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  • il y a 6 mois
Le vendredi, samedi et dimanche soir, Karine de Ménonville est à la tête de Week-End Soir : un rendez-vous pour décrypter et débattre, au cœur de l’actualité.

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Transcription
00:00– Sous-titrage Société Radio-Canada
00:30– C'est lors d'un parloir dans la prison où Cédric Jubilard est détenu
00:33que sa nouvelle compagne aurait obtenu des aveux sur le meurtre de Delphine Jubilard.
00:38– Nous savons qu'il lui a murmuré à l'oreille, d'abord de quelle manière il a tué ou assassiné Delphine Jubilard d'une part,
00:46mais il a aussi mimé, illustré jusqu'à même se blesser ou peut-être même se cicatriser le bras.
00:55– Celle qui se fait appeler Justine pour préserver son anonymat,
00:59d'y connaître les circonstances de la mort de Delphine Jubilard et le lieu où se trouverait son corps.
01:04– Cédric m'a dit que tout s'était passé dans la maison, dans le salon, presque sans un bruit.
01:10Il m'a fait comprendre qu'il avait eu le temps de préparer le lieu où il l'a enterré.
01:14Il serait situé au sud d'Albi, à une quinzaine de minutes de route de Cagnac.
01:19– Des propos à prendre au sérieux pour les partis civils.
01:22– Toutes ces déclarations sont compatibles en telle, c'est cohérent, donc bien sûr j'y crois.
01:28Et c'est pour ça que j'ai fait une demande de supplément d'information aujourd'hui.
01:31– Du côté de la Défense, on parle de révélations mensongères.
01:34– Ceci arrive parce qu'on est dans un dossier qui est vide et le vide se remplit avec n'importe quoi.
01:40Ce n'est pas la première fois qu'on a des révélations extravagantes.
01:44– En septembre prochain, Cédric Jubilard sera jugé pour homicide volontaire de son épouse Delphine.
01:49À la suite de ce nouveau rebondissement, seule la présidente de la cour d'assises peut rouvrir le dossier
01:55et relancer les investigations.
01:57– Et pour parler de ce nouveau témoignage sur ce plateau, Mathias Tesson, bonsoir Mathias,
02:02journaliste police-justice BFMTV, à vos côtés Johanna Rosenbaum, bonsoir Johanna,
02:06psychologue clinicienne, consultante BFMTV, maître Laurence Lévy,
02:10bonsoir maître, avocate pénaliste au barreau de Paris et Christian Flèche,
02:13bonsoir votre ancien directeur de la police judiciaire de Paris.
02:16Et Mathias, on va essayer de comprendre, on a entendu ce que dit l'avocate de cette jeune femme,
02:22on va essayer de savoir qui elle est exactement, racontez-nous.
02:25– Alors on va l'appeler Justine, c'est un prénom d'emprunt, elle a aujourd'hui 31 ans,
02:29elle fait la connaissance de Cédric Jubilard via les réseaux sociaux,
02:33on est au début de l'année 2021, soit un mois ou deux après la disparition de Delphine Jubilard,
02:39et cette jeune femme prend attache avec Cédric Jubilard parce qu'elle souhaite le soutenir,
02:45lui ainsi que ses enfants.
02:48Naît alors une relation numérique, intime entre ces deux individus,
02:54au départ ça se passe plutôt bien et puis assez rapidement elle déchante un petit peu,
03:01elle dépeint le portrait de quelqu'un de plutôt menteur,
03:06c'était mensonge sur mensonge, dit-elle lorsqu'elle est interrogée en 2021 par les enquêteurs de la gendarmerie,
03:13et déjà à cette époque, c'est-à-dire quelques mois après la disparition de Delphine,
03:17Cédric Jubilard fait déjà des hypothèses à cette jeune femme sur la disparition de sa compagne,
03:23il dit soit elle a été tuée et j'espère qu'elle n'a pas souffert,
03:27soit elle a décidé de partir comme ça volontairement.
03:31On voit bien que déjà, entre ses déclarations de l'époque et ses nouvelles confidences qu'il aurait faite,
03:38il y a une petite différence, quelques nuances.
03:42La relation va s'arrêter parce que ça ne se passe plus très bien entre eux deux,
03:47Cédric Jubilard va retrouver une autre compagne,
03:50et puis finalement, comment dirais-je,
03:53durant le temps de son incarcération,
03:55les deux vont reprendre à tâche,
03:57et puis ça va se terminer par des parloirs
04:00qui sont finalement autorisés entre les deux,
04:04et ils vont se voir comme ça dans le cadre de la détention de Cédric Jubilard.
04:08Maître Lévy, Christian Flech,
04:10qu'est-ce qu'on peut faire d'un point de vue de justice,
04:13d'un point de vue police de ces déclarations ?
04:15On précise que l'instruction est close,
04:17qu'on a la date du procès de Cédric Jubilard,
04:20qu'est-ce qui peut se passer ?
04:22L'avocate de la famille de Delphine,
04:30je cherchais le prénom, merci beaucoup Maxime,
04:32a expliqué qu'elle a fait une demande
04:34auprès de la présidente de la Cour d'Assise,
04:36et notamment un supplément d'information.
04:39Je ne sais pas si cette demande va aboutir ou pas,
04:42en tout cas, la présidente de la Cour d'Assise
04:44peut faire droit à cette demande dans les jours qui viennent,
04:48ou pas, et si ce n'est pas le cas,
04:50elle pourrait demander à ce que Justine soit entendue
04:55par la Cour d'Assise,
04:57ce qui permettrait aussi à toutes les parties au procès,
05:00c'est-à-dire notamment les avocats,
05:02de pouvoir l'interroger directement.
05:04Une petite précision, Mathias Tesson,
05:07Justine, puisqu'on va l'appeler ainsi,
05:08elle veut être entendue par les enquêteurs,
05:10elle ne veut pas témoigner au procès, c'est ça ?
05:12Oui, voilà, c'est en tout cas ce que fait savoir son avocat,
05:15puisqu'elle a désigné un avocat visiblement,
05:17il était invité sur notre plateau ce soir,
05:19et il a expliqué qu'effectivement,
05:20elle était prête à aller témoigner devant des enquêteurs,
05:24mais pas forcément à aller à la barre de la Cour d'Assise du Tarne,
05:28parce qu'elle ne cherche pas la lumière,
05:31selon son avocat.
05:34Pour autant, aller témoigner à la barre d'une Cour d'Assise,
05:36ce n'est pas franchement chercher la lumière,
05:38c'est plutôt contribuer à la manifestation de la vérité,
05:40et donc, on pourrait espérer qu'elle finisse par accepter
05:44de venir témoigner à la barre.
05:45Christian Flèche, quel regard vous vous portez sur cette jeune femme ?
05:50Vous pensez qu'elle devrait être entendue ?
05:51Ah oui, je pense que oui, je pense que vous l'avez dit,
05:53c'est un énième rebondissement,
05:55néanmoins, cet énième rebondissement,
05:56il faut aller au bout des choses,
05:58donc soit c'est immédiatement,
06:00la présidente de la Cour d'Assise a les moyens
06:01de faire un supplément d'information,
06:05on le ferait le même d'ailleurs,
06:06et de demander par commission agatoire
06:08aux gendarmes de l'entendre immédiatement,
06:10ou soit, si elle prend l'hypothèse de Maître Lévy
06:14et que ça se passe au niveau de la Cour d'Assise,
06:17il faut espérer qu'à ce moment-là,
06:19que tout soit purgé à la Cour d'Assise,
06:22au niveau des témoignages, des questions,
06:24des avocats de la partie civile,
06:26des avocats de défense et de l'avocat général,
06:29et qu'il n'y ait pas besoin à ce moment-là
06:31d'avoir ce supplément d'information.
06:33– Johanna Rosenblum,
06:36le profil de cette jeune femme est extrêmement particulier,
06:40elle est entrée en contact avec Cédric Jubilard
06:42après la disparition de son épouse.
06:45Qu'est-ce qu'on peut dire sur ce personnage
06:47en termes de critères ?
06:48– Oui, c'est des personnalités qui intéressent beaucoup,
06:51et on en a la preuve,
06:52il y a des séries sur toutes les plateformes,
06:55des reportages, des livres,
06:56donc ça fascine tout le monde,
06:57ces femmes qui sont fascinées,
06:59qui sont attirées par ces criminels
07:01ou ces supposés criminels,
07:02au point qu'on retrouve ces scénarios
07:04dans des séries, des films ou des romans.
07:06Ça s'appelle l'hybristophilie,
07:08c'est-à-dire cette fascination,
07:09cette attirance parfois sexuelle,
07:11amoureuse, romantique,
07:13à l'égard de ces hommes qui sont des meurtriers,
07:15des tueurs en série.
07:16Donc il y a deux sortes d'hybristophilie.
07:18Il y a l'hybristophilie passive,
07:19ça veut dire je vais regarder sur les réseaux sociaux,
07:22je vais regarder un petit peu ce qui se passe,
07:24regarder des documentaires,
07:25mais rester en dehors,
07:27ne pas rentrer en contact avec le criminel.
07:30Et puis il y a aussi une forme active
07:31concrète où on va carrément
07:33rentrer en contact avec le criminel
07:35lors de son incarcération par exemple,
07:37d'abord par des échanges de lettres,
07:38de façon épistolaire,
07:39et puis finalement essayer de le rencontrer.
07:41Il y a des mariages qui se font comme ça
07:43et dans cette hybristophilie concrète,
07:45c'est-à-dire lorsqu'on va jusqu'à rencontrer le criminel,
07:48il y a des formes passives,
07:49comme on a pu voir par exemple avec Guy Georges,
07:51c'est-à-dire toutes ces femmes
07:52qui rentrent en contact avec lui
07:53et qui sont là lors de son procès
07:56pour essayer de rentrer en contact,
07:58le regarder, lui sourire,
07:59attirer son attention.
08:00Et il y a des formes très actives,
08:02ça serait par exemple,
08:02si je devais vous donner un exemple,
08:04Monique Olivier avec Michel Fourniré,
08:06c'est-à-dire c'est cette passion,
08:07cette fascination
08:08qui finit par quasiment engendrer de la complicité.
08:11Là on est dans quelqu'un
08:12qui est entré donc en situation active
08:14puisqu'elle est en contact,
08:15elle va le voir au parloir,
08:17c'est une situation qui a commencé
08:18il y a quatre ans maintenant,
08:20c'est une situation qui dure
08:20même s'il y a eu des interruptions.
08:23Quelle crédibilité mettre sur ces mots ?
08:26C'est très difficile,
08:27il faudrait effectivement
08:28qu'elle soit entendue, interrogée.
08:30Est-ce que les conjointes sont vues
08:32par des professionnels de santé
08:34et encore plus de santé mentale ?
08:36Je ne pense pas,
08:37donc ça serait très difficile
08:38de savoir exactement
08:39quels sont les contours
08:40de sa personnalité.
08:41Mais bon,
08:42au travers de ces témoignages,
08:43de la cohérence de son discours,
08:45même l'incohérence de ce qu'elle raconte,
08:47on peut très bien imaginer
08:48qu'il y ait comme ça
08:49une perte de repère,
08:50une dévotion,
08:51une passion
08:51qui lui fait perdre un petit peu
08:53la réalité
08:54jusqu'à créer des choses
08:56un petit peu discordantes
08:58au niveau de son discours.
08:59Mathias ?
08:59On peut juste peut-être faire la remarque
09:01que cette confidence,
09:02elle ne la garde pas pour elle.
09:04Alors,
09:05elle la confesse médiatiquement,
09:07pas encore devant des enquêteurs,
09:09mais elle a eu,
09:11entre guillemets,
09:12la bonne attitude,
09:13le bon réflexe.
09:14En réalité,
09:15elle s'en est épanchée
09:16auprès d'un ami
09:17et c'est ce même ami
09:18qui a appelé les enquêteurs
09:20de la section de recherche
09:21pour retranscrire un petit peu
09:23ce qu'elle avait pu lui dire.
09:26Mais recevoir des confidences
09:27de cette nature,
09:29décider d'en parler à un tiers,
09:30ce tiers qui va lui-même
09:31alerter les enquêteurs,
09:33voilà,
09:33c'est plutôt un comportement
09:35plutôt positif.
09:36Maître Lévy,
09:37bien évidemment,
09:38la défense de Cédric Jubilard
09:39dit que les paroles
09:41de cette jeune femme
09:41n'ont aucun poids.
09:44C'est extrêmement difficile
09:45à deux mois d'un procès,
09:47cinq ans après la disparition
09:48de Delphine Jubilard,
09:49dont on n'a pas trouvé de trace.
09:52Oui,
09:53mais ce n'est pas la première fois
09:54depuis la fin de l'instruction
09:56qu'une demande
09:57d'un supplément d'information
09:58est faite.
09:59Des fouilles ont été demandées
10:00il y a quelques mois
10:01par l'avocat
10:02des partis civils également.
10:04Ces fouilles n'ont pas,
10:05enfin,
10:05cette demande n'a pas abouti
10:06par la présidente
10:07de la Cour d'Assise.
10:09Je ne vais pas forcément
10:10rejoindre ce que dit
10:11l'avocat de la Défense,
10:11mais c'est vrai
10:13qu'à deux mois
10:14d'un procès d'Assise
10:15sur un dossier aussi médiatique
10:17qui a connu
10:17de tels rebondissements,
10:19cette demande
10:20paraît assez particulière.
10:22Non pas la demande
10:23de la partie civile
10:24qui est totalement légitime,
10:25mais cette confidence
10:26non pas à des services
10:28de police,
10:28mais à un ami
10:29qui ensuite
10:30va éventuellement
10:31le retranscrire
10:32pour que ça sorte
10:32dans la presse
10:34au lieu éventuellement
10:35d'aller taper
10:37à la porte
10:37de la gendarmerie
10:38en disant
10:38voilà les confidences
10:39qui ont été faites,
10:40ça interroge
10:41sur la personnalité
10:42de cette jeune femme.
10:42C'est très théâtrale.
10:44Christian Flash.
10:44Oui, bien sûr,
10:45mais je pense
10:46qu'il y a un vrai sujet,
10:47c'est-à-dire que
10:48pour l'instant,
10:49il faudrait déjà savoir
10:50ce qu'elle dirait
10:51devant les gendarmes.
10:52Peut-être que ce serait
10:52un peu différent
10:53de ce qu'elle a pu dire
10:54jusqu'à présent
10:55dans les journalistes.
10:56Ça arrive parfois
10:57qu'il y ait cette différence.
10:58Et ensuite,
10:59je pense que pour la Défense,
11:00avoir un témoignage
11:01en cours d'assise
11:02de quelqu'un
11:02qui vous dit,
11:03dans la mesure
11:04où on n'a pas retrouvé le corps,
11:05de quelqu'un
11:05qui vous dit
11:06la façon dont
11:07la personne est morte
11:08lorsque les jurés
11:09jugent dans leur intime conviction,
11:11ce n'est pas très très bon
11:12non plus pour la Défense.
11:13Donc, je pense
11:13qu'il y a vraiment
11:14un intérêt
11:14à ce que ce sujet
11:15soit purgé
11:16même avant le début
11:17du procès.
11:20Dans l'absolu,
11:20est-ce qu'elle pourrait être
11:21entendue ?
11:22Donc, on demande
11:23un supplément d'enquête
11:24et elle est entendue
11:24sans que ça bouge
11:26forcément la date du procès.
11:27Comment ça se passe ?
11:28Alors, ça peut être fait
11:29à n'importe quel moment.
11:30Bien évidemment,
11:31si la présidente
11:32de la Cour d'assise
11:34décide
11:35de faire droit
11:35à la demande,
11:37Justine pourrait être
11:38interrogée demain,
11:40après-demain,
11:40dans une semaine
11:41ou dans dix jours.
11:42Il faut évidemment ensuite
11:43que le supplément
11:43d'information
11:44puisse revenir
11:45pour que
11:46les parties au procès,
11:48donc l'avocat général,
11:50les avocats
11:50des parties civiles
11:51et l'avocat de la Défense
11:52puissent y avoir accès
11:53et pouvoir travailler.
11:55Après,
11:56Christian,
11:57vous avez raison
11:58sur un point,
11:58c'est que
11:59c'est délicat
12:00si elle devait être entendue
12:01par la Cour d'assise
12:02puisque les jurés
12:05entendraient
12:06son témoignage.
12:08Mais en même temps,
12:09il y a aussi
12:09le rôle de l'avocat
12:10de la Défense
12:10qui permet de poser
12:11un certain nombre
12:12de questions
12:13et peut-être
12:13de la mettre
12:14en difficulté
12:15si son témoignage
12:15venait à être
12:16complètement faux.
12:17qu'elle était entendue
12:17par les enquêteurs
12:18et que donc
12:19cette information
12:19soit transmise
12:20pour que tout le monde
12:20soit informé
12:22et à égalité
12:24en quelque sorte.
12:25Est-ce que finalement
12:25ça pourrait amener
12:26à repousser la date
12:27du procès
12:27ou quoi qu'il se passe
12:28la date du procès
12:29est fixe
12:30et ne bougera pas ?
12:31Je pense que c'est
12:31un des sujets.
12:32Le sujet c'est
12:33l'audiencement
12:33et donc l'audiencement
12:35est prévu
12:35dans une cour d'assise
12:37avec une durée
12:38particulière.
12:39Si tout doit être décalé,
12:40c'est un gros sujet
12:41d'audiencement global
12:42et peut-être
12:43qu'il n'y a pas la place,
12:44il n'y a pas le créneau
12:45pour aller au-delà.
12:46Il y a la question
12:47de la détention provisoire
12:48aussi de Cédric Jubilard
12:49qui est incarcéré
12:50depuis près de 4 ans.
12:51Son avocat disait
12:52qu'en soi
12:54la détention provisoire
12:55pourrait être
12:56à nouveau prolongée
12:57mais il faut que ça soit
12:58je crois
12:59exceptionnel
13:00et plutôt motivé.
13:02Il y a le délai raisonnable
13:03pour juger quelqu'un.
13:05On arrive aux 4 ans
13:07ça commence à être
13:07très très long
13:08et puis aussi
13:09pour les participants
13:104 ans c'est infiniment long
13:11lorsqu'on a perdu quelqu'un.
13:14Johanna,
13:15un mot sur
13:15vous disiez
13:16le côté très théâtral
13:17dont cette personne parle.
13:20Ces personnes
13:21dont on parlait
13:22si c'est de cela
13:23dont il s'agit
13:23qui sont fascinés
13:24par ces criminels
13:26ces auteurs de meurtres
13:27c'est des personnes
13:28qui fantasment
13:29beaucoup la relation
13:30donc elles ont envie
13:32d'avoir une place
13:33auprès de la justice
13:34elles ont aussi
13:35ce fantasme
13:36de rédemption
13:37moi je vais le sauver
13:38moi je vais vous apporter
13:39la vérité
13:40moi je sais
13:41je suis la confidente
13:41celle à qui il a parlé
13:42et auprès de qui
13:44il ne s'était jamais confié
13:45auparavant
13:47donc il y a tout ça
13:49qui se joue aussi
13:49si elle a envie
13:50de jouer un rôle
13:51non plus uniquement
13:53auprès de Cédric Jubilard
13:54mais dans tout ce qui va faire justice
13:56autour de lui
13:57dans tout ce qui se profile
13:58autour de cette affaire
13:59et de ce procès
14:00oui elle a une carte
14:01à jouer maintenant.
14:02Mais on est quand même
14:02dans un dossier
14:03où pour le moment
14:04il n'y a pas de preuve directe
14:07où il n'y a pas de trace
14:08je ne dirais pas de corps
14:09parce qu'on ne sait pas
14:09pas de scène de crime
14:11Delphine Jubilard
14:12n'a pas été retrouvée
14:14donc c'est un dossier
14:16qui dans deux mois
14:16le 22 septembre
14:17va arriver devant
14:18la cour d'assises d'Albi
14:20et là vous me dites
14:21finalement pour une question
14:22d'audiencement
14:23pour une question
14:24de calendrier
14:25on pourrait ne pas entendre
14:26cette jeune femme
14:27qui potentiellement
14:28pourrait amener
14:28quelque chose en plus
14:29avant la date
14:30avant la cour d'assises
14:32voilà ça peut être un sujet
14:33je n'ai pas dit
14:34que c'était ce
14:34il y a d'autres sujets
14:36effectivement
14:36comme le délai raisonnable
14:37comme la durée de détention
14:38qui peuvent influer là-dessus
14:40maintenant ce serait
14:41à l'inverse
14:41de se dire
14:42est-ce que
14:43la cour d'assises d'Albi
14:44pourrait être prolongée
14:45s'il était nécessaire
14:47d'avoir une durée
14:49d'audience
14:49supplémentaire
14:51il y a toujours
14:52des solutions
14:52l'audiencement
14:54pourrait être décalé
14:55peut-être de deux
14:56ou trois jours
14:56c'est-à-dire
14:57sans remettre en question
14:58effectivement
14:59parce qu'il y a des sessions
15:00d'assises
15:00il y a plusieurs sessions
15:02et les sessions
15:03sont déjà remplies
15:04donc il n'est évidemment
15:05pas possible
15:06sur un procès
15:06qui va durer plusieurs semaines
15:08de retrouver une date
15:10comme cela
15:10la première possibilité
15:12c'est qu'elle soit entendue
15:13avant le 22 septembre
15:15c'est une possibilité
15:16si la présidente
15:17refuse ce supplément
15:18d'information
15:18elle pourrait l'entendre
15:19lors de ce procès d'assises
15:22donc il y a toujours
15:22des solutions
15:23pour qu'elle soit entendue
15:24maintenant
15:24si elle refuse de venir
15:26il y a une possibilité
15:26qu'elle refuse de venir
15:27à ce procès d'assises
15:28il y a une possibilité
15:28qu'elle refuse de venir
15:29il y a aussi la possibilité
15:30que la présidente
15:31de la cour d'assises
15:32délivre un mandat d'amené
15:33pour qu'elle soit
15:33accompagnée par deux gendarmes
15:35pour venir témoigner
15:36devant la cour d'assises
15:37Mathias Tesson
15:38aujourd'hui
15:39alors que ce procès
15:40va se tenir
15:40à partir du 22 septembre
15:42très concrètement
15:43qu'est-ce qu'il y a
15:44dans ce dossier ?
15:45parce qu'on le disait
15:45il n'y a pas de scène de crime
15:46c'est difficile de résumer
15:49ce dossier qui est immense
15:52en quelques instants
15:54mais il y a quand même
15:55un faisceau d'indices
15:57il y a un contexte déjà
15:58de séparation
15:59entre Delphine Jubilard
16:00et Cédric Jubilard
16:02elle souhaite le quitter
16:03lui manifestement
16:04ne le souhaite pas
16:06il y a un conflit aussi
16:07sur la gestion de la maison
16:08sur la garde des enfants
16:10et puis il y a cette nuit
16:12du 15 au 16 décembre 2020
16:13où tout bascule
16:14il y a le jeune enfant
16:17du couple
16:18qui dit avoir entendu
16:19ce soir-là
16:20une dispute
16:21il y a des cris
16:22qui sont entendus
16:23par des voisins
16:25il y a la voiture
16:26de Delphine Jubilard
16:27qui n'est pas garée
16:28de la même façon
16:30que d'habitude
16:32il y a des lunettes cassées
16:34de Delphine Jubilard
16:35qui seront retrouvées
16:36un peu plus tard
16:38par les enquêteurs
16:40voilà
16:40il y a un certain nombre
16:42d'éléments
16:43intéressant
16:44mais il n'y a pas
16:45de preuves matérielles
16:47majeures
16:48encore
16:48dans cette affaire
16:50puisque évidemment
16:51le corps de la pauvre Delphine
16:53n'a pas été retrouvé
16:54et c'est vrai
16:55si je peux rajouter
16:56encore une fois
16:57ce que je vais dire
16:58ce n'est pas une preuve matérielle
16:59non plus
16:59mais c'est des contextes
17:00qu'on connaît bien
17:01dans les cas de féminicides
17:02c'est souvent
17:03le très très proche
17:05voire le conjoint
17:06le conjoint
17:07ou l'ex-conjoint
17:08on sait que
17:09Delphine avait
17:10une nouvelle relation amoureuse
17:12qui la faisait un petit peu
17:13revivre
17:14et on sait aussi
17:14que Cédric a eu
17:15une enfance chaotique
17:17que c'est un enfant
17:18qui a aussi beaucoup souffert
17:20qui a été placé
17:21qui avait comme ça
17:22un besoin de reconnaissance
17:24à l'âge adulte
17:25qui était un petit peu
17:26directif
17:27qui étouffait aussi
17:28beaucoup
17:28sa conjointe
17:29donc il y a un contexte
17:30on a quelques red flags
17:32comme ça
17:32qui viennent
17:32lorsqu'on entend
17:34ce genre de scénario
17:35se profiler
17:36il y a son attitude aussi
17:37lorsqu'il est
17:38au petit matin
17:39les enquêteurs
17:39de la gendarmerie
17:40se présentent au domicile
17:41il est en train
17:42de faire une machine
17:43à laver
17:43avec une couette
17:44à l'intérieur
17:45ce qui n'est pas forcément
17:46le comportement
17:46qu'on attend
17:47d'une personne
17:48dont la compagne
17:49a disparu
17:49depuis plusieurs heures
17:50en plein milieu
17:51de la nuit
17:51et qui ne partait
17:51en réalité
17:52jamais seul
17:53et surtout
17:54jamais sans ses enfants
17:54Maître Lévy
17:56on est donc
17:57dans un faisceau
17:58de présomption
18:00mais c'est dans cet état là
18:02que va arriver
18:03cette affaire
18:04devant une cour d'assises
18:05le 22 septembre
18:07ce qui met peut-être
18:08plus de poids encore
18:09sur les mots
18:11de cette jeune femme
18:12aujourd'hui
18:12en fait
18:13je ne le vois pas
18:16de cette manière
18:17j'ai l'impression
18:17que c'est encore
18:18peut-être
18:21un élément de plus
18:22non
18:23je dirais justement
18:24un élément
18:25qui
18:26viendrait plutôt
18:28dans la défense
18:28de Cédric Jubilard
18:29il n'y a pas
18:30d'élément matériel
18:31dans ce dossier
18:31pour l'instant
18:32de ce que je connais
18:33puisque encore une fois
18:34je n'ai pas accès
18:34au dossier
18:35de Cédric Jubilard
18:36mais je n'ai pas
18:38l'impression
18:38que véritablement
18:39il y ait des éléments
18:40matériels
18:41on peut parler
18:42de faisceau d'indices
18:42on peut parler
18:43d'une relation
18:44qui avait l'air
18:44d'être conflictuelle
18:45de ce que l'on sait
18:47aujourd'hui
18:48ça à mon sens
18:50je n'ai pas
18:51la culpabilité
18:53de Cédric Jubilard
18:53elle sera discutée
18:55devant la cour d'assises
18:55et je pense au contraire
18:56que ce témoignage là
18:57est en faveur
18:59de Cédric Jubilard
19:00parce que c'est
19:01pour moi
19:03une déclaration
19:04fantaisiste
19:05à quelques jours
19:06à quelques mois
19:07d'un procès
19:08d'une femme
19:09dont
19:10la relation
19:11est déjà
19:12extrêmement particulière
19:13avec un
19:13elle l'a connue
19:15avant qu'il soit
19:16placé en détention
19:16extrêmement brièvement
19:18et je trouve
19:20que ça interroge
19:21véritablement
19:21et au contraire
19:22je ne pense pas
19:23que ça soit un élément
19:23à charge
19:24pour Cédric Jubilard
19:25c'est ma façon
19:25de voir les choses
19:26c'est pas la seule
19:27à avoir été
19:27destinataire
19:28de ces confidences
19:29en réalité
19:30depuis le début
19:30de cette affaire
19:31Cédric Jubilard
19:32multiplie les confessions
19:34comme ça
19:34il avait parlé
19:35à plusieurs co-détenus
19:36à un tiers
19:36il avait parlé
19:37à un de ses co-détenus
19:38effectivement
19:38il lui avait expliqué
19:40qu'il était
19:41le détenu
19:42le plus célèbre du Tarn
19:43il expliquait aussi
19:44qu'il avait enterré
19:45le corps d'Elphine
19:46à proximité
19:47d'une ferme
19:48qui aurait brûlé
19:49et puis même
19:50juste avant
19:50d'être incarcéré
19:51à sa soeur
19:53il lui disait
19:55avoir commis
19:55le crime parfait
19:56ça c'est une écoute
19:57téléphonique
19:57qui permet de le savoir
19:59pendant les battus
20:00qui étaient consacrés
20:01à tenter de retrouver
20:02sa compagne
20:03il s'exprimait
20:04auprès des amis
20:05d'Elphine
20:05en faisant des espèces
20:07de scénarios
20:07sur ce qui aurait pu se passer
20:09il a eu cette phrase
20:10très étonnante
20:12il avait dit
20:14si ça avait été moi
20:16qui avais dû
20:16la faire disparaître
20:17je l'aurais lesté
20:18j'aurais lesté son corps
20:19et je l'aurais jeté
20:20dans l'eau
20:20pour qu'on ne puisse pas
20:21la retrouver
20:22il a cette attitude
20:24très discutable
20:27et le mot est évidemment
20:28faible
20:29depuis le début
20:31de cette affaire
20:31il multiplie les confidences
20:32comme ça
20:33aux uns et aux autres
20:34est-ce que c'est pour manipuler
20:36la justice
20:36je ne sais pas
20:37est-ce que c'est pour se faire mousser
20:38je ne sais pas non plus
20:39on a tous envie
20:41de l'entendre
20:42évidemment
20:43au moment de son procès
20:45Johanna
20:45les mots
20:46de Cédric Jubilard
20:47sont extrêmement importants
20:49mais oui
20:49il se joue
20:51un petit peu
20:51de la situation
20:53et encore une fois
20:54c'est assez classique
20:55dans ce genre de profil
20:55vous savez
20:56il y a encore
20:56quelques décennies
20:58on le voyait
21:00au moment
21:00de l'affaire Quanta
21:01on parlait
21:02de crimes passionnels
21:03il s'aime tellement
21:04qu'il finisse par
21:05se tuer
21:06il finit par la tuer
21:06par amour
21:07parce qu'il ne veut pas
21:07la laisser partir
21:08en réalité
21:08on sait aujourd'hui
21:09que c'est des profils
21:10de dominateurs
21:11c'est des gens
21:13c'est des crimes
21:14de domination
21:14en réalité
21:15et donc celui
21:16qui domine
21:17sa conjointe
21:17ou sa femme
21:18jusqu'à aller au féminicide
21:19c'est aussi celui
21:20qui domine la justice
21:22et qui se joue
21:22un petit peu
21:23de chacun
21:24finalement
21:26en gardant le silence
21:27il s'amuse
21:29c'est lui
21:29encore une fois
21:30qui est le maître
21:31du temps
21:32le maître
21:32du jeu
21:34et en cela
21:36il est toujours
21:36dans sa posture
21:37certainement celle
21:38qu'il avait déjà
21:38avec sa femme
21:39de dominant
21:41dominé
21:42et de maître
21:42des horloges
21:43Juste un petit mot
21:44pour respecter
21:46évidemment
21:46la présomption
21:46d'innocence
21:47qui tient
21:48jusqu'à ce qu'il soit
21:48éventuellement
21:49déclaré coupable
21:50c'est Drugjibillard
21:51sa version des faits
21:51c'est de dire
21:52que cette nuit-là
21:52il s'est endormi
21:53aux alentours
21:53de 22h
21:54qu'il s'est réveillé
21:55un peu plus tard
21:56dans la nuit
21:56parce que l'un de ses enfants
21:57s'était mis à pleurer
21:58et qu'il a constaté
21:59la disparition de sa femme
22:00comme ça
22:00en plein milieu de la nuit
22:01Merci à vous
22:03la date de ce procès
22:04donc fixée au 22 septembre
22:06devant la cour d'assises
22:07d'Albi
22:07on attend de savoir
22:08donc si sa compagne
22:09sera entendue d'ici là
22:10ou pas
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