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  • il y a 1 an
Le vendredi, samedi et dimanche soir, Karine de Ménonville est à la tête de Week-End Soir : un rendez-vous pour décrypter et débattre, au cœur de l’actualité.

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Transcription
00:00Et on va prendre la direction de Béziers à présent.
00:04Béziers, sous haute surveillance ce soir, 40 policiers de la CRS 80 spécialisés dans les violences urbaines
00:10sont déployés pour assurer la sécurité.
00:13La nuit dernière, c'est un guet-apens qui a été tendu à des policiers, à des pompiers,
00:18dans un quartier, le quartier de la Devese, connu pour abriter un important trafic de drogue.
00:23Appelés pour un incendie de véhicule, ils ont été pris pour cible par des tirs de mortiers d'artifice.
00:29Un policier a été brûlé, un appartement, un policier a été touché, un appartement brûlé.
00:34Nous sommes en direct avec le préfet de l'Hérault, François-Xavier Loche.
00:40Bonsoir, Monsieur le Préfet.
00:42Tout d'abord, on va faire le point sur la situation ce soir.
00:44Quel est le dispositif pour assurer la sécurité ?
00:50Écoutez, ce soir, on a une soixantaine de policiers mobilisés dans ce quartier de la Devese.
00:54Les policiers de l'Hérault et effectivement cette CRS de nouvelle génération,
00:59je suis venu saluer les policiers et les pompiers qui étaient ici hier soir,
01:03les remercier de la part du ministre de l'Intérieur
01:07et leur demander ce soir de faire régner l'ordre républicain dans ce quartier.
01:12Alors en ce qui concerne la CRS 80 qui est donc déployée,
01:16qui est spécialiste dans ces violences urbaines, elle va rester combien de temps ?
01:19Écoutez, elle restera autant qu'il le faudra.
01:25En tous les cas, vous le savez, ce guet-apens d'hier,
01:28il est extrêmement lié à notre action pour la lutte contre les stupéfiants.
01:34Six interpellations dans ce quartier ont eu lieu depuis le début du mois de juillet.
01:38Un appartement nourri, ceci a été révélé.
01:41Très clairement, ça ne fait pas plaisir aux délinquants de ce quartier.
01:44Et moi, je suis venu dire aux habitants,
01:46comme à cette dame qui a été victime de ce tir de mortier dans son appartement hier,
01:50que l'État est là pour les protéger.
01:53Quand le procureur évoque de possibles représailles,
01:55c'est ce que vous nous confirmez, en fait,
01:57que ce sont des représailles des narcotrafiquants après les arrestations,
02:01on a vraiment un sentiment d'impuissance, quasi d'impunité.
02:06Vous nous dites le contraire ce soir ?
02:10Je pense exactement le contraire.
02:12Et d'ailleurs, ce que j'ai demandé aux policiers ici présents ce soir,
02:15et le procureur de la République qui est à côté de moi le demande aussi,
02:19je crois, dans sa partie, c'est de continuer ce travail de longue haleine
02:23sur les trafiquants, sur les points de ville.
02:26Il y en a deux très importants ici dans le quartier.
02:29Sur les consommateurs aussi.
02:32Vous savez, les consommateurs ont une responsabilité très forte dans ces trafics.
02:35Moi, je veux le redire aussi à l'unisson de M. le procureur.
02:38S'il n'y a pas de consommation, il n'y a pas de drogue dans les quartiers.
02:41Sur les commerces qui blanchissent, on en a fermé 14 dans la ville cette année.
02:46Je ne vous donne qu'un chiffre, on a interpellé deux fois plus de trafiquants cette année
02:49que l'année dernière à Béziers.
02:51Et donc, on compte bien continuer.
02:54Vous êtes préfet de l'Hérault.
02:55On voit de plus en plus de villes moyennes comme Béziers
02:58qui sont exposées aux violences des narcotrafiquants
03:00et des violences de plus en plus désinhibées.
03:02C'est ce qui s'est passé à Béziers hier soir.
03:04Vous le constatez dans d'autres villes du département ?
03:09Oui, je le constate.
03:11Vous savez, ce n'est pas vraiment nouveau pour ce quartier de la Devese à Béziers
03:14qui est sensible depuis de très longues années.
03:17Mais effectivement, on a des difficultés dans des villes où il n'y en avait pas auparavant.
03:22Mais là aussi, c'est quelque chose qu'on a pris en compte,
03:25à la fois pour les très grandes villes comme Montpellier
03:27avec un plan que nous a demandé le ministre de l'Intérieur,
03:30ville de sécurité renforcée,
03:32et pour tout le reste du département,
03:33un plan départemental d'action sécurité du quotidien
03:36qui est déployé avec comme priorité numéro un
03:39la lutte contre les trafics de stupéfiants.
03:41Donc, vous avez ici dans ce département
03:43des policiers et des gendarmes
03:44pour lesquels c'est l'unique priorité,
03:46la lutte contre les stupéfiants.
03:48Merci, M. le Préfet, d'avoir été en direct ce soir sur BFM TV.
03:53Pour m'accompagner, en plateau, Mathilde Gautry.
03:55Bonsoir Mathilde, journaliste indépendante spécialisée
03:58dans les questions de sécurité.
04:00Laurence Saillet, bonsoir.
04:01Bonsoir.
04:01Ancienne députée européenne, les Républicains.
04:04Nous avons également Yoann Gillet.
04:06Bonsoir, vous êtes députée du GAR,
04:07porte-parole du Rassemblement national à l'Assemblée.
04:10Merci à vous d'être là.
04:13Mathilde, on va faire le point tout d'abord
04:15sur ce dont on vient de parler.
04:18Béziers a été ciblé,
04:19mais en fait, la liste ne cesse de s'allonger.
04:22J'ai envie de dire de jour en jour,
04:24mais aussi de semaine en semaine.
04:26Et si on regarde l'année dernière,
04:27on parlait pour des mêmes actes de Châteauroux.
04:30Donc en fait, les villes moyennes
04:31sont de plus en plus ciblées par les narcotrafiquants.
04:34Exactement.
04:35En fait, vous avez sur des villes comme Paris ou Marseille,
04:37en fait, une saturation qui s'est faite.
04:39Donc du coup, les trafiquants sont amenés
04:41à aller vers des moyennes villes
04:42où ils ont implanté les mêmes méthodes de terreur.
04:46Là, j'entendais qu'il y avait notamment eu
04:48la perquisition d'un appartement nourrice.
04:49Ça, typiquement, c'est un gros coup.
04:52Appartement nourrice, vous pouvez vulgariser
04:53pour les personnes qui nous écoutent.
04:55Pour les trafiquants, c'est l'appartement
04:57où est stockée la drogue.
05:00Donc souvent, vous avez plusieurs dizaines
05:02voire centaines de kilos qui sont à l'intérieur.
05:05Et donc typiquement, quand vous avez une perquisition
05:07qui est faite sur ces domiciles,
05:09c'est un coût immense porté au trafic.
05:11Et donc derrière, vous avez des réseaux
05:12qui sont obligés de montrer une réponse forte,
05:16y compris pour montrer qu'ils tiennent leur territoire,
05:19mais aussi pour le montrer à leurs clans rivaux,
05:21pour expliquer, voilà, nous sommes implantés ici,
05:24nous tenons le quartier.
05:25Et donc, ça va passer par ce qu'on voit actuellement,
05:27à savoir des violences urbaines
05:28ou des vidéos d'assassinats, comme on voit à Nîmes.
05:32– Axel Ronde nous a rejoint.
05:34Bonsoir, porte-parole du syndicat CFTC Police.
05:38On est choqués par ce qui se passe depuis trois jours,
05:41mais malheureusement, j'ai envie de vous dire,
05:43pas plus choqués que ça.
05:44Parce que quand j'évoquais Châteauroux,
05:46il y a un an, on a l'impression des mêmes images,
05:50des mêmes scènes, de mêmes scènes de violences désinhibées.
05:54– Complètement, de toute façon, c'était prévisible.
05:57Moi, j'avais prévu un été chaud.
05:59Finalement, je me suis trompé,
06:00et c'est un été brûlant qu'il va y avoir.
06:02On le voit très bien, c'est le résultat, finalement,
06:05de la politique que mène actuellement
06:07le ministre de l'Intérieur, Bruno Rotaillot,
06:09sur le pilonnage de ces points de deal,
06:11ces démantèlement de tous ces points de deal
06:12sur tout le territoire national.
06:14Et c'est pour ça que nous avons tous ces exactions
06:18contre les fonctionnaires de police,
06:19tous ces guet-apens, parce qu'il y a du résultat.
06:23Il y a une loi sur le narcotrafic qui est arrivée aussi,
06:27qui va donner des résultats,
06:29puisque maintenant, on va avoir des pouvoirs plus élargis
06:31pour démanteler tous ces réseaux.
06:33Il va y avoir aussi ces prisons haute sécurité.
06:36– Alors vous, vous me dites résultat.
06:38Moi, j'ai envie de dire impuissance.
06:39Je suis désolée, parce que quand on est obligé
06:41d'appeler à chaque fois cette CRS 8 en renforcer,
06:43c'est que ça ne suffit pas.
06:44– Mais ça ne suffit pas parce qu'on ne nous donne pas
06:46les moyens nécessaires à toute cette politique.
06:48C'est ça le problème, c'est qu'il faut renforcer
06:50les fonctionnaires de police, leur donner plus de moyens,
06:53plus de matériel, plus…
06:55Si vous voulez, les super CRS 8 et la déclinaison jusqu'à 84,
06:59c'est parce qu'ils ont un équipement moderne, léger,
07:02qui permet d'aller à l'interpellation.
07:05Si vous voulez, mes collègues,
07:06quand ils sont confrontés à ces violences urbaines,
07:09ce sont des effectifs du commissariat local,
07:11des fois appuyés par des brigades anticriminalités
07:13et des compagnies d'intervention.
07:14Mais ça ne suffit pas pour ramener réellement l'ordre,
07:18on est obligé d'avoir massivement des forces lourdes
07:20pour pouvoir aller au contact et procéder à ces interpellations.
07:24Donc oui, il va falloir renforcer le nombre de fonctionnaires de police,
07:28il manque actuellement encore 10 000 policiers,
07:29c'est ces fameux 10 000 qu'on n'arrive toujours pas à pourvoir
07:32avec des postes nouveaux de création,
07:35parce que, si vous voulez, beaucoup de policiers partent à la retraite,
07:37quittent la profession, donc on est toujours en flux tendu
07:41et c'est cette difficulté que nous avons sur le terrain,
07:43malgré la bonne volonté des différents ministres,
07:46que ce soit de l'intérieur ou de la justice,
07:48il y a bien évidemment ce manque cruel d'effectifs,
07:51parce que si vous n'avez pas d'effectifs,
07:52et en plus on a un problème aussi de prison,
07:55il n'y a pas assez de place en prison,
07:57les juges croulent sous les procédures, si vous voulez,
08:01en attente de jugement,
08:02parce qu'ils n'ont pas les moyens de rendre la justice clairement
08:05avec cette délinquance de masse qui déferle sur notre pays.
08:08Alors délinquance de masse, délinquance de plus en plus jeune,
08:11des cartels souvent qui sont à l'extérieur de la France,
08:14la réponse forcément est aussi politique,
08:18et elle est surtout, j'ai envie de dire politique,
08:19parce qu'il y a quelque chose à mettre en place.
08:22Laurence Saillet, Yann Gillet, je me tourne vers vous deux,
08:26j'en parlais déjà hier sur ce plateau,
08:28on me dit que les délinquances sont de plus en plus jeunes,
08:30ça commence à la fin du primaire, entre 9 et 11 ans,
08:33donc là on est un peu désarçonné.
08:35Cette délinquance des narcotrafiquants,
08:37elle vient aussi de l'extérieur de la France.
08:40Est-ce que finalement, que ce soit les gouvernements,
08:43les uns après les autres,
08:44quelles que soient les étiquettes politiques,
08:46on n'a pas laissé filer ?
08:47De toute façon, j'entends quand vous dites
08:50que c'est la conséquence, on va dire,
08:52de la politique répressive qui est menée,
08:54mais ça les Français, ce n'est pas leur problème.
08:56L'État doit protéger les Français.
08:58Aujourd'hui, l'État est en incapacité de protéger les Français.
09:01Il faut quand même se mettre à la place
09:02des personnes qui vivent dans ces endroits.
09:05Et rappelons que c'est souvent les populations les plus pauvres,
09:08les plus précaires qui font les frais de ces situations.
09:10Exactement, ça leur est égal de savoir qui est responsable de quoi.
09:12La réalité aujourd'hui, c'est que l'État ne se donne pas
09:15les moyens de protéger les Français,
09:17ce qui est une mission première.
09:18Ce qu'on a fait, la sensibilisation que le Président de la République a faite
09:22par rapport au contexte international
09:24et à la nécessité de renforcer les armées,
09:26qui est tout à fait justifiée,
09:27on doit le faire aussi pour notre territoire.
09:30On a plus de 3 milliards pour les armées au prochain budget.
09:33Il ne va y avoir même pas 600 millions pour la sécurité intérieure.
09:37Est-ce que vous croyez vraiment qu'on va faire peur à Poutine
09:39quand on n'est pas capable, sur notre territoire,
09:42de maintenir l'ordre à Béziers ?
09:44Mais il faut quand même se rendre compte des choses.
09:46Aujourd'hui, les forces de l'ordre, pourquoi il y a des difficultés de recrutement ?
09:49Pourquoi il y a des difficultés de mobilisation ?
09:51Parce qu'ils travaillent dans des conditions qui ne sont pas suffisamment bonnes.
09:56Un, sur les moyens matériels, sur les salaires,
09:59mais aussi, si vous voulez, sur l'état d'esprit qu'on peut avoir.
10:02Parce qu'avec cette gauche,
10:04j'ai entendu M. Corbière,
10:06qui était sur votre chaîne tout à l'heure,
10:08qui donnait des excuses à ces barbares
10:10qui s'attaquent aux forces de l'ordre,
10:12tous ces jeunes qui sont dans une immense impunité.
10:14Parce qu'aujourd'hui, vous êtes jeunes,
10:16vous allez taper sur les forces de l'ordre,
10:18au final, il ne vous arrivera rien.
10:20On en a vu, lors de la finale,
10:23des jeunes qui sont ressortis,
10:25ou même des personnes qui étaient en âge adulte,
10:28où on leur disait, vous n'irez pas en prison
10:30parce qu'ils ont un CDI.
10:31Donc, tant qu'on n'aura pas une politique judiciaire répressive,
10:35et pour ça, il faut des moyens pour la justice,
10:36pareil, le budget de la justice, ça va être quoi ?
10:38Deux, trois cents millions en plus ?
10:39Donc, ce que je veux dire par là,
10:41c'est que si on veut protéger notre pays de l'extérieur,
10:44et il le faut, il faut aussi qu'à l'intérieur,
10:46les choses se passent correctement.
10:48C'est le chaos.
10:49Et si on continue comme ça, avec si peu de moyens,
10:52alors que c'est un budget qui a,
10:54si vous voulez, occulté un certain nombre de recettes
10:57qu'il pouvait avoir, notamment sur l'immigration
10:59ou sur les Français qui choisissent de ne pas travailler,
11:01parce qu'on dit toujours, il n'y a pas d'argent.
11:03Mais l'argent, si on veut le trouver, on le trouvera.
11:05On l'a trouvé pour la défense,
11:06il faut le trouver pour la sécurité intérieure.
11:08Johan Gillet, vous êtes député du Gard,
11:10porte-parole du groupe Rassemblement National à l'Assemblée.
11:13Hier, on parlait de ce qui se passait aussi à Nîmes,
11:15dans le quartier Pisevin,
11:17de ces vidéos d'exécution aussi qui font circuler,
11:20de ces mots sur les réseaux sociaux
11:21« Gardez vos enfants même de 5 ans chez vous,
11:23parce que sinon, on ne sait pas ce qui va se passer »,
11:25d'un maire qui est obligé de mettre un couvre-feu
11:28pour les moins de 16 ans.
11:29Là, on voit que les policiers et les pompiers
11:31se font attaquer.
11:35Qu'est-ce qu'il faut faire ?
11:36Quelle réponse ?
11:36Comment agir pour protéger ?
11:38Moi, je dis déjà, où est Bruno Retailleau ?
11:41Le ministre de l'Intérieur est totalement absent,
11:45alors même que nous connaissons une situation de crise.
11:48À Béziers, à Limoges, à Nîmes,
11:50à Nîmes, c'est pas nouveau,
11:51une commune de ma circonscription,
11:53où les fusillades sont très nombreuses,
11:54sept au cours des quatre dernières semaines quand même,
11:57avec des drames humains...
11:59Et on rappelle la mort du jeune Fayette,
12:00qui était en 2023.
12:01Qui Fayette, en août 2023, 10 ans,
12:04une victime collatérale de ce trafic de stupéfiants.
12:07Moi, je dis, où est Bruno Retailleau ?
12:09Mais où est l'État en général ?
12:10Et qu'ont fait les gouvernements qui se sont succédés ?
12:13Alors ça, c'est pour le constat,
12:14mais pour la réponse.
12:15Par exemple, juste, je vais vous citer
12:17ce que dit le procureur de Béziers.
12:18Il dit, les usagers sont des acteurs du trafic de drogue.
12:21Bien sûr.
12:21Il affirme le procureur.
12:22Il a raison.
12:22Est-ce que c'est une piste ?
12:23Mais il a raison.
12:24Et d'ailleurs, les consommateurs sont davantage sanctionnés
12:28par la justice, et tant mieux.
12:29Mais nous, ce que nous disons au Rassemblement national,
12:31c'est qu'il faut aller beaucoup plus loin.
12:33Il faut non seulement supprimer l'excuse de minorité,
12:37parce que l'on voit bien qu'il y a beaucoup de mineurs
12:38qui sont dans ces trafics.
12:40Il faut également renforcer la réponse pénale
12:42en supprimant les aménagements de peine
12:44et les réductions de peine.
12:46Il faut expulser les délinquants étrangers.
12:48Bref, il faut agir concrètement.
12:50Non, si nous ne faisons pas cela,
12:52alors rien ne changera.
12:54Et c'est ce que nous avons dit à longueur de temps
12:56à l'ensemble des ministres de l'Intérieur
12:58qui se sont succédés et des premiers ministres,
13:00et ils n'ont pas pris conscience de la réalité.
13:03Bruno Retailleau, aujourd'hui,
13:05sur les plateaux de télévision,
13:06dit, oui, il faut s'attaquer à l'immigration,
13:09il faut s'attaquer au sujet de la sécurité,
13:11il faut renforcer la réponse pénale.
13:12Mais il fait quoi ?
13:13Il est ministre, il est membre d'un gouvernement,
13:15il fait quoi ?
13:15Et les députés LR à l'Assemblée nationale,
13:17ils font quoi ?
13:18Quand le Rassemblement national propose
13:19de renforcer la réponse pénale,
13:21d'expulser des délinquants étrangers,
13:23les députés LR ne votent pas ces mesures.
13:25Donc voilà.
13:26Donc moi, je dénonce, eh bien,
13:28le double discours des LR
13:30qui font tout et son contraire
13:32et qui mentent aux Français à longueur de temps.
13:33Nous sommes également en direct
13:34avec Jérôme Durin.
13:36Bonsoir.
13:36Vous êtes sénateur socialiste de Saône-et-Loire,
13:38président de la commission d'enquête
13:40sur l'impact du narco-trafic en France.
13:42Alors, très justement,
13:44vous avez fait donc cette commission
13:46l'été dernier.
13:47On le disait,
13:47on parlait de Châteauroux,
13:49Mulhouse, Nice, Valence.
13:51Cet été, c'est d'autres villes.
13:53Bézy, Nîmes,
13:55ça se poursuit.
13:56Toutes les villes moyennes sont touchées
13:58et on voit le mouvement qui se poursuit.
14:00Rien qu'il ne l'arrête, ce narcotrafic.
14:02C'est un phénomène qui est profondément
14:06enquisté dans la société française
14:09et dans les territoires du pays.
14:12Les grandes villes, on le connaissait,
14:13les grandes agglomérations,
14:14les villes moyennes,
14:15certaines sous-préfectures
14:17et parfois les territoires ruraux.
14:19On a un dispositif juridique
14:20avec la loi narcotrafic
14:22que j'ai co-écrite avec Étienne Blanc
14:23qui apporte de nombreuses réponses.
14:26Il faut que ça se mette en œuvre complètement.
14:28Et puis, il faut aussi des moyens policiers.
14:31Par exemple, je viens de rendre un rapport
14:33pour le Sénat sur...
14:35Excusez-moi, vous dites
14:35qu'il apporte de nombreuses réponses.
14:37Très concrètement, c'est quoi ?
14:39C'est un parquet national
14:40qui va être mis en place le 5 janvier prochain.
14:42C'est un état-major de lutte
14:44contre la criminalité organisée
14:45qui a été installé il y a un mois et demi.
14:48Ce sont des réponses
14:50qui permettent maintenant de fermer,
14:51par exemple, les commerces éphémères
14:54qui servent de blanchisseuses.
14:56Donc, les outils sont là,
14:57sauf que le trafic,
14:58il est profondément ancré.
15:01Il y a des réseaux qui sont constitués.
15:02Il faut les démanteler.
15:03Donc, c'est du travail policier
15:04de moyen et de long terme.
15:06Et on constate qu'il reste encore un défi.
15:09C'est celui de la police judiciaire
15:10puisqu'on sait que la police judiciaire
15:11n'est pas très en forme dans le pays.
15:13Et pour démanteler les réseaux,
15:15pour aller faire des investigations
15:17économiques et financières,
15:18il faut des enquêteurs spécialisés.
15:21On en manque beaucoup.
15:21Donc, il faut continuer ce travail
15:23de réarmement de la puissance publique
15:24parce que, pour l'instant,
15:26on est dans une guérilla inversée
15:27où c'est plutôt les narcotrafiquants
15:29qui ont le lead.
15:30Donc, les outils sont là.
15:32Maintenant, il faut aller au bout de la logique.
15:33Et je crois qu'avec ce qu'il y a dans la loi,
15:35enfin, j'en suis même persuadé,
15:36on va porter un coup
15:37beaucoup plus dur encore
15:39au réseau criminel.
15:40Mais il faut maintenir la cadence.
15:43Sauf que les spécialistes
15:44qui se succèdent sur ce plateau
15:45disent, en gros,
15:46on a toujours un train de retard.
15:47Nos mesures,
15:48elles arrivent toujours trop tard.
15:49Par exemple, il parle des jeunes
15:51qui font les guetteurs
15:52pour les narcotrafiquants.
15:53Ils ont aujourd'hui entre 9 et 12 ans.
15:55Qu'est-ce qu'on fait pour ces jeunes ?
15:56La réponse, elle doit être forcément
15:57au niveau de l'éducation,
15:59au niveau de la prévention.
16:00Mais qu'est-ce qu'on fait ?
16:01Ils évoquent aussi ces cartels.
16:03De nombreux cartels sont à l'étranger.
16:05Comment on empêche la drogue
16:06d'entrer sur le territoire français ?
16:08Parce que c'est bien beau
16:09de trouver un appartement
16:11où il y a de la drogue,
16:11mais comment on fait pour arrêter
16:13que la drogue entre en France, par exemple ?
16:16Toutes ces questions,
16:18elles sont évoquées
16:19dans la commission d'enquête
16:21et elles sont l'objet
16:23de propositions dans la loi
16:24qui permettent d'assécher
16:26l'acheminement,
16:27qui permettent de durcir
16:28à la réponse pénale,
16:29qui permettent d'aller chercher
16:30sur les réseaux sociaux
16:32et dans les messageries
16:33des informations
16:33qui sont utiles aux enquêtes.
16:35Sauf qu'effectivement,
16:36on a un fin de retard.
16:37C'est un fait.
16:39La réalité,
16:40c'est que les moyens
16:41sont mis en œuvre
16:43et que cette guerre,
16:45elle ne sera pas gagnée
16:46à très court terme.
16:47Et elle sera d'autant moins gagnée
16:48où on ne résout pas
16:50les problèmes sociaux
16:51et économiques
16:52parce que vous avez vu quand même
16:54que ce qui se passe,
16:54ça arrive dans des quartiers
16:55qui sont des quartiers défavorisés
16:57où il est plus intéressant
16:58d'aller travailler
17:00dans le secteur de la drogue
17:02que de travailler
17:03dans l'économie légale
17:05qui a parfois abandonné
17:06des quartiers entiers.
17:06Donc, il y a aussi
17:07un sujet de travail social.
17:08Il y a aussi beaucoup de gens
17:09honnêtes dans ces quartiers
17:10et qui vivent chichement.
17:11Reste avec nous,
17:12Jérôme Durin.
17:14Le problème,
17:15c'est que dans ces quartiers,
17:15les premières victimes,
17:16c'est clairement la population.
17:17Les médecins n'osent plus y venir.
17:19Les commerces ferment.
17:20Les bus ne respectent plus
17:21les arrêts.
17:23Les personnes sont prises
17:23au piège de ces quartiers.
17:25Il faut protéger la population
17:26et il faut protéger
17:27ces jeunes.
17:28Quand vous avez 9,
17:2910, 12 ans, 13 ans
17:31que vous êtes dans la rue
17:32en pleine nuit,
17:33c'est que vos parents
17:34ne sont plus en capacité
17:35de s'occuper de vous.
17:36Ça veut dire que soit
17:37ils sont démissionnaires,
17:38soit ils sont dépassés.
17:40Et ça, je veux bien l'entendre.
17:41À partir du moment
17:42où un enfant est en péril
17:43et en danger,
17:44le rôle de la France
17:45c'est de le protéger.
17:46Il faut les extraire
17:47de ces quartiers.
17:48On devrait développer
17:49massivement les centres
17:51si vous voulez d'éducation
17:52où effectivement
17:53on remettrait ces jeunes
17:55dans une bonne voie.
17:56Parce qu'on a beau expliquer,
17:58j'entends qu'il y a
17:58des conditions économiques
17:59difficiles,
18:00mais en ruralité
18:01où on a injecté
18:02beaucoup moins d'argent,
18:04il y a des jeunes
18:04qui galèrent
18:05et qui bossent.
18:06Donc l'histoire de
18:07j'ai pas d'argent
18:07donc je vais d'y aller à 12 ans,
18:09c'est à mon avis
18:10trop facile.
18:11Il y a aussi
18:11beaucoup de métiers
18:13pour lesquels ces jeunes
18:14n'ont pas envie de travailler.
18:15Allez regarder des restaurateurs,
18:17plein d'autres métiers
18:18où on ne trouve pas
18:19de main d'oeuvre.
18:20N'allez pas me dire
18:20que c'est parce que
18:21vous habitez
18:22dans un quartier sensible
18:24que vous ne pouvez pas le faire
18:25mais pour quelles raisons ?
18:26C'est simplement
18:26si vous voulez que
18:27comme l'éducation parentale
18:29beaucoup s'en sont délaissés,
18:31les jeunes sont livrés
18:32à eux-mêmes
18:33et donc ils sont livrés à ça.
18:34Maintenant il faut resserrer ça
18:35parce qu'ils utilisent
18:36ces gamins à 12 ans.
18:38la France ne protège pas
18:39ses enfants,
18:40elle doit les extraire
18:40de leur milieu familial
18:42si la famille n'est pas
18:43en capacité de s'en occuper.
18:44Mathilde Gautry,
18:46des enfants,
18:46puisque à 9 ans
18:47on est un enfant,
18:48qui sont pris au piège,
18:49qui sont happés aussi
18:50par les réseaux sociaux,
18:51qui sont très très bien utilisés
18:52par les narcotrafiquants.
18:53C'est ça exactement,
18:54c'est-à-dire que
18:55les réseaux criminels
18:56savent que de toute manière
18:57lorsqu'ils se font arrêter
18:58par la police,
18:59ces enfants ne risquent rien
19:01et ils savent aussi
19:03que cette guerre de communication,
19:07c'est-à-dire les violences urbaines
19:09qu'on va filmer,
19:10les assassinats, etc.,
19:11on va les mettre en scène
19:12sur les réseaux sociaux
19:13et ça va permettre
19:14de montrer aussi
19:15aux clans adverses
19:16regarder ce qu'on est capable
19:17de faire,
19:18mais aussi aux propres personnes
19:19souvent assez naïves
19:21qui travaillent pour ces réseaux,
19:23regarder ce qu'on va vous faire
19:24si jamais vous parlez
19:25à la police,
19:26si jamais vous parlez
19:28à un clan adverse, etc.,
19:30ou si vous volez
19:31une partie de la recette.
19:33Donc en fait,
19:34c'est une entreprise 2.0
19:35de terreur
19:36qui se met en place
19:37à la mode des réseaux sociaux
19:38puisqu'on a des membres du trafic
19:40qui sont de plus en plus jeunes.
19:41Yann Gile,
19:42deux points,
19:43la France ne protège pas
19:44ses enfants
19:44et la France ne protège pas
19:46les personnes
19:47les plus fragiles
19:49dans ces quartiers.
19:50Beaucoup de personnes
19:51veulent mener
19:52à tout prix
19:53une vie normale.
19:54Elles ne demandent que ça
19:54et elles n'ont plus rien,
19:55plus accès à rien,
19:56plus aucun service de l'État.
19:58Vous parliez
19:59de la ville de Nîmes
20:00tout à l'heure
20:00qui fait partie
20:01de ma circonscription.
20:02Les médecins ne veulent plus
20:03aller dans le quartier
20:04plus loin.
20:04Dans ces quartiers,
20:04il y a énormément
20:05de gens honnêtes.
20:06C'est une très grande majorité
20:07encore heureux.
20:09Et ces gens-là
20:10veulent vivre
20:10tranquillement
20:11et ils sont totalement dépassés
20:13et ils en ont marre
20:14effectivement
20:15de voir que les lignes
20:16de transport en commun
20:17sont déviées
20:17ou supprimées
20:18temporairement
20:19dès qu'il y a un problème,
20:20de voir que le médecin
20:21ne se déplace plus,
20:22que les pompiers
20:23s'y font caillasser aussi,
20:24il faut le dire.
20:25C'est une zone de non-droit,
20:26très clairement.
20:27Et donc,
20:27en fait,
20:27c'est l'État
20:28qui a abandonné
20:29ces quartiers.
20:30En réalité,
20:31il y a à faire
20:32dans ces quartiers
20:33et il y a de belles choses
20:34à faire
20:34et on peut régler
20:35le problème encore une fois.
20:37Tout doit passer
20:37par la réponse pénale.
20:38Et vous parliez tout à l'heure
20:39de la drogue qui rentre
20:40sur le territoire national.
20:41Ça passe aussi
20:42par le contrôle des frontières.
20:43Quand on parle
20:43d'un rétablissement,
20:45un vrai rétablissement
20:46du contrôle des frontières,
20:47c'est aussi
20:48pour les trafics
20:49divers et variés.
20:51Et donc,
20:51il faut évidemment
20:52contrôler les frontières
20:53pour pouvoir empêcher
20:54au maximum
20:55la drogue
20:55d'arriver
20:56sur le territoire national.
20:57Mais globalement,
20:58le problème,
20:59c'est la réponse pénale
21:00et le manque de moyens
21:01pour nos forces de l'ordre
21:02qui font un travail
21:03remarquable,
21:04il faut le rappeler
21:05et je voudrais d'ailleurs
21:06en profiter
21:06pour rappeler
21:07que des députés
21:09un peu farfelus
21:10du bloc de gauche
21:12ont proposé
21:13il y a quelques jours
21:14de supprimer
21:15l'armement
21:15des polices municipales.
21:16Mais bien souvent,
21:17la police municipale
21:18est primo-intervenante
21:19sur ces quartiers,
21:21comme d'ailleurs
21:21dans beaucoup
21:22de territoires en France,
21:23parce que la police nationale
21:24n'a pas assez de moyens
21:25et pas assez d'effectifs.
21:26Donc,
21:27il faut rappeler
21:28qu'il faut soutenir
21:29l'ensemble des forces
21:30de l'ordre,
21:30y compris la police municipale
21:31qui n'est pas une sous-police,
21:32qui est une police d'action
21:34et donc cette police
21:35doit être armée.
21:35Je vais revenir vers vous.
21:36On va aller voir
21:37Emmanuel Ménard
21:37qui nous attend,
21:39élu de la ville
21:39de Bézier,
21:40ancienne députée.
21:41Bonsoir, madame.
21:42Merci d'être avec nous.
21:44Tout d'abord,
21:44je sais que vous venez
21:45de faire le point
21:46avec le préfet,
21:47avec les forces de sécurité.
21:49Quel est l'état
21:49des lieux
21:50dans votre ville
21:51ce soir ?
21:54Écoutez,
21:55on a eu des violences
21:56cette nuit
21:57de minuit
21:58à 4h du matin
21:58à peu près
21:59qui ont été
21:59vraiment assez rudes
22:02avec des tirs de mortier
22:04qui ont été tirés
22:05à une bonne cadence.
22:07Et cette nuit,
22:09on a,
22:09grâce à monsieur le préfet
22:11et au ministre de l'Intérieur,
22:12une compagnie de CRS
22:13qui est là.
22:14Donc j'espère
22:14que ce sera
22:14beaucoup plus calme.
22:15En général,
22:16quand les CRS sont là,
22:18c'est vrai que
22:18les voyous
22:21ont plutôt tendance
22:22à rentrer chez eux
22:23se coucher.
22:23Donc on espère
22:24que ce sera calme
22:25cette nuit.
22:26Alors sur le diagnostic
22:27fait par le procureur
22:29qui évoque
22:29en quelque sorte
22:30un guet-apens
22:31fait pour punir
22:32les forces de l'ordre
22:33qui avaient procédé
22:34à des interpellations,
22:35vous êtes d'accord ?
22:38Absolument d'accord.
22:39Ça fait plusieurs jours,
22:40maintenant plusieurs semaines
22:41que ce soit la police nationale
22:43ou la police municipale
22:45ont fait subir aux narcotrafiquants
22:48une véritable traque.
22:50On ne les lâche pas
22:51d'une semelle
22:51que ce soit des gros
22:52ou des petits trafiquants.
22:55Et c'est vrai
22:55que ces derniers jours,
22:56on a eu plusieurs succès.
22:57Des prises de marchandises,
23:00que ce soit cannabis
23:00ou cocaïne,
23:01assez importantes.
23:02et puis des arrestations
23:04de dealers
23:04et notamment encore
23:05hier après-midi,
23:06hier matin,
23:07un dealer qui a été arrêté
23:08avec une quantité
23:10de substances illicites
23:11assez importante sur lui
23:12et hier après-midi,
23:14le même âgé de 15 ans.
23:16Donc vous voyez,
23:16il n'y a pas d'âge
23:17pour ce genre de trafic.
23:19Et je pense qu'effectivement,
23:22ces semaines de travail
23:23et de dur labeur
23:24de nos forces de l'ordre,
23:26que ce soit police nationale
23:27encore une fois
23:27ou police municipale,
23:29ont fini par payer.
23:30Alors malheureusement,
23:31ça s'est traduit
23:31par cette nuit de violence.
23:33Mais moi,
23:34j'y vois quand même un signal,
23:35même si c'est difficile à entendre,
23:36j'y vois quand même
23:37un signal positif justement
23:38parce que c'est parce que
23:40nos forces de l'ordre étaient là
23:41et ont traqué les narcotrafiquants
23:42qu'il y a eu cette réponse
23:43et cette réaction.
23:45Ce n'est évidemment pas
23:46ce que je souhaitais.
23:46Ça me met très en colère.
23:48Mais en tout cas,
23:50je salue le travail
23:51de nos deux polices,
23:52nationale et municipale,
23:54qui n'arrêtent pas de travailler,
23:55qui sont sans arrêt
23:56sur le terrain
23:56et qui continuent de lutter
23:58contre les trafiquants.
24:01Le maire de Nîmes
24:02met en place à partir de demain
24:04un couvre-feu
24:05pour les mineurs
24:06de moins de 16 ans.
24:07Est-ce que c'est une décision
24:08qui pourrait être prise
24:09aussi chez vous ?
24:12Nous, on a déjà pris
24:13cette décision.
24:13L'année dernière,
24:14on avait pris un arrêté
24:15pour les mineurs
24:15d'un couvre-feu
24:16pendant toutes les périodes
24:17de vacances scolaires,
24:19même un peu plus large que ça,
24:21pour les mineurs
24:21de moins de 13 ans.
24:22Et cette année,
24:23depuis la fin du mois de mars,
24:24on a repris le même arrêté
24:26mais pour les mineurs
24:27de moins de 15 ans cette fois-ci
24:28parce qu'on s'est aperçu,
24:29en fait,
24:30après de nombreux contrôles
24:31justement de notre police
24:32municipale,
24:33que les mineurs
24:34de moins de 15 ans
24:35étaient quand même
24:36très nombreux en ville.
24:37On a des chiffres.
24:39L'année dernière,
24:40au mois d'avril,
24:41sur tout le mois d'avril,
24:42on avait arrêté
24:4317 mineurs
24:43de moins de 18 ans.
24:44Sur les 17,
24:45il y en avait 11
24:45qui avaient moins de 15 ans.
24:46quand on a pris cet arrêté,
24:49le chiffre sur le mois de mai
24:50est tombé à 5 mineurs.
24:51Donc, vous voyez,
24:52c'est efficace.
24:53C'est efficace,
24:54mais c'est efficace
24:54sur des périodes
24:55entre guillemets
24:56normales,
24:57si j'ose dire.
24:58Quand il y a des périodes
24:59comme celle d'hier
24:59de violences urbaines,
25:00évidemment,
25:01ce n'est pas l'arme privilégiée
25:04parce que ça n'a plus de sens.
25:06Mais effectivement,
25:07nous,
25:07on a cet arrêté
25:08qui est en cours
25:09sur les trois quartiers
25:11prioritaires de la ville
25:12de couvre-feu
25:13de 23h à 6h du matin
25:14pour les mineurs
25:15de moins de 15 ans.
25:16On espère
25:17qu'il va pouvoir
25:17continuer à s'appliquer
25:19parce qu'à chaque fois
25:20qu'on prend un arrêté
25:20de ce genre,
25:21on a la Ligue des droits
25:22de l'homme
25:22qui nous attaque
25:23au nom de la liberté
25:24de circulation.
25:25Alors, vous m'expliquerez
25:26en quoi un mineur seul
25:27et non accompagné
25:28par ses parents
25:29qui a moins de 15 ans,
25:31moins de 13 ans
25:31à 2h du matin,
25:32vous m'expliquerez
25:33ce qu'il fait dans la rue.
25:34Mais visiblement,
25:35on n'a pas la même lecture
25:36des choses
25:36avec la Ligue des droits de l'homme.
25:38Alors, le procureur de Bézi
25:39évoque la nécessité
25:40d'une cause nationale.
25:41Il dit qu'il faut assécher
25:42le marché de la drogue
25:43et il met en cause
25:45bien évidemment
25:46les usagers.
25:46Il dit que les usagers
25:47sont des acteurs
25:48du trafic de drogue.
25:49Pour vous,
25:50c'est cet axe-là
25:50qu'il faut prendre
25:51et qu'il faut aller voir
25:52du côté des consommateurs ?
25:55Il a absolument raison.
25:57Surtout,
25:58ce n'est pas qu'à Béziers
25:58ou à Nîmes
25:59ou à Limoges.
26:00Quand vous regardez
26:01les statistiques
26:02au niveau national,
26:02le trafic de stupéfiants
26:04est en hausse partout,
26:05sur tout le territoire national.
26:07Un peu moins en cannabis,
26:08mais la consommation
26:10de cocaïne
26:11explose partout en France.
26:13Donc évidemment,
26:14si vous avez des consommateurs
26:15et plus vous avez de consommateurs,
26:16plus vous allez avoir
26:17de vendeurs.
26:18C'est la loi de l'offre
26:19et de la demande.
26:20Donc il a absolument raison
26:21sur les consommateurs.
26:22Il faut effectivement
26:23ne pas négliger
26:25cette axe-là.
26:26Mais moi,
26:26je pense que
26:27ce n'est pas suffisant.
26:28Il faut s'attaquer
26:29aux narcotafricains,
26:30s'attaquer aux consommateurs,
26:33mais il faut aussi
26:34assouplir les règles.
26:36Et là,
26:36je m'adresse évidemment
26:37au chef du gouvernement,
26:38M. Bayrou,
26:39ou à M. Macron.
26:41Il faut absolument
26:42arrêter
26:42avec ces procédures judiciaires
26:44qui n'en finissent plus.
26:45Ça prend des mois,
26:46c'est long.
26:47Je vais vous donner
26:48un exemple.
26:49Nous,
26:49on a un trafiquant
26:51de drogue mineur
26:52qui s'est fait arrêter
26:53après les émeutes
26:54pour le...
26:55Vous savez,
26:56à la suite du décès
26:57du petit Naël.
26:58Il s'est fait arrêter,
26:59il a été condamné.
27:00Ça fait un an
27:01qu'on essaie
27:01d'expulser
27:02les parents
27:03de son appartement
27:04qui loge
27:05dans un logement social.
27:06On va peut-être
27:08enfin y arriver
27:09cet été,
27:09mais quelle énergie
27:11déployée,
27:12quelle perte de temps
27:14alors que ça pourrait
27:15être quand même
27:16beaucoup plus rapide.
27:17Il faut alléger
27:18les procédures,
27:19il faut donner
27:19plus de souplesse
27:20et donc il faut voter
27:21des lois en ce sens.
27:22Voilà.
27:23Il faut vraiment...
27:24Il faut travailler
27:25sur tous les terrains
27:26et sur tous les axes
27:27possibles.
27:27Merci Emmanuel Ménard
27:29d'avoir été en direct
27:30sur BFM TV ce soir.
27:33Laurent Sailly,
27:33vous partagez le constat ?
27:34Oui,
27:35évidemment,
27:35je partage le constat
27:36et on n'a pas de doute
27:37sur le fait
27:37que les forces de l'ordre
27:38font un travail formidable.
27:39La question à se poser,
27:40c'est ces mineurs
27:41qui sont arrêtés,
27:41quelle est la suite ?
27:43Je ne pense pas
27:43qu'ils soient mis hors d'état
27:45de nuire
27:46ou même protégés
27:46si on veut prendre
27:47des choses comme ça
27:48pour très longtemps.
27:49On voit bien
27:49que les mineurs,
27:51parce qu'ils sont mineurs,
27:52sont recrutés
27:52et parce qu'ils sont mineurs,
27:54ont des sanctions
27:54qui font qu'ils se retrouvent
27:56assez rapidement dans les rues
27:57et donc ça ne sert à rien
27:59et on tourne en rond.
28:00Donc tant qu'on n'aura pas
28:01effectivement une politique pénale
28:03pour les mineurs
28:04qui soit suffisante
28:05pour les protéger
28:07et les mettre hors d'état
28:08de nuire,
28:09on n'en sortira pas.
28:10Et sur les forces de l'ordre,
28:11la réponse,
28:12elle doit être claire,
28:12lorsqu'on attaque
28:13les forces de l'ordre,
28:14c'est la prison,
28:15sans discussion.
28:16Aujourd'hui,
28:17ce n'est pas le cas.
28:17Vous pouvez attaquer
28:18des forces de l'ordre
28:19et ne pas être en prison,
28:21avoir simplement,
28:22si vous voulez,
28:23un bracelet électronique
28:24et aller fanfaronner
28:25juste derrière
28:26mais vous imaginez
28:27un peu ce que ça représente.
28:28Déjà,
28:28les forces de l'ordre
28:29sont très exposées
28:30parce qu'à chaque fois
28:30qu'ils font une action,
28:32ils ont la Ligue des Droits de l'Homme,
28:34la France Insoumise
28:35et tous les défenseurs
28:36de tous ceux
28:37qui mettent le bazar en France
28:39qui mettent la lumière sur eux.
28:41Quel geste ont-ils fait ?
28:42Comment ont-ils agi ?
28:43Et donc,
28:44on se retrouve là,
28:45si vous voulez,
28:45avec des policiers
28:46qui sont dans une capacité
28:47d'agir réduite
28:48de par la pression
28:49qu'ils subissent
28:50et puis des délinquants,
28:51des barbares
28:52qui les attaquent frontalement
28:53avec un sentiment
28:54d'impunité terrible
28:55qui, eux,
28:56ne sont pas suffisamment punis.
28:58Donc,
28:58il faut des règles claires
28:59et il ne faut pas seulement
29:00le dire,
29:00l'ordre, l'ordre, l'ordre,
29:01c'est facile à dire,
29:02mais il faut aussi le faire
29:03parce que sinon,
29:04c'est la crédibilité
29:05de la parole politique
29:06qui sera remise en cause
29:07et la crédibilité de la droite
29:09parce qu'on va dire
29:09quand la droite est aux manettes,
29:11ça ne fonctionne pas.
29:12Donc,
29:12je pense qu'il faut
29:13qu'il y ait une prise de conscience
29:14participer au gouvernement,
29:16c'est une chose,
29:17mais si on a une incapacité
29:18d'agir,
29:18il faut se poser la question
29:19d'y rester
29:20parce qu'après,
29:21c'est la droite
29:22qui sera accusée
29:23de ne pas avoir fait le job.
29:25Si on n'a pas les moyens,
29:26on ne reste pas.
29:27Axel Ronde,
29:29il y avait une personne
29:29sur ce plateau hier
29:30qui disait
29:31la lutte contre la drogue,
29:32elle doit être transpartisane.
29:34Ça doit toucher
29:35tous les partis politiques.
29:36Comme le disait
29:37le procureur de Bézis,
29:38ça doit être
29:38une cause nationale.
29:39Bien sûr,
29:40c'est une cause nationale,
29:41c'est une cause aussi
29:41de santé publique.
29:42Ce n'est pas normal
29:43que tous ces Français
29:44se droguent.
29:45C'est qu'il y a un problème,
29:46un mal-être généralisé.
29:47Il va falloir travailler
29:49sur le côté sociologue
29:50de sociologie
29:51de ces personnes
29:51qui sont certainement
29:52mal,
29:54puisqu'on voit bien
29:55que cette consommation
29:56n'arrête pas
29:56d'exploser dans notre pays.
29:59S'il y avait moins
29:59de consommateurs,
30:00il y aurait moins
30:01de trafiquants de drogue.
30:02C'est mathématique.
30:03Maintenant,
30:04il faut nous donner
30:04effectivement des moyens
30:05renforcés
30:06et des moyens supplémentaires.
30:08Moi,
30:09le problématique
30:10que nous avons,
30:10c'est au niveau
30:11des officiers de police judiciaire,
30:13ça n'intéresse plus.
30:14Finalement,
30:14le judiciaire
30:15n'intéresse plus
30:16les jeunes gardiens
30:17de la paix
30:17parce que,
30:18si vous voulez,
30:19c'est trop compliqué.
30:20la procédure est extrêmement
30:23chronophage
30:23et extrêmement compliquée.
30:26Si vous faites
30:26la moindre erreur,
30:27ça peut être
30:28se retourner contre vous.
30:30Donc,
30:30c'est vraiment
30:31quelque chose
30:31de difficile.
30:33Les enquêteurs,
30:34il faut vraiment
30:34saluer leur courage.
30:36Souvent,
30:36ils ont des dossiers,
30:38on dit en portefeuille,
30:39ça veut dire
30:39des dossiers en attente.
30:40Ils en ont deux à trois
30:41passants par fonctionnaires.
30:42Donc,
30:43c'est un travail épuisant
30:45parce qu'ils ne voient pas
30:46le bout du tunnel.
30:47Donc,
30:47il va falloir renforcer
30:48la police judiciaire
30:50et les unités judiciaires
30:51pour pouvoir avoir du résultat
30:52sur le terrain,
30:53pour pouvoir démanteler
30:54tous ces trafics de drogue.
30:56Mais au-delà de ça,
30:56il faut aussi trouver
30:57une réponse
30:58sur la justice des mineurs.
31:00Je rappelle
31:00que des propositions de loi
31:02ont été déposées
31:03par Gabriel Attal
31:03et elle a été annulée.
31:06Donc,
31:06on voit bien
31:07que la part de responsabilité,
31:09elle vient de là aussi.
31:10ces acteurs
31:11qui,
31:12ces bien-pensants,
31:13qui pensent que finalement
31:14ces mineurs
31:15sont les mêmes
31:15qu'il y a 50 ans,
31:17ils se trompent absolument.
31:18Vous avez des Asensins
31:19à 12 ou 13 ans.
31:21Ils n'ont pas peur
31:22de monter
31:22une équipe commando
31:24pour aller exécuter
31:26un adversaire
31:26qui n'est pas plus âgé qu'eux.
31:28Donc,
31:28la réalité,
31:29c'est que nous avons sorti,
31:31si vous voulez,
31:32certaines jeunes
31:32sur une espèce de moralité
31:34qui pouvait y avoir
31:35ou une morale
31:35dans notre pays.
31:36Elle n'existe plus.
31:38C'est le règne de la jungle,
31:39la loi du plus fort.
31:40Et quand vous avez un gamin
31:41où on va lui proposer
31:42à 16 ou 17 ans
31:44de gagner
31:441 000,
31:452 000 euros par jour,
31:46vous imaginez bien
31:47qu'aucun métier
31:48sans qualification
31:50permettra de l'avoir.
31:51Donc,
31:52il ne va pas travailler
31:52dans des services
31:53que ce soit
31:55dans la restauration
31:57ou autre
31:58pour 1 400 euros
31:59par mois.
32:00Non,
32:00ce n'est pas possible.
32:01Il y a un problème
32:02aussi de valeur
32:04aussi
32:05à remettre en place
32:06mais aussi
32:06de sanctions
32:07pour ces primo-délinquants
32:09qui ont fermé
32:10éducatif réellement
32:12avec un esprit
32:13militaire à l'intérieur.
32:14Ça veut dire
32:15lever à 6 heures du matin
32:16si vous voulez,
32:17aller courir.
32:18On a fait ça
32:19à nos jeunes
32:19du service national
32:20qui n'avaient rien fait.
32:22Ils étaient,
32:23si vous voulez,
32:23ils allaient crapahuter
32:24dans la montagne,
32:25ils dormaient
32:26à la belle étoile
32:27dans le froid.
32:28Si on faisait ça
32:29aujourd'hui
32:30rien qu'à nos prisonniers,
32:31on serait condamnés
32:31par la justice européenne.
32:33On va retourner
32:35voir Jérôme Durin,
32:36sénateur socialiste
32:37de Saône-et-Loire,
32:38président de la commission
32:38d'enquête sur l'impact
32:39du narcotrafic en France.
32:40Vous nous écoutez,
32:41vous vouliez intervenir.
32:44Oui,
32:44je crois qu'il faut aussi
32:45se garder
32:46d'un peu de débiagogie.
32:47J'entends tout à l'heure
32:47une proposition transpartisane.
32:50La commission d'enquête
32:51était transpartisane.
32:52Il faut aussi
32:52que chacun regarde
32:53les responsabilités qu'il a.
32:55On me dit
32:55la droite va être mise en cause.
32:5712 000 flics supprimés,
32:5812 000 policiers supprimés,
32:59c'était Sarkozy.
33:01On nous dit
33:01qu'il faut que les quartiers
33:02soient mieux considérés.
33:04Moi,
33:05quand je vois
33:05le Rassemblement national
33:06dans la région
33:07où je suis conseiller régional,
33:08ils votent
33:09contre la politique de la ville.
33:10Moi,
33:10je n'ai aucune sympathie
33:11pour les narcotrafiquants,
33:13aucune difficulté
33:13avec une politique répressive.
33:15Mais quand on n'apporte
33:15pas de développement,
33:17d'économie,
33:18d'action sociale
33:18dans les quartiers,
33:19forcément,
33:20il est plus intéressant
33:21d'aller du côté
33:22des narcotrafiquants
33:23que du côté des métiers.
33:24Et quand on dit
33:25personne ne veut aller
33:26dans la restauration,
33:27savez-vous
33:27quel est le métier
33:28qui consomme
33:29le plus de cocaïne
33:30dans le pays ?
33:31C'est la restauration,
33:32précisément.
33:33Donc,
33:33je pense qu'il faut
33:34de la répression.
33:35Certaines mesures
33:36vont permettre
33:37d'endiller le narcotrafic.
33:39Il faut aussi
33:40des politiques sociales
33:41et des politiques économiques
33:42dans ce pays.
33:43De quoi ?
33:44On pourra toujours dire
33:44qu'il faut taper plus fort,
33:46il faut taper plus jeune,
33:47sans considérer d'ailleurs
33:49que certains gamins
33:49sont dans des positions
33:51d'esclavage,
33:51dans une économie
33:52de la dette,
33:53où ils sont
33:53dans une criminalité forcée,
33:56où on les menace
33:56eux-mêmes
33:57ou leur famille.
33:58Donc,
33:58il faut arrêter
33:58de se payer de mots,
33:59mettre en place
34:00la loi narcotrafic
34:02jusqu'au bout,
34:03redonner des moyens
34:04à l'investigation policière
34:05qui en manque
34:06et avoir de vraies politiques
34:07sociales et économiques
34:09dans un certain nombre
34:10de quartiers
34:10pour que l'économie légale
34:12soit plus attractive
34:13pour les gamins
34:14que l'économie
34:16de la drogue.
34:16Merci Jérôme Durand
34:18d'avoir été avec nous.
34:19Yoann Gilles,
34:20je vous laisse le mot
34:20de la fin,
34:21je vous laisse réagir
34:21à ce qui vient d'être dit.
34:23Moi, tout ce qui est
34:24la culture de l'excuse,
34:25je ne l'accepte pas
34:27et on ne peut pas accepter
34:28les propos de certains
34:30qui sous-entendent
34:31que parce qu'il y a
34:32de la pauvreté
34:33dans les quartiers,
34:34on devient forcément délinquant.
34:35Non, il y a beaucoup
34:36de gens honnêtes
34:37dans ces quartiers,
34:38fort heureusement.
34:38Il y a surtout
34:39des gens honnêtes.
34:40Il y a surtout
34:40des gens honnêtes
34:41tout à fait
34:42et donc il faut
34:43vigoureusement agir
34:44et encore une fois
34:45pour agir,
34:45il faut plus de moyens
34:46pour la police
34:46et une répression
34:48qui soit totale
34:49la fin du laxisme
34:51de la réponse pénale
34:52parce que c'est bien cela
34:53qu'il y a aujourd'hui
34:54et que nous connaissons
34:55aujourd'hui,
34:55c'est un laxisme
34:56dans la réponse pénale.
34:57C'est aussi pour ça d'ailleurs
34:58qu'un certain nombre
34:59de policiers changent
35:01de métier
35:01en cours de carrière,
35:03en ont marre
35:03parce qu'ils passent
35:04leur temps à travailler
35:05dans des conditions
35:06extrêmement difficiles,
35:08à arrêter
35:08des délinquants,
35:09des criminels
35:09qu'ils voient ensuite
35:11libres,
35:11l'élarguer
35:12quelques jours,
35:13quelques semaines plus tard.
35:14Merci,
35:14merci à vous
35:15de m'avoir accompagnée
35:16dans Weekend Soir.
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