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  • il y a 4 mois

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00:00Toujours en compagnie de Jules Thores et Ophélie Roch, on vient d'écouter Arthur Delaporte, porte-parole du Parti Socialiste.
00:09Jules Thores, on se demande comment Sébastien Lecornu peut se maintenir.
00:13On apprend ce soir que le discours de politique générale très attendu par le Rassemblement National et le Parti Socialiste,
00:19avant de prendre la décision de la censure ou non, aura lieu mardi.
00:23Mardi, 15h.
00:23Oui, 15h, vous avez l'heure précise. Comment vous sentez les choses ?
00:28Ça va évidemment être un week-end extrêmement compliqué pour Sébastien Lecornu.
00:33On devrait avoir, ça c'est nos informations, un gouvernement d'ici dimanche soir.
00:39Donc soyez attentifs dimanche soir à 19h, chère Stéphanie, parce que vous allez avoir du pain sur la planche avec toutes vos équipes.
00:46Pour l'instant, il y a encore des arbitrages.
00:47On a l'habitude maintenant de changer de gouvernement, on est entraîné.
00:49Oui, c'est vrai qu'on a l'habitude.
00:51Pour l'instant, il y a encore quelques arbitrages.
00:53Vous savez qu'un remaniement ministériel, ça a un compte 35 ministres, plusieurs partis politiques.
01:00Ça ne va pas être d'ampleur celui-ci, manifestement.
01:01C'est toujours ce qu'on nous promet.
01:03On nous dit, attention, ça va être un gouvernement resserré.
01:05Bon ben finalement, il y a 40 personnes, puis il manquait quelqu'un d'horizon.
01:08Donc on rajoute.
01:09Non mais je veux dire, il y aura quelques têtes identiques.
01:12Ah oui, il y aura quelques têtes identiques.
01:13A priori, il n'y aura pas de révolution copernicienne.
01:16Ce qu'on sait, c'est qu'on va revoir à peu près les mêmes têtes, même si ces dernières heures,
01:20on voit bien que par exemple, les LR et Bruno Retailleau essayent de monter au créneau pour montrer que finalement,
01:26c'est eux qui ont la domination dans ce gouvernement.
01:30Quoi qu'il arrive, la question c'est combien de temps ce gouvernement va durer.
01:33Vous avez en effet raison.
01:34Le discours de politique générale, où il n'y aura pas d'ailleurs, a priori, de vote de confiance comme l'avait auto-suicidé François Bayrou.
01:44Donc là, il y aura juste un discours.
01:46Est-ce que les oppositions vont censurer dès après le discours de politique générale ?
01:50Ce n'est pas sûr.
01:51On voit bien dans les propos d'Arthur Delaporte que pour l'instant, il n'y a peut-être pas toutes les raisons,
01:55que le Rassemblement National, pour l'instant, fait attention.
01:57Mais c'est vrai qu'on voit mal comment Sébastien Lecornu pourrait arriver à obtenir un accord de non-censure sur ce budget.
02:03Étant donné que le Rassemblement National veut retourner aux urnes, veut une dissolution ou une présidentielle anticipée,
02:09et que le Parti Socialiste ait rompu à des intérêts extrêmement partisans.
02:13On l'a bien vu avec l'interview d'Arthur Delaporte.
02:15Ils veulent une victoire extrêmement symbolique, l'abrogation de la réforme des retraites,
02:19une taxe Zuckman fantasmagorique.
02:22Donc ça va être très difficile pour le Premier ministre.
02:24Et dans le même temps, Jules Thorez, vous nous dites clairement, bon, les têtes ne vont pas forcément changer.
02:28Alors j'imagine quand même qu'ils ont songé à changer la tête au ministère de l'économie à Bercy,
02:34puisque c'est le budget qui pêche.
02:36Mais enfin, peut-être que les Français se disent, mais on censure, c'est bien pour une raison,
02:41on n'a pas forcément envie de voir les mêmes.
02:43Donc c'est vrai que c'est quand même terrifiant ce côté Orson.
02:46Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi, de ma mémoire de jeune journaliste politique,
02:51je n'avais pas mémoire d'un remaniement où tout le monde s'en fiche autant.
02:57C'est-à-dire que quand je croise des amis à moi, des Français que je croise dans la rue,
03:01personne ne me parle de ce remaniement.
03:03On me parle de l'actualité, de ce qui peut heurter, de certaines agressions,
03:06de ce qui se passe au Moyen-Orient avec Donald Trump,
03:09qui va possiblement arriver à un accord de paix avec le Hamas et Israël.
03:14Mais personne ne me parle de ce remaniement, c'est l'impression que c'est le remaniement
03:17dont tout le monde se fiche en réalité.
03:19Il y a de la lassitude et de la défiance terrible.
03:21C'est un supplice sans fin.
03:23Ça me fait penser au jardin des supplices écrit par Mirbeau.
03:27C'est-à-dire qu'on est dans le 50 nuances de torture qui n'en finissent plus.
03:31Et je pense que les gens, en effet, commencent à décrocher.
03:34C'est-à-dire qu'à quoi ça sert ces vins ?
03:37Puisqu'on peut faire autant de gouvernement possible, il n'y aura rien.
03:41Ça va toujours tomber.
03:42Moi, ce qui me chiffonne un peu, je vous écoute,
03:44mais bon, il y a quand même des entreprises
03:46dont l'instabilité gouvernementale veut dire quelque chose.
03:50Ça veut dire de l'inertie.
03:53Jusqu'à 2027, à mon avis, c'est comme s'imaginer de dire ça à certaines PME.
03:59Ah non, mais bien sûr.
04:00Mais c'est un constat, en fait.
04:01On n'est pas heureux de ça.
04:03C'est un constat, dans cette...
04:04C'est en effet la situation dans laquelle on est et dans laquelle Emmanuel Macron nous a mises
04:08avec cette dissolution ratée de 2024.
04:11Elle a créé une situation d'instabilité politique chronique que l'on ne peut pas résorber.
04:16Moi, Sébastien Lecornu, c'était un bon ministre des armées.
04:19C'est quelqu'un qui, en effet, est extrêmement malin,
04:22qui a une sorte d'art de la négociation.
04:24Mais François Bayrou l'avait aussi.
04:25Michel Barnier aussi.
04:26Oui, et d'ailleurs, il y a beaucoup de choses qui sont reprises du budget Barnier.
04:30Bien sûr.
04:30La contribution sur les hauts revenus, etc.
04:32Ils ont juste une donnée qui est extrêmement compliquée à avoir,
04:36c'est qu'ils n'ont même pas 200 députés.
04:37Or, quand on a 577 députés, que la majorité absolue se situe à 289
04:43et que vous êtes minoritaire avec à peine 200 députés,
04:46c'est extrêmement dur de faire valoir des choses.
04:48Quand, en plus, vous avez des oppositions qui sont dans les starting blocks.
04:51C'est-à-dire que là, on est déjà dans les élections municipales pour le Parti Socialiste.
04:55On voit bien que s'ils veulent conserver des villes,
04:57ils sont obligés d'être encore un petit peu attachés à la France insoumise,
05:01notamment pour ne pas perdre des villes comme Nantes, comme Paris ou comme Marseille.
05:04Que le Rassemblement National veut aller aux urnes,
05:07quoi qu'il arrive, d'ici les 18 prochains mois.
05:10Donc, qu'est-ce que vous voulez que Sébastien Lecornu fasse,
05:12si ce n'est gagner du temps, donner des gauges à droite et à gauche ?
05:15En attendant, il y a plein de lois qui ne sont pas votées.
05:17Alors, sauf pour certaines lois,
05:19qui ne sont pas forcément d'ailleurs la priorité pour les Français.
05:22Vous avez vu que les partisans de la loi sur l'aide à mourir
05:25ont peut-être l'intention de passer en force
05:28et de profiter de cette situation politique confuse.
05:31On est quand même très étonné de voir que le texte sur la fin de vie
05:35devrait être débattu le 20 octobre au Sénat,
05:38pour un vote solennel le 28.
05:40Je vous propose d'écouter ce qu'en pense Jean Léonetti,
05:43auteur de la loi de 2016, la fameuse loi clé Léonetti,
05:47sur la fin de vie.
05:48Une forme d'indécence et de provocation pour lui.
05:50Je ne comprends pas tant de précipitations,
05:53surtout dans un contexte dans lequel on est incapable de voter un budget
05:56et on serait capable de voter une loi sur l'aide à mourir.
05:59Ce n'est pas en créant une instabilité supplémentaire
06:02par un texte dont on sait très bien qu'il peut fracturer la société,
06:06qu'on va apporter l'apaisement nécessaire.
06:09C'est quand même curieux qu'on ait un gouvernement
06:11qui n'est pas capable aujourd'hui de gérer la vie quotidienne des Français
06:15et qui voudrait s'attaquer de manière rapide
06:18à la façon dont ils vont mourir.
06:20Oui, c'est une réaction de bon sens de Jean Léonetti.
06:24D'ailleurs, je regardais un sondage d'Oxa pour le Figaro
06:26qui indique que ce sujet, c'est 15e dans la liste des priorités
06:31des Français, très loin derrière le pouvoir d'achat,
06:33la protection sociale, la sécurité ou l'immigration.
06:36On peut donc s'interroger légitimement
06:38sur cette envie soudaine au fil d'Iroc de passer au vote.
06:41Mais je pense que le chaos amène le chaos.
06:45C'est justement dans les moments où la machine est en train d'imploser
06:51que si vous voulez rajouter une loi qui détricote un petit peu davantage
06:54certains droits humains, il faut le faire maintenant.
06:57Dans un point de vue purement cynique, ils ont raison de le faire.
07:00Ce sont des sujets qui ont besoin de débats locales.
07:02C'est-à-dire que vous avez tout intérêt à faire passer
07:06les lois qui sont les plus compliquées ou les plus problématiques
07:09dans des moments de crise en se disant
07:10si par miracle ça passe, ça c'est fait.
07:13Mais c'est d'un cynisme rare en fait.
07:15Ça veut dire que non seulement en effet
07:17on ne respecte pas du tout la sensibilité des gens,
07:22on ne prend pas le temps de débattre de ça
07:24et c'est un vrai problème.
07:25Et quelle sera la légitimité de cette loi si elle passe de toute façon ?
07:29Parce qu'elle sera passée un peu en coup de vent,
07:31sans vrai débat, c'est d'une tristesse rare.
07:34Et si on a bien besoin de débat sur ce type de loi,
07:36Jules Thorez, on murmurit.
07:38Sous-là, c'est que c'est la présidente du perchoir,
07:41il y a une brode privée qui a poussé pour mettre cette loi
07:45avec apparemment l'accord quand même de Gérard Larcher.
07:47Ça c'est peut-être plus surprenant.
07:48Oui, on sait qu'ils ont tracé une très bonne relation.
07:51Moi, j'ai été étonné pour tout vous dire
07:54quand j'ai vu ce texte inscrit à l'agenda parlementaire
07:57alors qu'on a beaucoup d'autres textes qui sont évidemment...
08:00Ça ne veut pas dire qu'ils sont plus importants.
08:01Le sujet de la fin de vie intéresse les Français.
08:03Mais il faut prendre le temps sur ce sujet-là.
08:05Mais du reste, on sent qu'il y a de la politique politicienne derrière ça,
08:07que c'était pour contenter M. Larcher,
08:09que c'était peut-être pour contenter Mme Broun-Pivet.
08:12Moi, je ne pense pas que ce soit un texte
08:13où il y aura beaucoup de débats,
08:15dans le sens où il y a une majorité aujourd'hui de parlementaires,
08:18en tout cas à la députation et à l'Assemblée nationale,
08:21qui sont favorables à ce texte.
08:22C'est, je crois, 54% ?
08:24Oui, mais il en reste quand même...
08:27Au rassemblement...
08:28Je ne parle pas des Français, je parle bien des députés.
08:30Les députés sont plutôt largement majoritaires
08:34à vouloir voter, notamment le texte sur les soins palliatifs.
08:38Ça, évidemment, il a été voté à l'unanimité.
08:40Mais le texte sur la fin de vie,
08:42que moi j'appelle le texte sur l'euthanasie,
08:44est soutenu à gauche.
08:45Il n'y a que quelques communistes qui vous disent
08:47que c'est un danger pour notre société.
08:50Et même le Rassemblement national,
08:51sur cette question-là, est divisé.
08:52Donc, évidemment...
08:53Le problème, c'est qu'il y a la loi des soins palliatifs
08:56et on craint quand même,
08:57s'il n'y a pas de budget sur la sécurité sociale,
08:59ça veut dire que ça passe à la trappe,
09:02les soins palliatifs.
09:03Donc, il y a...
09:05Comme on dirait en droit, il y a d'ol.
09:07Absolument, il y a d'ol.
09:08Mais en réalité, le sujet majeur, je trouve,
09:11c'est qu'il y a des sujets sur le pouvoir d'achat,
09:14des sujets sur la simplification,
09:16des sujets sur les normes,
09:18des sujets sur l'immigration,
09:19des sujets sur la sécurité,
09:20qui ne vont pas être étudiés
09:21parce que certains, à la tête de ce pays,
09:24à la tête de cet État,
09:25ont décidé que leur agenda personnel
09:27était plus important que l'agenda des Français.
09:29Bon, restez avec nous, chers auditeurs.
09:31On revient dans quelques instants
09:32avec Ophélie Roch et Jules Torres.
09:34On parlera d'LFI.
09:37D'ailleurs, un ex-CGT,
09:39ce qu'on ne peut pas soupçonner d'être d'extrême droite,
09:41lui, claque la porte, justement,
09:43d'LFI dans le Nord.
09:45On en parle dans quelques instants sur Europe 1.
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