- il y a 2 jours
DB - 08-02-2026
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00:30Pauline est venue à la maison en cachette de mon père.
00:41Quand elle a revu la maison, le salon restait fermé et la photo de mon père, elle a pleuré.
00:46Puis elle est partie très vite.
00:48Le salon sentait le parfum. Gabriel ne s'y est pas trompé.
00:52Faire attention.
00:55Papa m'a demandé mon avis sur Thérèse Valtier. Je lui ai répondu que c'était pas du tout mon genre.
00:59Il a ri. Je l'aime bien en vacances. Plus jeune, plus proche.
01:05Journée merveilleuse au barrage de la Valette. Pauline était là avec sa fille Béatrice.
01:10J'ai pris plein de photos.
01:14J'ai revu Béatrice.
01:17Je sais pas ce qui m'a pris, je l'ai embrassée.
01:23Ça va Sophie ?
01:24Après, on fait une partie, hein ?
01:35Oh non, pas aujourd'hui, Sophie. Il faut que j'orne de bonne heure parce que sinon je vais encore me retrouver coincée dans ma chambre.
01:40Ça alors !
01:41Mais enfin, si t'es plus coincée dans ta chambre, c'est peut-être grâce à moi, non ?
01:45Oui, mais ça n'empêche pas.
01:47Ta première sortie, c'est pour cette Béatrice.
01:50Sophie.
01:51Elle t'en fichait pas mal, elle, que tu sois bouclée.
01:53Tais-toi, tu veux.
01:54T'as passé tout l'après-midi avec cette espèce de girafe qui est même pas belle, avec ses grosses joues.
02:00Arrête.
02:00T'es écœurant.
02:02Quand t'avais des problèmes, tu m'as appelée.
02:04Et qu'est-ce que j'ai fait ? Je suis venue, moi.
02:07Maintenant que ça s'arrange, tu me regardes même plus.
02:10Écoute, Sophie.
02:11Je suis pas ta copine, je suis ta femme de ménage.
02:13Sophie, tu dis n'importe quoi, tu as mauvais caractère.
02:16J'ai mauvais caractère, moi ?
02:18J'ai mauvais caractère, et ben ça, c'est le bouquet.
02:20Ah ben, on va voir si j'ai mauvais caractère, on va voir.
02:22Attends, Sophie.
02:25Écoute, Sophie, j'ai pas voulu te vexer.
02:28Puisque j'ai mauvais caractère, je vais me conduire comme une chipie.
02:31Je vais dire à ton père comment tu joues au tennis avec moi.
02:35Je vais lui dire comment tu marches à quatre pas derrière les jupes de Béatrice.
02:39Écoute, Sophie, tu peux pas faire ça.
02:41Pourquoi pas ?
02:42Après tout, si on te laisse sortir, c'est parce qu'on croit que tu joues avec moi.
02:46Alors je suis responsable de ce qui t'arrive.
02:48Et si t'arrives une tuile, c'est moi qui vais me retrouver coincée dans ma chambre
02:51avec une pile de devoirs comme ça à faire, j'en ai pas envie.
02:55Je t'aime bien, mais faut pas pousser.
02:56Écoute, Sophie, moi aussi je t'aime bien, regarde la preuve.
03:00Regarde toutes ces photos que j'ai faites.
03:01Ben, elles sont réussies, non ?
03:02Et puis, alors, il y en a de toi, et s'il te plaît, je te l'ai fait agrandir en 18-24,
03:06avec mon argent de poche encore.
03:08Et je suis où, moi, là-dessus ?
03:09Ben...
03:11T'es...
03:12T'es là et là ?
03:16Six de Pauline, quatre de Béatrice et deux de moi.
03:18Et encore, je suis moche.
03:21Qu'est-ce qu'il y a, les enfants ? On se discute ?
03:24Non, non.
03:25Non, madame.
03:26On discutait sur le plan artistique des photos que Jean-Philippe a faites.
03:30Les éclairages, quoi.
03:31Celles de la valette ?
03:32Oui.
03:33Ben, je veux les voir.
03:35Excusez-moi.
03:41Montrez.
03:45Elles sont jolies.
03:48Pauline !
03:49Un instant, Richard.
03:54Très jolie.
03:56Vous avez du talent, Jean-Philippe.
03:57Merci, madame.
03:59Enfin, s'il y en a une que vous préférez, une des vôtres, évidemment, vous me le dites.
04:03Je vous la ferai agrandir.
04:05Je veux bien, mais...
04:06Il n'y a pas de problème.
04:10Alors, celle-là ?
04:11Je vous dis, je vous dis, je vous dis, je vous dis.
04:31C'est parti.
05:01Ce qui assure la durée de l'amour, c'est la seconde cristallisation en cours de laquelle on s'aperçoit qu'il s'agit à chaque instant de très moins de mourir.
05:21Don Lucien, t'as pas vu, papa ?
05:23Qui est du côté des cyprès ?
05:25Ah, quelle dénouée !
05:27Tu es rentrée de bonheur, c'est bien ?
05:37Ben oui, on est profité pour travailler un peu.
05:40Et compliment tes maths ?
05:42Non, la littérature surtout.
05:43Fais attention, il ne faut rien négliger.
05:45Non, je sais.
05:46Alors, Sophie fait des progrès au tennis ?
05:48Ben, son revers laisse un peu désiré, ben, à part ça.
05:51Et tu as vu Mademoiselle Béatrice ?
05:54Non, non.
05:55Et sa mère, Madame Fourez ?
05:57Non, elles étaient au Puy.
05:57Jean-Philippe, tu ne mens pas aujourd'hui ?
06:01Non, papa.
06:01Pourquoi tu n'as pas joué au tennis avec nous ?
06:05Tu m'as dit que tu te défendais pas mal ?
06:06C'est toi qui es invité.
06:08Tu pourrais toujours...
06:09Je n'ai plus de mon âge.
06:10Tu es encore formidable pour ton âge.
06:11Merci.
06:14Bon, ben, faire tourner travailler.
06:19C'est pas commode ce que j'ai à faire.
06:20C'est une citation à expliquer.
06:24Je ne sais pas très bien, tu pourrais peut-être m'aider.
06:26De qui ?
06:27De Stendhal.
06:29Stendhal est à votre programme ?
06:30Oui, pour le style.
06:32Quelle est cette citation ?
06:35Ce qui assure la durée de l'amour,
06:40c'est la deuxième...
06:40Enfin, la seconde cristallisation.
06:43C'est là qu'on voit qu'il s'agit...
06:45Qu'il s'agit à chaque instant d'être aimé ou de mourir.
06:49Oui, c'est le mot cristallisation que je n'arrive pas bien à développer.
06:52C'est un sujet ardu pour un élève de première, non ?
06:55Assez, oui.
07:00La cristallisation.
07:01Voyons, eh bien, la cristallisation, vois-tu, c'est...
07:08Comment dire ?
07:13Prenons par exemple une...
07:16Et si mes souvenirs sont bons,
07:20il me semble que Stendhal s'explique longuement sur ce point.
07:25va me chercher le livre, il est dans la bibliothèque.
07:27Oui, je l'ai, papa.
07:28Ah, parfait.
07:31Alors, tu dis la seconde cristallisation.
07:32La cristallisation.
07:41La cristallisation.
07:43C'est précisé dès le...
07:44Deuxième chapitre.
07:47Stendhal dit, voici ce qui se passe dans l'âme.
07:52Il faut lire un peu avant, un peu après, Jean-Philippe.
07:56Il ne faut pas te contenter de ce que tu as uniquement sous les yeux.
07:59Alors, premièrement, l'admiration.
08:04Deuxièmement, la découverte du plaisir.
08:06Troisièmement, l'espérance.
08:08Quatrièmement, l'amour est né.
08:10Et par déduction, la première cristallisation commence.
08:15C'est clair.
08:19Tiens, Stendhal emploie une comparaison très poétique.
08:23Aux mines de sel de Salzbourg,
08:26on jette dans les profondeurs abandonnées de la mine
08:28un rameau d'arbres effeuillé par l'hiver.
08:32Deux ou trois mois après, on le retire couvert de cristallisations brillantes.
08:37Les plus petites branches,
08:38celles qui ne sont pas plus grosses que la patte d'une mésange,
08:43sont gardies d'une infinité de cristaux mobiles et éblouissants.
08:47On ne peut plus reconnaître le rameau primitif.
08:50C'est pareil quand on commence à aimer ?
08:53Oui.
08:55En ce sens que la cristallisation,
08:59c'est l'opération de l'esprit qui tire de tout ce qui se présente
09:02la découverte que l'objet aimé a de nouvelles perfections.
09:07On trouve tout beau ?
09:08Si tu veux.
09:12Chez l'être aimé,
09:14tiens, c'est écrit en toutes lettres,
09:16on se plaît à orner de mille perfections
09:19une femme de l'amour de laquelle on est sûr.
09:24Mais alors ?
09:24On se dit qu'il n'y a pas de visage plus agréable à regarder,
09:31de voix plus mélodieuse à entendre.
09:37On se dit...
09:38Vous me mettez à l'épreuve.
09:41Moi ?
09:42Dure épreuve.
09:45Vous avez peur de perdre cette liberté que vous avez retrouvée.
09:49Je le comprends après une expérience malheureuse.
09:51Un échec cuisant.
09:55Et vous n'êtes pas pressé de recommencer.
09:57Vous vous méfiez du mariage.
09:59Eh bien, nous parlerons mariage un peu plus tard.
10:03Lorsque vous aurez admis que je ne cherche pas à supprimer votre liberté,
10:07mais votre solitude.
10:11Je ne suis pas si seule.
10:13Vous êtes l'image même de la nostalgie.
10:16C'est mon tempérament.
10:18Je ne peux rien y changer.
10:20Ce qui signifie que vous vous contentez de ce que vous avez.
10:22Mais moi, je voudrais que vous ayez tout.
10:26Tout ?
10:27Je suis capable de vous donner énormément.
10:32Et si j'étais très exigeante ?
10:34Et si j'étais très généreuse ?
10:37Pour vous, je saurais l'être.
10:40À condition...
10:41À condition que je sois moi aussi très généreuse.
10:45Pauline, vous et moi, nous sommes de grandes personnes.
10:49Le mariage vous fait peur.
10:50Eh bien, qu'il ne soit plus question de mariage pour l'instant.
10:53Mais au moins, montrez-moi sans équivoque
10:56que vous vous plaisez réellement en ma compagnie.
11:01Je ne suis pas assez expansive à votre goût.
11:06Non, Pauline.
11:07Non.
11:09Et vous ne me ferez pas croire, pas vous,
11:12que sans mariage, il n'est pas de bonheur possible.
11:16Vous ne me le ferez pas croire.
11:18Montrez-moi que vous m'aimez un peu.
11:20Ce qui fait qu'en résumé, la cristallisation est une espace de fièvre d'imagination
11:30qui transforme le plus ordinaire en extraordinaire.
11:33C'est ça, j'ai compris, mais la deuxième cristallisation.
11:38À la seconde.
11:39Oui.
11:41La seconde cristallisation, c'est la plus forte, n'est-ce pas ?
11:46C'est quand...
11:47C'est quand...
11:47Oui, la seconde cristallisation, c'est la plus forte.
12:10C'est ne pas seulement soutenir la pensée de cesser d'aimer.
12:19Papa ?
12:23Qu'y a-t-il ?
12:25Tu ne la reconnais pas ?
12:27Non.
12:29C'est Pauline Fourez.
12:31Ah.
12:31Tu n'as pas la raison de m'y intéresser particulièrement ?
12:36Mais si, papa.
12:37Comment si ?
12:39Je sais tout.
12:41Tout quoi ?
12:42Gabriel m'a raconté qu'autrefois vous étiez toujours en...
12:46Gabriel est bien bavard, de quoi se mêle-t-elle ?
12:49Comment se fait-il que cette photo soit en ta possession et dans ce livre ?
12:52C'est vraiment une dissertation que tu as à faire ?
12:55C'est moi qui l'ai prise, cette photo.
12:57Elle est partie de voile.
12:59Décidément, ce jour-là, tu n'as fait que des bêtises.
13:01Mais j'aurais pu en faire dix, quinze.
13:04Je l'ai vu souvent.
13:05Je la trouve extraordinaire, papa.
13:09Jean-Philippe, le sujet que tu as choisi de développer,
13:12c'est réellement un devoir à faire.
13:17Pourquoi tu ne la revois pas ?
13:22Écoute, mon garçon Gabriel est une très brave femme et je l'aime beaucoup.
13:26Je ne sais pas exactement ce qu'elle t'a dit à propos de Pauline et de moi,
13:28mais je ne la prouve pas.
13:29Peut-être inutile de reparler de cette histoire vieille.
13:35Si vieille, Jean-Philippe, que...
13:37Que quoi ?
13:40Parce que vingt ans, déjà.
13:44Revoir Pauline.
13:48Je t'ai dit qu'elle souhaite me rencontrer.
13:49Alors pourquoi elle vient rôder autour de la propriété ?
13:54Rôder ?
13:55Quand ?
13:57Depuis le début de mes vacances, je l'ai vue.
14:00Une fois devant la grille du parc, une autre fois dans le bois, là-bas, près de la brèche du mur.
14:05Les en a guère changé.
14:08Moi, si.
14:08Papa.
14:09C'est gentil, Jean-Philippe.
14:12Ta démarche est très touchante et elle me touche même au-delà de ce que tu peux imaginer.
14:17Seulement, à présent...
14:19Elle m'a même dit qu'elle aimerait bien revoir Gabriel et Lucien.
14:23Tu es donc sans confident ?
14:25Sans confident, non, mais je vais bavarder avec elle.
14:29Maintenant, c'est avec toi que j'aimerais bien bavarder.
14:32Je vais avoir 16 ans et j'ai le droit de savoir...
14:34Jean-Philippe, tu vas un peu loin.
14:35Tiens, tu es parfaitement capable de commenter cette pensée de Stendhal tout seul.
14:53J'espère que vous ne reviendrez pas sur votre parole.
14:56Ma parole ?
14:57Vous m'avez promis qu'avant la fin du mois, vous me donneriez une réponse.
15:01Qu'est-ce que je vous ai promis ?
15:03Vous aviez déjà oublié.
15:07Non, je ne l'avais pas oublié, je n'oublierai pas.
15:15Je crois que je suis...
15:17Mais je suis accroché dans l'arbre.
15:18Tiens !
15:19Oh, t'en as eu trop !
15:20Oh, de salauds, ben dis-donc !
15:22Il y a de la veine pour la crapule en ce moment.
15:24Pauline est revenu.
15:30Alors pourquoi l'éviter ?
15:32Il n'y a rien d'éviter, que je sache.
15:35Ni personne.
15:36Pourquoi tu ne fais pas le premier pas ?
15:52Parce que j'ai peur, tout simplement.
15:57Papa !
16:07L'antiquaire vient de téléphoner, ta chaise est prête.
16:11Je vais la chercher demain après-midi.
16:12D'accord.
16:13Tu vois, ce qui compte dans cette affaire, c'est que mon fils soit à le milieu des sentiments que tu lui prêtais.
16:24T'as remarqué ?
16:26Je disais Jean-Philippe, et voilà que je dis mon fils.
16:43Dors bien, mon garçon.
17:10Je ne sors pas demain.
17:13Cléone Merode, Karoutzu.
17:31Yvette Kittbert.
17:35Ah, voilà.
17:38C'est très bien, ça.
17:40C'est vous qui avez réparé le canage ?
17:41Mais oui.
17:42Oh, vous.
17:43Si vous êtes toujours intéressé, j'ai reçu la deuxième lanterne de fiacre.
17:46Ah, oui, oui, je veux bien la voir.
17:47C'est semblable à celle-ci.
17:48Je vais vous la chercher.
17:57Voilà.
17:58Ah, bah oui, c'est pas mal, ça.
18:01Papa ?
18:03Oui ?
18:04Regarde.
18:05Quoi ?
18:06Là.
18:06Là.
18:06Là.
18:06Là.
18:06Là.
18:06Là.
18:13Là.
18:25Là.
18:25C'est parti.
18:55Il a à peine changé.
19:03Jean-Philippe, ce soir, quand nous serons seuls,
19:07tu viendras dans mon bureau, nous bavarderons.
19:13D'accord.
19:25Je serai mis au salon pour en parler.
19:43C'est là que Pauline et moi aimions nous réfugier.
19:45Pauline s'asseyait toujours sur ce fauteuil.
19:54Moi ici.
19:58Et là, le temps passait si vite.
20:00Et là, nous avons commencé à penser que pour chacun de nous,
20:11la vie ne pouvait être envisagée autrement que l'un avec l'autre.
20:14Ta mère, Jean-Philippe, je ne l'ai pas...
20:24Je ne l'ai pas choisi.
20:25Ta grand-mère était une femme remarquable,
20:38mais orgueilleuse, autoritaire.
20:42Tant que cette histoire entre Pauline et moi
20:44n'a été qu'une histoire d'enfant, elle ne la gênait pas,
20:46mais dès qu'elle est devenue une histoire d'amour,
20:49elle lui a semblé inadmissible.
20:51Mais pourquoi ?
20:52Pauline n'était pas assez riche.
20:57Elle appartenait à un milieu social inférieur à celui des Messmans.
21:03Et surtout, peut-être, elle se conduisait d'une manière
21:05très libre, très moderne.
21:09Et grand-mère, à cause de ça ?
21:11Ah oui.
21:12C'était pour elle des motifs amplement suffisants.
21:14Mais à cause de ça, oui, elle nous a interdit de nous revoir.
21:18À cause de ça, et aussi sans doute à cause de...
21:22de l'étonnante féminité de Pauline.
21:25De sa beauté.
21:27Qui faisait que déjà, à cette époque,
21:30elle avait un succès fou auprès des jeunes gens.
21:33C'est pas un défaut, ça ?
21:35Aux yeux de ta grand-mère,
21:36c'était pas une qualité compatible avec le rôle de bonne épouse.
21:40Enfin, on n'est pas toujours forcés d'épouser une femme laide.
21:45Laide, non.
21:47Plus effacée.
21:48C'est ce qu'on ne commande pas.
21:51C'était ta grand-mère qui commandait.
21:53Je n'ai pas osé lui désobéir.
21:55J'étais jeune, désemparé.
21:58Tout s'est déroulé si rapidement.
22:04La dernière fois que j'ai vu Pauline
22:06en cachette,
22:09elle m'a annoncé qu'elle allait se fiancer.
22:11Je n'ai pas cru, elle avait à peine 18 ans.
22:17En réalité, j'y ai souvent pensé.
22:19Depuis ce jour-là, elle m'avait tendu une perche.
22:22J'espérais que je fasse quelque chose,
22:24que je dise quelque chose.
22:26Et tu n'as rien dit ?
22:28Je n'ai rien fait.
22:29Mais Pauline m'en a probablement voulu.
22:35Je n'ai plus jamais revu.
22:36Tu y penses encore ?
22:41Je n'ai jamais cessé d'y penser.
22:50Je demande pardon d'être aussi franc.
22:53Papa,
22:55puisque grand-mère n'est plus là,
22:56pourquoi vous ne vous revoyez pas ?
22:58Je ne sais pas, moi, vous pourriez vous
22:59dire bonjour, vous serrez la main ou...
23:02Un chagrin est un chagrin, Jean-Philippe.
23:04Ça ne sert à rien de le raviver.
23:06Et puis, il est trop tard.
23:09Papa.
23:09C'est préférable que je reste seul.
23:13Que je reste avec toi.
23:15Si, moi, je ne veux pas.
23:17Tu ne veux pas que je reste avec toi ?
23:18Je ne veux pas que tu restes seul, papa.
23:22Écoute-moi.
23:25Pauline, tu passais ses vacances ici, d'accord,
23:27mais elle a plein d'autres endroits où elle est.
23:30Alors ?
23:30Quand elle m'a parlé du point du jour,
23:33elle avait des larmes aux yeux.
23:34Des vrais, je te jure, papa.
23:37Et elle m'aime bien, j'en suis sûr.
23:40Et elle m'a dit que je te ressemblais
23:42quand tu avais mon âge.
23:44Ah, c'est elle ?
23:45Oui.
23:48Elle avait un drôle d'air quand elle m'a dit ça.
23:51Ça prouve qu'elle n'a pas oublié certains détails.
23:55C'est très émouvant, mais ça ne prouve rien d'autre.
23:58Ce qui est fini, est fini, Jean-Philippe.
23:59Mais ce n'est pas fini, papa, puisque tu y penses encore.
24:03Tu y penses de plus en plus
24:04depuis que tu sais qu'elle est là.
24:07Va la voir.
24:07Va lui demander pourquoi elle est revenue.
24:09Va la voir, papa.
24:11Tiens, bon garçon.
24:13Elle réfléchit.
24:15Aller la voir et risquer de se décevoir.
24:17Papa.
24:20Quand elle est venue t'annoncer
24:21qu'elle allait s'y en site,
24:21elle n'a pas bougé.
24:24Maintenant, moi, je peux te dire
24:24qu'elle est sur le point de se remarier.
24:26Et tu ne vas pas bouger non plus ?
24:28Papa, tu vas la perdre une deuxième fois.
24:34En ne bougeant pas, je la garde.
24:37Telle que je l'ai connue.
24:40Telle qu'elle était.
24:45Allez, viens.
24:47Il est l'heure d'aller nous coucher.
24:48Papa ?
25:04Oui.
25:09Gabriel m'a dit que tu te sentais
25:11un peu responsable de l'accident de maman
25:13parce que vous vous étiez disputé
25:15avant qu'elle monte en voiture.
25:17C'est vrai ?
25:20Oui.
25:22Peut-être.
25:26Pourquoi vous étiez-vous disputé ?
25:28Je ne sais plus.
25:36Ce n'était pas rare.
25:40Ta maman sentait confusément que
25:42mon affection pour elle
25:45n'était pas celle
25:46qu'elle était en droit d'attendre.
25:47tu lui en voulais ?
25:54De quoi ?
25:56De rien.
26:00Béatrice,
26:1910 minutes,
26:20il faut que je te parle.
26:21Écoute, ça ne peut pas attendre,
26:22je vais au manège, là.
26:23Il faut que tu m'aides, Béatrice.
26:25Il faut que tu m'aides.
26:25Bon, allez, monte.
26:29Tu m'expliqueras ça en route, hein.
26:49Mais viens, Sophie,
26:50qu'est-ce qui se passe ?
26:52Qu'est-ce que tu as ?
27:00Donc, il est dingue, ton projet.
27:02Non, non, tu verras.
27:04Il ne se trouve pas
27:04que c'est plutôt une affaire
27:05de grandes personnes ?
27:06Je débrouille tellement bien,
27:07les grandes personnes.
27:08Écoute, Béatrice,
27:22ce serait quand même trop bête
27:23si ça continue,
27:23ils ne se rencontreront jamais.
27:25Mais tu reconnais toi-même
27:26que Pauline,
27:27enfin que ta mère,
27:28ne peut pas...
27:28Écoute, tu peux l'appeler
27:29par son prénom,
27:30tu sais,
27:30ce n'est pas moi
27:30que ça gêne.
27:31Oui, bien sûr,
27:32l'attitude de ma mère
27:33est un peu bizarre,
27:34mais enfin,
27:34d'un autre côté,
27:34elle s'explique.
27:35Après son divorce,
27:36elle a eu besoin
27:37de se retremper
27:37dans une ambiance
27:38un peu plus calme,
27:38alors elle a choisi ce patelin
27:40parce qu'elle le connaissait
27:41et qu'elle s'y sentait bien.
27:42Enfin, écoute,
27:43ça n'est qu'une hypothèse,
27:43mais pense-y.
27:44Mais peut-être
27:45qu'elle n'en demande pas davantage.
27:46Allez, excuse-moi,
27:47mais je suis venue ici
27:48pour monter à cheval.
27:48Tu t'en moques, quoi ?
27:50Non, non, je réfléchis
27:51que je ne m'en demande pas.
27:52Mais encore une fois,
27:53ça me dépasse,
27:53ça te dépasse
27:54et ça ne me calme pas.
27:56Enfin, d'après ce que tu me dis,
27:57ton père n'a pas du tout
27:58l'air décidé à...
28:00Il est malheureux, mon père.
28:06Tu sais, Béatrice,
28:07quand on aime
28:07pour la première fois,
28:09premier amour,
28:10ça compte tout le temps.
28:12Antoine,
28:12tu devrais surveiller
28:13tes lectures, hein ?
28:14Tu ne veux pas monter ?
28:22Jean-Philippe,
28:23mais où vas-tu ?
28:24Hein, qu'est-ce que tu as,
28:25Jean-Philippe ?
28:26Enfin, fais pas l'imbécile,
28:27tu ne vas pas rentrer à pied, non ?
28:28Jean-Philippe,
28:29Faire quelque chose, Béatrice.
28:35Il faut absolument
28:35que mon père et Pauline
28:36se rendent compte.
28:37Bon, bon,
28:38on va essayer d'arranger ça.
28:39Oui.
28:40Mais attends,
28:41laisse-moi réfléchir.
28:43Les mettre en présence
28:43l'un de l'autre,
28:44ce n'est pas si facile, hein ?
28:46Je suis sûr que
28:46M. Akelman nous aiderait, lui.
28:48Ça, on ne serait pas
28:48trop de trois.
28:50Il faut qu'on organise
28:50un rendez-vous entre eux
28:51quelque part.
28:52Mais sans qu'ils s'en rendent compte,
28:53sinon ?
28:54Oui, mais où ?
28:55Où pour qu'ils y viennent
28:56chacun de leur côté ?
28:57Je cherche.
28:58T'inquiète pas,
28:59on va trouver,
29:00on va trouver.
29:01Seulement, attention,
29:02Jean-Philippe.
29:03Tu sais,
29:03quand on ne s'est pas vu
29:04depuis des années,
29:05quelquefois,
29:05on est un peu déçu.
29:06Les visages ne correspondent plus,
29:08l'allure, tout.
29:09Tu comprends ?
29:10Alors, si ça ne réussit pas,
29:11hein ?
29:12Si ça ne tourne pas
29:13comme tu l'aurais espéré,
29:14il ne faudra pas
29:14que t'es de chagrin.
29:16Et puis,
29:16il ne faudra pas
29:16m'en vouloir.
29:18Je n'en voudrais à personne.
29:21Surtout pas à toi,
29:22Béatrice.
29:25Vous n'avez pas l'air emballés.
29:27Vous n'aimez plus la chasse,
29:27Vincent ?
29:28Si, si, si.
29:29Nous serons un peu plus nombreux
29:31qu'à nos parties habituelles,
29:32mais vous ne pouvez pas refuser.
29:34Le maire est si fier
29:35d'avoir acheté
29:35les temps de vos buissons.
29:36Soyez sans crêpe,
29:37monsieur Ferry,
29:38j'irai.
29:39Et puis quoi ?
29:40Un col vert bien rôti,
29:41hein ?
29:41Ah, j'avoue.
29:43Gabriel a réussi admirablement.
29:44Alors,
29:45du reste,
29:46vous connaissez
29:46la plupart des invités.
29:48Il y aura
29:48Mahon,
29:49l'horticulteur,
29:51les Biros,
29:52Simonin,
29:52tous les habitués, quoi.
29:59T'es bien nerveux, toi.
30:01Ouais, non, mais
30:02il n'est pas loin
30:04de deux heures et demie.
30:05Par là, oui.
30:06Alors, papa va l'interessant
30:07en découchant de dentiste.
30:09Non, il s'était commandé.
30:12Ah bon ?
30:18Vous avez eu des nouvelles
30:19de Thérèse Valkier ?
30:21Oui, mais pas récemment.
30:23Ah, ben, nous non plus.
30:25Je crois qu'elle est très occupée,
30:27elle donne beaucoup
30:27de sang particulière, non ?
30:29Oui, ça doit être ça,
30:30parce que ma femme
30:31lui a demandé à deux reprises
30:32de venir dîner à la maison
30:33et elle a décliné l'invitation.
30:35La verrons bien au bridge
30:36un de ces dimanches.
30:38Ben, j'y compte bien.
30:41Vincent,
30:43Thérèse et vous,
30:45vous n'êtes pas fâchés ?
30:47Ah, pas du tout.
30:49Vous n'avez pas eu des mots.
30:52Ça arrive quelquefois.
30:55Nous avons eu
30:55une longue conversation.
30:58Ah.
30:58Allô, oui ?
31:06Ah non, je n'ai pas pu t'appeler.
31:08Il n'y a pas moyen
31:09d'être seul une minute
31:09dans cette maison.
31:12Non, monsieur,
31:12non, monsieur,
31:13c'est une erreur.
31:14Oui, ici, c'est le 59 79 12.
31:16Oh, écoute,
31:20tu parles comme c'est pratique.
31:22Bon, non.
31:23Non, je n'ai pas réussi
31:24à trouver d'endroit
31:25pour qu'ils y viennent
31:25tous les deux sans se méfier.
31:28Ah bon ?
31:28Et quand est-ce que tu le vois,
31:29Daniel Akelman ?
31:30Ah, il a une idée.
31:34Bon, alors, oui.
31:36Jean-Philippe ?
31:37Allô ?
31:38Oui.
31:39Bon, alors, écoute,
31:40on va se donner rendez-vous
31:41à 3 heures
31:42près des Châtaigny-Aphorie
31:43sur le toit de Lose, d'accord ?
31:46Quoi ?
31:47Mais non, monsieur,
31:48n'assistez pas
31:48puisque je vous dis
31:49que c'est un faux numéro.
31:51Quelqu'un qui s'est trompé
31:52de numéro ?
31:53Oui.
31:54Il a mis du tout à comprendre.
32:00Lucien, qu'est-ce qu'il me reste
32:01comme cartouche du l'an dernier ?
32:03Ah, là.
32:04Oui.
32:05Où vas-tu ?
32:07Gloire, Sophie.
32:08Mais t'es toujours fourré
32:08chez ses parents,
32:09on dit de lui de venir plus souvent.
32:11Au du sens, on se balade, hein ?
32:12Sois prudent, hein ?
32:16Ouais, bien sûr.
32:17Salut.
32:26Bonjour, Sophie.
32:27Tiens.
32:28J'existe, aujourd'hui ?
32:30Pourquoi tu dis ça ?
32:32Oh, ben, je croyais
32:33que j'étais plus bonne à grand-chose.
32:35Enfin.
32:36Tant pis.
32:39Je t'ai promis que tu saurais, hein ?
32:40Ouais.
32:44Il est un peu long, ton mystère.
32:46Si je te fais des cachoteries,
32:47c'est pas de ma faute.
32:48Je peux pas faire autrement.
32:51Je prépare quelque chose
32:52de très important, ça.
32:54Remarque, si je peux le préparer,
32:55c'est un petit peu grâce à toi.
32:56Tu m'as aidé dès le début.
32:58Pauline ?
33:01J'ose pas t'en parler
33:02parce que j'ai peur
33:03que ça me porte malheur.
33:05Tout ce que je peux te dire,
33:06c'est que c'est grave.
33:12C'est grave ?
33:13Oui.
33:15Bon, Sophie, faut pas mon vouloir,
33:16mais j'ai un rendez-vous urgent.
33:18Mademoiselle Béatrice ?
33:19Non, monsieur Akelman.
33:23Jean-Philippe ?
33:24Oui.
33:24On va.
33:26J'ai ce qu'il te faut.
33:28Enfin, je crois.
33:28Voilà.
33:29Tu sais que je suis inscrit
33:30au golfe de Rochefeu, hein ?
33:32Oui.
33:32Samedi après-midi, Walter Kast,
33:34le grand champion international,
33:35vient faire une démonstration.
33:37Je vous y emmène, ton père et toi.
33:38Ah oui, c'est vrai que papa me vient
33:39vous voir jouer au golfe.
33:41Non, ce qu'il aime surtout,
33:42c'est la couleur des greens
33:43et le silence qui règne dessus.
33:45Mais cette fois-ci, en plus,
33:46il verra vraiment jouer au golfe.
33:48Alors ça, c'est le premier point.
33:49Le deuxième point,
33:51voilà deux invitations gratuites
33:53pour Béatrice et Pauline.
33:54Ah oui.
33:55Mais si ça n'intéresse pas Pauline.
33:58Elle a vécu en Angleterre.
33:59Le golfe ne devrait pas
34:00la laisser indifférente.
34:02À Béatrice de se montrer persuasive.
34:04Puis au club,
34:05il y a tout pour être heureux, hein ?
34:07Barre, parc, terrasse,
34:09pièce d'eau, eh oui,
34:10bosquette tranquille,
34:11paysage idyllique
34:12et petits oiseaux du même genre.
34:15Enfin bref,
34:16tout pour reprendre une romance
34:17là où elle avait été interrompue.
34:21Béatrice et toi,
34:21vous vous manoeuvrez en souplesse
34:23pour que Vincent et Pauline
34:25se retrouvent au hasard providenciel
34:27l'un en face de l'autre.
34:28Mais si ça ne marche pas...
34:29Tu mériterais que ça marche.
34:32Si ça ne marche pas,
34:33on trouvera autre chose, hein ?
34:34Bon.
34:34Je vais aller prévenir Béatrice.
34:36Merci, M. Calman.
34:37Daniel.
34:39Parce qu'on est copains.
34:40On est copains maintenant, hein ?
34:42Oui.
34:43Ça m'ennuyait que tu m'enveuilles.
34:46Mais je ne pouvais pas deviner
34:46ce que tu avais dans ta tête, moi.
34:48Salut.
34:49Salut.
34:51Jean-Philippe.
34:52Oui.
34:53Tu n'auras pas le trac, hein ?
34:55Je serai au point du jour
34:56vers 6h.
34:56D'accord.
34:57Ciao.
34:57Salut.
35:01Non, ce n'est pas idiot.
35:02Ça devrait coller.
35:04Et puis, maman se défend pas mal au golf.
35:06Ça doit même être le seul souvenir agréable
35:07qu'elle ait conservé de son mariage.
35:10Alors, voir un crack, tu penses ?
35:12Alors, tu crois que ça va marcher ?
35:13Oh, logiquement.
35:15Bon, écoute, je vais repérer les lieux
35:16et je l'entreprends.
35:16Si tu peux me passer un coup de fil ce soir,
35:18je te dirai si c'est OK.
35:19Tu sais, moi, le téléphone...
35:20Bon, sinon, ce n'est pas grave.
35:21On n'est pas à 24h près, on se verra demain.
35:23Seulement, attention, il faut absolument
35:24qu'on soit d'accord sur la marche à suivre.
35:26Tu ne restes pas un peu avec moi ?
35:27Ah, quand on complote, chef,
35:29il ne faut pas se disperser.
35:30Allez, ciao !
35:31Salut.
35:31Tu t'ennuies, Sophie ?
35:40Tu veux jeter l'effort d'un monsieur Messmann
35:41pour qu'il envoie Jean-Philippe ?
35:43Non, non, maman, ce n'est pas la peine.
35:44Je veux Jean-Philippe tout à l'heure.
35:46Il veut venir.
35:46Ah, bon.
35:51Qu'est-ce qu'elle t'a fait, cette poupée ?
35:52Elle est moche.
35:56Avec joie, Daniel.
35:56Ça me fera très plaisir, Walter Kast, tu penses ?
36:00Je te préviens, il risque d'y avoir foule.
36:01Ah oui, mais ce sera une foule recueillie.
36:03Non, mais je n'y pas.
36:05Et bien entendu, Jean-Philippe vient avec toi.
36:07Tiens, le voilà.
36:09Salut, Daniel.
36:09Bonjour, jeune homme.
36:11Daniel, voilà une familiarité soudain.
36:13Mais alors, on est du même âge, tous les deux.
36:15Tous les trois.
36:16Du même âge.
36:17Oui, l'âge où tous les espoirs sont permis.
36:20N'est-ce pas, Jean-Philippe ?
36:21Daniel nous invite au golf samedi prochain.
36:23Tous les deux ?
36:23Ça ne perturbe pas trop ton emploi du temps.
36:26Moi ?
36:26Non.
36:33Cette invitation ne me déplaît pas,
36:34mais tu aurais pu me prévenir un peu plus tôt.
36:37Le calendrier n'est pas si chargé.
36:39Chargé, non.
36:41Mais samedi, Richard doit m'emmener au festival d'Avignon
36:43et c'est très déplaisant de...
36:45Il n'en mourra pas.
36:48Il n'y a pas si longtemps,
36:49tu me pressais de prendre grand soin de son moral.
36:55Mais Richard, tu peux le voir
36:56quand tu veux.
36:57Un champion comme Walter Kast, non ?
37:00Moi, je pensais que tu sauterais sur l'occasion.
37:02Dis-moi, où as-tu eu cette invitation ?
37:04À la discothèque.
37:06Là où je suis avec Bob et Luc.
37:07Tu sais, les entrées sont comptées.
37:08Alors, si on ne les utilise pas,
37:09moi, je vais passer pour une...
37:10Bon, bon, on verra.
37:12J'avais tellement envie d'y aller avec toi, maman.
37:16Ça aurait été bien,
37:17toutes les deux.
37:19Mon fille.
37:21C'est vrai ?
37:22Comment fait-on ?
37:32Tu viens nous prendre ?
37:33Non, je vous rejoindrai au bar.
37:36Même Mifni qui te fait des grâces,
37:37aujourd'hui,
37:38c'est le monde à l'envers.
37:39Mais les bêtes sentent
37:40quand on leur veut du bien.
37:41T'es sûr de pouvoir la décider à venir ?
37:44C'est formidable.
37:45Bien sûr que j'ai compris.
37:47Sur la terrasse,
37:48et vous nous rejoindrez après.
37:51Béatrice,
37:53tu ne me lâcheras pas.
37:55D'accord, à samedi.
38:00Maman ?
38:02Tu es prête ?
38:03Oui, j'arrive.
38:18Daniel n'est pas encore là.
38:46Non, mais on peut l'attendre ici.
38:49C'est joli,
38:50et puis il y a un beau point de vue.
38:53Tiens, puisque nous sommes en avance,
38:54nous allons descendre
38:55dans le parc de ce côté.
38:57Tu verras d'en bas,
38:58on est dominés
38:59par l'ensemble des bâtiments.
39:00Ah oui ?
39:01Des paparasols.
39:14Des cèdres bleus.
39:18Une végétation méditerranéenne
39:19tout à fait inhabituée
39:20pour la région.
39:21Sur cette plateforme,
39:23plusieurs châteaux ont été édifiés.
39:25Excessivement.
39:25Et regarde,
39:28tu irais les jardins de Tivoli.
39:31Enfin, presque.
39:37C'est curieux.
39:39Oui, c'est vraiment dément.
39:41Tu ne veux pas descendre ?
40:01Le premier parcours commence à quelle heure ?
40:02Dans 20 minutes, à peu près.
40:03Dis-donc, tu n'aurais pas une cigarette ?
40:08Si.
40:10Ah ben ça, par exemple,
40:12j'étais sûre d'en avoir pris ce bon.
40:13T'inquiète pas,
40:14je te rejoins tout de suite,
40:15je vais en acheter au bar.
40:16Oui.
40:26Regarde, papa.
40:27En contreplongée, comme ça,
40:29avec toutes les lignes qui sont longs vers le vent.
40:31Ça pourrait être bien, hein ?
40:32Ah oui.
40:33Ça, je vais chercher mon appareil, alors.
40:36Quoi ?
40:37Je vais prendre mon appareil photo.
41:03ihat Henri Daine,
41:06je vais prendre mon appareil photo.
41:08放 rythme.
41:08Je vais prendre mon appareil photo.
41:11C'est parti.
41:41Vincent.
42:11Bonjour, Vincent.
42:26Dis quelque chose,
42:28puis ne me regarde pas comme ça, c'est très intimidant.
42:33Tu me trouves changée, n'est-ce pas ?
42:35Je ne te mens pas.
42:40Vingt ans pourtant.
42:44Je n'ai jamais connu personne ayant les cheveux de Pauline.
42:50Les yeux de Pauline, le rire de Pauline.
42:53Personne ne s'est jamais habillé aussi jolimement que Pauline.
43:03Je n'ai jamais connu personne.
43:07Je rougis toujours aussi facilement, tu sais.
43:12Toi non plus, tu n'as pas changé.
43:16Je te trouve très séduisant.
43:17Bratis.
43:19Sous-titrage Société Radio-Canada
43:49Oui, j'en ai l'impression. Mais tu les as vus se rejoindre ?
43:51Oui, ils sont montés l'un vers l'autre.
43:53Bon, allez, viens, laissons-les.
43:58Je croyais que j'allais repartir sans te revoir.
44:02Nous sommes les victimes d'une machination.
44:05Victime, machination.
44:06Les douces victimes d'une très douce machination.
44:10Jean-Philippe.
44:12Béatrice.
44:13Et quelqu'un d'autre, sans doute.
44:15Fâché.
44:18Désarmé.
44:19Jean-Philippe est charmant.
44:23Il est sous le charme.
44:24Sous le charme de Pauline.
44:27Depuis que tu es apparu, il a changé du tout au tout.
44:29Changé ?
44:31Tu as fait sa conquête.
44:35Il bouge, il rit.
44:38Il se passionne.
44:40Il est devenu audacieux, lui, toujours si timide.
44:42Il ne se préoccupait que de sa vie d'adolescent et, insensiblement, il s'est ouvert aux autres.
44:52Je vois la même qui prend des initiatives.
44:53Des initiatives désagréables.
44:56Des initiatives très agréables.
45:03Béatrice ?
45:04Ils nous ont complètement oubliés.
45:07Ils ont tellement de choses à se dire.
45:08Bon, on ne va pas rester plantés là en attendant qu'ils aient terminé.
45:13Où tu vas ?
45:14Rien, je vais me promener.
45:15Maintenant que j'ai fait ma BA, je me sens toute légère.
45:16Pas toi ?
45:17Allez, viens.
45:18Non, tu viens avec moi.
45:20On ne va pas les surveiller, non ?
45:21Je voudrais voir s'ils se partent gentiment, s'ils sont mis ensemble.
45:28Ça se voit, ça, non ?
45:29Écoute, Jean-Philippe, je t'ai averti, tu courrais un risque.
45:32Alors maintenant, il faut jouer le jeu jusqu'au bout.
45:34Si ce soir, ton père t'engueule, ça sera mauvais signe.
45:36Ce soir, c'est loin.
45:38Rien d'autre à faire qu'à patienter, alors.
45:42Béatrice, tu sais ce que c'est que la deuxième cristallisation ?
45:46La quoi ?
45:47La deuxième cristallisation.
45:49Écoute, il faudrait d'abord que je sache que c'est que la première.
45:54La première, c'est quand tu tombes amoureux de quelqu'un.
45:57On t'a appris, c'est à la pension, toi.
45:59La pension, on est si loin du monde.
46:02Alors, c'est ta propre expérience.
46:04Oui, si tu veux.
46:05Enfin, la deuxième cristallisation, c'est quand tu es sûr que...
46:09Mais vraiment sûr que la personne que tu aimes,
46:12tu dois vivre avec elle.
46:13Toi, alors, je t'assure.
46:22Ah, voilà Bob et Luc.
46:27Comment vous avez fait pour rentrer ici ?
46:28On a payé.
46:29Le tournoi est commencé.
46:31Non, non, pas encore.
46:40Qu'est-ce que tu fais là, Jean-Philippe ?
46:42Tout seul.
46:44Vous ne vous occupez pas de moi.
46:45Le match vient commencer.
46:46Je sais.
46:47Je te cherchais.
46:50Qu'est-ce qu'il y a ?
46:51T'as un air de chien battu.
46:55Elle n'a pas réussi, notre petite mise en scène ?
46:57Si, si.
46:58Ben alors ?
46:59Ben alors, maintenant, me laisse tomber.
47:00Ah, ça, mon bonhomme.
47:02Tu as tout fait pour que ton père ne s'occupe pas uniquement de toi aujourd'hui.
47:05Ben, papa, c'est normal.
47:07Il se promène avec Pauline.
47:09Je suis assez content.
47:11J'ai la frousse, mais je suis content.
47:14Tandis que Béatrice...
47:16Tu aurais voulu qu'elle reste avec toi.
47:19Ben oui.
47:19Seulement, elle préfère se trémousser avec les deux autres cornichons.
47:24Tu veux que je te dise ?
47:25Les femmes n'ont aucun goût, mon vieux.
47:27C'est bien vrai.
47:28La plupart.
47:30Pas toutes, quand même.
47:31Ce qui fait que la situation pour nous autres hommes n'est quand même pas désespérée, non ?
47:46La ligne jaune, papa ?
47:49Si t'as plus le match de golf ?
47:53Et toi ?
47:54Ce sera bonne, ta photo en contre-plongée ?
47:57Ben, je pense pas.
47:58Tu vois, il y avait le soleil en face.
48:00Ah.
48:01Alors, t'as pas été trop déçu ?
48:03Par qui pas, Walter Kast ?
48:05Pauline, elle est toujours aussi belle ?
48:08Plus belle encore.
48:11Alors, tu m'en veux pas trop ?
48:14Aujourd'hui, non.
48:16Sincèrement, non.
48:18Plus tard, peut-être.
48:20Pourquoi ?
48:23Parce que j'ai passé une journée merveilleuse, Jean-Philippe.
48:25Tu ne regrettes rien ?
48:36Non, je ne regrette rien.
48:40Dis-moi que Jean-Philippe a eu raison de se démener.
48:44Jean-Philippe a eu raison de se démener.
48:46Même si Vincent et moi ne devions jamais nous revoir.
48:51Quoi penses-tu ?
48:54On est réellement sûr de certaines choses
48:57que lorsqu'on les redécouvre.
49:00Et je dois avais que Mme Ferry a été exagérément sévère
49:04au sujet de Béatrice,
49:06créature impudique des vergonaires.
49:07Non, non.
49:09Non, ta complice est très spontanée.
49:12Elle ne s'embarrasse pas du moindre petit préjugé, certes,
49:15mais elle est très attachante.
49:17Oui, beaucoup.
49:19Tu n'es pas de mon avis ?
49:20Ça ne ressemble pas beaucoup à sa mère.
49:21Elle est assez différente, en effet.
49:24Mais c'est un beau brin de fille.
49:26Ça, elle doit plaire.
49:30Papa ?
49:30Oui ?
49:33Tu reverras, Pauline.
49:40Si...
49:42Si Gabriel n'est pas opposé,
49:46je la referai.
49:48Opposé à qui ?
49:50Revoir qui ?
49:52Pauline Fourez.
49:55La petite Pauline ?
49:57Moi, moi, je serai...
50:00Oh, ben ça !
50:02Oh, ben ça !
50:04Lucien !
50:06Lucien !
50:07Oh, mon Dieu, qu'elle était jolie !
50:17Ma belle terre dans un louisir,
50:21Où près des remparts de Séville,
50:24Je retrouvais mon lit d'aligo !
50:27Hé, ma !
50:28Ben, quoi ?
50:29Tu ne m'as jamais vu astiquer ?
50:31Pas comme ça.
50:32Mais tout de suite,
50:33que quand je fais le ménage, je bats.
50:35Je ne dis rien de pareil.
50:36C'est un plaisir à moi de voir briller.
50:38Mais ici, ça manquait un peu.
50:40Dans une pièce où on n'y a presque plus,
50:42il y a toujours davantage de poussière.
50:43Et puis, pour la première fois
50:45que la petite Pauline va revenir ici
50:46depuis je ne sais pas combien de temps,
50:49ben, je ne tiens pas
50:50à ce qu'elle ait une mauvaise impression.
50:52Oh, il est fini, il est fini.
50:55Elle a été mariée à un lord.
50:57Ne l'oublie pas.
50:58Ah oui, un anglais, quoi.
51:00Enfin, lord ou pas,
51:01il paraît que ces gens-là,
51:02c'est des méticuleux.
51:05Ne change pas trop de choses ici.
51:07S'il fera plaisir à la Pauline,
51:09c'est de retrouver le salon
51:10comme elle l'a connue.
51:11Eh ben, moi, elle ne va pas me retrouver
51:12comme elle m'a connue.
51:14T'es vieille.
51:15Ne te fais pas de billes.
51:17Elle aussi.
51:19Je ne me l'offre pas à elle, peut-être.
51:20Je ne sais pas si ça fait pareil.
51:22Je ne me l'offre pas.
51:24Oh, c'est une faute, toi !
51:26C'est ça qu'il me mettra.
51:29Et c'est dans le grand salon
51:30qu'on va vous recevoir, alors.
51:32Je vous demande pardon,
51:33mais il faudra que vous changez de parfum.
51:36Parce que la première fois,
51:37ils l'ont senti.
51:39J'en mettrai un autre.
51:40Merci.
51:41Bon, d'accord.
51:44Mais est-ce que vous pourriez faire
51:45comme si c'était la première fois
51:46que vous revenez depuis ?
51:48Bien sûr.
51:49Le reste ne regarde que nous deux.
51:52L'autre jour, c'est Pauline,
51:53la petite fille que vous avez accueillie.
51:56Et aujourd'hui, c'est la dame
51:57qui rend une visite.
51:58Il y a une petite différence.
52:00Et après ?
52:04Après quoi ?
52:05Enfin, je veux dire...
52:08Vous allez être la fin des vacances.
52:10Vous allez rentrer à Paris.
52:11Papa va retourner à sa banque.
52:14C'est très difficile de vous répondre,
52:15Jean-Philippe.
52:17Vous n'allez pas...
52:18Vous laissez séparer encore une fois, madame.
52:20Je veux pas.
52:21J'ai tout fait pour vous.
52:27Mais nous nous reverrons, bien sûr.
52:30Mais votre père doit se remarier.
52:32Oui, on doit le remarier.
52:33parce que...
52:35De toute façon, moi, je lui ai dit
52:36que la dame, elle me plaisait pas.
52:38C'est comme vous.
52:38Vous devez vous remarier aussi.
52:39Votre monsieur Richard,
52:40elle me plaît pas non plus.
52:42Pas possible.
52:44Non.
52:46Écoutez, madame,
52:47je sais pas ce qui va se passer
52:48entre papa et vous.
52:50Je sais pas ce que vous vous êtes dit,
52:51mais...
52:52Mais je sais ce qu'il m'a dit à moi.
52:56Il m'a dit que...
52:57que c'est vous son unique amour.
53:01Et ça, vous deviez le savoir.
53:03Vous devez savoir aussi
53:06que depuis la première fois
53:07que je vous ai vues,
53:08je me dis que c'est...
53:10que c'est une mère comme vous
53:10qui me faudrait.
53:20Merci, Jean.
53:20Merci.
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