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Budget 2026 : comment Sébastien Lecornu peut-il trouver des compromis et se maintenir au poste de Premier ministre ?
Europe 1
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il y a 4 mois
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00:00
Toujours en compagnie de Jules Thores et Ophélie Roch, on vient d'écouter Arthur Delaporte, porte-parole du Parti Socialiste.
00:09
Jules Thores, on se demande comment Sébastien Lecornu peut se maintenir.
00:13
On apprend ce soir que le discours de politique générale très attendu par le Rassemblement National et le Parti Socialiste,
00:19
avant de prendre la décision de la censure ou non, aura lieu mardi.
00:23
Mardi, 15h.
00:23
Oui, 15h, vous avez l'heure précise. Comment vous sentez les choses ?
00:28
Ça va évidemment être un week-end extrêmement compliqué pour Sébastien Lecornu.
00:33
On devrait avoir, ça c'est nos informations, un gouvernement d'ici dimanche soir.
00:39
Donc soyez attentifs dimanche soir à 19h, chère Stéphanie, parce que vous allez avoir du pain sur la planche avec toutes vos équipes.
00:46
Pour l'instant, il y a encore des arbitrages.
00:47
On a l'habitude maintenant de changer de gouvernement, on est entraîné.
00:49
Oui, c'est vrai qu'on a l'habitude.
00:51
Pour l'instant, il y a encore quelques arbitrages.
00:53
Vous savez qu'un remaniement ministériel, ça a un compte 35 ministres, plusieurs partis politiques.
01:00
Ça ne va pas être d'ampleur celui-ci, manifestement.
01:01
C'est toujours ce qu'on nous promet.
01:03
On nous dit, attention, ça va être un gouvernement resserré.
01:05
Bon ben finalement, il y a 40 personnes, puis il manquait quelqu'un d'horizon.
01:08
Donc on rajoute.
01:09
Non mais je veux dire, il y aura quelques têtes identiques.
01:12
Ah oui, il y aura quelques têtes identiques.
01:13
A priori, il n'y aura pas de révolution copernicienne.
01:16
Ce qu'on sait, c'est qu'on va revoir à peu près les mêmes têtes, même si ces dernières heures,
01:20
on voit bien que par exemple, les LR et Bruno Retailleau essayent de monter au créneau pour montrer que finalement,
01:26
c'est eux qui ont la domination dans ce gouvernement.
01:30
Quoi qu'il arrive, la question c'est combien de temps ce gouvernement va durer.
01:33
Vous avez en effet raison.
01:34
Le discours de politique générale, où il n'y aura pas d'ailleurs, a priori, de vote de confiance comme l'avait auto-suicidé François Bayrou.
01:44
Donc là, il y aura juste un discours.
01:46
Est-ce que les oppositions vont censurer dès après le discours de politique générale ?
01:50
Ce n'est pas sûr.
01:51
On voit bien dans les propos d'Arthur Delaporte que pour l'instant, il n'y a peut-être pas toutes les raisons,
01:55
que le Rassemblement National, pour l'instant, fait attention.
01:57
Mais c'est vrai qu'on voit mal comment Sébastien Lecornu pourrait arriver à obtenir un accord de non-censure sur ce budget.
02:03
Étant donné que le Rassemblement National veut retourner aux urnes, veut une dissolution ou une présidentielle anticipée,
02:09
et que le Parti Socialiste ait rompu à des intérêts extrêmement partisans.
02:13
On l'a bien vu avec l'interview d'Arthur Delaporte.
02:15
Ils veulent une victoire extrêmement symbolique, l'abrogation de la réforme des retraites,
02:19
une taxe Zuckman fantasmagorique.
02:22
Donc ça va être très difficile pour le Premier ministre.
02:24
Et dans le même temps, Jules Thorez, vous nous dites clairement, bon, les têtes ne vont pas forcément changer.
02:28
Alors j'imagine quand même qu'ils ont songé à changer la tête au ministère de l'économie à Bercy,
02:34
puisque c'est le budget qui pêche.
02:36
Mais enfin, peut-être que les Français se disent, mais on censure, c'est bien pour une raison,
02:41
on n'a pas forcément envie de voir les mêmes.
02:43
Donc c'est vrai que c'est quand même terrifiant ce côté Orson.
02:46
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi, de ma mémoire de jeune journaliste politique,
02:51
je n'avais pas mémoire d'un remaniement où tout le monde s'en fiche autant.
02:57
C'est-à-dire que quand je croise des amis à moi, des Français que je croise dans la rue,
03:01
personne ne me parle de ce remaniement.
03:03
On me parle de l'actualité, de ce qui peut heurter, de certaines agressions,
03:06
de ce qui se passe au Moyen-Orient avec Donald Trump,
03:09
qui va possiblement arriver à un accord de paix avec le Hamas et Israël.
03:14
Mais personne ne me parle de ce remaniement, c'est l'impression que c'est le remaniement
03:17
dont tout le monde se fiche en réalité.
03:19
Il y a de la lassitude et de la défiance terrible.
03:21
C'est un supplice sans fin.
03:23
Ça me fait penser au jardin des supplices écrit par Mirbeau.
03:27
C'est-à-dire qu'on est dans le 50 nuances de torture qui n'en finissent plus.
03:31
Et je pense que les gens, en effet, commencent à décrocher.
03:34
C'est-à-dire qu'à quoi ça sert ces vins ?
03:37
Puisqu'on peut faire autant de gouvernement possible, il n'y aura rien.
03:41
Ça va toujours tomber.
03:42
Moi, ce qui me chiffonne un peu, je vous écoute,
03:44
mais bon, il y a quand même des entreprises
03:46
dont l'instabilité gouvernementale veut dire quelque chose.
03:50
Ça veut dire de l'inertie.
03:53
Jusqu'à 2027, à mon avis, c'est comme s'imaginer de dire ça à certaines PME.
03:59
Ah non, mais bien sûr.
04:00
Mais c'est un constat, en fait.
04:01
On n'est pas heureux de ça.
04:03
C'est un constat, dans cette...
04:04
C'est en effet la situation dans laquelle on est et dans laquelle Emmanuel Macron nous a mises
04:08
avec cette dissolution ratée de 2024.
04:11
Elle a créé une situation d'instabilité politique chronique que l'on ne peut pas résorber.
04:16
Moi, Sébastien Lecornu, c'était un bon ministre des armées.
04:19
C'est quelqu'un qui, en effet, est extrêmement malin,
04:22
qui a une sorte d'art de la négociation.
04:24
Mais François Bayrou l'avait aussi.
04:25
Michel Barnier aussi.
04:26
Oui, et d'ailleurs, il y a beaucoup de choses qui sont reprises du budget Barnier.
04:30
Bien sûr.
04:30
La contribution sur les hauts revenus, etc.
04:32
Ils ont juste une donnée qui est extrêmement compliquée à avoir,
04:36
c'est qu'ils n'ont même pas 200 députés.
04:37
Or, quand on a 577 députés, que la majorité absolue se situe à 289
04:43
et que vous êtes minoritaire avec à peine 200 députés,
04:46
c'est extrêmement dur de faire valoir des choses.
04:48
Quand, en plus, vous avez des oppositions qui sont dans les starting blocks.
04:51
C'est-à-dire que là, on est déjà dans les élections municipales pour le Parti Socialiste.
04:55
On voit bien que s'ils veulent conserver des villes,
04:57
ils sont obligés d'être encore un petit peu attachés à la France insoumise,
05:01
notamment pour ne pas perdre des villes comme Nantes, comme Paris ou comme Marseille.
05:04
Que le Rassemblement National veut aller aux urnes,
05:07
quoi qu'il arrive, d'ici les 18 prochains mois.
05:10
Donc, qu'est-ce que vous voulez que Sébastien Lecornu fasse,
05:12
si ce n'est gagner du temps, donner des gauges à droite et à gauche ?
05:15
En attendant, il y a plein de lois qui ne sont pas votées.
05:17
Alors, sauf pour certaines lois,
05:19
qui ne sont pas forcément d'ailleurs la priorité pour les Français.
05:22
Vous avez vu que les partisans de la loi sur l'aide à mourir
05:25
ont peut-être l'intention de passer en force
05:28
et de profiter de cette situation politique confuse.
05:31
On est quand même très étonné de voir que le texte sur la fin de vie
05:35
devrait être débattu le 20 octobre au Sénat,
05:38
pour un vote solennel le 28.
05:40
Je vous propose d'écouter ce qu'en pense Jean Léonetti,
05:43
auteur de la loi de 2016, la fameuse loi clé Léonetti,
05:47
sur la fin de vie.
05:48
Une forme d'indécence et de provocation pour lui.
05:50
Je ne comprends pas tant de précipitations,
05:53
surtout dans un contexte dans lequel on est incapable de voter un budget
05:56
et on serait capable de voter une loi sur l'aide à mourir.
05:59
Ce n'est pas en créant une instabilité supplémentaire
06:02
par un texte dont on sait très bien qu'il peut fracturer la société,
06:06
qu'on va apporter l'apaisement nécessaire.
06:09
C'est quand même curieux qu'on ait un gouvernement
06:11
qui n'est pas capable aujourd'hui de gérer la vie quotidienne des Français
06:15
et qui voudrait s'attaquer de manière rapide
06:18
à la façon dont ils vont mourir.
06:20
Oui, c'est une réaction de bon sens de Jean Léonetti.
06:24
D'ailleurs, je regardais un sondage d'Oxa pour le Figaro
06:26
qui indique que ce sujet, c'est 15e dans la liste des priorités
06:31
des Français, très loin derrière le pouvoir d'achat,
06:33
la protection sociale, la sécurité ou l'immigration.
06:36
On peut donc s'interroger légitimement
06:38
sur cette envie soudaine au fil d'Iroc de passer au vote.
06:41
Mais je pense que le chaos amène le chaos.
06:45
C'est justement dans les moments où la machine est en train d'imploser
06:51
que si vous voulez rajouter une loi qui détricote un petit peu davantage
06:54
certains droits humains, il faut le faire maintenant.
06:57
Dans un point de vue purement cynique, ils ont raison de le faire.
07:00
Ce sont des sujets qui ont besoin de débats locales.
07:02
C'est-à-dire que vous avez tout intérêt à faire passer
07:06
les lois qui sont les plus compliquées ou les plus problématiques
07:09
dans des moments de crise en se disant
07:10
si par miracle ça passe, ça c'est fait.
07:13
Mais c'est d'un cynisme rare en fait.
07:15
Ça veut dire que non seulement en effet
07:17
on ne respecte pas du tout la sensibilité des gens,
07:22
on ne prend pas le temps de débattre de ça
07:24
et c'est un vrai problème.
07:25
Et quelle sera la légitimité de cette loi si elle passe de toute façon ?
07:29
Parce qu'elle sera passée un peu en coup de vent,
07:31
sans vrai débat, c'est d'une tristesse rare.
07:34
Et si on a bien besoin de débat sur ce type de loi,
07:36
Jules Thorez, on murmurit.
07:38
Sous-là, c'est que c'est la présidente du perchoir,
07:41
il y a une brode privée qui a poussé pour mettre cette loi
07:45
avec apparemment l'accord quand même de Gérard Larcher.
07:47
Ça c'est peut-être plus surprenant.
07:48
Oui, on sait qu'ils ont tracé une très bonne relation.
07:51
Moi, j'ai été étonné pour tout vous dire
07:54
quand j'ai vu ce texte inscrit à l'agenda parlementaire
07:57
alors qu'on a beaucoup d'autres textes qui sont évidemment...
08:00
Ça ne veut pas dire qu'ils sont plus importants.
08:01
Le sujet de la fin de vie intéresse les Français.
08:03
Mais il faut prendre le temps sur ce sujet-là.
08:05
Mais du reste, on sent qu'il y a de la politique politicienne derrière ça,
08:07
que c'était pour contenter M. Larcher,
08:09
que c'était peut-être pour contenter Mme Broun-Pivet.
08:12
Moi, je ne pense pas que ce soit un texte
08:13
où il y aura beaucoup de débats,
08:15
dans le sens où il y a une majorité aujourd'hui de parlementaires,
08:18
en tout cas à la députation et à l'Assemblée nationale,
08:21
qui sont favorables à ce texte.
08:22
C'est, je crois, 54% ?
08:24
Oui, mais il en reste quand même...
08:27
Au rassemblement...
08:28
Je ne parle pas des Français, je parle bien des députés.
08:30
Les députés sont plutôt largement majoritaires
08:34
à vouloir voter, notamment le texte sur les soins palliatifs.
08:38
Ça, évidemment, il a été voté à l'unanimité.
08:40
Mais le texte sur la fin de vie,
08:42
que moi j'appelle le texte sur l'euthanasie,
08:44
est soutenu à gauche.
08:45
Il n'y a que quelques communistes qui vous disent
08:47
que c'est un danger pour notre société.
08:50
Et même le Rassemblement national,
08:51
sur cette question-là, est divisé.
08:52
Donc, évidemment...
08:53
Le problème, c'est qu'il y a la loi des soins palliatifs
08:56
et on craint quand même,
08:57
s'il n'y a pas de budget sur la sécurité sociale,
08:59
ça veut dire que ça passe à la trappe,
09:02
les soins palliatifs.
09:03
Donc, il y a...
09:05
Comme on dirait en droit, il y a d'ol.
09:07
Absolument, il y a d'ol.
09:08
Mais en réalité, le sujet majeur, je trouve,
09:11
c'est qu'il y a des sujets sur le pouvoir d'achat,
09:14
des sujets sur la simplification,
09:16
des sujets sur les normes,
09:18
des sujets sur l'immigration,
09:19
des sujets sur la sécurité,
09:20
qui ne vont pas être étudiés
09:21
parce que certains, à la tête de ce pays,
09:24
à la tête de cet État,
09:25
ont décidé que leur agenda personnel
09:27
était plus important que l'agenda des Français.
09:29
Bon, restez avec nous, chers auditeurs.
09:31
On revient dans quelques instants
09:32
avec Ophélie Roch et Jules Torres.
09:34
On parlera d'LFI.
09:37
D'ailleurs, un ex-CGT,
09:39
ce qu'on ne peut pas soupçonner d'être d'extrême droite,
09:41
lui, claque la porte, justement,
09:43
d'LFI dans le Nord.
09:45
On en parle dans quelques instants sur Europe 1.
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