00:00On va parler d'enseignement avec Camille Gallat, président de Paris-Saclay.
00:03Bonjour, bienvenue dans la matinale de l'économie.
00:06Paris-Saclay, grand pôle d'enseignement, 4 grandes écoles, 2 universités,
00:11des centres de recherche, 50 000 étudiants, plus de 8 000 enseignants, chercheurs,
00:16220 laboratoires, vous représentez 13% de la recherche française.
00:21Et ce chiffre qu'on attend tous les étés, c'est le classement de Shanghai.
00:2413ème place pour Paris-Saclay, ce qui est un très bon résultat.
00:28Troisième au niveau européen, vous êtes.
00:31On rappelle peut-être, pour un peu mieux comprendre,
00:34les critères qui sont observés dans ce classement de Shanghai, Camille Gallat.
00:37Déjà, merci de l'invitation pour ce matin dans cette émission.
00:42C'est vrai que le classement de Shanghai, c'est un classement qui est assez stable
00:45depuis de très nombreuses années.
00:47Et c'est vrai qu'il y a des critères principaux qui sont essentiellement basés sur la recherche.
00:52Et donc, notamment sur le nombre de prix Nobel, le nombre de médailles fées,
00:58et c'est vrai qu'on est assez stable depuis 2020 dans ce classement de Shanghai,
01:04parce qu'effectivement, nous avons une communauté scientifique qui a été très productive.
01:09Et c'est vrai que cette évaluation de la recherche se fait sur du tendon.
01:13Donc, on ne peut pas acheter un prix Nobel quelque part,
01:18le faire venir de l'université pour faire un saut significatif dans le classement de Shanghai.
01:22Donc, c'est quelque chose qui est le dernier prix Nobel, d'ailleurs, en physique, c'est à l'aspect.
01:27Et donc, les médailles fées, sans mathématiques,
01:29on a effectivement un positionnement très fort au niveau de sa clé en physique et en mathématiques.
01:34En mathématiques, on est soit premier, soit deuxième au niveau mondial.
01:37Donc, c'est vrai qu'on est assez fiers de cela.
01:40Ce n'est pas notre boussole en termes d'orientation.
01:43On ne vit pas au quotidien pour être dans le classement de Shanghai.
01:46Mais c'est vrai que c'est une grande fierté pour nous d'avoir une vraie reconnaissance
01:50de la qualité de la recherche scientifique qui était effectuée
01:54sur l'ensemble des laboratoires de l'université.
01:57Et c'est vrai que ça valorise à la fois les anciens chercheurs, les chercheurs,
02:01tous les personnels administratifs et techniques qui sont mobilisés au quotidien
02:04et qui sont évidemment au service de nos étudiants.
02:08Puisque, évidemment, l'objectif dans cette affaire-là,
02:12c'est de pouvoir attirer des talents dans nos universités
02:14pour aller former le mieux possible pour qu'ils s'insèrent parfaitement.
02:19Vous avez raison de le dire.
02:20On le voit dans ce classement, la concurrence est hyper forte.
02:23Il y a huit universités dans les dix premières places qui sont américaines.
02:27Il y a la Chine qui monte aussi dans ce classement.
02:30Est-ce que ce classement, il vous aide justement à attirer du monde,
02:33à attirer les futurs talents de la science de demain et de la recherche ?
02:37Absolument, dans la mesure où ça permet de valoriser
02:41l'ensemble des compétences scientifiques qui sont portées par l'université.
02:46Nous avons un nombre d'étudiants internationaux assez important.
02:4935% de nos étudiants viennent de l'étranger.
02:52Nous formons à la recherche et pas à la recherche.
02:55nos étudiants.
02:58Et évidemment, de pouvoir attirer le maximum de jeunes à la fois au niveau national,
03:04européen et puis au niveau international, ça permet d'avoir une grande diversité de profils
03:09et de faire rayonner l'ensemble de nos activités au plus haut niveau européen et international.
03:16Je fais un pas de côté, mais vous dites que vous accueillez 35% d'étudiants étrangers.
03:19Est-ce que le contexte politique, est-ce que ce qui se passe aux Etats-Unis, par exemple,
03:22et le traitement des étudiants de façon générale et des scientifiques par Donald Trump,
03:27ça a aussi des incidences sur la fréquentation de Paris-Saclay ?
03:30Alors, ça pourrait en avoir, mais pour l'instant, on n'arrive pas encore beaucoup à l'évaluer.
03:35Évidemment, l'objectif, c'est de pouvoir effectivement accueillir tous les étudiants,
03:38quelle que soit leur origine.
03:41Et c'est vrai qu'on a des étudiants qui viennent du monde entier à l'Université Paris-Saclay,
03:45et c'est ce qui fait la vraie richesse de cette université.
03:48– Est-ce que le prix des universités augmente ?
03:52On parlait tout à l'heure dans le journal de l'augmentation des frais de scolarité,
03:55notamment sur les écoles de commerce.
03:57Est-ce que les universités, la vôtre par exemple,
03:59sont touchées par la hausse de ces frais de scolarité ?
04:01Et si oui, pourquoi ?
04:02– Alors, les droits d'inscription sont fixés par l'État,
04:05dans l'université publique française, et nous en sommes une, évidemment.
04:09Et c'est vrai que chaque année, il y a une évolution légère des droits d'inscription,
04:16mais c'est vrai que c'est le contexte un peu global qu'il faut regarder,
04:19parce qu'en fait, effectivement, il y a une augmentation des droits d'inscription,
04:23mais il y a en même temps le coût de la vie quotidien, le logement, les transports.
04:28– Les logements, bien sûr.
04:29– Et dans la région parisienne, c'est encore beaucoup plus important.
04:32Et pour le coup, nous sommes mobilisés dans les universités,
04:35et en particulier l'Université Paris-Saclay,
04:36pour justement accompagner au mieux nos étudiants,
04:40avec des aides sociales,
04:42les informer de tous les dispositifs d'accompagnement social, de santé.
04:49On a une responsabilité en termes de formation,
04:52pour pouvoir les insérer professionnellement,
04:55mais on a aussi une responsabilité en termes de formation citoyenne.
04:58Et donc, notre objectif, effectivement,
05:00c'est que les étudiants soient dans de très bonnes conditions d'études,
05:04pour pouvoir réussir, évidemment,
05:07et pour pouvoir mieux s'insérer dans une entreprise,
05:11ou bien alors dans la société.
05:13Donc, il y a énormément de choses qui sont faites dans les universités françaises,
05:18et à Saclay en particulier.
05:20Voilà, donc, on met un accent très fort sur l'accueil des étudiants.
05:27On anticipe beaucoup aussi sur, avant leur arrivée à l'université,
05:32puisque nous avons des partenariats avec certains lycées,
05:35dans le cadre des cordées de la réussite,
05:36pour pouvoir justement les informer de ce qui est offert au niveau de l'université,
05:41en termes de formation.
05:42Et c'est vrai qu'on travaille en interaction très forte,
05:44et c'est vrai que nous avons eu un certain nombre de CMA,
05:48ce qu'on appelle les compétences métiers d'avenir,
05:50dans différents domaines de l'énergie,
05:53notamment, mais pas seulement.
05:55Et c'est vrai que c'est un travail en étroite collaboration
05:58avec à la fois les institutions publiques de formation, de recherche,
06:03mais aussi avec les partenaires socio-économiques.
06:05Et c'est aussi une vraie chance pour nous de pouvoir, effectivement,
06:09travailler en interaction forte avec le monde socio-économique,
06:12pour faire évoluer justement un certain nombre de choses.
06:14On a un sujet de féminisation,
06:16dès qu'on parle des filières scientifiques,
06:1856% des étudiants sont des étudiantes,
06:21les femmes forment les effectifs à 95%
06:25des professions paramédicales et sociales,
06:28mais chez les ingénieurs,
06:29elles ne représentent que 30% de représentation dans les métiers.
06:33Qu'en est-il à Paris-Saclay ?
06:35Et comment vous faites pour les attirer ?
06:36C'est vrai que ça passe notamment aussi par les informer dès le lycée,
06:40peut-être même dès le collège,
06:41parce que c'est là que ça commence,
06:42c'est là qu'on renonce aux mathématiques.
06:44Comment vous faites-vous ?
06:45Alors nous, nous travaillons une étroite collaboration dès le collège,
06:49avec un certain nombre de partenaires, avec le rectorat,
06:52et c'est vrai que nous avons mis en place,
06:55enfin, moi je suis élu depuis un an,
06:57donc des choses ont été mises en place au niveau de l'Université Paris-Saclay,
07:00pour attirer le maximum de jeunes,
07:02et organiser par exemple des ateliers avec des filles uniquement,
07:06pour pouvoir les sensibiliser aux sciences,
07:09et nous avons une maison d'initiations et sensibilisation aux sciences,
07:14ce qu'on appelle la MIS à l'Université Paris-Saclay,
07:16où nous accueillons régulièrement près de 1000 jeunes chaque année,
07:20qui viennent de collèges de la région,
07:22et qui viennent assister à des ateliers d'animation scientifique,
07:27de médiation scientifique,
07:29et ça permet aussi effectivement de les familiariser
07:33avec ces domaines des sciences, en physique, en mathématiques,
07:37et c'est vrai qu'en fait, un des objets que nous développons
07:42au travers de notre fondation partenariale,
07:44c'est évidemment mettre des actions en place
07:46pour pouvoir soutenir davantage les filles
07:49pour aller vers certaines formations scientifiques,
07:52donc ça fait partie des chantiers sur lesquels nous travaillons actuellement.
07:55Pour finir, au moment où les étudiants ont été embêtés aux Etats-Unis,
08:01et certains ont été accueillis en France,
08:03on a parlé de la valorisation des métiers scientifiques en France,
08:08est-ce que vous qui êtes au début finalement du processus
08:11de formation, d'enseignement, de recherche,
08:14vous considérez que ces métiers sont assez valorisés en France,
08:18assez payés, ou qu'on a encore aussi là-dedans
08:21des gros progrès à faire par rapport aux pays étrangers ?
08:24Je pense qu'on pourrait aussi travailler en interaction forte,
08:27je rebondis sur votre question,
08:29avec les médias pour valoriser davantage les parcours,
08:32les profils de jeunes femmes qui réussissent dans l'enseignement supérieur,
08:36qui s'insèrent très bien,
08:37et qui créent parfois des start-up.
08:39Nous avons quasiment chaque année 50 start-up créées
08:43au sein de l'Université Paris-Saclay.
08:44C'est énorme, en termes de production,
08:48de partenariat avec le monde socio-économique,
08:49et nous avons un certain nombre de personnes
08:53qui sont passées par l'Université Paris-Saclay,
08:55et de femmes notamment,
08:57et qui pourraient témoigner de leur expérience,
08:59et ça je pense que c'est une façon aussi
09:00de montrer que tout est possible,
09:05et que tous les champs sont ouverts,
09:07et il y a de très belles carrières,
09:08et parfois on peut démarrer dans un certain domaine,
09:11et puis évoluer vers un autre domaine,
09:13et donc tout ça est possible à l'Université,
09:15et ça c'est vraiment une vraie richesse.
09:17Le travail effectivement dans les carrières scientifiques,
09:20il faut absolument le valoriser pour les femmes notamment.
09:22Merci beaucoup Camille Gallep d'être venue nous voir,
09:24président de Paris-Saclay dans la matinale de l'économie.
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