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  • il y a 1 an
Claude de Saint Vincent, vice-président du groupe Media-Participations, était l'invité de Sandra Gandoin dans Good Morning Business, ce lundi 18 août. Il a parlé des incontournables de cette rentrée littéraire, sachant que près de 500 romans vont sortir, et donné ses prévisions de chiffres pour 2025 après les bons résultats de 2024, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Le grand entretien ce matin, on va parler de cette rentrée littéraire avec Claude de Saint-Vincent,
00:04vice-président du groupe Média Participation.
00:07Merci beaucoup d'être en direct dans la matinale de l'économie.
00:10Média Participation, c'est Dargou, c'est Dupuis, c'est le Lombard, ce sont les livres.
00:15Et cette rentrée littéraire s'annonce intéressante, près de 500 romans qui sortent à ce moment-là.
00:21Donnez-nous envie de lire Claude de Saint-Vincent, qu'est-ce qui est notable cette année ?
00:25Cette année, comme chaque rentrée littéraire, tous les éditeurs présentent des grosses cartouches.
00:35Et la littérature est là, puisqu'on voit bien qu'en 2024, 2025, depuis 3-4 ans,
00:41elle est portée par un nouveau genre qui est la romance.
00:44Et donc, entrer des jeunes, des nouveaux lecteurs, des bonnes lectrices dans les librairies.
00:51Donc, cette année, chez nous, on a les habitués des prix, les quelques auteurs stars,
00:59ceux qui ont des rendez-vous réguliers, comme Philippe Delerme,
01:03qui sort un nouvel opus un peu différent des derniers,
01:09puisque c'est une espèce d'hommage extraordinaire à Charles Dickens.
01:14Ça s'appelle « Le suicide exalté » de Charles Dickens,
01:20où on apprend que, pendant ces dix dernières années,
01:23Charles Dickens a été un peu à l'image d'une rock star.
01:27Il faisait des tournées littéraires dans lesquelles il faisait des lectures publiques
01:31à travers toute l'Angleterre,
01:33et au tel point qu'il en est mort épuisant,
01:37à force d'essayer de transmettre sa passion de la littérature et des livres.
01:41– Ce sera un livre à lire, effectivement, pour cette rentrée.
01:48On va parler un petit peu, globalement, de chiffres.
01:49La littérature a connu une bonne année 2024,
01:52avec un chiffre d'affaires en hausse de plus de 5%,
01:54selon le syndicat national de l'édition.
01:56Est-ce que vous pensez que l'année 2025 prend le même chemin ?
01:59– Non. Il faut savoir qu'après les deux années du Covid 2020-2021,
02:06qui ont été extraordinaires pour la lecture,
02:08avec des progressions de 30%,
02:11les années suivantes sont revenues à plus de stabilité,
02:17et 2025 marque un petit ralentissement après les années précédentes.
02:24Et donc, on repart sur une tendance qui est plutôt la résilience de la lecture,
02:31mais c'est en définie de la progression.
02:34Donc, effectivement, en matière de littérature,
02:38le succès de la romance est encore un petit peu le marché,
02:42mais globalement, sur la vente de livres,
02:45avec le marché du grand dessiné qui est redevenu raisonnable,
02:48le marché du monde qui, après les croissants de 40%
02:53est revenu à plus de stabilité,
02:58on sera normalement en 2025 sur un marché de l'édition en régression.
03:04– Est-ce que c'est une question de prix ?
03:07Je regardais Colcause, le nouveau Emmanuel Carrère,
03:09coûte 24 euros sur la FNAC,
03:12Amélie Nothomb, 19,90 euros, 13 euros en e-book,
03:15c'est un peu moins cher.
03:16C'est cher un livre aujourd'hui, notamment pour les très jeunes.
03:18Est-ce que c'est à cause de ça ?
03:20Est-ce que les gens mettent cet argent dans autre chose ?
03:24– Je crois que quand on compare aux investissements
03:28en matière de téléphonie mobile, de jeux vidéo,
03:34de parcs d'attractions,
03:36je crois que le livre, quand on le prend sur la longue distance,
03:41a plutôt été moins cher que l'inflation.
03:44Le problème, c'est un problème d'habitude.
03:48On est dans un combat contre des écrans permanents,
03:51et c'est plutôt le temps de lecture,
03:54le temps disponible qui est le sujet numéro un,
03:59et qu'il y a moins de temps pour lire le papier
04:02qu'il y avait autrefois.
04:05Les écrans, les réseaux sociaux, Internet,
04:08ont gagné la partie.
04:09– Est-ce que ça ne veut pas dire qu'il faut lire sur ces écrans ?
04:13Ça a déjà commencé, on l'a vu, avec les e-books qui sont moins chers.
04:18Est-ce que ce n'est pas une solution ?
04:19Est-ce que ça met en danger aussi les librairies physiques ?
04:22– C'est une solution pour rendre le livre de plus en plus disponible,
04:26et tous les éditeurs s'y sont lancés,
04:29et tous les livres aujourd'hui sont disponibles également en e-book.
04:32– Mais il se trouve que la lecture numérique reste marginale
04:37par rapport à la lecture papier,
04:41et que, contrairement à ce qu'on peut penser,
04:45lire un livre ou lire un journal en papier
04:47est infiniment plus immersif que le lire sur écran.
04:51Ce n'est pas la même moitié de cerveau qui travaille,
04:53et la réalité, c'est que ce n'est pas tout à fait la même chose.
04:58On ne retient pas de la même manière,
04:59et on est, contrairement à ce qu'on pourrait penser,
05:04moins immergé dans une lecture sur écran que lecture papier.
05:08– Quelle est la solution alors ?
05:11– La solution, il se trouve que la lecture reste résiliente,
05:17la solution c'est faire lire les enfants, faire lire les jeunes,
05:20et on s'aperçoit qu'effectivement la passion des écrans
05:24et aujourd'hui la lutte contre l'emprise des réseaux sociaux
05:31ou des téléphones portables des enfants est devenue
05:34presque une cause nationale, c'est-à-dire le pays.
05:38Mais il est vrai qu'aujourd'hui le livre résiste,
05:46par rapport au CD, par rapport à la vidéo par exemple,
05:50mais le combat est plus en plus difficile.
05:56– Ce qui veut dire qu'on fait lire les enfants,
06:00on a un problème avec les adolescents qui se mettent très vite aux écrans
06:03et qui derrière vont peut-être abandonner le livre.
06:06Est-ce qu'il faut se concentrer sur les BD, sur les mangas,
06:09ou pour vous c'est contre-productif ?
06:10Et ce n'est pas du tout la même chose évidemment qu'une lecture d'un roman ?
06:14– Pas du tout. Lire c'est lire. Lire une bande dessinée, lire un manga,
06:20lire un roman policier, lire un roman, une fantaisie,
06:27c'est toujours lire. Acheter la femme de ménage, c'est rentrer dans une librairie.
06:40Tout ce qui fait lire est bien et la lecture,
06:45elle passe par tous les moyens possibles de tenir un livre dans ses mains.
06:50Et donc la bande dessinée et le manga,
06:54ce n'est pas le président de Margot qui va vous dire le contraire,
06:58c'est de la lecture.
06:59L'année dernière, l'un des plus gros succès de Margot,
07:02c'est l'adaptation de La Route, de Cormac Piccardi,
07:05en bande dessinée par Manu Marseillet.
07:07On en a vendu 250 000, c'est traduit dans plus de 20 pays.
07:14On voit bien qu'un genre littéraire, peu d'importance qui compte,
07:21c'est de donner une familiarité aux jeunes lecteurs,
07:25avec le livre et la toitier.
07:28– Avec la régression dont vous parliez pour le marché en 2025,
07:32dans le monde de l'édition,
07:34est-ce que les librairies physiques, pour certaines, sont menacées ?
07:40– C'est un métier très difficile,
07:41qui est rendu compliqué à la fois par la difficulté
07:45à faire rentrer des nouveaux lecteurs dans les librairies,
07:48mais aussi par le prix de l'immobilier,
07:50mais aussi par les charges sociales
07:52qui impliquent le fait d'avoir des salariés.
07:56Donc, ils ont les mêmes problèmes que beaucoup d'entreprises
08:01et que tous les commerces physiques,
08:03qui sont également attaqués par les acteurs de la numérique.
08:08Et quand vous êtes la fnac.com ou Amazon contre vous,
08:14c'est un ennemi de plus,
08:16qui lui contribue à la lecture,
08:20mais contribue à la désertification des centres-villes
08:22et qui vous prive de quelques lecteurs.
08:26– Merci beaucoup Claude de Saint-Vincent,
08:30vice-président du groupe Média Participation,
08:33d'avoir été avec nous ce matin dans la matinale de l'économie.
08:35– Merci.
08:36– Merci.
08:37– Merci.
08:38– Merci.

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