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  • 4 months ago

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00:00Et on continue de parler de cette motion de censure avec Olivier Guillotot, enseignant-chercheur en stratégie et en sciences politiques à l'INSEC, Grande École.
00:08Bonjour, merci d'être avec nous.
00:10Sébastien Lecornu et son gouvernement évitent donc la motion de censure.
00:14On peut dire que c'était attendu.
00:16Ils ont donc cette fois-ci été sauvés par les socialistes.
00:20Oui, tout à fait.
00:21Et c'est vrai que c'est un succès, incontestablement, pour Sébastien Lecornu.
00:26Même si ça a été serré, ça s'est joué à peu de choses.
00:28Mais c'est vrai qu'on pouvait craindre un décalage, finalement, entre les annonces et les consignes de certains et le vote réel.
00:39Et au final, ce qui était prévu a bien eu lieu et il continue.
00:43Et l'EPS a effectivement été l'acteur clé.
00:47Il avait annoncé que suite à la suspension de la réforme des retraites, il ne censurerait pas le gouvernement.
00:54Et finalement, les consignes ont été suivies.
00:56Alors la priorité, maintenant, ça va être de trouver un budget.
01:00Ça va être difficile de parvenir à un consensus, sachant que l'article 49.3 ne sera pas utilisé.
01:06Tout à fait.
01:07A priori, sur les objectifs, tout le monde est à peu près d'accord.
01:11On sait qu'il faut rester en dessous des 5%.
01:13Après, la question, c'est quelles mesures vont être mises en place.
01:18Et là, il va y avoir une vraie bataille.
01:21Ceux qui, d'ailleurs, n'ont pas voté la censure ont dit, dans un sens, c'est pour commencer justement la bataille sur le budget et sur les économies ou pas qu'ils vont devoir faire.
01:32On sait que la dimension fiscale va être clé.
01:36Et puis, il y a des mesures un peu symboliques.
01:38L'attaque Zuckman a pas mal occupé les esprits.
01:42On sait que le gouvernement n'ira pas dans cette direction.
01:47Mais effectivement, il va y avoir énormément de négociations.
01:51Je pense pas mal de surenchères.
01:54Tous affirment avoir une ligne rouge, des lignes rouges, qu'il ne faudra pas dépasser.
01:59On verra jusqu'où ça peut aller.
02:00On sait, en tout cas, que finalement, si le gouvernement Lecornu est encore debout aujourd'hui, les risques qui tombent vont être nombreux.
02:09Vous parliez de la taxe Zuckman-Lepès.
02:12A dû l'abandonner définitivement, cette mesure ?
02:15Alors, il la soutient officiellement toujours.
02:18Mais on sent bien qu'elle ne passera pas comme ça.
02:21Et ce qu'a proposé un peu en remplacement Lecornu ne les satisfait pas.
02:27Mais dans un sens, aujourd'hui, leur stratégie, c'est de dire tout ce qu'on réussit à gagner, c'est mieux que rien.
02:32Et finalement, les Français, nous en serons redevables.
02:37Et c'est vrai que de ce point de vue-là, on peut s'interroger de l'impact de cette séquence sur l'image des partis et sur l'image des politiciens par rapport aux Français.
02:46On a l'impression que, dans la majorité des cas, quand même, les gens ne voulaient pas que le gouvernement tombe.
02:53Tout le monde est quand même inquiet de cette histoire de budget, de cette instabilité.
02:57Et finalement, de la position de la France et du statut de la France et des problèmes que ça sous-entend.
03:03Après, chacun est dans son rôle.
03:04LFI veut une élection présidentielle parce qu'ils savent que c'est seulement grâce à une dynamique derrière Mélenchon qu'ils pourraient avoir le pouvoir.
03:13L'ERN veut une dissolution parce qu'ils savent très bien que, si jamais il y a une nouvelle élection législative,
03:19ils vont être, a priori, des grands gagnants, puisqu'a priori, tout le monde va plutôt perdre des sièges.
03:25Et c'est les seuls qui vont en gagner.
03:26Et puis finalement, les socialistes et le LR, et comme les macronistes, ils savent pertinemment qu'aujourd'hui,
03:34s'il y a une élection, ils risquent de perdre des sièges et qu'ils seraient plutôt affaiblis.
03:40Justement, on a assisté à un délitement des voix du côté des Républicains et du Parti socialiste, les partis dits historiques.
03:46Est-ce que c'est inquiétant pour ces deux partis à un an et demi de la présidentielle ?
03:51Alors, c'est inquiétant. Dans un sens, finalement, ils ont perdu cette espèce de domination qu'ils avaient,
03:59même si on la retrouve encore, par exemple, au Sénat.
04:03Mais c'est vrai que, dans l'optique de la présidentielle, aujourd'hui,
04:06on ne sait pas vraiment qui pourra prendre le flambeau des socialistes ou des LR
04:11pour faire un score qui leur permettrait de bien figurer au moins,
04:15puisqu'on sait que la dernière fois, avec Pécresse et Hidalgo,
04:20les résultats avaient vraiment été très très faibles.
04:22Donc, déjà bien figurer et éventuellement se qualifier pour le deuxième tour.
04:26Ce qu'on pense, ce qu'on anticipe malgré tout, c'est que la qualification au deuxième tour
04:30pour le second candidat, c'est-à-dire celui qui ne sera pas RN,
04:34parce qu'aujourd'hui, on pense que le RN sera très en tête du premier tour,
04:37peut se jouer à, allez, entre 17 et 20% de voix.
04:43Et donc, dans un schéma comme ça, il y a beaucoup de candidats qui peuvent se qualifier.
04:46Est-ce que le PS et le LR parviendront, dans un schéma, à revenir et à reprendre une place un peu centrale,
04:56comme ils l'avaient avant ? C'est une vraie question.
04:58Ceci étant dit, bien qu'ils soient très affaiblis,
05:01on se rend compte que, depuis la dissolution, ils gardent une place centrale,
05:05mais plutôt comme arbitre que comme force dominante.
05:08Et donc, ce délitement des voix du côté du Parti Socialiste,
05:11il pourrait profiter à la France Insoumise,
05:13ce qui appelle déjà, d'ailleurs, les électeurs à les rejoindre, les électeurs socialistes.
05:17Bien sûr.
05:20Ils étaient, évidemment, alliés avec le NFP,
05:23et aujourd'hui, ils sont redevenus un peu ennemis.
05:27Et donc, forcément, LFI espère récupérer des voix.
05:30Après, la question qui se pose, c'est un peu ce qu'on évoquait au début de l'émission,
05:34c'est quel est l'effet de cette séquence sur les potentiels votants.
05:39Le PS joue la carte un peu de la responsabilité,
05:42et finalement répond à l'appel du devoir qu'avait fait le Cornu,
05:47et LFI, lui, est dans une stratégie vraiment d'affrontement et de chute de Macron.
05:53On va voir.
05:55Je ne suis pas sûr que ce qui représente aujourd'hui le fond des électeurs socialistes
06:01bascule vers LFI.
06:04Après, sur une élection présidentielle,
06:07avec une logique de vote utile,
06:09comme ça avait été le cas à la dernière présidentielle,
06:14c'est quelque chose qui peut jouer.
06:16Mais je pense qu'effectivement, aujourd'hui,
06:18on a vraiment deux courants,
06:20avec le courant LFI et le courant socialiste, social-démocrate,
06:24qui sont en forte opposition,
06:26et je ne suis pas sûr qu'il y aura autant de bascule.
06:28– Alors, l'Europe s'est émue hier de la suspension de la réforme des retraites.
06:33Elle a demandé des garanties pour compenser cette perte financière.
06:37Ça veut dire que Sébastien Lecornu reste sur un fil ?
06:39– Sébastien Lecornu reste sur un fil.
06:43Ça, c'est une évidence, à la fois politiquement et en termes de mesures.
06:47Ça va être très, très compliqué dans les jours et dans les semaines qui viennent,
06:51et on ne sait pas combien de temps ça va durer.
06:53Ce qui est sûr, c'est que par rapport, si on regarde qu'il a démissionné il y a quelques jours,
06:59il a été renommé il y a quelques jours,
07:02et son futur était vraiment en suspens,
07:04il a gagné une première étape.
07:06Mais ça reste vraiment très, très, très fragile,
07:09et tout peut arriver, et on va voir ce que ça va donner.
07:13Mais c'est compliqué de voir quand même,
07:15comment dire, ce schéma fonctionner sur le très, très long terme.
07:20Jusqu'au budget, en tout cas, on peut penser que ça peut passer,
07:24parce que tout le monde, quand même, aimerait donner un budget au pays,
07:30mais au-delà du budget, il y a quand même une question
07:33de quelle politique me nommer, quelles mesures prendre,
07:35et là, ça va devenir plus compliqué.
07:38– Merci beaucoup, Olivier Guillotot, d'avoir répondu à nos questions.
07:41– Merci à vous.
07:41– Merci à vous.
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