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  • il y a 4 minutes
La guerre en Iran et au Moyen-Orient est entrée dans son douzième jour ce mercredi 11 mars. L'Iran a dit avoir mené dans la nuit de mardi à mercredi des frappes de grande ampleur, notamment contre des cibles américaines et israéliennes. Dans le même temps, Israël continue de cibler la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien.

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00:02– Vous êtes bien sur RMC et BFM TV, il est 8h28, bonjour Roland Lescure,
00:07vous êtes le ministre de l'économie et on en a bien besoin ce matin de vos réponses,
00:13beaucoup d'inquiétudes sur le front, notamment de la flambée des prix, des prix de l'essence.
00:19On a d'ailleurs appris ce matin qu'un cargo avait été touché dans le détroit d'Hormuz,
00:22l'équipage a été évacué, la situation sur place est donc extrêmement tendue.
00:28Qui profite aujourd'hui de tout cela ?
00:32Les prix à la pompe qui continuent à monter, qui ont encore monté ce matin,
00:37alors que dans le même temps le prix du baril s'est au moins stabilisé, voire même est redescendu.
00:42Il y a bien quelque part où passe l'argent ?
00:44– Alors, d'abord globalement personne n'en profite, c'est une mauvaise nouvelle pour nous tous.
00:49Il y a une guerre dans le Moyen-Orient, le pétrole monte et l'essence monte dans tous les pays.
00:55Et c'est encore pire en Asie, on y reviendra peut-être, parce que ça, ça va nous conduire sans
00:58doute à prendre des décisions importantes.
01:01Aujourd'hui, le prix de l'essence, globalement, je parle bien de l'essence, il a monté d'à peu
01:07près 15 centimes.
01:08Le prix du gasoil, lui, il a monté de près de 30 centimes.
01:12Et il est aujourd'hui à 2 euros.
01:15Mais vous l'avez dit, un certain nombre de distributeurs sont au-delà et même bien au-delà.
01:20Donc, un, j'engage quand même nos auditeurs à faire jouer la concurrence.
01:24Il y a un site qui donne tous les prix d'essence partout en France, ça s'appelle prixgarburant.gouv
01:29.fr.
01:29– Et d'ailleurs, RMC et BFM TV, sur l'application, vous aident à faire le plein le moins cher
01:35possible autour de chez vous.
01:36C'est géolocalisé, donc on peut effectivement faire jouer la concurrence.
01:39Mais enfin, à la fin, il n'y en a pas non plus qui ne soit vraiment pas cher.
01:42– Un, il y a aujourd'hui. Alors, le prix de l'essence a monté partout.
01:44J'allais dire, c'est normal et c'est malheureux.
01:46Et je comprends notamment pour nos concitoyens qui roulent beaucoup,
01:49qui ont des professions qui les amènent à conduire beaucoup.
01:52Ça fait une sacrée hausse.
01:54On n'est pas en 2022, au sens où l'électricité, elle, n'a pas bougé.
01:58À l'époque, on avait fait x10.
02:00Le gaz n'est pas au niveau où il était à l'époque.
02:03On est à 50 euros sur les marchés, on était à 350 euros.
02:06Donc, le gaz, pour l'instant, ça va, surtout parce qu'on est au printemps.
02:10L'électricité, ça va très bien grâce à EDF et aux réacteurs nucléaires.
02:14L'essence, ça monte.
02:15Aujourd'hui, vous avez 60% des stations-services
02:19dans lesquelles le gasoil est à 2 euros ou moins.
02:22Donc, faites jouer la concurrence.
02:23Et pour les autres, moi, je convoque les distributeurs demain à 9h45
02:27parce que je souhaite qu'on corrige les anomalies.
02:30Donc, je souhaite les entendre là-dessus.
02:31Je souhaite aussi qu'ils me fassent des propositions.
02:33Il y a eu dans le passé des distributeurs qui se sont engagés.
02:37– À prix coûtant, des opérations.
02:38– À prix coûtant, dans des campagnes de plafonnement.
02:41Donc, moi, à ce stade, je souhaite encore être dans une logique
02:44de collaboration et d'écoute.
02:46Mais eux-mêmes m'ont indiqué la semaine dernière
02:48qu'ils avaient, ce sont leurs termes, pas les miens,
02:51quelques brebis galeuses.
02:52Moi, ce que je m'attends, c'est à ce que les brebis galeuses,
02:55elles, rentrent dans le rang.
02:57Et qu'on se retrouve avec, oui, une hausse de l'essence,
02:59qui est malheureuse, mais j'allais dire,
03:02qui est automatique aujourd'hui.
03:03Mais qu'on n'aille pas ni trop loin, ni trop vite.
03:06– Et quel est le rôle de l'État ?
03:09On va y revenir.
03:10Le RN demande à baisser les taxes.
03:12LFI demande à geler les prix.
03:14Je vous interrogerai là-dessus dans un instant.
03:15Mais la réponse, pour l'instant, de votre côté,
03:17a toujours été de dire, bon, en fait,
03:19on va leur demander aux distributeurs,
03:22on va les observer, on va même les contrôler.
03:23Ça a été l'annonce de Sébastien Lecornu,
03:25qui a donc annoncé, en trois jours, 500 contrôles.
03:32C'est censé s'être arrêté là, il y a quelques heures.
03:34– On l'a fait deux jours.
03:34– Vous l'avez fait ?
03:35– On l'a fait, 513.
03:37Je peux vous dire qu'on a même dépassé les 500.
03:38– 513 contrôles ?
03:40– 513 contrôles, avec un certain nombre de sanctions.
03:43On aura l'occasion d'actualiser le chiffre en milieu de journée.
03:47À hier, on avait à peu près 6% de sanctions,
03:50de pratiques trompeuses.
03:52Là encore, c'est une minorité.
03:53– De sanctions ou de pratiques trompeuses ?
03:54– En fait, on est à un peu plus de 10% d'erreurs,
04:01d'affichage de prix, de publicité mensongère,
04:03et à 6% de sanctions.
04:04Ça, c'était à lundi soir.
04:06On aura les chiffres hier soir, pardon, dans la journée.
04:10Donc, on est à la fois sur une très faible minorité,
04:13mais une minorité qui doit être corrigée.
04:15– Mais c'est quoi les erreurs dont vous parlez ?
04:17– Ça peut être des erreurs d'affichage,
04:19ça peut être de la publicité mensongère,
04:21ça peut être des marges dont on considère qu'elles vont trop loin.
04:24Aujourd'hui, on a besoin de solidarité.
04:26– J'ai besoin justement de comprendre précisément,
04:28avant qu'on puisse en venir justement à,
04:30est-ce qu'il faut libérer les stocks,
04:31est-ce qu'il faut baisser les taxes, etc.
04:34Mais dans ce que vous avez observé,
04:37nous, on les a suivis, nous, journalistes,
04:39sur RMC, sur BFM TV,
04:40on les a suivis, les contrôleurs de la DG...
04:43– CCRF.
04:44– CCRF.
04:45– Réprison des fraudes.
04:46– Honnêtement, j'ai trouvé que ça ne servait à rien.
04:49C'est-à-dire qu'en fait, ils étaient avec des carnets
04:51et ils vérifiaient effectivement que les papiers avaient bien été remplis,
04:56que les déclarations des différents pompistes avaient été faites
05:00et qu'il n'y avait pas un décalage entre le prix affiché
05:03et quand le ticket sort, ce qu'on avait vraiment demandé, etc.
05:07Mais en réalité, vous n'avez aucun moyen de contrôler les prix eux-mêmes
05:12puisque les prix sont libres.
05:14Donc c'est le grand bluff, ce contrôle.
05:15– Non, non, non, ce n'est pas du bluff.
05:16Non, non, non, puisque je vous dis,
05:17on a un certain nombre d'erreurs qui sont notées
05:20et un certain nombre de sanctions qui sont passées.
05:22Attendez, je vais continuer.
05:23– Non, mais des erreurs, ce n'est pas des erreurs sur les prix.
05:25Ça ne change rien pour les gens.
05:26– Si, c'est des erreurs d'affichage sur les prix.
05:27Quand vous mettez sur votre totem, comme on dit,
05:29un essence à 1,90 et que la réalité, c'est que dans la pompe, il est à 2,
05:34ben oui, vous trompez le client.
05:36Et clairement, vous faites quelque chose, dit les gars.
05:38– Oui, mais à la fin, vous n'allez pas faire payer le consommateur 1,92 au lieu de 2.
05:43– Ah ben si, si c'est à la pompe, 1,92, enfin si c'est 2, ce sera 2.
05:47Donc non.
05:47– C'est bien ce que je vous dis.
05:50– Ce que je dis, c'est que si vous arrivez sur la rue…
05:52– S'il est à 2, il le paiera 2.
05:53Vous tirez au pompiste, ah ben vous avez mal affiché.
05:55Mais à la fin, pour le français, ça ne change rien.
05:57– Ah ben si, parce que c'est une publicité mensongère.
06:00C'est un comportement parmi d'autres.
06:02Là où je vous rejoins, c'est que sur les 10%
06:05par exemple qui aujourd'hui vendent leur gasoil au-delà de 2,30€.
06:09On a besoin d'explications, on a besoin d'engagement,
06:13on a besoin de correction de la part des distributeurs.
06:16Sinon, il faudra qu'on envisage d'aller plus loin.
06:19Mais moi, à ce stade, je reste convaincu
06:21que face à un choc extérieur important,
06:26on a plus besoin de se serrer les coudes, de solidarité,
06:29de faire jouer la concurrence, ça c'est très important,
06:31et de faire en sorte que chacun joue son rôle.
06:33Donc moi, ce que je vais leur dire demain,
06:35c'est que j'attends que vous jouiez votre rôle.
06:37Sinon, effectivement, il faudra sans doute qu'on aille plus loin.
06:39– Je voudrais pour que les choses soient très claires,
06:41Roland Léthi, quand je dis que c'est le grand bluff,
06:43cette histoire de contrôle,
06:45c'est qu'au fond, on a un problème majeur,
06:47qui est la question de la hausse des prix du carburant.
06:51Votre réponse pour l'instant, c'est de dire,
06:53et d'ailleurs l'expression hausse abusive
06:55a été utilisée par le Premier ministre,
06:58nous, on va montrer les muscles,
07:00on va faire des contrôles.
07:01Mais en réalité, ce que vous pouvez contrôler,
07:04ce n'est pas les prix.
07:06– Ah ben, si, on contrôle et on mesure tous les prix…
07:08– Vous ne pouvez pas empêcher un distributeur d'augmenter les prix.
07:11– Je ne peux pas empêcher un distributeur d'augmenter les prix,
07:14c'est la concurrence.
07:15Mais en revanche, je peux mesurer,
07:18je peux regarder la distribution,
07:20je peux identifier ceux qui en font trop,
07:22je peux les pointer du doigt,
07:24je peux faire en sorte qu'on les transplants.
07:27– Pardon Roland Lescure, mais puisque 60% du prix de l'essence,
07:30c'est vous, c'est l'État,
07:32est-ce que la solidarité, elle ne doit pas commencer par là ?
07:34Est-ce que ce n'est pas vous qui deviez d'abord faire un effort ?
07:36– Non mais ça, ce n'est pas le grand bluff du siècle,
07:37pour reprendre votre expression,
07:38c'est la grande esproquerie du siècle.
07:41D'imaginer que l'État s'en met plein les poches
07:43quand on fait face à un choc pétrolier,
07:45ça n'est jamais arrivé.
07:46Alors je vais faire un peu de pédagogie là-dessus.
07:48– Allez-y.
07:49– On a un peu plus de 50% sur l'essence,
07:51qui est effectivement des impôts,
07:53qui servent à financer des services,
07:57plus de la moitié de ces impôts,
07:58c'est ce qu'on appelle la TICPE,
08:00c'est une taxe qui est assise sur les volumes.
08:02C'est-à-dire que vous payez un certain nombre de centimes par litre.
08:05– Le volume ne va pas changer là ?
08:06– En fait si, il va peut-être baisser.
08:08– Oui, il va baisser.
08:10Typiquement, on a une baisse de 10 à 20%,
08:12parce que les Français ne sont pas idiots.
08:13Quand le prix de l'essence monte,
08:15ils conduisent moins, ils font du covoiturage.
08:17– Un petit peu.
08:17– Non mais il y a beaucoup de gens qui le font quand même.
08:20Je le répète, il y a des gens pour lesquels
08:23la conduite est un outil de travail.
08:25Eux, évidemment, ils n'ont pas le choix.
08:27Mais il y a beaucoup de Françaises et de Français
08:29qui réduisent leur consommation.
08:30– Donc ça, c'est la partie taxe sur l'assise.
08:33En revanche, la TVA, c'est sur le prix.
08:35Et si le prix monte, il y aura plus de recettes.
08:39– Et un effet négatif du fait des volumes.
08:42Donc la réalité, on l'a observé à chaque fois,
08:45c'est que quand le prix de l'essence monte,
08:47globalement, c'est une, j'allais dire comme une mauvaise affaire pour l'État,
08:50mais c'est une mauvaise affaire pour tout le monde.
08:52Donc ce qu'on propose aujourd'hui, ça a déjà été essayé.
08:56Jordan Berdella, il propose d'utiliser l'argent qu'on n'a pas,
08:59de dépenser de l'argent que je n'ai pas aujourd'hui.
09:02On l'a fait dans le passé pour faire ce qu'on appelle la TICP flottante.
09:05– Il y a d'autres pays qui ont fait,
09:07parce que comme vous le disiez,
09:08effectivement tout le monde entier est confronté à cette question.
09:11La Croatie, la Hongrie ont plafonné le prix de l'essence
09:13et du gazole à partir de ce mardi.
09:14En Italie, le gouvernement a annoncé la réduction
09:17des taxes sur l'essence
09:18avec un système justement d'assises mobiles.
09:22– Alors ce n'est pas fait en Italie,
09:24parce que je peux vous dire,
09:25j'en ai parlé avec mon collègue.
09:26– Ils ont dit qu'ils allaient le faire.
09:26– Ils ont dit qu'ils allaient envisager de le faire
09:28et j'en ai parlé avec mon collègue italien.
09:30Il me dit franchement, je ne sais pas encore comment je vais faire ça
09:32parce que c'est très compliqué.
09:33C'est une usine à gaz.
09:34Ça a été fait en France en 2000.
09:36Je lui ai dit franchement,
09:37moi je peux t'envoyer toutes les notes,
09:38c'est très compliqué.
09:39Et surtout, c'est très souvent déceptif
09:41parce que vous baissez la fameuse taxe,
09:43vous n'allez pas la mettre à zéro.
09:45Donc vous baissez de quelques centimes l'essence
09:47alors qu'il a démonté, on l'a dit,
09:49de 15, 20, voire même 30 centimes pour le gazole.
09:52Donc il faut trouver autre chose.
09:53Et je ne veux pas vous donner l'impression
09:55qu'on est impuissant face à ça.
09:57– Vous donnez un petit peu cette impression.
09:59– Mais c'est pour ça que je voudrais qu'on aille un peu plus loin.
10:01Parce qu'aujourd'hui, le vrai nœud du problème,
10:04il n'est pas à Charleville-Mézières ou à Mâcon,
10:06il est dans le détroit d'Hormuz.
10:08– Mais est-ce que le nœud du problème,
10:09ce n'est pas aussi ce que disait ce matin
10:11le gouverneur de la Banque de France,
10:13François Villeroy de Gallo,
10:14qui a été chez mes confrères d'RTL,
10:15il a dit cette phrase, nous n'avons plus d'argent.
10:18– Est-ce que le problème, ce n'est pas celui-là ?
10:19En fait, on n'a pas de marge, nous la France.
10:21– Non, mais je vous confirme qu'on n'a pas beaucoup d'argent.
10:22Mais ce que je peux vous dire aussi,
10:24c'est que lundi matin, à la demande du président de la République,
10:27j'ai convoqué un G7 Finance.
10:28J'ai convoqué hier un G7 Énergie.
10:30Qu'à l'issue de ces deux réunions,
10:32on s'est mis d'accord pour mettre en place tous les moyens,
10:35à ce stade, la décision n'est pas prise,
10:37de libérer ce qu'on appelle nos stocks stratégiques mondiaux.
10:41Et le pétrole, entre lundi matin et lundi soir,
10:44on était à 120 dollars.
10:46On est revenu aujourd'hui à ce qu'on va l'aider.
10:48– On est à 87 il y a une heure.
10:50– 90 dollars.
10:50Et donc, on a bien montré
10:54qu'une heure de réunion à cette ministre des Finances,
10:56ça peut avoir beaucoup plus d'impact
10:59que toutes les mesures un peu magiques
11:01qu'on va imaginer ici ou là,
11:03qui ne reviendront qu'à une chose.
11:05C'est prendre de l'essence du côté des conducteurs
11:08pour la reprendre, évidemment, aux contribuables.
11:10– Ce matin, vous nous le dites,
11:11en tout cas, il n'y aura pas d'aide,
11:12il n'y aura pas de chèque énergie,
11:13il n'y aura pas de baisse de la taxe,
11:15il n'y aura pas de gel des prix.
11:16– Apolline de Manère.
11:17– Non, non, mais, voilà, que les choses sont claires.
11:18– Oui, l'incertitude majeure,
11:20c'est l'intensité et la durée de la crise.
11:23Ce que je peux vous dire aujourd'hui,
11:25c'est compte tenu de ce qu'on sait,
11:26le levier majeur, c'est celui-là.
11:29Faire en sorte que le pétrole,
11:30qui n'a pas de problème pour arriver chez nous,
11:32on en a de l'essence,
11:33mais qui a des problèmes pour arriver en Asie,
11:36qu'on puisse le rendre plus fluide,
11:38qu'il circule davantage et qu'on fasse baisser les prix.
11:40– Donc la réponse, c'est plutôt nos frégates
11:42que nos taxes.
11:43– Nos frégates et nos ministres des Finances,
11:45voire même les leaders,
11:46parce que vous savez que le président Macron
11:47a convoqué aujourd'hui un G7
11:49au niveau des chefs d'État
11:50et qui nous avouqueront sans doute
11:52ce sujet des stocks stratégiques.
11:53– Vous avez parlé de la question
11:54des stocks stratégiques,
11:56trois mois de stocks d'avance.
11:58Au moment où on se parle d'ailleurs,
11:59nous n'avons pas de risque de pénurie,
12:01on est bien d'accord,
12:01donc ce n'est pas sur cette question-là.
12:03Ce serait plutôt pour fluidifier le marché.
12:06Ils appartiennent à qui,
12:07ces stocks stratégiques,
12:08et on les a achetés quand ?
12:10Et si on les libère,
12:11qui les paiera ?
12:12– Alors, on est aujourd'hui à…
12:14Je vais parler en jour de consommation,
12:16c'est plus simple, en jour d'importation.
12:18On a aujourd'hui 108 jours d'importation.
12:20Donc on pourrait…
12:21– D'avance en quelque sorte.
12:22– Tout arrêter,
12:23même si le pétrole arrive,
12:24et on aurait 108 jours devant nous.
12:26Et la réalité,
12:27c'est qu'un peu plus de 90 de ces jours
12:30sont détenus par un opérateur public.
12:32Ils sont chez nous,
12:33chez vous,
12:33chez moi.
12:34Et il y en a 18 qui sont en plus
12:35dans les opérateurs privés
12:38qui peuvent être utilisés.
12:40Au total,
12:42on est en millions de barils
12:45dans le monde
12:46à plus d'un milliard
12:47de stocks stratégiques.
12:48Donc des stocks stratégiques,
12:49on en a.
12:50Si vous les libérez,
12:52évidemment,
12:52on ne va pas tout libérer
12:53du jour au lendemain,
12:54vous faites circuler du pétrole
12:55dans le monde.
12:56Et donc,
12:57vous diminuez la pression,
12:58et on l'a vu,
12:59c'est pour ça d'ailleurs
12:59que le pétrole sur les marchés
13:01a baissé depuis trois jours.
13:03Évidemment,
13:03ces stocks ne sont pas infinis,
13:05donc il faut le faire
13:05avec parcimonie.
13:06Surtout,
13:07il faut le faire
13:07de manière coordonnée
13:08pour envoyer un message
13:09de coopération
13:11au G7
13:11et même plus largement
13:12l'Agence internationale
13:13de l'énergie.
13:14C'est une trentaine de pays,
13:15le milliard de stocks
13:16dont je parlais tout à l'heure.
13:17Et il faut donner
13:18un message très clair
13:19qui est que si on ne peut pas
13:21réouvrir le détroit d'Hormuz
13:22tout de suite,
13:23on va le remplacer
13:24par d'autres pétroles
13:25qui viendront d'ailleurs
13:26et qui vont circuler dans le monde.
13:27Et ça,
13:28vous pourriez prendre la décision
13:28dès cet après-midi ?
13:29Écoutez,
13:30je pense qu'aujourd'hui,
13:32mon job,
13:32c'était de faire en sorte
13:36au moment où vous puissiez
13:36appuyer sur le bouton.
13:37Exactement.
13:38Nous, ce qu'on souhaite,
13:38c'est qu'au moment
13:39où les chefs d'État le décident,
13:41au moment où ce qu'on appelle
13:41l'AIEU,
13:42l'Agence internationale
13:43de l'énergie,
13:44le décide collectivement,
13:45on puisse le faire.
13:46Aujourd'hui,
13:47je pense que j'ai fait mon travail.
13:49Roland Lescure,
13:50est-ce que vous pouvez prévoir
13:52dans une semaine,
13:53dans deux semaines,
13:54puisque le prix du baril
13:55est redescendu,
13:57que ces prix
13:58redescendent à la pompe ?
13:59Moi, ce que je veux discuter
14:00avec les distributeurs demain,
14:02c'est trois choses.
14:02Un, partager nos données
14:04qui s'engage à corriger
14:05des anomalies,
14:06qui s'engage à faire
14:07des efforts,
14:08mais je veux parler
14:08de cette histoire de délai.
14:10Parce qu'au fond,
14:10que l'essence est montée,
14:12quelques brebis galeuses,
14:13mais qu'il est monté en moyenne,
14:13j'allais dire que c'est normal.
14:14Ce qui m'a surpris,
14:15c'est la rapidité d'exécution.
14:17J'ai pu dire que c'est monté vite.
14:18Est-ce que ça peut descendre vite ?
14:20Ce que j'aimerais,
14:21c'est que si ça monte vite,
14:22ça descende vite,
14:22si le pétrole baisse.
14:23Parce que ce qu'ils me disent,
14:24et je le comprends,
14:25c'est que comme on s'est rué,
14:26vous l'avez vu sur les pompes,
14:28les stocks ont tourné
14:28très rapidement
14:29et on est très vite arrivé
14:30sur du pétrole plus cher.
14:32Moi, ce que j'espère,
14:33c'est que si le pétrole baisse,
14:34ça baissera aussi et aussi vite.
14:36Est-ce que vous allez revoir
14:36à la baisse
14:37vos prévisions de croissance ?
14:39Non, à ce stade, non.
14:41On sait que ça va avoir
14:42un impact sur la croissance.
14:43Évidemment, sans doute
14:44un peu moins de croissance
14:45et probablement
14:46un peu plus d'inflation.
14:47Mais un, ça va dépendre
14:48de l'intensité et de la durée.
14:49Mais surtout,
14:50on entrait dans cette crise,
14:51là encore,
14:52grande différence avec 2022,
14:53plutôt dans une position favorable.
14:55On avait des chiffres
14:56qui étaient plutôt meilleurs
14:56que ce qu'on attendait.
14:57Donc, je vous rappelle
14:58nos prévisions,
14:591% de croissance,
15:00à peu près 1% d'inflation
15:01cette année.
15:02À ce stade,
15:03pas de raison de l'échanger.
15:04On reste dans une économie,
15:05je dirais, résiliente.
15:07Les banquiers centraux
15:08nous l'ont dit également hier.
15:09On reste dans une économie
15:11résiliente,
15:11y compris pour les entreprises.
15:13Alors là,
15:13ça n'a rien à voir forcément
15:14avec la question de la guerre là-bas,
15:17mais ça met encore plus en tension.
15:19J'avais ce matin
15:21un auditeur, Roland,
15:22qui a une petite entreprise
15:23de transport.
15:23Il a 12 petits camions
15:26et ils font des tournées,
15:28notamment pour les médicaments,
15:30dans les pharmacies,
15:31en Gironde.
15:31Il dit,
15:32avec mes 12 camions
15:32et mes 500 kilomètres par jour
15:34pour chaque camion,
15:35il a calculé qu'il en aurait
15:36ce mois-ci pour 7000 euros
15:39de plus de carburant.
15:41Donc, il dit,
15:41en gros,
15:41c'est toute ma marge du mois
15:42qui va être grignotée.
15:44Dans un monde
15:45et dans une croissance française
15:46où les entreprises
15:47sont clairement sous tension.
15:50J'entends bien que vous dites,
15:51il n'y aura pas d'aide
15:52à ce stade
15:52et on va juste faire en sorte
15:54que la crise se termine.
15:55Mais sauf que ce mois-ci,
15:56par exemple,
15:57pour Roland,
15:58le transporteur,
15:59c'est 7000 euros.
16:00C'est sa marge
16:01qui est grignotée.
16:03Est-ce que les entreprises
16:04françaises
16:05ont l'air insuffisamment solides
16:06pour se dire,
16:07bon,
16:07ok,
16:07il n'y a pas d'aide,
16:08il faut juste qu'on tienne ?
16:09Non,
16:09alors ça va dépendre aussi
16:10de l'intensité de la durée,
16:11mais c'est vrai que pour quelqu'un
16:12dont l'essentiel des coûts,
16:13c'est de l'essence,
16:14c'est ce qu'on appelle
16:15du gazole non routier,
16:16gazole non routier,
16:16c'est plus de 30%,
16:18parce que ce n'est pas comme
16:19l'essence à la pompe,
16:20il n'y a pas de taxe,
16:21ça monte direct.
16:21Donc ça,
16:22c'est très important.
16:23Donc je dis à Roland,
16:24évidemment,
16:24que ça va être difficile
16:25dans les jours qui viennent,
16:27je ne sais pas combien de temps
16:28ça va durer
16:28avant que ça se calme un peu,
16:30je pense que le conflit
16:31va quand même durer,
16:31mais ça peut se calmer
16:32un peu,
16:33et qu'évidemment,
16:34nous on va suivre le sujet
16:35très près,
16:35mais à ce stade,
16:36c'est le gouverneur
16:37de la Banque de France
16:38qui l'a dit,
16:38ce n'est pas moi,
16:39on ne s'attende pas
16:40à un retournement fort
16:41de la croissance,
16:42plutôt un ralentissement,
16:43et donc un mauvais moment
16:44à passer,
16:45mais qui on espère
16:46sera de courte durée
16:47avec une croissance
16:48qui va rentrer.
16:48Demain,
16:48vous recevez
16:50les distributeurs,
16:51est-ce que ça veut dire
16:52que vous considérez
16:52que les fournisseurs,
16:54que Total,
16:55BP,
16:56SO,
16:56Non,
16:56on les reçoit aussi.
16:57Eux,
16:57Ah,
16:58vous les recevez aussi ?
16:59Ou alors,
17:00vous vous dites,
17:00eux,
17:01finalement,
17:02ce n'est pas le problème.
17:03Moi,
17:03je ne veux pas que les uns
17:03et les autres
17:04se renvoient la balle,
17:04on reçoit tout le monde.
17:05Quand je disais
17:06les distributeurs,
17:06c'est au sens large du terme,
17:07donc les pompistes,
17:08pour simplifier,
17:09mais aussi ceux qui remplissent
17:10les pompes,
17:11Total,
17:11et Sceaux,
17:11et quelques autres,
17:12la grande distribution,
17:13les distributeurs indépendants.
17:14Au fond,
17:15quand je parle de solidarité,
17:16il faut que toute la filière
17:16s'y mette,
17:17et on a besoin d'engagement
17:18de leur part,
17:19et j'espère qu'on les aura.
17:28Mais les Sceaux,
17:29aujourd'hui,
17:30malheureusement,
17:30ils sont tombés
17:31au creux du détroit d'Hormuz.
17:34Ils sont où ?
17:35Non mais,
17:36donc,
17:36on a aujourd'hui...
17:38Quand le baril est monté à 120,
17:40mais pas si longtemps,
17:41ils sont passés où ?
17:42Alors,
17:42ceux-là,
17:43ils n'ont pas vécu longtemps,
17:44heureusement,
17:44grâce à notre action,
17:45ça a été essentiellement
17:46de la spéculation
17:47qu'on a réussi à interrompre
17:49avec notre action.
17:50Je pense que lundi,
17:51il y en a qui ont perdu
17:51beaucoup d'argent,
17:52et j'allais dire,
17:53tant pis pour eux,
17:54ça c'est sur les marchés.
17:55C'est la spéculation.
17:56Et j'allais dire,
17:57on a intérêt plutôt
17:58à la briser.
17:59Mais la réalité aujourd'hui,
18:00c'est qu'il manque
18:0120 millions de barils par jour,
18:02et que si on ne les remplace pas,
18:03le pétrole va être plus cher,
18:05parce que ça coûte plus cher,
18:06parce qu'il y en a moins,
18:07et que du coup,
18:08ce qui est rare et cher,
18:09vous connaissez le dicton,
18:10évidemment,
18:10ça fait un essence plus cher
18:11pour tout le monde,
18:12et je le regrette évidemment.
18:14Et on va tout faire
18:14pour que ce soit pas trop haut,
18:17et surtout que ça baisse
18:18le plus possible.
18:18Pas trop longtemps.
18:18Roland Lescure,
18:20merci d'avoir répondu
18:21à nos questions ce matin.
18:22Un ministre de l'économie,
18:23il est 8h47 sur AMC BFM TV.
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