- il y a 6 mois
Parlement Hebdo c'est le meilleur de la semaine parlementaire. Chaque vendredi, un député et un sénateur analysent les temps forts de la semaine au Sénat et à l'Assemblée nationale.Cette semaine, Kathia Gilder (LCP-AN) et Alexandre Poussart (Public Sénat) reçoivent Rodrigo Arenas, député La France Insoumise de Paris et Pierre-Jean Verzelen, sénateur Les Indépendants de l’Aisne.Au programme : la proposition de loi visant à “lever les contraintes du métier d’agriculteur”, rédigée par les sénateurs Laurent Duplomb et Franck Menonville, et la proposition de loi de réforme de l’audiovisuel public.La proposition de loi Duplomb-Menonville a été définitivement adoptée par le Sénat le 2 juillet, elle doit arriver devant les députés le 8 juillet. En commission mixte paritaire, 14 parlementaires se sont mis d’accord sur une version finale du texte lundi 30 juin. Les dispositions du texte font débat, car elles comprennent entre autres l’autorisation sous conditions de l’acétamipride, ce pesticide néonicotinoïde interdit en France en 2018.La proposition de loi de réforme de l’audiovisuel public, qui prévoit de regrouper les chaînes de télévision et de radio publiques dans une holding “France Médias” avait déjà été adoptée par le Sénat. Le texte, porté par la ministre de la Culture Rachida Dati, a été rejeté avant même son examen à l’Assemblée nationale grâce à une motion de rejet de la gauche. Il revient en séance au Sénat au mois de juillet. Le projet est dénoncé par la gauche et les salariés des médias concernés, qui ont déjà mené plusieurs grèves. Année de Production :
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00:00Générique
00:00Bonjour à tous, très heureux de vous retrouver pour ce nouveau numéro de Parlement Hebdo,
00:13l'émission qui vous fait vivre les temps forts à l'Assemblée Nationale et au Sénat.
00:16Et comme chaque semaine, on vous propose un débat entre un sénateur et un député,
00:20avec aujourd'hui Pierre-Jean Verzelen, bonjour.
00:23Bonjour.
00:23Vous êtes sénateur de l'Aisne, membre du groupe Les Indépendants, République et Territoire au Sénat.
00:27Et face à vous, Rodrigo Arenas, bonjour.
00:29Bonjour.
00:29Vous êtes député de la France Insoumise de Paris.
00:32Et vous débattrez de l'accord entre député et sénateur sur la proposition de loi Duplon
00:36qui vise à lever les contraintes du métier d'agriculteur.
00:40Ce texte prévoit notamment la réintroduction de l'acétamipride, un pesticide tueur d'abeilles.
00:47Autre loi qui divise la réforme de l'audiovisuel, rejetée à l'Assemblée Nationale avant même son examen,
00:52elle est déjà repartie devant les sénateurs qui l'ont adoptée en commission.
00:55La ministre de la Culture, Rachida Dati, espère faire voter cette réforme au plus vite.
01:01Et on commence par l'agriculture et la proposition de loi du sénateur Laurent Duplon.
01:05Les explications de Cécile Cixot.
01:06335 pour 232 contre 103. La proposition de loi est donc adoptée.
01:19Mercredi, le Sénat a adopté la proposition de loi Duplon du nom de ce sénateur qui en est l'auteur.
01:25L'objectif de son texte, simplifier les contraintes des agriculteurs.
01:29On vient d'un constat fait en 2021-2022 par notre Assemblée sur la ferme France,
01:37avec des difficultés de filière, avec une France qui rétrograde sur la capacité à produire une agriculture et des produits de qualité.
01:46Donc ce texte vient apporter une réponse à ce constat partagé.
01:50Le parcours de cette proposition de loi n'a pas été sans embûche.
01:53Approuvé au Sénat, la proposition de loi est rejetée à l'Assemblée nationale, car synonyme de régression environnementale.
02:01La gauche avait posé des milliers d'amendements pour faire obstruction au texte.
02:05Finalement, un compromis est trouvé en commission mixte paritaire, où il a été largement voté.
02:10Nous avons trouvé des compromis avec le travail des députés, entre le Sénat et l'Assemblée nationale,
02:15sur l'ensemble des huit articles avant la commission mixte paritaire.
02:18Durant cette commission mixte paritaire, qui a quand même duré plus de six heures,
02:22nous avons validé la totalité de ces huit articles réécrits sans aucune modification.
02:30Députés et sénateurs se sont mis d'accord sur plusieurs mesures.
02:33L'ANSES, l'agent chargé de la réglementation et l'évaluation des pesticides qui étaient sur la sellette,
02:39est finalement préservé.
02:40Mais en contrepartie, certaines filières auront la possibilité d'utiliser un pesticide,
02:45interdit en France depuis 2018 pendant trois ans.
02:48Autre mesure adoptée, la construction des élevages intensifs, tout comme les méga-bassines,
02:54seront facilités.
02:55Des reculs environnementaux pour le sénateur écologiste Yannick Jadot.
02:59Ce n'est pas simplement la défaite des écologies, je le dis, c'est la défaite de l'environnement,
03:03c'est la défaite de la santé et c'est la défaite de la très grande majorité des agriculteurs
03:08à qui on fait croire qu'en réintroduisant des pesticides interdits, on va sauver leurs revenus.
03:12Il reste une étape pour que la loi soit complètement validée.
03:16Un ultime vote à l'Assemblée nationale le 8 juillet prochain où elle devrait être adoptée.
03:21Pierre-Jean Verzelaine, est-ce que cette proposition de loi Duplon est une défaite pour l'environnement ?
03:26Moi j'ai voté la proposition de loi de Laurent Duplon.
03:31Moi je compare la politique agricole française à ce que la France a fait pour le nucléaire il y a 10 ou 15 ans.
03:37Dans le nucléaire, nous étions souverains, nous étions exportateurs, nous étions les meilleurs en Europe
03:44et nous étions les tout premiers dans le monde en termes de recherche.
03:47On a, dans le nucléaire, foutu en l'air la filière et 15 ans après on y revient en se disant
03:51ben mince, on n'est plus souverains, à certains moments on a dû importer de l'énergie de pays voisins,
03:56même de centrales à charbon qui est un plan écologique qui est quand même un non-sens
03:59et maintenant il y a une espèce de… pas unanime, enfin au niveau national on se dit
04:04tiens, le nucléaire il faut le relancer, voilà. Et ben l'agriculture c'est pareil.
04:07Nous étions les numéro 1, souverains, exportateurs, au top dans la recherche.
04:12Et on s'est tiré des balles dans le pied de manière régulière depuis des années
04:17et donc il est temps de se réveiller si on ne veut pas que cette agriculture crève.
04:23Rodrigo Arenas, vous entendez les demandes des agriculteurs qui ont du mal à vivre de leurs revenus
04:27et qui ont besoin parfois d'avoir des règles plus simples en matière d'environnement ?
04:31Les agriculteurs dans notre pays ne sont pas les seules personnes qui ont du mal à vivre de leurs revenus.
04:35Moi je suis très attaché sur les questions éducatives, on ne peut pas dire que les enseignants soient dans une situation plus enviable.
04:41Il y a aussi des questions de burn-out, il y a aussi des questions y compris de situations très douloureuses.
04:46Moi je me rappelle de cette chef d'établissement, directrice d'école qui a mis fin à ses jours justement
04:51parce que la façon dont elle travaille était trop compliquée.
04:53Donc en raison, ce qui est certain, c'est que la loi du plan ne permettra pas d'avoir des revenus supplémentaires pour les agriculteurs.
04:59C'est même le contraire, il va y avoir comme à chaque fois ce type de loi, cet esprit de loi et de règles
05:04permet en fait de renforcer celles et ceux qui en fait font une sorte d'OPA sur l'ensemble du monde agricole
05:10au mépris de toutes les petits agriculteurs de territoire.
05:13Vous n'êtes pas d'accord avec les arguments du sénateur ?
05:16Je pense que monsieur le sénateur a raison sur une vision d'une agriculture d'avant.
05:21Mais en revanche, sur une agriculture du futur, ça n'a pas de sens.
05:25Est-ce que la France va pouvoir par exemple être en compétition avec la Chine
05:29qui fait des hôtels de six étages pour produire du poursin ?
05:32La réponse est non.
05:33Est-ce que la France va pouvoir être compétitive avec les mêmes règles que vous défendez monsieur le sénateur
05:37avec le Brésil ?
05:39La réponse est non.
05:40Parce que nous ne sommes pas dans la même dimension.
05:42Est-ce qu'aujourd'hui l'agriculture intensive mécanisée va pouvoir lutter contre celle qui est aux États-Unis ?
05:46La réponse est non.
05:47Nous sommes vraiment dans une logique qui n'est pas la bonne par rapport à l'avenir.
05:51Ce n'est pas vrai que ça va préserver la qualité.
05:53Et ce n'est pas vrai que ça va protéger le consommateur.
05:55Et non plus, c'est ceux qui sont soumis aux pesticides.
05:58Il suffit de s'intéresser au taux du cancer pour savoir que cela n'est pas vrai.
06:01Justement, parlons de pesticides puisque ce texte réautorise l'utilisation de l'acétamipride,
06:07un pesticide néonicotinoïde interdit en France depuis 2018.
06:12Cette réautorisation qui est quand même contrôlée et soumise à une clause de revoyure
06:16au fil des ans, est-ce que c'est la prime de l'économie sur la santé publique
06:21et la protection de l'environnement ?
06:23Moi, sur tous ces sujets-là, j'ai une ligne très claire.
06:26À partir du moment où des pays voisins ont le droit d'utiliser ces produits,
06:31que ces produits rentrent sur le marché français,
06:34que les consommateurs peuvent les acheter,
06:36je ne serai jamais celui qui va dire à l'agriculteur français
06:38« Non, vous, vous n'avez pas le droit.
06:39Le français a le droit de consommer ce qui vient de l'étranger avec ce produit-là. »
06:42Mais voilà, c'est impossible à expliquer aux uns et aux autres.
06:45Et il ne faut pas raconter n'importe quoi sur ce sujet.
06:50Quand il n'y a pas eu les néonicotinoïdes depuis quelques années,
06:53qu'est-ce qui s'est passé dans les champs et sur les champs de Bétrave ?
06:56Des traitements, deux à trois traitements par an,
06:58de pesticides, des traitements verticaux, pulvérisés,
07:01qui font sur la biodiversité plus de dégâts.
07:04Il faut bien comprendre que sur ces sujets-là,
07:06on ne manie que des contraintes.
07:07Il n'y a pas de solution parfaite.
07:10Mais aujourd'hui, la recherche, en l'état,
07:12ne permet pas d'avoir d'autres solutions.
07:15Et encore une fois, je reprends l'argument de tout à l'heure,
07:17si on ne peut pas utiliser ces produits que les autres peuvent,
07:20que la production sucrière, par exemple, s'effondre en France,
07:23et dans cinq ans, on va se réveiller en disant
07:24« Ah ben mince, on n'est plus souverain en sucre, il faut redémarrer. »
07:27Est-ce qu'il n'y a pas une forme d'hypocrisie, Rodrigo Arenas,
07:31d'interdire ce produit en France,
07:32alors qu'il est autorisé dans tous les autres pays,
07:35et qu'on peut le trouver facilement, comme disait le sénateur sur Internet ?
07:38Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
07:40– Je dirais que ça serait assez cohérent,
07:44si c'est la liberté de la consommation et de l'importation de produits
07:47dans un règle de concurrence,
07:48où tout le monde serait libre et non faussé,
07:50ce qui n'est pas une réalité, c'est une croyance collective,
07:51mais qui n'a pas de réalité statistique, économique,
07:54si on labellisait les produits.
07:55Or, aujourd'hui, les consommateurs ne peuvent pas faire la différence
07:58entre les produits qui ont subi l'utilisation des pesticides
08:00et ceux qui ne l'ont pas fait.
08:01Par exemple, je parlais tout à l'heure des feuillères porcines,
08:04quand vous avez les consommateurs qui vont dans un supermarché
08:06ou dans leur commerce de proximité,
08:08et qui veulent acheter du jambon,
08:10il y a ceux qui mettent très clairement,
08:11pas de traitement antibiotique,
08:13pas de traitement avec des pesticides.
08:15Donc on a le choix, mais là, en l'occurrence,
08:16vous ne saurez pas ce que vous allez consommer.
08:18Et je tiens quand même à rappeler quelque chose,
08:20j'ai fait un rapport sur la souveraineté alimentaire
08:22avec Charles Sidzenchus,
08:23qui est un député de la majorité de groupe Horizon,
08:26il n'y a pas de souveraineté en termes d'agriculteurs,
08:28parce que vous le savez très bien,
08:29M. le Sénateur, les fertilisants,
08:31nécessitent d'avoir des matières premières
08:33qui viennent d'autres pays.
08:34C'est comme pour le nucléaire,
08:35nous ne sommes pas producteurs d'uranium.
08:37Donc cette souveraineté est remise en question
08:38par rapport aux liens que nous avons avec les autres pays.
08:41Et je pense que ce qui serait vertueux pour notre pays,
08:43de gager sur le fait que notre agriculture
08:45sécurise les consommateurs,
08:47parce que c'est de cette façon-là
08:48que nous allons pouvoir avoir un regard de souveraineté.
08:51C'est-à-dire que si nous savons,
08:52si les consommateurs savent,
08:54si les utilisateurs d'une sorte de service public,
08:56de l'alimentation,
08:57savent que ce qu'ils mangent est sain pour eux,
08:59sain pour leurs enfants
09:00et surtout sain pour ceux qui les produisent,
09:02alors nous pourrons sortir du lot.
09:04Nous avons été par le passé novateurs
09:06sur un certain nombre de champs,
09:07que ce soit sur le champ économique
09:08mais aussi sur les questions sociétales.
09:10Je pense qu'aujourd'hui,
09:10cette loi est un recul
09:12par rapport à l'exemple que nous pouvons donner,
09:13qu'un pays peut s'organiser,
09:15devenir résilient,
09:16protéger les petits agriculteurs,
09:17que ce soit en termes d'intrants
09:19mais aussi en termes d'eau,
09:20je pense que nous allons en parler.
09:21– Et bien justement,
09:22vous faites les transitions,
09:23dans ce débat,
09:24je voudrais qu'on parle des méga-bassines
09:25car cette promotion de loi,
09:26elle facilite la mise en place
09:28de ces capacités de stockage d'eau
09:30pour les agriculteurs.
09:32Pierre-Jean Verzelen,
09:33on sort d'une semaine de canicule inédite
09:35pour le pays,
09:36est-ce que ces méga-bassines
09:37ne vont pas à rebours de l'histoire,
09:40d'une meilleure gestion,
09:41d'un meilleur partage de la ressource en eau
09:43pour la société ?
09:46– Comment fonctionnent les méga-bassines ?
09:49L'idée c'est quoi ?
09:50C'est que l'hiver,
09:50les nappes,
09:50et on l'a vu cet hiver par exemple,
09:52les nappes en général sont très hautes.
09:53L'idée c'est de les recharger à ce moment-là,
09:56les méga-bassines,
09:57pour que dans les périodes caniculaires,
10:00ou l'été,
10:00là où les nappes baissent,
10:02que les agriculteurs ne pompent plus dans les nappes,
10:04mais pompent dans la méga-bassine.
10:05L'idée est juste celle-là.
10:07Ça paraît frapper un peu au coin du bon sens.
10:13Mais d'ailleurs,
10:14dans cette loi du plomb,
10:15qui ne résout pas tout du tout,
10:17mais qui s'attaque à quelques trucs administratifs
10:18qui pouvaient être vécus comme pénibles,
10:20elle a été travaillée avec la profession.
10:23Alors certains vont dire avec les lobbies,
10:24etc.
10:24Mais on dirait que c'est un reproche
10:27de dire que ça a été fait avec la profession.
10:29Mais c'est très bien.
10:29On fait une loi pour les agriculteurs,
10:31on discute avec les agriculteurs.
10:32Une partie de la profession.
10:33Oui, mais une partie,
10:34mais laquelle ?
10:35La vérité,
10:35c'est que le monde agricole
10:38qui défend cette loi,
10:39c'est 95% de la production,
10:41c'est 90% de la valeur ajoutée de l'agriculture.
10:43Donc je ne nie pas l'autre agriculture qui existe,
10:46j'en connais très bien.
10:47Mais la masse,
10:48la masse,
10:49elle est concernée par cette loi.
10:50L'autre agriculture, c'est-à-dire ?
10:51Et quand on fait des lois,
10:52l'agriculture qui est plutôt à vocation bio,
10:54qui est sur des circuits courts.
10:55Mais aujourd'hui, en vérité,
10:57ça pèse assez peu
10:58dans le mix agricole français.
11:00Rodrigo Arnas,
11:01une réponse justement sur ces méga-bassines.
11:03Capter l'eau qui est abondante en hiver
11:04pour l'utiliser dans les périodes de sécheresse l'été,
11:06est-ce que ce n'est pas du bon sens ?
11:08C'est justement une adaptation au climat ?
11:10Alors ça serait du bon sens,
11:11une adaptation au climat
11:12si on ne tenait pas compte du fait
11:13que l'eau s'évapore
11:14et que ce n'est pas vrai
11:16qu'aujourd'hui,
11:17c'est quelque chose de vertueux.
11:19C'est un échec notamment
11:20sur la question de la privatisation de l'eau.
11:22Aujourd'hui, ce qui est en jeu,
11:24c'est d'ailleurs le débat
11:25qu'on a eu sur les eaux minérales
11:27qui ont contaminé
11:28nos compatriotes
11:30sans aucune répercussion d'ailleurs.
11:32C'est la polémique
11:33qu'il y a eu sur Perrier notamment
11:34et sur Evian.
11:34Avec une commission d'enquête au Sénat.
11:36Commission d'enquête qui va arriver.
11:37J'attends avec impatience
11:38le rapport sénatorial sur le sujet
11:39parce que la question c'est
11:40comment est-ce qu'on privatise
11:41le bien commun ?
11:42Et là, vous avez un vrai sujet.
11:43Parce que si tous les agriculteurs
11:44avaient accès aux méga-bassines
11:45dont on parle à la limite,
11:47ce serait un service public de l'eau.
11:48Mais ce n'est pas le cas.
11:49C'est-à-dire qu'on a une privatisation
11:50par quelques agriculteurs
11:51qui sont en général d'ailleurs
11:52les plus grands
11:53d'avoir une captation
11:55aux dépens des petits.
11:56Et moi, je reviendrai,
11:57si vous le permettez,
11:58sur ce que vous venez de dire.
11:59Moi, j'ai auditionné
12:00il n'y a pas longtemps
12:00la secrétaire générale
12:01des agriculteurs biologiques
12:03de l'Île-de-France.
12:04Ce qu'ils disent est très simple.
12:05C'est que la filière bio
12:05fonctionnait très bien.
12:06C'est que les circuits courts
12:07fonctionnaient très bien
12:14aujourd'hui.
12:15On a un vrai souci
12:15sur ce point-là
12:16parce que si la loi
12:17que nous votons
12:18était mise en œuvre,
12:19nous pourrions soutenir
12:20la filière bio
12:20et aujourd'hui,
12:21ce n'est pas le cas
12:21puisqu'on leur a coupé
12:22les subventions.
12:23Donc, voyez,
12:23c'est aujourd'hui
12:23ce David contre Goliath
12:25qui n'est pas acceptable
12:25et qui contrevient
12:26aux biens publics
12:27et à la santé.
12:27Pour le coup,
12:28je pense que nous avons
12:29deux visions différentes
12:31de l'agriculture.
12:31Ça, c'est sûr.
12:33Pour vous,
12:33l'agriculture extensive
12:34est un truc comme ça
12:35absolument horrible.
12:36Alors, justement.
12:37Je ne dis pas ça.
12:37Je sais ce que ça a apporté.
12:38Je sais ce que ça apporte.
12:40En vérité,
12:41l'utilisation de certains produits
12:42qui ont permis
12:43de booster les productions,
12:44etc.,
12:45avec, reconnaissons-le,
12:46quand même,
12:46une sécurité alimentaire
12:47assez exceptionnelle
12:48a permis de baisser les prix
12:50à des gens de se nourrir.
12:51Donc, l'agriculture intensive.
12:52Dans le monde entier,
12:53de nourrir beaucoup.
12:54Mais oui,
12:55il ne faut pas non plus
12:55jeter l'eau avec le bébé du bain.
12:57Il y a d'autres modèles
12:58qui développent, etc.
12:59OK, très bien.
13:00Mais il faut bien voir
13:01tout ce que ça a apporté quand même.
13:01On a l'impression quand même
13:02que cette proposition de loi
13:04est faite pour satisfaire
13:07un modèle d'agriculture
13:08qui vise à produire toujours plus
13:10et encore plus et encore plus.
13:11Vous l'assumez ?
13:12C'est un modèle
13:12qui, depuis quelques années,
13:13produit encore moins,
13:14encore moins, encore moins.
13:15Il s'agit de revenir
13:16à des niveaux de production
13:17d'il y a quelques années.
13:19L'enjeu, il est là.
13:20Et encore une fois,
13:20ça pèse 90% de la production
13:22et de la valeur ajoutée.
13:23Moi, je veux bien
13:23qu'on base tout sur…
13:24En France,
13:25on est toujours dans
13:25les tyrannies de la minorité.
13:26Plus vous êtes petit,
13:27plus votre voix est en toile.
13:28Vous avez raison.
13:29La vérité, c'est que cette loi
13:30concerne aujourd'hui
13:30la grande partie
13:31d'agriculture française.
13:32Dernière question rapidement,
13:33Rodrigo Arena,
13:34c'est qu'il n'y a pas
13:34un problème de souveraineté alimentaire
13:36en France
13:37quand on voit que,
13:38par exemple,
13:38sur certaines filières,
13:40notamment la volaille,
13:41on importe 50%
13:42de notre consommation
13:43dans le pays.
13:45Donc, il faut produire plus.
13:46Peut-être intensifier
13:47certains élevages.
13:48En fait,
13:48vous avez la rançon du succès
13:50d'avoir spécialisé la France
13:52sur des monocultures.
13:53Aujourd'hui,
13:53moi, j'entends l'argument
13:54de dire la culture extensive,
13:56mais la culture extensive,
13:57pardonnez-moi,
13:58monsieur le sénateur,
13:58mais on ne joue pas
13:59à l'échelle internationale.
14:00Comment vous allez lutter
14:01contre les grands champs céréaliers
14:02qui sont aux Etats-Unis,
14:03encore une fois,
14:04qui permettent de produire
14:05sur des hectares et des hectares
14:07avec la mécanisation ?
14:08Ce n'est pas la spécificité
14:09de la France.
14:09Et je pense qu'on est
14:10dans la négation
14:11de l'originalité
14:12et du coup,
14:12la souveraineté française.
14:13Aujourd'hui,
14:14de quoi souffre notre pays ?
14:15Et tout le monde le sait,
14:15ce n'est pas un député
14:17qui vous le dit,
14:18ce sont les experts
14:19autorisés sur la question.
14:20C'est que l'agriculture française
14:22ne tient que parce que
14:23nous appauvrissons les sols
14:24en mettant des intrants
14:25et des fertilisants,
14:26c'est-à-dire des produits chimiques.
14:27Et ces produits chimiques,
14:28ce n'est pas nous
14:29qui les produisons.
14:29Donc, à un moment donné,
14:30il va falloir effectivement
14:31opposer deux modèles.
14:32Est-ce que nous voulons
14:33réparer les sols
14:34et redevenir compétitifs
14:35en termes de production
14:36de qualité ?
14:37Ou est-ce que nous voulons
14:38aller vers une agriculture chimique ?
14:39Et à ce moment-là,
14:40ça va être compliqué
14:41parce qu'aujourd'hui,
14:41l'avenir de ce que vous dites,
14:42M. le Sénateur,
14:43et je vous alerte là-dessus,
14:44regardez ce qui se passe
14:45en Hollande,
14:46c'est que nous produisons
14:46sans terre
14:47avec des bassines
14:49de produits chimiques
14:49et c'est ça que nous allons avoir
14:51si nous continuons
14:52à appauvrir les sols
14:53tel que la loi du plomb
14:54va le permettre de le faire.
14:55Sans compter les impacts
14:55en termes de santé publique
14:56sur les agriculteurs eux-mêmes,
14:58ce n'est pas moi qui le dis,
14:59ce sont les experts
14:59qui disent qu'aujourd'hui,
15:00les agriculteurs ont des cancers
15:01à l'utilisation de ces produits.
15:03C'est la responsabilité
15:04que nous avons
15:04sur ce sujet-là.
15:05Message bien compris,
15:07je vous propose
15:07de prendre tout de suite
15:07la direction de l'Assemblée nationale
15:09qui devait débattre
15:10de la réforme de l'audiovisuel
15:13mais contre toute attente,
15:14les députés ont rejeté
15:16la proposition de loi
15:16avant même son examen.
15:18Explication et compte-rendu de séance
15:19avec Marco Pommier.
15:25Lundi soir,
15:26hémicycle de l'Assemblée nationale.
15:28A la surprise générale,
15:30le débat sur la réforme
15:31de l'audiovisuel public
15:32est stoppé net.
15:33Pour 94 contre 38,
15:36l'Assemblée nationale a adopté.
15:39Adoption de la motion de rejet
15:41défendue par les écologistes
15:43grâce aux voix
15:44de l'ensemble de la gauche
15:45et celle du Rassemblement national
15:47en raison aussi
15:48d'une faible mobilisation
15:50du bloc gouvernemental.
15:52Le texte que Rachida Dati
15:54défend ardemment
15:55prévoit la création
15:56d'une holding
15:57baptisée France Média
15:58qui regrouperait
15:59France Télévisions,
16:00Radio France et l'INA
16:01sous l'autorité
16:02d'un président-directeur général unique.
16:05Une nécessité,
16:06selon la ministre,
16:08pour faire face
16:08à la concurrence
16:09des grandes plateformes américaines
16:11Netflix, Amazon ou Disney+.
16:13Cette réforme
16:14n'est pas
16:16la réforme
16:16de Rachida Dati.
16:18C'est la réforme
16:18dans l'intérêt
16:19évidemment
16:19de l'ensemble
16:20des Français
16:21d'avoir
16:22cet audiovisuel public
16:23fort
16:23auquel ils sont
16:24très attachés.
16:26La gauche
16:26s'oppose fermement
16:28à cette fusion.
16:28Ce texte sous couvert
16:30de modernisation
16:30de l'audiovisuel public
16:31acte en réalité
16:32son affaiblissement
16:33et le met en danger
16:34de mort.
16:35Il prétend le renforcer
16:36alors qu'il le démantèle.
16:38Il fait mine
16:39de louer son indépendance
16:40mais il en organise
16:41la soumission
16:42au pouvoir politique.
16:43Les députés RN,
16:45eux,
16:45ont voté
16:46la motion de rejet
16:46pour contrer,
16:47disent-ils,
16:48l'obstruction parlementaire
16:49de la gauche.
16:51Et maintenant,
16:51le texte est reparti
16:52au Sénat
16:53pour une deuxième lecture
16:55dès la semaine prochaine.
16:56– Pierre-Jean Verzelen,
16:59le bloc central
16:59et les LR
17:00étaient peu présents
17:01dans l'hémicycle
17:01de l'Assemblée nationale,
17:02on a vu,
17:03pour voter cette motion
17:04de rejet
17:05et donc soutenir
17:06cette réforme
17:06défendue par Achida Dati.
17:08Est-ce que c'est un revers
17:09pour la ministre
17:10de la Culture ?
17:12– Je n'ai pas suivi
17:13exactement ce qui s'est passé
17:14à l'Assemblée nationale.
17:15Effectivement,
17:16c'est un revers.
17:17– Le texte n'a pas été
17:18déterminé.
17:18– À chaque fois qu'un débat
17:19n'a pas lieu sur un texte,
17:20c'est un revers
17:21pour l'exercice démocratique.
17:24Après,
17:24sur le fond de la réforme,
17:26je suis, moi,
17:27extrêmement dubitatif.
17:29En vérité,
17:30j'ai du mal
17:30à comprendre l'intérêt.
17:32Je ne suis pas
17:33très enthousiaste.
17:34Alors, je…
17:35En gros,
17:37tout va rester pareil,
17:38sauf qu'on va mettre
17:39une société de tête,
17:40une holding,
17:41dans le cas…
17:42Bon,
17:43on parle d'économie,
17:45des fusions
17:46de structures publiques
17:47qui font des économies,
17:48ça marche rarement.
17:49– C'est pas très utile.
17:49– Parce qu'en général,
17:50ce serait.
17:51En général,
17:51il faut toujours aligner
17:52au plus haut, etc.
17:53On dit que dans le temps,
17:54il y aura de la mutualisation.
17:56Bon,
17:56ok,
17:56peut-être.
17:57Donc,
17:57je ne suis pas extrêmement
17:58enthousiaste sur la réforme.
18:00D'un autre côté,
18:00les inquiétudes
18:01de ceux qui sont contre,
18:03je ne les comprends pas
18:04tellement non plus.
18:05Voilà.
18:05Bon,
18:06après,
18:06si vous voulez qu'on parle
18:06du fonctionnement
18:07des télévisions
18:09et des radios publiques…
18:10– On va en parler en tant que telle.
18:13– Mais sur la réforme en tant que telle…
18:13– Sceptique sur ce texte.
18:15D'abord,
18:15une question politique,
18:16Rodrigo Arenas.
18:17Finalement,
18:17la mise de la culture,
18:18Rachida Dati a dit,
18:18bon,
18:19le texte est rejeté directement
18:20à l'Assemblée nationale.
18:21Très bien,
18:21il va aller plus vite au Sénat
18:23où la majorité de droite
18:24et du centre du Sénat
18:25défend cette réforme
18:27de l'audiovisuel public.
18:28Donc,
18:28finalement,
18:29c'est une victoire
18:29pour Rachida Dati.
18:31– En tout cas,
18:31ce qui est certain,
18:32c'est qu'elle n'a pas été soutenue
18:33par son propre camp
18:33puisque les mêmes,
18:34les propres bandes
18:35de son groupe politique
18:36n'étaient pas présents
18:37à l'Assemblée nationale.
18:38Ensuite,
18:39ne pas laisser dire
18:40que les motivations
18:41du Rassemblement national
18:43et celles de feu NFP
18:45étaient les mêmes.
18:45Non,
18:46ce n'étaient pas les mêmes motivations
18:47dans l'argumentation
18:48et dans la vision aussi
18:49des services publics audiovisuels.
18:50Donc,
18:50il n'y a pas un vote
18:51pour des mêmes raisons
18:52et je pense qu'il faut l'expliquer
18:53de cette façon-là.
18:54Maintenant,
18:55oui,
18:55il y a une tendance
18:55à l'Assemblée nationale
18:57par le groupe central
18:57qui se déguise en souvenir
18:59à chaque fois
18:59que ça devient compliqué
19:00de faire en sorte
19:02que les textes
19:02et l'émotion de rejet passent
19:03de façon à ce que ça vienne vite
19:04au Sénat
19:05et qu'on essaye
19:05de gagner du temps.
19:06Est-ce qu'on doit gagner du temps
19:07sur un texte de cette ampleur ?
19:09Je pense que ce n'est pas
19:10une bonne nouvelle,
19:11d'autant plus que les amendements
19:12n'étaient pas de l'obstruction
19:14parlementaire,
19:15c'était de poser des questions
19:16de fond sur l'avenir
19:18du service public
19:18et des visions évidemment
19:19qui peuvent être différentes.
19:20Je suis assez d'accord
19:21avec M. le Sénateur
19:22sur le fait que
19:23d'avoir un pôle intégré,
19:25en général,
19:25ça crée plus de bureaucratie
19:26que de la simplification.
19:27– Alors,
19:28justement,
19:29en 2024,
19:29France 3,
19:31France Inter,
19:32France Info
19:33étaient les trois médias
19:34auxquels les Français
19:35faisaient le plus confiance.
19:37Très simplement,
19:37qu'est-ce qui ne va pas
19:38pour vous
19:39avec l'audiovisuel
19:40public français ?
19:41– Moi,
19:41ce n'est pas forcément
19:42ce qui ne va pas.
19:42Mais si on veut
19:43s'attaquer au sujet
19:44qu'on parle de quelque chose
19:47de lourd,
19:47de massif,
19:47est-ce qu'il y a besoin
19:49d'autant de radios publiques ?
19:51Est-ce qu'il y a besoin
19:52d'autant de chaînes
19:53de télévision publiques ?
19:54Voilà un sujet
19:54qui m'intéresse.
19:56Moi,
19:56je pense que…
19:57– La réponse pour vous,
19:58c'est quoi ?
19:58– Je pense qu'il y en a trop.
19:59– On mutualise ?
20:01– Mais plus que de mutualiser,
20:02faire des choix stratégiques.
20:04Je ne parle pas
20:04de ligne éditoriale politique,
20:05mais regardez par exemple
20:07France 3.
20:08Ça,
20:08c'est quelque chose
20:10d'absolument utile.
20:11La vie des territoires,
20:12France Bleu,
20:13enfin maintenant,
20:13il y a un autre nom
20:13sur la radio.
20:14Mais voilà,
20:14ça, je pense que c'est vraiment
20:15quelque chose à développer
20:16et à maintenir.
20:16– C'est le sénateur qui parle.
20:17– France 5,
20:18qui est une chaîne
20:20sur laquelle il y a du débat,
20:21de l'information,
20:22de la culture,
20:23du documentaire.
20:24Je pense que,
20:25voilà,
20:25c'est très important
20:26qui serait un espèce
20:27de mix de France Culture
20:28et France Inter.
20:29Voilà,
20:29je crois vraiment
20:29que le service public
20:31doit se concentrer là-dessus.
20:32Quand je regarde une chaîne
20:33comme France 2 maintenant,
20:34où il y a des jeux télé
20:36du matin au soir,
20:37des émissions de témoignages,
20:39un peu d'infos,
20:39je ne vois plus la différence
20:41avec une chaîne privée.
20:42Enfin, pardon,
20:42donc que ça continue
20:43à être une chaîne publique,
20:44je ne vois pas l'intérêt.
20:45Autant du très local
20:46et quelque part,
20:47quelque chose de l'ordre
20:48de l'information
20:49et du documentaire,
20:51aussi bien à la radio
20:51qu'à la télé,
20:52voilà,
20:52qu'on se spécialise là-dessus.
20:54– Rodrigo Arenas,
20:56est-ce qu'il y a
20:56des choix stratégiques
20:57à faire
20:58dans toute cette dispersion
21:00de médias
21:00de l'audiovisuel public
21:01pour être plus visible
21:03et peser davantage,
21:04notamment face à la concurrence
21:05des plateformes américaines ?
21:07– Vous savez,
21:07je trouve que c'est très intéressant
21:08ce que vous avez dit,
21:09monsieur le sénateur,
21:09parce que vous avez évoqué
21:10plusieurs champs
21:11du service public audiovisuel
21:12et vous avez fait vos choix.
21:13France 5, France 3, etc.
21:15Et pour l'occurrence,
21:16France 2, pas tellement.
21:17Mais c'est précisément
21:18cela qu'il convient de faire,
21:19c'est que ce ne soit pas
21:19le politier qui décide
21:20du contenu éditorial.
21:21C'est que journaliste,
21:22c'est un métier,
21:23rédacteur, c'est un métier,
21:24une chaîne d'un service public,
21:25c'est un métier
21:25et qu'il leur appartient
21:26de décider,
21:28de définir
21:28quelle doit être
21:29la stratégie médiatique
21:30d'un pôle de service public
21:31d'information.
21:32Et moi, je trouve aujourd'hui
21:33que vous puissiez avoir un choix,
21:35c'est quelque chose de positif.
21:36– Garder le pluralisme.
21:37– Exactement.
21:37Et que ce n'est pas,
21:38surtout pas aux politiques
21:39de s'immiscer
21:39dans les choix éditoriaux
21:40parce que là,
21:40on serait dans un régime autoritaire.
21:42Et ça, je ne sais pas
21:42ce que je souhaite pour mon pays.
21:43Donc la question
21:51avait une emprise
21:51d'une décision très centralisée
21:53sur une seule entité.
21:55Je vais passer le groupe Bolloré,
21:56mais c'est un bon exemple.
21:57On a d'une certaine façon
21:58une sorte d'homogénéation
22:00du choix éditorial
22:01qui évacue justement
22:02la pluralité des contenus.
22:04Donc c'est aujourd'hui
22:04l'honneur de la France
22:05que de pouvoir proposer
22:06un choix éditorial assez large
22:08et qui contrevient
22:09de lutter contre quelque chose
22:10qui est très important.
22:11Moi, qui m'intéresse beaucoup,
22:12question éducative aux enfants,
22:13de lutter contre les fake news.
22:14Parce que ça, c'est central
22:15et ce n'est pas
22:16les médias privés aujourd'hui
22:17qui font ce travail-là,
22:18bien au contraire.
22:19Vous êtes contre cette réforme,
22:20pour vous, c'est une menace
22:20pour le respect du pluralisme ?
22:22Je pense que c'est une menace
22:23pour la démocratie,
22:24très clairement.
22:24On ne peut pas s'informer
22:26de son pluriel.
22:27Parce qu'en plus,
22:27c'est très faux de dire
22:28que les choix éditorieux
22:29et de services publics
22:29sont homogènes.
22:30En fonction des maisons,
22:31on va dire,
22:32il y a des choix
22:32qui sont différents.
22:33Et en plus,
22:34on a l'expérience de France O
22:35qui a été clairement sabrée
22:37par le passé
22:37où la mise en avant
22:40notamment des départements
22:41ultramarins aujourd'hui
22:42s'aménuise
22:43et qu'on n'a pas
22:43cette dimension aujourd'hui
22:48qu'avec une gouvernance unique,
22:50ce n'est pas à terme
22:51de faire des économies
22:52dans la période
22:52de restrictions budgétaires
22:53qu'on connaît.
22:54Très bien,
22:54mais que ce soit exprimé
22:55très clairement
22:56et qu'on nous explique comment.
22:58Et encore une fois,
22:59qu'on se pose la question de fond.
23:00On fait quoi
23:00des médias publics ?
23:03Je suis d'accord
23:04que ce n'est pas le politique
23:05qui doit aller expliquer
23:05qu'est-ce qu'on va raconter
23:06au journal télé.
23:07Mais par contre,
23:08c'est quand même
23:08de l'argent public,
23:09c'est les Français
23:09qui ont tous payé
23:10avec l'argent public.
23:114 milliards d'euros de budget.
23:12Ce n'est pas honteux
23:13de se poser la question
23:14de savoir
23:15quelle chaîne,
23:16en gros,
23:17pour raconter quoi.
23:18C'est que ça,
23:20c'est juste ça
23:20et je n'ai pas l'impression
23:21que le texte y réponde vraiment.
23:23Encore une fois,
23:23j'ai du mal
23:24à saisir l'intérêt.
23:25Il faut faire faire
23:25des économies
23:26à l'audiovisuel public.
23:27C'est quand même
23:274 milliards d'euros
23:28de budget chaque année,
23:2915 000 salariés.
23:30Les économies,
23:31elles ont été faites
23:31quand on a pris la décision
23:33par le passé
23:33de supprimer
23:34la redevance télévision.
23:35Clairement,
23:35les budgets aujourd'hui
23:36des médias publics
23:37sont moins importants
23:38que celui qu'elles avaient auparavant
23:39et d'ailleurs
23:39qui garantissent
23:40à l'autonomie.
23:41Parce qu'on cite souvent
23:41la BBC en Angleterre,
23:43il y a une redevance
23:43sur la télévision
23:44et sur les médias.
23:45Donc ça permet justement
23:46de doter les services publics,
23:47la BBC en l'occurrence,
23:48d'un média
23:49sur lequel il a la maîtrise
23:50qui n'est pas rediscuté
23:51tous les ans
23:52avec justement
23:52les représentations nationales
23:54qu'elles soient gouvernementales
23:54ou parlementaires.
23:56Donc du coup,
23:56voyez,
23:56la limite entre le politique
23:58qui donne son avis
23:59sur le contenu éditorial
24:00et la contrainte financière
24:01est évidente.
24:02Et ce n'est pas de cette façon-là
24:03que nous allons lutter
24:03contre les plateformes
24:04parce que Disney,
24:06Netflix,
24:08toutes les plateformes
24:09que vous avez citées,
24:09ce n'est pas le même métier.
24:11Nous,
24:11on ne produit pas
24:12du contenu de consommation média,
24:14nous produisons du contenu
24:15de qualité média.
24:16Et ce n'est pas pour rien
24:17et je suis tout à fait d'accord
24:17avec Mme Erdott
24:18quand elle dit que
24:19nous sommes leaders,
24:20le service public est leader
24:21en termes de podcasts,
24:22de contenu en France
24:23parce qu'il y a besoin
24:24d'avoir des informations
24:25de qualité vérifiées
24:26et c'est ça être journaliste,
24:27ce n'est pas être étititorialiste.
24:28Alors,
24:28une question pour vous,
24:29Pierre-Jean Verzelen,
24:30de nombreux salariés
24:31de l'audiovisuel public
24:33se sont mis en grève,
24:34ils sont vent debout
24:35contre cette réforme.
24:36Est-ce qu'on peut réformer
24:37un tel groupe au Parlement
24:39sans l'accord
24:40des personnes concernées ?
24:41Est-ce que ce n'est pas problématique ?
24:43Non mais le législateur,
24:46son métier,
24:47c'est soit de proposer,
24:48soit de voter des textes
24:49proposés par le gouvernement.
24:50Qu'il y ait des discussions
24:51avec les uns les autres,
24:52ok,
24:53les grèves sur la radio publique,
24:54moi qui suis quelqu'un
24:56qui écoute souvent
24:56comment,
24:57France Info,
24:58bon ça réfère
24:58que Pavlovien,
24:59dès qu'il y a un truc
24:59qui doit arriver,
25:00ça coupe et on a des chansons
25:02de la journée.
25:03Mais si je peux me permettre
25:05juste sur le côté
25:06le pouvoir politique
25:08qui imposerait quelque chose.
25:10Je me souviens de l'époque
25:11de Nicolas Sarkozy
25:12où dans ce moment
25:12où le président de la République
25:13déciderait,
25:14on avait expliqué
25:14qu'il allait mettre
25:15sous tension et sous cloche
25:16le service public.
25:17Il a été servi
25:17le président de la République
25:18à l'époque.
25:19Bon, voilà,
25:19ça je veux dire
25:20je n'y crois pas
25:21un quart de seconde.
25:24Ensuite,
25:24vous parlez de l'éducation,
25:25moi c'est pareil,
25:26j'aimerais bien
25:26qu'on se pose la question
25:28de faire rentrer
25:29de l'éducation
25:29à la télévision.
25:31L'anglais est devenu
25:31une langue tellement
25:32indispensable aujourd'hui
25:33qu'il y ait des programmes
25:34pour les plus jeunes
25:34en anglais,
25:35sous-titrés, etc.
25:36Enfin, voilà des vraies,
25:37des bonnes questions
25:38qu'on peut se poser
25:38sur le service public.
25:39Et ce sera le mot de la France.
25:40Merci, merci à tous les deux
25:41d'avoir participé
25:42à ce débat.
25:43Merci à tous
25:44d'avoir suivi cette émission
25:45et on se retrouve
25:46la semaine prochaine
25:47pour le dernier
25:48Parlement hebdo
25:48de la saison.
25:50Ciao, ciao !
25:51Sous-titrage Société Radio-Canada
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