- il y a 6 mois
Le vendredi, samedi et dimanche soir, Karine de Ménonville est à la tête de Week-End Soir : un rendez-vous pour décrypter et débattre, au cœur de l’actualité.
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00:0022h04 dans week-end soir, il en a fallu du temps pour cette visite.
00:03Donald Trump est enfin au Texas avec son épouse 8 jours après les inondations meurtrières qui ont coûté la vie à 120 personnes,
00:12sachant que 170 autres restent introuvables. Il y a énormément d'enfants parmi les victimes.
00:17En ce moment, il y a une conférence de presse, une table ronde de Donald Trump avec des élus locaux.
00:23On vous retrouve sur place, Naoufel El-Kawafi. Naoufel, où en est cette très tardive et très trop rapide visite présidentielle sur fond de polémique ?
00:31Le président s'est-il un peu expliqué ?
00:37Il a essayé tant bien que mal. En ce moment même, Donald Trump préside cette table ronde.
00:42A ses côtés, son épouse, Mélania Trump, qui a fait le déplacement.
00:45Et puis autour d'eux, plusieurs élus locaux, des secouristes également qui sont intervenus.
00:49Dès le début de cette réunion, de cette table ronde, Donald Trump a expliqué que la situation est extrêmement difficile,
00:55qu'il n'avait jamais vu cela auparavant.
00:57Juste avant, le président était allé dans les zones les plus sinistrées, notamment ici du côté de Carville,
01:02l'une des villes les plus touchées par ces inondations, à la rencontre des familles des victimes
01:07pour leur faire état de leur témoigner le soutien du président des États-Unis.
01:13Mais c'est vrai que cette visite, elle intervient sur un fond polémique.
01:16En tout cas, Donald Trump était visé par plusieurs critiques.
01:19D'abord, concernant cette visite trop tardive, selon certains habitants,
01:24qui explique que Donald Trump aurait dû venir dès le début de ces inondations,
01:27compte tenu de l'intensité, l'importance des dégâts et de ce bilan qui est très lourd.
01:32Alors, on se parle, plus de 120, au moins 120 personnes qui sont mortes, parmi lesquelles beaucoup d'enfants.
01:38L'autre polémique, l'autre interrogation, c'est de savoir est-ce que ce drame aurait pu être évité.
01:43Parce que c'est vrai que ces derniers jours, on a reproché à Donald Trump des coupes budgétaires,
01:47notamment concernant certains services de météo, notamment au Texas, des postes qui n'ont pas été remplacés.
01:53Et selon certains experts des habitants, cela aurait retardé l'intervention des secouristes.
01:59Un manque d'anticipation.
02:01Donald Trump fait face donc à ces différentes polémiques, doit répondre à ces différentes interrogations.
02:06Il s'est exprimé, justement, il y a quelques secondes, à peine, durant cette table ronde. Écoutez-le.
02:13Je n'ai jamais rien vu de tel, une petite rivière étroite qui devient un monstre.
02:17C'est ce qui s'est passé ici.
02:20La première dame et moi, nous sommes au Texas pour exprimer l'amour, le soutien et l'angoisse de toute notre nation
02:27à la suite de ces horribles et mortelles inondations.
02:30Personne ne peut savoir comment et pourquoi une telle chose peut arriver.
02:39Donald Trump, vous l'avez entendu, qui essaye tant bien que mal d'étouffer ces différentes polémiques,
02:44alors que dans le même temps, les recherches se poursuivent,
02:47parce qu'à l'heure où on se parle, il y a toujours près de 170 personnes
02:50qui sont portées disparues dans ces inondations les plus meurtrières,
02:55en tout cas une catastrophe, l'une des plus meurtrières qu'a connue cet état du Texas.
03:00Naouf Al-El-Kawafi, en direct de Carville, dans le Texas.
03:03Pour en parler sur ce plateau, Marjorie Payon.
03:06Bonsoir Marjorie, j'en ai spécialiste de la vie politique américaine à vos côtés,
03:09Olivier Ravanello. Bonsoir Olivier.
03:10Bonsoir.
03:11Consultant politique international BFMTV.
03:13Et Ludovic Pagano, bonsoir.
03:14Bonsoir.
03:15Vous êtes consultant gestion de crise BFMTV, fondateur du cabinet Astrique.
03:18Marjorie Payon, quelques mots tout d'abord sur le constat fait par Donald Trump.
03:23Il arrive huit jours, huit jours après les inondations meurtrières, énormément d'enfants, 120 victimes, 170 disparus.
03:31Je n'ai jamais vu ça, une petite rivière.
03:35Tout paraît mal pesé, mal vu.
03:38Tout paraît dans le vocabulaire de Donald Trump.
03:43Et en tout cas, ce que tente de faire là, Donald Trump, en tant que président et la Première Dame,
03:50c'est vraiment essayer de prendre la mesure, de prendre le pouls de ce qui a pu se passer il y a sept jours,
03:55un petit moins de sept jours désormais, le 4 juillet, fête nationale, si l'on est, à Carville.
04:01Et dans ce comté, ce district de Carville, c'est évidemment dramatique.
04:05La Première Dame, d'ailleurs, s'est exprimée vraiment en sa qualité de mère avant tout,
04:11en expliquant qu'elle avait notamment rencontré ces femmes qui étaient encore à la recherche,
04:16notamment de certaines victimes, et qu'elles reviendraient justement prendre régulièrement de ces nouvelles.
04:23Le job à faire là, si je puis m'exprimer ainsi, pour le couple présidentiel,
04:27c'est avant tout de venir écouter, de venir constater,
04:30et de venir prendre le pouls de ce qui peut se passer sur le terrain,
04:36et finalement, d'être dans un rôle plus de consolateur, si je peux le dire aussi, en chef, qu'autre chose.
04:43Essayer de montrer que la Maison-Blanche est attentive,
04:47qu'elle sait ce qui est en train de se passer dans le Texas,
04:50et que si, sur les premières 48 heures, elle n'a pas pu se déplacer,
04:54en l'occurrence, Donald Trump a notamment justifié le non-déplacement de dimanche dernier,
04:58par le fait que, quand ton président se déplace, ça fait beaucoup de personnes qui se déplacent.
05:02Qu'ils ne voulaient pas gêner les secours.
05:03Et que ce n'était pas forcément le moment pour le faire.
05:05Maintenant, il y a quand même des exemples dans l'histoire américaine de catastrophes naturelles
05:09qui sont malheureusement restées dans l'opinion publique,
05:11comme aussi des catastrophes en termes de communication pour le président.
05:15La plus grande, c'est celle de 2005.
05:17Katrina, l'ourogant Katrina à la Nouvelle-Orléans,
05:20et George Bush qui survole dans un hélicoptère,
05:23cette ville littéralement sous les eaux,
05:26et qui ne s'arrête pas, ça a fait date dans sa deuxième présidence à Washington.
05:33Olivier Ravenello, on était ensemble il y a une semaine,
05:36quand le président disait que c'était une catastrophe ce qui s'est produit au Texas,
05:39mais en gros, personne n'y pouvait rien,
05:40parce que déjà, il y avait ces polémiques qui naissaient sur les coupes,
05:43notamment au service des services de prévision et d'alerte.
05:46Je vais y aller, mais j'irai dans une semaine.
05:48Et là, encore une fois, c'est vrai qu'on fait le parallèle avec Bush, Katrina, la Nouvelle-Orléans.
05:55On n'a pas l'impression qu'il prend vraiment la mesure de ce qui s'est passé.
05:59Je pense qu'on est face à un gros problème de communication pour Trump,
06:03et ça peut paraître paradoxal,
06:04parce que Dieu sait que c'est un homme de communication
06:07et qui a fait toute sa carrière, y compris politique, là-dessus.
06:10Mais ce que tout le monde ressent, y compris dans l'opinion américaine,
06:14c'est qu'il n'est pas au diapason de ce qui se passe.
06:16Il n'est pas dans la bonne vibration.
06:18Le procès qui lui est fait sur le temps, la semaine qu'il met à venir,
06:23je pense que c'est un mauvais procès.
06:25Parce que sur quantité d'autres catastrophes,
06:27des présidents américains, pour les mêmes raisons,
06:30de dire je ne veux pas gêner les secours
06:33qui sont en train de tomber avec mal d'utiliser les quelques routes qui restent,
06:36je ne veux pas venir et que ces routes soient bloquées
06:39pour des mesures de sécurité liées au fait qu'un président vienne,
06:42cet argument-là, il a été avancé par d'autres présidents avant lui
06:46qui pouvaient être des présidents démocrates.
06:48Biden va mettre deux semaines à se déplacer, lui aussi,
06:53sur une grande catastrophe en Floride.
06:55Obama va mettre une semaine pour aller en Louisiane.
06:59Marjorie parlait de Bush, ça a été la même chose.
07:02Donc en fait, ce délai de sept jours,
07:05il est relativement normal par rapport aux autres présidents.
07:08En revanche, que depuis sept jours,
07:11il n'est pas eu une prise de parole où on sent un minimum d'émotion,
07:14un minimum d'empathie.
07:16Que la fameuse prise de parole dont vous parliez,
07:19où on était la semaine dernière,
07:21il descend, il rentre du Golfe, il rentre de Floyd,
07:23et il parle de tout.
07:24Il parle des droits de douane, il parle de Gaza,
07:26il parle d'Ukraine, il parle un peu de ce qui se passe là-bas.
07:28On dit, oh là là, ça a l'air d'être une grosse catastrophe.
07:31Il n'est pas au diapason,
07:33il n'est pas en empathie avec cette catastrophe
07:35qui a fait 120 morts, 170 disparus,
07:39qui est un traumatisme pour l'ensemble des États-Unis aussi,
07:42parce qu'il y a énormément d'enfants qui sont morts.
07:44Il n'est pas en phase.
07:46Et en plus, ça vient appuyer sur des décisions politiques
07:51de restreindre quantité de budget
07:53pour les services météo, pour l'aide d'urgence.
07:57Évidemment que ces budgets-là
07:58n'auraient pas pu empêcher un mur d'eau de 8 mètres.
08:02Évidemment.
08:03Mais c'est simplement en creux de se dire,
08:05ah oui, mais si en plus,
08:06on continue d'enlever le peu de moyens qu'il y a
08:09pour faire face à de telles catastrophes,
08:11alors qu'il y en a d'autres qui vont se produire,
08:13il est à contre-courant de l'histoire.
08:15Il ne se rend pas compte de ce qui se passe.
08:17Et là, au contraire, il faudrait en mettre plus en disant,
08:20évidemment que ça n'aurait pas tout changé,
08:21mais il faut un peu plus investir dans la recherche météo
08:24pour mieux comprendre les énormes phénomènes climatiques
08:26qui vont changer.
08:27Vous avez un homme qui dit, non, non, en fin de compte,
08:29ce qui s'est passé, ça arrive une fois tous les 100 ans.
08:31Grand malheur, mais après, tout ira bien.
08:33Et depuis le début, il est à côté.
08:37Ludovic Pagano, ça montre à nouveau
08:39le niveau d'impréparation aussi des États-Unis
08:42qui sont tout de même une grande puissance
08:44où on attend plus d'anticipation.
08:46Complètement.
08:47C'est assez étonnant de voir ce pays aussi important
08:54avec des moyens considérables, un plan national de réponse,
08:58des ressources en hommes et en matériel considérables
09:01pour pouvoir intervenir et de s'apercevoir à quel point
09:04ils sont effectivement incapables de se préparer efficacement
09:08pour faire face à ce type de catastrophe.
09:11Certes, on ne peut pas lutter contre la météo,
09:15on ne peut pas empêcher ces inondations dévastatrices.
09:18Mais par contre, on peut s'y préparer.
09:20On peut prendre un certain nombre de mesures justement
09:22pour mieux anticiper ces situations.
09:25On peut prendre un certain nombre de mesures
09:26grâce à la prévision météo notamment
09:28pour limiter les effets de ces événements.
09:33Or là, rien, absolument rien.
09:35Et on se contente de te dire une fois que c'est arrivé,
09:37eh bien on n'y pouvait rien, on n'a rien pu faire,
09:39vraiment on n'y peut rien, on subit.
09:40Et on oublie, on oublie jusqu'à la catastrophe suivante.
09:43Marjorie le disait à juste titre, on parlait de Katrina en 2005.
09:47Déjà, il y avait une grosse polémique en 2005
09:50après le passage du cyclone Katrina sur la Nouvelle-Orléans.
09:54Et déjà, la FIMA avait été très largement critiquée à l'époque.
09:58Mais pour autant, on ne progresse pas.
10:00Et puis, on ne règle pas un souci en disant
10:02la FIMA ne fonctionne pas, donc on supprime la FIMA.
10:05Quand quelque chose ne fonctionne pas,
10:06on essaie d'observer ce qui fonctionne plutôt bien.
10:09Et puis, on identifie les axes d'amélioration.
10:10Et puis, on revoit les procédures, les processus, l'organisation.
10:15Là, on jette tout, on oublie tout.
10:18On n'apprend pas, on ne progresse pas.
10:20Et on oublie.
10:22Marjorie, aussi, on le disait,
10:23il y a une polémique qui est sur les coupes dans les services météo,
10:26c'est-à-dire la fiabilité des prévisions et le système d'alerte.
10:28Parce que si on ne peut pas empêcher qu'il pleuve
10:30et qu'il y ait si une inondation,
10:32on peut prévenir la population à temps.
10:33Et là, c'est ce qui a fait défaut.
10:35Alors, en effet, il y a deux organismes dont il faut absolument parler.
10:38Ici, ce soir, et détailler un petit peu leur rôle.
10:41Il y a à la fois le National Weather Service,
10:43c'est le service national météo,
10:46qui lui va, en effet, être responsable des prévisions météo.
10:49Jusque-là, tout va bien.
10:49Encore faut-il que pour faire des prévisions,
10:51il y ait des prévisionnistes et des climatologues
10:53et des scientifiques qui puissent, justement,
10:56réussir alors qu'on est notamment en pleine saison climatique compliquée
11:01sur une grosse partie des côtes américaines,
11:03réussir à délivrer ces prévisions.
11:05Ça, c'est une première chose.
11:06La deuxième, ce sont les équipes, en effet, de la FEMA,
11:08comme Ludovic le mentionnait.
11:10Ces équipes-là, ce sont des équipes qui vont rentrer moins
11:12dans la prévention que dans la situation d'urgence.
11:14C'est-à-dire que la FEMA arrive à partir du moment
11:17où elle est invitée à le faire.
11:18Pour être invitée à le faire,
11:19il faut que le président des États-Unis
11:21déclenche un décret de catastrophe naturelle.
11:23C'est un petit peu la même chose qu'en France.
11:25On prend en arrêt des catastrophes naturelles.
11:27Et à partir de ce moment-là,
11:28les secours fédéraux peuvent, en effet, agir.
11:32Ils peuvent quand même à minima faire de la prévention,
11:35c'est-à-dire accorder des bourses aux États et aux localités
11:38qui le demandent pour pouvoir commencer à stocker du matériel
11:41en prévision de catastrophes à venir.
11:44Mais en effet, cet organisme FEMA a subi
11:47de très grosses coupes budgétaires
11:48depuis l'arrivée de l'administration Trump à Washington
11:51au mois de janvier dernier.
11:53Deux mille collaborateurs et collaboratrices de la FEMA
11:56qui n'ont soit pas été renouvelés dans leur fonction,
11:58soit ont dû partir à la retraite de façon prématurée.
12:01Et puis surtout, il y a une nouvelle stratégie,
12:05une nouvelle directive qui a été donnée
12:06par le ministère de l'Intérieur, Homeland Security,
12:09qui est managée par Christine Homme.
12:13Toute dépense de plus de 100 000 dollars de la FEMA
12:16doit être approuvée personnellement par Christine Homme.
12:19Donc ce qui est notamment remis en cause là,
12:21c'est le délai dans lequel la patronne d'Homeland Security
12:24a accordé cette validation pour ces 100 000 dollars.
12:28Il y a des opérations de secours qui ont été retardées
12:30par des simples obstacles bureaucratiques,
12:33c'est-à-dire cette nouvelle règle pour réduire les dépenses.
12:35Et ce qui est paradoxal, parce que dans sa volonté
12:38de combattre notamment les abus, les fraudes et le gaspillage,
12:42l'administration Trump a rajouté de la bureaucratie
12:44dans ce qu'elle voulait supprimer en matière de bureaucratie.
12:47La question désormais est moins de savoir
12:48si l'administration Trump va supprimer purement et simplement la FEMA,
12:52plutôt que de la réformer, de l'ajuster et enfin d'exercer le rêve de Ludovic
12:59en la matière, réussir à trouver la bonne réponse pour la bonne situation d'urgence.
13:04Olivier, cette image elle est importante pour les Américains
13:08parce que cette catastrophe ne s'est pas passée n'importe où non plus,
13:10elle s'est passée aussi au Texas, qu'elle n'a pas touché n'importe qui,
13:13qu'elle a notamment touché des camps d'enfants, des camps extrêmement connus.
13:18Et c'est ainsi à son électorat que parle ce soir le président Trump.
13:21Oui, il est beaucoup moins dur envers les autorités de l'État du Texas
13:25qu'il ne l'a été avec ceux de Californie, évidemment.
13:30Il y a cette dimension électorale qui est assez claire, assez patente.
13:34Il y a aussi le fait que c'est le deuxième État le plus riche des États-Unis
13:37et que de voir à quel point cet État est démuni,
13:42là aussi, ça bat en brèche la philosophie même politique de Trump,
13:47qui est de dire en fait c'est aux États de s'administrer comme ils le souhaitent.
13:51Nous sommes aux États-Unis d'Amérique.
13:54Ce sont donc des États qui se sont unis et qui délèguent certaines compétences
13:59au niveau fédéral, mais au fond, ce sont les États qui gèrent les choses
14:04comme ils le souhaitent et qui donnent des priorités à certains secteurs
14:08et pas à d'autres et que c'est les citoyens qui en décident
14:11et que c'est comme ça que les États-Unis fonctionnent.
14:13Mais de voir un pays et un État aussi riche que le Texas, démuni,
14:18être incapable d'anticiper, incapable de réagir,
14:23incapable même d'un point de vue administratif de se projeter
14:26pour qu'il y ait encore, alors qu'il y avait déjà eu des crues,
14:30un camp d'enfants de scouts réservés aux jeunes filles.
14:33Un jour avant, il y avait déjà eu des crues qui avaient fait des morts dans l'État
14:35sur les berges de ce fleuve qui régulièrement monte.
14:40Et qui n'est pas une petite rivière.
14:41Et qui n'est pas une petite rivière.
14:43C'est administrativement même parlant la preuve de quelque chose qui fonctionne mal.
14:48Et que si le Texas fonctionne mal, qu'en sera-t-il d'un État beaucoup moins riche,
14:54beaucoup moins organisé, beaucoup moins structuré, avec beaucoup moins d'employés fédéraux ?
14:57Donc, ça montre qu'il y a de plus en plus de situations où, pour faire nation,
15:04les États-Unis ont besoin d'un niveau fédéral.
15:07Et le problème, c'est que Trump s'est fait lire en disant
15:09le niveau fédéral, il coûte de l'argent et on va couper allègrement dedans
15:13avec son ami Musk qui n'est plus son ami.
15:16Et aujourd'hui, lui tout seul.
15:17Mais la réalité le rattrape.
15:20Ludovic Pagano, vous évoquiez justement ce problème
15:23entre le niveau fédéral et le niveau des États dans ce type de situation.
15:26Bien sûr, les deux niveaux sont très complémentaires.
15:29Une première réponse opérationnelle qui est apportée par l'État
15:31et qui va répondre aux premières urgences.
15:32Et puis ensuite, un dispositif beaucoup plus stratégique,
15:35beaucoup plus élaboré qui doit être porté par la FIMA.
15:37Mais avec une absolue nécessité d'agilité, de réactivité, de performance.
15:42On ne peut pas imaginer gérer des situations d'urgence
15:45comme les Américains, comme les Texans l'ont rencontré ces derniers jours
15:50en imaginant une lourdeur administrative
15:52qui va empêcher toute décision agile, rapide, efficace.
15:56Et j'assiste vraiment sur cette complémentarité.
15:59Ce n'est pas les États sont meilleurs que la FIMA
16:01et la FIMA toute seule est meilleure que les États.
16:03On a besoin de plusieurs niveaux.
16:05Cette réponse, un appui au niveau fédéral.
16:08Et puis, toute cette réponse qui va pouvoir se coordonner,
16:15tout en sachant qu'un certain nombre d'États aux États-Unis
16:17n'ont pas la capacité de faire face à des catastrophes.
16:20Ce qui veut bien dire qu'aujourd'hui, c'est le Texas,
16:23mais si on a des États beaucoup moins préparés,
16:25beaucoup moins riches, beaucoup moins armés
16:27sur le plan matériel et sur le plan humain,
16:30ils ont absolument besoin à la fois de profiter de l'appui d'autres États,
16:35mais surtout de bénéficier d'une FIMA sous réserve,
16:38qu'elle devienne réellement personnelle.
16:39Mais ça, c'est le reflet d'une vision et d'une culture politique
16:42d'une France décentralisée que vous portez,
16:46et qu'au fond, on porte tout ce qui nous semble assez logique.
16:48Je pense qu'il ne faut pas sous-estimer à quel point
16:50l'opposition entre des États autonomes qui font ce qu'ils veulent
16:54et l'opposition fédérale,
16:56elle est structurante dans la vie politique américaine
16:58et dans les mentalités américaines.
17:00Et que, quand bien même des États vont faire face
17:03à des catastrophes absolument colossales,
17:06ça ne veut pas dire pour autant qu'ils vont se dire
17:08qu'il faut qu'on délègue des pouvoirs au niveau du dessus.
17:10Parce que ce qui est le plus important, plus que tout,
17:14c'est ma liberté, à moi, en tant que citoyen américain
17:17du Texas, du Kentucky, du Ledao, etc.
17:20Surtout quand vous êtes dans un État républicain.
17:22Et que cette dimension-là, même des catastrophes comme ça,
17:25mettent beaucoup de temps à faire bouger.
17:27Regardez le débat qu'il y a eu sur les armes.
17:29La même manière.
17:30Et Obama avait cru, à un moment donné,
17:32qu'il allait pouvoir faire bouger les choses
17:34parce qu'on était à un niveau de violence
17:36absolument insupportable pour l'ensemble de la nation.
17:40Il n'empêche qu'une fois que quelques semaines passent,
17:42on en revient à « c'est moi qui décide,
17:45chez moi, et je fais la loi telle que j'ai envie de la faire ».
17:49Et ce clivage-là, je pense que nous, Français et Européens,
17:52on ne le prend pas assez en compte.
17:56Mais je parle sous le contrôle de Marjorie
17:57qui connaît beaucoup mieux les états du que moi.
17:59Marjorie, d'un mot, il y a un risque politique
18:01ou pas dans cette séquence pour Donald Trump
18:03où finalement il est minime ?
18:04Non, il y a un risque politique en l'occurrence,
18:05et je reprends dans une expression de Donald Trump
18:07qui date d'il y a à peu près un mois en l'occurrence,
18:09où il expliquait qu'il fallait aider les États
18:11à se sevrer de la dépendance à la FEMA
18:14pendant justement les saisons de catastrophes climatiques.
18:19Et c'est vraiment ce lien idéologique
18:22qu'Olivier était en train de décrire
18:24qui guide justement cette administration-là.
18:27Le moins d'États fédéraux possible,
18:29le plus de liberté aux citoyens
18:31et le plus de pouvoir décentralisé aux États.
18:34Cette décentralisation, elle peut paraître en effet heureuse
18:36pour un regard européen.
18:37Elle est parfois un peu plus brutale
18:40pour un sentiment américain.
18:43Et puis surtout, elle vient à un moment
18:44où la Cour suprême a donné aussi énormément de pouvoirs
18:48qui pouvaient être délégués à chacun des États
18:50par rapport à l'administration fédérale.
18:53Le risque politique, c'est qu'encore une fois,
18:55Kerville, c'est un comté,
18:57et c'est une ville notamment,
18:59où la grande partie de la population,
19:01une immense majorité,
19:02évidemment a voté Trump en novembre dernier.
19:04Ce n'est pas une région où on a des Texans
19:07extrêmement fortunés non plus.
19:09On est au cœur de Maga Country,
19:12si on veut dire quelque part.
19:13On est au cœur de la base électorale de Donald Trump.
19:17S'il n'arrive pas à montrer qu'il est là,
19:19le président qu'il a été pendant la campagne,
19:20parce que souvenez-vous, à l'automne dernier,
19:22le candidat Trump, avec sa femme,
19:25s'était déplacé en Caroline au moment de l'ouragan Hélène,
19:28avait sillonné l'État, était resté sur place,
19:30pendant que la campagne démocrate,
19:33Kamala Harris, pour ne pas la nommer,
19:35qui était déjà candidate à l'époque,
19:37était à Washington, derrière des ordinateurs de la FEMA,
19:39en train de gérer la situation,
19:41mais ça ne donnait certainement pas le même rapport de proximité
19:43avec les sinistrés de ce cyclone Hélène.
19:48Là, ce qu'il joue, c'est justement cette stature,
19:51cette image de « je suis le plus près de vous »,
19:53« je suis, encore une fois, le cajoleur en chef »,
19:56« celui qui peut vous comprendre ».
19:57N'oubliez pas que dans deux jours,
20:00il y a une date importante qui va se dérouler aux États-Unis,
20:02on sera à un an tout pile de la première tentative d'assassinat
20:05contre Donald Trump en Pennsylvanie, à Butler.
20:08Et ça, ça a été un moment qui a fait littéralement basculer la campagne.
20:12Le moment où il y a un an, quasiment jour pour jour,
20:15Donald Trump est devenu messianique,
20:17et est devenu porter la bonne parole, si j'ose dire,
20:20auprès des Américains et des Américaines.
20:22Il faut qu'ils reprennent ces habits-là pour réussir à les convaincre.
20:24Merci, merci à vous trois, on va continuer à suivre cette visite.
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