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  • il y a 7 mois
Le vendredi, samedi et dimanche soir, Karine de Ménonville est à la tête de Week-End Soir : un rendez-vous pour décrypter et débattre, au cœur de l’actualité.

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Transcription
00:00On va poursuivre notre programme et on va s'intéresser une fois de plus à Donald Trump avec ce feuilleton de l'affaire Epstein
00:08qui continue d'empoisonner la vie politique américaine et la présidence Trump.
00:12Il y a un interrogatoire qui passionne les Américains en ce moment, c'est celui de Ghislaine Maxwell,
00:16complice de Jeffrey Epstein, condamné en 2022 à 20 ans de prison pour trafic sexuel.
00:21Et à peine arrivé en Écosse, Donald Trump assure, il a eu besoin de reprendre la parole sur ce dossier,
00:27et il assure n'avoir jamais été informé de la présence de son nom dans ce fameux dossier.
00:33Je n'ai vraiment, vraiment rien à dire là-dessus.
00:38Elle parle avec un homme très intelligent, un très bon homme, Todd Blanche.
00:45Et je ne sais rien de cette conversation, je n'ai pas vraiment suivi.
00:49Beaucoup de gens me posent des questions sur des grâces présidentielles évidemment.
00:53Ce n'est pas le moment de parler de grâces.
00:57Je n'ai jamais été impliqué dans cela.
00:59Je suis concentré à faire du business, pas sur les théories du complot.
01:03Et pour parler de cette dernière déclaration de Donald Trump, Thierry Arnaud est toujours l'éditorialiste politique internationale BFM TV.
01:10Laurence Haïm, bonsoir, journaliste spécialiste des Etats-Unis.
01:14Eric Svan, bonsoir, vous êtes porte-parole de Républicain versus France, merci d'être là.
01:18Et nous serons également en direct avec Maître Olivier Athias, avocat au barreau de Paris et de New York.
01:25Laurence Haïm, Donald Trump qui arrive en Écosse, à peine le pied posé sur le sol écossais,
01:30il a besoin de dire qu'il n'a jamais été informé de la présence de son nom dans ce dossier.
01:35On va voir si c'est vrai, mais en tout cas c'est ce que Donald Trump dit.
01:38Il est absolument furieux que cette histoire Epstein continue de nous mobiliser tous autant et de fasciner aussi les Américains.
01:45Il faut comprendre pour le public français que l'affaire Epstein est devenue une affaire en ce moment incontrôlable,
01:50une affaire politique qui suscite la radicalisation extrême.
01:54Et aussi une histoire où les gens qui ont voté pour Donald Trump veulent toute la vérité.
02:00Et Donald Trump pensait que ça allait s'arrêter, ça ne s'arrête pas.
02:04Et bien maintenant, il dit directement face caméra, arrêtez de parler de ça, parlons d'autre chose.
02:09Et on va voir ce qui va se passer, on va voir si Donald Trump est entendu ou pas.
02:13Et on va voir aussi ce qui se passe parce que depuis une semaine, on le vit pratiquement quotidiennement.
02:17Chaque jour apporte son lot de révélations.
02:19Parce que, reprécisons-le, c'était cette semaine, le 23 juillet, le Wall Street Journal a affirmé que Donald Trump avait été informé,
02:26que son nom apparaissait dans ce dossier par le ministère de la Justice.
02:30Il avait été informé dès le mois de mai.
02:32Le Wall Street Journal qui prend bien les précautions de dire, ça ne signifie pas qu'il a commis un méfait.
02:36Non, son nom figure dans ses documents, dit le journal, parmi beaucoup d'autres.
02:41D'ailleurs, ce n'est pas une surprise en soi, puisqu'il y a eu une enquête approfondie sur Jeffrey Epstein,
02:45dont on sait qu'il a été proche de Donald Trump, qu'ils ont été amis pendant une décennie.
02:50Ça a été prouvé, c'est documenté.
02:52Vous avez vu, comme moi, circuler ces derniers jours de multiples vidéos sur les réseaux sociaux.
02:57On les voit ensemble participer à des événements, j'allais dire fäftifs, mais il faudrait mettre des guillemets autour du mot.
03:04Et donc, ce n'est pas étonnant qu'une enquête approfondie sur Jeffrey Epstein fasse apparaître le nom de Donald Trump,
03:10comme beaucoup d'autres personnalités.
03:12Ce qui est vraiment gênant pour lui, au fond, sont deux ou trois choses.
03:15La première, c'est que, comme le disait Laurence, on continue d'en parler.
03:19Le grand talent, l'un des grands talents politiques de Donald Trump, c'est qu'il a été capable en permanence,
03:23pendant sa campagne, depuis qu'il est à la Maison Blanche, de dicter l'agenda.
03:27Et quand il y a quelque chose qui l'embarrasse un petit peu, il trouve un nouvel offre arrongé,
03:31il le jette, tout le monde court derrière, et on passe sur le sujet qui intéresse Donald Trump.
03:35Et là, il a tenté, à plusieurs reprises, de jeter un certain nombre d'os.
03:39Il a fait des opérations d'inversion, mais...
03:41Ça n'a pas fonctionné. On continue de parler de l'affaire Epstein.
03:44La deuxième difficulté pour lui, c'est que ça le met en délicatesse avec une partie de sa base.
03:49Alors, soyons clairs, tous les gens qui ont voté pour Donald Trump ne se réveillent pas le matin
03:54en se demandant ce qui se passe sur l'affaire Epstein.
03:55Mais la partie, j'allais dire, la plus militante, la plus enthousiaste, la plus mobilisée sur les réseaux sociaux,
04:01toute cette galaxie de médias sur YouTube, de podcasts, etc.,
04:07qui a défendu avec une ferveur incroyable Donald Trump depuis des mois,
04:11voulait une transparence complète sur cette enquête et sur ces documents.
04:16Et quand, au début du mois de juillet, le ministère de la Justice de Donald Trump annonce que,
04:20finalement, il n'y aura pas de publication, c'est l'incompréhension, c'est la critique,
04:24et c'est un début de révolte.
04:26Donc, vous mettez tout ça ensemble, et ça vous permet de comprendre la frustration.
04:31Je me permets un dernier mot sur ce qu'on a écouté pour donner le contexte.
04:35L'accomplice de Jeffrey Epstein, vous le disiez, s'appelle Ghislaine Maxwell.
04:38Vous rappeliez qu'elle a été emprisonnée pour 20 ans.
04:41Il parle de Todd Blanche, qui est aujourd'hui le numéro 2 du ministère de la Justice,
04:45qui est d'ailleurs un ancien d'avant-cas de Donald Trump,
04:48qui s'est rendu en Floride pour interroger Ghislaine Maxwell
04:52et essayait de voir s'il y avait de nouvelles révélations qui justifieraient
04:56qu'on revienne sur les poursuites d'Epstein, qui, lui, est mort en prison en 2019,
05:01et de Ghislaine Maxwell.
05:03Alors, puisque vous me facilitez la transition, Eric Zwein, avant de venir vers vous,
05:06j'aimerais vous faire écouter le chef des sénateurs démocrates.
05:09Lui, il trouve que cet entretien du numéro 2 de la Justice
05:13avec une personne condamnée dans un dossier clos,
05:16ça rallume un peu l'idée d'un complot.
05:20Écoutez.
05:22« Envoyer l'avocat personnel de Donald Trump, Todd Blanche,
05:25s'entretenir avec Ghislaine Maxwell pendant qu'elle est en prison,
05:28une femme qui a été condamnée pour abus sexuels,
05:32lui proposer un accord corrompu pour qu'elle puisse disculper Donald Trump,
05:36c'est tout simplement de la corruption. »
05:40Eric Zwein, j'aimerais votre réaction sur, à la fois, effectivement,
05:45envoyer le numéro 2 du ministère de la Justice,
05:47réinterroger une personne qui a déjà été condamnée,
05:51ça peut perturber,
05:53et sur cette déclaration de Donald Trump,
05:54qui, à peine le pied posé en Écosse, revient sur ce dossier.
05:58Ce qui est étonnant dans toute cette affaire,
06:00c'est que pendant 4 ans, Joe Biden était à la présidence
06:03et que personne ne lui a demandé à l'époque de sortir
06:06quoi que ce soit sur la liste Epstein.
06:08Je vous rappelle qu'on a trouvé des photos de John,
06:15de quelques photos, on dit plein de photos,
06:17mais moi j'en ai compté 3, il y en a peut-être plus,
06:19des photos de Donald Trump avec Jeffrey Epstein,
06:24elles datent tous des années 90 avant sa première condamnation
06:28qui, je vous rappelle, date de 2005.
06:30Ce que vous dites est totalement vrai, ceci dit, là où est le problème.
06:33– Dernière chose, c'est qu'il y a beaucoup plus de photos de Bill Clinton
06:38et je vous rappelle à tout le monde que Jeffrey Epstein avait une peinture
06:44de Bill Clinton dans sa maison, habillée en femme
06:49et avec la robe de la jeune fille avec qui il avait eu une affaire.
06:53– La jeunesse de ce problème, c'est que Donald Trump a beaucoup évoqué
06:58cette affaire à Epstein pendant sa campagne,
07:00qu'il a promis la transparence, qu'au ministère de la Justice,
07:03au mois de février, on a dit, il y a une liste de clients,
07:05on va la rendre disponible, on va la rendre publique,
07:08ça a été dit.
07:10Et que là, on nous dit d'un seul coup, non seulement il n'y a plus rien,
07:13et que la presse plutôt républicaine,
07:15le Wall Street Journal c'est plutôt une presse républicaine,
07:17elle se pose des questions, du côté du ministère de la Justice,
07:21on se sent obligé d'aller réinterroger une femme qui a été condamnée,
07:25que finalement la question d'une grâce possible de Guylaine Maxwell
07:28flotte comme ça dans l'air, donc forcément les questions se posent.
07:31– Le grand scandale avec Guylaine Maxwell,
07:34c'est que quand on a une coupable comme elle,
07:37c'est comme la mafia, alors on leur propose,
07:40normalement on leur propose de divulguer les noms de ses clients
07:45pour qu'elle ait une, ou de ses co-conspirateurs,
07:52ceux qui ont couché avec toutes les filles de 14 ou 15 ans,
07:56pour qu'elle ait une moindre…
07:59– Une remise de peine.
08:00– Une remise de peine, et on n'a pas fait cela avec Guylaine Maxwell,
08:04pas du tout, personne n'y a pensé,
08:07alors que c'était sous la Maison Blanche des démocrates.
08:12– Laurent Seym.
08:13– Alors il y a un argument qui est très à la mode,
08:14qu'on vient d'entendre de la part des Républicains,
08:16c'est évidemment la faute des démocrates,
08:18et ça permet évidemment de faire passer beaucoup de choses.
08:21Dans les faits précis, je signale que le procès de Guylaine Maxwell
08:25a eu lieu en 2021, ça ne vous a pas échappé qu'à ce moment-là,
08:28même 2022, puisque je l'ai couvert,
08:30à ce moment-là, le président des États-Unis s'appelait Joe Biden,
08:33et le procès a quand même eu lieu.
08:35Vous croyez certainement, monsieur, à comment la justice fonctionne,
08:39et c'est un jury qui a été constitué de 12 hommes et femmes tirés au sort,
08:45qui a condamné Guylaine Maxwell.
08:47Donc votre argument, l'administration Biden n'a rien fait, etc.
08:52L'administration Biden a fait qu'il y ait eu quand même un procès,
08:56avec d'ailleurs une femme qui était procureure contre Guylaine Maxwell à l'époque,
08:59qui est une femme tout à fait remarquable,
09:01que Donald Trump a renvoyé s'emménagement la semaine dernière,
09:05qui s'appelait Madame Comey,
09:07qui est la femme de l'ancien directeur du FBI, James Comey.
09:10La fille.
09:11La fille, pardon.
09:12Mais en tout cas, il n'y a pas eu,
09:14comme encore une fois la communication républicaine souhaite le laisser entendre,
09:20une dissimilation sous la présidence de Joe Biden,
09:25de l'affaire Epstein, bien au contraire,
09:26puisque le procès de Guylaine Maxwell a eu lieu pendant que Joe Biden était président.
09:29On va aller retrouver Maître Olivier Athias, avocat au Barreau de Paris et New York.
09:33Bonsoir.
09:33Tout de même, Maître, c'est pas courant d'aller interroger une personne qui a été condamnée
09:40et dont le dossier est clos,
09:42et que ce soit le numéro 2 du ministère de la Justice américain qui se déplace ?
09:46– C'est pas courant, mais en réalité, c'est un membre de l'autorité de poursuite,
09:54donc il n'est pas illogique que ce soit quelqu'un du ministère qui aille.
09:57Étant précisé que Donald Trump a mis beaucoup de monde de son entourage au sein du ministère,
10:02il aurait été difficile que ce soit quelqu'un d'autre.
10:04Mais en réalité, je trouve que ce qu'on entend,
10:06c'est essentiellement un problème de communication et politique,
10:08et pas tant un problème juridique à ce stade.
10:10Donald Trump, à ma connaissance, n'est pas témoin dans cette affaire,
10:15n'est pas été inculpé dans cette affaire.
10:18Donc aujourd'hui, on n'a pas de poursuite contre lui,
10:23donc le risque juridique et judiciaire à son égard,
10:27en l'état des informations que l'on a, est très limité.
10:29Donc c'est essentiellement un problème politique et de communication pour lui.
10:33– Je voudrais simplement rajouter quelque chose sur ce qui se passe avec Guylaine Maxwell,
10:37qui a été questionné depuis 48 heures par le numéro 2 du ministère de la Justice,
10:42qui s'appelle Todd Blanche.
10:43Todd Blanche est un fidèle de Donald Trump,
10:46et au moment où en France, on parlait de toutes les accusations sexuelles contre Donald Trump,
10:51et notamment du viol supposé de Donald Trump contre une femme écrivain,
10:56Todd Blanche était l'avocat de Donald Trump.
10:59Donc Todd Blanche est quelqu'un qui connaît extrêmement bien la vie privée de Donald Trump,
11:04qu'il a défendue souvent, et dans lequel Donald Trump a toute confiance.
11:09Et le fait que Todd Blanche aille voir Guylaine Maxwell dans sa prison en Floride de Tallahassee,
11:16montre à quel point Donald Trump veut avoir des hommes en qui il a toute confiance,
11:21être vraiment sur ce dossier.
11:24– Maître Athias, de toute façon, le président aux États-Unis est quasiment intouchable.
11:29– Pendant son mandat, il est totalement intouchable.
11:34S'il exerce ensuite des activités qui seraient considérées comme illicites pendant son mandat,
11:39tout dépend de la nature des actes.
11:41Soit ce sont des actes qui sont liés à son statut de président,
11:45et dans ce cas-là, il y a une forme d'immunité assez absolue,
11:48et dès lors qu'on sort d'actes officiels liés à sa fonction régalienne,
11:52c'est là qu'il y a une zone grise qui peut permettre d'aller chercher sa responsabilité.
11:56Mais pour rebondir sur ce qui vient d'être dit, tous les membres de son équipe n'ont pas cette immunité.
12:02Donc si le numéro 2 du ministère de la Justice réalise de l'entrave,
12:10donc de l'entrave à la justice, lui, il ne bénéficie d'aucune immunité.
12:13Donc c'est quand même très risqué aujourd'hui de faire ce genre de démarche
12:17auprès de la personne dont on parle, au risque d'être ensuite suspecté d'entrave à la justice.
12:22– Merci Maître Attias d'avoir été en direct avec nous, Thierry Arnaud.
12:27Ce qui est certain, c'est que le feuilleton Epstein s'est fortement rallumé depuis juillet,
12:33et que Donald Trump n'arrive pas, il a tenté un contre-feu avec Obama,
12:36mais pour le moment, rien ne fonctionne.
12:37– Oui, il continue toujours à traîner cette casserole,
12:39et c'est pour ça que ça l'agace évidemment beaucoup,
12:42parce qu'il sent bien, il a vraiment une perception très forte, très juste,
12:47de son électorat, et il sent bien qu'une partie de son électorat est perturbée.
12:51Pourquoi ? Parce qu'il y a dans cette partie de l'électorat la conviction que,
12:55en fait, ce que Donald Trump a monté,
12:57ce n'est pas une opposition des Républicains contre les Démocrates,
13:00c'est l'élite contre le peuple.
13:01Et l'élite qui serait une élite riche, totalement dépravée, corrompue,
13:10qui viendrait noyauter ce que l'on appelle un État profond,
13:16c'était ce que Donald Trump avait promis de démanteler.
13:19Or, Jeffrey Epstein était un symbole de cette élite,
13:24et de cette espèce de groupe qui manipule les leviers du pouvoir dans l'obscurité.
13:33Et par conséquent, le fait qu'il soit pris en quelque sorte dans une situation
13:39où il donne l'impression de ne pas vouloir faire totalement la lumière de cette affaire,
13:43le met en délicatesse vis-à-vis de cette promesse de celui qui allait « drain the swamp »,
13:48comme on disait aux États-Unis, nettoyer le marais et débarrasser l'Amérique
13:53de son État profond et de cette élite corrompue et débravée.
13:57Merci, merci. Ah, je vous laisse un dernier mot quand même.
14:00Oui, j'aimerais bien dire que si Joe Biden avait eu le nom de Donald Trump,
14:06c'est certain qu'il en aurait parlé pendant ces quatre ans qui étaient là.
14:11Mais la chose la plus importante, c'est que le sénateur de l'Oklahama,
14:16Mark Wayne Mullen, a fait un projet de sortir tous les éléments là-dessus
14:25et les démocrates, les sénateurs démocrates ont voté contre.
14:29Ce qui prouve que tout cela, ce n'est qu'une distraction
14:31pour le véritable scandale du moment.
14:34C'est que Barack Obama veut arrêter derrière la...
14:39Merci à vous. Merci d'être venu sur le plateau de week-end soir.
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