00:00Good morning business, la matinale de l'économie.
00:088h37, la matinale de l'économie, toujours délocalisée depuis BIG à l'accord ARNA 11ème édition.
00:13Notre invité c'est Samuel Joll. Bonjour, vous êtes le président d'Actuel Group, vice-président et trésorier du MEDEF,
00:19cinquième acteur sur le marché du travail et de l'emploi en France, travail intérimaire, recrutement, accompagnement et formation.
00:25Quand vous regardez aujourd'hui le contexte politique, le moral des entrepreneurs, vous qui parlez à des gens qui recrutent, dans quel état d'esprit sont-ils ?
00:33Eh bien, ils sont à l'opposé de ce que l'on vit aujourd'hui au BIG, où il y a une belle énergie.
00:37Le pays est tout simplement à l'arrêt, bloqué par le manque de visibilité, par l'incertitude.
00:42Et donc, ça se traduit par le fait que les entreprises ont le pied sur les freins et donc ils n'embauchent pas, ils n'investissent pas.
00:48Et donc, les chiffres de l'emploi sont en baisse, moins 20% sur le recrutement au niveau national en ce moment.
00:58Ah quand même ?
00:58Et puis...
00:58Moins 20% par rapport à l'année dernière ?
01:00Par rapport à l'année dernière, la même période.
01:01Et puis, l'autre indicateur très intéressant, c'est celui du travail intérimaire, qui est à moins 5, moins 6% depuis 6 semestres consécutifs, près de 3 ans d'arrêt d'activité.
01:12Donc, ça veut dire que tout simplement, les entreprises attendent d'avoir un cadre précis dans le cadre budgétaire.
01:20Et donc, l'emploi est à l'arrêt.
01:23Mais alors, ça veut dire clairement, ce sont des projets qu'on a mis de côté, ce sont des entreprises qui voient déjà la demande baisser et qui sont obligées de changer de braquet,
01:33ou c'est des anticipations à cause d'un contexte qui est morose ?
01:37C'est-à-dire qu'est-ce qu'on est dans un cercle vicieux où, en fait, on n'a pas le moral, mais ça ne se ressent pas dans la demande ?
01:43Oui, de fait, on sait que dans la demande, la consommation est en berne également.
01:48Ça se traduit au deux niveaux.
01:50Les consommateurs consomment moins, ils épargnent, et les entreprises investissent moins et mettent leurs projets en stand-by par ce manque de visibilité.
01:59La petite croissance que nous avons constatée en début d'année est une croissance, en fait, un petit peu artificielle, puisqu'elle a consisté à restocker plutôt que, évidemment, distribuer les produits.
02:12Ce n'est pas de l'investissement, ce n'est pas de la consommation.
02:14Ce n'est pas de l'investissement.
02:15Mais tout simplement, je pense que le paradoxe de la situation, c'est qu'il n'y a rien, objectivement, qui empêcherait une reprise d'activité.
02:23Le seul sujet, c'est le manque de confiance, de visibilité qui bloque le pays à cet instant.
02:28Alors, quand vous voyez les discussions politiques, mais que ce soit autour de la taxe Zuckman, autour des successions,
02:34quand on voit qu'on parle aujourd'hui plus d'impôts que de baisse des dépenses,
02:38on a des entrepreneurs qui parfois sont déprimés de voir ce type de débat.
02:43Nicolas Dufour, vous les poussez à prendre la parole. Est-ce que vous partagez ce constat ?
02:47Il a raison. Je pense qu'il faut ramener de la rationalité dans le débat public.
02:51On voit bien qu'il y a des postures très politiques, très clientélistes, pour ne pas dire démagogiques, qui s'expriment actuellement.
02:59C'est très loin de la réalité. Les entreprises, en réalité, aspirent qu'à une chose, c'est travailler, produire, développer leurs clients, investir, embaucher, créer des emplois.
03:10Et donc, elles sont à l'opposé de ce qui est décrit dans l'opinion publique.
03:15Nous avons un devoir de prise de parole pour pouvoir expliquer, faire la pédagogie, combien les entreprises sont importantes dans les territoires pour créer...
03:23Vu comme des ennemis, on a vu ça dans les manifestations la semaine dernière avec « Rendez l'argent ». C'est-à-dire que c'est ça le message.
03:29Les entreprises, c'est ce qui permet de produire en France plutôt que de consommer des produits que nous apportons.
03:35L'enjeu, Nicolas Dufour, qui a fait une bonne pédagogie sur les enjeux de la balance commerciale et la dépendance à l'étranger.
03:43Donc, si on veut être souverain, il faut qu'on puisse être plus indépendant et produire plus en France.
03:48Et puis, la production en France, c'est aussi nos emplois dans les territoires.
03:51Et donc, c'est ça qui est évidemment l'enjeu qui est posé, la désindustrialisation depuis toutes ces années.
03:58Il faut absolument inverser la tendance.
03:59Et donc, je pense que les Français, d'ailleurs dans les sondages d'opinion, on voit bien, ont plutôt une bonne image de l'entreprise.
04:07Et ils demandent effectivement aux chefs d'entreprise de prendre la parole et de s'exprimer plus fortement.
04:13Et donc, c'est ce que nous allons faire avec le MEDEF.
04:16Nous avons décidé de faire de la pédagogie pour essayer d'expliquer...
04:22Vous aussi, vous voulez que les entrepreneurs parlent ?
04:24Mais bien sûr, on a envie de ramener la rationalité et puis surtout d'expliquer qu'on ne pourra pas réussir si on s'oppose les uns aux autres.
04:32Ce n'est pas les petits contre les grands, les entreprises contre les salariés, contre les patrons.
04:36C'est ensemble que l'on doit réussir dans l'intérêt du pays.
04:39Vous, là où vous êtes aussi très actif, c'est dans le sponsoring sportif.
04:42On était il y a quelques instants avec François Gabart.
04:44Ça fait 24 ans que vous sponsorisez la course au large, mais vous êtes aussi présent dans d'autres activités.
04:50Comment vous voyez ces investissements ?
04:52Vous vous dites, ça me sert en tant qu'entreprise, c'est uniquement une sorte de danseuse, ça vous fait plaisir.
04:58Comment vous voyez le ROI sur le sponsoring sportif ?
05:02Ça ne peut pas être considéré uniquement comme une danseuse, sinon ça ne durerait pas aussi longtemps.
05:07Le sponsoring sportif, très clairement, c'est une démarche très intéressée puisque c'est un enjeu de communication.
05:13Donc mon entreprise a besoin de communiquer et donc elle a choisi ce vecteur de communication,
05:17tout simplement parce que nous n'avons pas la chance d'avoir des produits à proposer.
05:21Nous sommes dans une activité de service et on trouve que les valeurs du sport ont beaucoup de vertus.
05:28D'autant que dans le domaine du recrutement, on est en permanence à rechercher des talents
05:32et on le voit dans le domaine du sport, tous ces sportifs de très haut niveau, ils n'ont pas réussi par hasard.
05:37C'est du travail, de l'apprentissage, de la répétition, parfois des échecs.
05:43Et puis des conditions à réunir pour réussir.
05:47Donc c'est toutes ces valeurs que nous souhaitons mettre en avant à travers le sponsoring.
05:51Ça vous fait du recrutement, c'est-à-dire que vous vous en servez pour attirer des talents ?
05:55Ça nous permet de communiquer sur les différents partenariats.
06:00Nous avons en tout 175 partenariats sportifs au niveau du pays.
06:04C'est parfois des petites structures très locales.
06:08Et puis c'est parfois des grands clubs dans le domaine du rugby, du football, comme le Stade Toulousain, le LOSC, l'Orient, etc.
06:15Et puis il y a le bateau qui est évidemment pour nous un totem, un étendard que nous mettons en avant
06:22parce que les valeurs de la voile ont beaucoup de vertus.
06:24Et s'il y a bien un domaine où on peut montrer de l'audace, de l'ambition, c'est dans le domaine de la course au large.
06:33Donc pour nous, c'est un vecteur de communication très intéressant.
06:35Merci beaucoup Samuel, tu as l'air venu ce matin sur le plateau de la matinale de l'économie.
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