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  • il y a 4 mois

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00:00Marine Le Pen et Jordan Bardella en direct sur CNews et sur Europe 1.
00:03Ils ont rencontré le Premier ministre Sébastien Lecornu.
00:06Pas d'accord en vue, comme vous venez de l'entendre.
00:09Marine Le Pen campe sur ses positions, il faut une dissolution.
00:12S'il n'y a pas de rupture, il y aura censure.
00:15Je ne vois pas comment nous pourrions faire confiance à un homme qui est un proche d'Emmanuel Macron depuis plus de huit ans.
00:21Visiblement, le Rassemblement National n'est pas prêt à faire des concessions au gouvernement
00:25qui est en formation du côté de chez Sébastien Lecornu.
00:28Il est 18h01 et 20 secondes, merci de votre fidélité à CNews et Europe 1.
00:33Nous sommes avec André Valigny, bonsoir André, ancien ministre, avocat avec Guillaume Perrault, journaliste.
00:38Michel Leboin qui est ancien préfet, Laetitia Guidant, journaliste, ainsi que Geoffroy Lejeune.
00:42On a Geoffroy, là une Marine Le Pen, encore une fois, qui n'est pas du tout prête à faire des cadeaux à Sébastien Lecornu
00:49qui au contraire pose le principe de la défiance d'emblée.
00:53Et en même temps, on la comprend, elle a permis l'installation de deux gouvernements,
00:59c'est-à-dire celui de Michel Barnier puis celui de François Bayrou qui à chaque fois ont essayé de bâtir des budgets
01:03avec lesquels elle n'était radicalement pas d'accord.
01:05Donc évidemment on peut dire que c'est de l'opposition, etc.
01:07Mais on ne peut pas non plus lui demander de devenir d'accord avec des choses avec lesquelles elle n'était pas d'accord,
01:10qu'elle ne défend pas dans ses programmes.
01:12Et donc elle a voté évidemment la censure dans le premier cas, on s'en souvient.
01:17Elle n'a pas voté la confiance à François Bayrou dans le deuxième cas, on s'en souvient également.
01:21La question politique qui est posée à Sébastien Lecornu, c'est aujourd'hui, est-ce qu'il est capable de trouver,
01:26on a parlé tout à l'heure de son jeu avec les socialistes et avec les républicains
01:29pour essayer de faire tenir un socle commun avec des positions qui ne soient pas trop incompatibles.
01:35Et maintenant il y a aussi la question de Marine Le Pen.
01:36On a beaucoup dit qu'il devait sa nomination au fait qu'il avait plutôt des bonnes relations avec elle.
01:39C'est vrai, la vérité c'est que Marine Le Pen, pour beaucoup de ministres d'Emmanuel Macron
01:44ou de gens qui ont composé ses gouvernements, peu d'estime, peu de respect, etc.
01:48Lui, il semble qu'il soit épargné, notamment parce qu'il a été ministre de l'Outre-mer
01:52et qu'ils ont discuté du sujet et elle, elle est très spécialisée sur les questions d'Outre-mer.
01:56Et ensuite qu'il a été ministre de la Défense et qu'il avait plutôt bonne presse,
01:59notamment parce qu'il faisait voter en commission ses propositions, ses réformes,
02:03avec une assez large majorité.
02:05Aujourd'hui, il n'a pas perçu comme un adversaire direct, mais elle ne peut pas vis-à-vis de ses électeurs,
02:08cautionner absolument toute la politique du gouvernement.
02:11Et en plus, on ne la connaît pas encore, on n'en connaît même pas les grandes lignes.
02:13Absolument, pas de budget, pas de confiance a priori, Laetitia Guignard, pour Marine Le Pen.
02:17Oui, mais pas de dissolution tout de suite.
02:19Et dissolution au moment du budget.
02:21Et c'est vrai que l'embarras du RN qui, effectivement, est face à un choix crucial,
02:26c'est-à-dire à quel moment dissoudre et ne pas rentrer dans le loup d'Emmanuel Macron.
02:31Parce qu'en réalité, il doit effectivement passer pour gouvernemental.
02:35C'est-à-dire qu'aujourd'hui, dissoudre sans vraiment de raison,
02:38ça serait injustifiable aux yeux d'une partie de leur électorat.
02:42Ça serait vu comme une irresponsabilité totale.
02:45Et en même temps, c'est ce que Marine Le Pen a annoncé,
02:47c'est-à-dire qu'il dissoudrait probablement au moment du budget.
02:50Mais c'est le piège d'Emmanuel Macron.
02:52Parce qu'en fait, lui, il attend que ça, qu'il y ait une dissolution à ce moment-là,
02:56et qu'il y ait des élections qui soient organisées dans la période des fêtes de Noël,
03:01qui ne mobilisent pas assez les Français.
03:03Et probablement qu'effectivement, on reviendra à une espèce de...
03:08Non seulement une campagne qui n'intéressera pas grand monde,
03:10qui sera faite dans la catastrophe,
03:12et avec un résultat, un RN,
03:14qui n'arrivera pas à forcément faire un meilleur score que celui d'aujourd'hui.
03:19J'entends vos arguments.
03:20Je ne suis pas sûre qu'Emmanuel Macron ait très, très envie d'une dissolution.
03:24C'est mon sentiment, encore une fois.
03:25Il n'a pas très, très envie.
03:27Je pense que c'est ce qu'il a dit.
03:29Parce qu'Emmanuel Macron est un grand psychopathe,
03:32qui pour l'instant...
03:33Ah oui, carrément !
03:34Il regarde tout le monde se détruire,
03:37et fait en sorte que les uns et les autres se détruisent.
03:39Et lui, en espérant effectivement tenir le plus longtemps possible,
03:42et si possible, faire, pourquoi pas, un nouveau quinquennat,
03:46une fois que le RN aura passé.
03:50Donc, il y a une espèce de calcul qui, pour l'instant,
03:53ne réussit pas du tout à la France,
03:54mais réussit pas mal à Emmanuel Macron.
03:56Gauthier Lebrecht qui vient d'arriver.
03:58Bonsoir, Gauthier.
03:58Bonsoir, Laurence.
03:59Alors, moi, je pense qu'Emmanuel Macron ne veut absolument pas de nouvelle dissolution,
04:02parce que s'il dissout et que c'est une dissolution ratée,
04:05comme la précédente, c'est-à-dire sans majorité,
04:07ne serait-ce que relative,
04:08c'est le fusible suivant.
04:10C'est-à-dire qu'on se retrouve avec la même paralysie,
04:12avec les premiers ministres qui s'enchaînent,
04:13et donc la musique de la démission
04:15va monter crescendo en cas de nouvelle dissolution.
04:19Par contre, l'électorat de Marine Le Pen,
04:21alors ça, eux, ils veulent une dissolution,
04:22et ils la veulent tout de suite.
04:24Ils ne jouent pas du tout la carte de la responsabilité.
04:26Ils pensent qu'Emmanuel Macron est lui-même irresponsable,
04:28et qu'il faut retourner, retourner aux urnes,
04:31le plus rapidement possible,
04:32pour mettre hors d'état de nuire la Macronie,
04:34et faire en sorte que Matignon revienne à Jordan Bardella.
04:37D'ailleurs, quand le RN ne censurait pas Michel Barnier,
04:41et ne censurait pas François Béroud,
04:42dans les premiers mois,
04:44à chaque fois, vous pouviez échanger avec des députés RN.
04:46Qu'est-ce qu'on leur disait sur les marchés ?
04:47Mais vous censurez quand ?
04:48Qu'est-ce que vous faites ?
04:49Pourquoi est-ce que vous laissez ce gouvernement survivre ?
04:52Pourquoi est-ce que vous ne censurez pas plus rapidement ?
04:54Donc, c'est toujours, évidemment,
04:56la frontière fine avec la stratégie de Marine Le Pen
04:59pour ne pas tomber dans le côté bordélisation
05:02de la France insoumise.
05:03Par exemple, sur une journée comme celle du 10,
05:05Marine Le Pen, elle n'appelle pas à la mobilisation.
05:08Donc, elle cherche la responsabilité, la respectabilité,
05:11mais son électorat veut évidemment un retour aux urnes.
05:14Pour Sébastien Lecornu,
05:16on voit bien qu'il ouvre plus vers le Parti Socialiste
05:18que vers le RN,
05:19et donc ça pourrait avoir des conséquences
05:20dans la stratégie de Marine Le Pen.
05:21Un tout petit mot, Guillaume et André, Guillaume Perrault ?
05:24Oui, j'ignore tout à fait ce qui va se passer,
05:26mais par contre, en tant qu'amateur d'histoire,
05:27ce qui me frappe, c'est les analogies, évidemment,
05:29avec la Quatrième République.
05:31Un sujet de conversation classique pour les Français
05:33dans les années 50, c'est
05:34est-ce qu'on a enfin un gouvernement ?
05:35On ne parlait pas seulement de la pluie et du beau temps,
05:37dans les sujets de conversation qu'on avait
05:39quand on ne savait plus quoi dire.
05:40Est-ce qu'on a un gouvernement ?
05:42Parce que les négociations entre les partis
05:44étaient permanentes,
05:45et la durée de vie moyenne d'un gouvernement
05:47sous la Quatrième République,
05:48c'était à peu près 6 mois, 7 mois,
05:501 an et 3 ans,
05:51ça a été parfois moins, bien sûr,
05:53mais en moyenne...
05:53Non, on n'en est pas loin.
05:54Oui, on n'en est pas loin,
05:56et le record man, c'était Guy Mollet,
05:58ça a duré 1 an et 3-4 mois.
06:01C'est pour vous dire que
06:02ce parfum Quatrième République
06:04est vraiment pénible,
06:05et à certains égards,
06:06la situation est même plus préoccupante
06:08que sous la Quatrième République,
06:09parce qu'on avait quand même
06:10des pointures politiques à l'époque.
06:12Non, on n'en avait pas.
06:13On avait Mendes France,
06:15on avait Pinet,
06:16on avait Edgar Ford,
06:17qui n'était pas qu'une girouette,
06:18qui avait aussi une ampleur intellectuelle,
06:20qui a inspiré le respect,
06:22et là, des fortes personnalités
06:24sont plus rares.
06:25Il y a une baisse du niveau politique.
06:26Je vous l'accorde, évidemment.
06:27Je parle en général, naturel.
06:28André Valigny, vous-même,
06:29qui êtes de gauche.
06:31Oui.
06:32La gauche républicaine,
06:33évidemment.
06:34Universaliste, laïque.
06:35Universaliste, laïque.
06:36De votre croix.
06:36Et républicaine, effectivement.
06:37Laurent, c'est chez vous,
06:39je crois, que j'ai annoncé,
06:41comme d'autres.
06:41Enfin, moi, je n'en démordais pas.
06:43J'étais sûr que ce serait Lecornu.
06:44J'avais une espèce d'intuition.
06:46Pourquoi ?
06:46Parce que je savais,
06:47grâce à Gauthier Lebret,
06:48et à des informateurs
06:49aussi renseignés que lui,
06:50que Sébastien Lecornu
06:52avait attiré plutôt
06:54la bienveillance,
06:55la neutralité bienveillante
06:56du Rassemblement National.
06:58C'était avant sa stratégie
06:59depuis quelques jours.
06:59C'était avant.
07:01Exactement.
07:01C'est ce que j'allais dire.
07:02C'était avant.
07:04Maintenant qu'il est nommé,
07:04je me rends compte
07:05que le RN ne sera pas bienveillant
07:07avec lui
07:07et qu'il veut absolument
07:09la dissolution.
07:10Donc, je reviens
07:10à ce que je pense
07:11depuis quelques jours,
07:12à savoir qu'il va falloir
07:13trouver un passage
07:14très, très, très étroit
07:15pour amadouer les socialistes
07:17sans perdre les LR.
07:18Alors, Gauthier,
07:19moi, je pense qu'il y a
07:20une possibilité
07:21qu'il n'y arrive pas.
07:21Oui, absolument.
07:22Mais alors,
07:23pourquoi il fait ça ?
07:24Parce que vous dites
07:24que le RN n'est pas bienveillant
07:26avec lui.
07:26C'est vrai, Marine Le Pen,
07:27que ce soit chez Sonia Mabron
07:28que cette semaine
07:29ou en meeting
07:30le week-end dernier,
07:31parle déjà
07:32de censurer Sébastien Lecornu.
07:34Parce qu'il a fait un choix.
07:35Il a fait un choix
07:36dicté notamment
07:37par l'Elysée
07:37qui a dit...
07:39Emmanuel Macron
07:40était devant
07:40quelques journalistes
07:41le soir de la nomination
07:42de Sébastien Lecornu
07:43en disant
07:44Marine Le Pen
07:44n'est pas une républicaine.
07:45Ça, c'était réponse
07:46à Nicolas Sarkozy
07:47sur l'arc républicain.
07:48Elle veut me censurer
07:49à tout prix.
07:50Nicolas Sarkozy ?
07:51Démissionné ?
07:52François Hollande ?
07:52Non, Nicolas Sarkozy
07:53qui avait dit
07:54que le RN
07:54était dans l'arc républicain.
07:55D'accord.
07:55Donc, c'était une réponse...
07:56François Hollande
07:56on a dit l'inverse, évidemment.
07:57Oui, mais il est plutôt
07:58sur la ligne François Hollande.
07:59Emmanuel Macron,
08:00enfin, il change d'avis
08:01comme de chemise
08:01sur l'arc républicain.
08:03Un jour, vous êtes dedans.
08:03Un jour, vous n'êtes pas dedans.
08:04Là, c'était une réponse
08:05à Nicolas Sarkozy
08:06et son interview
08:07dans le Figaro.
08:08Et donc, il dit
08:10Marine Le Pen
08:10veut me censurer à tout prix.
08:11Elle ne parlait pas
08:12de ma démission.
08:12Maintenant, elle parle
08:13de ma démission.
08:13Donc, il ne la supporte plus.
08:15Donc, il ne faut pas lui parler.
08:16Et là, vous avez
08:17Sébastien Lecornu
08:18qui se retrouve donc
08:18à arriver à Matignon
08:19sans pouvoir vraiment discuter
08:21avec le RN
08:22d'un accord sur le budget
08:23s'il suit la ligne présidentielle.
08:25Et vu que c'est un trait proche
08:26d'Emmanuel Macron,
08:26il ne va pas se fâcher
08:27tout de suite avec le président.
08:28Donc, il n'y a pas de rupture
08:29avec l'Elysée
08:30puisque Matignon
08:31revient aux macronistes
08:32après une dissolution ratée
08:34et après Barnier et Pérou.
08:36Donc, Sébastien Lecornu
08:37il fait quoi ?
08:38Il parle avec les socialistes
08:39d'une taxe sur les plus riches
08:41que les LR pourraient accepter
08:43si ça ne concerne pas
08:44l'outil de travail.
08:46Et on va voir la suite.
08:48Sur le casting
08:49a priori gouvernemental,
08:50les socialistes n'entreraient pas
08:51dans le gouvernement
08:52parce qu'Olivier Fort
08:53ne veut pas de débauchage.
08:54Et évidemment,
08:55il ne veut pas se fâcher
08:55avec Olivier Fort.
08:56Donc, on va se retrouver
08:56effectivement avec
08:58un Premier ministre équilibriste
08:59qui va devoir composer
09:00avec le PS.
09:01On attendra la fumée blanche
09:02qui sortira de l'hôtel de Matignon
09:03plus ou moins
09:04à longue échéance.
09:06J'ai l'impression
09:06que ça peut prendre du temps
09:07ces consultations.
09:09Ça peut prendre 15 jours,
09:103 semaines.
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