- il y a 5 mois
DB - 24-07-2025
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00:00C'est parti !
00:301871. Après 7 ans de marine, Paul Goyen revient à Paris.
00:50Un Paris qui s'est insurgé contre le gouvernement capitulaire.
00:55La maison familiale a été pillée et incendiée au lendemain de la...
01:00Il se rend chez Gustave Arosa, tuteur que lui a désigné sa mère, morte quelques années plus tôt.
01:06Dans cette maison accueillante, il retrouve sa sœur Marie pour laquelle il n'éprouve guère d'amitié.
01:12Marguerite Arosa va contribuer à l'initié au mystère de la peinture.
01:17Fidèle à la promesse faite à sa mère, Arosa recommande Gouguin à un agent de change de ses amis, Bertin.
01:25Il y est engagé, fait la connaissance de Choufénécaisier comme lui, mais aussi peintre amateur et qu'il entraîne chez Collard aussi, atelier célèbre de l'époque.
01:33Gouguin se révèle fort doué pour les affaires et gagne très bien sa vie.
01:38Pourtant, la peinture le fascine déjà et il y consacre l'essentiel de ses loisirs.
01:43Il rencontre à Paris une jeune Danoise, Mette Sophie Gade, dont il tombe éperdument amoureux et qu'il épouse le 22 novembre 1860.
01:55Financiers prospères, il l'installe dans un confortable appartement et partage sa vie entre la bourse et la peinture.
02:13Ce sous-bois de Virofleux vous est dédié, chère Marguerite, même si ça n'est pas écrit sur la toile.
02:23Merci, Paul. C'est vrai que c'est un très beau souvenir pour moi.
02:27Quel effet ça vous fait, l'exposé pour la première fois ?
02:29Eh bien, si j'étais peintre, ça m'impressionnerait peut-être, mais comme je suis boursier, alors...
02:35Rio Tinto, maritime de Liverpool, potasse de Valparaiso.
02:43Rio Tinto, Liverpool, Valparaiso.
03:01À l'académie Coloresi.
03:03Quel prétentieux ce Vauguin.
03:15Son argent lui monte à la tête.
03:16Paul, je voudrais vous présenter Édouard Goulax, un jeune peintron droit.
03:35Je suis élève de Bonnard.
03:36Compliment.
03:39Avec un patron pareil, vous irez loin.
03:42J'ai vu sa toile au salon.
03:45Le mot de Degas est fait pour lui.
03:48Faux peintre, faux artiste, photographe.
03:51Comment l'appellera-nous si c'est un garçon ?
04:10Sur le bateau qui nous a emmené au Pérou,
04:22mon père Clovis est mort comme un chien.
04:25On l'a enterré à Portfamine.
04:28Nous l'appellerons Clovis, maître.
04:30Deux absinthes, Georges.
04:55Ne discutez pas deux absinthes.
04:56Mon chien Chouf,
05:03en revendant mes actions de Lorraine,
05:05j'ai décuplé en 20 jours.
05:07En échangeant mes creuseaux contre les mines de cuivre,
05:09j'ai triplé.
05:10Bref, croyez-moi, je montrais de 1 à 15.
05:12Quel chemin parcouru, Paul.
05:14Vous gagnez tellement d'argent
05:15que bientôt vous allez pouvoir racheter Bertin.
05:19Le plein air, Chouf.
05:21Le plein air, y'a que ça.
05:23Le plein air au printemps.
05:26Bonne nuit, bébé.
05:41Bonne nuit, bébé.
05:48Faites beaux rêves, Clovis, mon fils.
05:51Des rêves en couleurs.
05:53Vous avez beaucoup peint ces temps-ci, Paul.
06:00Pas mal, oui.
06:01Il est infatigable.
06:03Il n'arrête jamais.
06:05C'est vrai que tu es marié à la peinture.
06:08Quand je t'ai épousé,
06:08je ne savais pas que toute ma vie,
06:10je devrais supporter une rivale.
06:12Enfin, tu travailles le jour.
06:14Il faut bien que tu te distraies le reste du temps.
06:16J'ai l'impression que, pour Paul,
06:20la peinture est beaucoup plus qu'une distraction.
06:22Bon.
06:24Bravo, Chouf.
06:27Décidément.
06:28J'ai fait ma vie avec un original.
06:31Un original qui gagne beaucoup d'argent, non ?
06:34D'ailleurs, j'ai l'intention d'en consacrer une partie à la peinture.
06:38N'en déplaise un monsieur Pissarro,
06:40je vais acheter Degas, Renoir, Manet et Pissarro.
06:46Pissarro qui dit toujours,
06:49il ne faut pas le voyer.
06:50Il ne faut pas le voyer.
06:53Et pauvre comme Job,
06:54il est incapable de nourrir sa corte d'enfant.
06:59Bête.
07:01Ne soyez pas injuste avec lui.
07:03Et puis j'ai envie de cultiver des roses.
07:05Pas de roses.
07:07Des roses rares comme on n'en trouve pas ici.
07:09Tu vois là jardinier maintenant.
07:11Je préfère m'en aller que d'entendre ça.
07:14Messieurs de la Bourse,
07:15bon après-midi.
07:17Maître,
07:19cet appartement étant trop petit pour ce que je veux faire,
07:22on déménage.
07:24Ma piste,
07:25je ne comprends pas tes griffes contre ton mari.
07:28Il t'a offert une belle maison.
07:30Tu vis dans les luxes
07:31et notre mère serait tout à fait rassurée sur ton sort
07:35si elle te voyait installée comme te voilà.
07:37C'est vrai que je n'ai pas à me plaindre.
07:41Simplement,
07:41je ne comprends pas pourquoi il y a acheté tous ces tableaux.
07:45Je ne comprendrai d'ailleurs jamais
07:46qu'il se trouve des gens assez fous
07:48pour se disputer à prix d'or
07:51des rectangles de toile.
07:53Il y a tant de choses utiles à acheter.
07:56Mais Paul a gagné 40 000 francs,
07:58Bête,
07:59en quelques mois.
07:59Et alors,
08:00c'est une raison pour les gaspiller ?
08:03Ou d'ailleurs,
08:03vous le défendez toujours.
08:05Vous êtes comme Pissarro
08:07qui me répète
08:07que ces tableaux sont un excellent placement.
08:11Je ne sais pas
08:12si l'excellence de ce placement
08:15serait reconnue au Talmar.
08:17Pour moi,
08:21l'impressionnisme
08:22est loin de te faire entrer
08:25dans les préoccupations
08:28de nos artistes nationaux.
08:31Ce n'est-ce que c'est
08:32le grand Pastien Lepage
08:35sont des critères
08:36autrement sérieux.
08:38C'est le grand Pastien Lepage
08:55qui n'est pas
08:56le grand Pastien Lepage
08:58qui est très très
08:59C'est pour quand ce mariage ?
09:15Bientôt maître, bientôt.
09:18Alors, et il est heureux que Diable, elle est charmante contre lui.
09:23Merci maître, amitié à Paul.
09:29Tu présenteras mes salutations à ton mari.
09:33Il ne nous aura pas à capeler de sa présence ce soir.
09:36Enfin.
09:38Bonsoir maître.
09:38Bonsoir.
09:59Bonsoir.
10:25Maître! Maître!
10:50Va-t'en.
10:52Écoute, maître, j'ai demandé à Justine de poser pour moi quel mal y a-t-il à ça.
10:55Quel mal!
10:56Mais elle a déjà servi de modèle à Delacroix. C'est une jolie fille. J'ai eu envie de la peindre, c'est tout.
11:01Un modèle n'est pas une maîtresse, tu sais.
11:02Ne me touche pas. Va-t'en. J'en ai essayé de te voir perdre ton temps à peindre comme le dernier des rapins.
11:10Si tu te voyais, mon pauvre ami, trimballant tes croûtes dans les rues de Paris,
11:16barbouillant jour et nuit en blouse comme un ouvrier de Faubourg, tu es ridicule.
11:20Maître!
11:20Tu n'es pas un artiste et tu n'en seras jamais un. Tu n'as aucun talent.
11:24J'ai épousé un financier et j'en étais fière. Je n'ai pas envie que demain on dise que je suis à la fin d'un raté.
11:29Je ne prétends pas être un artiste. Je peins pour mon plaisir et ça ne lui parle mon travail.
11:34Tu as tout ce que tu désires, maître.
11:36Des robes, une voiture, une maison. Quand tu veux de l'argent, je t'en donne. Qu'est-ce que tu veux de plus?
11:41Écoute-moi, c'est toi que je veux peindre.
11:43Me peindre? Nue comme cette fille? C'est sur moi que tu voudrais passer tes fantaisies de maniaques?
11:50J'ai bien peur, maître Sophie Gade, que le seul lien qui nous unisse à présent soit l'argent.
11:54C'est ça! Va voir les putains de l'or et de la gaieté!
12:01Sous-titrage Société Radio-Canada
12:29Tu sais combien huit semaines ça l'a dendu, hein? Écoute ce qu'il écrit.
12:51Monsieur Gauguin se présente avec une toile bien à lui.
12:54Une toile qui révèle un incontestable tempérament de peintre moderne.
12:57Je ne crains pas d'affirmer que parmi les peintres contemporaines qui entrent encore donner une note aussi veillement dans le réel...
13:04Quelle vérité enfin dans toutes ces parties du corps. Dans ce ventre un peu gros tournant sur les cuisses...
13:11Et tu voulais que je pose pour toi. Tu te rends compte? Tous ces gens ici qui seraient en train de... de me regarder.
13:18Et c'est Monsieur Hismance qui parlerait de mon corps quand il parle de celui de notre banne. Quelle horreur!
13:23Quelle horreur!
13:24Mais il ne parle pas du ventre de Justine. Il parle de ma peinture.
13:28Cette femme avec son corps lourd est la messagère de tout ce qui se passe dans ma tête. Tu comprends?
13:33Messagère? Justine? Haha! Très drôle!
13:48Qu'est-ce que tu penses de Suzanne, Paul?
13:51Ce qui m'intéresse chez lui, c'est qu'il ne s'en tient pas ses impressions visuelles. Il pense à partir de ses sensations et c'est justement ce que j'ai envie de faire.
14:01Mais en fait, pourquoi il n'est pas resté avec nous?
14:03Il a peur qu'on lui chipe sa manière.
14:11Superbe, Cézanne. Oui, vraiment superbe.
14:16Il a l'oeil le petit.
14:18Eh bien messieurs, ce que vous faites n'est pas mal non plus.
14:21Cézanne, j'ai découvert un poète.
14:28C'est un petit professeur d'emblée qui s'appelle Stéphane Mallarmé.
14:31Tenez, ça me fait plaisir de vous l'offrir.
14:37Merci.
14:39Fuir, là-bas, fuir.
14:41Je sens que des oiseaux sont ivres d'être parmi les cumes inconnus et les cieux.
14:48Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux, ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe.
14:56Paul!
14:58Ni la clarté déserte de ma lampe sur le vide papier que la blancheur défend.
15:07Et ni la jeune femme allait tant son enfant.
15:11Paul, toute poésie mise à part.
15:15Sais-tu combien on a dépensé cette année?
15:18Et combien tu as gagné?
15:20Si tu ne réussis pas très vite d'excellents affaires, nous courrons la catastrophe.
15:24Je partirai.
15:29Stimmer balançant à matures.
15:32Lève l'encre pour une exotique nature.
15:35L'Union Générale empaillée!
15:38Le directeur arrêté!
15:42Épondrement des valeurs!
15:44C'est parti avec l'effondrement de la banque de Lyon.
15:50On parle de bagarre sanglante avec la police.
15:53Il y a une histoire qu'on va leur rendre l'économie.
15:55Vous avez des coupons?
15:59Je vais essayer de les troquer contre les midrées de Lorraine.
16:01Ça peut être encore possible.
16:04Qu'est-ce que vous avez?
16:05À quoi pensez-vous? Vous avez l'air désespéré.
16:07Je ne suis pas désespéré, je suis furieux.
16:10Les affaires ne sont pas très bonnes, bien sûr.
16:11Je me fous des affaires!
16:14Je suis furieux parce que ce que je ne sais pas, vous comprenez?
16:17J'essaie de mettre sur la toile ce que je sens à l'intérieur de moi, mais je n'y arrive pas, voilà!
16:21Au fond, je vais vous dire, je peins à travers le style des autres, à travers Pissarro.
16:24Dans vos dernières toiles me paraissent...
16:25De la merde!
16:28Et tant que je travaillerai dans cette putain de bourse, jamais je ne serai capable de faire quoi que ce soit de potable!
16:33Chouf, il faut que j'aie le courage de tout quitter.
16:37Le pavillon, la bourse, tout!
16:38Fuir!
16:40J'ai tout à peindre!
16:42Je vendrai mes toiles et je serai heureux!
16:45Je ne peux pas peindre si je continue dans cet enfer!
16:49Je ne sais pas quoi vous dire, Paul.
16:51La crise a des conséquences sur la peinture.
16:54Durant où elle est touchée, même les peintres cotés vont avoir du mal à vendre.
16:58Alors...
16:59Mais la marmite, Paul, il faut bien la faire bouillir, la marmite.
17:05Peu importe!
17:06Je dois me rassembler pour faire ce que j'ai à faire!
17:08Je dois peindre!
17:10De toute façon, Paul, moi aussi je vais lâcher la bourse.
17:14À moins que ce soit la bourse qui me lâche.
17:17Allez donc savoir!
17:18Qu'est-ce que vous allez faire maintenant?
17:21Je vais être professeur de dessin dans les écoles communales.
17:25Mais nous resterons bons amis, hein?
17:27Je partirai, steamer balançant amateur.
17:38Lève l'encre pour une exotique nature.
17:42Monsieur Gauguin?
17:44Ah!
17:48Je bois à la liberté.
17:57Alors, j'irris un peu plus la moindre
18:23C'est parti.
18:53C'est à cette heure-ci que tu rentres?
19:15Non, mais parce qu'à cette heure-ci d'ordinaire, tu pars pour le bureau.
19:27Eh bien, réponds-moi. Tu vas par la bourse ce matin?
19:30J'ai donné ma démission.
19:40Désormais, je vais peindre tous les jours.
19:42Voici ce que m'écrit Renoir.
19:48Mon cher Durand-Ruel, exposé avec Pissarro, Gauguin, Guillaumin, c'est comme si j'exposais avec une sociale quelconque.
19:55Un peu plus, Pissarro inviterait le russe Lavrov, un anarchiste.
19:59Le public n'aime pas ce qui sent la politique et je ne veux pas, moi, à mon âge, être révolutionnaire.
20:04Rester avec l'Israélite Pissarro, c'est la révolution.
20:07Passons. Et Monet?
20:09Monet n'est pas chaud non plus.
20:10Il faut absolument que Renoir et Monet participent.
20:14Depuis dix ans que vous avez entrepris la tâche de ces expositions,
20:18chaque année, un impressionniste nous quitte pour faire place à des nullités et à des élèves de l'école.
20:24Encore deux ans et vous resterez seul au milieu de Roublard de la pire espèce.
20:28Ce sera la fin pour tout le monde.
20:31Je vais essayer d'arranger ça.
20:33Pissarro.
20:37Renoir.
20:40N'oublions pas, monnaie.
20:44Eh oui, monnaie.
20:50Et vous-même, mon cher Gauguin.
20:53La crise et le besoin d'argent aidant, ils sont tous là.
20:57C'est la réconciliation.
20:58Est-ce que vous pourrez tenir à une vente?
21:02Je ne chiffre plus mes dettes.
21:05C'est foutu pour moi si on ne sort pas de l'impasse.
21:07Merci.
21:10T'as lu ce qu'écrit Huismans?
21:19Non.
21:22M. Gauguin n'est pas un progrès, hélas.
21:26Cet artiste nous avait apporté l'an dernier une excellente étude de nu.
21:30Cette année, rien qui vaille.
21:33Quant à son intérieur d'atelier, il est d'une couleur teigneuse et sourde.
21:38C'est un con, quand je pense que pour prendre notre oile, on dépend de si s'en foutre de critique.
21:44Quelle misère.
21:45Je croyais que Huismans était ton ami et que tu appréciais beaucoup son jugement.
21:59Gauguin m'inquiète.
22:00Il cherche à vendre au lieu de peindre.
22:06C'est du temps perdu.
22:08Paul cherche des expédiants et il perd de vue son art.
22:12Et toi?
22:13Tu l'as à l'oeil, ton art?
22:15Oh, moi.
22:18Et puis je trouve que c'est une drôle de façon de parler d'un ami.
22:21C'est ton ami, non?
22:22Louise, tu dis n'importe quoi pour le seul plaisir de me contrarier.
22:29Attention.
22:31Merci.
22:39Une autre, s'il vous plaît.
22:41Non, monsieur Nadar, ça suffit.
22:42Mais ils vont partir.
22:44Aline, prends la main de Jean.
22:45Et Mille, le provis, allons monter dans la voiture.
22:48Pour l'album, l'album Souvenir.
22:59Ici vécure Paul Gauguin et son épouse devant Dieu, Maître Sophie Gade.
23:06C'est dans cette maison que naquirent deux de leurs cinq enfants.
23:11C'est là qu'un jour il décida d'être peintre.
23:13Et que peu à peu mourut leur amour.
23:30Allez-y.
23:30Allez-y.
23:43Maman.
23:51Oui.
23:54Papa travaille.
23:55Oui, papa travaille.
23:57C'est vrai que je dois partager ma chambre avec Aline et Chloris.
24:00Il le faut bien.
24:01Pourquoi on a quitté la maison?
24:03Parce qu'elle était trop grande.
24:05Allons maintenant au lit.
24:07Hop.
24:08Allons, non?
24:12Je viendrai vous emprunter.
24:13Merci tout à l'heure.
24:14Merci tout à l'heure.
24:43Je te sers un verre?
25:07Non, merci.
25:12Ton dîner est sur le feu.
25:18Tu ne te plais pas ici?
25:20Tu regrettes la maison, c'est ça?
25:23Mais non, Paul, mais non.
25:25Je suis fatiguée.
25:28Bonsoir.
25:30Je vais embrasser les enfants.
25:31Et moi?
25:34Pas un petit baiser?
25:35Bonsoir, Paul.
25:40Bonsoir.
25:40Dans Alighieri, l'enfer.
26:01Il n'existe pas de plus grande peine
26:08que de se remémorer dans l'adversité
26:11l'époque où l'on était heureux.
26:14Jamais elle n'a posé un regard bienveillant sur une de mes toiles.
26:36Paul, j'aime beaucoup ta femme.
26:39D'abord, elle est belle et j'aime les belles femmes.
26:43Mais tu l'admets avec bienveillance,
26:45ta métamorphose de financier prospère,
26:48en barbouilleur,
26:49qui ne vit pas de sa peinture,
26:51c'est peut-être beaucoup lui demander.
26:52Tu ne peux pas faire l'effort de la comprendre, toi aussi?
26:54J'ai bien peur que ce soit trop tard.
26:56Dis-toi bien que si une femme voit rarement ce qu'on lui apporte,
26:59elle voit par contre très bien ce qu'on ne lui donne pas.
27:02Ou ce qu'on ne lui donne plus.
27:04C'est bien pourquoi je voudrais vendre mes toiles.
27:06Mais les impressionnistes ne vendent rien, mon pauvre Paul.
27:10Ma dernière exposition, un fiasco.
27:13Même à Paris, nous ne sommes encore que des gueux, des galeux.
27:16Alors Rouen, dont tu me parlais,
27:20Rouen, claubert que ses habitants ne reconnaissent même pas comme un des leurs.
27:25C'est pas possible qu'il y ait dans cette ville une place quelconque pour la peinture.
27:28Pourquoi cherchez-vous à me décourager?
27:29Je dis ce qui est vrai.
27:34Regarde-moi.
27:36Trente années de peinture et je bats la dèche.
27:40Tiens.
27:45Un article du Charivari.
27:48Sur une de mes toiles.
27:49On voit de la gelée blanche sur des sillons profondément creux.
27:59Ça des sillons, ça de la gelée,
28:02ça n'a ni que ni tête, ni haut, ni bas, ni devant, ni derrière.
28:08Peut-être, diront-ils, mais l'impression y est.
28:12Eh bien,
28:14elle est drôle, l'impression.
28:16Et pourtant,
28:25malgré ce que j'ai pu souffrir,
28:28et ce que j'endure encore aujourd'hui,
28:30s'il m'était donné de recommencer à zéro,
28:33c'est tout de même cette vie-là que je choisirais à nouveau.
28:36Vous voyez bien.
28:37Tu sais, Paul,
28:41il faut chercher la nature qui convient à son tempérament.
28:46Regarder le motif plus pour la forme et la couleur que pour le dessin.
28:51Peindre le caractère essentiel des choses
28:53et chercher à le rendre par n'importe quel moyen.
28:57Ne pas procéder d'après des règles et des principes,
28:59mais peindre ce que l'on observe,
29:02ce qu'on sent,
29:03généreusement,
29:05sans hésitation.
29:06ne pas manquer l'impression première.
29:14Pas de timidité.
29:18Il faut oser au risque de se tromper.
29:20Oh, je déteste sa peinture.
29:26J'ai parfois envie d'y mettre le feu.
29:28Mais,
29:29quand tu lui en parles,
29:31qu'est-ce qu'il te répond?
29:33Qu'il s'appelle Paul Gauguin,
29:36comme si je ne le savais pas.
29:38Et que sa peinture nous fera vivre.
29:41Des chimères.
29:43Toujours des chimères.
29:46S'il était seul,
29:47je comprendrais.
29:49Enfin,
29:49j'essaierai de comprendre.
29:50qu'il ait abandonné sa situation
29:52pour tout sacrifier son art.
29:55Comme il dit.
29:57Mais il y a moins,
29:57Gabor.
29:58Il y a des enfants, surtout.
30:00Ces enfants.
30:02Ah, je me demande parfois
30:03s'il ne devient pas fou.
30:04Il ne te bat pas, au moins.
30:07Non.
30:08Il ne me bat pas.
30:10Je dois même dire
30:11qu'il a été toujours
30:12d'une grande tendresse pour moi.
30:16Écoute, maître.
30:17Dis-toi que tu es aimé
30:20comme aucune femme ne l'est.
30:22vois par tous les ravages
30:24que tu fais dans ma pauvre maison,
30:26dans ma tête,
30:26dans mon cœur,
30:28à quel point tu y es, tout.
30:29la fleur est le fruit,
30:31la force est la faiblesse,
30:33le plaisir est la douleur,
30:36la douleur involontairement,
30:38le plaisir toujours,
30:40même dans la douleur.
30:41C'est beau, n'est-ce pas?
30:48C'est très beau, Paul.
30:51Qu'est-ce que je vais devenir,
30:52Ingeborg?
30:53Pourquoi crois-tu
30:54que je suis ici?
30:55Notre mère est terriblement
30:57inquiète.
30:58Des lettres,
30:58elles ont affolé.
31:00Et pour ne rien te cacher,
31:02je suis venue te chercher.
31:05Reviens à Copenhague.
31:07Reviens à la maison.
31:09J'y pense souvent.
31:09qu'elle est jalouse.
31:16Oui, ma chère Louise.
31:19Elle est jalouse.
31:21Mais enfin, Paul,
31:22je comprends très bien
31:23qu'elle soit jalouse.
31:25Vous devriez vous mettre à sa place.
31:27Elle ne peut pas accepter
31:28toutes vos fredaines
31:29avec le sourire tout de même.
31:31Mais quelle fredaine?
31:32Vous dites qu'elle est jalouse.
31:33Reviens à la maison.
31:36Elle est jalouse de là.
31:37Voilà.
31:39Tiens.
31:39Voilà.
31:40Les voilà, mes fredaines.
31:41Elle est jalouse de ça.
31:43Ça, ça.
31:44Ça, et encore ça.
31:45Des heures de fièvre.
31:46Des heures d'angoisse.
31:48Vous appelez ça,
31:49les fredaines, vous.
31:50Qu'est-ce qui se passe?
31:52On vous entend de la rue.
31:53Rien, je vous fais rien.
31:56Rien, encore rien.
32:01Je crains d'avoir blessé Paul
32:03sans le vouloir.
32:04Mais vous inquiétez pas, Louise.
32:06La pouille dure.
32:08Il a carcasse solide.
32:09Comment va maître?
32:12Ah, décidément.
32:14Vous savez bien comment elle va.
32:16Mal.
32:18Mal depuis le jour
32:18où je lui ai annoncé
32:19que je l'allais me consacrer
32:20entièrement à la peinture.
32:22Ah oui, mais ça,
32:22et ça, il est vrai
32:23que je lui avais promis
32:24de la vente de ma peinture.
32:25Oui.
32:26Et tout le monde là-dessus
32:27était d'accord pour me dire
32:28que j'avais tort.
32:30Alors...
32:31Alors elle a le sentiment
32:32que je l'allais dépossédée
32:33de tout,
32:34mais pas seulement
32:35de l'argent
32:35que je lui ai rapporté
32:35chaque mois.
32:37Non, de tout.
32:38Et quand on n'a plus rien
32:39sur quoi s'appuyer,
32:40je trouve...
32:41On va mal.
32:43Et moi, je la regarde
32:44aller mal,
32:44mais la pauvre petite bourgeoise
32:45déçue.
32:47Oui.
32:50Et jamais je ne trouve
32:51les mots
32:51qui lui redonneraient
32:52confiance,
32:54espoir,
32:57des forces, quoi.
33:01D'ailleurs,
33:06est-ce qu'ils existent
33:07vraiment, c'est bon ?
33:10Paul,
33:12si on allait tous les quatre
33:13oublier nos soucis
33:14dimanche sur les bords
33:15de la Marne,
33:16qu'est-ce que vous en pensez ?
33:18Bravo, Jouff !
33:31Le jour de notre mariage,
33:34Émile m'a amené ici,
33:35aux initiales sur un arbre.
33:36Je n'avais qu'un tout petit canif.
33:39Vivons donc à cet arbre
33:40sculpté par le tout petit
33:41canif d'Émile,
33:43symbole du passé.
33:47Est-ce que vous avez déjà
33:48essayé de peindre le passé,
33:50Jouff ?
33:51Messieurs,
33:53nos chevaliers servants
33:53devront dire légende.
33:55C'est une excellente idée.
33:57Vous permettez,
33:57maître ?
33:58Et nous, Paul ?
34:09Attendez.
34:28Permettez-vous, Louise ?
34:34Je permets ?
34:37Je permets.
34:39Je permets.
34:41Je permets.
34:52Je permets.
34:53Sous-titrage FR ?
35:23Vous ne dites rien, maître.
35:35J'étais dans le passé. Moi aussi.
35:49Paul !
35:50Oui ?
35:51C'est une valse.
35:53Oui, je sais.
35:53Alors, va le sais.
36:05Il faut l'aider, maître.
36:06C'est sûr que ça s'arrangera.
36:09Je crois qu'il est trop tard.
36:14Non.
36:16Je crois qu'il est trop tard.
36:17Pourquoi veux-tu t'en convaincre ?
36:22Oh, maître, si tu voulais...
36:25Paul, je veux m'en aller.
36:47Pour moi.
37:04Je crois qu'il est trop tard.
37:06Je crois qu'il est trop tard.
37:09Donc, j'ai parléé.
37:10Sous-titrage Société Radio-Canada
37:40Je serai bientôt avec vous. Je trouverai un moyen, tu verras.
38:10Après le départ de Met, Gouguin tente l'impossible pour sortir de la misère.
38:21Cessif, il trouve enfin une situation qui l'amène en 1884 à Copenhague.
38:27Je ne m'attafe, pauvre mais insouciant.
38:33Dix-sept années ont passé, j'ai été pendant ce temps un boursier prospère mais qui s'emmerdait.
38:39J'ai décidé de ne pas être que cela.
38:41Et me voici de nouveau à Copenhague, représentant en bâche imperméable et imputressible
38:46pour la maison des frères de Roubaix.
38:49C'est un boursier, c'est un boursier.
39:19Mon cher beau-frère, ça veut dire quoi, imputressible ?
39:40Ça veut dire qui ne pourrit pas, qui résiste aux années.
39:44Vous devriez peindre dessus.
39:47Ah, j'y penserai, chère belle-sœur. J'y penserai.
39:54Comment marchent les affaires, Paul ?
39:58C'est pas très facile mais j'ai bon espoir.
40:01Ces messieurs ne sont pas toujours aimables.
40:03Mais dis introduction en vigueur de monsieur.
40:06Quand il y a trop long, docteur, on connaît ce n'est pas forcément obligé.
40:10Perseveré.
40:14Bien sûr, chère madame.
40:16Det ne doit pas être trop long.
40:18Tensez sur vos fem bords.
40:20Et sur les affaires, que mon dater, pour les apporter.
40:22Mette, tu sais que nous devons être prêts à vous aider.
40:26Qu'est-ce qu'elle dit encore ?
40:28Je dis à ma sœur, que si les cours de français qu'elle est obligée de donner ne suffisent pas,
40:34elle peut compter sur sa famille.
40:38Au nom de ma chère épouse, de moi-même et de mes enfants,
40:42je vous remercie tous pour votre sollicitude attentive.
40:45Est-ce que tu, Inge, quelle Jacobson a un maison à 800 mètres de la nôtre ?
40:52Mais vous parlez français, chère madame ?
40:54Non.
40:56Mais je le pourrais, si je voulais.
40:59Mais bon ?
40:59Er hun i København ?
41:01de oufgu
41:17De a Testing en temps
41:27le danemark est un charmant pays tu ne veux vraiment pas nous accompagner au temple pour
41:44une fois je ne suis pas danois je ne suis pas luthérien c'est le premier ça ne fera jamais
41:53qu'une chose de plus qu'elle ne me pardonne pas ah si j'étais encore le financier prospère que tu as
41:59épousé oui je serai sans doute dispensé de temples et autres hypocrisies mais tu n'es plus financier
42:04prospère et moi je dois donner des leçons de français pour nourrir tes enfants à propos deux
42:12de mes élèves se sont encore décommandés et la comtesse de milk ne paiera plus la pension de
42:17clovis mais qu'est-ce qu'il te reproche tous ces braves ans un d'avoir un mari qui ne fait pas
42:21d'affaires c'est ma faute si ce pays de bourgeois chauvin est borné n'aime que la saleté à bon
42:27marché on me reproche d'aller seul au temple de dimanche ah j'oubliais la religion mais
42:36c'est pour toi que je suis venu tu le sais
42:51quand il reviendra le temps des cerises
43:17je suis venu tu le sais
43:47bonsoir mais bonsoir paul
44:06alors émile ça va les voir oui
44:17bah c'est pas facile hein clovis
44:22bonsoir ma fille
44:28tu veux que je joue quelque chose pour toi
44:31oui si tu veux
44:33plus tard laisse ton père se reposer il est très fatigué
44:38c'est vrai m'être très fatigué t'as beaucoup travaillé papa
44:43oui mon clovis beaucoup
44:46tu as réussi à trouver un client aujourd'hui
44:53aucun ma chère mète
44:56aucun
44:57Aline
45:00viens voir papa
45:02j'ai un cadeau pour toi
45:10tiens
45:12il te plaît
45:14merci mon papa
45:17pas jouer maintenant
45:20cher monsieur d'illy
45:33malgré tout le désir que j'ai de ne pas rabâcher je suis obligé d'aborder une
45:39fois encore la question des avances je compte sur votre compréhension ce que vous déciderez
45:44sera bien une observation vos toiles couleur rouge font une rayure dans le pli plus clair que
45:52la surface peut-on y remédier
45:58une rayure dans le pli
46:02quelle merde
46:19je vais te parler paul
46:21oui
46:23qu'est ce que tu fais
46:25la société des amis de l'or organise une présentation de mes toiles
46:29alors je travaille
46:30tu m'avais caché ça
46:32je ne savais pas que ça t'intéressait
46:37paul il faut faire quelque chose
46:43je ne peux plus sortir sans qu'on rit dans mon dos
46:46je suis la femme d'un marchand de bâches mourissable
46:50tu comprends
46:52je croyais que pour tes bigots de parents et d'amis c'était plus honorable que d'être la femme d'un peintre
46:56à condition de vendre paul
46:58à condition de nourrir tes enfants
47:00vendre vendre
47:02attend mon exposition
47:04maître
47:06toile pour toile
47:08puisque je ne fais pas d'argent avec celle impourrissable de monsieur d'illy
47:10j'en ferai au moins avec les miennes
47:12mon cher chouf
47:14mon cher chouf
47:28l'exposition dont je t'ai parlé a bien eu lieu
47:32mais le lendemain les messieurs bien pensant qui jugent ici de ce qui est beau
47:36ont fait décrocher mes toiles
47:38quelle honte, quelle humiliation
47:40il me semble par moment que je suis fou
47:42et cependant plus je réfléchis le soir dans mon lit
47:45plus je crois avoir raison
47:47en attendant je suis sans le sou
47:49emmerdé jusqu'au cou
47:51heureusement la peinture est là
47:52je suis seul dans ma chambre
47:54la famille est en bas
47:56cassant probablement du sucre sur mon dos
47:58pourquoi supportes-tu ce boursier déchu
48:02qui t'oblige à la misère
48:04ce barbouilleur
48:06ce sujet de scandale
48:08parle d'un ouang je t'en supplie
48:09parle d'un ouang
48:10non je parle français car j'espère qu'il m'entend là-haut
48:13ce raté
48:14cet indésirable
48:16il est de trop chez nous
48:18cette nullité n'a qu'à retourner dans son pays
48:20jette le tort maître
48:26ne vous dérangez pas je ne fais que passer
48:27je ne fais que passer
48:39vous semblez étrangement un cauchemar que je fais souvent
48:44bonsoir
48:48la famille gade s'est érigée en tribunal
48:50et a prononcé son verdict
48:52incapable d'assurer la vie matérielle des siens
48:55gauguin a été mis en demeure de quitter copenhague
48:59la famille lui a accordé d'emmener avec lui son jeune fils clovis
49:03comme otage sentimental
49:05maître s'est désolidarisé de lui
49:07il a totalement échoué dans sa tentative de récupération
49:11il espère pourtant qu'elle le rejoindra plus tard
49:14si sa situation s'améliore
49:17de retour à paris en 1885
49:29les bons choufs sont heureusement là pour les accueillir clovis et lui
49:32je vous avais prévenu non
49:35souvenez-vous il y a trois ans quand vous avez quitté la bourse
49:40la marmite je vous l'avais dit
49:42qui fera bouillir la marmite
49:44vous croyez que ça m'amuse de donner des leçons de dessin dans une école de banlieue
49:49erreur ça m'emmerde
49:53mais les gosses bouffent à leur fin
49:55bravo
50:01comment ça va avec louise
50:03comme ça
50:05et maître comment a-t-elle réagi
50:07bon elle a pas réagi
50:10complètement annihilée
50:12récupérée absorbée par la tribu
50:15qu'est-ce que vous allez faire
50:16faut que je trouve des sous
50:20pourquoi n'allez-vous pas voir votre sœur
50:22elle a épousé un monsieur plein d'argent
50:24un sud américain je crois
50:26oui je sais
50:28mais pour aller taper ma salope de sœur
50:29il faudrait que j'aille beaucoup plus mal
50:33ce qu'il faudrait c'est que
50:35j'arrive à vendre deux ou trois toiles
50:38ah je sais le commerce de la peinture est mort
50:40mais qu'est-ce que vous voulez que je fasse sinon pâle
50:42en tout cas mon matériel est à votre disposition
50:43je vais coucher auprès des deux autres
50:49il dort déjà
50:51eh bien je vais en faire autant
50:53il faut que je sois en forme demain matin pour donner à mes chers petits élèves
50:56salut
50:58salut professeur
51:00je vais vous montrer votre chambre
51:02si vous avez soif
51:05vous êtes gentil Louise
51:06j'espère que vous ne serez pas trop mal
51:14comme à la revoir Louise
51:16merci
51:18bonsoir Paul
51:20bonsoir Louise
51:21tiens
51:36tu ne sors pas
51:38je ne sais pas encore ce que je ferai cet hiver
51:39Chère maître, nous avons été accueillis fraternellement par chouf qui nous héberge en attendant que ça s'arrange.
51:47Je ne sais pas encore ce que je ferai cet hiver, tout dépendra de mes ressources.
51:52Je n'ai ni argent, ni maison, ni meuble.
51:55J'achèterai selon mes moyens de quoi nous nourrir.
51:58De ton côté, tâche de me faire connaître au Danemark.
52:01Ce serait un débouché qui nous profiterait à nous deux,
52:04et le moyen le plus sûr de nous remettre ensemble.
52:09Sous-titrage MFP.
52:39...
52:40...
52:41...
52:43...
52:45...
52:47...
52:49...
52:51...
52:53...
52:55...
52:57...
52:59...
53:01...
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