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  • il y a 7 mois
DB - 25-07-2025

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00:00C'est parti !
00:30Paul Gauguin, liquidateur chez un agent de change, y réussit de brillantes affaires.
00:53Il consacre comme son collègue et ami Schoufenecker ses loisirs à la peinture,
00:58ce qui plonge Mette, danoise qu'il a épousée en 1873, dans des abîmes d'incompréhension.
01:04Il expose pour la première fois au salon impressionniste,
01:07installe sa famille dans une maison confortable, cultive des roses,
01:11et constitue une collection des peintres qu'il admire.
01:18Mette surprend un jour son mari peignant leur bonne nue,
01:20et cet incident aggrave la mésentente entre les époux.
01:25La toile est pourtant saluée par Huysmans comme significative d'un talent qui...
01:29Le krach de 1882 va avoir une influence décisive sur Gauguin.
01:34Il abandonne la bourse.
01:35Désormais, il peindra tous les jours.
01:39Mette est épouvanté.
01:43Gauguin ne vend rien, et bientôt le couple quitte la belle maison avec ses cinq enfants,
01:47et s'installe dans un modèle.
01:48Les relations entre les époux se détériorent peu à peu.
01:57Ingeborg, sœur de Mette, vient la supplier de rentrer à Copenhague,
02:00où leur mère l'attend.
02:02Chouffe s'est mariée, sans grande joie,
02:05et assiste désolée au naufrage du couple Gauguin.
02:09Après un pèlerinage à la guinguette de leurs amours,
02:12Mette part pour le Danemark avec ses enfants.
02:14La guinguette ne renonce pas,
02:18et c'est comme représentant en bâche qu'il débarque à son tour à Copenhague.
02:24En juin 1885, il repart pour son fils Clovis,
02:27qu'on a bien voulu lui laisser.
02:32Humilié, méprisé, rejeté par sa belle famille,
02:36sa tentative de récupération de Mette a été un fiasco total.
02:40Les bons chouffles héberges dès son retour,
02:46il peint avec acharnement.
02:52Dites donc, chouffle,
02:56de quel patelin il vous a parlé, Jobet Duval ?
02:59Pont-Aven, c'est tout près de chez lui, en Bretagne.
03:02On y vit à très bon marché, il paraît.
03:04Jeanne Gloannac tient une auberge et ne reçoit que des peintres,
03:07et accepte de faire crédit.
03:09Tiens, tiens.
03:14J'avoue que ton silence me paraît extraordinaire.
03:18Voilà un mois que tu ne souffles mou.
03:21Malheureusement, je m'attends à tout de ton pays et de ta famille.
03:25C'est chez moi comme un instinct qui me fait deviner ce qui se passe.
03:28Et je suis sûr que ta chère soeur t'empêche même de nous écrire.
03:31Quand est bien, maman ?
03:38Bientôt.
03:40Pourquoi on n'habite plus la maison où il y avait plein de roses ?
03:43Parce que ton papa n'a pas d'argent.
03:48Mais il va en gagner, t'en fais pas.
03:49Passez-moi le chrome numéro 2.
04:08Voilà.
04:08Merci.
04:11Pourquoi vous ne travaillez pas, chouf ?
04:13Ben...
04:15Ah oui, c'est vrai, j'ai pris votre place.
04:19Vous en faites pas, j'ai trouvé une chambre.
04:20Où ça ?
04:22Rue Caille.
04:23Oh, c'est pas un palace, mais...
04:26En attendant...
04:26Vous n'aurez qu'à emporter les couleurs.
04:30J'ai aussi un peu de toile d'avance.
04:32Hum, très bien.
04:35As-tu expédié les affaires que je t'ai demandé ?
04:38Elles me manquent joliment.
04:40Ne t'inquiète pas de Clovis.
04:42A son âge, on n'a pas de souffrance quand on se sent un peu aimé.
04:53On partage, papa.
04:54Non, non, j'suis pas faim, non, chéri.
04:58Mais mange, toi.
04:59J'ai pas besoin de grandir, moi.
05:02Toi, oui.
05:12Il est bien gentil.
05:14Il reste à jouer tout seul dans son petit coin sans me tourmenter.
05:18Il demande quelques fois quand sa mère reviendra.
05:24«
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09:04Du crédit, du crédit, n'en veux pas, pas chez toi, je ne veux plus de crédit, tu m'entends?
09:19Ouf, qu'est-ce qui se passe avec Louise, ça va pas?
09:23Non.
09:27Eh bien, décidément, le mariage mène à la ruine, au suicide.
09:31Si j'avais le courage de faire comme vous.
09:33Mais ne vous laissez pas abattre aux chouves.
09:35Pensez à la peinture, bon Dieu.
09:37Vous êtes en progrès.
09:39Avec de la patience et un peu d'aide, l'art peut encore nous réserver de bons jours.
09:44Ce qu'il faut, c'est filer en Bretagne.
09:46Avec 60 francs de pension par mois, on peut travailler.
09:52Gauguin expose 19 de ses toiles au salon impressionniste.
09:56Mars 1886 marque le triomphe d'une nouvelle tendance, le pointillisme,
10:01représenté par Seurat.
10:04Gauguin se détourne de ses petits jeunes gens chimistes qui accumulent des petits points.
10:10Pour Pissarro, il ne sera plus qu'un sectaire.
10:13Ainsi meurt une amitié.
10:14La vente d'une seule de ses toiles va permettre à Gauguin de mettre Clovis en pension.
10:20A cette exception près, l'accueil fait à son oeuvre est désastreux.
10:25Sa décision est prise.
10:26Et par-dessus le marché, il les enferme dans des contours.
10:37Et c'est baigneuse.
10:38Non mais regardez, c'est baigneuse.
10:40C'est de la misogynie.
10:41Espérons que l'hiver prochain sera meilleur.
10:49En tout cas, je me tuerai plutôt que de mendier comme je viens de le faire cette année.
10:52Je me demande pardon, chère madame.
11:14Vous ne soyez pas d'amoisse, par hasard.
11:17En voiture, s'il vous plaît.
11:18Jean Béduval avait raison.
11:43C'est un pays...
11:44Je fais beaucoup de croquis.
11:45Je travaille comme un forcené.
11:51Je ne sais pas ce qu'il en sortira.
11:58Mais je me sens bien.
12:05La beauté primitive m'inspire.
12:12Tu ne reconnaîtrais plus ma peinture.
12:14Et plus que jamais, j'ai confiance en l'avenir.
12:21Je ne tâque avec des martres.
12:23La couleur reste plus épaisse.
12:27Quand vous vous servez de brosse ordinaire,
12:30deux couleurs voisines se mélangent.
12:33Avec des martres,
12:35vous obtenez des couleurs juxtaposées.
12:37Et en mélangeant le moins possible les couleurs du prisme,
12:40vous devez obtenir le maximum de luminosité.
12:44Tes couleurs sont franches.
12:45Mais tu procèdes quand même par zébrures.
12:48Par hachures successives.
12:52Au fond, tu continues à diviser.
12:54Comme Pissarro.
12:56En cher Laval,
12:57il faut absolument dépasser l'impressionnisme.
13:00Arriver à une stylisation.
13:01Allons, mes enfants, allons.
13:03Il est minuit.
13:04Demain, les palavres.
13:05Il faut monter les petites attentes.
13:06On y va, Jeanne.
13:08On y va.
13:10Bonsoir.
13:10Bonne nuit.
13:18Au lit.
13:36Les salonards de l'hôtel Julia rentrent à la brevoire.
13:43Minable.
13:46Ah non, je pourrirai pas ici.
13:49Quand je pense qu'il y a des pays de lumière
13:51où l'existence est merveilleuse.
13:53Taboga, tiens.
13:55Tu connais pas Taboga et c'est à Marigny.
13:59Le paradis sur la terre.
14:02C'est aussi un très bon climat pour toi.
14:04Évidemment, je connais pas Taboga.
14:08Mais dis donc, y aller, quelle aventure ?
14:10Il faut te secouer, Laval.
14:13Il faut aller boire au sein
14:14qui n'est pas encore taré, tu comprends ?
14:34Emile Bernard.
14:53Jouvenacker m'a dit que je vous trouverai ici.
14:55Il a eu raison, je suis ici.
14:57C'est de vous cette oeuvre ?
14:59Oui, elle avoue ce que je dois à Soura.
15:02Je ne le sais pas dire.
15:04Chouf m'a parlé de ce que vous faites.
15:06Vous savez, moi aussi, je crois que
15:07l'expression de la peinture traditionnelle,
15:10l'esthétique épidermique ne suffise plus.
15:12Il faut inventer du nouveau.
15:14Trouver quelque chose
15:15qui puisse s'opposer à l'analyse des impressionnistes.
15:19Chouf pense que vous êtes d'accord.
15:20Ah, si Chouf le pense, alors...
15:22Jeanne, à boire.
15:36Qu'est-ce que tu chantes ?
15:39Un air des pays lointains.
15:43J'ai réfléchi à ce que tu m'as dit l'autre soir.
15:47Qu'est-ce que...
15:49Taboga,
15:50l'aventure,
15:52la lumière.
15:55Je suis partant.
15:57Bravo, là.
15:58Ça prouve que t'es moins con que les autres.
16:01Il ne reste plus qu'à trouver quelques sous
16:02et en route pour Taboga.
16:03Il ne reste plus qu'à trouver.
16:05La-la-la-la-la-la-la-la-la...
16:15La-la-la-la-la-la...
16:20A l'aval, l'enfance.
16:50Je crois que Degas sera content.
17:18Mon Dieu que j'ai froid.
17:21Moi aussi.
17:23Regarde, ça se voit sur ta toile.
17:26Vivement le soleil.
17:28T'es faim. T'as pas faim, toi ?
17:31T'as qu'à manger tes pommes.
17:42C'est un chaleur, Paul.
17:44Il le sait, l'animal. Il s'en donne à cœur joie.
17:47J'en vends pas un.
17:49Ça n'a pas l'air de vous faire beaucoup de peine.
17:51A chaque chose son heure.
17:53Laissez venir la vogue des arts industriels.
17:55Vous verrez.
17:57Ces vases auront un succès fou.
17:59Que Satan vous entende.
18:01Les vases.
18:02Quels jours ?
18:036 décembre 1886.
18:07On est quels jours ?
18:236 décembre 1886.
18:27Il fait froid ?
18:29Terrible. T'es mieux ici, tu sais.
18:32Ouais. Pendant ce temps-là, je t'enveille pas.
18:35Tu vas bientôt sortir.
18:38Quand est-ce qu'on met les voiles ?
18:40Dès qu'on pourra.
18:42Il y a de nouveau.
18:44Le mari de ma chère sœur m'offre la direction d'une grosse affaire à Panama.
18:48C'est bien, non ?
18:51Panama.
18:54Très bon gars.
18:56Ouais, c'est bien.
18:58Allez, repose-toi. Je reviendrai te voir bientôt.
19:01Ouais.
19:05543.
19:07Quatre-vingt-dix-sept.
19:09Nom, prénom, profession ?
19:10543.
19:11Quatre-vingt-dix-sept.
19:12Nom, prénom, profession ?
19:13Gauguin, Paul, artiste-peintre.
19:14Van Gogh, Vincent, artiste-peintre.
19:16Quatre-vingt-dix-sept.
19:17Quatre-vingt-dix-sept.
19:18Quatre-vingt-dix-sept.
19:19Nom, prénom, profession ?
19:20Gauguin, Paul, artiste-peintre.
19:21Nom, prénom, profession ?
19:22Gauguin, Paul, artiste-peintre.
19:23Van Gogh, Vincent, artiste-peintre.
19:25Quatre-vingt-dix-sept.
19:26Nom, prénom, profession ?
19:27Gauguin, Paul, artiste-peintre.
19:28Quatre-vingt-dix-sept.
19:29Nom, prénom, profession ?
19:30Nom, prénom, profession ?
19:34Gauguin, Paul, artiste peintre.
19:36Van Gogh, Vincent, artiste peintre.
20:00Mon frère me pousse à prendre une galerie à mon compte pour vendre les peintres qu'il aime.
20:11Il ne se rend pas compte. Il n'a que ces idées-là dans la tête.
20:16Exposition géante pour le public populaire, phalanstère d'artistes, etc.
20:21Je suis d'accord, mais qu'est-ce que je peux faire ?
20:24Il n'a pratiquement rien vendu depuis un an.
20:26Salut Théo. Ça va Gauguin ? Qu'est-ce que vous devenez ?
20:30Je peins. Mais dites-moi, mon cher Bernard, on ne pointit plus ?
20:35Effectivement, oui. Je vais laisser le divisionnisme à l'ami Vincent.
20:39Il en viendra, c'est la seule grâce que je souhaite.
20:41J'ai trop longtemps refoulé la couleur. Maintenant, je fonce. Il faut tout oser.
20:45La pureté de la touche me décrase le sang et l'esprit.
20:49Je me sens léger, heureux de vivre.
20:52Pas pour lui, Paul. Ça lui fait mal.
20:54Ah non, quelle blague.
20:55Eh bien, messieurs, risque de me répéter.
20:57Je dirais que pour bien comprendre la couleur, il faut aller où ?
21:01Au tropique.
21:04D'être parmi l'écume inconnue et les cieux.
21:08Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux,
21:12ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trompe.
21:15Je partirai, steamer, balançant ta mature.
21:22Lève l'encre pour une exotique nature.
21:28Je t'ai dit ce que j'avais sur le cœur.
21:30Tu ne l'as pas entendu assez ?
21:32Mon mari t'offre une place de commis dans ce commerce.
21:34Qu'est-ce que tu veux mieux ?
21:35L'argent pour y aller, bourrique.
21:37Ce n'est pas la porte à côté, Panama.
21:38Eh bien, ne compte pas sur moi pour financer ton petit voyage.
21:42Parce que je sais très bien que situation ou pas, tu veux partir.
21:46Maître me l'a écrit.
21:48Et c'est bien pour elle que j'ai intercédé auprès de mon mari.
21:50Qu'est-ce que ces dames ne feraient pas, hein,
21:52pour que je redevienne l'excellente bête de rapport que j'ai été ?
21:55Bon, alors c'est décidé.
21:57Pas de sous pour le voyage ?
21:58Non.
22:00Bravo, petite sœur.
22:03Tu devrais t'installer chez les gars d'à Copenhague.
22:06Tu ne déparerais pas la famille.
22:08Ah, merci aussi pour ne pas trouver le moyen de voir Clovis pendant six mois.
22:13Clovis, c'est ton affaire.
22:15C'est vrai.
22:17Tu sais ce que je vais faire, Marie, maintenant ?
22:20Je vais t'effacer totalement de mes souvenirs.
22:24Totalement.
22:25Quarante.
22:29Oui.
22:30Tu sais ce que je vais faire, Marie.
22:34Ok.
22:35C'est parti.
23:05Il en manque ? Il en manque.
23:10Merde.
23:22Mon cher Paul, j'ai reçu ta lettre m'annonçant ton départ le 10 avril au soir pour les Amériques.
23:29Je viendrai donc à Paris ce jour pour reprendre Clovis et te faire mes adieux.
23:37C'est gentil d'avoir accepté de déjeuner ici.
23:47Ça nous rajeunit.
23:49Oui.
23:53Qui est devenue la chère Ingeborg ?
23:56Elle divorce.
23:57Non.
23:59Oh, quel scandale.
24:01C'est vraiment pas la peine d'avoir épousé un peintre académique pour en arriver là.
24:04Oh, ce n'est pas drôle.
24:09C'est vrai, excuse-moi.
24:10Et Marie Hégard, qui dansait le jour de notre mariage avec une fleur dans les cheveux et que je n'ai même pas revu à Copenhague.
24:23Nous nous sommes perdus de vue.
24:26Bien sûr.
24:27À quelle heure t'entrames pour Saint-Nazaire ?
24:31Six heures.
24:32Laval prend les billets.
24:35J'ai donné des ordres à Chapelet.
24:37Il t'enverra l'argent s'il vend mes céramiques.
24:42On est bien d'accord.
24:44C'est pour les enfants.
24:46Tu as peur que je les donne à mes amants ?
24:48Sois gentil avec Clovis.
24:52Il n'a pas eu un séjour aussi heureux que j'aurais voulu.
24:57Si quelque chose te plaît dans ma collection.
25:00Merci.
25:02Bon.
25:07Au revoir, Maître.
25:09Au revoir, Paul.
25:271897, Taboga, Paradis perdu.
25:52Si tu avais été avec moi, tu le saurais.
25:57C'est une histoire égipiante.
25:59Tu verras, je te rappellerai.
26:00Relâche.
26:01Oui, oui, ça va.
26:02C'est un peu, il est bien.
26:03Qu'est-ce que tu veux?
26:26Un verre d'eau.
26:29Agua.
26:30Agua ?
26:31Fuera, hombre.
26:35Pourquoi vous êtes venu à Tabora ?
27:00On m'avait promis un poste.
27:02Quelle entreprise ?
27:03Celle de mon beau-frère.
27:05Son nom ?
27:07Juan Gourib.
27:08Ah.
27:09Et pourquoi vous avez refusé ce poste ?
27:13Après tout, mon cher beau-frère, si ce que je vous propose vous paraît pas trop dérisoire,
27:18vous n'êtes pas forcé d'accepter.
27:21Ce n'est pas la main d'oeuvre qui manque ici, Dieu merci.
27:25Simplement, ça m'apprendra à rendre service.
27:27Marie m'avait bien prévenu.
27:31Cherchez un travail plus digne de vos capacités, mon vieux.
27:34Et si vous ne le trouvez pas, eh bien vos enfants continueront à crever de faim.
27:41J'aurai ma conscience pour moi.
27:42Lâchez-moi !
27:50Lâchez-moi ! Lâchez-moi !
27:53Lâchez-moi !
27:54Au secours !
27:56Uribe a changé d'avis.
28:01Et quels sont vos moyens d'existence ?
28:03Précaires.
28:05Vagabondage.
28:07Je cherche du travail.
28:08Il y a du travail au canal.
28:10J'espère.
28:11Vous avez 24 heures pour quitter l'île.
28:14C'est compris ?
28:15J'ai pas le choix.
28:17Et vous êtes condamné à une amende.
28:19lycée, signé et filé.
28:41Alors, pourquoi ils t'ont embarqué ?
28:42Attentat à la pudeur.
28:44Mais qu'est-ce que tu racontes, le salaud ?
28:46Mais enfin, explique-toi !
28:47J'ai pissé, tu m'entends ? J'ai pissé sur leur île.
28:50Tu métaphorises, maintenant.
28:51Tu veux que je te montre le trou où j'ai pissé ?
28:53Un trou rempli de merde, détaille.
28:55Et si tu pisses dessus, tu risques une balle dans la tête.
28:58Bon, qu'est-ce qu'on va faire ?
28:59On va se dire.
29:02Quand on sera ouvriers au canal, Taboga nous hébergera.
29:05T'as vu ce qu'ils ont fait de Taboga en 5 ans, hein ?
29:07L'île du bonheur, le paradis sur la terre.
29:09Ha ha !
29:10À chapeau, messieurs les banquiers.
29:17Gauguin est effectivement engagé comme sement du canal de Panama.
29:25Pendant ce temps, Laval peint misérablement des portraits de commandes.
29:28et c'est l'amateur «con cela des marais c'est un total.
29:37Héctor, tu m'es dé positives, lesbianes, les baimes c'est pour uneutar.
29:38Tu respires les banquiers.
29:39Les banquiers.
29:44Les banquiers, les banquiers.
29:50Les banquiers pour un pré recomendable.
29:55Traidez les banquiers.
29:57Salut.
30:07Salut, ça va ?
30:09Non.
30:11T'en fais une gueule, qu'est-ce que t'as ?
30:13J'en ai marre, je veux rentrer.
30:17Et moi, tu crois que j'en ai pas marre de travailler dans cette merde toute la journée ?
30:20Avec les gardes sur le cul, non ?
30:22Mais personne t'y oblige, t'as qu'à peindre !
30:24J'ai pas envie de peindre ces gueules de notable !
30:26Alors c'est moi qui en hérite !
30:27T'as rapporté des sous ?
30:36Je leur ai demandé une avant, s'ils me l'ont refusé.
30:40Ah, les salauds !
30:43Je vais voir ton chef-d'oeuvre.
30:45Ben dis-donc, elles sentent-on profiter, hein ?
31:00Gauvin authentique !
31:02Ah !
31:03Ah !
31:04Ah !
31:05Ah !
31:06Ah !
31:07Ah !
31:08Ah !
31:09C'est parti !
31:10Ah !
31:11Ah !
31:12C'est parti !
31:13Ah !
31:14C'est parti !
31:15C'est parti.
31:45C'est parti.
32:15C'est parti.
32:45Oh, merde.
32:48La Valle, nom de Dieu.
32:51La Valle tient le coup, hé.
32:53Hein ?
32:54C'est pas encore pour maintenant ton billet de retour.
32:56Tu vas pas me lâcher, non ?
32:58Écoute,
32:59je te promets, on va se tirer d'ici, hein.
33:02Encore deux mois de travail au canal,
33:04j'aurai assez d'argent, puis on file à la Martinique, hein.
33:07Tu verras, là-bas, c'est tout bon.
33:09Le rêve.
33:11Les gens sont avec nous.
33:13Ils dansent toute la journée.
33:14Et puis le soleil est pas pourri, je te le dis, hein.
33:16Puis tu sais, la vie est moins chère, hein.
33:19C'est plus facile.
33:20Tu vas voir.
33:23Tu vas te refaire un profil, mon vieux.
33:25Tu vas pas rester avec cette gueule-là, non ?
33:27Allez.
33:30Et puis, t'auras plus de croûte à perdre.
33:33Hein ?
33:34Laval !
33:35Tu m'entends, mon Dieu !
33:37J'ai travaillé depuis quinze jours à la société du canal
33:48quand il est venu des ordres de Paris de licencié du personnel.
33:52Quatre-vingt-dix ont été renvoyés.
33:54Réellement, j'en ai fait partie.
33:56Voilà longtemps que la mauvaise chance est contre moi.
33:59Et je ne fais pas ce que je veux.
34:00Les deux peintres réussissent pourtant
34:23à réunir l'argent du voyage pour la Martinique.
34:26Ils débarquent à Saint-Pierre en juin 1887.
34:30Qu'est-ce que t'as ?
34:41Oh, j'ai...
34:42Ouvre ça, mon vieux.
34:45Tu peux pas respirer, là.
34:47T'as pas le pied marat, toi, hein ?
34:48Non, j'ai jamais supporté le bateau.
34:49Allez, redresse-toi, redresse-toi.
34:51Respire.
34:52Là, respire.
34:54Tu veux boire un coup ?
34:55Non, ça va.
34:56Ah, ça va ?
34:57Oh, quelle expédition.
34:58Il faut te tenir comme ça, respire.
35:01Oh, j'en ai marre.
35:02Oh, j'en ai marre.
35:02Oh, j'en ai marre.
35:05Oh, j'en ai marre.
35:07Oh, j'en ai marre.
35:07Oh, j'en ai.
35:07C'est parti !
35:37C'est parti !
36:07Allez, viens mon gueule, le voyage est fini !
36:10On va se reposer maintenant !
36:14Ça va aller !
36:20Tiens, tu vas pouvoir t'asseoir là !
36:25Maintenant, ça va aller mon vieux !
36:28Tu restes là, tu bouges pas !
36:32Allez, reste là, attends-moi !
36:35Une mission, s'il vous plaît, messieurs-dames !
36:39Une montre à bord ! Une montre !
36:41Allez, 500 francs parmi les appris !
36:43Qui dit mieux ?
36:44500 !
36:44500 !
36:4510-800 !
36:4610-100 !
36:47Qui dit mieux ?
36:47Alors une montre qui vient de Paris !
36:49Directement du boulevard des Capucines !
36:5110-800 !
36:522-000 ! 2-000 !
36:53Et je met le chinois en prime !
36:552-000 francs !
36:562-000 !
36:57Alors qui dit mieux ?
36:58Qui dit mieux ?
36:592-000 francs !
37:00Une montre !
37:00Une montre qui vient de Paris !
37:03Alors 2-200 !
37:042-200 !
37:05Très bien !
37:05Nous, un sujet !
37:07Le paradis, là-bas, non ?
37:15Oui, mon maître !
37:16Surtout après notre charmant séjour à Panama !
37:18Ça, dis-donc !
37:20Tiens !
37:22Regarde qui arrive !
37:25Des fruits, messieurs, des fruits !
37:37Allez, c'est fini pour aujourd'hui.
38:072-800 !
38:081-800 !
38:10Quoi ?
38:122-800 !
38:12Oh !
38:131-800 !
38:13Un réalise ?
38:141-800 !
38:152-800 !
38:183-800 !
38:181-800 !
38:191-800 !
38:202-800 !
38:211-800 !
38:341-800 !
38:36Regarde.
38:39Superbe.
38:42Et dis donc, tu sais ce qu'elle m'a fait ? Elle m'a fait le coup de la mangue.
38:46Quoi, quelle mangue ?
38:48Elle prend une mangue, elle la coupe en deux, elle la presse contre son sein et elle me la donne comme on jette un sort.
38:54Alors, je la mange et je deviens son esclave.
38:57Jolie coutume.
38:59Ah, je suis heureux, mon vieux. Regarde. Regarde. Tu trouves pas que mes couleurs ont changé ?
39:04Ouais.
39:05Ça devient plus dense, j'arrive à composer. C'est plus solide, non ?
39:08Ouais, certainement.
39:12Ah merde, si j'étais pas aussi crevé.
39:15Et à propos, t'es au courant ?
39:18Y a plus rien à bouffer.
39:20Ouais, je sais.
39:34Fuir.
39:35Là-bas, fuir.
39:52Non ?
39:53Fuir.
39:55Là-bas, fuir.
39:56Fuir, là-bas fuir.
40:04Je sens que les oiseaux sont ivres d'être parmi l'écume inconnue et les...
40:08Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux,
40:13ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe.
40:26Il faut qu'il rentre immédiatement en France, impératif.
40:40Sans quoi il ne guérira jamais des fièvres.
40:44Moi aussi, d'ailleurs.
40:47Mes pauvres amis, vous êtes bien mal en point.
40:56Il y a des nouvelles, Paul.
41:04Ton rapatriement est refusé.
41:06Chapelet a trouvé des clients pour tes céramiques.
41:08Il est prêt à te commanditer.
41:11Il veut te voir.
41:12Eh ben, tu vois, il faut que je rentre.
41:15Avec la céramique, je bouffe.
41:17J'aurai la peinture en plus.
41:22Rien ne chouffe.
41:25Et ma femme ?
41:26Rien non plus.
41:31Ça fait quatre mois qu'elle n'a pas écrit.
41:37Tu veux marcher un peu ?
41:39Si tu veux.
41:56Sous-titrage Société Radio-Canada
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42:40Attends, je m'arrête un peu, là, je suis crevé.
42:50Eh ben, mon pauvre vieux, je t'ai embarqué sur une brûle.
42:54J'ai rien à regretter, Eva.
42:57Je t'avais promis, du pays de rêve, de paradis sur terre,
43:01c'est pas encore pour maintenant.
43:03On le découvrira bien un jour, même si c'est pas ensemble.
43:07Ça doit bien exister quelque part, non?
43:13En attendant, va falloir penser à rentrer.
43:17Du moins, toi.
43:18Oui, et par n'importe quel moyen.
43:21Et toi?
43:26Ah, quelle misère.
43:37Je te rejoins dans un mois ou plus tard.
43:43D'accord.
43:45Soigne-toi bien, si tu peux.
43:46Ça ira.
43:48Tu crois que tu tiendras le choc?
43:50T'en fais pas pour moi, va, je connais le boulot.
43:54Allez, Kenavo.
43:57Salut, Paul.
43:57C'est comme matelot sur un voilier que Gauguin regagnera le Havre.
44:12Après un court séjour à Paris, où Laval viendra le rejoindre,
44:16on retrouve les deux amis à Pont-Avennes, en compagnie d'Émile Bernard.
44:19Musique du générique
44:49Yomam, Zante, Zanah, Zanin von Maria,
44:57Zanin, Vergniket, Vito, Fidel, Vite.
45:04Yomam, Zante, Zanah, Zanin von Maria,
45:11Zanin, Vergniket, Vito, Fidel, Vite.
45:19Elle est passée, la procession.
45:22Reprends-la dans ton imagination.
45:24La mémoire ne retient que ce qui frappe l'esprit.
45:27Si bien qu'en peignant avec ta tête,
45:29tu élimines la complication des formes et des tons.
45:33Il te reste une sorte de schéma du spectacle que tu as vu.
45:37A partir de là, tu peux composer, imprimer sur la quitté personnelle.
45:42Tiens, regarde.
45:45Ni arrière-plan, ni perspective, ni modelé.
45:48Des verticales, des diagonales, tout en à plat.
45:54De toute manière, plus on divise le ton, plus il perd son intensité.
45:57Ça le rend gris et sale.
45:59Tu vois, tout redevient simple.
46:02Ce qui compte, c'est pas l'anecdote, ce qui se passe dans le tableau,
46:06mais la disposition respective des formes, des lignes et des couleurs.
46:11Ah, ça, pour plus diviser, tu divises plus.
46:16C'est de la pure peinture plate.
46:19En entourant la couleur d'un cerne bleu-noir,
46:21on augmente encore la force de suggestion.
46:23Il ne s'agit plus de montrer,
46:25mais d'aller au plus profond des choses.
46:28Suggérer au lieu de dire.
46:30C'est un mot de malarmé.
46:32Qu'est-ce que t'en penses?
46:32Je pense que tu as trouvé un style.
46:37La synthèse.
46:47Parce que ça, c'est pas de la peinture plate, peut-être.
46:51Avec quelque chose en plus, tu crois pas?
46:54Oui, c'est vrai.
46:55L'influence des Japonais.
46:56J'aime la Bretagne.
47:00J'y trouve le sauvage, le primitif.
47:02Quand mes sabots résonnent sur le sol de granit,
47:04j'entends le ton sourd, mat et puissant
47:06que je cherche en peinture.
47:07Oh, merde, mon lorgnon!
47:12C'est un vieux.
47:13Merci.
47:23Diable!
47:24Mais que signifie cette représentation?
47:29Je l'ai intitulé
47:31Vision après le serment.
47:33Ou la lutte de Jacob avec l'ange.
47:35Vision après le serment?
47:38Cet ange qui se bat avec un garnement?
47:43La lutte de Jacob avec l'ange n'existe que dans l'imagination
47:47des paysannes qui écoutent le serment.
47:50Elles sont dans l'église,
47:51mais par la force de ce qu'il aurait compté,
47:54Elles ont cette vision.
47:56Et d'où venez-vous, monsieur?
47:58J'ai du sang à un cas dans les veines.
48:01Et j'ai pensé que le sauvage que je suis
48:03pouvait offrir cette toile
48:04à la Bretagne primitive.
48:07Primitive?
48:08À notre époque?
48:09Alors que le chemin de fer s'étend sur tout notre territoire.
48:17Ah, je regrette, messieurs.
48:19Je ne serai pas une nouvelle victime de vos farces de vieux enfants.
48:23Tout ce que je peux faire pour vous,
48:25si vous êtes capables d'en mesurer la gravité,
48:28c'est de prier pour votre salut.
48:31Au revoir, messieurs.
48:32Mon tableau, je vais l'envoyer à Théo.
48:42J'en veux 600 francs, pas moins.
48:44J'en veux 600 francs, pas moins.
49:14Ça va, Jeanne?
49:19Votre soeur vous cherchait.
49:21Elle s'est encore prise de bec
49:23avec les autres peintres
49:24en rapport à une toile de monsieur Gauguin
49:26qu'elle voulait accrocher dans le salon.
49:29Où est-elle?
49:29Elle ne va pas tarder.
49:31Elle est allée jusqu'à Trémalo avec monsieur Sérusier.
49:34Sérusier, mais il bouffe avec les académiques
49:36qui sortaient chez Julien.
49:37Elle n'est pas rancunière, Madeleine.
49:39Monsieur Sérusier est le seul qui vous ait défendu
49:41quand elle leur a dit à tous
49:43que vous étiez le plus grand artiste de ce siècle.
49:47Ah, il ne savait plus quoi répondre.
49:49Le grand artiste vient de se faire traiter de farceur
49:51par un curé de campagne.
49:52Laisse tomber, Paul.
49:54La belle-mère à Copenhague,
49:55les gendarmes à Taboga
49:56et les curés de Pont-Avelle.
49:57Mais où est-ce qu'il faut aller
49:58pour qu'on vous foute la paix, mon Dieu?
49:59Bonjour, Madeleine.
50:08Je vous ai cherchée.
50:09Où étiez-vous?
50:13Qu'est-ce qui se passe, Paul?
50:15Vous avez l'air bizarre.
50:16J'ai l'unir en pelote.
50:17Oh, Paul!
50:19C'est pas après vous que j'en ai, petite soeur.
50:22Vous, vous êtes un ange.
50:23Maître Pontier de Chamaillard,
50:34avocat à la cour de Quimper,
50:35sais-tu ce que tu es?
50:37Ma foi, non.
50:38Le plus gauche d'entre nous
50:39et dans ma bouche, c'est un compliment.
50:48Entrez.
50:53Je vous apporte une lettre.
51:00Merci.
51:02Comment allez-vous, Paul?
51:04Dès que vous entrez, tout va bien.
51:12De bonnes nouvelles?
51:18Une lettre d'amitié.
51:20Daniel de Montfred, qui bourlingue.
51:22Il a une goalette de 36 tonneaux.
51:25Il est marin?
51:26Il voyage pour son plaisir.
51:29Il y a longtemps que vous le connaissez.
51:32C'est un ami.
51:33Je l'ai rencontré pour la première fois à Paris,
51:37à mon retour de la Martinique.
51:39J'ai l'impression que ma peinture l'effraie un peu.
51:41Vous avez navigué, vous aussi?
51:43Pendant six ans.
51:45Je suis rentré en France en 71.
51:48L'année de ma naissance.
51:52Vous êtes jeune petite sœur.
51:55Vous aussi, Paul.
52:01J'ai senti vos cheveux sur mon front.
52:04Paul.
52:05J'ai t'aksi d'été.
52:07Malas, on est déjà tomatoes.
52:09Je vous pense.
52:10J'ai tenté d'epperstep.
52:10J'ai tenté d'essayer.
52:11Je vous mão de lepas à dormir.
52:12Ninets psychics.
52:13J'ai toen dérannt.
52:14Tuc c'est moi.
52:15Et vous remercie.
52:16J'ai faite Thanks.
52:20J'ai réveille.
52:51...
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