- il y a 10 mois
Pourquoi l'avion du PDG de Total, Christophe de Margerie, qui s'était déclaré hostile aux sanctions occidentales contre la Russie après l'annexion de la Crimée en 2014, s'est-il mystérieusement écrasé juste après son décollage ? Pourquoi le président rwandais Juvénal Habyarimana est-il mort ? Qui était le mystérieux treizième passager du B-25 Mitchell du général Leclerc ? Evgueni Prigojine a-t-il été victime d’une vengeance après son putsch raté, en Russie ?
L'ouvrage de Jean-Claude Rolinat, "L'avion ce mystérieux tueur de célébrités" passe une revue de détail des célébrités victimes "d’accidents d’avion". Attachez vos ceintures, car c’est à de périlleux voyages aériens que nous invite l’auteur, où l’avion nous apparaît comme un tueur par procuration.
L'ouvrage de Jean-Claude Rolinat, "L'avion ce mystérieux tueur de célébrités" passe une revue de détail des célébrités victimes "d’accidents d’avion". Attachez vos ceintures, car c’est à de périlleux voyages aériens que nous invite l’auteur, où l’avion nous apparaît comme un tueur par procuration.
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00:00– Bonjour à tous et bonjour à notre invité Jean-Claude Rolina.
00:09– Bonjour Pierre.
00:10– Jean-Claude Rolina, vous avez été élu local pendant 37 ans,
00:13cadre administratif dans le privé, journaliste, documentaliste.
00:17Vous avez écrit un tas d'ouvrages et le dernier.
00:20Le voici, l'avion, ce mystérieux tueur de célébrités
00:24à retrouver sur la boutique, comme d'habitude, de TV Liberté.
00:26Et c'est édité aux éditions Maya.
00:30Alors, ce tueur, l'avion, Jean-Claude, est-ce que c'est réellement l'avion un tueur
00:35ou est-ce que c'est un instrument aux mains des tueurs,
00:38aux mains de ceux qui voudraient faire du mal à autrui ?
00:42– Oui, alors, dans l'histoire des crimes politiques, nous avons eu le pistolet.
00:47Par exemple, en 1914, c'est l'héritier Sarajevo, François Ferdinand.
00:54Nous avons eu le poignard, César avec Brutus,
00:58et puis Henri IV avec Ravaillac.
01:00Et puis, il y a eu la bombe, notamment Napoléon Ier, Napoléon III,
01:06qui ne sont pas morts d'ailleurs dans ces attentats.
01:10Et puis, il y a eu aussi…
01:10– Hitler aussi, avec une bombe.
01:12– Oui, Hitler, une tentative.
01:13Et puis, il y a eu aussi, par contre, une réussite, si vous voulez,
01:16tragique avec le tsar Alexandre III au XIXe siècle.
01:19– Et puis, il y a le poison.
01:21Le poison, oui, il y a eu l'affaire de la poison sous Louis XIV,
01:26mais par exemple, il y a eu le tsar Boris III pendant la Deuxième Guerre mondiale.
01:31On a suspecté qu'il avait été empoisonné au retour de son voyage à Rastemberg,
01:37au repère du loup, lorsqu'il avait vu Hitler.
01:39Il a été très, très impressionné.
01:41Il refusait que la Bulgarie entre en guerre contre les Russes,
01:44Solidarité slave, il paraît qu'il a été tellement secoué,
01:48tellement impressionné, qu'il est mort d'une crise cardiaque.
01:51Mais c'est la version soft.
01:54Et puis, il y a aussi les gens qui ont été fusillés.
01:57Alors là, c'est un nombre… c'est innombrable.
02:00Bon, les fusillés de l'Algérie française,
02:05vous avez la famille Romanov, vous avez Pierre Laval et compagnie.
02:08Enfin bref, c'est innombrable.
02:10Et puis, vous avez, ah oui, un instrument moderne,
02:14un tueur par procuration, l'avion.
02:17Alors, c'est particulièrement lâche, comme tout attentat politique,
02:21mais particulièrement efficace, parce qu'en général,
02:24ça laisse très peu de traces.
02:27Voilà.
02:28– Alors, les victimes d'accidents d'avion,
02:32ou en tout cas de morts un petit peu louches dans un avion,
02:36c'était le cas de Christophe Demargerie, ancien PDG de Total.
02:40Il est mort lors de la phase de décollage de son Falcon 50.
02:45C'était en octobre 2014, dans un aéroport près de Moscou.
02:51Est-ce que vous pouvez revenir sur les circonstances de la mort de cet homme
02:55qui s'était déclaré hostile aux sanctions occidentales contre la Russie ?
03:00À l'époque, en 2014, ce PDG avait des intérêts en Russie.
03:06Il était carrément hostile aux sanctions contre la Russie.
03:09– Alors, en général, en cas d'assassinat, on pose la question,
03:12à qui profite le crime ?
03:14Or, ce n'était certes pas l'intérêt des Russes
03:18de se débarrasser d'un tel interlocuteur en Occident.
03:21Ils n'étaient pas si nombreux.
03:22Ils sont encore de moins en moins nombreux.
03:23En plus, c'est un homme qui s'est fait lui-même,
03:27qui a fait toute sa carrière dans l'industrie pétrolière,
03:29et particulièrement chez Total.
03:31C'est un homme jovial, un farouche négociateur.
03:36Et effectivement, vous l'avez bien dit,
03:38il était assez favorable aux achats de pétrole et de gaz russes.
03:44Alors, vous savez pertinemment, mieux que moi,
03:46que nous n'achetons plus ni gaz ni pétrole russe,
03:50qui était moins cher que le gaz et le pétrole américain,
03:52qui doit transiter par l'océan Atlantique,
03:56qui doit être liquéfié puis regazaïfié.
03:59Bonjour l'écologie, et bonjour surtout le prix pour le consommateur.
04:05Donc, je ne vois pas les Russes ayant organisé cet attentat,
04:10parce que c'est un attentat.
04:12Une déneigeuse, alors qu'il n'y avait pas beaucoup de neige
04:15sur l'aéroport de Vnukovo à ce moment-là,
04:18se trouve comme par hasard, tout feu s'éteint sur la piste
04:21où décolle l'appareil de M. de Marjorie,
04:25un Falcon 50 qui avait été loué à la compagnie Unijet.
04:29Il prend son envol, son élan, malheureusement,
04:32évidemment, pour l'équipage et pour M. de Marjorie,
04:35ainsi que l'hôtesse.
04:36Le train avant heurte.
04:39La déneigeuse, l'avion capote et s'embrase.
04:42Alors, évidemment, le temps que les secours arrivent,
04:44c'était terminé.
04:45On a fait, évidemment, les Russes ont immédiatement fait une enquête
04:50et on s'est aperçu que le conducteur de la déneigeuse
04:55était un ivrogne invétéré.
04:57Il s'est endormi sur sa machine.
05:00Il l'avait abandonné.
05:01Et manque de coordination avec son supérieur.
05:04Son supérieur aurait dû s'inquiéter de son collaborateur
05:08qui avait disparu depuis deux heures.
05:09Et puis, la tour de contrôle aussi, qui a donné le feu vert au JET,
05:14aurait dû s'assurer qu'auprès du responsable du nettoyage des pistes,
05:20que c'était OK.
05:21Donc, tout peut apparaître comme étant quelque chose d'organisé
05:28par les Russes en Russie.
05:30Or, je l'ai dit précédemment,
05:34ce n'est pas possible que les Russes aient voulu se débarrasser
05:36de tel personnage.
05:37Ce n'était certes pas leur intérêt.
05:38– Par contre, c'était l'intérêt des Américains.
05:40– On peut le dire.
05:41Alors, est-ce qu'il y a eu manipulation ?
05:44Est-ce qu'il y a eu achat ?
05:46En tout cas, les personnes mises en cause ont été arrêtées,
05:51interrogées, ça n'aboutit à rien.
05:53Est-ce que les Russes ont voulu étouffer l'affaire
05:55pour des raisons d'État, une fois de plus ?
05:58– Oui, les contrôleurs aériens, et puis ce monsieur ivrogne,
06:01apparemment, qui a laissé ce que c'est négéuse.
06:02– Ils ont été condamnés à de la prison,
06:04mais ils sont sortis relativement vite.
06:06Et puis, on n'a plus entendu parler d'eux.
06:08– Alors, est-ce la raison d'État ?
06:11Moscou, bien entendu, a décoré à titre posthume monsieur de Marjorie
06:16et a donné son nom à un brise-glace.
06:19Voilà, fin de l'histoire.
06:21Et la société totale a été, comment dirais-je,
06:26victime d'un trouble de mémoire,
06:30puisque un an après son décès,
06:32il n'y a eu aucune cérémonie rappelant sa disparition brutale.
06:36– Oui, totale, rien organisé.
06:37– Rien, non, voilà.
06:39Donc, voilà.
06:40Alors, point d'interrogation, comme beaucoup d'autres accidents,
06:45il n'y a rien de cette nature, on peut se poser des questions.
06:48– On peut enchaîner avec la mort du général Leclerc,
06:51Philippe de Haute-Cloque, commandant de la 2e division blindée
06:56lors de la 2e guerre mondiale.
06:58Lui, il est mort le 28 novembre 1947,
07:01alors qu'il menait une tournée d'inspection en Algérie.
07:05Son avion bimoteur a été pris dans une tempête de sable.
07:08Mais au fait, qu'est-ce qu'il faisait en Algérie ?
07:09– Alors, c'est un bombardier B-25 Mitchell,
07:13de fabrication américaine.
07:16Il était avec son état-major.
07:18Il était en Algérie pour officiellement inspecter les troupes au Sahara.
07:22Officieusement, on commençait déjà à parler,
07:26il y avait déjà une odeur de pétrole.
07:28Vous voyez, là encore, il y avait une odeur de pétrole
07:30puisque les Français occupaient provisoirement le Fedzan,
07:34qui est l'une des trois provinces constituantes de la Libye,
07:36avec la Syrénaïque et la Tripolitaine.
07:38Et c'est la France qui contrôlait cette région.
07:41Et il y avait une odeur de pétrole très sérieuse, y compris en Algérie.
07:44Alors, un certain Georges Kélian,
07:46Kélian, je crois, avait annoncé Urbi.
07:50– C'était un géologue.
07:51– Un géologue avait annoncé Urbi qu'il y avait du pétrole au Sahara.
07:55Et alors, à l'époque, on lui riait au nez.
07:57Et le général Leclerc avait pris cette affaire très au sérieux.
08:00Alors, l'inspection des forces armées françaises dans le sud algérien
08:05était-ce le prétexte ?
08:07Ou, au contraire, est-ce que Leclerc, pour les intérêts français,
08:12n'allait pas, entre guillemets, passez-moi l'expression,
08:14renifler une odeur de pétrole dans cette région-là ?
08:17En tout cas, c'est vrai qu'il y a une tempête de sable.
08:20L'avion heurte une dune, près de Colomb-Échard,
08:24et on s'est aperçu quand même, après, d'une chose bizarre.
08:29C'est qu'il y avait un passager supplémentaire,
08:33qui, on n'en sait rien, qui n'était pas prévu.
08:35Et une autre hypothèse, c'est qu'on a ajouté une couchette
08:39dans la queue du B-25 Mitchell,
08:41là où se mettait, en général, le mitrailleur arrière,
08:44et ça aurait déséquilibré un petit peu l'ensemble de l'avionique.
08:48Voilà.
08:49Alors, hypothèse.
08:50Et puis, alors là, il y a une hypothèse quand même aussi saute que saugrenue,
08:54c'est le général de Gaulle,
08:55qui aura été jaloux de la popularité du général Leclerc,
08:58et qui aurait voulu s'en débarrasser comme étant un rival.
09:00Et ça, on peut l'écarter d'emblée.
09:01– En tout cas, la thèse de ce géologue Conrad Kiliad.
09:05– Conrad Kiliad, oui.
09:06– Kiliad, donc, il est né en Ardèche en 1898,
09:09et mort à Grenoble en 1950,
09:11et lui, il soutenait que le Sahara,
09:14cet immense désert,
09:16recelait d'importantes ressources de pétrole et de gaz,
09:20et seul le général Leclerc avait semblé être sensible à son dossier.
09:23– Tout à fait.
09:23Et alors, chose curieuse,
09:25ce géologue a été retrouvé un jour pendu
09:28à l'Espagnolette d'une fenêtre.
09:30Voilà.
09:31Bon, on peut se poser des questions.
09:33Là aussi…
09:34– Et quand est-ce que l'exploitation du gaz et du pétrole
09:37s'est-elle enclenchée en Algérie ?
09:39– Ah ben, ça a commencé bien plus tard.
09:40Ça a commencé quasiment au moment où l'Algérie française
09:43était menacée de ne plus être française.
09:46Donc, le gaz d'Assirmel a simé ça.
09:49– 54, quoi.
09:50– Oui, c'est dans les années…
09:51Fin des années 50, quoi, mi-50.
09:53Et là, ça a commencé très sérieusement.
09:55Mais les recherches avaient déjà commencé avant.
09:57– Donc, moins de 10 ans, ça.
09:58C'est un peu concomitant, tout ça.
10:00– Donc, si vous voulez, là, ce seraient nos amis britanniques
10:03qui pourraient peut-être avoir pointé le nez dans cette sinistre affaire.
10:08– Avec la British Petroleum et Shell, etc.
10:11– Mais là, c'est pareil.
10:12Si vous voulez, on va le voir avec d'autres victimes d'attentats similaires.
10:17Il y a des suspicions, il y a des faissons de preuves, il n'y a rien de formel.
10:22Comme toujours, si assassin il y a, il va chercher forcément à noyer les pistes
10:28et à effacer les preuves.
10:29– On sait en tout cas qu'après la guerre d'Algérie, après les accords déviants,
10:34l'essentiel des ressources gazières et pétrolières algériennes sont passées
10:39entre les mains des Américains.
10:40– Oui, mais on va le voir tout à l'heure avec un autre client,
10:44si vous me passez l'expression, il n'y avait pas que les Américains,
10:47il y avait aussi les Italiens.
10:48– Alors justement, on va en parler après de M. Enrico Mattei,
10:53mais j'aimerais aussi qu'on parle d'Evgeny Prigogine, on s'en souvient,
10:58il était ce proche de Vladimir Poutine, commandant des forces paramilitaires
11:03militaires de l'entreprise Wagner, qui s'était engagé dans le conflit
11:09entre l'Ukraine et la Russie, en tout cas entre les forces de l'OTAN et la Russie.
11:14Il est mort le 23 août 2023, quand son avion a explosé en plein vol
11:19au nord-ouest de Moscou.
11:22Le président Poutine a salué un homme courageux et talentueux,
11:26mais qui a commis des erreurs entre guillemets.
11:28Et alors, un porte-parole des États-Unis a parlé d'une bombe à bord.
11:34– Oui, alors, ce n'est pas une bombe, mais ce sont des éclats de grenades
11:38qui ont été retrouvés dans le corps de certaines victimes.
11:41Et la version officielle russe, c'est qu'effectivement, il y a eu un attentat,
11:46mais les officiels russes, les autorités russes n'y sont pour rien.
11:50Alors, le déroulement de la chose, c'est que M. Prigogine était un simple cuisinier,
11:56et il a eu la chance, pour lui, de devenir le cuisinier d'un petit officier du KGB
12:00qui, plus tard, deviendra le tsar de la Nouvelle-Russie.
12:05Et alors, évidemment, ça a fait sa fortune.
12:07Et vous voyez, pour réussir, n'est-ce pas, il suffit de sortir de sa cuisine.
12:11Et donc, il a créé des chaînes de restaurants, etc., etc.
12:15Toute l'intelligentsia moscovite s'y précipitait.
12:19Et puis, il a surtout créé une milice paramilitaire,
12:22le fameux groupe Wagner que vous avez évoqué,
12:23et qui s'est montré un petit peu indispensable sur le front ukrainien.
12:28Tellement indispensable que ça créait une certaine janousie
12:31auprès de l'état-major de l'armée régulière.
12:33– Qui ont accusé M. Prigogine de trahison, de…
12:37– Oui, parce qu'il roulait un peu pour lui.
12:38Et il mettait, alors, évidemment, il allait recruter ses soldats,
12:43sa chair à canon dans les prisons,
12:44et il promettait des sommes vertigineuses,
12:46et la liberté, la libération pour ceux qui en réchapperaient.
12:50Il n'y en a pas beaucoup qui en ont réchappé.
12:51Mais, bon, et si d'ailleurs la Russie a gagné beaucoup de territoires,
12:55elle l'a gagné quand même au prix de pertes humaines assez importantes.
12:58Alors, ce fameux Prigogine a sans doute voulu être peut-être,
13:03sinon vizir à la place du grand vizir,
13:05en tout cas être sur le podium du présidium, n'est-ce pas,
13:10de la République fédérative de Russie.
13:12Et puis, alors, donc, l'ambition le prend,
13:15et il se mutine avec ses troupes,
13:18et avec 2 000 à 3 000 hommes et des blindés,
13:21il marche sur le quartier général de l'armée russe du front ukrainien,
13:24qui se trouve à Rostov-sur-le-Don.
13:27Là, on craint les combats, il ne se passe rien du tout,
13:30il y a des sortes d'embrassades fraternelles, etc.
13:32Poutine...
13:35– Toujours est-il que le mal est fait.
13:37– Le mal est fait, ce jour-là, aux yeux de Poutine,
13:41M. Prigogine avait signé son arrêt de mort.
13:45Même si le président de la Russie dit,
13:48c'est une erreur, je pardonne, etc.
13:50Bon, on verra que, peu de temps après,
13:53quelques mois après, boum,
13:56un avion de fabrication brésilienne, l'Ambraer,
13:59un Ambraer, saute en plein vol.
14:01Alors, les Brésiliens, fiers de leurs constructeurs,
14:05créent une commission d'enquête qui demande à venir sur place
14:08pour se dédouaner, pour dire,
14:10non, non, ce n'est pas la conception de l'avion qui est en cause, etc.
14:13Alors, en y regardant de plus près, effectivement,
14:15on trouve des éclats à l'intérieur de la carlingue,
14:18de ce qu'il reste de la carlingue, qui peut être examiné,
14:20et dans les corps de certaines victimes,
14:22on trouve des éclats de grenades.
14:24Donc, ce n'est pas un missile.
14:25– Donc, c'est de la grenade défensive, vous savez,
14:27avec ces petits quadrillages qui éclatent.
14:29– Bon, donc, il y a quand même un sabotage évident.
14:32Ah, est-ce qu'il y a eu un kamikaze à bord ?
14:35La question reste posée.
14:36En tout cas, cet avion a sauté en plein vol,
14:39et à l'intérieur, ces passagers, certains,
14:42on a retrouvé dans le record des éclats de grenades.
14:45Donc, il y a quand même une suspicion de tentative de crime.
14:49Alors, est-ce que ça s'est mal passé en haut ?
14:51Est-ce que le saboteur a été maîtrisé ou mal maîtrisé ?
14:54Il a déclenché, il a découpillé la grenade ?
14:58On ne le saura jamais.
14:59– Alors, on va faire un crochet par l'Afrique,
15:02ce continent qui, dites-vous,
15:03est particulièrement touché par les accidents d'avion.
15:07On ne sait pas très bien si c'est des défauts d'entretien
15:10des appareils ou autres,
15:11mais en tout cas, on sait que le président du Rwanda,
15:15Juvenal Abiyarimana, a été descendu.
15:19Il était donc président de 1973 jusqu'à sa mort le 6 avril 1994,
15:25à bord d'un Falcon 50,
15:27lui aussi en approche de Tigali, la capitale rwandaise.
15:31Deux tirs de missiles,
15:32seul air de fabrication soviétique,
15:35ont frappé son avion alors qu'il était accompagné
15:38du président burundais Cyprien Entaryamira.
15:43– Ah, excusez-moi, excusez-moi.
15:46Et là, dans cette histoire, Jean-Claude Rolina,
15:48expliquez-nous deux histoires, deux hypothèses s'affrontent.
15:51– Tout à fait.
15:52Alors, vous avez évoqué auparavant
15:53un nombre d'attentats spectaculaires aériens.
15:59Il faut se rappeler que M. Michel Barouin
16:03est mort aussi en Afrique dans un accident d'avion,
16:07que M. Journiac, qui était conseiller de l'Elysée,
16:10est mort aussi dans un accident d'avion,
16:12que l'ancien président du Mozambique,
16:14Samora Machel,
16:15qui revenait d'avoir négocié avec les Sud-Africains,
16:18est mort dans un accident d'avion.
16:20Et là, nous avons deux présidents,
16:21plus l'état-major de l'armée rwandaise,
16:24les phares, la force armée rwandaise,
16:26qui meurent en atterrissant à Kigali.
16:30Alors, effectivement, vous soulevez deux thèses.
16:32Il y a deux thèses.
16:33La première, c'est qu'un machiavélique président Kagame
16:40aurait orchestré cet attentat pour déclencher le génocide Tutsi,
16:45qui lui permettait d'intervenir à partir de l'Ouganda
16:48avec son FPR, Front Patriotique Rwandais.
16:51Ou alors, au contraire, c'est la branche extrémiste des Hutus
16:55qui n'aurait pas voulu négocier avec les Tutsis
16:59la paix qui était prévue par le président Abiyarimana.
17:03Voilà les deux thèses qui s'affrontent.
17:04Alors, où est la vérité ?
17:07Je ne la dirai pas ce soir,
17:08mais j'avance quand même d'éléments.
17:13L'avion a été abattu, on le sait,
17:14par des missiles SAM-16 de fabrication soviétique.
17:19Ces missiles étaient, comment dirais-je,
17:23positionnés dans un camp militaire à Kanombe,
17:28qui se trouvent en zone Hutu.
17:31Donc tenus par les partisans du président Abiyarimana.
17:35Mais, l'armée officielle du Rwanda n'a jamais eu de missiles SAM-16.
17:43Elle n'avait que des mistrales livrées par la France.
17:46En revanche, les forces patriotiques rwandaises de M. Kagame,
17:51qui est toujours au pouvoir à Kigali,
17:53avaient des missiles de ce type SAM-16,
17:57qui avaient été livrés par l'Ouganda,
18:01lequel l'Ouganda avait été apprévionné par les soviétiques.
18:03Il faut savoir que l'Ouganda est anglophone
18:05et qu'il soutenait à fond le front de M. Kagame.
18:09Or, les Tutsis, c'est une ethnie minoritaire,
18:14tant au Rwanda qu'au Burundi, 15%, 20% maximum.
18:20Et les Hutus, c'est l'ethnie majoritaire.
18:22Mais les couronnes, les monarchies traditionnelles,
18:26les chefs coutumiers, étaient Tutsis.
18:29Donc, il est évident que l'aristocratie de ces pays-là
18:31était Tutsi et qu'elle a vu très mal
18:34l'accession à l'indépendance de ces pays-là,
18:37car le suffrage universel, le fameux one man, one vote,
18:41évidemment, les privaient du pouvoir.
18:44Alors, ça, c'est le contexte.
18:48Mais cet attentat a été le prétexte,
18:52a été le déclencheur du génocide,
18:55du massacre, de la chasse aux Tutsis.
18:57– Donc, il avait quand même commencé avant.
18:59– Ça avait commencé avant, bien entendu.
19:01Au Burundi aussi, dans une moindre mesure.
19:04Alors, on va arriver, c'est difficile.
19:07Vous savez, les chiffres sont toujours manipulés,
19:09quel que soit le conflit.
19:11– Vous citez d'ailleurs Bernard Lugand,
19:12le historien spécialiste de l'Afrique,
19:14dans le cadre de cette histoire,
19:16qui a étudié le dossier jusqu'au bout.
19:18– Il y a le juge Brugger aussi, qui a été…
19:22Il y a énormément de…
19:22Si vous voulez, c'est une grosse affaire,
19:24où énormément de commissions d'enquête,
19:27commissions d'études, des magistrats,
19:28des généraux qui ont écrit des livres,
19:30notamment le général Tuzé.
19:32– Et comme on sait que M. Kagame est couvert
19:34par les autorités internationales
19:36et par les présidents successifs français.
19:38– Alors, il y a ces deux hypothèses.
19:42C'est l'hypothèse, les Hutus extrémistes
19:45qui s'emparent des missiles SAM-16
19:47et qui dégomment l'avion de leur président
19:49pour pouvoir justifier une vengeance
19:52contre les Tutsis.
19:53Ou alors, au contraire, très machiavélique,
19:55c'est le leader des Tutsis, n'est-ce pas,
19:58qui va se présenter en victime,
20:02lui donnant la justification d'une intervention
20:05pour protéger ses frères en ethnie.
20:09Voilà.
20:10Alors, j'apporte une petite précision.
20:13Le camp de Kanombe était d'un côté
20:17de la ville de Kigali,
20:18tenue officiellement par les phares.
20:21Et l'ONU devait les contrôler.
20:23Curieusement, quelques jours avant,
20:25les forces onusiennes sont parties.
20:26Il ne restait plus que les forces armées rwandaises.
20:32Et puis, en face, il y avait le camp de Kanombe
20:35avec le FPR.
20:40Alors, il y a une hypothèse feule.
20:42Est-ce qu'un commando de FPR
20:44se serait emparé des missiles SAM-16,
20:50les déplaçant dans le camp de leurs ennemis
20:53pour faire croire que les SAM-16
20:54ont été tirés du camp de Kanombe ?
20:58Nous nageons en plein mystère.
20:59Et si vous voulez, les commissions d'enquête,
21:01les commissions d'études,
21:02rien n'a été définitivement prouvé.
21:05Il y a simplement un faisceau de suspicion
21:08puisque Kagame a gagné,
21:10puisque les Hutus ont été battus.
21:13La France avec, d'ailleurs.
21:13Puisqu'elle avait choisi ce camp-là.
21:17Et le Rwanda est devenu
21:20ex-pays francophone à l'époque des Belges,
21:22est devenu un pays anglophone
21:24qui marche d'ailleurs allègrement
21:27toujours plus à l'ouest
21:29puisque les forces armées rwandaises
21:31soutiennent les fronts révolutionnaires
21:35qui combattent l'armée officielle
21:37de la République démocratique du Congo,
21:39ex-Congo belge, ex-Zahir.
21:40Voilà.
21:41Bon, donc c'est une petite Prusse
21:43d'Afrique centrale, le Rwanda.
21:45Et on sait que M. Kagame
21:46est toujours reçu avec tous les honneurs
21:48par la République française.
21:49Bien sûr.
21:50Mais c'est là aussi, peut-être,
21:52la raison d'État.
21:53Alors on va y venir à ce monsieur
21:55qu'on évoquait tout à l'heure,
21:57Enrico Mattei, résistant italien,
22:00patron à partir de 1953,
22:02déni l'entreprise d'hydrocarbures
22:04et financeur d'ailleurs
22:06des rebelles algériens du FLN.
22:08Il est mort, lui, le 27 octobre 1962
22:10à bord d'un avion
22:11qui reliait la Sicile à Milan.
22:14Le ministère italien de la Défense
22:15a conclu qu'il s'agissait d'un accident,
22:18mais des doutes ont persisté
22:19encore jusqu'à aujourd'hui.
22:20– Oui, pourquoi ?
22:22Parce que ce monsieur,
22:24Enrico Mattei,
22:25qui était peut-être l'équivalent
22:28d'un monsieur de Margerie
22:29pour sa firme pétrolière,
22:32était intéressé aussi
22:33par cette odeur particulière
22:36de pétrole et de gaz
22:37qui s'échappait des déserts sahariens.
22:40Et il se fait qu'il misait
22:42sur la victoire du FLN
22:44qui prendrait le pouvoir à Alger
22:46et qui négocierait après,
22:47évidemment, avec sa firme.
22:51Donc il était tellement militant
22:53en pointe en faveur du FLN
22:56qu'évidemment, il a dérangé
22:58un certain nombre de personnalités.
22:59Alors, les fêtes,
23:03il monte à bord de son avion
23:04Moran Solnier
23:04qui est un petit bi-réacteur quadriplace.
23:08Il parle, l'avait dit, de Sicile.
23:09Et puis, bon, pour ses affaires,
23:10il se rend à Milan
23:11et boum, l'avion, là,
23:14crache en Lombardie.
23:15Il s'écrase.
23:17Alors, d'abord,
23:19on n'a pas retrouvé grand-chose.
23:20Les corps étaient embouillis.
23:22C'est triste à dire.
23:24Mais on a dit que,
23:26compte tenu de ses ambitions pétrolières
23:30sur l'Algérie
23:31et de son soutien avéré
23:33au Front de Libération Nationale,
23:35on a dit que, derrière cet attentat,
23:37il y avait la main de la main rouge.
23:40La main rouge était une organisation clandestine
23:43qui était plus ou moins manipulée
23:45par le SDEC.
23:46Voilà.
23:47Alors, le SDEC, rappelons que c'était
23:49le service de documentation
23:50et de l'espionnage.
23:52De De Gaulle.
23:52Oui, de l'équivalent de la DGSE.
23:54Oui.
23:54Voilà.
23:55Bon.
23:55Alors, les questions sont posées.
23:58Elles restent sans réponse.
24:01Mais, là encore,
24:02il y a un faisceau de suspicion.
24:05En tout cas, M. Matéi
24:06s'est désigné lui-même
24:08comme une très belle cible.
24:10Et alors, vous terminez votre ouvrage
24:11avec un chapitre qui s'appelle
24:12« Plus de peur que de mal »,
24:14où vous citez Elie et Célacier Ier,
24:16François Hollande,
24:18Evo Morales et Nicolas Sarkozy.
24:20Rappelons que pour son premier voyage
24:23hors de France,
24:24le président Hollande a été frappé
24:27par la foudre dans l'avion
24:29qu'il emmenait à Berlin.
24:30Tout à fait.
24:30Son Falcon a été frappé par la foudre
24:32et il a fait demi-tour.
24:34Alors, bon, la foudre l'a frappé,
24:36mais enfin, la France n'avait pas
24:37forcément le coup de foudre pour lui.
24:39Et évidemment, c'est comique.
24:43Et il a été obligé de changer d'avion
24:45pour arriver à Berlin.
24:46Et on sait qu'à Berlin,
24:47si on se rappelle des images,
24:49quand la chancelière le reçoit,
24:51il passe la garde officielle en revue
24:53et arrivé au dernier soldat,
24:56il continue son chemin tout droit
24:57et il est rattrapé par la chancelière.
24:59Et il a passé son quinquennat sous la pluie,
25:01en tout cas, à chaque fois
25:02qu'il était filmé à l'extérieur,
25:03le pauvre.
25:04Il avait la scomune.
25:05L'avion, ce mystérieux tueur
25:07de célébrités à retrouver
25:08sur la boutique de TV Liberté.
25:10Merci à vous, Jean-Claude Rolina.
25:11C'est moi qui vous remercie.
25:16Sous-titrage Société Radio-Canada
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