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  • il y a 5 mois
Regardez Face à Fogiel du 26 août 2025.

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Transcription
00:00RTL Matin, Thomas Soto.
00:04C'est à vous de Marc-Olivier Fogiel, ce matin vous recevez une maman inquiète, Brigitte Vinatier.
00:09Ça fait plus d'un an maintenant que son fils Laurent est détenu en Russie.
00:13Accusé d'espionnage, cet homme de 49 ans risque désormais 20 ans de prison.
00:17Il affirme être l'otage de Poutine et il a comparu une nouvelle fois hier devant la justice russe pour espionnage.
00:24Bonjour Brigitte Vinatier.
00:25Bonjour.
00:25Merci d'être là ce matin sur RTL au lendemain de cette audience cruciale.
00:30Est-ce que vous avez eu des informations de ce qui s'est passé hier, tard, à Huitclos en Russie ?
00:36Alors, plus que les autres, non, bien sûr.
00:39Mais je dois dire que tout a changé maintenant.
00:43C'est-à-dire ?
00:44C'est-à-dire que jusqu'à hier, évidemment, dans la presse, on avait prononcé le mot d'espionnage.
00:54Ça, c'était une chose, mais ça n'avait pas été dit officiellement.
00:59Et donc, nous pouvions penser qu'on avait exagéré ou que c'était uniquement des rumeurs.
01:09Maintenant, bien entendu, depuis...
01:12Alors, hier, nous n'avons strictement aucune nouvelle précise, puisque cette audience s'est déroulée à Huitclos.
01:20L'avocat a interdiction, plutôt, de ne rien dire.
01:29En revanche, la porte-parole du tribunal a dit qu'il s'agissait d'une enquête pour espionnage.
01:36Donc, clairement, depuis hier, votre fils risque 20 ans de prison en Russie.
01:42J'imagine que Thomas le disait, c'est une maman très inquiète qui est ce matin sur RTL,
01:46puisque depuis hier, clairement, l'épée de Damoclès, c'est 20 ans de prison.
01:49Ah oui, oui, oui, tout à fait.
01:52Et bien sûr...
01:53Alors, nous sommes inquiets depuis plus d'un an.
01:58Nous sommes toujours inquiets.
02:00Bien entendu, d'autant qu'on avait parlé d'espionnage au début.
02:06Pas le mot espionnage, mais Laurent pouvait être poursuivi pour avoir collecté des renseignements militaires.
02:14Donc, mais, dès le mois d'août, apparemment, on n'a plus parlé de ces charges.
02:22Cette enquête a été abandonnée.
02:24Et nous avons eu la naïveté d'y croire.
02:28Vous l'avez eu en ligne ?
02:30Alors, nous l'avons eu.
02:32Nous avons eu une sorte de cadeau fait par le FSB quand il est arrivé dans sa prison.
02:38Donc, au mois de mai.
02:39Mais depuis le mois de mai, vous n'avez pas pu parler avec votre fils concrètement ?
02:42Non, la seule fois où nous avons pu lui parler depuis le mois de juin, c'était précisément le mardi 22 mai.
02:50On lui a apporté un téléphone dans sa cellule.
02:54Il a pu nous appeler.
02:55Et depuis aucune nouvelle ?
02:56Hier, par exemple, on l'a entendu tout à l'heure dans le petit reportage d'RTL.
03:01On l'a vu amaigri, affaibli, en jogging.
03:03Vous ne savez pas dans quel état il est, physiquement ?
03:06Alors, nous échangeons des courriers.
03:09Nous avons des lettres.
03:10Ce n'est pas très facile, d'ailleurs, avec cette prison.
03:13Mais nous avons des lettres qui viennent de plus en plus fréquemment, même parfois une fois par semaine maintenant.
03:20Bien sûr, il ne nous dit pas qu'il est fatigué.
03:23Bon, eh bien, il ne veut pas nous inquiéter.
03:27Enfin, il pense que nous le sommes déjà bien assez.
03:29Mais hier soir, justement, c'est ce qu'il a dit aux journalistes, qu'il était fatigué.
03:37Nous pensons qu'il, de temps en temps, qu'il a des gros moments de déprimage.
03:42Il est dans cette prison, cette prison où était enfermée, cette prison du KGB.
03:48Est-ce que vous savez ces conditions de détention ?
03:51Oui, oui, oui, nous les connaissons, l'avocat.
03:54Non, non, non, elles sont bonnes.
03:57Enfin, vous voyez, je ne vais pas...
03:59Peut-être qu'on va mal comprendre ce terme « bonne », mais il est dans une cellule tout seul.
04:06Alors, depuis 15 jours, il a d'ailleurs un autre détenu qui l'a rejoint.
04:14Et c'est une cellule confortable.
04:16Il a un lit, il a un petit réfrigérateur.
04:20Donc, on ne peut pas dire que ce sont des conditions difficiles.
04:24En revanche, il a été tenu absolument au secret.
04:28C'est-à-dire interdiction de voir quiconque promenade dans la cour, évidemment, sans rencontre.
04:35Et c'est ça qui est quand même très difficile.
04:39Il est interrogé régulièrement dans cette prison.
04:41Il n'a pas l'autorisation de raconter les interrogatoires.
04:45Absolument pas.
04:46Absolument pas.
04:48D'ailleurs, le consul général de France à Moscou a obtenu un droit de visite.
04:55Et c'était en juillet.
04:58Et à ce moment-là, tous les deux ne devaient pas du tout parler de l'affaire.
05:05Vous le disiez, on l'accuse d'espionnage clairement depuis hier.
05:09Concrètement, qu'est-ce que fait votre fils en Russie ?
05:12Il est chercheur, il travaille pour une ONG suisse.
05:15On lui reproche de ne pas s'être accrédité comme il aurait dû le faire.
05:18Puisque maintenant, il faut le faire quand on travaille pour l'étranger en Russie.
05:21Mais il y fait quoi concrètement, votre fils en Russie ?
05:24Depuis 2014, il travaille pour une ONG qui s'appelle le Centre pour le Dialogue Humanitaire, c'est-à-dire HD.
05:37Et une ONG basée à Genève qui est spécialisée dans la diplomatie parallèle sur tous les terrains où se trouvent des conflits.
05:50Donc, notre fils fait de la diplomatie parallèle, c'est-à-dire qu'il rencontre les belligérants de chaque partie.
06:02Ces mêmes belligérants, il essaie de les installer autour d'une table, il discute.
06:09Alors, il se sentait tout à fait en sécurité à Moscou parce que, justement, dans le conflit entre la Russie et l'Ukraine,
06:19il était du côté de la Russie, il travaillait justement constamment à Moscou
06:24et il était connu de toutes les personnes qui ont un certain pouvoir à Moscou.
06:32Et il ne savait pas qu'il fallait s'enregistrer puisque c'est ça qu'on lui reproche ?
06:35Oui.
06:36Lui, le connaisseur de la Russie, il est vite, il ne savait pas qu'il fallait s'enregistrer en Russie ?
06:40En fait, c'est une loi qui est assez récente et c'est surtout une loi qui était destinée aux Russes.
06:47Et forcément, quand on est français, on est étranger, donc tout le monde a été surpris.
06:56Maintenant, nous avons compris que c'était certainement un prétexte, bien entendu.
07:01Un prétexte parce que, pourquoi ?
07:03Vous pensez que ces soupçons d'espionnage, ils sont montés de toutes pièces ?
07:07Un prétexte, pourquoi ? Pour qu'ils soient une monnaie d'échange ?
07:09On sait bien qu'il y a souvent des échanges de prisonniers entre la Russie et l'Occident.
07:16Vous pensez qu'on l'a arrêté de façon arbitraire ?
07:21Oui, ça c'est certain.
07:22C'est ce qui a été dit d'ailleurs par le ministère des Affaires étrangères de France
07:29qui a précisément employé le terme arbitraire.
07:32C'est certain, il a été arrêté le 6 juin, il est de facto un otage ou un prisonnier politique.
07:48C'est-à-dire que maintenant, nous étions un peu réticents pour le terme otage.
07:55Maintenant, oui, je ne vois pas pourquoi on ne l'emploierait pas entre otage et prisonnier politique.
08:02Prisonnier politique de la Russie.
08:04Vous avez croisé tout à l'heure dans le couloir Jean-Noël Barraud qui était l'invité de Thomas,
08:09le ministre des Affaires étrangères.
08:11Que vous vous dites ?
08:12Il nous a dit que tout serait fait, bien entendu,
08:16que les affaires étrangères travaillaient sur le cas de notre fils.
08:23Et nous le croyons.
08:25Vous avez confiance ? Vous avez l'impression que la France fait tout ?
08:28Nous avons confiance.
08:29Alors maintenant, nous avons toujours eu confiance depuis un an.
08:34Maintenant, ce que nous avons dit justement au ministre,
08:37c'est que nous attendons qu'il y ait une véritable stratégie et qu'il y ait une véritable discussion,
08:44je ne sais pas à quel niveau,
08:46mais entre des personnes qui ont le pouvoir d'organiser un échange.
08:50Je vous pose la question la même que Thomas a posée au ministre.
08:52Votre fils, il ne travaille pas pour le Quai d'Orsay ?
08:54Pardon ?
08:56Je vous pose la même question que Thomas a posé au ministre.
08:57Votre fils, il ne travaille pas pour le Quai d'Orsay ?
08:59Non, non, non.
09:00C'est ce qu'on lui reproche en Russie.
09:01Clairement, là-dessus, vous êtes catégorique.
09:03Non, non.
09:04Il travaille pour cette ONG qui résout des conflits.
09:08Il a beaucoup travaillé pour l'Arménie et l'Azerbaïdjan, par exemple.
09:13Il résout des conflits.
09:14Mais ce que je voulais dire surtout, c'est que son travail est absolument transparent.
09:20Tout ce qu'il fait lui et ce que font ses collègues est tout à fait transparent.
09:25C'est quoi la suite, les prochaines échéances ?
09:27Les prochaines échéances, on les connaît.
09:31On les connaît depuis hier.
09:32C'est-à-dire que ce qu'on a appris, mais très peu de choses de l'audience d'hier,
09:37c'est que l'enquête pour espionnage maintenant se poursuit.
09:41Il y a une date qui est fixée, qui est au 27 novembre.
09:45Bon, on ne sait pas trop ce que ça veut dire.
09:48Donc, il va rester dans cette prison de l'Efford-Dovot.
09:52Il va être interrogé.
09:55Et on attend.
09:57Vous attendez avec espoir pour terminer ?
09:59Heureusement, il faut de l'espoir.
10:03On attend avec espoir.
10:05Merci, Mme Vinatier, d'être venue ce matin sur RTL.
10:07Merci à vous.
10:08C'est moi qui vous remercie.
10:09Merci, Mme.
10:10Merci, Marc-Olivier.
10:11Et face à Fogiel, tous les matins sur RTL à 8h15.
10:13Et réécoutez...
10:14Quand...
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