspension
07:52qui n'est qu'un décalage
07:53payé par tout le monde
07:54constitue en fait un vote
07:56qui permet aussi
07:57de faire passer sous le tapis
07:58cette question de
07:59il y a une majorité à l'Assemblée
08:01pour abroger cette réforme des retraites
08:03qui n'est pas voulue par les Français.
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