- il y a 5 mois
Des plans eau ont été adoptées récemment en France et en Europe, avec une mesure phare : améliorer l’utilisation de l’eau de 10 % d’ici à 2030. BIO-UV Group propose aux administrations une solution de désinfection de l’eau par UV. Une technique qui présente des avantages sanitaires, économiques et environnementaux.
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00:00L'invité de ce Smart Impact est avec nous en duplex, Laurent-Emmanuel Mijon.
00:11Bonjour, bienvenue, vous êtes le président de BioUV Group.
00:16C'est quoi BioUV Group ? Racontez-moi.
00:19Bonjour Thomas, bonjour à toutes, bonjour à tous.
00:21BioUV Group, c'est une société qui vient de fêter ses 25 ans
00:24et qui est spécialisée dans la conception, la fabrication, la commercialisation de systèmes et de solutions innovantes
00:31de désinfection de l'eau par technologie naturelle, donc de l'UV, de l'ozone et l'électrolyse de sel
00:42pour répondre à des enjeux majeurs que représentent le traitement de l'eau au niveau international,
00:48notamment pour pouvoir approcher des problématiques sanitaires, économiques et environnementales.
00:55Et on va d'ailleurs détailler à la fois vos solutions et puis ces enjeux autour de l'eau,
01:01notamment les plans eaux, il y a un plan eau qui est en cours en France,
01:06il y a eu celui qui a été adopté aussi par la Commission européenne, c'est au mois de juin dernier,
01:10une stratégie de résilience de l'eau, il y a une mesure phare, peut-être un peu floue,
01:14la volonté affichée d'améliorer l'utilisation de l'eau de 10% d'ici 2030.
01:19Qu'est-ce que ça signifie pour vous, une prise de conscience des pouvoirs publics suffisante, tardive,
01:25comment vous l'évaluez ?
01:28Alors, aujourd'hui, après deux ans de lancement de ce plan eau, il y avait trois axes,
01:32de la sobriété, de la disponibilité et puis améliorer la qualité,
01:37notamment avec deux éléments qui nous concernaient, c'est-à-dire,
01:40un a ramené la part de la réutilisation des eaux usées autour de 10%,
01:45alors qu'aujourd'hui, enfin en 2023, on était autour de 1%.
01:48Nous, ce qu'on évalue aujourd'hui, c'est qu'en fait, il y a une vraie volonté,
01:54mais c'est compliqué de pouvoir s'assurer que la mise en œuvre nous impacte au quotidien.
02:01Pourquoi ? D'abord, parce qu'aujourd'hui, l'accès à l'eau est plutôt facilité en France et peu coûteux,
02:07donc on est moins dans une situation compliquée que des territoires comme Israël, Espagne ou l'Italie,
02:13où le prix du mètre cube est beaucoup plus élevé que le nôtre.
02:16Le deuxième, c'est que les éléments administratifs sont quand même assez complexes.
02:20Pour ce qui nous concerne, donc tout ce qui est lié à la réutilisation des eaux usées traitées,
02:24on a des solutions qui sont faites pour ça.
02:25Aujourd'hui, le coût du traitement administratif fait que c'est quasiment le double du coût de notre solution.
02:33Globalement, nous, on propose des solutions qu'on appelle des cubis,
02:36qui permettent de traiter en gros 5 mètres cubes heure de réutilisation pour différentes applications.
02:41Si vous voulez irriguer vos terrains de sport dans une mairie, si vous voulez traiter la voirie,
02:47si vous voulez faire de l'hydrocurage à l'intérieur de vos canalisations,
02:50donc évitez d'utiliser de l'eau potable et donc de le faire avec de l'eau qui est réutilisée.
02:55Ces solutions, chez nous, coûtent entre 25 et 30 000 euros.
02:58Si vous devez rajouter les frais de dossier, les frais administratifs,
03:01vous perdez six mois à un an et vous doublez le coût de notre solution.
03:05Comment c'est possible ?
03:06Aujourd'hui, les avancées sont plutôt…
03:07Ce traitement administratif, c'est quoi ?
03:12C'est le génie français pour la paperasse ?
03:16J'essaye de comprendre comment ça peut doubler le coût d'un projet.
03:20Alors en fait, ce qui se passe, c'est qu'on nous demande de prouver que nos solutions sont efficaces.
03:24Et pour pouvoir prouver ça, il faut faire des tests, il faut faire des essais
03:28qui font que pendant cette période-là, et ça dure au moins six mois,
03:32vous ne pouvez pas utiliser l'eau que vous pensiez pouvoir réutiliser.
03:37Donc il faut un, prouver que vos solutions fonctionnent.
03:40Deux, il faut que vous puissiez venir avec un dossier
03:42qui montre auprès des administrations que la solution que vous proposez
03:46est une solution qui amènera des bénéfices.
03:50Et donc pour ça, il faut que vous fassiez appel à des cabinets spécialisés
03:52pour pouvoir présenter aux administrations le bénéfice de vos solutions.
03:57Et ce traitement de ces dossiers, en fait, coûte assez cher.
04:00Donc entre les tests, les six mois où vous ne pouvez pas utiliser vos solutions
04:04et les cabinets qui vous aident à présenter vos solutions,
04:08on parle de 30 000 euros de plus.
04:09D'accord. Est-ce que…
04:11Alors, on est inégaux en France face à ces enjeux de sécheresse
04:16et donc de réutilisation des eaux usées.
04:18Est-ce que dans toute la partie Pyrénées-Orientale,
04:22qui est sans doute le département français le plus sinistré en la matière,
04:26il y a quand même une prise de conscience différente,
04:29une accélération des dossiers,
04:30et c'est plus facile pour vous d'agir ?
04:33C'est vrai, Thomas, la nécessité fait loi.
04:35Donc vous n'avez pas le choix.
04:37Vous ne pouvez pas y pomper dans les nappes phréatiques.
04:38Vous ne pouvez pas faire autre chose que de réutiliser l'eau.
04:41Et c'est le cas des Pyrénées-Orientales, pour lesquelles nous, on participe,
04:46puisqu'on a gagné quelques projets, notamment du côté de Saint-Cyprien,
04:50où en fait, on récupère des eaux qui sortent des stations municipales
04:53et elles sont réutilisées pour diverses applications.
04:57Mais des Pyrénées-Orientales, alors je pense qu'on peut considérer
05:00que c'est plutôt un bien.
05:00Il n'y en a pas beaucoup en France.
05:02Mais ça viendra petit à petit.
05:04Et donc, on pense que les besoins existent.
05:07La réutilisation des eaux usées est une vraie solution.
05:09Il faut peut-être faire que les simplifications administratives
05:13soient encore plus importantes que ce que l'on peut voir aujourd'hui.
05:17Mais le principe est là, la dynamique est là.
05:19C'est juste un peu plus long que ce qu'on nous a dit en 2023.
05:22Alors, vous expliquez tout à l'heure, vous êtes en quelque sorte obligé
05:25de montrer pas de blanche, de faire la preuve de l'efficacité de vos solutions.
05:29Je vais poser des questions très basiques, mais comment ça marche
05:32quand on, par exemple, quand on utilise les ultraviolets
05:36pour désinfecter de l'eau ? C'est quoi le système ?
05:39En fait, le système est très simple.
05:41En fait, on réutilise le schéma qui existe déjà dans la nature,
05:43c'est-à-dire les ultraviolets C.
05:45C'est une longueur d'onde spécifique qui vient du soleil.
05:48Et on reprend ce schéma-là.
05:49À l'intérieur de l'eau, en fait, on détruit l'ADN ou l'ARN
05:53des cellules qu'on n'a pas envie de revoir dans l'eau,
05:56c'est-à-dire principalement les virus, les bactéries.
05:58Et plus on met une puissance forte, plus on les détruit.
06:00Et c'est là où le génie français est assez important.
06:03C'est qu'on met des contraintes très fortes en fonction des applications
06:06et des usages que vous pourriez avoir en termes de réutilisation.
06:10Ce qui fait que de temps en temps, on se retrouve avec un niveau
06:14de qualité d'eau de réutilisation qui est quasiment le même que de l'eau potable.
06:18Donc pour remplacer l'eau potable, on nous demande de faire des niveaux de reuse
06:21qui est le même que de l'eau potable.
06:24Oui, donc on est dans une forme d'absurdité.
06:25Alors qu'on peut rappeler les usages, vous en avez cité quelques-uns tout à l'heure,
06:28mais s'il s'agit de nettoyer la voirie, il n'y a pas besoin d'avoir une eau ultra pure,
06:32si je comprends bien.
06:34Oui, mais on dit qu'il y a un principe de précaution
06:36et que la personne qui va nettoyer la voirie, il faut éviter
06:38qu'il puisse éventuellement avoir des rétro-olfactions
06:41d'éventuellement de virus ou de bactéries.
06:44C'est ce principe de précaution qui est très très important en France
06:46et qui s'applique aussi dans la réutilisation des eaux usées
06:49et qui aujourd'hui est contraignant parce que vous avez raison Thomas,
06:51on pense qu'il y a des usages qui ne nécessitent pas
06:53les contraintes qui nous sont imposées aujourd'hui.
06:56Est-ce qu'il y a d'autres usages qu'on pourrait autoriser en France
07:01et qui ne le sont pas ?
07:02Et qui le sont, vous citiez Israël, l'Espagne ou l'Italie ?
07:10Alors ces territoires-là utilisent en fait la réutilisation
07:13dans quasiment tous les domaines, notamment la partie industrielle
07:16qui consomme aussi une partie de l'eau, c'est-à-dire ce qu'on appelle
07:20les eaux de process.
07:21Aujourd'hui, on démarre plutôt bien, on travaille avec un certain
07:25nombre de partenaires, à la fois sur la qualité des eaux qui rentrent,
07:29sur les eaux de process et la réutilisation de ces eaux de process.
07:32Il y a une validation qui a été faite pour que ces eaux de process
07:34puissent être réutilisés dans l'agroalimentaire,
07:37notamment dans les gros territoires que sont l'ouest de la France.
07:40Donc ça progresse sur ces aspects industriels.
07:44Il ne faut quand même pas oublier aussi qu'au niveau municipal,
07:46il y a des élections, que la situation économique
07:48n'est pas très florissante en France,
07:50et donc ça n'aide pas non plus à investir.
07:53Donc aujourd'hui, on sent un plus fort dynamisme au niveau des industries
07:56pour pouvoir utiliser ces eaux industrielles,
08:00les réutiliser, qu'au niveau municipal ou institutionnel.
08:05Donc oui, il y a encore un grand chemin à faire,
08:07mais il y a une vraie prise de conscience,
08:09parce que les industriels s'aperçoivent qu'ils peuvent réduire l'impact
08:12sur l'environnement.
08:13Et puis surtout, il y a un bénéfice économique,
08:15c'est que plus ça va, plus l'eau coûte cher,
08:16et plus elle va coûter cher, plus l'intérêt de la reuse va être fort.
08:21Alors on voit ce titre, les ultraviolets, une solution écologique.
08:24Si on compare, c'est quoi ?
08:25Sinon c'est du chlore, des traitements chlorés.
08:29En quoi votre solution est plus écologique que les autres ?
08:32Alors effectivement, elle évite de mettre des produits chimiques
08:34à l'intérieur de l'eau.
08:37Les autres, donc c'est ça, le principal bénéfice,
08:42c'est qu'il n'y a pas de chimie, ce sont des solutions naturelles.
08:44On peut voir aussi d'autres solutions, nous on a dans notre portefeuille
08:48une filiale qui est en Écosse, qui traite avec de l'ozone,
08:51l'ozone aussi étant une solution naturelle.
08:53On peut avoir aussi des traitements membranaires,
08:56et souvent ce qui se passe, c'est qu'on ajoute,
08:57ou on cumule les différentes solutions.
09:00On met un système membranaire ou un filtre,
09:02et puis derrière on met de l'UV, et puis on peut mettre de l'ozone.
09:05Donc c'est le cumul de ces solutions.
09:07Et nous, chez BioUV, on est capable de fournir des solutions
09:10qui n'utilisent pas de chimie, le chlore étant la principale solution
09:16utilisée dans les piscines publiques, dans les piscines privées,
09:18dans le traitement des eaux potables, et dans beaucoup de process.
09:21Est-ce qu'il faut encore beaucoup innover,
09:24ou est-ce que les solutions technologiques existent très clairement
09:28pour passer à l'échelle en matière de réutilisation en France ?
09:32Alors, les solutions technologiques existent.
09:36Ce qu'on essaie de voir, c'est comment on peut éviter
09:38d'avoir un impact trop fort, notamment sur la consommation énergétique.
09:42Comment on peut réduire notre impact et trouver des solutions
09:44qui soient sobres aussi, d'un point de vue consommation énergétique.
09:48De l'innovation, il y en a tout le temps.
09:49On a une thématique assez forte en ce moment sur le traitement des eaux potables
09:52qui s'appelle les PIFAS, donc ce qu'on appelle les polluants émergents éternels.
09:56Et là aussi, on est en train de regarder, par exemple, pour l'UV,
09:59comment on peut utiliser cette solution pour pouvoir avoir un impact
10:02sur la destruction des PIFAS.
10:04Aujourd'hui, c'est plutôt des filtres à charbon plus des membranes.
10:08Mais de l'innovation, on en a toujours parce qu'on pense qu'on peut être efficace
10:13et ça marche et on est efficace.
10:14Mais ce qu'il faut regarder aussi, c'est la capacité,
10:16sur la durée de vie de nos solutions,
10:18à avoir un impact le plus faible possible
10:20et notamment la consommation énergétique.
10:22Un dernier mot sur le gâchis de l'eau.
10:28Est-ce qu'il y a encore beaucoup de progrès à faire dans notre pays, dans ce domaine ?
10:32Alors, effectivement, on s'aperçoit, je crois que de mémoire,
10:35c'est à peu près une trentaine de pourcents dans les réseaux qui est perdu.
10:38Et donc ça, c'est un vrai gâchis.
10:40On voit des territoires où on met en place des systèmes
10:44qui permettent de pouvoir identifier très rapidement les fuites.
10:47Alors, je sais que des gens comme Veolia sortent, travaillent là-dessus.
10:49Mais on voit dans les territoires qui sont un peu loin de chez nous,
10:52en Espagne ou même au Danemark,
10:55la mise en place de capteurs et donc de solutions intelligentes
10:57qui permettent très rapidement de pouvoir réagir
11:00et d'identifier les problématiques et les fuites les plus significatives.
11:04Donc, la connectivité,
11:06la mise en place de ce qu'on appelle l'Internet des objets,
11:09des applications plus précises,
11:11tout ça, effectivement, devrait nous permettre de réduire très rapidement
11:13ce taux qui est très important et trop important,
11:17puisque la sobriété commence par la non-consommation
11:20ou en tout cas d'éviter toutes ces pertes.
11:22Merci beaucoup Laurent, Emmanuel Mijon
11:24et à bientôt sur Be Smart for Change.
11:27C'est l'heure du débat de ce Smart Impact.
11:29On parle du recyclage des plastiques et du retard français en la matière.
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