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  • il y a 4 mois
Dans son édito du 23/09/2025, Mathieu Bock-Côté revient sur [thématique de l'édito]

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Transcription
00:00D'abord et avant tout, c'est une rupture non pas seulement avec l'administration démocrate de Joe Biden,
00:06c'est une rupture avec l'ensemble des administrations d'après-guerre aux États-Unis.
00:11Globalement, les États-Unis, post-1945 et plus encore post-1989,
00:17s'étaient reconnus un rôle dans la construction d'une forme d'ordre global.
00:21Les Américains étaient une puissance de leadership dans l'ordre global, une forme d'ordre mondialisé.
00:26George Bush père parlait de nouvel ordre mondial.
00:28Là, on change complètement de registre.
00:31Donald Trump dit que les structures de la gouvernance globale ont échoué.
00:35L'ONU, d'ailleurs, est incapable de faire son travail.
00:38Nous sommes dans un monde où les guerres se multiplient.
00:41Nous sommes dans un monde où les puissances émergentes, l'Inde, la Chine, la Russie, se multiplient.
00:46Nous sommes dans un monde multipolaire et dans ce monde, l'Amérique va jouer ses cartes,
00:51va défendre ses intérêts et n'est plus dans l'entretien de cette fiction d'un ordre mondial globalisé.
00:57C'est la première chose à dire, je crois, parce que la rupture, elle est là.
01:01On n'est plus dans l'espèce d'idéal américain d'un monde qui serait une forme d'Amérique géante.
01:06On est dans cette idée désormais que les Américains vont défendre les Américains.
01:09Ils ont des alliés. Ils sont sévères envers leurs alliés lorsqu'ils ne sont pas à la hauteur.
01:13Mais nous ne sommes plus dans l'illusion d'une planète unifiée.
01:15Premier élément.
01:16Deuxième élément, et ça, quand je parle de retour à un ordre plus ancien,
01:21c'est que Donald Trump est fidèle à une histoire américaine qu'on a oubliée.
01:24On dit souvent « America first ».
01:26« America first », qu'est-ce que ça veut dire ?
01:28Pour certains, ça voulait dire l'isolationnisme américain.
01:30Mais ce n'est pas exactement de l'isolationnisme.
01:32Ça consiste à dire que les Américains vont défendre leurs intérêts,
01:36de manière impériale assurément, selon leurs conditions
01:40et sans se soumettre à je ne sais quelle règle extérieure.
01:44Donc, on peut en penser ce qu'on veut,
01:46mais c'est la fin de l'illusion de l'Amérique puissance pacificatrice mondialisée tranquille.
01:52Je veux dire, en pensant, l'Amérique savait envahir d'autres pays auparavant avant Donald Trump.
01:55Elle le faisait simplement de manière plus cachée.
01:57Là, on est plutôt dans une logique de force décomplexée portée par Donald Trump.
02:02Rupture sur un élément important, sur la question de l'écologisme.
02:05J'arrive rapidement sur la question de l'immigration.
02:07Donald Trump se montre très, très critique envers l'écologisme.
02:11Il présente le réchauffement global comme une arnaque.
02:15C'est un terme qui lui appartient, qui est contesté par plusieurs,
02:18c'est le moins qu'on puisse dire.
02:19Mais qu'est-ce qu'il nous dit par là?
02:20Il dit, les pays qui acceptent de se soumettre à l'idéologie de l'empreinte carbone,
02:25eh bien, s'imposent des normes environnementales, entre guillemets.
02:29Qui les condamne à la désindustrialisation?
02:31Qui les condamne à l'impuissance économique?
02:34Or, ailleurs dans le monde, on ne se soumet pas à de telles règles.
02:38Et dès lors, on le voit, il le mentionne par rapport à l'Europe,
02:40qui a sacrifié au nom de l'empreinte carbone, dit-il, son économie, sa puissance productive, son industrie.
02:46Et la Chine, de son côté, qui ne se soumet pas à cette empreinte de la même manière,
02:50c'est le moins qu'on puisse dire, a eu une croissance incroyable sur le dos de la bêtise,
02:55dit-il, à sa manière européenne.
02:56Donc, on est dans une vision du monde très réaliste, on est au sens du réalisme classique.
03:02On est dans une vision du monde qui est conflictuelle.
03:04Trump dit, c'est un monde de guerre, c'est un monde de conflits.
03:07Il dit, moi, je parviens à régler les guerres, dit-il.
03:10Auparavant, j'en ai réglé.
03:12Là, il voulait en régler quelques-unes, c'est pas parti pour ça pour l'instant.
03:15Mais il assume néanmoins une conflictualité avec la Russie.
03:17Tous ceux, moi, j'en entends plusieurs, qui disaient Trump est vendu aux Russes,
03:21c'est la marionnette des Russes, il est soumis aux Russes.
03:23C'est pas du tout ce qu'il dit aujourd'hui.
03:25Il dit, les Russes sont aujourd'hui une puissance antagonique,
03:29les Européens prétendent s'y opposer, mais en même temps achètent leur gaz à la Russie indirectement.
03:35Faut comprendre le sous-texte à travers cela.
03:37Européens, achetez désormais votre gaz aux Américains,
03:40poursuivez, payez le tribut impérial.
03:42Mais quoi qu'il en soit, c'est le premier élément à retenir de ce discours.
03:45Trump nous dit, nous sommes dans un monde conflictuel, un monde tragique,
03:48un monde en guerre, en quelque sorte.
03:50Et dans ce monde, les esprits tendres, les calinourses,
03:52les esprits tout gentils, tout gentillets, les petits lapins non tragiques,
03:55sont condamnés à perdre.
03:57On a écouté, pour commencer l'émission,
03:59Donald Trump qui parlait de l'Europe vouée à l'enfer,
04:02en parlant de l'immigration.
04:03Quelle vision le président américain a-t-il de l'Europe?
04:06Vous l'avez dit, vision de l'enfer.
04:08Trump, c'est assez intéressant.
04:10Sa vision de l'immigration, il nous dit,
04:11l'Europe subit deux concepts qu'il utilise.
04:13L'immigration illégale et l'immigration incontrôlée.
04:18Il faut comprendre que l'immigration incontrôlée,
04:20ce n'est pas seulement de l'immigration illégale.
04:22L'immigration incontrôlée, c'est la perte de contrôle du droit d'asile.
04:25C'est la perte de contrôle du regroupement familial.
04:27C'est la perte de contrôle de l'immigration de travail
04:30dans les faits au service d'un patronat
04:31qui souvent a besoin de cheap labor,
04:33de main-d'oeuvre à bon marché pour entretenir des industries
04:35qui sinon feraient faillite.
04:37Donc, il nous dit immigration illégale,
04:39immigration incontrôlée,
04:40et il dit, vous serez submergé.
04:43Il ajoute à cela la dimension religieuse,
04:45avec l'islam en disant,
04:46je regarde Londres,
04:48Londres vivra demain sous la loi de la charia.
04:52Qu'on s'entende à l'échelle de l'histoire,
04:54si Londres vit sous la loi de la charia,
04:56on appelle ça une conquête, tout simplement.
04:58Que cette conquête soit venue avec des tanks,
05:01sans tanks, des avions, sans avions,
05:03à terme, le passage à la loi islamique,
05:06ça doit être vu comme une forme de conquête,
05:07et c'est ce qu'il dit à sa manière.
05:09Il parle d'ailleurs le langage de l'invasion.
05:12Il dit, l'Europe est envahie.
05:14Et il dit, et c'était assez intéressant dans son année,
05:15il dit, elle est envahie,
05:17mais elle n'ose rien faire,
05:19parce qu'elle est dominée par le politiquement correct.
05:21Donc, qu'est-ce qu'il nous dit à travers cela ?
05:22Il faut comprendre,
05:23notre homme s'exprime toujours de manière assez brutale,
05:24avec un langage soit très simple,
05:27soit fleuri,
05:27mais il dit les choses clairement.
05:29Il dit,
05:30les élites européennes savent qu'il y a l'invasion.
05:33Les élites européennes savent
05:35que la conquête islamique du Royaume-Uni s'en vient,
05:37si on comprend bien son propos.
05:39Il ajoute à cela,
05:40vous le savez, mais vous n'offrez rien,
05:42parce que vous êtes dominés par le politiquement correct.
05:45Il ajoute,
05:46le système onusien,
05:47qui favorise aujourd'hui la dynamique de l'immigration illégale,
05:50dans ce cas-là, il parle de l'immigration illégale,
05:52le système onusien,
05:53dans les faits, finance l'invasion de l'Europe.
05:56Donc, il dit,
05:56le système mondialiste,
05:58le système mondialiste dont on parle,
05:59est un système qui a pour conséquence
06:02la submersion migratoire du vieux continent.
06:04Non, ce n'est pas la première fois qu'il dit ça, soit dit en passant.
06:07Il l'avait déjà dit au moment de la campagne présidentielle américaine.
06:09Il l'a redit ensuite.
06:11Il le dit, peut-on croire,
06:13sur le mode du frère insistant et secoué,
06:15qui dit, mais regardez ce qui vous arrive,
06:17d'autant que chez moi.
06:18On aurait aimé un président français
06:20qui parle de la même façon, peut-être.
06:22À tout le moins,
06:23on ne le trouve pas pour l'instant.
06:24Dans les deux dernières administrations françaises,
06:26les deux dernières présidentes,
06:27on n'est pas dans ce rapport à l'immigration.
06:29Ce qui est intéressant là-dedans,
06:30c'est qu'il nous dit,
06:31chez moi, aux États-Unis,
06:32j'ai été capable de rompre avec l'immigration illégale
06:35et plus encore avec l'immigration incontrôlée.
06:39Je rappelle, on se souvient,
06:40on en a parlé il y a quelque temps,
06:41en Californie,
06:41quand il a fait intervenir la Garde nationale
06:43pour renvoyer les clandestins.
06:45Alors, ça, c'est intéressant.
06:46Donc, ce qu'il nous dit,
06:47c'est que les Européens devraient renvoyer
06:49les illégaux chez eux.
06:51Ils ne le font pas.
06:52Moi, je l'ai fait, dit-il.
06:53Il y a un autre passage de son discours
06:55qui est assez important.
06:56Il dit,
06:56il parle de l'histoire des Américains,
06:58plus largement de toute la civilisation occidentale.
07:01Il dit, nos ancêtres, nos pères,
07:03nos grands-pères
07:04se sont battus pour créer des pays,
07:06construire une civilisation,
07:07construire des identités,
07:09construire un monde.
07:10Or, qu'est-ce qu'on voit?
07:11Eh bien, notre tâche, nous,
07:13c'est de défendre ce monde.
07:15C'est de ne pas le sacrifier.
07:16C'est de ne pas le mutiler.
07:18C'est d'assurer sa poursuite.
07:19C'est d'assurer sa prolongation dans le temps.
07:22Or, de ce point de vue,
07:23il fait appel au langage
07:24et à la fierté des ancêtres
07:25pour fonder une action au temps présent
07:27dans le contexte de submersion migratoire
07:30qu'il vit sous le signe d'une conquête
07:31et même d'une conquête islamique.
07:33Quand on voit tout cela,
07:34on peut se dire qu'effectivement,
07:35je pense qu'en France,
07:36Donald Trump ne serait pas dans l'arc républicain.
07:38Il vaut la peine d'être entendu,
07:40justement, sur ce sujet.
07:41Donald Trump qui dit
07:42vous devez défendre vos citoyens.
07:46Ce qui a lieu est absolument inacceptable.
07:48L'ONU est une organisation
07:49qui est censée mettre un terme aux invasions
07:51et non pas les produire
07:52et non pas les financer.
07:53Et aux Etats-Unis,
07:55nous rejetons l'idée
07:56selon laquelle des étrangers
07:58doivent pouvoir se rendre
08:00à l'autre bout de la planète,
08:02fouler au pied notre souveraineté,
08:04franchir les frontières,
08:05se livrer à la criminalité
08:06et épuiser notre système
08:10de sécurité sociale.
08:11Nous avons dit
08:11que les Etats-Unis appartenaient
08:14aux Américains.
08:15Et j'encourage tous les pays
08:17à nous emboîter le pas.
08:18Vous devez défendre
08:19vos propres citoyens.
08:21Vous devez défendre
08:23vos propres citoyens.
08:24Dernière question, Mathieu,
08:25puis on reviendra après
08:26sur le Hamas.
08:27Mais est-ce que Donald Trump
08:29et Emmanuel Macron
08:29sont désormais irréconciliables ?
08:32Ils ne parlent tout simplement
08:33pas le même langage.
08:35C'est ça qu'on doit comprendre.
08:36C'est que le président
08:36de la République en France,
08:37mais pas seulement lui,
08:38l'ensemble de la classe politique,
08:39ne prétend plus défendre
08:40le peuple français.
08:41La classe politique défend
08:42les valeurs de la République,
08:44universelles,
08:45qui devraient chaque fois
08:46renier toujours davantage
08:48sur les privilèges propres
08:49au fait d'appartenir
08:49à une nation.
08:50Donc, ce qu'on appelle
08:51de manière grossière
08:52la préférence nationale,
08:53eh bien ça, c'est vu
08:54comme anti-républicain,
08:55anti-français.
08:56Donc, on est dans ce paradoxe
08:57en Europe où défendre sa nation,
09:00c'est vu comme étant
09:01trahir les principes universels
09:02et trahir les principes républicains.
09:04Donc ça,
09:04ce n'est pas du tout
09:05la position de Trump
09:06qui, lui, rappelle,
09:06vous avez raison
09:07de prendre cet extrait,
09:09rappelle qu'on est,
09:10les systèmes de sécurité sociale
09:12vont aussi s'effondrer
09:13sous la pression
09:14migratoire internationale.
09:16Or, l'Europe,
09:17aujourd'hui,
09:17qu'est-ce qu'il a défendu
09:18dans son identité ?
09:19C'est valeurs républicaines
09:20plus système de sécurité sociale.
09:24Donc, l'immigration massive
09:25entraîne à terme
09:26la fin des phallumeuses
09:27valeurs républicaines,
09:28la charia à Londres,
09:29entraîne aussi
09:30l'effondrement du système
09:31de sécurité sociale
09:32qui apparemment
09:33nous caractériserait.
09:34Donc, Emmanuel Macron
09:35et Donald Trump
09:36ne parlent tout simplement
09:37plus le même langage.
09:38Ils ne parlent plus,
09:39ils n'ont pas le même univers.
09:40On se demande
09:41s'ils se comprennent
09:42et pourtant,
09:42ils voient, il y a quelque temps,
09:43l'amitié virile.
09:44On constate que nous sommes
09:45tout simplement
09:46dans une rupture
09:47qui est peut-être
09:47une rupture définitive
09:49entre les deux rives
09:49de l'Atlantique.
09:50Sous-titrage Société Radio-Canada
09:53Sous-titrage Société Radio-Canada
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