- il y a 6 mois
Le vendredi, samedi et dimanche soir, Karine de Ménonvile est à la tête de Week-End Soir : un rendez-vous pour décrypter et débattre, au cœur de l’actualité.
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00:00Tout d'abord, la France a la manœuvre pour répondre aux coûts de massue infligés par Donald Trump,
00:05l'augmentation des tarifs douaniers de 30% dès le 1er août sur les produits européens importés.
00:11Emmanuel Macron appelle l'Union européenne à défendre résolument les intérêts européens.
00:16Ce sera un accord équitable ou une riposte proportionnée, promet le ministre du Commerce extérieur français.
00:23Une négociation sérieuse se fait en établissement un rapport de force, ajoute ce soir le ministre de l'Europe.
00:29Alors pourquoi ce nouveau coup de boutoir américain pour le 1er août, c'est-à-dire dans trois semaines seulement ?
00:35Un accord est-il encore possible ? Et sinon, l'Europe peut-elle riposter ? On fait le point avec Camille Plaisant.
00:42C'est par l'intermédiaire d'une lettre que le président des États-Unis s'adresse à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
00:50C'est pour moi un grand honneur de vous adresser cette lettre qui démontre la force et l'engagement de notre relation commerciale.
00:56Une page entière où le président Trump, très courtois, indique imposer à partir du 1er août prochain des droits de douane à l'Union européenne.
01:04Nous imposerons à l'Union européenne un droit de douane de 30% sur les produits européens envoyés aux États-Unis, en plus de tous les droits sectoriels existants.
01:12Un nouveau bras de fer entre les États-Unis et l'Union européenne.
01:14En avril dernier, déjà, Donald Trump avait mis en place le même genre de taxes avant de rétro-pédaler.
01:21La Commission européenne, à l'époque, avait réussi à trouver un compromis.
01:24Dans sa lettre de ce samedi, le président américain indique que les entreprises qui produisent aux États-Unis ne seront pas impactées par cette mesure.
01:32De son côté, la présidente de la Commission européenne espère un accord d'ici le 1er août prochain,
01:38tout comme Emmanuel Macron qui, pour autant, veut défendre les intérêts de l'Europe.
01:42Cela implique notamment d'accélérer la préparation de contre-mesures crédibles.
01:47Y inclut le mécanisme anti-coercition si aucun accord n'était trouvé d'ici le 1er août.
01:52Donald Trump prévient toujours dans cette même lettre, en cas de représailles, les taxes seront encore plus importantes.
01:58L'inquiétude grandit du côté des secteurs d'activité qui exportent aux États-Unis.
02:02Notamment dans le luxe et l'agroalimentaire, en particulier.
02:05Dans l'industrie automobile aussi, mais moins que l'Allemagne, c'est quand même 30%.
02:08On peut presque dire que ça fait... Vous savez qu'il y a des entreprises qui vivent avec 15% de marge.
02:12On peut presque dire que certaines entreprises, notamment les plus petites, risquent de faire faillite certaines.
02:18Donald Trump menace également le Mexique de mettre en place des taxes barrières historiques de 30%.
02:24Et pour en parler sur ce plateau, de ce coup de massue américain, mais aussi de la réponse européenne et de la réponse française, Bruno Jeudy.
02:33Bonsoir Bruno, éditorialiste politique BFM TV.
02:36Christian de Boissieu, bonsoir.
02:38Bonsoir.
02:38Professeur émérite d'économie à l'université Paris, un panthéon Sorbonne, président de la fondation Concorde.
02:44A vos côtés, Mathias Batfino, bonsoir.
02:46Vous êtes directeur des marchés européens chez Traite Public, auteur de Prenez votre argent en main.
02:50Et pour vous présenter un peu, vous êtes directeur de banque un peu particulier, vous avez une formation diplomatique,
02:55vous avez débuté dans le trading et vous dirigez une banque en ligne tout en voulant apprendre aux Français à reprendre le contrôle de leur argent.
03:01Voilà pour le portrait.
03:03Christian de Boissieu, je vais commencer avec vous.
03:05Ça fait des semaines, voire des mois qu'on parle ensemble de ces tarifs douaniers, des allées, des retours de Donald Trump.
03:11On est un peu surpris, j'avoue, c'est d'un coup de massue au mauvais sens du terme de l'annonce de Trump.
03:16Plus 30% au 1er août, c'est-à-dire dans trois semaines sur les produits européens.
03:21On est un peu stupéfaits alors qu'on pensait être encore dans une phase de négociation.
03:26Oui, on pensait.
03:28La Commission européenne pensait.
03:30Madame Van der Leyen pensait.
03:32Mais on n'est plus tellement surpris par les surprises de M. Trump, en fait.
03:36Je veux dire, par là, c'est imprévisible.
03:38Moi, je pense qu'on est dans encore une phase de négociation.
03:43Par-delà le coup de massue que vous évoquez, c'est-à-dire qu'au fond, 30% vis-à-vis de nous, l'Union européenne, en même temps, il ajoute.
03:53Si l'Europe répond, par exemple, en imposant des tarifs à 20%, j'ajoute, dit-il, 30 plus 20, ça fait 50%.
04:01Et on est dans des ordres de grandeur, à mon avis, qui seraient mauvais pour nous, mais également pour les Américains, pour les États-Unis.
04:10Mais ce que je redire de ce que vous me dites, c'est que pour vous, on est toujours dans la négo.
04:14Oui, je pense qu'on est dans la négo parce que je pense qu'il n'a, même de son point de vue américain, il n'a pas intérêt à mettre un tarif de 30% vis-à-vis de l'Union européenne.
04:24Je rappelle que les exportations de l'Union européenne vers les États-Unis, c'est un peu plus de 500 milliards d'euros par an, 540, peu importe le chiffre exact.
04:36Et que si vous mettez 30% de droit de douane là-dessus, je peux vous dire que vous avez un effet inflationniste aux États-Unis, un effet récessif.
04:44Et puis n'oubliez pas le fait que les entreprises aux États-Unis, il appelle dans la lettre adressée à l'Union européenne, M. Trump appelle les entreprises européennes à venir chez lui.
04:55Mettez-vous, dit-il, mettez-vous à l'abri du tarif, argument classique.
04:59Mais une fois qu'elles seront aux États-Unis, elles doivent apporter aussi de l'acier, de l'aluminium qui sont taxés à 50%, etc.
05:07Donc il est en train de sous-estimer, c'est la raison pour laquelle je ne crois pas que ça puisse être une solution en quelque sorte stable, les 30%.
05:17Il est en train de sous-estimer l'effet boomerang de ces décisions sur l'économie américaine.
05:23Alors, il y a l'annonce de Trump, et on va décortiquer tout ça parce qu'il y a la réponse européenne, notamment de la présidente de la Commission européenne,
05:32qui a dit qu'elle était prête à poursuivre les négociations vers un accord, une réponse qui peut sembler un peu timorée face à Donald Trump.
05:39Et il y a la réponse française, Bruno Jeudy, qui est beaucoup plus offensive.
05:42Parce qu'à tous les étages de la Maison France, en fait, on a allumé les signaux d'alerte.
05:47Ça a commencé par Emmanuel Macron, qui a réagi sur X.
05:50Il a exprimé, je cite, sa très vive désapprobation, et il a appelé l'Union européenne à défendre les intérêts européens.
05:58En gros, on a l'impression qu'Emmanuel Macron, il sonne la charge, il demande un plan de bataille à la Commission.
06:03Oui, c'est un changement de ton radical de la part de l'exécutif français et du président Emmanuel Macron.
06:10L'affaire des taxes, de l'augmentation des taxes, maintenant, on vit avec,
06:14depuis que Donald Trump a fait cette célèbre conférence de presse, comme le montre la photo derrière vous.
06:19Et depuis, on est allé, on a fait des allers-retours sur cette question.
06:23C'est peut-être pas terminé, comme le dit Christian de Bessieux, et je partage plutôt son avis.
06:27Ce qui est certain, c'est qu'Union européenne, elle a cherché peut-être à m'adouer un peu Donald Trump.
06:33C'était un peu la stratégie d'Ursula von der Leyen et plutôt, j'allais dire, approuvée, bon gré, mal gré,
06:41par les différents chefs d'État et chefs de gouvernement de l'Union européenne.
06:47Mais là, Emmanuel Macron, lui, il pense que maintenant, manifestement, avec la charge qu'il impose sur X,
06:55que, cette fois-ci, il faut arrêter de croire que Donald Trump bluffe et qu'il les fera pas.
07:02Lui, il fait une analyse différente et il décide de rentrer frontalement face à l'Amérique de Trump
07:09et prend ses distances un peu avec la stratégie de négociation en coulisses menée par la présidente de la Commission.
07:19– Mais en fait, on a l'impression, finalement, parce que, pour reprendre la tribune dimanche,
07:23une interview de la tribune dimanche, Eric Lombard, chez vous, ministre de l'Économie,
07:28disait merci, finalement, à Donald Trump d'avoir réveillé l'Europe.
07:32Ça, c'était il n'y a pas si longtemps.
07:33– Oui, c'était il y a une quinzaine de jours.
07:34– Finalement, est-ce que la France, elle n'a pas le sentiment de s'être fait un peu duper ?
07:39– De toute façon, c'est compliqué avec Donald Trump, sur les droits de douane,
07:44comme sur d'autres dossiers internationaux où il fait des allers-retours,
07:47donc ce n'est pas toujours facile de le suivre.
07:50Là, manifestement, Emmanuel Macron, sur cette annonce surprise des 30%,
07:54c'était dans l'air, mais ça devait peut-être venir un peu plus tard,
07:58là, cette fois-ci, il décide de changer de ton
08:01et de faire fi de la prudence de certains de ses ministres,
08:06mais qui s'étaient aussi alignés sur la prudence de la Commission.
08:11Il y avait aussi cette idée d'essayer d'avoir une attitude un peu collective,
08:15pour amadouer le chef d'État américain, pensant qu'il n'irait pas jusqu'au bout de ses décisions
08:24et de ces 30% qui, s'ils s'appliquent le 1er août, ça vient d'être dit,
08:28auront des conséquences dramatiques pour de nombreux secteurs économiques français, notamment.
08:33– Bon, en tout cas, cette page politique-là, elle est clairement tournée,
08:38si on voit les différentes réactions d'Emmanuel Macron,
08:40qui appellent à défendre les intérêts européens.
08:44Ce sera un accord équitable ou une riposte proportionnée,
08:47promet le ministre du Commerce extérieur français.
08:50Une négociation sérieuse se fait en établissant un rapport de force,
08:54ajoute le ministre de l'Europe, Mathias Baccino.
08:56On est entré dans quelque chose…
08:59Là, on n'est plus dans le frontal.
09:01– Alors, c'est une nouvelle phase de la négociation qui s'ouvre,
09:03avec le report du 9 juillet, donc au 1er août,
09:06qui était un énième taco de la part de Trump, les fameux…
09:10– L'acronyme, Trump always chickens out, en gros, il change toujours d'avis.
09:16Il revient toujours en arrière.
09:17– Il se déballonne, toujours.
09:18– Il manque de courage, c'est l'accusation qui a été portée contre lui,
09:22entre autres, dans les médias américains.
09:24Et donc, évidemment, il hausse le ton.
09:26Depuis le 2 avril, pour les marchés financiers,
09:29je pense aux épargnants aussi, aux investisseurs,
09:31on a eu beaucoup de soubresauts.
09:34À l'heure actuelle, on a beaucoup de postures dans la négociation,
09:37mais pour l'instant, c'est une annonce.
09:39Ce n'est pas encore une réalité.
09:41– Parce qu'une annonce à assez court terme, quand même.
09:43– Ça pourrait devenir une réalité, mais la négociation s'accélère.
09:46Tant que ça n'est pas une réalité,
09:48pour les épargnants et les investisseurs, il n'y a pas de raison de paniquer.
09:51Je pense, bien sûr, aux entrepreneurs, aux salariés aussi des secteurs concernés.
09:55La chimie, le luxe, les vins et spiritueux.
09:59On peut penser à l'automobile.
10:00– D'ailleurs, en France, on parle de dizaines de milliers d'emplois
10:05qui seraient impactés.
10:07C'est qui, en gros, les entreprises françaises en première ligne
10:10qui exportent beaucoup aux États-Unis ?
10:12– On peut penser à des champions français dans le secteur du luxe,
10:16comme LVMH ou Hermès ou Kering.
10:18On peut penser, évidemment, à l'automobile,
10:19avec Peugeot et Renault dans les grandes lignes.
10:22On a le secteur des vins et spiritueux, qui sont plus des PME, évidemment.
10:26On a tout le secteur aussi de l'aéronautique,
10:28avec Airbus, Thalès, Safran et la pharmacie avec Sanofi.
10:32D'autres pays d'Europe seraient plus impactés que nous.
10:34Je pense à l'Irlande ou l'Allemagne et l'Italie aussi.
10:37Mais de notre côté, ça serait plutôt des emplois industriels
10:40et dans le secteur du luxe.
10:42Donc des emplois plutôt qualifiés et positifs pour l'économie française.
10:46Donc ça serait évidemment un problème important.
10:49Mais encore faut-il que ça arrive.
10:49– 26 000 entreprises qui seraient impactées selon le gouvernement.
10:53Donc on démultiplie ça par le nombre d'emplois, ça fait énormément de personnes.
10:56– Le cabinet Asterès parlait d'à peu près 50 000 emplois
10:59en cas de dégradation forte.
11:01Mais l'enjeu essentiel, je dirais, pour les Européens,
11:06c'est ce que disait le ministre Lombard dans les colonnes de la tribune,
11:09c'est-à-dire le réveil de l'Europe.
11:11Le plan, il est…
11:12– Par là, si elle n'est pas réveillée avec ce qui s'est passé en même temps ?
11:15– On peut espérer qu'elle aille un peu plus loin,
11:17entre autres dans l'union des marchés de capitaux
11:19pour permettre aux Européens d'investir dans les entreprises européennes.
11:22Il y a beaucoup à faire.
11:24Je sais que c'est au point mort pour l'instant.
11:26Mais là, si on ne se réveille pas maintenant…
11:28– Christian Bacieux.
11:29– Je reviens sur ce que disait Bruno Jeudy,
11:32c'est-à-dire, bon, le débat, il est entre M. Trump,
11:36c'est-à-dire les États-Unis, et la Commission européenne sur ce sujet.
11:40Il n'est pas entre M. Trump.
11:41– Ah oui, c'est ça.
11:42– Non mais, on est d'accord là.
11:43– Oui, bien sûr, absolument.
11:44– C'est la Commission européenne qui négocie pour les 27.
11:48Alors, M. Macron a son avis, et moi je le partage.
11:51– Oui, mais elle peut être un peu bousculée.
11:52– Elle a un mandat, M. le monsieur.
11:54La Commission a un mandat des 27.
11:57– Elle a un mandat.
11:57Je dis simplement que tout ça fait ressortir à nouveau,
12:00malheureusement, des divisions à l'intérieur de l'Europe,
12:03entre ceux qui veulent prendre une position relativement ferme,
12:06et le président Macron est dans ce camp-là,
12:09et ceux qui sont plus souples.
12:10Le chancelier allemand, M. Merz, qui voulait, avant les 30% annoncés aujourd'hui,
12:16on était sur l'idée d'un scénario un peu sur le modèle du Royaume-Uni,
12:21c'est-à-dire 10%, 10% de droits américains.
12:24– C'est un dernier qui demandait de négocier de manière pragmatique,
12:26c'est en gros, suivez l'exemple anglais et acceptez quoi.
12:29– Même quand on était à 10%, notre président Emmanuel Macron disait,
12:33il faut que la Commission réplique que les droits soient vraiment réciproques,
12:37parce que ce que M. Trump appelle des droits de douane réciproques,
12:42ils sont tous réciproques jusqu'à présent.
12:44Bon, revenons à nos moutons, c'est-à-dire que quand on était à 10%,
12:48il y avait déjà ce clivage à l'intérieur de l'Europe entre M. Merz
12:52et quelques autres responsables européens qui disent,
12:55acceptons pour l'Union Européenne la formule qui a été négociée par le Royaume-Uni.
12:59– L'Italie n'était pas loin d'être sur cette ligne-là également ?
13:01– Mme Mélanie là-dessus, et puis la France et quelques autres pays
13:06qui étaient sur une position plus ferme.
13:08Et là, à mon avis, le fait du côté américain d'annoncer 30%,
13:13ça va faire ressortir encore plus ce débat intra-européen,
13:17ce qui n'est pas terrible pour nous,
13:19parce que je pense que le président américain,
13:21il s'enfonce un peu dans les failles de notre cuirasse,
13:24excusez-moi de le dire.
13:25– Olivier Avanello nous a rejoint, bonsoir Olivier.
13:28Une négociation sérieuse se fait en établissant un rapport de force,
13:32dit ce soir le ministre français pour l'Europe,
13:35Emmanuel Macron qui demande à la Commission européenne
13:38de s'occuper des intérêts européens et de les défendre.
13:42Alors on le dit, l'Europe ça se décide à 27%,
13:43mais aujourd'hui la France, sur ce dossier comme sur d'autres,
13:46au niveau européen, essaye de pousser.
13:48– Oui, elle est sur une position de principe.
13:52C'est-à-dire que, je parle sous le contrôle d'économistes plus brillants que moi,
13:57le principe d'un libre-échange c'est que, en gros on est fair-play,
14:01on utilise les mêmes règles d'un côté et de l'autre,
14:03et on a les mêmes droits de douane d'un côté et de l'autre.
14:07Ce que veut instaurer Trump de manière très délibérée,
14:10c'est un différentiel.
14:12Il souhaite qu'il y ait à minima 10, 15, 20% de différence
14:16entre les droits de douane des produits européens
14:18qui vont vers les Etats-Unis et inversement.
14:21Pour, et c'est l'idée qu'il s'est forgée,
14:23entre autres compenser la TVA.
14:25Il pense que la TVA est un impôt qui n'a pas lieu d'être,
14:28une taxe qui n'a pas lieu d'être,
14:30et que donc il doit la compenser.
14:32Donc, quand il dit, si vous montez à 30 comme moi,
14:35je monterai à 60,
14:36en fait, il exprime de manière très claire
14:38qu'il veut un avantage compétitif
14:41par rapport aux produits européens.
14:43Et ça, sur un point de vue de principe commercial,
14:47vous ne pouvez pas l'accepter.
14:48Donc, soit en effet, on rentre dans un bras de fer
14:51qui peut aller assez loin.
14:53Le problème, c'est que Trump peut jouer à la guerre
14:55après le 1er août,
14:57peut jouer à la guerre un mois, deux mois, trois mois.
14:58Et ça peut faire très mal.
14:59Et ça peut faire très mal à certaines entreprises.
15:02Quand on entend le fait que 13% simplement de nos échanges
15:08vont vers les Etats-Unis
15:09et qu'en gros, on est capable d'absorber ça.
15:12Oui, le « on » est capable.
15:14Mais certaines entreprises ne peuvent pas
15:16parce qu'elles sont trop dépendantes de ce marché
15:18et que donc, elles peuvent vraiment en pâtir.
15:22Vous avez en ce moment l'exemple de l'aluminium canadien
15:26qui, faute d'accord, se prend 50% de droits de douane
15:31sur la figure depuis un mois et demi seulement.
15:33Vous avez le géant de l'aluminium canadien, immense,
15:35qui doit faire face à 40% de pertes de chiffre d'affaires
15:42en un mois seulement.
15:44Ils sont en train de couper dans les effectifs,
15:46de licencier énormément de personnes.
15:48Le gouvernement canadien cherche des moyens
15:50de soutenir cette industrie.
15:52Un mois et demi seulement.
15:52Imaginez que Trump joue avec nous
15:55pendant un mois, deux mois, trois mois.
15:57Ça peut avoir sur des secteurs de l'économie européenne
16:01des conséquences absolument dévastatrices.
16:04Donc, on est dans un moment qui est plus complexe
16:09et potentiellement plus dangereux
16:11que ce que l'on a l'habitude de voir avec Trump
16:13qui est un jour dit oui, un jour dit blanc, un jour dit noir.
16:17Le problème de Trump, c'est qu'il peut jouer à la guerre
16:20juste pour voir ce que ça donne pendant quelques mois
16:22puisqu'on est sur un domaine où ce que vous dites un jour
16:24peut être remis en question le lendemain.
16:26Ce n'est pas très dur.
16:28Alors justement, on va aller voir avec Juliane Jacob
16:30qui est en direct avec nous.
16:32Bonsoir, vous êtes directeur général d'une entreprise de tech
16:34de jouets qui s'appelle Wincor,
16:36qui est expert en commerce international.
16:38Bonsoir, merci d'être là.
16:39Si Donald Trump joue à la guerre commerciale,
16:42dit Olivier Ravanello, pendant un mois, pendant deux mois,
16:46si on prend plus 30%, ça signifie quoi pour vous ?
16:50Ça signifie déjà un climat de confiance
16:53qui est absolument catastrophique.
16:56C'est toujours le même problème.
16:57C'est-à-dire qu'en fait, on travaille avec les grandes enseignes
16:59et ce climat d'incertitude retarde les commandes,
17:03retarde les livraisons.
17:05Et on a vu qu'il y a quelques semaines,
17:07Trump avait demandé à augmenter les taxes
17:11sur les importations chinoises.
17:13On a commencé à s'intéresser à de la fabrication en Europe.
17:16Maintenant, on retourne en arrière, c'est-à-dire que l'Europe va être impactée.
17:21Et de ce fait, on tourne un petit peu en rond.
17:23Et beaucoup, beaucoup, beaucoup de filières sont véritablement impactées.
17:28Et on le voit véritablement que les retailers,
17:30les clients professionnels,
17:33tardent à passer des commandes
17:36et sont dans une position de réflexion.
17:39On attend, on observe et on voit ce qui se passe.
17:42Vous, au niveau de votre activité, de vos projets,
17:45est-ce que ces aléas de cette guerre commerciale,
17:48avec ces taux annoncés comme en hausse,
17:50puis rebaissés et puis annoncés à nouveau en hausse,
17:53ça a eu un impact sur votre activité ?
17:56Absolument.
17:56Et on le voit même chez nos amis retailers.
18:00Tous les départements d'achat sont impactés.
18:04Alors nous, on a, par notre modèle,
18:07envisagé de la fabrication un peu partout dans le monde,
18:09heureusement, mais malheureusement,
18:12ça ne comble pas tous les problèmes qu'on peut avoir
18:14par rapport à la supply chain.
18:16Tous les retailers du monde entier,
18:18aujourd'hui, sont impactés par cette hausse de tarifs.
18:21Vous ne pouvez pas couvrir vos minimums d'achat
18:22avec vos fournisseurs,
18:24que ce soit asiatiques ou européens.
18:26Et de ce fait, quand vous perdez 30, 40, voire 50%
18:29dans certaines industries des Etats-Unis,
18:32eh bien, malheureusement,
18:33les prix d'achat ne sont plus les mêmes.
18:34Et donc, un produit que vous deviez payer 1 euro
18:36et revendre 1,50,
18:38aujourd'hui, vous allez le payer 2 euros
18:39et vous ne pouvez plus le vendre 2,50.
18:41Donc, vous êtes aujourd'hui obligé,
18:43chaque semaine, de revoir vos projets,
18:46de revoir vos projections ?
18:48Oui, on est obligé de revoir
18:50notre politique de fabrication,
18:52notre stratégie aussi de distribution.
18:54Puisque quand on voit qu'on est
18:57avec une politique américaine
18:59qui, malheureusement, change toutes les semaines,
19:02eh bien, ça impacte très fortement
19:04nos stratégies de distribution.
19:05Merci beaucoup, Julien Jacob,
19:07pour votre témoignage, Christian,
19:09de Boissieu.
19:09Quand Benjamin, à date,
19:11dit une négociation sérieuse,
19:12se fait en établissant un rapport de force
19:14et qu'il évoque des taxes
19:15sur les produits américains,
19:17l'activation de l'instrument
19:18anti-coercition élargi,
19:20notamment au numérique,
19:21est-ce que ça, ça peut peser ?
19:23Ça pèse, mais je rappelle que Trump a annoncé
19:26que si on réagit par des taxes,
19:28il va faire l'addition que j'évoquais tout à l'heure.
19:30Et nous aussi, on peut, non ?
19:32Oui, mais on va à combien, là ?
19:33C'est la course à l'échalote.
19:34Comme avec la Chine.
19:35Et à un moment donné...
19:36Oui, non, mais, je veux dire,
19:38les années 1930, je veux dire,
19:40on laissait des mauvais souvenirs
19:41pour des tas de raisons,
19:42y compris sur les...
19:44Je veux dire, le fait que la guerre commerciale,
19:46personne n'y gagne.
19:47Il y a des perdants.
19:48Et donc, il faut absolument éviter
19:50le scénario perdant-perdant,
19:52y compris du côté américain,
19:54parce que, par rapport à ce que...
19:54Oui, mais pour éviter le scénario
19:56perdant-perdant, il faut être deux à le vouloir.
19:57Il faut être deux pour danser le tango,
19:59comme on dit.
20:00Pour négocier, il faut être deux.
20:02Je dis simplement que la Commission,
20:03avant même l'annonce des 30%,
20:05avait préparé une liste de produits
20:07qu'elle allait cibler.
20:08Alors, on avait dit pour à peu près
20:10un peu plus de 20 milliards d'euros,
20:12puis il y avait une liste plus large, etc.
20:14Bon, et puis on peut répondre
20:15par des droits de douane,
20:17on peut répondre par des obstacles
20:18non tarifaires, etc.
20:21Bon, je dis simplement que
20:22la Chine a obtenu son accord,
20:25elle accepte les 30%,
20:27mais elle venait d'où ?
20:29Au départ, sur le fameux tableau Excel,
20:31M. Trump, il proposait 145% sur la Chine.
20:35Bon, donc, vous voyez qu'il y a eu
20:36quand même une descente.
20:39Bon, moi, je pense que nous sommes
20:41dans un contexte extrêmement compliqué,
20:44mais ce qui me rassure un peu,
20:45quelque part, dans ce paysage
20:47pas très rassurant par ailleurs,
20:49c'est que je suis persuadé
20:51que s'il va trop loin
20:52dans cette guerre commerciale,
20:54il y aura un effet boomerang
20:55sur l'économie américaine
20:57dont il perd à le prix
20:58dans les élections
20:59de mi-mandat de 2026.
21:01Voilà.
21:02Et donc, à un moment donné,
21:03il faut qu'il intègre
21:04les conséquences politiques,
21:06les conséquences sociales
21:07de ces décisions économiques.
21:09Mathias Patineau.
21:09Goldman Sachs nous dit que 60%,
21:11à peu près, voire 70%
21:12de l'impact de ces droits de douane
21:14serait sur les consommateurs américains.
21:16Le reste étant sur les entreprises américaines
21:18et les exportateurs étrangers,
21:20dont les exportateurs français,
21:21par exemple.
21:22Donc, effectivement,
21:23le seul bras de fer que Trump
21:24ne peut pas se permettre de perdre,
21:26c'est avec les consommateurs américains
21:28qui sont un moteur essentiel
21:29de l'économie du monde.
21:31Donc, c'est une posture de négociation.
21:33Il veut obtenir des choses.
21:34Mais ça, il l'a déjà négocié avec eux.
21:35Il leur a dit, attendez,
21:36ce sera dur,
21:36il faut passer le moment, quoi.
21:38Mais, je pense que
21:39c'est le consommateur américain
21:41qui peut l'arrêter,
21:42c'est la finance
21:43qui peut l'arrêter.
21:44Alors, on va voir
21:45ce que donnent les marchés financiers
21:46en début de semaine.
21:48Mais, la dernière fois, là,
21:50ce qu'il a arrêté en avril...
21:51On avait dit que c'était les marchés
21:52qu'il lui avait fait reculer.
21:53Autre cet état,
21:54vous permettez,
21:54on en avait parlé.
21:55Ce qui a...
21:56C'est les difficultés
21:58temporaires de financement
21:59du déficit extérieur
22:01qui se sont traduites
22:02par une montée
22:03des taux d'intérêt aux Etats-Unis,
22:04des taux d'intérêt à long terme,
22:05par une baisse du dollar.
22:07C'est la finance aussi.
22:08Donc, les deux pivots
22:11qui peuvent l'arrêter,
22:12c'est l'économie américaine
22:13et la finance internationale.
22:16Malheureusement,
22:16je dois reconnaître
22:17que c'est beaucoup plus puissant
22:18que nous pour l'arrêter.
22:20Olivier.
22:21Vous citiez
22:21Benjamin Haddad
22:23qui parle
22:24de la nécessité
22:26d'établir un rapport de force
22:27quand on fait un accord.
22:29Je pense que Trump
22:30n'est pas dans une logique d'accord.
22:32Il se définit lui-même
22:33comme le roi du deal.
22:34Un deal et un accord,
22:35ce n'est pas tout à fait
22:35la même chose.
22:36La logique dans laquelle
22:38est en ce moment
22:39l'Union européenne
22:40et l'équipe qui négocie
22:41auprès du secrétariat
22:42au commerce,
22:42c'est en effet
22:43une logique d'accord.
22:44C'est-à-dire,
22:44on parle droit de douane
22:45et uniquement droit de douane.
22:46Trump passe son temps
22:48à élargir le champ du deal
22:50et à mettre dans le deal
22:52des choses qui n'ont rien à voir.
22:54Si vous prenez l'accord
22:55avec le Royaume-Uni,
22:5610%.
22:57Oui, certes,
22:58mais 10% avec une mention spéciale
23:00sur les exportations automobiles
23:02qui est un point
23:02qui est très important pour Trump.
23:04Le Vietnam.
23:06Un accord est trouvé,
23:0720%.
23:07Oui, mais dans les 20%,
23:09on a identifié
23:10et réservé une poche particulière
23:12aux biens chinois
23:13qui transitent par le Vietnam,
23:15qui changent de drapeau
23:16et qui étaient exportés
23:17et qui rendent des Trump
23:18absolument fous.
23:19Ces biens-là
23:20sont taxés beaucoup plus.
23:22Donc, à chaque fois...
23:23À chaque fois, il est gagnant ?
23:24Alors, à chaque fois,
23:25il obtient ce qu'il veut,
23:27mais un peu dans le détail.
23:28C'est-à-dire que
23:28ce qui est important,
23:30c'est de chercher
23:30l'élément complémentaire
23:32du pourcentage
23:33qui va faire que le deal
23:35de son point de vue
23:36est un deal
23:37avantageux.
23:39Pourquoi avantageux ?
23:40Parce qu'il va pouvoir
23:40le raconter à son électorat.
23:42Il va pouvoir dire
23:43à son électorat
23:44« Vous voyez,
23:45j'ai protégé
23:45l'industrie automobile.
23:47Vous voyez,
23:47j'ai protégé
23:48et je vous protège
23:49de la Chine. »
23:50Qu'est-ce qu'on peut mettre
23:51dans le deal
23:52d'autres que 10,
23:5415 ou 20% ?
23:55Est-ce qu'on peut mettre,
23:56par exemple,
23:57de l'achat d'armes ?
23:59On veut soutenir
24:00l'Ukraine.
24:01L'Europe dit
24:02qu'il va falloir
24:03qu'on fasse un effort
24:03pour soutenir l'Ukraine.
24:05L'Ukraine demande...
24:06Bruno, je dis,
24:07il y a la musique
24:07qui nous accompagne.
24:08L'Ukraine demande des armes.
24:09Une musique européenne.
24:11Et ça n'est pas Zelensky
24:12qui appelle.
24:12Je ne crois pas.
24:13Mais Zelensky réclame
24:14des armes.
24:15Ces armes ne viennent plus
24:16par les États-Unis.
24:17Donc l'une des idées,
24:18c'est que l'Union européenne
24:19achète des armes
24:20pour Zelensky.
24:21À qui on les achète ?
24:22Si on les achète à Trump,
24:24il sera un peu plus content.
24:26Trump réclame
24:27qu'on lui achète
24:27plus de gaz
24:28et plus de pétrole.
24:29Si vous mettez
24:30d'autres choses
24:30dans la corbeille,
24:32peut-être qu'en effet,
24:32il va accepter
24:33de descendre
24:34une part
24:35de ces taux transversaux
24:37qui vont s'appliquer
24:37à tous,
24:38de garder quelques points
24:39spécifiques
24:40qui permettent
24:40une narration politique
24:41sur, encore une fois,
24:43l'automobile allemande,
24:45etc.
24:45Mais au fond,
24:46la problématique
24:47qu'a Ursula von der Leyen,
24:49c'est ce que tu disais,
24:50elle a un mandat.
24:51Le mandat,
24:52à mon sens,
24:53il ne lui permet pas
24:54d'aller parler
24:55d'achat d'armes à côté.
24:56Et c'est pour ça
24:57qu'aujourd'hui,
24:58on voit des chefs
24:59d'État européens
25:00qui prennent la parole.
25:02Peut-être que ceux
25:02qui vont arriver
25:03à débloquer ce deal
25:04se sont eux,
25:06par la bande,
25:07j'allais dire,
25:07par l'extérieur,
25:08quand bien même,
25:09ce n'est pas eux
25:09qui vont faire
25:10le deal concret
25:11sur les droits de douane.
25:12Mais ils peuvent apporter
25:13quelque chose en plus
25:14dans la corbeille
25:14pour amadouer Trump
25:15sans pour autant
25:17qu'on rentre
25:17dans une logique punitive
25:18de droits de douane.
25:19Et c'est l'Europe,
25:20l'Europe qui se retrouve
25:20au centre de tout,
25:22que ce soit l'Ukraine,
25:23que ce soit la guerre commerciale.
25:25On l'a dit,
25:25Emmanuel Macron
25:26qui pousse l'Europe
25:27à réagir.
25:29Il y a aussi ce tweet
25:30tout de même
25:30de Raphaël Glucksmann
25:31qui dit
25:32« La Commission
25:33et les dirigeants européens
25:34ont tout fait
25:35pour amadouer Trump
25:36sauf assumer réellement
25:38le rapport de force.
25:40Le moment est venu
25:41de le faire.
25:42La retenue est prise
25:43à Washington
25:43pour de la faiblesse.
25:45Il nous faut vite
25:46montrer qu'Europe
25:47ne rime plus
25:48avec impuissance,
25:50Bruno Jeudy.
25:51Est-ce que l'Europe
25:52est impuissante ? »
25:54C'est intéressant
25:54ce que dit Raphaël Glucksmann
25:55parce que ce qu'il dit
25:57aujourd'hui,
25:57c'est ce qu'est en train
25:58de faire Emmanuel Macron
25:59et il critique
26:00la position initiale
26:01de la Commission européenne.
26:02C'est pour ça que je dis
26:03que tout s'entremêle
26:04à Bruxelles en ce moment.
26:05Il a toujours eu
26:06cette ligne-là
26:06depuis le début.
26:07Lui, il est sur une ligne
26:08où il faut riposter
26:10frontalement
26:11à Donald Trump
26:12et ne pas croire
26:13qu'il ne fera pas
26:15ce qu'il dit infidé.
26:17Les faits aujourd'hui
26:17lui donnent plutôt raison.
26:18On verra dans une semaine
26:19ou dans deux semaines
26:20si vraiment Donald Trump
26:21tient sur cette ligne
26:24des 30%.
26:25Encore une fois,
26:27il varie souvent.
26:29Glucksmann est sur une ligne
26:32aussi d'opposants
26:34à la Commission.
26:36La Commission,
26:38c'est Ursula von der Leyen,
26:39c'est la droite allemande,
26:41c'est les opposants
26:42au Parlement européen.
26:43Rappelons pour nos téléspectateurs
26:44que Raphaël Glucksmann,
26:46c'est le Parti socialiste européen.
26:47Donc, il y a aussi
26:48une logique politique
26:49d'opposition
26:51même s'il y a une forme
26:52de...
26:53Mais tout de même,
26:54quand Emmanuel Macron
26:55lui-même prend la parole
26:56pour un peu tenser
26:57la Commission,
26:58lui dire en gros,
26:59bon, allez,
26:59il faut y aller,
27:00il faut défendre
27:00les intérêts européens,
27:01on a ce sentiment.
27:02Il s'adresse,
27:03Emmanuel Macron,
27:04tous les présidents français
27:06s'adressent à la fois
27:07à leur opinion
27:07et puis ils ont aussi
27:08leurs engagements
27:09européens.
27:11Il fait un peu de politique
27:12et il va faire
27:13un discours très important
27:15sur les armées,
27:16sur la souveraineté,
27:17sur toutes ces questions-là.
27:18Il est engagé
27:18dans une séquence militaire,
27:20il parle aussi
27:21à nous français,
27:22à son opinion
27:24et c'est vrai
27:25que la position allemande,
27:29la position d'Ursula von Dayen
27:30de la Commission
27:31qui est quand même
27:31de négocier,
27:33elle n'est pas forcément
27:33toujours lisible
27:35pour les citoyens européens
27:37dans chacun de leur pays.
27:39C'est le problème utile.
27:41Pardon.
27:42Je pense qu'il faut quand même
27:43arrêter de se coucher.
27:46Vous disiez tout à l'heure,
27:47Olivier,
27:47au fond,
27:48il faut hésiter
27:48de l'amadouer
27:49en négociant,
27:51en cédant éventuellement
27:52à certains sujets,
27:54en acceptant que la Pologne
27:55continue à acheter
27:56des F-35
27:57plutôt que d'acheter
27:58des Rafales.
27:59Enfin, je prends cet exemple.
28:01Ouais,
28:01mais il y a un moment donné
28:02qu'il faut arrêter
28:03parce que c'est son fin.
28:04Et je veux dire,
28:05le rapport de force,
28:08je pense qu'il faut jouer
28:09le rapport de force
28:10quand même,
28:11que c'est l'occasion
28:12de jouer le rapport de force
28:13et de se faire respecter.
28:15Et je reviens
28:16sur un point
28:17que j'ai abordé
28:17à plusieurs reprises,
28:18vous allez dire
28:19que je me répète,
28:19je deviens gâteux.
28:20Je ne me permettrai pas.
28:21Non,
28:22c'est que je pense que
28:23dans la mesure où Trump
28:24ne respecte que
28:26la force économique,
28:28je pense qu'il faut
28:29que l'Europe
28:29mette rapidement
28:30en œuvre
28:32un certain nombre
28:33de recommandations
28:34du rapport Draghi
28:35qui date
28:35de septembre dernier.
28:36et que le fait
28:38de vivre aujourd'hui
28:39en Europe
28:40dans une zone
28:40de faible croissance,
28:42il faut dire les choses
28:43comme elles sont,
28:44quelle va être
28:45la croissance française
28:46à la lumière de tout ça
28:47en 2025 ?
28:48On va être obligé
28:49de la réviser à nouveau
28:49à la baisse.
28:51Bon,
28:51si ça se passe comme ça.
28:53Donc,
28:53alors que les États-Unis
28:54certes ralentissent,
28:55mais encore une croissance
28:56entre 2 et 3 %.
28:57Je pense qu'il faut...
28:59Il n'y a pas que le problème
29:01du réarmement
29:02au sens de la défense.
29:03Il y a le problème
29:04du réarmement économique
29:05de l'Europe
29:06et que c'est une...
29:07Alors,
29:07ce n'est pas en 3 mois
29:08que ça peut se faire,
29:09mais je pense qu'il faut
29:10mettre en oeuvre
29:11un certain nombre
29:11de chantiers
29:12de recommandations
29:13qui ont été proposés
29:14en septembre dernier
29:15par le rapport Draghi
29:16parce que dans ce rapport
29:17de force,
29:18c'est...
29:19Trump respecte
29:21la force économique
29:23et il méprise
29:24la faiblesse économique.
29:26Mathias Bacino,
29:27il y a ce que dit donc
29:28Raphaël Glussmann,
29:29il faut montrer
29:29qu'Europe ne rime plus
29:30avec impuissance.
29:32Il y a aussi
29:33pas mal de grands patrons
29:34français
29:35qu'ont ce discours
29:36de l'Europe
29:37qui ne sait pas parler
29:38à Trump.
29:38Oui,
29:39alors c'est les milieux
29:40économiques de manière
29:41générale
29:41et les entrepreneurs
29:42au sens large
29:43qui sont de plus en plus
29:44vocaux face à l'inefficacité
29:46politique
29:46parce que les incantations
29:47et les tweets,
29:47c'est bien,
29:48mais il manque 800 milliards
29:49d'euros d'investissement
29:50en Europe.
29:51Voilà,
29:51donc c'est un enjeu
29:53considérable
29:54sur lequel il faut agir.
29:55Ce que fait Trump
29:56aujourd'hui,
29:57c'est de nous mettre
29:57dans une situation
29:58d'incertitude.
29:59C'est un peu comme
30:00un stress test.
30:01Ce qui est mauvais
30:01pour les entreprises.
30:02C'est très mauvais
30:03pour les entreprises,
30:03pour les entrepreneurs.
30:05C'est comme un stress test
30:06qui révèle
30:06nos propres faiblesses.
30:09Et l'une des faiblesses
30:09qu'on a eues là,
30:10sur cette négociation,
30:12c'est la rapidité,
30:13c'est l'agilité.
30:15Donc le réarmement
30:15militaire,
30:16le réarmement économique
30:18passe avant
30:18par un réarmement politique
30:20pour retrouver
30:21une forme d'agilité
30:22et être capable
30:22d'agir plus vite.
30:24Là,
30:24on a raté
30:24la deadline du 9 juillet.
30:26C'est un peu ça aussi
30:27que Trump nous fait payer.
30:29Donc si on prend
30:30un peu de recul,
30:31on peut rappeler
30:32que pour l'instant,
30:33jusque-là,
30:34tout va bien.
30:35Les marchés financiers
30:36sont au plus haut
30:37la semaine dernière.
30:38L'économie américaine,
30:39pour l'instant,
30:40malgré tout,
30:40résiste.
30:41L'inflation est relativement contenue.
30:44Ça met d'ailleurs
30:44la Banque centrale américaine
30:46et son moron
30:48de président,
30:49tel que Trump l'a dit
30:50hier, je crois,
30:51sous pression
30:52parce qu'il doit
30:52baisser les taux.
30:53Il l'agresse énormément.
30:54Il l'agresse tous les deux jours.
30:55C'est impressionnant d'ailleurs.
30:57Donc,
30:58pour l'instant,
30:59tout va bien.
30:59Il n'y a pas d'impact
31:00encore de ça,
31:02de cette annonce
31:03d'hier.
31:04C'est vrai, oui,
31:05et non,
31:05parce que tous ces stress tests,
31:07comme vous les appelez
31:07depuis des mois,
31:08ça met quand même
31:09le monde économique
31:10sous tension très forte.
31:12C'est ce que disent
31:13tous les chefs d'entreprise.
31:14Beaucoup d'embauches
31:15sont gelées.
31:16L'incertitude est très mauvaise.
31:17Les gens ne font plus de projets,
31:18ils ne se projettent pas.
31:19Ils arrêtent les embauches.
31:20Donc,
31:20même à court terme,
31:21il y a des impacts.
31:23Il y a cette incertitude.
31:24C'est pour ça que je dis
31:25l'agilité de l'Union Européenne
31:27qui a échoué
31:28à aboutir
31:29à un deal rapide
31:30avec Trump
31:31est un problème
31:32parce que ça maintient
31:33cette incertitude-là.
31:34Je ne suis pas sûr
31:35que ça aurait changé
31:36quelque chose
31:36si on avait respecté
31:38le calendrier
31:38que Trump a vexé.
31:40Je pense qu'il a tellement
31:41l'Europe
31:42dans le collimateur.
31:45Depuis le début,
31:46il dit
31:46l'Union Européenne,
31:47ce n'est pas moi qui le dit,
31:48c'est lui qui le dit,
31:49c'est une ardac.
31:50Je veux dire,
31:51il est dans cette tradition.
31:52Ça avait un peu commencé
31:53quand même,
31:53il n'est pas le premier
31:54président américain
31:55à penser que l'Union Européenne
31:57n'est pas terrible
31:58pour eux,
32:00les Américains,
32:00pas terrible
32:01pour l'économie mondiale.
32:02Moi, je défends
32:02l'Union Européenne
32:03et pas uniquement
32:04parce que je suis
32:05Français et Européen.
32:06Je dis simplement
32:07que je pense
32:08qu'il a fixé
32:09le calendrier
32:10pour nous coincer
32:11et que même
32:12si on avait respecté
32:13son calendrier,
32:14je pense qu'il nous aurait
32:15coincés aussi.
32:15Olivier Ravanello,
32:18ce qu'on se demande
32:18avec cette guerre commerciale
32:20quand on retrace
32:20ces derniers mois
32:21les tableaux
32:22de Donald Trump,
32:22les va-et-vient,
32:23je vais augmenter de 50%,
32:24puis de 30%,
32:25puis finalement,
32:26on est meilleur ami
32:27comme il l'a fait
32:27avec le Canada,
32:28puis remettre au dernier moment.
32:29On se demande
32:30c'est quoi son objectif ?
32:31C'est de l'aventurisme économique
32:32ou derrière,
32:34il y a un projet
32:34mûrement
32:35et clairement défini ?
32:38Je crois qu'il y a
32:38une réflexion économique
32:41qui vaut ce qu'elle vaut
32:42mais qui est de dire
32:43les droits de douane
32:47sont l'opportunité
32:48de faire entrer de l'argent,
32:51que cet argent
32:52va permettre
32:53de faire baisser
32:54les impôts
32:55sur les électeurs américains
32:56tout en maintenant
32:58un budget extrêmement haut
33:00et très ambitieux
33:02et très dépensier
33:02comme il vient de le faire voter
33:03avec sa grande et belle loi.
33:06Qu'au passage,
33:08ça permet
33:08de raconter
33:09l'histoire
33:10des Etats-Unis
33:11qui remettent
33:12un rapport de force
33:12au reste du monde
33:13et en gros
33:13on est quand même
33:15la première puissance du monde
33:16donc vous êtes gentils
33:17vous demandez
33:18si vous pouvez venir
33:19faire du commerce avec nous
33:19mais on ne traite pas
33:21sur un pied d'égalité
33:22en fait c'est ça
33:23je pense qu'il leur épile
33:24c'est d'imaginer
33:25que les Etats-Unis
33:25et l'Union Européenne
33:27puissent se comparer
33:28et être sur un pied d'égalité
33:29pour lui les Etats-Unis
33:30sont au-dessus
33:31On remet les Etats-Unis
33:31au milieu de l'âge d'or
33:32exactement
33:32et ensuite
33:36de faire des accords
33:38qui lui permettent
33:41de raconter
33:42une histoire
33:43à son électorat
33:43qui est l'histoire
33:45d'une industrie
33:45américaine
33:46qui repart
33:47Est-ce que cette histoire
33:49elle tient debout ?
33:50Je ne sais pas
33:51mais
33:51ce qui est sûr
33:52c'est que
33:52moi la question
33:55que je me pose ce soir
33:56c'est quelles sont
33:56les failles
33:57dans notre camp à nous
33:58vous repreniez
34:00ce que j'imaginais
34:02comme étant des portes
34:03de négociation
34:04non pas que je les avalise
34:05mais je pense
34:06qu'elles sont là
34:06il y a d'autres failles
34:08on entend
34:10de plus en plus
34:11d'entreprises
34:12qui
34:13accompagnent
34:14le discours de Trump
34:15de venir produire chez nous
34:16des PME
34:17ne peuvent pas
34:18et elles nous l'ont dit
34:18sur ce plateau
34:19en disant
34:19on n'a pas les moyens
34:20d'investir
34:21d'aller mettre une usine
34:23d'autres plus grands groupes
34:24sont en train
34:25de faire le mouvement
34:26donc en fait
34:27l'argument de Trump
34:28de venir chez nous
34:29et vous serez exempté
34:30il peut porter
34:32donc vous avez
34:34une approche
34:36de l'économie
34:37qui est plus celle
34:38d'un libéralisme
34:40d'un libre-échangisme
34:41en gros
34:41on est fair play
34:42on met les mêmes règles
34:43du jeu pour tout le monde
34:44et puis ben
34:44c'est le plus compétitif
34:46qui fonctionne
34:46on rentre dans quelque chose
34:48qui est plus
34:49du donnant-donnant
34:50en permanence
34:50le problème de ça
34:52c'est que
34:53combien même
34:53le premier août
34:54tomberait d'accord
34:55avec Trump
34:56le 5 il peut changer d'avis
34:57le 15 il peut rechanger d'avis
35:00le 1er octobre
35:02il peut rechanger d'avis
35:02pour des raisons
35:03qui n'auront rien à voir
35:04avec ça
35:05des raisons qui seront
35:06peut-être liées
35:06à Gaza
35:07des raisons qui seront
35:08peut-être liées
35:09à des problèmes
35:10avec l'OTAN
35:11ou avec l'Ukraine
35:12et que ça
35:13économiquement
35:14me semble-t-il
35:15c'est invivable
35:17invivable
35:18mais il faut arrêter
35:19de se mettre
35:19dans la dépendance totale
35:21par rapport à ces décisions
35:22et quand vous disiez
35:23où sont nos failles
35:25pour moi
35:26les failles
35:27européennes
35:27c'est vraiment
35:28des carences
35:29dans la gouvernance
35:30politique
35:31et économique
35:32de l'Europe
35:33je vous rejoins
35:34et j'allais venir
35:34ce qui
35:35transpire
35:38de la position
35:38américaine
35:39c'est que Trump
35:40ne supporte pas
35:41l'idée
35:41qu'on envoie
35:42des commissaires
35:43pour négocier ça
35:43il veut un niveau
35:45politique
35:45qui soit
35:46à minima
35:47son équivalent
35:48je ne suis même pas sûr
35:49que Ursula von der Leyen
35:51si elle montait dans l'avion
35:51serait de son point de vue
35:52l'interlocuteur
35:54suffisamment élevé
35:55il a suffisamment
35:56traité tous les noms
35:57exactement
35:57donc vous avez quand même
35:59cette vision là
36:01qui est de dire
36:01on fait des deals
36:02entre grands chefs politiques
36:04grands chefs à plumes
36:05il est un grand chef à plumes
36:06les autres fois
36:07l'Europe
36:07combien de
36:08combien de nuits
36:09en téléphone
36:10c'est ça
36:10et donc
36:11qui est le grand chef à plumes
36:13qui va venir parler avec moi
36:14et ça
36:16manifestement
36:17ça a l'air d'avoir le don
36:19de l'agacer
36:19et sans doute
36:21qu'une solution
36:22doit être trouvée
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